- il y a 4 mois
Dans cette interview sur TV5 Monde du 31 août 2018, le photographe et ami de Johnny Hallyday, Tony Frank, exprime son écœurement face aux polémiques entourant l’artiste après sa disparition. Avec émotion, il lance un appel : « Laissez Johnny reposer en paix ». Une séquence forte et touchante pour tous les fans du rockeur.
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MusiqueTranscription
00:00– Le photographe des stars, tant, tant de photos mythiques,
00:07Tony Franck qui est avec nous.
00:09On va parler d'un livre incroyable, c'est l'intérieur de Serge Gainsbourg,
00:12sa maison rue de Verneuil.
00:14Chaque pièce, chaque objet photographié, on va en parler dans quelques instants,
00:17mais d'abord, il y a une amitié, mais c'est une amitié plus que tout avec Johnny Tony.
00:21Vous êtes le parrain de sa fille, vous avez connu Johnny tout gamin, tout jeune.
00:25Je vous montre juste une pochette, parmi toutes celles des photos que vous avez réalisées,
00:30des pochettes pour les disques de Johnny Hallyday.
00:32Aujourd'hui, Johnny reste dans nos cœurs.
00:35– Bien sûr, c'est la première fois que j'en parle depuis qu'il est parti,
00:40parce que j'ai refusé toute interview, parce que ça m'a bien touché.
00:44Et j'avais dit que je n'en parlerais pas pendant plusieurs semaines.
00:47Je sais qu'avec vous, Patrick, on ne va pas traîner sur ce sujet-là,
00:51mais c'est vrai que j'étais complètement perturbé.
00:54J'ai passé, disons, 37, 38 ans avec lui.
00:58Et pendant quelques années, j'étais du matin au soir avec lui.
01:01Il ne me laissait pas partir, faire des photos avec d'autres gens.
01:04Je lui ai dit, mais Johnny, il faut bien que je…
01:06Non, non, pourquoi tu t'en vas ? Viens, on va aller à la salle de sport, etc.
01:10Et donc, je restais avec lui, parce que c'était vachement bien.
01:13C'était un mec formidable.
01:15Moi, j'ai vraiment eu deux personnes dans ma vie.
01:17C'est Gainsbourg qui est parti, que je regrette beaucoup,
01:20et Johnny qui vient de partir.
01:21Et malheureusement, j'ai passé des soirées, des moments formidables avec eux.
01:26Bon, c'est vrai que j'aimais bien boire des petits coups par-ci, par-là.
01:29C'est peut-être pour ça que je suis resté pote avec eux.
01:31Mais en même temps, on rigolait beaucoup.
01:33C'était vachement convivial.
01:35Alors bon, il me reste encore Eddie Mitchell.
01:38C'est pas mal non plus.
01:39– Oui, mais tout ce qui se passe autour…
01:41Je vais presque dire un commerce morbide autour de Johnny aujourd'hui.
01:44– Je lis ça partout et je trouve ça dommage.
01:47Mais je pense que ça ne va pas s'arrêter comme ça.
01:50On va continuer à vendre des mégots, des morceaux de papier, n'importe quoi.
01:54Et les gens vont tomber là-dedans.
01:55Je ne sais pas comment ça s'arrêterait.
01:56Parce que déjà, de son vivant, il y avait un engouement de vente aux enchères
02:01sur des objets qui étaient plus ou moins…
02:03qui avaient plus ou moins touché.
02:05Je ne sais pas si c'était vrai ou pas.
02:07Mais c'est vraiment le plus grand club de fans officiel.
02:12J'ai un copain qui est le président du fan club officiel de Johnny
02:15et qui n'arrête pas d'avoir des demandes de fans.
02:18C'est vraiment le plus gros club de vrais fans en France.
02:22– Oui, on parle même d'une photo de Johnny dans son cercueil.
02:25– Je ne sais pas si c'est vrai, c'est dégueulasse.
02:28C'est dégueulasse.
02:29Oui, c'est possible.
02:29Parce que si quelqu'un, peut-être un des croque-morts,
02:33a fait une photo et essaie de soutirer de l'argent avec ça,
02:35je trouve ça nul.
