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  • il y a 17 heures
Invité sur TV5 Monde, le photographe Tony Frank revient sur sa relation avec Johnny Hallyday et partage son regard personnel sur l’artiste. Un témoignage direct et sans filtre qui apporte un éclairage différent sur l’homme derrière la légende.

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Transcription
00:01La rage en moi me rappelle que je ne suis qu'un homme
00:08Tony Franck, si quelqu'un a connu Johnny, c'est toi.
00:13Non mais si quelqu'un a connu Johnny vraiment, c'est toi.
00:17Je pense, oui, avec les années passées, avec lui c'est sûr que je l'ai connu pas mal.
00:2240 ans ?
00:2339, 39, soyons précis. Comme les 39 marchent.
00:26C'est fou, alors tiens, on va parler de ce bouquin, regardez cette photo là.
00:30Ça, c'est pratiquement la première photo que j'ai faite pour saluer copains.
00:34Et Johnny était à l'armée, en Allemagne, et j'avais rendez-vous.
00:38Parce qu'en fait, à l'époque, on faisait une rubrique qui s'appelait
00:40« Le match entre tel et tel chanteur », et on avait récupéré une photo d'Elvis Presley
00:44qui devait sortir d'un extrait d'un film, où il était dans une chambre comme ça,
00:49avec un pyjama bleu, et il y avait un poste de télé.
00:52Et donc, j'ai rendez-vous avec Johnny qui sort de sa caserne d'Allemagne
00:57pour me retrouver dans une chambre à Strasbourg.
00:59C'était le point de ralliement, si je puis dire, le point de rencontre.
01:03Et avant qu'il arrive, je suis parti dans les grands magasins acheter des draps jaunes,
01:08parce que dans l'hôtel, les draps étaient blancs, et pour les mêmes draps qu'Elvis, quoi.
01:12Et un pyjama bleu.
01:14Donc, j'ai fait... Donc, Johnny regarde sur le côté, sur cette photo,
01:17parce qu'en fait, il regarde Elvis qui le regarde.
01:19C'était une espèce de montage de l'époque.
01:21C'est une des photos événements de ce livre, qui...
01:23Alors là, les fans, et ceux qui le sont moins, peu importe,
01:27Johnny Hallyday, les années Tony Frank, chez EPA, c'est la Bible.
01:31Là, voilà.
01:31Il y a à peu près 600 photos.
01:33Il y a tout.
01:33Non, mais il y a tout.
01:34C'est absolument dingue.
01:35J'aurais pu le faire peut-être plus gros, mais après, on aurait du mal à le porter.
01:38Non, mais c'est dingue.
01:39Je veux dire, le temps que tu as passé avec Johnny,
01:42les tournées, les coulisses, les concerts, les films, partout.
01:46Et des choses qu'il ne faut pas dire, qu'on ne peut plus dire.
01:48Mais qu'on va dire, qu'on va dire.
01:49Non, non.
01:50Qu'on va dire.
01:52Non, mais il était comment, Johnny ?
01:53Parce que dès le début, première rencontre, c'est un gamin encore.
01:57Oui, écoute, on s'est connu au golf de Rau, quoi.
02:01C'est pour ça que finalement, au moment des vieilles canailles,
02:03à toute fin, je passe des années, là,
02:05mais ils ont trouvé, Eddy, Johnny et Jacques, du tronc,
02:09que j'étais le plus légitime, puisque j'avais commencé en même temps qu'au golf.
02:14Donc, voilà, j'ai commencé à ce moment-là avec Johnny.
02:16Pas beaucoup, de loin, quoi.
02:18Et puis après, quand je suis rentré à Salut Copain,
02:21ce qui doit être en 64, 65, je crois.
02:25J'avais déjà fait des photos avec Johnny, mais bon, 63 peut-être.
02:29Je rentre à Salut Copain.
02:30Et on m'envoie souvent en tournée avec lui,
02:32parce que mon acolyte, Jean-Marie Perrier,
02:36qui était chef des photographes à l'époque,
02:38enfin, il était que deux ou trois, mais bon.
02:40Il était chef.
02:43Il préférait faire des photos en studio.
02:46Il n'était pas dingue d'aller se balader en tournée,
02:48de traîner jusqu'à une heure ou deux heures du matin dans les bars,
02:51après les spectacles, quoi.
02:54Moi, j'aimais bien ça.
02:55Donc, j'ai fait pratiquement toutes les premières tournées de Johnny pour le journal, quoi.
03:00Voilà les premières rencontres.
03:01Et puis après, on s'aimait beaucoup,
03:04parce qu'on avait un peu de points communs,
03:06et sur le cinéma, et sur le rock'n'roll,
03:09surtout sur les chanteurs de rock.
03:11Et donc, on s'entendait bien.
03:12C'est ce qui est fou, là.
03:13Oui, c'est une vraie amitié qui naît à ce moment-là.
03:16Oui, oui, parce qu'on était de connivence, quoi.
03:20Un jour, Johnny me disait,
03:21sur certains tournages de clips ou de films,
03:24je me mettais à côté de la caméra, quoi, pour être un peu...
03:27J'étais gêné, parce que je disais, je suis dans ton regard.
03:30Alors, j'avais peur que ça le perturbe.
03:32Il me disait, mais non, à force de te voir, je ne te vois plus, quoi.
03:34Ce qui était plutôt un compliment,
03:36parce qu'au moins, je ne dérangeais pas le truc, quoi.
03:39Et puis, bon, on savait qu'avec un regard, on se comprenait, quoi.
03:45Oui, oui.
03:45Il débute, il est gamin.
03:47Le succès est là.
03:49Énorme.
03:49Dès le départ, on a pierre 62.
03:51Il y a des photos sublimes dans cet album.
03:56Comment il est triste de ce père qui l'a abandonné ?
04:00Il souffre de...
04:02Oui, mais je crois qu'il a toujours été un peu en manque de son père,
04:05de toute façon, parce que, bon, il n'en parlait pas,
04:07mais je pense que tout le monde est comme ça.
