- il y a 7 heures
Invité sur TV5 Monde, Jean-Marie Périer revient sur ses souvenirs liés à Johnny Hallyday, Sylvie Vartan et Françoise Hardy à travers ses célèbres photographies. Une interview riche en anecdotes et en mémoire de la scène artistique des années yéyé.
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Art et designTranscription
00:05Le temps s'était arrêté, il suffisait de vivre un présent éternel.
00:09C'est ce qu'a écrit Patrick Modiano en préface du livre de Jean-Marie Perrier.
00:12Fabuleux bouquin Jean-Marie.
00:14Les photos des années 60, 70 publiées ici.
00:18C'est nos souvenirs, c'est vos souvenirs.
00:21Et quelque part c'est un temps, comme le dit Modiano, qui s'est arrêté.
00:25Oui, à ma grande surprise.
00:27Parce que si on m'avait dit à l'époque qu'on regarderait les photos 50 ans plus tard, je
00:31ne l'aurais pas cru.
00:32Parce qu'en fait, ça n'avait pas la prétention de faire de l'art.
00:36C'était fait pour être sur les murs des chambres des adolescents, pour les faire rêver.
00:41Parce qu'il ne faut quand même pas oublier qu'à l'époque, quand on fait celui des copains,
00:45il n'y a qu'au départ, il y a une chaîne de télé et trois chaînes de radio.
00:49Donc, si vous voulez, on est le seul lien entre tous les gens, les gosses en France,
00:54qui rêvent de ces chanteurs qu'ils ne peuvent pas approcher.
00:57Le lien, c'est nous.
00:59Donc, c'était très important.
01:01Il ne fallait pas les prendre pour des comptes, ces gens-là.
01:04Cette photo-là qu'on voit en ce moment, c'est la photo du siècle.
01:07Elle est dans le bouquin, évidemment.
01:08Le 12 avril 1966, il est 15h.
01:11C'est prétentieux, c'est quand même la photo du siècle.
01:13Il ne faut pas exagérer.
01:14Ils sont tous là.
01:15Et alors, l'anecdote, c'est que Johnny, il fallait lui donner quand même une place un peu plus importante
01:20que les autres.
01:20Mais il ne fallait pas les vexer tous.
01:22Oui, ça, c'est un peu ma faute.
01:24Mais je ne regrette pas, parce que finalement, j'ai eu raison.
01:26Mais vraiment, comme tout a commencé par lui, les années 60, et salut les copains, et toute cette vague,
01:34c'est d'abord Johnny.
01:35Ça a commencé avec lui.
01:36D'ailleurs, ça a fini avec lui pour moi.
01:37Mais je voulais qu'il soit au-dessus, mais je ne voulais pas vexer tout,
01:41parce qu'il y avait plein de gens dans cette assemblée qui vendaient autant de disques que lui.
01:46Alors, j'avais laissé traîner cette échelle.
01:48Et puis, au dernier moment, je lui ai dit, attends, je ne te vois pas bien.
01:50Il dépassait tout le monde déjà.
01:52Monde d'un cran, et puis voilà.
01:55Et comme ça, en fait, il était à sa place.
01:57Et franchement, bon, je suis assez fier, parce que c'était vrai.
02:01Oui, c'est vrai.
02:02Il est resté.
02:03Cette photo, moi, je vois, il y avait les sœurs, Catherine Ribéron.
02:06Il y a des gens absolument incroyants.
02:08Parfois, c'est les surfs.
02:09Il y a des gens qui ont disparu, Annie-Philippe.
02:11Et puis, des stars qui sont venues mortelles.
02:13Écoutez cette musique-là, Jean-Marie Perrier.
02:23Évidemment, c'est oncle Dan, au départ.
02:25C'est Daniel Philippaquis, celui le responsable.
02:27C'est lui qui a eu l'intelligence, en fait, d'aller aux États-Unis avant tout le monde
02:31et de comprendre que ce qui se passait là-bas allait arriver chez nous.
02:34À l'époque, c'était comme toujours.
02:37Bon, maintenant, c'est en train de changer.
02:39Mais c'est vrai qu'à l'époque, tout ce qui était en Amérique,
02:41il faut comprendre que nos parents, ils avaient vécu deux guerres,
02:44parents, grands-parents.
02:45Ils étaient battus par la vie, tous ces gens.
02:47Ils voulaient la paix, ils voulaient le peinard.
02:49Mais nous, nous, nous, on voyait en cinémascope,
02:52on voyait James Dean, Marlon Brando, on voulait être là, nous.
02:55L'Amérique, ça faisait rêver à l'époque.
02:58Donc, on était obsédés par cette espèce de rêve que représentait l'Amérique.
03:02Et au fond, c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité, peut-être,
03:07que d'abord, l'adolescence est reconnue comme telle.
03:12Parce qu'avant, dans les années 50, on passe de la culotte courte au mariage direct.