02:38C'était arrivé avec Mitterrand.
02:41Il y a eu une photo de Mitterrand sur son lit de mort
02:42qui est passée en double page dans Paris Match,
02:45pour ne pas les nommer.
02:46Et on n'a jamais su vraiment qui c'était.
02:48Je pense qu'il y a des gens qui se doutent un peu de qui c'était.
02:50Mais je trouve ça quand même, c'est pour quoi faire.
02:53– Oui, et Philippe Poutou qui dit
02:56Johnny continue d'être un exilé fiscal même après sa mort,
03:00en ayant intérêt à Saint-Barthes.
03:02– Il faut bien que les gens fassent du bruit sur les choses.
03:04Mais Saint-Barthes est un territoire français.
03:07Donc je ne pense pas que ça ait quelque chose à voir avec ça.
03:10Non, à mon avis, c'est ridicule.
03:13Pourquoi toutes ces polémiques, qu'on lui foute la paix ?
03:16J'ai dit ça déjà avant qu'il parte.
03:18J'ai dit qu'il y avait une espèce de remue-ménage de tous les médias.
03:23J'ai dit qu'on le laisse tranquille,
03:25laissons lui finir sa vie,
03:27plutôt que d'avoir des paparazzis, des gens partout.
03:30Ce n'est pas très sympa.
03:31– Oui, regardez, en nouveau, je vous montre cette couverture
03:34parmi les pochettes de disques mythiques que vous avez faites, Tony Frank.
03:37– Ce qui est drôle, que personne ne peut se rendre compte de ça,
03:40c'est que quand j'ai fait cette photo, il avait le pied dans le plâtre.
03:43Parce qu'à l'époque, j'avais rejoint à Lyon sur une tournée
03:48et il arrivait, lui, d'Afrique du Sud.
03:51Et moi, j'arrive aux répétitions et je le vois avec une grosse botte.
03:54Parce que pour cacher le plâtre, il s'était fait faire une botte sur mesure.
03:57Vous savez, ces bottes qu'on avait à l'époque,
03:59comme les Beatles, les petites bottines.
04:01Et je le vois avec une béquille, surtout, en répétition.
04:04Je me dis, mais qu'est-ce que tu as ?
04:05Il me dit, en Afrique du Sud, il avait répété sur une scène qui était avancée.
04:11Et après la répétition, ils avaient reculé la scène,
04:13ils rentrent sur scène en direct.
04:16Et avec les projecteurs dans le visage et tout,
04:18il ne s'est pas rendu compte, il est avancé, il est tombé.
04:21Donc, plâtre.
04:22Et puis, pour ne pas décevoir les fans à Lyon,
04:24il avait fait le spectacle tous les soirs.
04:26Il tapait du pied, surtout à l'époque où c'était très, très rock'n'roll.
04:30C'est dans les années 70, je n'ai plus la date exacte.
04:32Et tous les soirs, on partait à l'hôpital pour qu'on lui refasse le plâtre.
04:38Mais comme le plâtre avait à peine le temps de sécher,
04:40le lendemain soir sur scène, il a retapé du pied et ça explosait.
04:42Donc, on a fait ça trois, quatre soirs de suite.
04:44Et puis, le jour où j'ai fait cette photo, il avait le pied dans le plâtre.
04:47– Oui, voilà, encore une autre pochette que vous avez réalisée.
04:49– Oui, ça, c'est un truc que j'ai fait à Nashville.
04:51– À Nashville, à Nashville, éternel Johnny.
04:54Je vais vous montrer une autre pochette mythique de vous.
04:57C'est évidemment Mélodie Nelson.
04:59Ça nous ramène à Serge Gainsbourg.
05:01C'est Jane qui était enceinte sur cette photo mythique.
05:03– Oui, qui était enceinte de trois mois.
05:04– Oui, ça nous amène à sa incroyable album que vous publiez, Tony Frank.
05:09C'est 5 bis Rue de Verneuil, publié chez EPA.
05:13Et c'est l'intérieur, la maison de Serge Gainsbourg, rien n'a changé.