04:11Johnny a toujours été quelqu'un de normal, quoi.
04:14Donc, je pense que n'importe qui...
04:17Tu n'as pas de père, moi, je ne vais pas ramener ça à moi,
04:20mais mon père est décédé quand j'avais 4 ans.
04:22Je pense que ça m'a manqué d'être guidé dans la vie par un père, quoi.
04:26Et le père vient voir Johnny dans les concerts ?
04:28Son père ?
04:29Le père est venu dans les hôtels où on était.
04:33Je ne l'ai pas vu dans les concerts.
04:35J'ai vu venir en tournée voir Johnny,
04:40et je pense que...
04:40Parce que le père avait des problèmes d'argent,
04:43donc je pense que...
04:43Il lui a demandé de l'argent.
04:44Oui, Johnny lui donnait de l'argent pour...
04:45Et Johnny lui donnait de l'argent ?
04:47Oui, oui, oui, bien sûr.
04:48Tu as été témoin de ça ?
04:49Ah oui, oui, absolument.
04:51Je crois qu'à un moment,
04:52il a même acheté un studio ou deux pièces
04:58pour qu'il ait de quoi habiter, quoi.
04:59Oui, c'était la générosité de Johnny.
05:01Ah oui, Johnny a toujours été très, très généreux.
05:04Mais tellement généreux
05:06qu'il s'est beaucoup endetté
05:07parce qu'il dépensait énormément
05:10parce qu'il était comme ça
05:11et qu'il aimait faire plaisir.
05:12Donc, il dépensait tellement que...
05:15Il dépensait avant d'avoir gagné, si je puis dire.
05:18Donc, je crois que la maison de disques,
05:19il m'a beaucoup servi de banque.
05:21Oui, oui.
05:22Fidèle en amitié, Johnny ?
05:23Oui, oui, oui.
05:25Fidèle en amitié, mais en même temps,
05:28rien que pour s'amuser,
05:29faire un petit coup pourri par-ci, par-là.
05:33Ah bon ?
05:33Oui, oui, oui.
05:34Parce que ça l'amusait.
05:36Il disait lui-même qu'il était
05:38président du club des fouteurs de merde.
05:41Donc...
05:42Il aimait foutre la merde.
05:43Ah oui, oui, oui.
05:44Parce que ça l'amusait, c'était comme un sport, quoi.
05:46Oui.
05:46Ce qu'il a pu faire dire dans les histoires d'héritage,
05:48c'est que quelque part, il devait se marrer, non ?
05:50C'est ce que je pense.
05:51Non, mais vraiment.
05:52Je pense que là-haut, il a dû dire
05:54qu'est-ce que j'ai encore laissé comme merdier.
05:55Mais ça doit l'amuser.
05:57À mon avis, mes deux potes qui ne sont plus là,
06:00c'est-à-dire Johnny et Gainsbourg,
06:02ils doivent bien se marrer tous les deux
06:03et boire des coups en même temps.
06:04Oui, mais ça les...
06:06Presque les soupçonnés d'avoir mis la merde exprès.
06:09Oui, absolument.
06:10Non, mais ça veut dire qu'il aurait pu être
06:11l'auteur de tout ça, qu'on fait.
06:12Oui, oui, peut-être.
06:14Mais pourquoi il était comme ça ?
06:15Est-ce qu'on peut savoir ?
06:16Je ne sais pas.
06:17C'est parce que ça l'amusait beaucoup.
06:19Moi, je l'ai vu rentrant de boîte
06:23et le lendemain matin, téléphoner à des gens
06:24pour dire, j'ai vu un tel avec une telle,
06:27histoire de...
06:28Et en se marrant comme un fou,
06:29en se disant que ça avait déclenché
06:31une espèce de bagarre dans un couple.
06:35Enfin, après, il rabibochait les gens.
06:37Oui, mais est-ce qu'il pouvait être lâche ?
06:40Je crois qu'il a été lâche assez souvent, oui.
06:42Il y a des choses que...
06:43Je pense que c'est peut-être aussi
06:44une espèce de timidité.
06:45Donc, il n'osait pas...
06:46On pensait qu'il pouvait tout dire
06:49et tout commander, si je puis dire.
06:51Mais je crois qu'il envoyait des fois des gens
06:52dire à sa place ce qu'il n'osait pas dire
06:55à des proches, par exemple.
06:57Oui, pas toujours la force de...
07:01Oui, mais qui peut...
07:06Je ne sais pas si on peut dire facilement
07:08des choses, même aux gens qu'on aime bien.
07:10Ce n'est pas évident, quoi.
07:12Ce n'est pas évident.
07:12Et donc, on pourrait penser que Johnny
07:16allait dire des choses en face aux gens,
07:19aux gens qu'il connaissait.
07:20Et souvent, il ne le faisait pas.
07:21Il envoyait quelqu'un d'autre.
07:22Oui, des blessures au fond, lui,
07:24qu'il traîne.
07:25Oui, je pense.
07:26Des blessures d'enfance, évidemment.
07:28Mais un mal-être, quelque chose
07:30qui l'a conduit à frôler la mort.
07:32C'est-à-dire que souvent, Johnny,
07:34on le voyait assis, comme ça, sans dire un mot,
07:37avec le regard perdu.
07:40Je ne saurais jamais si...
07:41Je ne vais pas poser la question.
07:42Je ne saurais jamais s'il pensait à quelque chose
07:45ou s'il était absent,
07:46ou s'il essayait de rester dans une bulle.
07:50Et pourquoi ?
07:51Malheureux, au fond, quelque part.
07:53Je pense malheureux, oui.
07:56Malheureux, alors qu'il avait tellement de succès
07:58qu'on pense qu'il aurait pu être heureux.
08:01Mais ce n'est pas aussi le fait d'être malheureux
08:03qui fait qu'il se donnait comme un fou sur scène.
08:06Peut-être, parce que ça,
08:07il n'a jamais trompé les gens sur scène.