03:16Ça n'existe pas.
03:17Un adolescent, c'est un mec qui a des boutons, c'est tout.
03:19Là, tout à coup, on avait notre argent de poche,
03:23notre façon de danser, notre musique et tout.
03:25Et donc, on prend le pouvoir.
03:27C'est ça que Daniel a compris avant tout le monde.
03:29Oui.
03:30Et il nous a donné le pouvoir.
03:31Et ce sont des rencontres incroyables.
03:32On va entendre une chanson, on va écouter quelques chansons comme ça
03:34qui rappellent tellement de souvenirs.
03:37Alors là, c'est l'époque où on les appelait par leur prénom.
03:40Celle qu'on entend là, évidemment, c'est Sylvie.
03:46Magnifique, regardez la beauté.
03:48Elle, c'est très important parce que c'est la deuxième que j'ai rencontré.
03:53J'ai rencontré Johnny d'abord et ensuite elle.
03:55Mais ce qui est fascinant dans l'histoire de ces gens-là,
03:59c'est ça qui me fascinait le plus, moi.
04:02Parce que moi, j'ai eu une chance folle dans ma vie au départ.
04:05Je suis né dans un endroit extraordinaire avec des parents extraordinaires.
04:08Dans ma maison à Neuilly, le monde entier passait
04:11parce que mon père, François Perrier, était un acteur extraordinaire.
04:14Donc, moi, j'avais eu tout déjà.
04:17Mais eux, ils partaient de rien.
04:20Sylvie, c'est la valise en carton.
04:22Elle débarque gamine à la gare de sa Bulgarie.
04:25Avec son père qui travaille au hall et tout.
04:27Bon, Johnny, il était déjà un peu plus dans le coup,
04:30mais c'est quand même un monde qui part de rien.
04:34Eddie, Michel, Sheila, c'est des gens qui partent de rien.
04:37Les Beatles, pareil.
04:39Donc, moi, ça me fascinait de voir que ces membres partaient de rien
04:42et arrivaient là où ils étaient.
04:45Voilà, donc, j'étais très touché par tous ces jeunes gens.
04:50On avait le même âge, pratiquement.
04:52Mais, bon, moi, je me souviens, je revenais de la guerre en Algérie.
04:56J'avais fait un an là-bas, à Oran, j'avais vu des horreurs.
04:58Et tout à coup, je me retrouve à Paris devant Johnny Hallyday.
05:02Vous aviez entendu pour la première fois la radio à Oran.
05:06Oui, oui, je montais la gare à la télé.
05:11J'étais détaché à la télé.
05:12Et c'était la nuit de Noël, putain.
05:15Et j'entends ce moum qui chantait la chanson d'Aznavour.
05:18Là, retiens la nuit.
05:19Vous ne pouvez pas savoir.
05:20Ça m'avait filé les larmes aux yeux.
05:22Je n'avais aucune idée de qui c'était le mec.
05:24Jamais j'aurais pensé qu'il se représenterait toute ma vie, presque.
05:28– Et vous allez être au mariage, évidemment, de Johnny et Sylvie.
05:32– Oh, mais c'est mieux.
05:33Ils me choisissent comme témoin, ce qui est déjà extrêmement gentil.
05:37Mais le plus drôle, c'est que non seulement ils me prennent comme témoin,
05:40mais en plus, ils vont en voyage de noces et ils m'emmènent.
05:42On était tous les trois.
05:44C'est incroyable.
05:45Alors, vous vous rendez compte, la qualité et la simplicité des rapports.
05:48Regardez ça, c'est formidable.
05:49On était tous les trois en VH de noces.
05:51– Oui, c'est incroyable.
05:52– Alors que, bon, il n'y avait pas de distance.
05:56C'est vrai, on avait le même âge, ce n'était pas sérieux.
05:58On était là pour rigoler.
06:00Et on pensait tous qu'on serait mort avant 30 ans.
06:02Donc, si vous voulez, quand vous pensez vraiment ça,
06:05vous mettez le turbo, parce que si, ça ne va pas être long.
06:08– C'est ça.
06:09Et alors, avant que Johnny rencontre Sylvie,
06:12vous, vous étiez allé passer, quoi, une semaine ?
06:15Philippe Aki vous envoie une semaine en vacances avec Sylvie.
06:18– Vous racontez qu'il ne s'est rien passé entre vous,
06:20mais parce que vous étiez déjà amoureux de François Zardy.
06:23– Ben, vous avez tout raconté, la suite, alors.
06:25– Non, mais c'est ça.
06:27– Non, mais Daniel, il voyait qu'elle était malheureuse,
06:29elle avait une histoire d'amour triste.
06:32Donc voilà, il s'était dit, tiens, ils ont le même âge,
06:34peut-être que ça marchera.
06:34Il nous avait envoyé à Méribel tous les deux.
