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Raphaël Cognet maire sortant Horizons de Mantes-la-Jolie, témoigne des menaces et insultes subies : «Cela va participer à la ghettoïsation de la ville et à sa descente».

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Transcription
00:00Et donc, en fait, on est allé dans mon bureau, qui était ouvert parce qu'il y avait des gens
00:04qui avaient envahi aussi les étages de l'hôtel de ville, etc.
00:06Et au bout d'un quart d'heure après, la police municipale m'a dit, monsieur le maire, il faut
00:09qu'on sorte, quoi.
00:10C'est une question de sécurité nécessaire maintenant.
00:12Et d'ailleurs, je salue leur professionnalisme parce qu'ils ont pris ma femme, mes enfants et moi, et mes
00:18amis, parce que j'étais avec mes élus.
00:20Et on est sortis par une porte dérobée.
00:21Je ne vous cache pas qu'après huit ans comme maire, trois élections, dont deux gagnés au premier tour, dans
00:26une ville pour laquelle vous avez rencontré des centaines de gens.
00:30Subir cette violence, c'est non seulement inattendu, mais en plus, extrêmement traumatisant.
00:33J'ai une petite fille de 14 ans qui s'est fait insulter aussi.
00:37Ma petite fille, pour vous dire quelque chose, elle mesure 1m50.
00:39On a l'impression qu'elle a 12 ans.
00:41Elle se bouchait les oreilles pour ne pas entendre des insultes pour son père.
00:43Donc, ça a été vraiment épouvantable.
00:46Comment est-ce qu'elle va aujourd'hui, votre petite de 14 ans ?
00:48Elle ne va pas très bien.
00:49Donc, ça tombe bien, je vais avoir plus de temps, je vais pouvoir en passer un peu plus avec elle.
00:52Parce qu'évidemment, pour vous, la suite, c'est fin de la politique ?
00:56Oui, là, si vous voulez.
00:57Déjà, quand vous êtes battu, il faut accepter le résultat des viandes.
00:59C'est quand même le principe de la démocratie.
01:01Quand vous avez été maire, vous ne siégez pas dans l'opposition.
01:04Mais en fait, c'est une triste fin.
01:05Parce que je sais que ces images-là, elles vont rester gravées très longtemps.
01:08Or, moi, j'ai des très belles images de ma ville, des rencontres que j'ai faites.
01:11Et surtout, j'en suis aussi l'ambassadeur, puisque j'en suis le maire jusqu'à vendredi soir, samedi matin.
01:16Et ce que j'essaie de dire à tout le monde, c'est ce que vous avez vu, ce n
01:18'est pas Mante-la-Jolie.
01:19Enfin, ça fait partie des choses qui arrivent à Mante-la-Jolie, mais ne pensez pas que Mante-la-Jolie,
01:22c'est ça tout le temps.
01:23Et ce qui est très énervant, c'est qu'une partie de mon boulot, c'est d'expliquer ce qu
01:27'est ma ville, ses difficultés, évidemment, mais aussi ses réussites.
01:29Et que ça, ça se casse tout d'un coup.
01:31Et que mon successeur n'en profitera pas.
01:32Parce que si vous êtes collaborateur et que vous cherchez du travail, vous voyez ces images, vous ne venez pas
01:36travailler à Mante-la-Jolie.
01:37Si vous voulez vous installer dans un pavillon à 300 000 euros et que vous regardez la carte de l
01:42'île de France, vous voyez ça, vous ne venez pas à Mante-la-Jolie.
01:44Donc, ça va participer encore plus à la ghettoïsation de la ville et à sa descente vers plus de pauvreté,
01:49plus de précarité, etc.
01:50Donc, c'est dramatique pour la ville et c'est dramatique pour ses habitants.
01:54Parce qu'un des sujets à monde, c'est de faire venir des gens plus riches que ceux qu'on
01:56a pour qu'il y ait une vraie mixité.
01:58Une mixité, ça veut dire, une mixité, il faut des pauvres, des classes moyennes, des riches.
02:02Si vous n'avez que des pauvres, ce n'est pas de la mixité.
