00:00– Le photographe des stars, tant, tant de photos mythiques,
00:07Tony Franck qui est avec nous.
00:09On va parler d'un livre incroyable, c'est l'intérieur de Serge Gainsbourg,
00:12sa maison rue de Verneuil.
00:14Chaque pièce, chaque objet photographié, on va en parler dans quelques instants,
00:17mais d'abord, il y a une amitié, mais c'est une amitié plus que tout avec Johnny Tony.
00:21Vous êtes le parrain de sa fille, vous avez connu Johnny tout gamin, tout jeune.
00:25Je vous montre juste une pochette, parmi toutes celles des photos que vous avez réalisées,
00:30des pochettes pour les disques de Johnny Hallyday.
00:32Aujourd'hui, Johnny reste dans nos cœurs.
00:35– Bien sûr, c'est la première fois que j'en parle depuis qu'il est parti,
00:40parce que j'ai refusé toute interview, parce que ça m'a bien touché.
00:44Et j'avais dit que je n'en parlerais pas pendant plusieurs semaines.
00:47Je sais qu'avec vous, Patrick, on ne va pas traîner sur ce sujet-là,
00:51mais c'est vrai que j'étais complètement perturbé.
00:54J'ai passé, disons, 37, 38 ans avec lui.
00:58Et pendant quelques années, j'étais du matin au soir avec lui.
01:01Il ne me laissait pas partir, faire des photos avec d'autres gens.
01:04Je lui ai dit, mais Johnny, il faut bien que je…
01:06Non, non, pourquoi tu t'en vas ? Viens, on va aller à la salle de sport, etc.
01:10Et donc, je restais avec lui, parce que c'était vachement bien.
01:13C'était un mec formidable.
01:15Moi, j'ai vraiment eu deux personnes dans ma vie.
01:17C'est Gainsbourg qui est parti, que je regrette beaucoup,
01:20et Johnny qui vient de partir.
01:21Et malheureusement, j'ai passé des soirées, des moments formidables avec eux.
01:26Bon, c'est vrai que j'aimais bien boire des petits coups par-ci, par-là.
01:29C'est peut-être pour ça que je suis resté pote avec eux.
01:31Mais en même temps, on rigolait beaucoup.
01:33C'était vachement convivial.
01:35Alors bon, il me reste encore Eddie Mitchell.
01:38C'est pas mal non plus.
01:39– Oui, mais tout ce qui se passe autour…
01:41Je vais presque dire un commerce morbide autour de Johnny aujourd'hui.
01:44– Je lis ça partout et je trouve ça dommage.
01:47Mais je pense que ça ne va pas s'arrêter comme ça.
01:50On va continuer à vendre des mégots, des morceaux de papier, n'importe quoi.
01:54Et les gens vont tomber là-dedans.
01:55Je ne sais pas comment ça s'arrêterait.
01:56Parce que déjà, de son vivant, il y avait un engouement de vente aux enchères
02:01sur des objets qui étaient plus ou moins…
02:03qui avaient plus ou moins touché.
02:05Je ne sais pas si c'était vrai ou pas.
02:07Mais c'est vraiment le plus grand club de fans officiel.
02:12J'ai un copain qui est le président du fan club officiel de Johnny
02:15et qui n'arrête pas d'avoir des demandes de fans.
02:18C'est vraiment le plus gros club de vrais fans en France.
02:22– Oui, on parle même d'une photo de Johnny dans son cercueil.
02:25– Je ne sais pas si c'est vrai, c'est dégueulasse.
02:28C'est dégueulasse.
02:29Oui, c'est possible.
02:29Parce que si quelqu'un, peut-être un des croque-morts,
02:33a fait une photo et essaie de soutirer de l'argent avec ça,
02:35je trouve ça nul.
02:38C'était arrivé avec Mitterrand.
02:41Il y a eu une photo de Mitterrand sur son lit de mort
02:42qui est passée en double page dans Paris Match,
02:45pour ne pas les nommer.
02:46Et on n'a jamais su vraiment qui c'était.