08:11Il risquait sa vie.
08:13Et on l'a vu, avec les bagnoles,
08:15avec l'alcool,
08:17avec tous les excès.
08:18L'alcool, ah bon ? Il buvait ?
08:21Je ne dirais pas qu'il se droguait.
08:23Oui, mais tu ne pourrais pas le dire,
08:26parce que c'est pratiquement rien du tout.
08:29Non, il se droguait.
08:30Il a fait comme tous les gens du rock'n'roll,
08:33il a au moins touché à tout.
08:35Il l'avait dit, d'ailleurs, dans une interview.
08:37Il ne s'est pas mis du tout là-dedans.
08:40À la limite, il dit que je préfère l'alcool.
08:43Oui, mais c'est vrai que l'alcool, oui.
08:45Une fois de plus, il y a un parallèle avec Gainsbourg.
08:48Une forme d'autodestruction chez Johnny ?
08:51Oui, oui, oui.
08:53D'autodestruction, peut-être moins que Serge.
08:57Mais, je ne sais pas,
08:58peut-être aussi une espèce de passer un cap,
09:02je le dis, de timidité, peut-être.
09:04Je crois que l'alcool fait partir dans les trucs.
09:07Et je ne sais pas si c'était vraiment un destructeur.
09:10Parce que sinon, il n'aurait pas pu faire des tournées
09:12pendant des jours et des jours, quoi.
09:14S'il avait été ivre mort tout le temps, quoi.
09:16Parce que physiquement, il fallait y aller, quoi.
09:18Oui, ça, c'était incroyable.
09:20Les photos le montrent dans ce bouquin formidable.
09:23Mais quand on disait, c'est une bête de scène,
09:24ça a vraiment été ça, quoi.
09:26Moi, il y a des moments où j'étais vraiment surpris, quoi.
09:28Le mec se transformait.
09:29C'est-à-dire que tu le voyais dans les coulisses,
09:31même vers la fin de sa vie.
09:35Il était un peu voûté, comme ça, dans les coulisses.
09:39Puis derrière la scène, pareil.
09:40Et dès qu'il mettait le pied sur la scène,
09:41hop, il se redressait.
09:43Et il dégageait un truc énorme.
09:46Et il avait une pêche monstrueuse.
09:47Oui.
09:48Quel rapport il avait avec son public ?
09:50On a l'impression que ce public, c'était tout pour lui.
09:52C'est vrai ?
09:52Je pense que c'est ça.
09:54Oui, oui.
09:54Il était complètement...
09:56Tu parles de drogue.
09:57Je crois qu'il était drogué parce que le public dégageait vers lui, quoi.
10:01Il avait un amour fou du public.
10:04Il a toujours respecté le public.
10:05C'est-à-dire que les gens lui demandent des autographes,
10:07il a toujours signé, quoi.
10:08Dans la rue, partout.
10:10C'est pour ça que je crois que tous ces fans qui continuent à le suivre,
10:13parce qu'il a toujours été correct et complètement sympa avec tout son public.
10:21Oui.
10:21Et ceux qui essayaient de le faire passer pour un con, on va dire,
10:24ou qui pouvaient dire...
10:26Ça lui faisait mal, ça ?
10:27Non, parce qu'ils ont joué en même temps.
10:29Ils disaient, ça m'arrange qu'on me prenne pour un con, comme ça, on me fout la paix, quoi.
10:33Il n'était pas con ?
10:34Non, non.
10:35Il n'était pas con, je veux dire ?
10:36Oui.
10:37Non.
10:38Non, non.
10:38Ah, mais je...
10:38Ah non, il n'était pas con.
10:40C'est-à-dire que je pense qu'il était ravi qu'on le prenne des fois pour un mec
10:44pas intelligent,
10:44alors qu'il avait une intelligence, quelle qu'elle soit, y compris du spectacle.
10:50Je veux dire, tout ce qu'il a fait sur scène, ça vient quand même de lui.
10:53Ou quand tu lui donnais un texte à chanter, il transformait le truc à sa manière, avec
10:57toutes ses intonations, etc.
10:59Alors ça, c'est une chose.
11:00Et puis en plus de ça, il gambergeait beaucoup de choses, des idées, tout ça.
11:05Donc il aurait été con, il n'aurait pas fait tout ça.
11:07Il aurait été comme une espèce de marionnette, quoi.
11:09Oui, mais un peu comme un gamin avec ses Harley, ses Alorada.
11:13Oui, oui, on est tous, on est tous restés gamins, les gens de l'époque.
11:17Gamin, déjà.
11:18Oui, bien sûr.
11:19C'est normal que les cloches sonnent quand on parle de Johnny Hallyday.
11:22C'est pour annoncer le...
11:23Et les femmes, Tony, pour Johnny.
11:26Ah, les femmes.
11:27Oui, oui, toi, t'as connu...
11:29Oui, mais c'est ça que je ne peux pas raconter, quoi.
11:33Non, restons dans les femmes officielles.
11:35Enfin, officielles.
11:36Oui, après, on passera aux femmes non officielles.
11:38Non, peut-être pas.
11:39Il y en a trop.
11:41Ah non, carrément, il y en avait trop.
11:42Il y en a beaucoup, alors.
11:43Il y en a beaucoup, oui.
11:44Il y en a eu beaucoup.
11:44Bah, c'est normal.
11:47Il était quand même un peu comme les gens de l'époque, un peu playboy, quoi.
11:53Il plaisait beaucoup et il avait du charme, etc.
11:56Il se disputait les femmes avec Claude François, comme ça pouvait être dit.
11:59Non, avec Claude François, non, parce qu'à un moment, il y avait une tension entre Claude et Johnny.
12:05Parce que musicalement, Johnny disait que Claude François ne faisait pas du rock.
12:09Donc ça ne l'intéressait pas, quoi.
12:11Il disait que c'était une musique de minette, quoi.
12:42Ah oui.
12:43Si je puis dire.
