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  • il y a 19 minutes
Invité sur TV5 Monde, Yarol Poupaud revient sur son parcours et sur sa relation avec Johnny Hallyday à l’occasion de la sortie de son livre “Ma vie électrique”. Une interview mêlant souvenirs, musique et confidences sur les coulisses de l’artiste.

Catégorie

🎵
Musique
Transcription
00:05Bonjour Yarole Poupo, musicien, enfant du rock.
00:09Électrique, c'est le nom de l'album, du livre de souvenirs absolument incroyable.
00:13Il y a une phrase qui résume tout, si j'arrête, je meurs.
00:15J'ai l'impression que vous êtes tombé dans le rock.
00:17On va parler bien sûr de Johnny, on va parler de Niagara, on va parler de FFF,
00:21on va parler de toute votre vie en musique.
00:23Mais la musique d'abord, avant tout, pour toujours.
00:28Oui, c'est-à-dire que moi, ça m'a accueilli effectivement enfant,
00:32cette envie de faire de la musique et de faire du rock'n'roll.
00:35Et je fais partie de ces gens qui ont cette chance inouïe d'avoir fait une passion de môme, un
00:43métier quoi.
00:44Oui, une passion.
00:45Alors la passion, elle est incroyable parce qu'elle est faite de rencontres.
00:48Comme vous disiez, de passion de môme, c'est-à-dire font de réaliser des rêves de gosses.
00:52Ça a toujours été quand même le rock.
00:55C'est une musique de gamin.
00:56Oui, c'est une musique de gamin.
00:58C'est une musique...
01:00C'est sûr qu'à la base, c'est un truc qui s'adressait surtout à une jeunesse au milieu
01:04des années 50
01:06qui, à mon avis, s'ennuyait un petit peu dans ce qu'on lui proposait,
01:08qui avait envie de rébellion, qui avait un petit peu envie de trucs différents.
01:14Mais oui, c'est à des gamins, mais à des gamins, il n'y a pas d'âge pour être
01:18un gamin, quoi.
01:19Oui, oui.
01:20Lui, là, on va voir des images.
01:22Oui, c'est un gamin.
01:23Il reste un gamin jusqu'au bout.
01:25C'est évidemment Johnny.
01:27Restez vivant en tour.
01:29Ce sont des images de cette tournée où il est arrivé dans une tête de mort.
01:33Et d'ailleurs, il y a Roll, on vous voit là.
01:35Et on va vous voir, évidemment, à la guitare, à côté de lui.
01:38L'être dans ceux qu'il salue, évidemment.
01:41Et le show de Johnny commençait, faisait rêver les foules.
01:45Il est arrivé que, d'ailleurs, la tête de mort, ça ne marche pas.
01:47Vous racontez dans ton cas.
01:48C'est arrivé une fois, la première fois, oui.
01:49Oui.
01:50C'était un grand moment Spinal Tap, ça.
01:52Oui, c'est-à-dire que la tête de mort, ce n'est pas ouverte.
01:54Oui, c'est-à-dire qu'en fait, il était censé arriver dans cette tête de mort
01:57qui s'ouvre d'une manière très lente et avec des fumigènes et tout.
02:01Et la première fois qu'on fait un test, l'après-midi, les mecs, ils testent la tête de mort.
02:05Alors, ça marche à tous les coups, à tous les coups, à tous les coups.
02:07Et puis, évidemment, au moment du concert,
02:08eh bien, Johnny a resté bloqué derrière la tête de mort.
02:10Et la tête de mort, ce n'est pas ouverte.
02:12Oui.
02:12Donc, il a fini par ressortir, faire le tour et rentrer par le côté de la scène.
02:15On nous reviendra comme ça, genre.
02:18Mais c'est arrivé qu'une fois.
02:20Je vous rassure.
02:20Je voudrais qu'on entendre ça parce que Restez vivant,
02:22un titre formidable écrit par vous.
02:24Yarole Poupon, écoutez Johnny.
02:42C'était ça, le désir de Johnny, rester vivant.
02:45Et finalement, c'est la musique qui l'aidait à rester vivant.
02:48Ben oui, tous.
02:52Enfin, c'est un truc, en ce qui le concerne,
02:56ce qui l'aidait à rester vivant aussi,
02:57c'était de toujours être en mouvement
03:00et de toujours penser à demain
03:01et de savoir que c'était quelqu'un
03:03qui était tout sauf nostalgique.
03:05Et j'essaie d'être comme ça aussi.
03:06C'est-à-dire de toujours avoir un nouveau projet,
03:08d'avoir un nouveau truc
03:09et pas de me reposer sur mes lauriers
03:10et sur ce que j'ai pu faire avant.
03:12Et c'est ça qui aide, je pense, aussi.
03:13Vous dites, Yarole, il gérait tout.
03:15Il décidait de la couleur.
03:17Il décidait de tout.
03:18Il était là, Johnny.
03:20Ah ben oui, oui, oui.
03:22Certaines personnes peuvent peut-être croire
03:23qu'on lui disait quoi faire tout le temps.
03:25Peut-être que ça a été le cas dans d'autres décennies.
03:27Avant, je ne sais pas, je n'étais pas là.
03:29Mais en tout cas, moi, de toute mon expérience avec lui,
03:31c'était vraiment lui qui était aux commandes de tout.
03:34Enfin, je veux dire, des costumes.
03:36Évidemment, il y avait plein d'équipes
03:38qui travaillaient pour le show.
03:40Mais c'était lui qui prenait les décisions, oui.
03:41Et alors, il y avait un moment extraordinaire.
03:43Vous racontez, Yarole.
03:44Il s'asseyait sur un fauteuil derrière le rideau, tout seul.
03:48Il ne fallait que personne ne s'approche avant le concert.
03:50Oui, oui.
03:51Il avait une espèce de rituel comme ça.
03:54Je ne sais pas à quoi il pensait.
03:55S'il se récitait un mantra dans sa tête
03:57ou si juste il essayait de se concentrer.
04:01Mais c'était à chaque fois,
04:02cette espèce de moment où le temps s'arrêtait.