02:48Je pense qu'il y a des gens qui se doutent un peu de qui c'était.
02:50Mais je trouve ça quand même, c'est pour quoi faire.
02:53– Oui, et Philippe Poutou qui dit
02:56Johnny continue d'être un exilé fiscal même après sa mort,
03:00en ayant intérêt à Saint-Barthes.
03:02– Il faut bien que les gens fassent du bruit sur les choses.
03:04Mais Saint-Barthes est un territoire français.
03:07Donc je ne pense pas que ça ait quelque chose à voir avec ça.
03:10Non, à mon avis, c'est ridicule.
03:13Pourquoi toutes ces polémiques, qu'on lui foute la paix ?
03:16J'ai dit ça déjà avant qu'il parte.
03:18J'ai dit qu'il y avait une espèce de remue-ménage de tous les médias.
03:23J'ai dit qu'on le laisse tranquille,
03:25laissons lui finir sa vie,
03:27plutôt que d'avoir des paparazzis, des gens partout.
03:30Ce n'est pas très sympa.
03:31– Oui, regardez, en nouveau, je vous montre cette couverture
03:34parmi les pochettes de disques mythiques que vous avez faites, Tony Frank.
03:37– Ce qui est drôle, que personne ne peut se rendre compte de ça,
03:40c'est que quand j'ai fait cette photo, il avait le pied dans le plâtre.
03:43Parce qu'à l'époque, j'avais rejoint à Lyon sur une tournée
03:48et il arrivait, lui, d'Afrique du Sud.
03:51Et moi, j'arrive aux répétitions et je le vois avec une grosse botte.
03:54Parce que pour cacher le plâtre, il s'était fait faire une botte sur mesure.
03:57Vous savez, ces bottes qu'on avait à l'époque,
03:59comme les Beatles, les petites bottines.
04:01Et je le vois avec une béquille, surtout, en répétition.
04:04Je me dis, mais qu'est-ce que tu as ?
04:05Il me dit, en Afrique du Sud, il avait répété sur une scène qui était avancée.
04:11Et après la répétition, ils avaient reculé la scène,
04:13ils rentrent sur scène en direct.
04:16Et avec les projecteurs dans le visage et tout,
04:18il ne s'est pas rendu compte, il est avancé, il est tombé.
04:21Donc, plâtre.
04:22Et puis, pour ne pas décevoir les fans à Lyon,
04:24il avait fait le spectacle tous les soirs.
04:26Il tapait du pied, surtout à l'époque où c'était très, très rock'n'roll.
04:30C'est dans les années 70, je n'ai plus la date exacte.
04:32Et tous les soirs, on partait à l'hôpital pour qu'on lui refasse le plâtre.
04:38Mais comme le plâtre avait à peine le temps de sécher,
04:40le lendemain soir sur scène, il a retapé du pied et ça explosait.
04:42Donc, on a fait ça trois, quatre soirs de suite.
04:44Et puis, le jour où j'ai fait cette photo, il avait le pied dans le plâtre.
04:47– Oui, voilà, encore une autre pochette que vous avez réalisée.
04:49– Oui, ça, c'est un truc que j'ai fait à Nashville.
04:51– À Nashville, à Nashville, éternel Johnny.
04:54Je vais vous montrer une autre pochette mythique de vous.
04:57C'est évidemment Mélodie Nelson.
04:59Ça nous ramène à Serge Gainsbourg.
05:01C'est Jane qui était enceinte sur cette photo mythique.
05:03– Oui, qui était enceinte de trois mois.
05:04– Oui, ça nous amène à sa incroyable album que vous publiez, Tony Frank.
05:09C'est 5 bis Rue de Verneuil, publié chez EPA.
05:13Et c'est l'intérieur, la maison de Serge Gainsbourg, rien n'a changé.
05:17– Rien n'a bougé depuis 25 ans.
05:19Et ce qui s'est passé, c'est qu'en fait, Charlotte,
05:22comme Serge avait très confiance en moi, elle m'a redonné cette confiance.