12:44Donc il est bien évident qu'il n'y avait pas d'échange de femmes.
12:47Ce n'était pas le même genre de type de femmes.
12:48De toute façon, Claude était plutôt dans les petites blondes et Johnny était plutôt dans les femmes un peu plus
12:55grandes et avec du peps, quoi.
12:59Quel rapport il avait avec les femmes ?
13:02Johnny ?
13:02Oui.
13:03Vraiment sincère ou c'était un soir et puis on change ?
13:07Ah non, non, sincère, puisque moi j'en ai connu d'autres que le public ne connaît peut-être pas
13:12et qu'il a quand même promis le mariage.
13:14Ah, il promettait le mariage ?
13:16Ah, ben, je l'ai connu, il a dû acheter je ne sais pas combien de diamants de fiançailles.
13:21Ah oui ?
13:22Oui, quand même.
13:22Non, c'est vrai ?
13:23Oui, oui.
13:25Donc il était menteur ?
13:26Ah non, non, parce qu'il y croyait sincèrement.
13:28Ah oui ?
13:28Oui, je ne saurais pas dire ça devant Laetitia parce qu'après, elle est capable d'être étonnée, mais c
13:35'est la vérité, quoi.
13:37Oui, mais je veux dire, on a l'impression qu'il aimait les femmes, la quantité de femmes, énormément de
13:42femmes, il avait besoin de ça.
13:44Non, quand même pas, c'était quand même pas un camion ou un tombereau de femmes, non, non, mais...
13:50Des fans qui le rejoignaient dans sa chambre, non ?
13:54Il y a eu ça en tournée, mais on était tous, ça s'est passé avec toutes les tournées à
13:57l'époque, dans les années 60, 70, ça va de Serge Lama, en passant par Enrico Macias, Adamo, etc.
14:06Il y avait cette époque de, entre guillemets, groupie, mais que ça soit en France, c'était aux Etats-Unis,
14:13en Angleterre avant, à l'époque des...
14:15Tout ça, c'était en même temps, pratiquement la même époque que les Beatles, etc.
14:20Il y avait couché moins avec les fans que Claude François, par exemple, que tu as connu bien également.
14:25Oui, oui, mais bon, non, mais ça, c'était dans les mœurs de l'époque, je ne sais pas, toutes
14:30ces femmes étaient attirées par les chanteurs, peut-être par les comédiens aussi, d'ailleurs.
14:38Oui, et alors comment Johnny réagissait ?
14:40C'était aussi peut-être la libération de la femme de l'époque, parce qu'il y avait la contraception,
14:46etc., etc.
14:47Donc est-ce que c'est ça qui fait qu'elles étaient un peu excitées pour être polies ?
14:52Oui, mais bon, Sylvie Vartan, quand même...
14:55Sylvie Vartan, ça a duré quand même très longtemps en plus.
14:58Mais ils se sont séparés, ils se sont retrouvés, et Sylvie a quand même été une femme de grande classe,
15:08quoi.
15:09Oui, accident de la route terrible avec elle.
15:11Oui, accident de la route terrible, terrible.
15:13Oui, elle est marquée sur son visage.
15:16Oui, elle s'est marquée à l'époque, mais surtout qu'à l'époque, je crois que les chirurgies esthétiques
15:19n'étaient pas aussi pointues que maintenant.
15:22Donc elle a gardé des marques, ça c'est certain.
15:24Oui, mais après, il s'en va rapidement après la naissance de David, et puis il rencontre Nanette Walkman.
15:31Oui, il y a eu cette histoire de Nanette Walkman qui était une parenthèse un peu alcoolisée, dirons-nous.
15:38Oui, tu as connu ça ?
15:40Oui, j'ai été en tournée avec eux quand il y a eu ce fameux truc de roulettes russes en
15:45plus, dans une pizzeria connue.
15:48C'est vrai, c'est-à-dire qu'est-ce qu'ils ont fait avec Nanette ?
15:50C'est-à-dire que j'étais, je crois qu'on devait être à part eux deux, et il y
15:53avait moi dans la chambre, et puis quelqu'un d'autre et moi, pour être poli.
15:59Donc je me cite en dernier.
16:01Et puis effectivement, il y avait un pistolet qui traînait, une espèce de colte à barillet, et un revolver à
16:11barillet.
16:11Et puis ils ont commencé à faire un coup de roulettes russes, pensant que peut-être il n'y avait
16:16rien dans le truc.
16:17Et Johnny tournait le truc et se met le revolver sur la tempe et appuie sur la gâchette.
16:23Et finalement, après on regarde, il y avait une balle dedans.
16:25Oh là là ! Il était conscient quand même de ça, du risque.
16:29Non, parce qu'on a pensé qu'il n'y avait rien du tout.
16:31Il était attiré par la mort.
16:33Oui, il a essayé de se suicider plusieurs fois.
16:35Oui, mais je crois qu'on avait aussi à l'époque cet amour de James Dean, de Marlon Brando.
16:42Donc il y avait tous ces héros pour nous qui étaient la fureur de vivre, le début des trucs dangereux
16:50à moto, etc.
16:52Donc Johnny était en plein là-dedans.
16:54Oui, mais avec Nanette, ça a été pratiquement une espèce de course infernale.
17:01Oui, mais parce que...
17:02Et puis c'était une tournée un peu diabolique où tout le monde était dans un état un peu second
17:10et alcoolisé.
17:12Mais cela dit, sur scène, tout se passait bien.
17:13Oui, oui.
17:14On ne peut pas reprocher ça.
17:15Et alors, c'est un sphinx ?
17:17C'est ?
17:17Un sphinx, il rejaillit toujours.
17:20C'est ça, on disait de Johnny.
17:21Oui, à chaque fois, exactement.
17:22Parce que plus d'une fois...
17:23Enfin, je ne sais pas.
17:24Je ne sais pas en tête combien de fois il est tombé.
17:29Enfin, je veux dire, ça marchait moins.
