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  • il y a 4 minutes
Plus de 50 ans après la fin du programme Apollo et le dernier vol habité vers la Lune, trois hommes et une femme embarquent mercredi pour une épopée lunaire de dix jours devant inaugurer une nouvelle page de la conquête spatiale américaine.

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Transcription
00:00D'abord ces images, ces images en direct de Cap Canaveral, c'est la base de la NASA en Floride.
00:06Vous voyez le pas de tir est prêt, tout est prêt pour le décollage de la mission Artemis
00:10qui aura lieu la nuit prochaine, heure française.
00:14Dans quelques heures, un équipage d'astronautes va donc s'envoler vers la Lune
00:17pour la première fois depuis un petit peu plus d'un demi-siècle.
00:20On va en parler avec Michel-Ange Tonini.
00:22Bonsoir astronaute à l'Agence Spatiale Européenne, vous êtes allé deux fois dans l'espace.
00:26On doit ressentir quelque chose en voyant ces images.
00:29Oui, je suppose avec Alain Sirou qui est directeur du magazine Ciel et l'Espace.
00:32Bonsoir avec Marc Tanna qui est journaliste et auteure de Sophie Adnaud, de la Terre aux étoiles.
00:38Dans quelques instants, bonsoir, on va assister à un moment important dans le cérémonial
00:42avant le décollage qui a lieu dans un peu plus de cinq heures.
00:45Les quatre membres de cet équipage vont enfiler leur combinaison
00:49qu'ils ne quitteront plus ensuite pendant un long moment.
00:52Je disais, ça rappelle forcément des souvenirs.
00:55À ce moment précis, il se passe quoi dans leur tête ?
00:58On est concentré sur sa tâche technique.
01:01Chacun sait ce qu'il va faire pendant sa mission.
01:03Donc il y a d'abord la vérification de la pressurisation des scaphandres,
01:06puis du vaisseau quand ils vont aller dans le vaisseau,
01:08vérification de tous les systèmes à l'intérieur et préparation pour la mission.
01:12On s'installe dans le vaisseau deux heures avant le décollage,
01:14deux heures à deux heures et demie avant le décollage.
01:16Un peu la même chose sur un Soyouz ou sur la navette spatiale.
01:19Tous ces vaisseaux sont toujours calibrés à deux heures et demie avant le décollage
01:21et après ils vont attendre le compte à rebours pour le décollage.
01:24Alain Sirou, c'est le moment où on ne peut plus faire demi-tour à priori ?
01:27Là encore, on peut faire demi-tour.
01:29On peut encore faire demi-tour, mais il ne vaut mieux pas quand même.
01:30En fait, il y a une succession qu'on appelle go-no-go,
01:34c'est-à-dire on y va et on arrête.
01:36Et donc, ça commence là, c'est-à-dire qu'effectivement,
01:41l'équipage va s'installer et ensuite il y aura des remplissages.
01:45Cette fusée est une fusée un peu particulière.
01:49Pourquoi ?
01:50Parce qu'en fait, ce n'est pas une fusée nouvelle,
01:52mais je dirais que c'est une fusée faite à partir d'éléments déjà existants pour une large part.
01:57Vous avez beaucoup de morceaux de la navette spatiale, en particulier les boosters,
02:02qui sont les deux choses sur le côté en blanc, qui assurent une grande partie de la propulsion.
02:08Donc ça, c'est la technologie des navettes.
02:10Et puis, vous avez un corps central et puis quelque chose de nouveau qui est au sommet,
02:14là où sont les astronautes.
02:16La capsule.
02:17La capsule.
02:18Et en dessous de la capsule, un élément qui est un élément fabriqué par les Européens,
02:24donc la capsule Orion, qui va assurer pour sa part la fourniture en énergie, en eau.
02:32Je dirais que c'est un peu la partie technique du module.
02:36Et tout ça, c'est nouveau.
02:38Donc tout ça va être pour la première fois expérimenté avec des hommes à bord.
02:42C'est ça la nouveauté.
02:43Ce que vous imaginez, c'est que tout à l'heure, ces quatre astronautes, trois hommes et une femme,
02:47vont limper tout en haut, tout en haut de la fusée, dans la capsule qui ensuite va se détacher, c
02:52'est ça ?
02:53Disons que ce qui doit se passer, c'est qu'il y a un allumage avec les boosters,
02:59qui sont ceux qui… une fois qu'on a allumé les boosters, on ne fait plus demi-tour.
03:04Ça, c'est parti.
03:04C'est vraiment le pétard.
03:05Pas de parachute.
03:06Pas de parachute.
03:06Il y a le corps principal, donc le premier étage qui est important,
03:10mais ce n'est pas lui qui va assurer la mise en orbite entièrement.
03:14Et puis, vous avez un deuxième étage qui va rester accroché pendant un certain temps
03:19pour justement faire des manœuvres.
03:21Donc, le premier objectif ce soir, c'est de positionner l'équipage qui est au sommet de la fusée
03:28en orbite autour de la Terre.