05:26Et elle avait envie qu'il y ait une espèce d'inventaire de tout ce qu'il avait acheté.
05:33Et puis, elle voulait avoir une espèce de vue générale de chaque pièce
05:37avec des détails sur les objets.
05:40Et donc, j'ai fait les photos pour elle à la base.
05:43Et pour que ce soit gardé l'ambiance de la maison,
05:47qui est quand même très très sombre,
05:49et qui est éclairée avec des toutes petites lampes,
05:51j'ai travaillé avec un chef électro de cinéma
05:55pour qu'on puisse éclairer sans foutre en l'air l'ambiance.
05:59Alors, j'ai fait tout ça.
06:00Et puis, une fois que les photos étaient faites, qu'elle les a vues,
06:04j'ai dit, Charlotte, depuis le temps que tu dois faire un musée,
06:06on ne sait pas si ça va pouvoir se faire.
06:07Et quand, et tout ça, pourquoi ne pas en faire un bouquin
06:09comme ça, les gens auront l'impression de connaître chez Serge Gainsbourg.
06:15Donc, elle a accepté.
06:17Et après, je me suis rendu compte que ça faisait un peu un catalogue d'objets un peu inanimés.
06:21C'était un peu sec comme ça.
06:23Donc, j'ai remis dedans certaines photos de Serge dans la maison dans les années 70-78, je crois.
06:30Enfin, plusieurs époques où lui, on le voit dans la maison et donc on voit que ça n'a pas bougé.
06:34– Oui.
06:34Ce qui est incroyable, c'est que ça reflète sa personnalité, son intérieur.
06:38Je me suis dit, ce n'est pas un musée.
06:39Tous les objets sont là.
06:41– Oui.
06:43Comment ça s'appelle ?
06:44L'original de la Marseillaise, qui est racheté.
06:48Il y a une lettre de Chopin.
06:50Et alors, ce qu'il n'y a plus chez lui, j'ai retrouvé…
06:54Vous savez que Serge était peintre à la base.
06:58Et comme il s'est décrit comme un peintre raté, quand il a commencé à chanter,
07:03il a détruit toutes ses toiles.
07:04Sauf que son père avait fait des photos de quatre toiles.
07:08Donc, on a retrouvé ses diapositives et elles sont dans le livre.
07:13– Oui, c'est très touchant.
07:15Je ne sais pas si on peut le voir.
07:16Je vous montre.
07:17Ce sont des œuvres inédites.
07:20Ce qui est fou, c'est presque l'intimité d'un artiste,
07:23d'un immense artiste que vous nous montrez.
07:25Sa salle de bain, la pièce principale.
07:28– C'est vrai que la photo, je ne sais pas si on la voit,
07:30c'était sa photo favorite.
07:33– Oui, voilà, cette photo-là.
07:34– Alors, toutes ces femmes, Bambou, Jane, Charlotte,
07:38ont un tirage de cette photo chez elles.
07:40Et Serge Bambou m'avait raconté qu'il voulait mettre cette photo sur son passeport
07:43et qu'il n'ait pas pu à cause de la cigarette.
07:46Il adorait cette photo.
07:47– Oui, on voit qu'il avait gardé une grande affiche de Brigitte Bardot chez lui.
07:50– Oui.
07:50– Presque grandeur nature.
07:51– Absolument, oui.
07:52Faites par Sam Levin, qui était le photographe de Bardot à l'époque.
07:55– Oui, incroyablement photogénique.
07:57Et son intérieur l'est tout autant.
07:59– Oui, oui.
07:59– Qui finalement reflète son œuvre aussi.
08:02– Complètement.
08:02– Cet homme à tête de chou.
08:03– Oui, et puis en plus, c'est tendu de tissu noir
08:05parce qu'à une époque, il était allé habiter chez Salvador Dali.
08:09Il avait vu que Salvador Dali avait une chambre toute noire.
08:12Et il avait dit, si un jour, je gagne suffisamment d'argent,
08:14je ferais la même chose chez moi.
08:15– Oui, une esthète.
08:17– Ah, complètement.