04:05Il était assis là comme ça.
04:06Ça pouvait durer deux, trois, quatre, cinq minutes.
04:10Et personne ne savait ce qui se passait.
04:11Et puis, on attendait.
04:12Tout le monde était comme ça, au taquet.
04:15Et puis...
04:15OK, on y va.
04:16Oui.
04:17Et c'était parti.
04:18Alors, parfois, 20 minutes avant le concert,
04:21il arrivait, il disait, Yarole,
04:22cette chanson-là, je ne la veux plus.
04:23On va en mettre une autre à la place.
04:25Il fallait suivre.
04:27Oui, mais ça, il fallait suivre.
04:29Heureusement.
04:30Enfin, je veux dire, il faut suivre.
04:32Le pire ennemi du rock'n'roll
04:34et souvent des concerts, en tout cas,
04:36c'est la routine.
04:38La routine, on s'ennuie.
04:39C'est-à-dire que si on fait
04:40200 fois le même concert,
04:42enfin, même au bout de la 20e,
04:43on en a marre,
04:44on a l'impression de tourner en rond, quoi.
04:46Donc, ce qui était génial,
04:47c'est qu'il avait cette...
04:50Mais ça, ça a toujours été le cas.
04:52La plupart des grandes...
04:54des gens qui font ce métier
04:55à un très haut niveau,
04:56que ce soit Springsteen,
04:57McCartney ou des gens comme ça,
04:59ont cette systématie
05:01de changer cette liste
05:02et de ne pas faire forcément
05:03le même concert tous les jours.
05:05On a dit, tiens,
05:05aujourd'hui, on va jouer
05:06plutôt celle-ci.
05:07J'en ai marre de jouer celle-là,
05:08on va la changer par celle-là.
05:09Celle-là, ça fait longtemps
05:09qu'on ne l'a pas jouée.
05:10Celle-là, hier,
05:12elle m'a fatiguée,
05:13elle ne va pas la jouer.
05:14Voilà.
05:14Donc, c'est juste une manière
05:16de continuer à prendre du plaisir
05:17sur scène
05:17et de jamais se mouiller, quoi.
05:19On va raconter comment
05:20vous allez être arrivé
05:20à ça, évidemment,
05:22parce qu'il y a tout ce qui se passe
05:22avant dans votre vie,
05:23Yarole.
05:24Mais la rencontre,
05:25Jody, c'est comme un destin.
05:26C'est-à-dire qu'au jour,
05:27il y a le film Jean-Philippe
05:29et on vous propose,
05:31et c'est Luchini,
05:33votre copain,
05:34qui propose finalement
05:35de jouer de la guitare
05:36dans le film,
05:37être le guitariste de Johnny,
05:38dans le film.
05:39Alors, Luchini, effectivement,
05:41je le connaissais déjà
05:42depuis longtemps,
05:43mais c'est surtout
05:43le réalisateur Laurent Tuel
05:44qui était proche à moi,
05:45un ami,
05:46qui m'explique qu'il y a
05:47une scène où, à la fin,
05:48il y a une scène de concert
05:50et où, c'est le moment
05:51où, je ne sais pas
05:52si vous avez vu le film,
05:53mais où Jean-Philippe Smet
05:54redevient Johnny Hallyday.
05:56Il fallait un groupe,
05:56il fallait des musiciens,
05:57il fallait donc un guitariste.
05:59Et moi, je lui ai dit,
05:59vas-y, prends-moi,
06:01j'ai envie de faire le rôle,
06:02ça va être trop marrant,
06:03ça va être cool,
06:03et puis d'être avec Johnny et tout.
06:04Donc, ils m'ont pris
06:05pour jouer le rôle.
06:07Donc, ma première expérience
06:08de guitariste de Johnny,
06:10c'était de pour de faux,
06:11on va dire.
06:13Donc, c'était marrant
06:14de se retrouver pour de vrai
06:16dans la même situation
06:19quelques années plus tard.
06:20Oui, c'est dingue
06:21parce qu'un jour,
06:21c'est en pleine nuit,
06:22il vous appelle et il dit,
06:24Jarol, tu viens sur la tournée.
06:25Oui, oui.
06:26En pleine nuit.
06:28On avait fait un spectacle,
06:31enfin, un spectacle,
06:31pas vraiment, un spectacle,
06:32on avait fait un petit concert
06:33pour une radio.
06:34Donc, on avait fait vraiment
06:36dans un studio
06:37à peine plus grand qu'ici.
06:38Vraiment comme si c'était
06:38un club,
06:40des conditions de concert
06:41auxquels moi,
06:41j'étais habitué
06:42depuis les débuts.
06:43C'est-à-dire vraiment,
06:44donc ça s'était très,
06:45très bien passé,
06:45ce concert.
06:46Et ils repartaient
06:47à Los Angeles le lendemain
06:48pour préparer sa tournée
06:50et tout.
06:51Et bon,
06:51après l'émission de radio,
06:53on se dit au revoir,
06:54salut,
06:54bon ben,
06:55c'était vachement bien,
06:55à bientôt,
06:56on se rappellera,
06:56on se reverra
06:57quand je reviendrai à Paris.
06:59Et puis,
06:59je rentre chez moi
07:00et effectivement,
07:00il y a 2h du matin,
07:01il m'appelle,
07:02il me dit,
07:02dis donc,
07:03est-ce que ça te brancherait
07:03de venir avec moi en tournée ?
07:05Oui.
07:05Et ça,
07:06c'est quand même hallucinant,
07:08comme ça.
07:08Ben,
07:09oui.
07:09Parce que là,
07:10sur le moment du froid,
07:10vous vous dites,
07:11je ne sais pas si c'est vrai,
07:12on va voir demain matin,
07:13puis le lendemain matin,
07:14ouais,
07:14c'est vrai.
07:15Oui,
07:15c'est-à-dire que moi,
07:16je ne le connaissais pas très bien
07:17encore à l'époque,
07:17je me dis,
07:18bon,
07:18si ça se trouve,
07:18je ne sais pas,
07:19il a bu un coup,
07:20il a eu un flash,
07:21ou le lendemain,
07:22on va lui dire,
07:22non,
07:22c'est trop tard,
07:23on a déjà bouqué l'équipe,
07:25ou...