03:29Donc ça, je dirais que c'est assez classique, en quelque sorte.
03:33On sait faire, même si la fusée est un peu compliquée,
03:36et que surtout, on ne peut pas prendre de risques,
03:38parce que dans une fusée qui n'a pas volé depuis quatre années,
03:42où il y a eu déjà ces dernières semaines des problèmes,
03:46il y a eu quelques fuites, on a dû la ramener au garage pour réparer des choses.
03:49Il y a sans doute un tout petit peu de stress du côté de la NASA ce soir.
03:52Il y a du stress et personne ne se permettra de faire une impasse technique
03:56en se disant « bon, ce n'est pas grave, on y va ».
03:58Personne.
03:58Bon, il y a trois Américains et un Canadien qui sont à bord.
04:02Je sors mon petit drapeau bleu-blanc-rouge.
04:04Marc Dalla, pourquoi ce n'est pas Sophie Adnaud qui part vers la Lune ?
04:08En tout cas, elle pourrait tout à fait être plus que candidate
04:13et aller autour, voire plutôt sur la Lune, dans le cadre de ce grand programme Artemis.
04:19Parce que, comme le disait Alain, l'Agence spatiale européenne
04:23est vraiment protagoniste de ce programme.
04:28ce module européen ne donne pas que la température, il donne également l'oxygène
04:34et puis surtout, il permet la propulsion autour de la Lune.
04:38En gros, j'allais dire, c'est toutes les parties vitales.
04:41Les Américains confient leurs astronautes aux Européens, aux technologies européennes.
04:45Sans nous, il n'y a pas d'oxygène, il n'y a pas de température, il n'y a
04:47pas de propulsion.
04:48Donc, c'est vraiment un signe de très, très grande confiance.
04:51Et nous, en échange de ça, parce que dans l'espace, rien ne se monnaie en dollars ou en carnet
04:57de chèques,
04:57tout se fait en échange marchandises.
04:59En échange de cela, nous avons droit, théoriquement, à des fauteuils d'astronautes européens.
05:04Trois sont garantis.
05:06Le premier, on a appris au mois de novembre, lors de la ministérieure de l'ESA à Brême,
05:10que ce serait un Allemand, parce que les Allemands mettent beaucoup d'argent dans le vol habité.
05:14Donc, il reste deux places ?
05:15Il reste deux places, voilà.
05:16Sachant que là, il y a quelques jours à peine, la NASA a décidé de tirer un trait
05:21sur la mini-station spatiale internationale, ou plutôt occidentale,
05:25puisque les Russes ne font pas partie de l'aventure.
05:28Il devait y avoir une petite station qui devait tourner en orbite autour de la Lune.
05:31Elle devait être américaine et européenne, canadienne, japonaise, mais beaucoup européenne.
05:36Et là, du coup, on ne sait plus très bien si les Européens vont pouvoir aller directement sur le sol.
05:42Ces accords sont à revoir.
05:44Mais une chose est sûre, c'est qu'on est protagoniste.
05:46D'ailleurs, on le voit sur l'image de votre plateau.
05:48Sous le logo NASA, il y a quand même le logo de l'Europe spatiale, de l'Agence spatiale européenne.
05:53Ce n'est pas rien.
05:54Là, il s'agit donc d'aller vers la Lune, mais c'est un aller-retour.
06:00C'est-à-dire qu'on ne pose pas le pied là-bas.
06:02Les plus anciens qui ont peut-être le souvenir de 1969 vont se dire
06:06« Mais pourquoi on n'y repose pas le pied aujourd'hui ? »
06:08D'abord, parce qu'on n'a pas de lander.
06:09On n'a pas l'atterrisseur qui va se poser sur la Lune.
06:12Chose qu'on avait en 1969.
06:13Vous voulez dire qu'on est moins avancé qu'en 1969 ?
06:14Non, on y va différemment.
06:15Comme vous l'avez dit tout à l'heure, à l'époque, on voulait aller sur la Lune.
06:18Maintenant, on veut rester sur la Lune.
06:19Donc, on va y aller avec des bases plus importantes.
06:21La fameuse station Gateway qui était autour de la Lune va se transformer en base lunaire.
06:26Nos modules, on mettra des petits pieds pour que ces modules puissent arriver sur la Lune.
06:29Donc, là, on y va.
06:31On y va, mais avec des éléments et des modules européens, notamment italiens.
06:36Ce qui pourrait nous faire croire que le premier européen à fouler le sol lunaire sera un Italien.
06:43C'est mon analyse.
06:45Parce que tout est question quand même de...
06:46Là, je remballe mon petit drapeau tricolore que j'avais sorti.
06:49Très sincèrement, on ne sait même pas si Thomas Pesquet ira un jour.
06:52Il y a d'autres pronostics.
06:53C'est pour ça que je considère que Sophie Adnaud, elle, fait partie vraiment de la génération de la promotion
06:582022
06:58qui a été sélectionnée pour finir sur ce programme Artemis.