05:17– Rien n'a bougé depuis 25 ans.
05:19Et ce qui s'est passé, c'est qu'en fait, Charlotte,
05:22comme Serge avait très confiance en moi, elle m'a redonné cette confiance.
05:26Et elle avait envie qu'il y ait une espèce d'inventaire de tout ce qu'il avait acheté.
05:33Et puis, elle voulait avoir une espèce de vue générale de chaque pièce
05:37avec des détails sur les objets.
05:40Et donc, j'ai fait les photos pour elle à la base.
05:43Et pour que ce soit gardé l'ambiance de la maison,
05:47qui est quand même très très sombre,
05:49et qui est éclairée avec des toutes petites lampes,
05:51j'ai travaillé avec un chef électro de cinéma
05:55pour qu'on puisse éclairer sans foutre en l'air l'ambiance.
05:59Alors, j'ai fait tout ça.
06:00Et puis, une fois que les photos étaient faites, qu'elle les a vues,
06:04j'ai dit, Charlotte, depuis le temps que tu dois faire un musée,
06:06on ne sait pas si ça va pouvoir se faire.
06:07Et quand, et tout ça, pourquoi ne pas en faire un bouquin
06:09comme ça, les gens auront l'impression de connaître chez Serge Gainsbourg.
06:15Donc, elle a accepté.
06:17Et après, je me suis rendu compte que ça faisait un peu un catalogue d'objets un peu inanimés.
06:21C'était un peu sec comme ça.
06:23Donc, j'ai remis dedans certaines photos de Serge dans la maison dans les années 70-78, je crois.
06:30Enfin, plusieurs époques où lui, on le voit dans la maison et donc on voit que ça n'a pas bougé.
06:34– Oui.
06:34Ce qui est incroyable, c'est que ça reflète sa personnalité, son intérieur.
06:38Je me suis dit, ce n'est pas un musée.
06:39Tous les objets sont là.
06:41– Oui.
06:43Comment ça s'appelle ?
06:44L'original de la Marseillaise, qui est racheté.
06:48Il y a une lettre de Chopin.
06:50Et alors, ce qu'il n'y a plus chez lui, j'ai retrouvé…
06:54Vous savez que Serge était peintre à la base.
06:58Et comme il s'est décrit comme un peintre raté, quand il a commencé à chanter,
07:03il a détruit toutes ses toiles.
07:04Sauf que son père avait fait des photos de quatre toiles.
07:08Donc, on a retrouvé ses diapositives et elles sont dans le livre.
07:13– Oui, c'est très touchant.
07:15Je ne sais pas si on peut le voir.
07:16Je vous montre.
07:17Ce sont des œuvres inédites.
07:20Ce qui est fou, c'est presque l'intimité d'un artiste,
07:23d'un immense artiste que vous nous montrez.
07:25Sa salle de bain, la pièce principale.
07:28– C'est vrai que la photo, je ne sais pas si on la voit,
07:30c'était sa photo favorite.
07:33– Oui, voilà, cette photo-là.
07:34– Alors, toutes ces femmes, Bambou, Jane, Charlotte,
07:38ont un tirage de cette photo chez elles.
07:40Et Serge Bambou m'avait raconté qu'il voulait mettre cette photo sur son passeport
07:43et qu'il n'ait pas pu à cause de la cigarette.
07:46Il adorait cette photo.
07:47– Oui, on voit qu'il avait gardé une grande affiche de Brigitte Bardot chez lui.
07:50– Oui.
07:50– Presque grandeur nature.
07:51– Absolument, oui.
07:52Faites par Sam Levin, qui était le photographe de Bardot à l'époque.
07:55– Oui, incroyablement photogénique.
07:57Et son intérieur l'est tout autant.
07:59– Oui, oui.
07:59– Qui finalement reflète son œuvre aussi.
08:02– Complètement.
08:02– Cet homme à tête de chou.
08:03– Oui, et puis en plus, c'est tendu de tissu noir
08:05parce qu'à une époque, il était allé habiter chez Salvador Dali.
08:09Il avait vu que Salvador Dali avait une chambre toute noire.