17:32Et puis, au bout de 3, 4, 5, 6 mois, peut-être un an, il rejaillit, il revient avec un
17:37nouveau spectacle, un nouveau disque, un nouveau titre, quoi.
17:41Alors, en plus, moi, j'ai toujours trouvé...
17:42Je crois que c'est...
17:44On le verra dans les photos du bouquin.
17:46Johnny a toujours été très caméléon.
17:48Plus ou moins volontairement.
17:50C'est-à-dire qu'il découvrait des tubes en Angleterre ou aux États-Unis.
17:56Mais il se l'appropriait à sa manière.
17:59Par exemple, quand il a fait « Hey, Joe », moi, je l'ai vu, j'étais avec lui à
18:01Londres.
18:02Quand on connaît, on fait la connaissance de Jimi Hendrix dans une boîte.
18:05Il y a l'agent, enfin, le manager de Jimi Hendrix, c'était le bassiste des Animals, Chastronvers, je crois.
18:13Et donc, il parle avec Hendrix et tout ça.
18:16Et puis, Hendrix lui fait écouter « Hey, Joe ».
18:19Et Johnny, donc, Hendrix joue sur le disque de Johnny et vient faire la première partie de Johnny à l
18:26'Olympia.
18:28Je ne sais plus en quelle année, j'ai des problèmes avec les dates, mais bon.
18:32Et Johnny, quand il a fait « Hey, Joe », il s'est approprié.
18:35Ce n'est pas du tout la même version que Hendrix, quoi.
18:37À chaque fois, c'était...
18:38Il s'appropriait...
18:39Enfin, il amenait un titre, un nouveau titre en France,
18:44mais il le faisait de sa manière, quoi.
18:46Donc, je pense que c'est pour ça qu'il a un peu toujours ressurgi
18:51quand il y avait des périodes où il déclinait un peu, quoi.
18:55– Oui, on voit des photos dans ce bouquin, des tournages de clips,
18:59des tournages de films, les États-Unis, le rêve américain,
19:03les Harley-Davidson.
19:04– Bien sûr.
19:05– Et c'est ça, la mythologie, au fond, que je me disais, c'est un gamin.
19:08C'est-à-dire qu'en fait, il court après ses rêves de gamin toute sa vie.
19:11– Exactement. Il a toujours voulu concrétiser ses rêves de gamin, quoi.
19:17L'Amérique, pour nous, les États-Unis, c'était un rêve, quoi.
19:21Pas que pour nous.
19:22Labro, il a écrit des trucs sur l'Amérique.
19:25À cette époque, on était...
19:26Maintenant, je pense qu'il y a un tel décalage qu'on ne peut pas comprendre ça.
19:30Sans faire de promo, il y a des McDo partout.
19:32Alors que nous, on allait aux États-Unis,
19:34et McDo n'existait pratiquement pas.
19:36Donc, on mangeait des hamburgers qui étaient dix fois meilleurs,
19:39qui étaient authentiques, quoi.
19:41Qu'on te faisait griller sur une plaque avec du pain meilleur que McDo,
19:45puis pas bourré de saloperies, de vitamines et tout.
19:48Du coup, je parle de...
19:48C'est pas de la pub que je fais pour McDo.
19:50Mais bon.
19:51Et d'ailleurs, j'ai rarement mangé des McDo,
19:53parce que j'ai connu meilleur, quoi.
19:55Et nous, tout ce que...
19:56Y compris la musique aux États-Unis,
19:58on avait envie d'aller.
19:59Moi, je me souviens que les premières fois que j'allais aux États-Unis,
20:02je ramenais des disques, des albums de là-bas.
20:05Ils arrivaient en France trois semaines après, quoi.
20:07Ou en Angleterre.
20:08On allait à Londres.
20:10Moi, quand j'ai photographié les OU, les Moody Blues, etc.,
20:14pour recevoir les copains, justement,
20:16j'ai ramené des 45 tours à Paris.
20:19Et puis, je faisais écouter à des potes qui me disaient,
20:20« Mais c'est quoi, ça, machin ? »
20:22Et 15 jours après, ils me faisaient écouter les mêmes disques
20:24parce qu'ils venaient de sortir en France.
20:25En disant, « Tu connais ça ? »
20:26Je dis, « Mais je vous l'ai fait écouter 15 jours. »
20:27Il y a 15 jours.
20:28Parce qu'on avait quand même un peu de retard à cette époque-là en France.
20:33Et pour nous, enfin, tout ça pour dire que pour nous,
20:36notre rêve, c'était quand même, et les États-Unis, et l'Angleterre à un moment, quoi.
20:39– Oui, court après ce rêve tout le temps.
20:41– Oui, bien sûr.
20:41– Et toujours des nouveaux défis, toujours plus grands,
20:44toujours des scènes, des stades.
20:45– La preuve des stades, ça a quand même été le premier.
20:47Moi, je me souviens d'une tournée en Amérique du Sud,
20:50où on était dans un...
20:51Alors, il y avait déjà, en plus, il y avait deux spectacles par soir à 8-9 heures, je crois,
20:55et puis un autre, à 11 heures du soir, les musiciens,
20:59ils lui étaient lessivés à cause de la chaleur,
21:00et puis il fallait...
21:01Il n'y avait pas deux sonos.
21:03Il fallait démonter la sono, qui n'était pas énorme en plus,
21:07qu'il fallait trimballer dans un endroit suivant.
21:09Et là, je crois que c'est un truc qui s'appelait Rosario, en Argentine,
21:13je découvre un petit stade, mais bourré à craquer de monde,
21:17avec des chiens policiers sur scène,
21:20enfin, des policiers avec des chiens, pardon,
21:23pour que le public ne monte pas sur la scène.
21:25Et c'est la première fois que je jouais une scène très, très haute,
21:28parce qu'à l'époque, les scènes,
21:29le public arrivait à la poitrine, quoi.