07:03D'ailleurs, même le nom de cette promotion, Hoppers, une des raisons pour lesquelles ils ont métaphoriquement choisi le nom
07:09de Hoppers,
07:10c'est justement parce qu'on bondit sur le sol lunaire.
07:13Donc, sachant qu'en plus, Sophie est la doyenne de cette promotion.
07:17Donc, c'est vraiment une promotion qui a été sélectionnée pour finir sur la Lune.
07:21Louis-Sophie Adnaud est clairement concernée.
07:23Alain Sérou, ils vont donc faire un voyage de 4 jours environ pour aller en direction de la Lune,
07:29faire le tour de la Lune, aller du côté de la face cachée de la Lune ?
07:34Oui.
07:34Ils seront les premiers à la voir ou pas ?
07:36Alors, ils ne seront pas les premiers à la voir.
07:38D'ailleurs, ils ne vont certainement pas la voir.
07:39Ah bah zut.
07:40Tout ça pour ça.
07:41Il faut se resituer dans, je dirais, le contexte.
07:44La face cachée, c'est celle qu'on ne voit jamais, nous, pour petits terriens.
07:47Voilà, exactement.
07:48Ils ne vont pas la voir ?
07:49Non, ils ne vont pas la voir parce que là, dans la configuration astronomique
07:53dans laquelle ils vont se retrouver, si l'école ce soir, ça peut changer dans quelques jours,
07:58mais ils vont passer derrière la Lune au moment où la face cachée n'est pas visible,
08:03c'est-à-dire qu'elle n'est pas éclairée par le Soleil.
08:05Donc, ils ne vont rien voir du tout ?
08:06Non, ils ne verront rien du tout.
08:07Par contre, ce qui est intéressant, et c'est ça le principe de cette expérience
08:13aujourd'hui, en tout cas de ce vol d'essai, c'est de faire un vol pour tourner autour
08:18de la Lune, mais pas tourner comme ceci, tourner pour faire… en fait, c'est un peu
08:24comme la Coupe de l'América, c'est-à-dire, vous avez un bateau, il va faire le grand tour
08:28de la bouée.
08:29Donc, ils vont tourner autour de la bouée, mais l'idée, c'est de pouvoir être attrapé
08:33par l'attraction gravitationnelle de la Lune.
08:36Donc là, on fait confiance à Newton, aux forces newtoniennes.
08:40Donc, le vaisseau va s'approcher de la Lune, va être assez loin, il va être attrapé
08:45par les forces gravitationnelles.
08:46Et s'il y avait une panne moteur, il n'y a pas besoin de moteur, mais s'il y
08:49avait
08:49une panne moteur, par exemple, il reviendrait naturellement vers la Terre et reviendrait
08:54donc…
08:56Scénario Apollo 13.
08:57Scénario Apollo 13.
08:59Scénario Apollo 13.
09:01On voit donc cette image de cette fusée.
09:04Il faut se faire un ordre de grandeur, c'est à peu près 100 mètres de haut.
09:06Plus.
09:07C'est pas rien.
09:08Je crois qu'elle est un peu plus petite que celle d'Apollo 13.
09:10On a réduit la taille…
09:11Oui.
09:12Et donc, tout en haut, l'endroit, la fameuse capsule Orion, vous voyez à droite de
09:16l'écran, dans laquelle les 4 astronautes vont s'installer tout à l'heure, 2 heures
09:21avant le décollage, ils vont vivre là-dedans, c'est 9 mètres cubes, 4 mètres carrés au
09:27sol, c'est même pas une chambre d'étudiants, une demi-chambre d'étudiants, un quart de
09:30chambre d'étudiants, ils vont y passer 10 jours là-dedans, enfermés.
09:33Oui.
09:34Comment on tient ?
09:35Bien.
09:36Oui.
09:36Mais rappelez-vous, les premiers vols…
09:38C'est-à-dire qu'on ne peut pas marcher, par exemple ?
09:40Ah ben non, on flatte, on espace.
09:41Mais les vols en Soyouz, au départ, c'était des vols sur 9 mètres cubes, où ils restaient
09:45jusqu'à 18 jours.
09:45Ça, je l'ai fait un, moi, je ne me souviens pas très bien des vols en Soyouz.
09:49Non, mais en apesanteur, on est moins gêné par ce manque de volume.
09:51En apesanteur, on flotte dans l'espace, donc on peut s'arranger, le Soyouz faisait
09:5510 mètres cubes, on était tout à fait à l'aise dans le Soyouz.
09:58Si les étudiants, parce que Michel est un éternel étudiant, si les étudiants vivaient
10:02dans des mètres cubes et plutôt que des mètres carrés, ils auraient plus de place.
10:04Mais si les étudiants volaient, on le saurait.
10:06Merci beaucoup à tous les trois.
10:08On suivra évidemment ce décollage tout à l'heure, minuit, 24h française, à suivre
10:12en direct sur BFMTV.
10:13Le compte à rebours, donc, à Cap Canaveral.
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