07:25Mais non.
07:26Oui.
07:26Non,
07:27quelle histoire,
07:28incroyable histoire.
07:28Puis alors,
07:29vous allez aller à Stade,
07:30avec lui,
07:31dans sa maison,
07:32vous lui racontez des choses
07:34très drôles,
07:34par exemple,
07:35il planquait une bouteille de vodka
07:37dans la neige,
07:39à la fenêtre,
07:40et comme un gamin,
07:41qu'est-ce qu'il faisait ?
07:42Il se planquait pour aller boire son...
07:43Ben oui,
07:44il y a plein de trucs comme ça,
07:45c'est comme quand on était allé,
07:47par exemple,
07:47une fois à Los Angeles,
07:49il allait manger des hot dogs en douce,
07:52dans un restaurant de hot dogs,
07:53il aimait bien,
07:54alors qu'il était censé être au régime
07:55pour perdre du poids,
07:56pour attaquer la tournée,
07:56mais il me disait surtout
07:57que tu ne le diras personne,
07:59que j'ai mangé mon hot dog.
08:00Enfin oui,
08:00il avait un côté comme ça,
08:01gamin,
08:02et ça l'amusait beaucoup
08:03de faire,
08:03de comment dire,
08:04de transgresser un peu
08:05les trucs,
08:06il n'avait pas le droit de faire rien.
08:07Ouais,
08:07et puis alors il vous dit,
08:07alors Yarol,
08:08t'es pas tatoué,
08:09c'est pas possible,
08:10tu peux pas rock'n'rollers
08:12pas tatoué,
08:13il veut que vous fassiez
08:14des tatouages partout.
08:16Ah ouais,
08:17ben non.
08:17Et là,
08:17non,
08:18non,
08:18Yarol dit non,
08:19parce qu'il fallait savoir
08:20lui dire non à Johnny,
08:21hein ?
08:21Ben oui,
08:26les mecs qui étaient tatoués,
08:27ça voulait dire quelque chose,
08:28c'était des,
08:30ça représentait,
08:30c'était soit des mecs
08:31qui avaient fait de l'atoll,
08:32soit des légionnaires,
08:33enfin il y avait un truc
08:34de bandits,
08:34de pirates,
08:35de voyous un peu
08:36avec le tatouage.
08:37À partir du moment
08:37où le tatouage
08:38s'est devenu un truc
08:38tellement commun
08:39et que tout le monde,
08:41pour un oui,
08:41pour un non,
08:42se fait tatouer
08:43un truc sur le mollet
08:44ou sur l'avant-bras,
08:47moi je trouve que ça
08:47a un peu perdu
08:48de sa signification
08:49et donc je voyais pas
08:50l'intérêt de me faire
08:51tatouer des trucs comme ça.
08:52Donc en fait,
08:53il se trouve qu'en fait
08:54dans notre métier,
08:55en tout cas,
08:56les vrais tatoués
08:56maintenant c'est nous.
08:58C'est ceux qui n'ont pas
08:58de tatouage,
08:59qu'on est devenus plus rares.
09:01Alors il y a quand même
09:02un jour,
09:03les concerts sont extraordinaires,
09:05envoyer la tournée,
09:06rester vivant
09:06et où vous,
09:08après un concert à Québec
09:09que j'ai vu
09:10et c'était formidable
09:11avec une bande de bikers,
09:13un souvenir incroyable
09:14et après vous,
09:15vous allez vous balader,
09:16continuer à rester
09:17un petit peu aux Etats-Unis,
09:18vous vous retrouvez pris
09:19avec disons des substances
09:20dans les poches
09:21et là,
09:22mauvais souvenir
09:23parce que vous devez jouer,
09:25je crois,
09:25Épernay
09:26deux jours après
09:27et vous êtes,
09:28comme on dit,
09:28dans la mouise
09:29pour parler franchement.
09:31Bah ouais,
09:31c'est des choses qui arrivent quoi.
09:34Bah ouais,
09:34j'étais en prison quoi.
09:35J'étais en prison.
09:36Bah ouais,
09:36bon,
09:37voilà.
09:37Et alors,
09:38vous arrivez une heure
09:39avant le concert.
09:40Ouais.
09:41Hein ?
09:42Bah oui,
09:42c'est-à-dire que le temps tournait
09:43puis moi j'étais en prison
09:44à New York City
09:45alors que les autres
09:46étaient en train de s'installer
09:48pour monter sur scène
09:49à Épernay
09:50mais donc heureusement,
09:51tout est bien
09:52qui finit bien.
09:52Oui,
09:53bah après que Johnny,
09:53quand il a appris ça,
09:54comment il a réagi ?
09:56Bon,
09:57il a appris un peu de temps après,
09:58il a réagi,
09:58ça l'a fait marrer
10:00que ça faisait longtemps
10:01qu'il n'avait pas eu
10:02un de ses musiciens
10:02qui avait des problèmes
10:03avec la police quoi.
10:03Donc,
10:04ça lui a plu,
10:05il a trouvé ça.
10:06Il a dit,
10:06bah ça c'est recordant,
10:07quand même.
10:07Ouais.
10:09C'est sûr
10:09que le milieu
10:10des musiciens
10:10qui l'entouraient
10:11étaient des gens
10:11qui étaient quand même
10:12un peu plus...
10:14Enfin,
10:14ça faisait longtemps,
10:14voilà,
10:15ça lui a rappelé peut-être
10:15des bons
10:16ou de mauvais souvenirs
10:17mais...
10:18Ouais,
10:18ce qui est fou,
10:18c'est sur scène,
10:19vous dites,
10:20même pendant des moments dramatiques,
10:22il jetait des coups d'œil,
10:23il faisait des grimaces,
10:24il se marre...
10:25C'était la force
10:26de Johnny sur scène.
10:27Bah oui,
10:27c'était...
10:29C'est-à-dire qu'il fait partie
10:30de ces gens
10:32où on a l'impression
10:32que c'est vraiment
10:33là où ils sont
10:34le plus à l'aise,
10:35où ils sont le plus
10:37eux-mêmes en fait.