21:32Donc, les gens montaient sur scène,
21:33ce qui, moi, me permettait de faire des photos géniales,
21:36enfin, géniales, assez sympa,
21:38parce que les filles voulaient monter sur scène,
21:41les types montaient, alors,
21:42elles se prenaient au coup de Johnny,
21:45il y avait le conducteur du bus,
21:48parce qu'il n'y avait pas de sécurité à l'époque.
21:50Maintenant, il y a de la sécurité, des barrières, etc., etc.
21:53Là, à l'époque, c'était le chauffeur du bus
21:56qui s'occupait des projecteurs qui sont sur scène,
22:01et puis qui servait de garde du corps.
22:04Donc, c'est lui qui était chargé d'enlever les filles
22:08qui montaient sur scène,
22:10qui, alors, s'emménagement les repoussait,
22:12les rejetait dans la salle.
22:14Mais tout était différent.
22:16Si je parle maintenant d'un stade en Argentine,
22:21les gens doivent trouver ça un peu bizarre,
22:23puisque tout le monde chante dans les stades, maintenant.
22:25Mais tout ça pour dire que Johnny a été,
22:27je crois, le premier, y compris le Parc des Princes.
22:30– Oui, un petit clin d'œil,
22:31quand on pense à s'occuper de Johnny,
22:33à Tiki Olegado, on le voit en photo, là.
22:35– Oui, oui, oui, bien sûr.
22:36– Il avait l'accent.
22:38– Ah, mais il était de Toulouse, Tiki.
22:40– Qu'est-ce qu'il disait, alors, quand le slip…
22:43– Ah non, ça, c'était l'histoire de Tiki avec Claude François.
22:46– Ah oui, ça, c'est un autre truc, alors.
22:47Mais qu'est-ce qu'il disait, Tiki, tiens, pour rigoler ?
22:50– Tiki disait, un jour, il s'était fait engueuler
22:55par Claude sur scène,
22:56parce qu'à l'époque, une fois de plus,
22:58il n'y avait pas de micro-HF,
23:00donc il y avait un câble, quoi.
23:02Il était derrière les enceintes,
23:04il était censé tendre le câble
23:06pour que Claude ne se prenne pas les pieds dedans
23:08quand il dansait sur scène.
23:10Et un jour, je trouve que c'était à Nice,
23:13Claude sort de scène,
23:14et moi, j'attends Tiki,
23:15enfin, je dis à Claude, on va manger au même endroit
23:18que d'habitude, sur le port, machin.
23:19Il dit, oui, mais Tiki ne vient pas avec nous
23:21parce qu'il n'a pas tendu le câble,
23:23j'ai failli me casser la gueule sur scène, et tout ça.
23:25Et Tiki, qui était en train de sécher le costume de Claude
23:28avec un séchoir à cheveux,
23:30me dit, je m'en fous,
23:31demain, je lui remets le même slip.
23:34Alors que Claude n'a jamais su que c'était le même slip
23:37que Tiki lui a mis.
23:39Et alors du coup, Tiki,
23:41qu'on avait effectivement un peu marre
23:42de se faire bousculer,
23:44et je suis poli,
23:45par Claude,
23:46il est parti chez Johnny.
23:47De toute façon, son rêve,
23:48comme Tiki,
23:49au départ, il y avait un groupe de rock
23:53à Toulouse,
23:55il préférait être avec Johnny.
23:56Alors d'ailleurs, il disait toujours,
23:58moi, je suis le bouffant.
23:59On m'appelle le bouffant,
24:00je suis là pour faire heureux de Johnny.
24:03Alors il y avait deux bouffants,
24:04Tiki et Carlos,
24:05qui à l'époque étaient secrétaires de Sylvie.
24:07Il disait les 400 coups avec Carlos.
24:09Oui, absolument.
24:10400 coups, il y avait Sardot aussi,
24:11à l'époque, là-dedans.
24:12Oui, mais ce n'est pas ça,
24:13c'est qu'à l'époque,
24:15Carlos ne sentait pas.
24:17Il était secrétaire de Sylvie.
24:19Quelques conneries,
24:19ils ont fait, par exemple,
24:21tiens, un souvenir,
24:22le genre de trucs qu'ils pouvaient faire
24:24dans les hôtels.
24:25Ah, mais à l'époque,
24:26on faisait tous des conneries
24:27dans les hôtels.
24:28Comme on rentrait au petit matin,
24:30vers 4-5 heures du mat',
24:31par exemple, surtout à Cannes,
24:33au Martinez,
24:34à un moment, on était...
24:35Enfin, on...
24:36Moi, je n'ai rien fait.
24:38Non, mais je veux dire,
24:39les tournées souvent étaient interdites
24:40parce qu'on finissait,
24:41à l'époque,
24:42les gens mettaient les chaussures
24:44devant la porte
24:45pour que le personnel de l'hôtel
24:48serait les pompes,
24:49c'est le cas de le dire.
24:50Alors bien sûr,
24:51on piquait les chaussures des gens,
24:52mais surtout,
24:53on finissait avec la lance à incendie
24:55dans les couloirs,
24:58à s'inonder.
25:00Jody, il disait ça alors ?
25:02Oui, il tiquit,
25:02tout le monde.
25:03Moi, ils m'ont mis
25:04dans un panier à linge
25:06et ils m'ont fait descendre
25:073-4 étages,
25:08comme ça je suis arrivé
25:09à la réception
25:09dans le panier à linge
25:11avec les types,
25:12fou de rage,
25:12parce qu'il m'a dit
25:13qu'est-ce que vous faites ?
25:13J'aurais surtout pu me casser la gueule
25:15dans les escaliers.
25:16Et ça, ça, Jody, il adorait ça alors ?
25:17Oui, oui, ben oui.
25:18On fait ça.
25:19On adorait tout ça.
25:20Oui.
25:20On était des grands gamins.
25:21C'est vrai.
25:22Et alors, là,
25:23il y a les images très émouvantes
25:25de la dernière tournée,
25:25les canailles.
25:26Oui.