06:36Mais alors, à la seconde, elle est arrivée, Sylvie,
06:38on s'est tombé dans les bras de rire, quoi.
06:40Parce qu'on est devenus des amis tout de suite.
06:44Vraiment, c'est quelqu'un de formidable,
06:45parce qu'elle m'a énormément aidé, en plus, elle.
06:48C'est d'abord, c'est elle que j'ai le plus photographié, Sylvie.
06:50Et puis, elle m'a aidé.
06:52Elle m'a aidé parce que, bon, elle était en tournée au Japon,
06:54partout, ils travaillaient, ils étaient exploités,
06:56les moums, c'était monstrueux.
06:58Mais elle était toujours d'accord pour se donner du mal,
07:00pour m'aider, pour qu'on fasse les photos n'importe où dans le monde.
07:03Ça, je lui suis très, très reconnaissant.
07:05Il faut dire qu'elle était d'une beauté, bon.
07:06– Et alors, un jour, Philippe Acky vous dit,
07:08il faut que tu rencontres quelqu'un.
07:11C'est une nouvelle chanteuse.
07:13Et vous vous retrouvez...
07:14– Oui, c'est Wolfson, c'est Wolfson.
07:16– Oui, c'est Wolfson, oui.
07:17– Wolfson qui était le directeur artistique des disques Vogue,
07:20qui, en fait, est le seul vrai découvreur de talent des années 60.
07:24Car à lui, tout seul, il découvre et sort
07:26Johnny Hallyday, François Zardy, Jacques Dutronc.
07:28Tout seul.
07:29– Et alors, donc, là, il vous dit,
07:30il y a quelqu'un, là, une fille qui chante, c'est pas mal ?
07:33– Vas-y, bon, en plus, je revenais.
07:35C'était vraiment deux mois après que je revenais d'Algérie.
07:39Et j'arrive, et boum, rue d'Omal, la porte s'ouvre,
07:41il y a sa mère qui ouvre, il y a Françoise derrière.
07:43Une beauté incroyable, qu'il n'en avait aucune idée.
07:46Mais ce moment, il m'a marqué, vous ne pouvez pas savoir.
07:49C'est tellement émouvant de rencontrer quelqu'un
07:52qui a autant de qualité et qui ne le sait pas.
07:56Ça n'a pas de prix, ça.
07:57Moi, c'est toute ma vie que j'ai couru après ça.
07:59C'est-à-dire, c'est les stars, je m'en fous des stars.
08:02Ce qui m'intéresse, c'est les gens dont je vois
08:04qu'il y a un talent fou là-dedans et qu'ils ne le savent pas.
08:08En plus, elle, elle ne savait même pas qu'elle était belle.
08:10Vous vous rendez compte ?
08:10– Vous l'avez vue tout de suite qu'elle était belle.
08:11– Pour un photographe, il voit tout de suite.
08:14Mais pour le bonhomme, je peux vous dire
08:15qu'alors là, on plonge Esther Williams.
08:17– Donc vous vous donnez Amoureux, écoutez ça.
08:20– Ah oui.
08:23– Ça, elle déteste, cette chanson joue aussi.
08:26– C'est celle qui l'a révélée.
08:28– Oui, mais bon, elle a écrit tellement de choses.
08:30– Vous devenez quand même amoureux,
08:31puis de temps en temps, vous vous faites piquer vos petites copines.
08:35Parce que là, Dutronc, il va vous la prendre.
08:36– Ça, longtemps après.
08:37– On a passé 4 ans, on s'est séparés, mais gentiment.
08:42Parce qu'en fait, on passait notre temps à travailler ensemble.
08:44Et puis, de toute façon, elle est même encore aujourd'hui ma meilleure amie.
08:47Donc ça, ce n'est pas grave.
08:49Vivre ensemble ou pas, ce n'était pas très grave.
08:51Mais on a passé 4 ans merveilleux.
08:53Et puis, à un moment donné, un jour, elle m'a dit,
08:56voilà, j'ai rencontré quelqu'un.
08:58Donc moi, comment est-ce que vous voulez que je ne rencontre pas ?
09:01Je veux dire, le mec qu'elle aime, forcément, je l'aime.
09:04Puisque je l'aime, elle.
09:06Donc, je voulais le rencontrer.
09:07Et vraiment, je suis tombé fou de lui autant que d'elle.
09:11– C'est magnifique.
09:12– Et j'ai passé beaucoup plus de temps dans ma vie avec lui qu'avec elle, d'ailleurs.
09:15– Dans ce bouquin, il y a plein de photos pour avoir toutes les montrées.
09:18Marianne fait de foule.
09:19Vous avez un vrai amour avec Marianne.
09:22– Oui, oui, oui.
09:22Mais bon, ça, je n'en parlais pas.
09:23– Là, c'est Mick Jagger qui va vous la piquer.
