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  • il y a 3 heures
L'éclairage économique de Bérénice Deville Fleuriot sur un sujet d'actualité.

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Transcription
00:00Allez, on va parler des tickets restos. Le gouvernement veut encore faire évoluer le système des tickets restaurants avec notamment
00:05une utilisation élargie le dimanche, on en a parlé.
00:09Mais derrière ce sujet très concret, il y a une vraie question Bérenice de Villefleurio. Pourquoi en France, dès qu
00:14'on veut aider un salarié, on passe par un dispositif compliqué au lieu de faire simple ?
00:18Oui, c'est ça le fond du sujet. Personne ne conteste l'objectif, c'est aider les salariés à payer
00:23leur déjeuner. Le problème, c'est la méthode.
00:26Au lieu de verser une aide de manière simple, on construit un système à part, donc des titres spécifiques, des
00:33règles d'utilisation, un plafond de dépenses, un réseau de commerciants agréés et surtout des sociétés qui gèrent tout ça
00:41et qui coûtent de l'argent.
00:43Autrement dit, pour financer un repas, on crée une machine, une véritable machine administrative et financière.
00:48Et cette machine, elle pèse lourd. Il faut savoir que les tickets restos, ça concerne 5,5, plus de 5
00:54,5 millions de Français, 243 000 commerçants sont agréés.
00:59C'est plus de 10 milliards d'euros dépensés chaque année via ces tickets restos. Donc, on n'est pas
01:03sur un détail, on est vraiment sur un gros marché très encadré.
01:07En fait, le sujet, ce n'est pas l'aide elle-même, c'est le détour qu'on impose pour
01:10la verser.
01:11Oui, parce qu'on l'a dit tout à l'heure, c'est vrai que ces entreprises qu'on utilise,
01:16ça coûte de l'argent, donc on ferait mieux déjà de verser directement cet argent aux salariés.
01:21Et puis, cette aide, elle n'est pas libre, elle est fléchée. Le salarié ne reçoit pas un simple complément
01:26pour l'aider à payer son repas, qu'il arbitrait lui-même.
01:30Il reçoit vraiment un outil avec des règles. Il faut savoir que ce titre restaurant, c'est co-financé par
01:35l'employeur, 50 à 60 % en 2026.
01:38Et après, il y a des règles à respecter. Il faut que ce soit, il y a 25 euros maximum
01:43utilisables par jour, il faut l'utiliser en principe du lundi au samedi.
01:47Bon, ça, ça devrait changer, heureusement. Donc voilà, c'est vraiment des règles.
01:50Donc, la question, elle est simple. Est-ce qu'on considère qu'un salarié est capable de gérer son budget
01:54tout seul ?
01:56En fait, là, on infantilise les salariés, il faut le dire. Est-ce qu'on continue à lui dire directement
02:01comment et où il peut utiliser cette aide ?
02:03D'autant plus qu'en droit français, l'employeur n'est pas obligé de passer par le titre restaurant. Il
02:09peut verser, et d'ailleurs, il y en a qui le font, il peut verser une prime déjeuner.
02:12Donc, le débat n'est pas est-ce qu'on peut faire autrement ? Oui, on peut faire autrement.
02:16Ben oui, sans passer par l'intermédiaire qui, forcément, vous prend de l'argent.
02:19Vous versez 100 euros à cet intermédiaire et il vous rend moins parce qu'il y a toute l'administration,
02:25il y a toutes les commissions.
02:26Donc, en fait, le salarié, il est perdant au final.
02:28Les sociétés ne font pas ça gratuitement, ce n'est pas des bénévoles.
02:30Ben bien sûr, nous non plus, on n'est pas des bénévoles, donc c'est normal.
02:34Donc, ça veut dire que l'entreprise et le salarié versent tant et ils récupèrent moins.
02:38C'est quand même fou comme histoire.
02:40Certains disent surtout que c'est une belle opération de communication du ministre Serge Papin qui a annoncé ces changements.
02:45On annonce un peu de souplesse, mais on ne touche pas au fond du système.
02:48Ben oui, c'est ça, on donne l'impression de simplifier.
02:50Voilà, vous pouvez utiliser votre argent le dimanche, en fait, c'est ça le message.
02:53Mais on garde la même logique, plus de règles, plus d'encadrements, plus d'intermédiaires.
02:58On engage le dispositif, on ne le remet pas à plat.
03:00La vraie question, elle est simple.
03:02Si le but, c'est d'aider les salariés, pourquoi ne pas aller vers quelque chose de plus direct, sans
03:07intermédiaires, qui coûte cher ?
03:09Sous-titrage Société Radio-Canada
03:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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