25:27Là, tu fais les photos
25:28qui, on voit à un moment,
25:30il y a une photo de Johnny sort de scène,
25:31il y a du tronc derrière.
25:32Oui, oui.
25:33C'est la photo de fin du livre,
25:34je ne vois pas.
25:35Enfin, si,
25:35c'est parce que j'ai fait ça,
25:36parce qu'il fait au revoir
25:37et qu'il vient vers moi.
25:38Donc, j'ai pensé que c'était bien
25:40pour finir le...
25:41Oui, mais là,
25:41tu l'as senti.
25:43J'ai essayé dans le livre
25:44de faire ce que Johnny m'a dit
25:45que Maurice Chevalier
25:47lui avait dit un jour.
25:49Mon petit gars,
25:52au début,
25:53tu soignes ton entrée de scène,
25:55tu soignes vachement ta sortie
25:58et après, au milieu,
25:59tu fais un peu ce que tu veux, etc.
26:01Mais tu soignes l'entrée et la sortie
26:02et j'ai essayé de faire ça dans le livre.
26:04Mais dans cette dernière tournée,
26:05comment tu l'as trouvé, Johnny ?
26:07Tu savais que c'était la fin.
26:08Oui, je savais qu'il était...
26:09extrêmement fatigué.
26:11Bien sûr, parce qu'il y avait
26:12des gens qui étaient là
26:13avec de l'oxygène
26:14derrière le rideau
26:15et je me souviens même
26:17que le gars qui était
26:19avec la bouteille d'oxygène,
26:20comme Eddie Mitchell,
26:22sortait de scène à un moment
26:23et puis derrière le rideau,
26:25il fumait une ou deux...
26:26une bouffée de cigarettes
26:27et le type lui a dit
26:28restez pas là avec votre cigarette,
26:30enfin avec votre briquet
26:31parce qu'une bouteille d'oxygène,
26:32ça peut sauter.
26:33Donc, bien évidemment que
26:35Johnny, plus ça allait,
26:38plus ça partait mal.
26:39J'ai ressenti, bon,
26:40dans des choses à la team.
26:41Mais bon, il a quand même tenu.
26:42Mais battant quand même ?
26:43Pardon ?
26:44Battant quand même ?
26:44Oui, complètement battant.
26:45Oui.
26:45Vis-à-vis du public,
26:46une fois de plus.
26:48Donc, sur scène,
26:49je pense pas que les gens
26:49se soient rendus compte
26:51qu'il était de plus en plus faible.
26:53Il aurait presque voulu mourir sur scène.
26:55C'est incroyable
26:56parce que ce que tu dis là,
26:57moi, j'ai souvent pensé.
26:59J'ai souvent pensé
27:00que je pense que pour lui,
27:01ça aurait été l'idéal
27:02de mourir sur scène
27:03parce que c'était son domaine,
27:05c'était chez lui.
27:06Et moi, je trouve un peu étonnant
27:07qu'il soit si loin,
27:10enterré si loin
27:10parce que moi,
27:11j'ai toujours pensé
27:12qu'il aurait préféré,
27:13c'est mon avis,
27:15qu'il aurait préféré
27:16être à Ramatuel, par exemple.
27:17Oui,
27:18être près de ses fans en France.
27:19Oui, et puis il adorait
27:20Saint-Tropez, Ramatuel.
27:22Donc, je pense qu'il aurait...
27:25À bon avis,
27:25il aurait été mieux ici.
27:26Et il adorait ses enfants,
27:28David, Laura.
27:29Oui, absolument.
27:30Écoute, j'ai pas connu sa relation
27:32avec...
27:33Donc, ne me pose pas de questions
27:34sur la relation
27:35avec les petites filles
27:37qu'il a eues à la fin
27:37et qu'elles ont adoptées
27:38avec Laetitia.
27:39J'ai pas connu cette période-là,
27:41mais c'est sûr qu'il adorait
27:42David et Laura, absolument.
27:44Oui.
27:45Il aurait aimé
27:45qu'il continue
27:47de porter son œuvre.
27:49Oui, bien évidemment.
27:50Mais je pense que, de toute façon,
27:51une œuvre, elle perdure,
27:52quoi qu'il arrive.
27:54Donc, il n'y a qu'à voir.
27:55Je crois qu'il y a des ressorties
27:56d'albums, des choses comme ça.
27:58Et puis que les fans
27:59sont toujours là, surtout.
28:00Oui.
28:00Oui.
28:01Il y a des moments où Johnny,
28:02des confidences avec lui,
28:03dans certains moments,
28:04il pouvait se confier.
28:06Des choses...
28:06Parce que Johnny pouvait être
28:08secret ou...
28:09Est-ce qu'il y a des moments
28:10où il ouvrait son âme
28:11à des copains ?
28:12Oui, oui.
28:12Il n'y a encore pas.
28:13Je pense qu'il n'a jamais été
28:13jusqu'au bout
28:14parce qu'il y a beaucoup de choses
28:15qu'il gardait en lui.
28:17Tu as des souvenirs de ça ?
28:19De moments d'intimité avec lui ?
28:21Oui, mais enfin,
28:23il y en a eu peu,
28:24mais je le garde pour moi, quoi.
28:26Ah oui ?
28:26Oui.
28:28Pourquoi tu le gardes pour toi ?
28:29Parce que c'est des trucs
28:30vraiment personnels
28:31et que...
28:34Comme c'est toi,
28:35j'ai raconté deux, trois trucs
28:36que je n'aurais peut-être pas raconté.
28:38Et là, je garde quand même
28:40un minimum de choses pour moi, quoi.
28:41Oui, mais qui veulent dire quoi ?
28:42Qu'au fond, Johnny était
28:43un type extraordinaire.
28:44Qui veulent dire qu'au fond,
28:45c'était presque un frère pour toi ?
28:48Oui, oui.
28:48Moi, j'ai souvent considéré
28:49comme si c'était un grand frère
28:52de trois ans d'écart, quoi.