09:25– Oui, mais ça, ce n'est pas grave.
09:26Je n'en parlais pas de ça parce que, bon,
09:31on a passé un an et puis elle a disparu.
09:33Bon, je me dis, elle a peut-être, je ne sais pas, elle n'a peut-être pas envie d
09:35'en parler.
09:35Et puis, un jour, je l'ai eue dans un journal.
09:37Je me dis, ah bon ?
09:38Et puis, je l'ai retrouvée, figurez-vous, il y a 7-8 ans, par hasard, à Paris.
09:42On est tombés l'un en face de l'autre.
09:44Putain, on a rougi tous les deux.
09:46Et c'était une vraie histoire.
09:48J'aimais beaucoup cette fille, elle était formidable parce qu'elle était beaucoup plus cultivée
09:52que la plupart des types qui faisaient de la musique à cette époque-là.
09:55Mais bon, voilà, elle ne s'est pas…
09:56Quand je l'ai retrouvée dans un journal avec Mick Jagger,
10:00j'ai dit, bon, tant mieux pour elle parce qu'elle va vivre des trucs.
10:02Ça, c'est le truc que le mec, il était génial.
10:04– Ça, c'est sûr.
10:05Alors, évidemment, il y a les Beatles dans ce bouquin.
10:09Quelle rencontre !
10:10Vous entendez les hurlements des filles dès qu'ils volaient tant trouvères ?
10:14– Oui, mais ça, c'est plus tard, parce que quand je les rencontre,
10:19pour moi, ce n'est pas les Beatles avec un grand B,
10:21c'est juste un groupe de mecs qui font de la musique sympa.
10:23Il faut bien comprendre ça.
10:25Parce que les mecs me disent, mais pourquoi tu rencontres les Beatles ?
10:27Mais quoi, les Beatles, c'était juste des jeunes mecs qui faisaient de la musique,
10:30comme les Stones, ça.
10:31Bon, mais je ne pouvais pas imaginer non plus que ça deviendrait ça,
10:35et eux non plus d'ailleurs.
10:37Donc, ce qui était merveilleux, c'est que j'ai pu tout de suite leur dire,
10:41bon, non, vous faites ça plutôt.
10:43Enfin, remarquez, j'avais beaucoup de mal avec eux,
10:45parce que je parlais très, très mal l'anglais.
10:47Et c'est compliqué qu'il y ait un groupe, quand on parle mal l'anglais.
10:50Mais bon, j'y suis arrivé quand même,
10:52et j'ai passé des moments formuleux avec eux.
10:53Mais le groupe avec lequel j'ai plus vécu de choses, c'est les Rolling Stones.
10:57– Oui, alors les Stones, ça, vous racontez des choses absolument…
11:00L'anniversaire de Mick Jagger, vous racontez dans ce bouquin, c'est complètement dingue.
11:04Vous vous trouvez avec Andy Warhol à la même table.
11:09– Ça encore, non, mais ce qui était fou, c'était l'agressivité,
11:13la violence qu'il y avait dans ces concerts.
11:17J'ai fait quand même cinq tournées avec eux,
11:20et en fait, ça a commencé à être un peu organisé en 1972.
11:24Avant, c'est un bordel noir, c'était extrêmement dangereux.
11:27Mais ce qui faisait l'agressivité qu'il y avait sur scène
11:30et la violence que renvoyaient les spectateurs en retour était incroyable.
11:35Et puis Mick Jagger, bon, il était quand même absolument magnifique.
11:39Je suis passé à côté de lui, là, Keith Richards,
11:42parce que je ne comprenais pas ce qu'il disait, ça c'est dommage.
11:44– Par contre, Brian Jones, vous dites, c'était un ange déchu, bien sûr,
11:48mais absolument incroyable.
11:49– Non, mais Mick, il se donnait du mal pour parler.
11:53Brian aussi, tandis que lui, non.
11:56Lui, du tout, c'est comme Bob Dylan.
11:57Bob Dylan, je suis passé à côté,
11:58parce que je ne comprenais pas un mot de ce qu'il me disait, ce mec.
12:00– Oui, oui.
12:01Je vais vous raconter, dans le jet privé,
12:04vous voyez les fesses du médecin du groupe
12:07avec un autocollant Rolling Stone collé dessus.
12:09– Oui, mais là, il était en train de faire quelque chose
12:11où on ne peut difficilement parler.
12:12– Il y a peut-être des enfants qui regardent, là, non.
12:14– Non, mais écoutez…
12:15– Non, mais il se passait des trucs, quand même.
12:17– L'intérieur de l'avion des Rolling Stones,
12:20vous ne voulez quand même pas que ce soit
12:21à la fête de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus.
12:24Forcément, il se passait des trucs, oui.
12:26Mais surtout, il y avait une liberté incroyable.
