00:00Ce qui s'est passé à Saint-Denis, ce n'est pas une simple fake news.
00:03C'est exactement ce que la sociologue Solène Brun décrit comme un mécanisme raciste profondément ancré.
00:11Dans une tribune publiée dans Le Monde, la sociologue Solène Brun analyse ce qui s'est passé après l'élection
00:18de Bali Bagayoko à Saint-Denis.
00:20Elle parle de violence du racisme dans notre pays.
00:23Pourquoi ? Parce qu'en une seule phrase, une seule je dis bien, qui n'a jamais été dite, a
00:29été inventée, diffusée et amplifiée.
00:32La phrase est celle-ci, Saint-Denis, ville des Noirs.
00:35Et là où Solène est extrêmement précise, c'est qu'elle ne parle pas juste de mensonges.
00:41Non, ça va beaucoup plus loin.
00:42Elle parle de mécanisme d'assignation racialisante.
00:46C'est essentiel.
00:48Qu'est-ce que cela veut dire ?
00:49Cela veut dire que peu importe ce que fait une personne Noire, on la réduit à sa race.
00:56Bali Bagayoko ne parle pas de race, mais on transforme ses mots, on transforme son discours pour les faire entrer
01:03dans un imaginaire racial.
01:06Pourquoi encore une fois ?
01:07Parce qu'il est perçu comme Noir.
01:10Solène Brun va encore plus loin.
01:12Elle parle d'une ancestrale néophobie qui continue de structurer malheureusement notre société.
01:19Et ça, c'est fondamental.
01:21Parce que ça veut dire que ce n'est pas un accident venu de nulle part.
01:26Non, ce n'est pas une dérive isolée non plus.
01:28C'est un réflexe historique.
01:30Un réflexe qui fait qu'un élu devient un Noir, une parole devient une revendication raciale et une phrase devient
01:39une menace imaginaire.
01:42Et ce qui est encore plus fort dans son analyse, c'est qu'elle montre que ce mécanisme-là dépasse
01:46les camps politiques.
01:47L'extrême droite lance le mensonge, ok ?
01:50Mais derrière, il circule partout.
01:52Parce que le problème est beaucoup plus profond que les partis politiques eux-mêmes.
01:56Ce que Solène dit, ou en tout cas nous dit, c'est que le racisme d'aujourd'hui ne passe
02:01pas toujours par des insultes.
02:03Non, il passe par des mots que l'on déforme et des phrases qu'on invente.
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