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  • il y a 5 semaines
Invité du “6-9” sur France Inter, Jean-Claude Camus, producteur historique de Johnny Hallyday, revient sur l’exposition consacrée à l’artiste. Il partage les coulisses du projet et son regard sur l’héritage laissé par Johnny, entre carrière exceptionnelle et mémoire toujours vivante.

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Transcription
00:00Et à votre micro Marion, c'est le producteur historique de Johnny Hallyday.
00:03Avec nous alors qu'une exposition consacrée à la star démarre aujourd'hui porte de Versailles.
00:07Bonjour Jean-Claude Camus.
00:08Bonjour.
00:09Une expo événement, 3000 mètres carrés en forme de guitare, des costumes, des centaines d'objets intimes,
00:14des projections, des décors, des témoignages d'archives.
00:16Le tout supervisé par Laetitia Hallyday, la veuve de Johnny.
00:19Vous l'avez vu cette expo ?
00:21Je l'ai vue et revue puisque j'ai travaillé dessus déjà sur Bruxelles.
00:26Et là maintenant elle est en place à Paris.
00:28Et je dois dire que Paris est encore mieux que Bruxelles.
00:32On a encore amélioré les choses et c'est vraiment, enfin les échos que j'ai eus hier de toutes
00:37les visites sont fantastiques.
00:39C'est une visite pleine d'émotions.
00:41Comment vous la décririez cette exposition ? Vous la décririez comment ?
00:45Je l'ai...
00:46Vous la décririez comment ? Qu'est-ce qu'on peut voir ?
00:49Ce qu'on peut voir c'est qu'on rentre dans l'intimité de Johnny.
00:53Et je crois que c'est ça qui est intéressant, des tas de choses que, des tentants de rois que,
01:00évidemment, les gens, ces fans n'ont jamais connus.
01:03On rentre dans son bureau de Marne la Coquette, par exemple.
01:07On rentre dans sa salle de cinéma.
01:11Comment dirais-je ?
01:12Il y a également un showroom avec un écran à 360 où on balance des images de tous ces spectacles
01:20avec un son fabuleux, comme si on était dans un spectacle.
01:23Il y a vraiment plein d'émotions.
01:25Il y a aussi le couloir de la solitude avec la croix qui portait toujours ses couteaux, ses costumes, ses
01:33costumes de ville, ses papiers.
01:35Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses.
01:37Quand vous voyez, quand vous reconstituez le bureau de Johnny à Marne la Coquette, avec tous ces objets du quotidien,
01:45qu'est-ce que ça provoque comme émotion chez vous, vous, son producteur ?
01:49Moi, ça me bouleverse, ça me bouleverse parce que j'ai passé tellement d'heures dans ce bureau avec lui.
01:54Et c'est fidèle ?
01:55Voilà, absolument, oui.
01:58Mais je suis resté combien de fois les rendez-vous.
02:02Alors très curieux parce que Johnny était quelqu'un qui ne parlait pas beaucoup.
02:08Et par un moment, on avait un rendez-vous ensemble.
02:10Et puis, d'un seul coup, il y avait un mutisme pendant 20 minutes, une demi-heure.
02:15Il faut me fumer clope sur clope.
02:17Et puis le rendez-vous redémarrait.
02:20Et puis, c'est là aussi que je l'ai vu, puisqu'on avait transformé son bureau en chambre médicalisée.
02:27C'est là que je l'ai vu encore 48 heures avant.
02:30Donc, quand je rentre dans ce couloir de Marne la Coquette qui est à l'exposition, j'ai le cœur
02:36qui se sert, vraiment.
02:37Qu'est-ce qui, d'après vous, peut surprendre le plus les visiteurs dans tout ce parcours, avec différentes thématiques,
02:44on l'a dit ?
02:45Il y a aussi les États-Unis, il y a aussi tout un endroit avec les couvertures de magazines.
02:49Qu'est-ce qui surprend, y compris peut-être des fans de Johnny, d'ailleurs ?
02:53Je crois que tout l'endroit est tellement bien rendu que c'est surprenant.
02:58Parce que vous arrivez, on vous donne un casque avec, comment dirais-je, chaque stand est numéroté.
03:08Et c'est la voix de Jean Reno qui commente chaque endroit.
03:12Le studio de Salut les Copains, on a reconstitué sur photo sa chambre d'enfance.
03:20Vous rentrez dans sa salle de cinéma, alors quand vous étiez piégé après un dîner avec lui,
03:26un film américain toujours bien sûr, pour moi qui parle très mal anglais,
03:31vous étiez prisonnier des fois de films de suite, donc vous poussiez des fois un bon ou pillon.