12:30Et il fallait quand même être très fort de leur part
12:34pour assumer ça et le driver intelligemment.
12:37Mick, il a compris les choses très tôt, très, très, très tôt.
12:40Je me souviens, en France, quand ils étaient à Marseille,
12:45ils avaient fait un concert, il avait pris un truc dans la tronche,
12:47et ils m'avaient demandé de trouver une voiture pour rentrer à Paris, de Lyon.
12:52Et je me souviens toujours que, quand on est partis la nuit,
12:55ils étaient tous dans la voiture.
12:56Je conduisais la nuit et je les ai entendus derrière.
12:59La première conversation qu'ils ont eue pendant une heure,
13:01c'est de parler de pognon.
13:02Mais attention, de comment on fait pour placer avant d'en avoir.
13:05Parce qu'ils se faisaient avoir comme les autres.
13:07Mais ils avaient les pieds sur terre.
13:10C'était quand même très extraordinaire.
13:11Pour le moment, ils avaient 19 ans.
13:13– Oui, un qui parlait de pognon tout le temps, c'était James Brown, alors.
13:16Parce que vous dites, dans la bagnole, il discutait des cours de la bourse.
13:18– Oui, mais James Brown, il y a une revanche à prendre.
13:21Vous vous rendez compte, quand j'ai été le voir,
13:22il était en couverture de Life Magazine,
13:24où il y avait marqué, est-ce que James Brown est le noir le plus important d'Amérique ?
13:29– Enfin, vous dites, ces conversations, c'était le pognon, quoi.
13:31– Normal, avant, attendez, c'est encore une époque
13:33où les noirs, ils sont à l'arrière du bus.
13:35Bon, la ségrégation était énorme, donc lui, il arrive au premier plan.
13:39Donc, évidemment, il y avait une revanche extraordinaire à prendre.
13:43Mais au fond, il parlait peut-être de pognon,
13:45mais ce à quoi il pensait, c'est surtout ce qu'il faisait sur scène,
13:47c'était hallucinant.
13:49– Et Chuck Berry ne voulait pas monter sur scène
13:51tant qu'il ne touchait pas l'argent en liquide ?
13:52– En cash, oui, absolument.
13:53– Ah ben oui, il a aussi, il y avait une revanche.
13:56Bon, il ne voulait pas de musicien non plus,
13:58parce qu'il ne voulait ni manager, ni musicien.
14:00– Parce qu'il arrivait dans un village où il voulait les jouer,
14:02il n'avait pas de musicien, il cherchait les musiciens autour.
14:04– Oui, dans les bars, dans les bars, dans l'université.
14:07– Vous savez, j'ai fait toute la tournée,
14:08enfin non, j'ai fait huit jours de tournée avec lui,
14:10seul avec lui dans la bagnole, il n'y avait personne d'autre.
14:13Non mais il était incroyable, mais alors sur scène,
14:15ça dégageait dur.
14:16– Oui, avec cet incroyable souvenir,
14:18tout ce qui vous est arrivé, j'en vais vous dire.
14:19– Oui, j'ai eu beaucoup de chance, j'ai eu vraiment beaucoup de chance,
14:21je le sais, je le sais, je ne me prends pas pour autre chose.
14:25– On va entendre une autre chanson là,
14:27évidemment, si toujours on a choisi les premiers titres,
14:29évidemment de celui-là qui a tellement compté,
14:31vous l'avez dit, dans votre vie,
14:32on ne peut pas ne pas évidemment.
14:34Écoutez.
14:46– C'est ça, les souvenirs.
14:48– C'est de voir ce qu'il en a fait,
14:50parce qu'au départ, quand il chante,
14:52il y a une énergie magnifique,
14:54bon, il ne chante pas très très bien au départ,
14:56mais vous avez vu comment il chante à la fin ?
14:57Dans les 20 dernières années de sa vie,
14:59c'est incroyable, incroyable,
15:01les progrès qu'il avait fait tout seul.
15:04Bon, bien sûr, moi je vois arriver ce môme-là,
15:07mais c'était tellement...
15:10Enfin, si vous voulez, ça nous ressemblait,
15:12dans un certain sens, ça nous ressemblait à tous.
15:15C'est pour ça que ça marchait.
15:16Mais en plus, les adultes, les gens des médias,
15:19les journalistes, ils l'ont tellement pris
15:21pour un con pendant des années.
15:23Mais ils ont eu tort.
15:24– Oui, ils ont eu tort.
15:25– C'est intelligent, je dis, oui.
15:26– Même s'il disait tout le temps,
15:27on m'a dit que tu avais dit.
15:28Vous le dites ça dans le bouquin.
15:30– Oui, mais ça c'était un truc.
15:30– C'est les rumeurs, l'entourage.
15:31Vous vous dites qu'il avait toujours une cour,
15:33des courtisans.
15:33– Oui, oui, on me fait ça, oui.
