00:00Il y a difficilement un nombre très précis qui serait le nombre idéal d'immigrés chaque année.
00:05Il se trouve néanmoins que ce qu'on peut dire en écho au propos de Gérald Darmanin,
00:08c'est qu'effectivement, la situation migratoire que nous avons vécue ces dernières années
00:12est vraiment exceptionnelle par l'ampleur des flux reçus.
00:16Elle implique aussi des effets très concrets de saturation,
00:18comme le suggère le ministre Darmanin,
00:20qui ont par exemple à voir avec l'intégration sur le marché du travail.
00:23Vous prenez tous les immigrés entre une année donnée, en 2023 par exemple,
00:27vous les retrouvez au début de l'année suivante,
00:29et bien au début de l'année suivante, vous en avez à peine un sur trois qui occupent un emploi.
00:33C'est un exemple parmi d'autres de l'effet de saturation.
00:36On parlait juste avant du logement social, c'est un autre champ de saturation.
00:39On pourrait parler du système de santé ou de l'école.
00:42La difficulté aujourd'hui, plutôt la question centrale,
00:45c'est de considérer l'immigration comme un tout dont il s'agit de faire baisser les nombres
00:49et dont il s'agit aussi de changer les profils.
00:52Parce que c'est vrai que nous avons en France l'une des immigrations les moins en emploi d'Europe
00:56et au-delà du nombre, de la quantité qui est évidemment un sujet en soi,
00:59c'est aussi le profil de l'immigration qui peut générer ce genre d'effet de saturation.
01:04Gérald Darmanin veut également restreindre le regroupement familial.
01:08Ça, c'est un motif important d'entrer sur le territoire.
01:11Alors aujourd'hui, l'immigration familiale au sens le plus large,
01:15c'est environ un quart des entrées légales sur le territoire.
01:18Effectivement, c'est 90 000 nouveaux titres de séjour l'an dernier sur 380 000.
01:22Dans ce cadre-là, le regroupement familial au sens strict,
01:25la procédure de regroupement familial,
01:27c'est-à-dire des étrangers extra-européens, légaux,
01:30qui font venir leurs conjoints, leurs conjointes, leurs enfants mineurs au bout de 18 mois,
01:34ça n'est plus qu'une part minoritaire de cette immigration familiale.
01:38C'est un sujet néanmoins, mais le cas le plus fréquent,
01:40c'est ce qu'on appelle les familles de Français, notamment les conjoints de Français,
01:43avec souvent des Français d'origine étrangère ou binationaux
01:46qui épousent des conjoints du pays d'origine de leurs parents.
01:50Mais là aussi, sur ce sujet particulier,
01:52Gérald Darmanin ne fera pas l'économie de mettre les bœufs avant la charrue,
01:56c'est-à-dire la révision de la Constitution avant ce genre de mesures,
02:00parce que le regroupement familial, il est actuellement protégé par nos quatre cours suprêmes,
02:04si vous voulez, le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel,
02:07la Cour de justice de l'Union européenne, la Cour européenne des droits de l'homme.
02:10Et donc, il faudra d'abord faire sauter ces verrous,
02:12parce que, vous voyez, même dans une situation d'urgence comme celle du confinement Covid,
02:17par exemple, le Conseil d'État avait contraint le gouvernement
02:20à reprendre la délivrance des visas de regroupement familial,
02:24alors même qu'on était dans une situation où le pays était à l'arrêt.
02:26Donc, on ne fera pas l'économie d'abord de traiter le gouvernement des juges.
02:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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