03:36Ah ben tu ne comprends rien, tu n'aimes pas le cinéma.
03:39Mais si Johnny, je suis un petit peu fatigué.
03:42Et justement à propos de cinéma, moi qui ne suis pas une grande experte de Johnny,
03:46je découvre avec cette expo qu'il voulait être acteur et non pas chanteur au départ.
03:51Oui absolument, mais ça c'est quelque chose qu'il a travaillé pendant toute son existence.
03:57On lui a fait faire au départ des films, on va dire, plus que légers.
04:02Mais en fait, sur la fin, il a fait de très beaux films, il n'est pas mauvais du tout,
04:09du tout, du tout.
04:10Y compris au théâtre, où il était allé, au théâtre Edouard VII aussi, il avait fait une pièce au théâtre
04:14Edouard VII, où il était très bien.
04:15Et c'est vrai que Quentin Tarantino lui avait proposé un rôle ?
04:19Oui, il l'a refusé.
04:20Incroyable !
04:21Ah oui, il l'a refusé.
04:23Mais c'était Johnny, vous savez qu'il savait ce qu'il voulait.
04:27Et quand il avait une idée bien précise, ce n'était pas la peine de revenir en arrière.
04:33Et pour quelle raison il l'a refusé ?
04:35Il n'aimait pas le rôle, c'est un rôle de méchant, et il ne voulait pas de ce rôle.
04:39Il ne voulait pas faire le méchant ?
04:40Il ne voulait pas faire le méchant.
04:42Est-ce que cette exposition, elle est à la hauteur du monstre sacré qu'a été Johnny ?
04:48Très sincèrement, je crois pouvoir dire que oui.
04:52Et quand je suis là-bas, il m'arrive de me dire que s'il y a quelqu'un là
04:56-haut, il peut être fier de ce qui a été fait.
05:00Parce que c'est vraiment quelque chose de très très bien.
05:04Les visiteurs qui ont vu l'exposition d'Eston, etc. disaient hier, c'est formidable, c'est tellement mieux, etc.
05:13C'est vraiment vraiment bien fait.
05:14Mieux que l'exposition d'Eston ?
05:16Oui, mieux que l'exposition d'Eston, absolument, oui.
05:18Alors je précise quand même pour nos auditeurs qui souhaiteraient y aller, c'est 24,50 euros le billet, donc
05:23il y a un petit prix à payer.
05:26Vous n'avez pas peur que les gens disent qu'on exploite aussi le filon de Johnny en faisant payer
05:31un ticket quand même assez cher ?
05:33Écoutez, vous savez, avant de couvrir les frais de tout ce qui a été fabriqué sur 3000 m2, la location,
05:43etc. du hall de la porte de Versailles,
05:47je peux vous dire qu'il va falloir beaucoup, beaucoup d'entrées, mais je parle de 100 000 entrées ne
05:53couvrirait pas les frais, pour tout vous dire.
05:55On compte plutôt sur 350 000 entrées.
05:58Donc, bien sûr, alors on va parler d'exploitation, moi je veux bien, moi je pense que c'est plutôt
06:03soigner sa mémoire et continuer à soigner sa mémoire,
06:08et qu'il existe encore au cœur des Français.
06:10On a vu lors de ces obsèques l'amour des Français pour Johnny, on a vu cette foule que j
06:16'avais vue depuis Victor Hugo.
06:19Un objet à retenir de cette expo ? Emblématique peut-être ?
06:23Ah ben moi c'est le couloir de la solitude, tout au bout, il y a dans une vitrine sa
06:29petite croix qu'il avait faite dessiner et qu'il portait tout le temps.
06:34C'est ça que vous retenez, vous ?
06:36C'est moi, c'est ce que je retiens surtout, oui, voilà.
06:43Qu'est-ce que vous me montrez ? Vous me montrez votre bracelet ?
06:45Je montre son bracelet.
06:46C'est son bracelet ?
06:47C'est son bracelet qu'il portait et que Laetitia m'a donné quand il est parti, et il ne
06:52me quitte pas.
06:53Johnny est en moi toujours.
06:55Jean-Claude Camus, producteur historique de Johnny Hallyday, pour parler de cette exposition qui ouvre aujourd'hui,
07:00donc Porte de Versailles à Paris, et qui va durer jusqu'au 19 juin 2024.
07:04Merci d'être venu sur France Inter.
07:06Merci à vous, merci.
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