08:12Et il avait dit, si un jour, je gagne suffisamment d'argent,
08:14je ferais la même chose chez moi.
08:15– Oui, une esthète.
08:17– Ah, complètement.
08:18– Chaque objet a été choisi.
08:20– Non, et puis chaque objet était à une place précise.
08:23C'est-à-dire qu'en parlant, moi, j'allais souvent chez lui.
08:27Et puis en discutant, ou alors il prenait son téléphone,
08:30et puis je regardais un objet, je le reposais.
08:31Dès que j'avais le tout tourné, il le remettait comme ça.
08:34Tout était vraiment précis.
08:35– Oui, des objets d'art, il adorait, collectionné.
08:39– Absolument.
08:39– Et puis beaucoup des femmes qui avaient compté dans sa vie,
08:41on voit Catherine Deneuve, on voit Marilyn Monroe aussi,
08:44pour qu'il avait un véritable culte.
08:45– C'était un dingue de Marilyn Monroe.
08:47– Oui, et puis sa fille, Charlotte est là, présente, beaucoup de photos.
08:51– Parce que c'est elle, dorénavant, qui est la propriétaire de la maison en plus.
08:55Donc dès qu'elle vient à Paris, parce qu'elle vit à New York maintenant,
08:59la plupart du temps, mais dès qu'elle vient à Paris,
09:02elle met les pieds dans la maison.
09:04Mais c'est un peu, ça doit lui rappeler beaucoup de choses.
09:06– Oui, ce qui est touchant, quand vous arrivez,
09:08quand vous rentrez, vous, Tony Franck,
09:09qu'il connaissait cette maison avec Gainsbourg,
09:10que vous y allez aujourd'hui, que rien n'a changé,
09:13on a l'impression qu'il est toujours là.
09:14– C'est à dire que j'ai eu du mal à rentrer dans la maison la première fois.
09:18On a fait un reportage sur moi, et je voulais retourner,
09:22parce que l'intérieur de la pochette de Mélodie Nelson,
09:24c'est une photo que j'ai faite dans la cour.
09:26C'est tout pour…
09:27– Voilà, c'est celle-ci.
09:28– Voilà, c'est celle-là, oui.
09:29– Exactement.
09:29Alors, vous savez, là aussi, j'ai une autre anecdote,
09:32c'est que je ne sais pas, j'ai fait 4 films ce jour-là,
09:35bon, en discutant, je disais des bêtises pour qui se marre,
09:39il faisait comme ça, bon, il y a eu plein de choses différentes,
09:42mais il regardait l'objectif.
09:44La seule photo où il ne regarde pas l'objectif,
09:47c'est celle qu'il a choisie, et comme à l'époque,
09:49celle-là, donc, je ne voulais pas embêter les gens,
09:52poser des questions, je me suis dit, c'est leur truc,
09:54je ne suis pas fouineur, etc.
09:56Je ne l'ai jamais demandé pourquoi il a pris la seule où il ne regarde pas.
10:00– C'est une forme de pudeur,
10:01on dit qu'il était très pudique.
10:02– Oui, oui, il était très pudique, absolument.
10:04Mais donc, malgré toutes les excentricités qu'il s'y mettait,
10:08surtout quand il est devenu Gainsbard,
10:10mais justement, je suis retourné dans cet endroit
10:14pour expliquer à les gens qui faisaient le film
10:18sur ce que j'ai pu faire comme photo,
10:21donc j'étais très mal à l'aise,
10:22j'ai eu vraiment une espèce de chair de poule,
10:24je n'ai pas retourné à la maison depuis au moins 10 ans,
10:26et au moment de faire les photos pour ce bouquin,
10:30enfin pour Charlotte à la base,
10:31j'ai eu du mal à rentrer dans la maison.
10:34Ça m'a rappelé trop de choses,
10:36par exemple, il y a le fauteuil où il était toujours assis,
10:39où il y a les marques de ses fesses,
10:40puisqu'il était toujours assis là.
10:42Je n'ai jamais osé m'asseoir même à côté.