10:38C'était quelqu'un quand même
10:39Johnny d'assez réservé,
10:40d'assez timide,
10:41d'assez...
10:41d'assez calme.
10:42C'était pas forcément
10:43un extraverti
10:44toute la journée
10:45mais une fois sur scène,
10:47il ne pouvait plus rien
10:48lui arriver,
10:48il se sentait en sécurité,
10:50il se sentait dans
10:50l'environnement
10:51qu'il avait choisi,
10:52dans lequel il avait choisi
10:53d'être et là,
10:54il était vraiment...
10:56Oui,
10:56il faisait des blagues,
10:57il déconnait.
10:58Ouais,
10:59ouais.
10:59Quand il y a l'attentat
11:00au Bataclan,
11:01il dit,
11:01je veux continuer
11:02les concerts,
11:03on s'arrête pas.
11:04Ah bah oui.
11:05Ça,
11:05vous vous êtes...
11:05Il ne veut pas s'arrêter.
11:07Non,
11:07c'était un truc...
11:10Oui,
11:11c'est-à-dire que,
11:12évidemment,
11:12la question se pose,
11:13est-ce qu'on joue,
11:14donc le 14 novembre,
11:17est-ce qu'on annule,
11:17qu'est-ce qu'on fait ?
11:18Il y en a qui avaient peur
11:19pour leur truc.
11:20Non,
11:20non,
11:20on est là,
11:21on joue,
11:22on fait le concert quand même
11:23et puis quoi encore ?
11:25Non,
11:25non,
11:25et puis ça le...
11:27De toute façon,
11:30c'est...
11:30Déjà,
11:30ça,
11:30c'était important pour lui
11:31de monter sur scène
11:32et de faire la musique
11:32et puis c'est quelqu'un
11:33qui avait aussi
11:35cette envie
11:36de ce goût du risque
11:37de braver les interdits
11:39et de...
11:40Voilà,
11:40donc c'est pas parce que
11:42on va nous interdire
11:43de jouer
11:43qui va nous interdire
11:44de jouer.
11:45Non,
11:45on monte sur scène,
11:45on joue quoi.
11:46Oui,
11:47les vieilles canailles,
11:48mais avant,
11:49vous apprenez à un moment
11:50qu'il a ce cancer,
11:52cette saleté de cancer
11:53et il est toujours battant,
11:55il est toujours là,
11:56Johnny ?
11:57Bah oui,
11:57il est toujours battant,
11:59il remonte sur scène,
12:00le mec,
12:00il fait une chimio
12:02à 14h,
12:02il est sur scène
12:03à 20h30
12:05le même jour.
12:06Donc,
12:06si c'est pas un battant,
12:07ça...
12:07Ouais,
12:08mais à la fin,
12:09il arrive de plus en plus tard,
12:10on comprend,
12:10c'est dur.
12:11Bah oui,
12:11c'est fatigué,
12:12bah oui,
12:12oui,
12:12oui,
12:13mais ce qu'il a fait,
12:13c'est surhumain,
12:14enfin,
12:14c'est surhumain quand même,
12:17peut-être en phase limite
12:19terminale
12:20de cette maladie
12:21et de faire des concerts
12:22tous les soirs,
12:24je sais pas s'il y a
12:24d'autres exemples.
12:25Ouais,
12:26vous allez à Marne-la-Coquette,
12:28c'est un des moments
12:29très difficiles,
12:30Johnny regarde des films,
12:31des séries B
12:32toute la journée,
12:33c'était ça son truc.
12:35Ouais,
12:35enfin,
12:35il regardait,
12:37avant,
12:37il regardait effectivement
12:38un peu tout ce qui passait
12:39sur des chaînes,
12:40il a été abonné
12:41à des milliers de chaînes,
12:42donc il aimait bien
12:42les films d'action,
12:43il aimait bien les films
12:44un peu,
12:45effectivement,
12:45un peu plus,
12:46il aimait bien
12:47les films d'horreur,
12:48par exemple.
12:49Mais,
12:49vers la fin,
12:50c'est marrant
12:51parce qu'il s'était,
12:52c'est le goût cinématographique,
12:53il était revenu
12:54vers des films
12:55qu'il avait aimés
12:55quand il était môme,
12:56donc on mettait plus
12:57de westerns,
12:58de vieux polars,
12:58de vieux films hollywoodiens,
13:00il était moins dans
13:00la baston,
13:02et le,
13:03je sens qu'il,
13:03on sentait qu'il avait
13:04envie de revenir
13:04à des films
13:07qu'il avait aimés,
13:08gamin,
13:09et voilà.
13:10Ouais,
13:11et alors,
13:11un jour vous croisez
13:12Eddie en larmes ?
13:14Bah oui,
13:15c'était son meilleur pote,
13:16c'est...
13:17Vous le croisez
13:17parce qu'il sort
13:18de la chambre de Dieu ?
13:21C'est quand même
13:21extraordinaire
13:22ce qui arrive
13:23à ce moment-là,
13:24parce que le concert
13:25à la Madeleine,
13:26c'est parce que
13:27l'émotion de jouer
13:28du Johnny,
13:29aussi,
13:30à Saint-Barthes,
13:31dans ses tout derniers
13:32instants,
13:32de jouer
13:33Love Me Tender,
13:34c'est ce que vous,
13:35dernier morceau,
13:35vous avez joué pour lui ?
13:36Ouais.