08:18– Chaque objet a été choisi.
08:20– Non, et puis chaque objet était à une place précise.
08:23C'est-à-dire qu'en parlant, moi, j'allais souvent chez lui.
08:27Et puis en discutant, ou alors il prenait son téléphone,
08:30et puis je regardais un objet, je le reposais.
08:31Dès que j'avais le tout tourné, il le remettait comme ça.
08:34Tout était vraiment précis.
08:35– Oui, des objets d'art, il adorait, collectionné.
08:39– Absolument.
08:39– Et puis beaucoup des femmes qui avaient compté dans sa vie,
08:41on voit Catherine Deneuve, on voit Marilyn Monroe aussi,
08:44pour qu'il avait un véritable culte.
08:45– C'était un dingue de Marilyn Monroe.
08:47– Oui, et puis sa fille, Charlotte est là, présente, beaucoup de photos.
08:51– Parce que c'est elle, dorénavant, qui est la propriétaire de la maison en plus.
08:55Donc dès qu'elle vient à Paris, parce qu'elle vit à New York maintenant,
08:59la plupart du temps, mais dès qu'elle vient à Paris,
09:02elle met les pieds dans la maison.
09:04Mais c'est un peu, ça doit lui rappeler beaucoup de choses.
09:06– Oui, ce qui est touchant, quand vous arrivez,
09:08quand vous rentrez, vous, Tony Franck,
09:09qu'il connaissait cette maison avec Gainsbourg,
09:10que vous y allez aujourd'hui, que rien n'a changé,
09:13on a l'impression qu'il est toujours là.
09:14– C'est à dire que j'ai eu du mal à rentrer dans la maison la première fois.
09:18On a fait un reportage sur moi, et je voulais retourner,
09:22parce que l'intérieur de la pochette de Mélodie Nelson,
09:24c'est une photo que j'ai faite dans la cour.
09:26C'est tout pour…
09:27– Voilà, c'est celle-ci.
09:28– Voilà, c'est celle-là, oui.
09:29– Exactement.
09:29Alors, vous savez, là aussi, j'ai une autre anecdote,
09:32c'est que je ne sais pas, j'ai fait 4 films ce jour-là,
09:35bon, en discutant, je disais des bêtises pour qui se marre,
09:39il faisait comme ça, bon, il y a eu plein de choses différentes,
09:42mais il regardait l'objectif.
09:44La seule photo où il ne regarde pas l'objectif,
09:47c'est celle qu'il a choisie, et comme à l'époque,
09:49celle-là, donc, je ne voulais pas embêter les gens,
09:52poser des questions, je me suis dit, c'est leur truc,
09:54je ne suis pas fouineur, etc.
09:56Je ne l'ai jamais demandé pourquoi il a pris la seule où il ne regarde pas.
10:00– C'est une forme de pudeur,
10:01on dit qu'il était très pudique.
10:02– Oui, oui, il était très pudique, absolument.
10:04Mais donc, malgré toutes les excentricités qu'il s'y mettait,
10:08surtout quand il est devenu Gainsbard,
10:10mais justement, je suis retourné dans cet endroit
10:14pour expliquer à les gens qui faisaient le film
10:18sur ce que j'ai pu faire comme photo,
10:21donc j'étais très mal à l'aise,
10:22j'ai eu vraiment une espèce de chair de poule,
10:24je n'ai pas retourné à la maison depuis au moins 10 ans,
10:26et au moment de faire les photos pour ce bouquin,
10:30enfin pour Charlotte à la base,
10:31j'ai eu du mal à rentrer dans la maison.
10:34Ça m'a rappelé trop de choses,
10:36par exemple, il y a le fauteuil où il était toujours assis,
10:39où il y a les marques de ses fesses,
10:40puisqu'il était toujours assis là.
10:42Je n'ai jamais osé m'asseoir même à côté.
10:45– On voit même un cendrier avec encore des mégots à l'intérieur,
10:47des mégots fumés.