28:53Parce qu'on a eu beaucoup d'échanges
28:55un peu intimes.
28:57Bon, il s'est un peu occupé
28:58de ma fille quand elle est née, etc.
29:01Donc, voilà, quoi.
29:04Non, mais ça,
29:04je ne peux pas tout te dire, quoi.
29:06Tu dirais que c'était un type bien ?
29:08Ah oui, oui, c'est un type bien.
29:09C'est évident.
29:10C'est évident.
29:11Puis en plus,
29:11c'est tellement quelqu'un
29:12de formidable professionnellement
29:14que déjà ça, c'est beaucoup.
29:16Parce que je crois
29:17qu'il n'y a pas beaucoup de gens
29:19dans la vie
29:20qui ont vendu
29:24leur carrière autant, quoi.
29:26Mais c'était sincère, quoi.
29:28Je crois que c'est vis-à-vis du flic.
29:30Il n'a jamais trompé
29:31qui que ce soit.
29:32Et puis en même temps,
29:33humainement,
29:33c'est un type bien, quoi.
29:35Je te dis, moi,
29:35j'ai eu franchement la chance
29:36d'être proche de Gainsbourg
29:39pendant une dizaine d'années
29:41ou un peu plus
29:41et de Jenny
29:42pendant une trentaine,
29:43trente, quarante ans.
29:44Et j'ai eu du pot
29:45parce que je crois
29:45que c'est deux mecs bien, quoi.
29:47C'est vrai que je vois encore
29:49beaucoup Eddie Mitchell
29:50qui est quelqu'un
29:51de pas mal aussi, quoi.
29:54Mais j'ai eu du ball, quoi,
29:55pour ça.
29:55C'est un type qui luttait contre...
29:57Dès le début,
29:58on lui avait dit
29:58vous en avez pour un an ou deux.
29:59Dans deux ans,
30:00vous n'existeriez plus.
30:01Et il a vécu comme ça
30:02en se disant
30:03ça va s'arrêter demain
30:03toute sa vie.
30:06Oui, mais enfin,
30:07je crois qu'il a quand même...
30:09Il aimait quand même la vie.
30:11Donc il a fait un peu le casse-cou.
30:14Mais il a tout fait pour continuer
30:16et puis pour donner des choses aux gens, quoi.
30:19Oui.
30:20Parce qu'aujourd'hui,
30:21après les obsèques nationales,
30:22après tout ça, c'est...
30:24Je ne sais pas si...
30:25Il dirait quoi ?
30:25Tout ça.
30:28Je ne sais pas.
30:30Peut-être qu'il pense
30:30qu'il l'a mérité,
30:31mais en même temps,
30:32c'était tellement énorme,
30:33ces obsèques.
30:35Regarde, par exemple,
30:35Aznabour,
30:36qui était un monument de la chanson.
30:37Il n'a pas eu ça.
30:38Est-ce que c'est logique ?
30:39Je ne sais pas.
30:39Est-ce que c'est normal ?
30:41Il y a peut-être une des mesures
30:42entre tout ça et...
30:44Mais il ne se considérait pas
30:45comme une star.
30:46Johnny ?
30:47Oui.
30:49Dans la vie quotidienne, non.
30:51Mais je pense qu'il sait
30:52un peu ce qu'il représentait quand même.
30:56Je veux dire,
30:57on sait à peu près tous
30:58notre valeur.
30:59Toi, moi,
31:00je pense que lui,
31:01il savait, quoi.
31:02Moi, à un moment,
31:03j'ai passé ma vie
31:04à être un peu timide,
31:05à ne pas oser dire
31:06des choses et tout ça.
31:07Et puis, je me rends compte
31:08quand même que j'ai dû faire
31:08des...
31:09La preuve,
31:09les gens aiment bien
31:10les photos que j'ai faites.
31:11Donc, je pense qu'il faut
31:13être conscient de sa valeur
31:14à un moment ou à un autre.
31:15Et Johnny,
31:16il savait quand même.
31:17Oui.
31:17Bien évidemment.
31:19Merci, Tony.
31:20C'est moi.
31:20Merci beaucoup.
31:21Regarde ça.
31:22Depuis 1960 jusqu'à aujourd'hui,
31:24ces photos.
31:25Et ça, c'est Johnny qui parle.
31:26Cher Tony,
31:28merci pour ces jolies photos
31:29que tu as prises de moi,
31:30fidèlement.
31:32La simplicité du cœur.
31:34Exactement.
31:35Exactement.
31:36Johnny, pour toi, maintenant,
31:37Tony, c'est quoi ?
31:37Ça restera toujours ?
31:39Oui, mais bien évidemment.
31:42J'ai tellement de moments
31:43avec lui
31:44que ça reste au fond de mon cœur.
31:47C'est quelqu'un
31:48tellement de proche.
31:49Mais par moments,
31:50surtout comme on l'entend encore
31:52souvent à la radio
31:53ou à la télé,
31:55moi, par moments,
31:56je n'ai pas l'impression
31:56qu'il est parti.
31:58Franchement,
31:58je ne sais pas combien de temps
31:59ça va durer en moi,
32:01mais j'ai l'impression
32:02que je pourrais le croiser demain.
32:04Tu sais, il y a des gens
32:05qui ont été fans d'Elvis
32:07pendant des années,
32:09qui ont dit pendant des années
32:10qu'Elvis,
32:11c'était pas mort.
32:11Je pense que Johnny,
32:12c'est un peu ça aussi.
32:13Oui, il est là où ?
32:14Alors, il se marre.
32:15Ah oui, il doit s'amuser.
32:17Il rigole de tout ça.
32:18Bien sûr.
32:20Les années Tony Frank.
32:22Ça, ça, c'est un bouquin.
32:25Ça, c'est le vrai Johnny.
32:27Merci.
32:28Merci beaucoup.
32:28C'est moi, merci.
32:29Merci.
32:29Une fois de plus.
32:30C'est moi, c'est moi, c'est moi.
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