15:34– Les courtisans, j'en ai eu toute ma vie.
15:36Mais quand j'étais petit,
15:37je vais alléger les courtisans de mon père.
15:38Alors je connais la musique.
15:39– Non, non, mais qui racontait des bêtises sur vous.
15:41– Toujours.
15:41– Vous aviez dit ceci, cela.
15:43Après, il vous demandait des cons.
15:43Il dit qu'est-ce que tu as dit ?
15:44Il parlait que tu as dit.
15:45– Le courtisan veut par essence même être important.
15:48Le courtisan est capable d'inventer des problèmes
15:50pour revenir vers l'artiste en lui disant
15:52« Tu as vu, j'ai réglé le problème. »
15:53Bon, on connaît ça.
15:55Mais ce qui était extraordinaire,
15:57c'est qu'en réalité, lui, il avait tout compris.
16:00Vraiment.
16:01Il pouvait être dans un restaurant
16:03où il y avait 150 personnes.
16:04Un type rentrait dans la pièce au bout
16:06qu'il ne connaît pas.
16:06Il savait ce qu'il voulait.
16:07Il savait qui c'était.
16:08Non, il était loin d'être con.
16:09Il avait beaucoup d'humour.
16:11Personne ne m'a fait rire
16:13à propos de Johnny Hallyday
16:14comme Johnny Hallyday lui-même.
16:16Les guignols, ils pouvaient se rhabiller.
16:18Il était formidable.
16:19– Un jour, il vous dit
16:20« J'ai une nouvelle bagnole.
16:21Vous allez le photographier au bois de Boulogne.
16:23Vous roulez à fond à côté.
16:24La photo est dans le bouquin. »
16:25– Oui, mais attends.
16:26– Et puis pas longtemps après,
16:27il arrive un truc.
16:28– C'est-à-dire que, oui,
16:29il avait une Ferrari.
16:31Bon, je l'ai touché ce matin
16:33et hop, il faut qu'on aille faire des photos.
16:35On l'a fait au bois de Boulogne
16:37et puis il se dit
16:37« On se retrouve tout à l'heure
16:39au Fouquet, je ne sais pas où. »
16:40Bon, hop, il part et boum,
16:42la Ferrari, il l'explose
16:43au prochain croisement.
16:45Mais ce qui est intéressant là-dedans,
16:46ce n'est pas ça,
16:47ce qui est intéressant là-dedans,
16:48c'est que c'est la première fois
16:49dans l'histoire de l'humanité aussi
16:51que des enfants gagnent plus d'argent
16:53que leurs parents.
16:54Ce n'était jamais arrivé, ça.
16:55Quand ils bousillent cette Ferrari,
16:57ils dépensent plus de pognon
16:58que n'importe quel père en un an, là.
17:00C'était ça qui était très agressif
17:02et c'était ça que les adultes détestaient.
17:05C'est pour ça qu'il leur en voulait
17:06tellement à ces mômes
17:07qu'ils voulaient faire quoi ?
17:08Chanter et danser, c'est tout.
17:10Incroyable, des photos dans ce bouquin.
17:12Claude-François, vous le connaissez,
17:14il habite quoi ?
17:14Une chambre de bonne
17:15au-dessus d'une maison de passe,
17:16rue Troyon ?
17:17C'est ça ?
17:18Oui, c'était un hôtel
17:20pour femmes légères.
17:22Il y avait du bruit à gauche
17:23et à droite, ça valsait bien,
17:24je peux vous dire.
17:25Mais lui, il avait deux vestes
17:27dans le placard.
17:27Oui, il n'avait rien
17:28et je voulais lui faire des photos
17:30et je lui ai dit
17:31« Bon, alors, qu'est-ce que t'as
17:34pour t'habiller ? »
17:35Il ouvre le placard
17:35et il avait deux vestes de pantalon.
17:38Alors, il m'a dit
17:38« Je lui ai dit
17:39« Prends celle-là, d'accord. »
17:40Et puis, je l'ai vu,
17:41il a retiré son pantalon
17:42et il l'a plié.
17:43Je n'ai jamais vu de ma vie
17:44un mec plier un pantalon
17:45pendant aussi longtemps.
17:47C'était un travail à temps complet.
17:49Et moi, ça m'a vachement ému
17:51parce que ça veut dire
17:52que lui, c'était son pantalon
17:54qui s'était acheté.
17:55Lui, moi, mes affaires,
17:57je l'ai balancé sur le fauteuil
17:59parce que c'était ça la différence.
18:01Lui, il était parti de rien.
18:03Donc, moi, j'avais beaucoup d'estime
18:04et j'ai toujours beaucoup d'estime
18:05pour ces mômes qui partent de rien.
18:07Oui, Paul Narev, tout gamin
18:09qui joue de la musique
18:10sur les bords de scène.
18:11Michel Berger, 15 ans, un gosse.