13:37Bah,
13:38c'était le meilleur
13:39moyen de lui dire
13:40au revoir,
13:40c'était le meilleur
13:41moyen,
13:41en tout cas,
13:42pour nous,
13:43musiciens,
13:44de l'accompagner,
13:46voilà,
13:46et puis c'était aussi,
13:49pour moi,
13:50en tout cas,
13:50une manière
13:51de faire mon deuil
13:52et de ne pas me retrouver
13:54complètement désarçonné,
13:57assis dans l'église
13:57de la Madeleine
13:58ou comme ça,
14:00hébété,
14:01voilà,
14:01au moins là,
14:01on avait la guitare,
14:02on avait préparé le concert,
14:03on avait répété,
14:04on avait mis au point le truc,
14:05on était sur scène,
14:06on jouait les morceaux,
14:07on était ensemble
14:07avec les musiciens,
14:09avec l'équipe technique
14:10qui l'entourait,
14:10avec ses proches,
14:11les gens qui lui avaient
14:12vraiment suivi
14:13depuis de très,
14:15très longues années,
14:16donc il y avait
14:17vraiment une manière
14:18d'être entre nous
14:19un petit peu
14:19en dehors de tout
14:20ce qu'on pouvait imaginer
14:21comme,
14:23voilà,
14:23il y avait un côté
14:23un petit peu nous
14:24en famille aussi,
14:25la famille de musiciens
14:26et de techniciens
14:27qui étaient avec lui,
14:28quoi.
14:28Oui,
14:29Yaron,
14:29on va entendre
14:30un truc qui n'a rien à voir
14:32parce que ça,
14:32c'est dans le bouquin,
14:33parce que vraiment,
14:34je veux dire,
14:34vraiment,
14:34je veux qu'on parle
14:35de comment on en arrive là,
14:37comment on devient
14:37le musicien de Johnny,
14:39d'ailleurs,
14:39vous dites qu'il aurait rêvé,
14:40il voulait être
14:41le chanteur d'un groupe,
14:42il ne voulait pas être Johnny
14:43puis les autres,
14:44il est le chanteur du groupe,
14:45c'est ça ?
14:45Oui,
14:46oui,
14:46complètement,
14:46c'est-à-dire que
14:47ça,
14:48c'est un des premiers trucs
14:48qu'il m'a dit,
14:49il m'a dit,
14:49à toi,
14:49t'as la chance,
14:50ça fait des groupes et tout,
14:51moi,
14:51j'en ai marre,
14:51je n'ai pas envie
14:52d'être le chanteur
14:52avec les musiciens derrière,
14:53j'en ai mis qu'on soit ensemble
14:54qu'il se passe quelque chose.
14:55Oui,
14:56ce qu'on entend,
14:56écoutez ça.
15:01Ah oui ?
15:02Ah oui ?
15:03Ah oui,
15:04ça doit vous rappeler un truc,
15:06ça fait un bouquin.
15:07Cette première fois,
15:09j'allais dire,
15:09vous chantez le blues du dentiste,
15:11Boris Vian,
15:11rendu célèbre par Henri Sanador,
15:13vous chantez ça.
15:14Oui,
15:14vous êtes gamin.
15:15En recording.
15:16Oui,
15:16en recording,
15:17oui,
15:17il prenait le pseudo,
15:18comme ça,
15:19chantez du Boris Vian.
15:20Et vous,
15:20vous grandissez,
15:23votre maman
15:24travaille dans le milieu du cinéma,
15:26elle est attachée de presse
15:27des films de Sagan.
15:30De l'acte de Duras.
15:31De Duras.
15:31Oui,
15:32de Duras.
15:33Et bon,
15:34et puis,
15:35à un moment donné,
15:36vous avez une nounou,
15:37par exemple,
15:37tiens,
15:37on peut le dire,
15:38ça ?
15:39Oui,
15:39elle travaillait,
15:39en fait,
15:40elle était dans un milieu
15:41de cinéma,
15:43comment dire,
15:43un petit peu d'auteur
15:44et un cinéma
15:46un peu underground.
15:48et donc,
15:49c'est un milieu,
15:50c'était un peu comme une famille,
15:51tous les gens avec qui elle travaillait
15:52et elle était très amie
15:53avec Isabelle Adjani,
15:56qui avait déjà démarré sa carrière,
15:58mais qui n'était pas encore
15:59devenue la star
16:00qu'elle est devenue ensuite.
16:01Et donc,
16:01une fois ou deux,
16:02c'était elle
16:03qui nous avait gardé.
16:04donc une nounou
16:05qui s'appelle Isabelle Adjani,
16:07alors après,
16:07vous avez continué.
16:08À 11 ans,
16:09vous jouez,
16:10vous faites un bœuf
16:10avec Ygelin.
16:12Il joue au piano,
16:13lui.
16:14Oui,
16:14pareil,
16:15ça c'était en fait
16:16à l'anniversaire
16:17d'une amie de notre mère
16:18encore
16:19qui s'appelle
16:19Catherine Ribéraud.
16:20On va appeler
16:20de Catherine Ribéraud.
16:21Avec le groupe Alpe.
16:22Exactement.
16:23Extraordinaire.
16:23Voilà,
16:24donc une espèce
16:24de mouvance
16:25un peu de...
16:26Qu'elle a du talent.
16:27Ouais,
16:27une espèce de mouvance
16:28un peu fin des 60,
16:30début 70,
16:30un peu free rock,
16:31complètement barré,
16:34un peu hippie.
16:37Et donc Catherine Ribéraud
16:38qui était une très bonne amie
16:39était amie aussi
16:40avec Ygelin.
16:41Et donc à son anniversaire,
16:42moi j'avais déjà
16:43découvert le rock'n'roll
16:44et je louchais
16:45sur le moindre instrument
16:46que je voyais traîner
16:46dans un coin.
16:47Et il était au piano,
16:48il jouait du piano,
16:49il y avait une basse,
16:50je me rappelle,
16:51qui était là.
16:51Il y avait peut-être
16:51une guitare quelque part,
16:52mais je me rappelle
16:53de la basse.
16:54Et il voyait que j'étais là,
16:54que je le regardais.
16:55Il me disait,
16:55tiens,
16:56prends la basse,
16:57tu prends la grosse corne
16:58et tu m'accompagnes
17:02sur la grosse corne.
17:03Et il s'était mis
17:03à improviser un blues
17:04en mi.
17:05Voilà,
17:06et moi je...
17:06Et ça suivit.
17:07Et ouais,
17:08j'ai suivi,
17:08j'ai fait ce que je pouvais.
17:09Mais quel souvenir,
17:10par exemple,
17:11quand Chuck Berry
17:12casse une corde
17:13de sa guitare
17:13et vous lui filez
17:15votre guitare.