02:04Et ça, ça casse tout le travail qui a été fait.
02:06Et vous, comment est-ce que vous vous sentez ? Vous dites que vous avez eu un blackout ce soir
02:10-là.
02:11Est-ce que ça s'est terminé vendredi soir ?
02:13Oui, exactement. Plus ça s'éloigne, plus on a peur, entre guillemets.
02:19Mais j'ai mis plusieurs heures à m'en remettre.
02:24Parce qu'en fait, ce que vous voyez dans les images, ça vous paraît violent, mais en vrai, c'est
02:28encore plus violent.
02:29Parce que vous traversez une foule hostile.
02:32Vous avez peur pour votre vie, enfin pour votre...
02:35Moi, en fait, comme je me suis mis en mode défense avec une espèce de voile noire, voilà.
02:39Non, mais par contre, tous ceux qui étaient à l'étage, et qui sont mes amis, m'ont dit, on
02:43t'a vu rentrer dans une foule,
02:44et on s'est dit, voilà, heureusement, j'avais ma première adjointe avec moi qui me soutenait.
02:48Mais franchement, c'était...
02:49Parce que là, il n'y a pas la police encore autour de vous.
02:50Non, parce que si vous voulez, un maire, enfin, moi, encore une fois, huit ans comme maire, je me suis
02:54baladé tout seul, tout le temps,
02:55je n'ai jamais eu besoin de protection policière.
02:57Monta-Joli, ce n'est pas un coup de gorge.
02:58Donc, je ne vais pas descendre avec deux policiers municipaux pour conclamer les résultats.
03:03Par contre, je peux vous dire, heureusement, qu'ils étaient à l'étage,
03:05parce que, pour le coup, eux, c'est des pros, ils savent sentir les situations,
03:08et c'est au moment où ils m'ont dit, il faut qu'on parte, qu'on est parti.
03:10Bon, Geoffroy, une question, allez-y.
03:12J'ai une question à vous poser. Est-ce que vous savez qui sont les gens dans la salle ?
03:16Des habitants de Monta-Joli, sans doute.
03:19J'ai reconnu quelques visages, d'autant plus surprenant que c'est des gens avec lesquels...
03:24Je ne les connais pas tous, parce qu'un maire, il ne connaît pas tous les prénoms de ses administrés,
03:26mais il y en a une dizaine que je connais avec lesquels j'ai pu travailler sur certains projets, échanger,
03:31etc.
03:32Donc, quand vous voyez ça, vous dites, mais en fait, le monde est devenu fou.
03:36C'est-à-dire que cette personne, il y a encore deux mois, je pouvais la croiser dans la ville,
03:39ont discuté cinq minutes sur la ville, sur ce qu'il fallait faire, etc.
03:42Et là, elle est à cinq centimètres de moi en train de hurler dessus ou de ne pas du tout
03:48appeler au calme.
03:49Parce qu'un mouvement d'hystérie collective, ça arrive.
03:53Mais c'est là qu'il faut des patrons, c'est là qu'il faut des leaders,
03:55c'est là qu'il faut quelqu'un qui prenne le micro en disant, on arrête ça tout de suite.
03:58Ce que vous faites, c'est scandaleux.
04:00Ça n'a pas été fait.
04:01Le candidat d'Amaguey a pris la parole.
04:03Je précise qu'il n'était pas dans la mairie à ce moment-là.
04:04Moi, je voulais qu'il vienne sur scène pour calmer un peu les choses et qu'on puisse afficher le
04:08fait que c'était une transition démocratique, etc.
04:11Il n'était pas là.
04:12Je n'ai pas assisté à sa prise de parole qui a eu lieu un quart d'heure après dans
04:15le hall de la tête de ville.
04:16Mais à ma connaissance, il n'y a pas eu un mot pour condamner ça.
04:20Donc, commencer son mandat comme ça, vous voyez, ce n'est pas une bonne image.
04:24Moi, je détesterais parce que ces images, elles vont coller à Mantes et à l'équipe pendant des années.
04:30Rapidement.
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