18:15Mais Michel, je l'ai connu
18:17bien surtout au moment
18:19où Véronique est partie,
18:22où Véronique Sanson l'a quittée.
18:23Là, il était dans un état de désespoir
18:25mais c'était affreux.
18:27C'était un type formidable.
18:29J'aimais beaucoup ce type-là.
18:30Beaucoup.
18:31Mais de toute façon,
18:32j'aimais bien, en général,
18:34les gens que je photographiais.
18:35Parce que les gens que je n'aime pas,
18:36je ne les photographie pas, moi.
18:38Oui.
18:39Pourquoi faire ?
18:40Par exemple, Steve McQueen,
18:41vous a envoyé balader.
18:42Oui, d'ailleurs,
18:42j'ai fait qu'une photo.
18:43Ça a pris une minute trente.
18:44Quand j'ai vu comment il me traitait,
18:46j'ai dit salut, je me suis cassé.
18:47Ce n'est pas très sympa.
18:48Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
18:49Vous avez dit,
18:49voilà, t'as un coco,
18:50t'as deux minutes pour faire tes trucs.
18:51Oui, non, mais c'était peut-être un mauvais jour.
18:53Bon, vous savez,
18:54je ne peux pas lui en vouloir.
18:55Je ne le connaissais pas.
18:56J'avais un rendez-vous d'un quart d'heure,
18:57il me donne deux minutes.
18:58Bon, ben, vous l'avez dit,
18:59j'ai fait clic-clac,
19:00merci Kodak,
19:00et je me suis tiré.
19:01Et Michel Sardou avec un drapeau des États-Unis
19:04au milieu d'une avenue aux États-Unis,
19:07et puis ensuite,
19:07c'est les Los Angeles qui ont failli lui faire la peau.
19:10Oui, parce que nous,
19:11on pensait que c'était un hommage,
19:13parce qu'on était,
19:13tout lui comme moi,
19:14on était fous d'amour pour les États-Unis.
19:17Donc, on était à Los Angeles,
19:18hop,
19:18qui se drape dans un drapeau américain,
19:20et je fais la photo,
19:21mais j'étais loin, moi,
19:22avec le téléobjectif,
19:23et je n'ai pas vu arriver les motards.
19:25Mais pour eux,
19:26c'était la guerre du Vietnam,
19:27donc ils croyaient qu'on se foutait
19:28de la gueule du drapeau.
19:30Pour un peu,
19:30c'était fini.
19:31Il aurait pu se faire casser la gueule,
19:33grave.
19:33Oui, mais ce qui est génial,
19:35c'est vos mises en scène.
19:36Alors, parfois,
19:37vous les faites dormir,
19:38vous les mettez dans des situations
19:41incroyables,
19:42des reconstructions historiques.
19:44Vous jouez beaucoup pour Salut les Copains.
19:46Oui, parce que ces photos…
19:46C'est ça,
19:47on ne se prend pas au sérieux.
19:48Non, mais ces photos-là
19:49n'étaient pas faites
19:50pour montrer la réalité.
19:52Ces photos-là étaient faites
19:54pour être mis au mur
19:55des chambrettes des adolescents.
19:57Elles étaient faites
19:57pour les faire rêver.
19:58Donc, c'est du spectacle.
20:00Moi, la réalité,
20:01je m'en fous.
20:01La vérité,
20:01ça ne m'intéresse pas.
20:02Il y a des mecs très forts pour ça.
20:04Moi, je mens.
20:05Moi, ce que je fais,
20:06c'est des photos
20:06qui sont des mensonges
20:08pour faire rêver
20:09les jeunes gens.
20:09C'était ça mon truc.
20:10Vous faites une photo
20:11avec Dutron,
20:12avec quatre filles très sexy,
20:13allongées autour de lui
20:14dans une superbe bagnole.
20:16Et puis, vous dites,
20:16après la séance,
20:17vous retrouvez tous les deux
20:18comme des idiots
20:19dans un petit restaurant indien.
20:20Non, mais là, écoutez,
20:21ne soyez pas pingueux.
20:22Elles n'étaient pas quatre,
20:23elles étaient au moins huit.
20:24Ah oui.
20:25Et ensuite de ça.
20:26Alors, les gens,
20:27aujourd'hui,
20:28parce que je l'ai remis
20:29sur Instagram.
20:29Vous savez, moi,
20:30je fais beaucoup d'Instagram.
20:32Tous les jours,
20:32je raconte une histoire
20:34sur une photo.
20:35Vraiment.
20:36Et c'est très intéressant,
20:38ce truc-là.
20:38Et bon,
20:40je la mets sur Instagram.
20:41Oh la vache,
20:42je me suis fait insulter
20:43aujourd'hui.
20:44Quoi, c'est sexiste ?
20:45Et quoi, qu'est sexiste ?