10:45– On voit même un cendrier avec encore des mégots à l'intérieur,
10:47des mégots fumés.
10:48– Il y a un cendrier avec des mégots de ses gitannes,
10:50il y a son briquet, son paquet de gitannes,
10:53et alors, bon, puisque vous me posez la question,
10:56il y a un endroit où il est mort dans sa chambre,
10:59où il est tombé, crise cardiaque.
11:01Moi, je faisais un grand détour, je n'ai pas marché là.
11:04C'est peut-être un peu cucu,
11:06mais je pense que c'est un peu le moindre dérespect
11:09de faire attention à ça.
11:12– Oui, c'est incroyable, je le disais, c'est ce livre,
11:15ces photos de Tony.
11:15Je crois que c'est peut-être le livre, peut-être le plus beau,
11:17le plus personnel qu'on puisse faire sur Serge Gainsbourg.
11:20– Je ne sais pas, c'est différent.
11:20– C'est tout à fait étonnant, étonnant, absolument étonnant
11:22pour tous ceux qui l'aiment, qui aiment Serge Gainsbourg.
11:25Je montre, voilà, une des photos, pochette de disque.
11:28Ça, c'est lui, ce regard, incroyable.
11:30– Oui, oui, absolument.
11:31– Photogénique, vous qui faites les photos de stars.
11:34– Photogénique, tout le monde disait qu'il avait une sale gueule,
11:35mais moi, j'adorais son visage,
11:38et puis en plus, je lui faisais un éclairage un peu,
11:39ce qu'il aimait beaucoup, donc voilà.
11:41– Oui, vous parlez de pudeur, voici celle-là.
11:46Ça, c'est votre photo mythique, une des photos mythiques.
11:48– Oui, celle-là est devenue mythique,
11:51mais je préfère de loin la pochette de Melody Nelson
11:54que je trouve plus classieuse, comme disait Gainsbourg.
11:56– Oui, c'est vrai, on la remonte comme ça.
11:58Et pourquoi d'ailleurs, elle devient mythique, cette pochette ?
12:00Pourquoi ça devient quelque chose comme ça, devient extraordinaire ?
12:03– Parce qu'à la sortie de l'album, Serge était complètement accablé
12:06parce que c'était le premier concept album, surtout français,
12:10alors peut-être même, peut-être pas dans le monde,
12:12mais enfin, c'était dans les premiers trucs comme ça.
12:14Il comptait beaucoup là-dessus.
12:15Et à la sortie, il a vendu même pas 30 000 albums,
12:19ce qui n'était rien à l'époque, un album, disons, correct,
12:22se vendait à 500 000, 33 tours, quoi.
12:25Je me souviens qu'à l'époque, j'avais fait une pochette d'un disque
12:28qui est venue à une vente énorme,
12:30qui s'appelait l'Aventura de Chardonnay Stone,
12:32c'était plus d'un million d'exemplaires.
12:34Et là, 30 000, donc il était attristé,
12:37et je pense que s'il est là-haut, il doit être content
12:40parce que maintenant, cet album est connu au Japon,
12:44en Angleterre beaucoup, à New York,
12:47et il y a même pas mal de gens qui font des samples,
12:50y compris Beck, le musicien américain,
12:53qui reprennent des choses de Melody Nelson
12:56pour mettre sur leurs œuvres, quoi.
12:58– Oui, un génie.
12:59– Donc je crois que c'est pour ça que c'est du numérique.
13:00– Je vous montre ça parce que là, il y a une signature de Gene Birkin
13:02et qui fait une petite flèche sur son ventre en disant
13:05« Charlotte est là aussi ».
13:06Parce qu'elle est dans le ventre, la Charlotte.
13:08– Elle a trois mois, quoi.
13:09– Oui, ça ne se voit pas du tout, d'ailleurs.
13:11– Non, avec Gene, c'était dur à voir.
13:13– C'est un petit clin d'œil à la tête.
13:13– Mais vous savez que quand j'ai fait cette photo,
13:17comme elle était quand même un peu,
13:18comme toutes les femmes enceintes, un peu fatiguées,
13:21pas bien dans sa tête, on attendait Serge.