10:48– Il y a un cendrier avec des mégots de ses gitannes,
10:50il y a son briquet, son paquet de gitannes,
10:53et alors, bon, puisque vous me posez la question,
10:56il y a un endroit où il est mort dans sa chambre,
10:59où il est tombé, crise cardiaque.
11:01Moi, je faisais un grand détour, je n'ai pas marché là.
11:04C'est peut-être un peu cucu,
11:06mais je pense que c'est un peu le moindre dérespect
11:09de faire attention à ça.
11:12– Oui, c'est incroyable, je le disais, c'est ce livre,
11:15ces photos de Tony.
11:15Je crois que c'est peut-être le livre, peut-être le plus beau,
11:17le plus personnel qu'on puisse faire sur Serge Gainsbourg.
11:20– Je ne sais pas, c'est différent.
11:20– C'est tout à fait étonnant, étonnant, absolument étonnant
11:22pour tous ceux qui l'aiment, qui aiment Serge Gainsbourg.
11:25Je montre, voilà, une des photos, pochette de disque.
11:28Ça, c'est lui, ce regard, incroyable.
11:30– Oui, oui, absolument.
11:31– Photogénique, vous qui faites les photos de stars.
11:34– Photogénique, tout le monde disait qu'il avait une sale gueule,
11:35mais moi, j'adorais son visage,
11:38et puis en plus, je lui faisais un éclairage un peu,
11:39ce qu'il aimait beaucoup, donc voilà.
11:41– Oui, vous parlez de pudeur, voici celle-là.
11:46Ça, c'est votre photo mythique, une des photos mythiques.
11:48– Oui, celle-là est devenue mythique,
11:51mais je préfère de loin la pochette de Melody Nelson
11:54que je trouve plus classieuse, comme disait Gainsbourg.
11:56– Oui, c'est vrai, on la remonte comme ça.
11:58Et pourquoi d'ailleurs, elle devient mythique, cette pochette ?
12:00Pourquoi ça devient quelque chose comme ça, devient extraordinaire ?
12:03– Parce qu'à la sortie de l'album, Serge était complètement accablé
12:06parce que c'était le premier concept album, surtout français,
12:10alors peut-être même, peut-être pas dans le monde,
12:12mais enfin, c'était dans les premiers trucs comme ça.
12:14Il comptait beaucoup là-dessus.
12:15Et à la sortie, il a vendu même pas 30 000 albums,
12:19ce qui n'était rien à l'époque, un album, disons, correct,
12:22se vendait à 500 000, 33 tours, quoi.
12:25Je me souviens qu'à l'époque, j'avais fait une pochette d'un disque
12:28qui est venue à une vente énorme,
12:30qui s'appelait l'Aventura de Chardonnay Stone,
12:32c'était plus d'un million d'exemplaires.
12:34Et là, 30 000, donc il était attristé,
12:37et je pense que s'il est là-haut, il doit être content
12:40parce que maintenant, cet album est connu au Japon,
12:44en Angleterre beaucoup, à New York,
12:47et il y a même pas mal de gens qui font des samples,
12:50y compris Beck, le musicien américain,
12:53qui reprennent des choses de Melody Nelson
12:56pour mettre sur leurs œuvres, quoi.
12:58– Oui, un génie.
12:59– Donc je crois que c'est pour ça que c'est du numérique.
13:00– Je vous montre ça parce que là, il y a une signature de Gene Birkin
13:02et qui fait une petite flèche sur son ventre en disant
13:05« Charlotte est là aussi ».
13:06Parce qu'elle est dans le ventre, la Charlotte.
13:08– Elle a trois mois, quoi.
13:09– Oui, ça ne se voit pas du tout, d'ailleurs.
13:11– Non, avec Gene, c'était dur à voir.
13:13– C'est un petit clin d'œil à la tête.
13:13– Mais vous savez que quand j'ai fait cette photo,
13:17comme elle était quand même un peu,
13:18comme toutes les femmes enceintes, un peu fatiguées,
13:21pas bien dans sa tête, on attendait Serge.