20:46Vous rigolez, quoi ?
20:46Les filles,
20:47elles étaient contentes
20:47d'être là.
20:48On ne les a pas touchées.
20:50Elles étaient payées
20:51pour faire ça.
20:52Elles se sont marrées.
20:53Et voilà,
20:54elles se sont tirées.
20:54Et nous,
20:55on a dîné
20:55tous les deux tout seuls.
20:57Alors, arrêtez de m'emmerder.
20:59Non, mais quand vous montrez,
21:00par exemple,
21:00Sheila dans l'enfer,
21:02vous l'imaginez en enfer
21:03avec des intellectuels autour
21:04et elle toute seule.
21:06Non, avec des grands musiciens.
21:07Oui, mais c'est là
21:08où elle est formidable.
21:10Parce que vous voyez,
21:10elle, cette môme-là aussi
21:11qui est partie de rien.
21:12Bon, moi,
21:13je ne la voyais pas beaucoup
21:13parce qu'elle était en main
21:15par un mec
21:15qui l'habillait avec des couettes
21:17et tout ça.
21:17J'aimais pas beaucoup, moi.
21:18Je n'étais pas fou de tout ça.
21:20Alors qu'elle,
21:20elle était formidable.
21:21Elle avait beaucoup d'humour.
21:22Elle était prête
21:23à toutes les conneries.
21:23Elle était absolument formidable.
21:26Mais là, je lui avais dit,
21:26écoute, on va faire une photo,
21:27mais c'était pour énerver Carrère.
21:29Je lui avais dit,
21:29écoute, on va faire une photo.
21:31C'est ce qui t'arrivera
21:32quand il ira en enfer.
21:33Donc j'avais mis
21:34Litz, Mozart, Beethoven,
21:36Schubert, Schumann,
21:37chacun avec un verre de vin rouge
21:39et elle avec un verre vide.
21:41Et la légende, c'était
21:42jusqu'à la fin des temps,
21:44ils refuseront de boire
21:46avec Sheila
21:47parce qu'ils n'aiment pas sa musique.
21:48Elle, elle se marre encore.
21:51Elle était tout de suite d'accord.
21:52C'est là où elle était formidable.
21:54Oui.
21:54Il y a une phrase de vous, Jean-Marie.
21:57Vous avez dit exactement
21:59« Hier ne compte plus
22:01et demain n'existait pas ».
22:03C'est-à-dire qu'au fond,
22:05cette période des années 60,
22:06c'était le temps arrêté, comme ça.
22:08Oui, c'est vrai,
22:09mais ça l'est pour beaucoup de gens.
22:10Je me rends compte
22:11parce qu'au fond,
22:12ces photos,
22:13comme les expositions que je fais
22:14ou les spectacles ou les livres,
22:16ce sont les souvenirs
22:18de beaucoup de gens.
22:20Et au fond,
22:21en faisant ce livre,
22:22j'ai donc mis des photos nouvelles
22:24parce que j'avais complètement oublié.
22:25450 photos nouvelles.
22:27Car je n'ai pas de mémoire.
22:29Et c'est pour ça
22:29que je voulais vous dire
22:30cette phrase magnifique
22:31dont je ne sais pas
22:32si c'est Robin Williams
22:33ou Pete Townsend
22:35qui l'a dit.
22:35Je ne sais pas,
22:36mais la phrase est formidable.
22:37C'est « Si vous vous souvenez
22:38des années 60,
22:39c'est que vous ne les avez pas vécues ».
22:41Oui.
22:41C'est pour ça que je ne m'en souviens pas.
22:43Ben non,
22:44ça allait trop vite
22:44puis il y avait des fumées.
22:45Et Baudialu, il a dit
22:46« Ces années-là n'ont pas existé,
22:48la preuve, vous y étiez ».
22:48Voilà, ben c'est pareil,
22:49c'est la même chose.
22:50C'est ça.
22:52Mais elle reste éternelle,
22:54ces années-là.
22:56Ben écoutez, apparemment, oui.
22:57Je ne vais pas regretter.
22:59Moi, dans n'importe quel petit village
23:00au fin fond de la France
23:01où que j'aille,
23:03les gens, ils me sourient dans la rue
23:04parce que je leur rappelle
23:05leur jeunesse.
23:06Que voulez-vous de mieux
23:06pour finir les derniers 100 mètres ?
23:09Et on va tous s'accrocher
23:10une photo de Jean-Marie Perrier
23:11dans la chambre.
23:12On va revivre tout ça.
23:12Ça ne va pas vous rajeunir.
23:13Voilà, le bouquin.
23:14Ça ne va pas vous rajeunir.
23:15Faites gaffe.
23:17Et on se quitte avec
23:18Salut les Copas, évidemment.
23:19Merci, Jean-Marie Perrier.
23:20Merci à vous.
23:21C'était super, merci, Jean-Marie.
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