13:24Et Serge n'arrivait pas, donc elle pleurnichait pas,
13:26mais elle était triste tout net.
13:28Je me suis dit que ça allait être un peu embêtant pour faire les photos.
13:30Et en fait, il est arrivé avec une demi-heure de retard
13:32parce qu'elle était partie chercher la perruque
13:34que Gene a sur la tête, puisqu'en fait, ça n'est pas Gene,
13:38c'est Mélodie Nelson, donc le personnage.
13:40Mélodie a les cheveux rouges, dit-il, dans la chanson,
13:43enfin dans l'album.
13:45Et en fait, pour décontracter Gene, il a ouvert sa manette,
13:50il a sorti la perruque, il se l'a mise sur la tête,
13:52il a commencé à faire le clown pour faire rigoler Gene.
13:55Parce que tout le monde pense toujours que Gainsbourg
13:58était quelqu'un de sinistre, vivant dans une maison noire,
14:03buvant beaucoup, fumant des clopes sans arrêt,
14:06alors qu'il adorait rigoler, quoi.
14:07Moi, j'ai même une photo de lui dans une loge
14:09au Casino de Paris, quand il chantait avec les Jamaïcains.
14:16Et après, peut-être, il a fait des guémas dans tous les sens
14:19pour faire rigoler les gens, quoi.
14:21Donc c'était plutôt quelqu'un qui aimait bien se marrer.
14:23Mais Johnny, pareil, j'avais un poste dénominateur commun
14:27avec les deux, là.
14:28– Ils se connaissaient, il y avait…
14:29– Ah oui, oui, de temps en temps, ils se voyaient, bien sûr.
14:33Un peu le soir, tardivement, mais bon.
14:34– Oui, c'était des vieilles canailles,
14:36comme la chanson de Serge Gainsbourg.
14:39Et Jane, vous l'avez croisée aux obsèques de Johnny ?
14:42– Je l'ai croisée l'autre jour, oui.
14:44J'étais un peu étonné, parce qu'on ne savait pas la voir,
14:45puis ça ne m'étonne pas qu'elle soit venue.
14:47Le seul truc, c'est que je l'ai croisée, à chaque fois je la vois,
14:49il fait très froid, il a un petit t-shirt et une veste,
14:51je ne sais pas comment le faire, remarquez, c'est vrai qu'elle est anglaise,
14:53les Anglais n'ont jamais froid, mais…
14:55Et puis elle était là, je lui ai dit, attends,
14:57elle essaie de te raccompagner, non, non, il n'y a pas de problème,
14:59il n'y a pas de problème, et j'ai su il y a deux, trois jours,
15:02elle m'a envoyé un mail pour me dire qu'elle était en concert à Saint-Raphaël.
15:06– Oui, extraordinaire.
15:07Elle avait même des photos, elle était perdue dans la foule des anonymes,
15:10devant l'église de la Madeleine, avant les obsèques.
15:14Elle est touchante.
15:15– Très touchante, et puis surtout, elle tient le coup.
15:17– Oui, merci, Tony.
15:18C'est un bonheur de vous retrouver à chaque fois.
15:21C'est là un cadeau de Noël extraordinaire.
15:24C'est un très, très beau livre, 5 bis, rue de Verneuil,
15:27pour rentrer dans l'intimité de Serge Gabor comme vous ne l'avez jamais vu.
15:30Merci beaucoup, Tony Franck.
15:31– Merci à vous, merci Patrick.
15:33– Merci.
15:33– Merci.
15:34– Merci.
15:35– Merci.
15:36– Merci.
15:37– Merci.
15:38– Merci.
15:39– Merci.
15:40– Merci.
15:41– Merci.
15:42– Merci.
15:43– Merci.
15:44– Merci.
15:45– Merci.
15:46– Merci.
15:47– Merci.
15:48– Merci.
15:49– Merci.
15:50– Merci.
15:51– Merci.
15:52– Merci.
15:53– Merci.
15:54– Merci.
15:55– Merci.
15:56– Merci.
15:57– Merci.
15:58– Merci.
15:59– Merci.
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