17:15Ça, c'est quand même
17:16un geste...
17:20C'était un moment incroyable.
17:21C'était à Bratislava,
17:23en Slovaquie.
17:24Et il y avait
17:24un festival de rock
17:25et il y avait,
17:26je me rappelle très bien
17:27les artistes ce jour-là,
17:28c'était La Souris déglinguée,
17:29un groupe de punk français,
17:30FFF,
17:31et Chuck Berry.
17:32Chuck Berry,
17:33comme d'habitude,
17:33arrive les mains dans les poches
17:34parce que Chuck Berry
17:35voyageait en avion
17:37mais il ne s'emmerdait pas
17:38avec des musiciens
17:39ou des instruments
17:40et du matos.
17:40Donc à chaque fois,
17:41tout était loué.
17:42Les musiciens étaient loués aussi,
17:43souvent.
17:45Et donc Chuck Berry
17:47monte sur scène,
17:48démarre son concert
17:48et au bout de 3-4 chansons,
17:50casse une corde
17:51sur la guitare
17:51qu'on lui a prêtée
17:52et évidemment,
17:52il n'y a pas de guitare de rechange.
17:54Donc nous,
17:54on file dans le camion
17:55avec les techniciens en FFF,
17:56on ressort ma guitare,
17:57on l'accorde vite fait
17:58sur le côté de la scène
18:01et il arrive à la guitare,
18:01ben merci, hop !
18:02Il repose la sienne
18:03qui n'avait plus de corne,
18:04il prend la mienne
18:05et il termine tout son concert.
18:07Ça, c'est ça !
18:08C'est vraiment un rêve de gamins, ça !
18:10Mais Chuck Berry,
18:11quand j'étais mou,
18:11mais toujours aujourd'hui,
18:12c'était vraiment une idole.
18:14Pour n'importe quel guitariste
18:16qui fait du rock'n'roll,
18:18c'est un des mecs,
18:19c'est un des pionniers,
18:19un des mecs
18:19qui a inventé
18:20la guitare de la guitare moderne.
18:22Et alors,
18:22vous en parlez,
18:23FFF,
18:24ça y est,
18:25vous vous retrouvez
18:26dans un groupe
18:27qui va cartonner.
18:29On va entendre
18:30un des morceaux d'ailleurs.
18:30Ça fait partie de la playlist,
18:31on trouve des playlists
18:32de morceaux,
18:34c'est formidable dans ce livre,
18:35ça donne envie
18:35de réécouter plein de musique.
18:37FFF,
18:38dites-moi deux mots.
18:39C'était quoi l'idée
18:40de ce groupe
18:41absolument incroyable,
18:43Fédération Française de Fonk ?
18:44Oui, en fait,
18:46c'était une période
18:47à la fin des années 80,
18:49début des années 90,
18:50où il y a tout un mouvement
18:53d'une musique
18:55un peu hybride,
18:57métissée,
18:57entre le rap,
18:58le funk,
18:59le rock'n'roll,
19:01voire même le métal,
19:02par moments,
19:02ça se mélangeait,
19:03tout ça.
19:04Il y avait eu
19:04les Red Hot Chili Peppers
19:06aux Etats-Unis
19:06qui avaient commencé
19:07à faire parler d'eux,
19:08il y avait un groupe hollandais
19:09qu'on aimait beaucoup
19:09qui s'appelait
19:09Urban Dance Squad,
19:11même des groupes
19:12comme la Mano Negra,
19:13ils faisaient beaucoup
19:13de métissages,
19:14de mélanges dans leur musique,
19:15et donc nous,
19:16c'était le truc
19:17dont on avait envie,
19:18c'est-à-dire qu'on venait
19:19chacun d'univers musicaux différents.
19:21Marco, lui,
19:22était plus vraiment
19:24dans le funk,
19:25pur et dur,
19:25moi, plus dans le rock'n'roll,
19:26le bassiste un peu plus
19:27dans des trucs de rap
19:28et de musique un peu plus
19:30extrême,
19:30les prémices
19:31de la musique électronique.
19:33Donc,
19:34voilà,
19:34on s'est mis ensemble
19:35pour justement
19:35créer cette fusion,
19:37ce melting pot musical
19:39qu'a donné à faire.
19:39Comme on entend ici
19:40dans le morceau Barbès,
19:41regardez.
19:53Alors là,
19:53vous disiez,
19:54Jarol,
19:55c'était la guitare
19:55envoyée sur le clip
19:56prêtée à Chuck Berry.
19:58C'est vrai ?
19:58Oui,
19:58l'espole rouge là.
20:00Oui.
20:01Et alors,
20:01si on entend d'ailleurs,
20:03tiens,
20:03faisons-nous plaisir,
20:04écoutons Chuck Berry,
20:06Chuck Berry,
20:07qu'est-ce qui fait
20:07que quand on est gamin,
20:08on rêve de devenir guitariste
20:09quand on entend ça,
20:10quand on entend
20:11Roll over Beethoven.
20:14Jarol.
20:16Je ne sais pas,
20:16l'énergie,
20:18ce que ça dégage,
20:20je ne sais pas,
20:20moi,
20:21quand j'étais membre,
20:22je ne pouvais pas
20:23rester en place
20:23quand j'écoutais ça.
20:24Ça me donnait envie
20:25de bouger,
20:25ça me donnait envie
20:26de faire pareil.
20:28Si on mettait,
20:29si on arrivait
20:29à définir scientifiquement
20:31pourquoi,
20:33je ne sais pas,
20:34il y a une liberté
20:34dans cette musique,
20:35il y a une façon de,
20:37je ne sais pas,
20:37c'est rugueux,
20:38c'est un peu dangereux,
20:39ce n'est pas clean,
20:42ce n'est pas lisse,
20:43je ne sais pas,
20:44il y a un truc
20:45qui m'a tout de suite
20:46parlé, quoi.
20:47Ouais,
20:48on voit derrière
20:48plein de disques.
20:50Oui,
20:51bien sûr,
20:52feel good.