13:24Et Serge n'arrivait pas, donc elle pleurnichait pas,
13:26mais elle était triste tout net.
13:28Je me suis dit que ça allait être un peu embêtant pour faire les photos.
13:30Et en fait, il est arrivé avec une demi-heure de retard
13:32parce qu'elle était partie chercher la perruque
13:34que Gene a sur la tête, puisqu'en fait, ça n'est pas Gene,
13:38c'est Mélodie Nelson, donc le personnage.
13:40Mélodie a les cheveux rouges, dit-il, dans la chanson,
13:43enfin dans l'album.
13:45Et en fait, pour décontracter Gene, il a ouvert sa manette,
13:50il a sorti la perruque, il se l'a mise sur la tête,
13:52il a commencé à faire le clown pour faire rigoler Gene.
13:55Parce que tout le monde pense toujours que Gainsbourg
13:58était quelqu'un de sinistre, vivant dans une maison noire,
14:03buvant beaucoup, fumant des clopes sans arrêt,
14:06alors qu'il adorait rigoler, quoi.
14:07Moi, j'ai même une photo de lui dans une loge
14:09au Casino de Paris, quand il chantait avec les Jamaïcains.
14:16Et après, peut-être, il a fait des guémas dans tous les sens
14:19pour faire rigoler les gens, quoi.
14:21Donc c'était plutôt quelqu'un qui aimait bien se marrer.
14:23Mais Johnny, pareil, j'avais un poste dénominateur commun
14:27avec les deux, là.
14:28– Ils se connaissaient, il y avait…
14:29– Ah oui, oui, de temps en temps, ils se voyaient, bien sûr.
14:33Un peu le soir, tardivement, mais bon.
14:34– Oui, c'était des vieilles canailles,
14:36comme la chanson de Serge Gainsbourg.
14:39Et Jane, vous l'avez croisée aux obsèques de Johnny ?
14:42– Je l'ai croisée l'autre jour, oui.
14:44J'étais un peu étonné, parce qu'on ne savait pas la voir,
14:45puis ça ne m'étonne pas qu'elle soit venue.
14:47Le seul truc, c'est que je l'ai croisée, à chaque fois je la vois,
14:49il fait très froid, il a un petit t-shirt et une veste,
14:51je ne sais pas comment le faire, remarquez, c'est vrai qu'elle est anglaise,
14:53les Anglais n'ont jamais froid, mais…
14:55Et puis elle était là, je lui ai dit, attends,
14:57elle essaie de te raccompagner, non, non, il n'y a pas de problème,
14:59il n'y a pas de problème, et j'ai su il y a deux, trois jours,
15:02elle m'a envoyé un mail pour me dire qu'elle était en concert à Saint-Raphaël.
15:06– Oui, extraordinaire.
15:07Elle avait même des photos, elle était perdue dans la foule des anonymes,
15:10devant l'église de la Madeleine, avant les obsèques.
15:14Elle est touchante.
15:15– Très touchante, et puis surtout, elle tient le coup.
15:17– Oui, merci, Tony.
15:18C'est un bonheur de vous retrouver à chaque fois.
15:21C'est là un cadeau de Noël extraordinaire.
15:24C'est un très, très beau livre, 5 bis, rue de Verneuil,
15:27pour rentrer dans l'intimité de Serge Gabor comme vous ne l'avez jamais vu.
15:30Merci beaucoup, Tony Franck.
15:31– Merci à vous, merci Patrick.
15:33– Merci.
15:33– Merci.
15:34– Merci.
15:35– Merci.
15:36– Merci.
15:37– Merci.
15:38– Merci.
15:39– Merci.
15:40– Merci.
15:41– Merci.
15:42– Merci.
15:43– Merci.
15:44– Merci.
15:45– Merci.
15:46– Merci.
15:47– Merci.
15:48– Merci.
15:49– Merci.
15:50– Merci.
15:51– Merci.
15:52– Merci.
15:53– Merci.
15:54– Merci.
15:55– Merci.
15:56– Merci.
15:57– Merci.
15:58– Merci.
15:59– Merci.
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