20:53Voilà,
20:53getter feel good.
20:54Bien sûr.
20:55Trust,
20:56il va y avoir
20:56tout de suite
20:57plein d'histoires
20:57avec ACDC,
20:59vous êtes complètement
20:59fan de ACDC.
21:01Bien sûr.
21:01Tout ça,
21:02ça influence,
21:02tout ça,
21:03ça donne envie
21:04d'aller sur les routes,
21:05de rencontrer
21:06le groupe Niagara
21:07qui va cartonner.
21:09votre vie,
21:10c'est ça,
21:10c'est des rencontres,
21:12mais la musique toujours.
21:14Ben,
21:15c'est des rencontres,
21:16on va dire,
21:16musicales avant tout.
21:19Alors que moi,
21:19oui,
21:19j'étais vraiment
21:20assez obsédé,
21:21c'est-à-dire que j'étais
21:21vraiment,
21:22j'avais envie
21:22de faire de la musique
21:24et j'étais prêt à,
21:26presque à tout
21:27pour y arriver.
21:28donc oui,
21:30j'essayais de...
21:31Après,
21:31c'est aussi...
21:33Je crois que c'est
21:34David Bowie
21:35qui avait...
21:36On lui demandait,
21:37mais c'est quoi,
21:37comment est-ce qu'on réussit
21:38dans la musique ?
21:39Et il avait dessiné
21:40une espèce de camembert
21:41en mettant,
21:41c'est 70% de chance,
21:4420% de talent
21:45et 10% de boulot,
21:47quoi.
21:48Mais voilà,
21:49donc il y a eu
21:49effectivement une...
21:52Oui,
21:52voilà,
21:52je ne sais pas.
21:53je ne sais pas.
21:54Mais là,
21:55au bon moment,
21:56quoi.
21:56Deux autres souvenirs,
21:57c'est-à-dire nous
21:58reparler de Johnny,
21:59mais quand même,
21:59écoutez ce morceau-là,
22:01parce que quand on parlait
22:02de chance,
22:02vous vous retrouvez
22:03à Taratata
22:05et Johnny chante
22:07cette adaptation
22:08de Credence,
22:08Clearwater Revival,
22:10incroyable groupe d'air,
22:11John Forgetty,
22:13Fortnite Son
22:14et qui devient
22:15fils de personne.
22:15C'est Johnny
22:16qui chantait ça
22:17dans les 70,
22:18écoutez ça.
22:19Mais pas moi,
22:21je ne suis pas né,
22:24et donc vous allez
22:25accompagner,
22:26j'allais dire,
22:27dans Taratata
22:28Johnny.
22:28Ça,
22:29c'est quand même
22:30le destin.
22:31Le rock,
22:32c'est ça.
22:33C'est...
22:35Comment dire ?
22:36Ça se décide pas,
22:38ça vient.
22:39C'est une forme
22:39de destin.
22:40Oui,
22:41en fait,
22:41c'est Mathieu Chény
22:42qui m'avait invité
22:43à jouer sur cette émission
22:45et alors,
22:45ça a venu,
22:46mais je l'ai quand même
22:47un peu tanné,
22:47Mathieu.
22:48C'est-à-dire que
22:49je l'avais croisé,
22:50il venait de finir
22:51l'album avec Johnny
22:52et je lui dis,
22:52mais tu fais quoi,
22:53ben là,
22:53c'est super,
22:54on prépare,
22:54on va faire Taratata,
22:55et je lui dis,
22:56il faut que tu m'invites,
22:56il faut que tu viennes,
22:57il faut que je vienne,
22:58je veux venir jouer avec vous,
22:59il faut que tu m'invites
23:00à Taratata,
23:00je veux venir à Taratata,
23:02je n'ai pas lâché, quoi.
23:03Et donc,
23:03ben très bien,
23:04viens,
23:04jouez avec nous à Taratata.
23:05Ouais.
23:06Et alors,
23:06il y a une autre chanson
23:07de Johnny
23:07qui a une histoire incroyable,
23:09c'est pour ça qu'il faut vraiment,
23:10c'est vous,
23:10Yarol,
23:11vous étiez le directeur artistique
23:12de Johnny.
23:14Un fan
23:14qui écrit une chanson
23:16pour son idole.
23:17Ça,
23:17ça arrive.
23:18Vous recevez le texte.
23:19Ouais.
23:20Et vous vous dites,
23:20bon sang,
23:21ça serait génial
23:22que Johnny fasse un disque anti-rec
23:23avec des chansons de ses fans.
23:25C'était un rêve, quoi.
23:27Ben oui,
23:28en fait,
23:28au final,
23:28il y en a une
23:29qui a été écrite par un fan,
23:31mais c'était une histoire super.
23:33Et puis,
23:33en plus,
23:33ce qui est vraiment marrant,
23:34c'est que,
23:34donc,
23:34ce mec,
23:35Boris Lannot,
23:36là,
23:37que je salue d'ailleurs,
23:39me tend un classeur
23:40avec plein de chansons
23:41qu'il avait écrites pour Johnny.
23:42Il voulait écrire tout l'album
23:43pour Johnny.
23:45Il se trouve qu'au moment
23:46où il m'a donné ce classeur,
23:47l'album de l'amour
23:48était déjà fini,
23:49était sur terre.
23:51Mais,
23:52du coup,
23:52avec le directeur artistique,
23:54on met ses textes de côté.
23:57Et plus tard,
23:58quand on travaille
23:58sur ce dernier album,
24:00là,
24:00Mon pays,
24:00c'est l'amour,
24:01avec Maxime Lucie,
24:03Yodelis,
24:03on cherche des textes
24:05à interpréter,
24:06à mettre en musique.
24:06Et on retombe
24:08sur ce classeur
24:08et on fouille.
24:09Et dedans,
24:09il y en a un
24:10qui s'appelle
24:10Tomber encore
24:12qui nous parle.
24:13On le trouve intéressant.
24:14Écoutez, écoutez.
24:23Ça, quand même.
24:24Quand un fan,
24:25il entend,
24:25vous mettez évidemment
24:26ce texte en musique,
24:27Yodelis.
24:27Oui, mais alors,
24:28l'anecdote qui est marrante
24:30sur ce truc,
24:31c'est que
24:31le directeur artistique
24:33avait complètement perdu
24:33les coordonnées du gars.
24:34Donc,
24:35on était là,
24:35on avait enregistré
24:36sa chanson.
24:37C'était en plus
24:38un peu en secret
24:39parce que personne ne savait
24:40qu'on bossait sur ce disque.
24:41Et Boris,
24:42il ne savait pas,
24:43lui,
24:43que son rêve,
24:44enfin son rêve,
24:46en tout cas,
24:46c'était réalisé,
24:47quoi,
24:47quand Cheney avait
24:48s'interprété.
24:49Et il finit par croiser
24:51justement Bertrand Lambleau,
24:52ce directeur artistique-là,
24:53à un concert de je ne sais plus quoi
24:54à La Cigale.
24:56Et le mec,
24:56il dit,
24:56mais attends,
24:57mais toi,
24:57tu as vraiment de la chance,
24:58mon pote,
24:58parce que je cherche
24:59tes coordonnées
25:00depuis deux mois
25:01parce qu'on a enregistré
25:02une de tes chansons.
25:08C'est le plus beau jour.
25:11Je ne sais pas,
25:11mais en tout cas,
25:12ça lui a fait plaisir.
25:13Il en a écrit un bouquin
25:13d'ailleurs.
25:15Mais l'émotion,
25:16pour vous,
25:17je sens,
25:17Yaro,
25:17que je reprends
25:18cette phrase incroyable,
25:20c'est
25:20si j'arrête,
25:20je meurs.
25:21C'est vous, ça.
25:25Électrique.
25:26Électrique.
25:27Comme le titre du bouquin.
25:29Oui,
25:29mais c'est un truc
25:30que j'ai essayé
25:31de,
25:32comment dire,
25:33le premier chapitre
25:34s'appelle
25:35Pas de plan B aussi.
25:36J'ai essayé un peu,
25:37j'ai pris un risque
25:39de mettre un peu
25:39toutes mes billes
25:41dans le même panier,
25:42mes oeufs
25:42dans le même panier.
25:45Et voilà,
25:46donc,
25:48un peu ça passe
25:48ou ça casse.
25:49De toute façon,
25:50j'ai réussi
25:51à en faire ma vie,
25:53c'est énorme.
25:54Et voilà,
25:54c'est sûr que
25:55l'énergie qu'on a,
25:56bon alors en ce moment,
25:57on est un petit peu
25:57en stand-by,
25:58malheureusement,
25:58ça va changer ça.
25:59la crise sanitaire
26:00qu'on connaît tous.
26:01Mais je pense quand même
26:02un truc,
26:02c'est quand vous jetez
26:04dans la foule
26:04dans les concerts de Johnny,
26:06il y en a qui vous disent
26:06« Ah, fais pas,
26:07faut pas faire ça ! »
26:08Johnny vous dit
26:08« Attends,
26:09il y a rôle,
26:09tu refais ça demain. »
26:10Ben oui.
26:11C'est génial,
26:11se jeter comme ça
26:13dans le public.
26:13Ben oui,
26:14ça fait partie
26:15des,
26:16comment dire,
26:18de la panoplie
26:19des artifices
26:20d'un concert de rock
26:22de nos jours,
26:23c'est pas moi
26:23qui l'ai inventé ça.
26:25Avec FFF,
26:26c'était,
26:26là,
26:27je le faisais avec Johnny,
26:27personne ne l'avait fait
26:28avant avec Johnny,
26:29enfin,
26:29à ma connaissance.
26:31Mais les concerts
26:32d'FFF,
26:32c'était en permanence,
26:33on est passé
26:34autant de temps
26:35dans la salle
26:35que,
26:37voilà.
26:38Ouais.
26:39Waouh.
26:40Ça,
26:40ça n'a pas de prix,
26:41cette émotion-là.
26:42Ben,
26:43oui,
26:43ça c'est rigolo,
26:44c'est moins,
26:45c'est moins,
26:46comment dire,
26:46c'est...
26:48Non,
26:48ce qui est important,
26:49c'est quand on joue,
26:51quand il se passe un truc,
26:52vraiment l'osmose
26:52avec le groupe,
26:53la musique,
26:54le son,
26:55le public,
26:55les lumières,
26:57le truc,
26:57c'est un peu comme,
26:59comme,
27:00je ne sais pas,
27:00un espèce de,
27:03un manège
27:03très très puissant,
27:04très très fort,
27:05comme un rollercoaster,
27:06enfin,
27:06je ne sais pas,
27:06il y a un truc
27:07qui on est...
27:09C'est un peu comme
27:10c'est pour ça
27:11que le bouquin
27:11s'appelle Électrique
27:12et on a vraiment
27:12les doigts dans la prise
27:13et on sent que
27:14si on enlève,
27:14si ça s'éteint,
27:15si ça se coupe,
27:17la descente va être
27:18tellement violente
27:19que oui,
27:19on risque d'y passer,
27:20oui.
27:20Ouais,
27:21allez,
27:21il ne faut pas couper
27:22le courant.
27:23Non.
27:23Yarol,
27:23ne coupe pas le courant,
27:25ça s'appelle Électrique,
27:26donc,
27:26ce livre publié
27:27chez Plonk,
27:28c'est incroyable.
27:28Je disais,
27:29il y a une playlist,
27:29ça donne envie
27:30d'écouter des heures
27:31et des heures
27:31de musique
27:32et c'est un bonheur.
27:34Merci beaucoup,
27:34Merci beaucoup à vous.
27:35La scène vous attend vite,
27:37vite,
27:37vite,
27:37il faut brancher la guitare.
27:39Qu'on prenne vite.
27:40Yarol,
27:40j'ai mon nouvel album,
27:41d'ailleurs,
27:42j'en ai profité,
27:43du coup,
27:43l'absence de concert
27:43pour finir mon second album
27:45qui va sortir au printemps.
27:47On vous attend.
27:48Merci, Yarol.
27:49Merci à vous.
27:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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