00:00Bonsoir monsieur l'ambassadeur Joshua Sarka, ambassadeur d'Israël en France.
00:04Que pouvez-vous nous dire effectivement de cet impact qui a frappé directement Israël en plaques et qui est signé
00:11par Téhéran ?
00:13Tout d'abord, ce n'est pas nouveau qu'il cible le sud du pays et qu'il cible toutes
00:19les infrastructures militaires et civiles qui se trouvent dans le sud du pays.
00:24Il n'y a rien de nouveau dans cela.
00:25Il y a 23 blessés, tous civils, ce qui n'est pas nouveau non plus.
00:31Les Iraniens ont touché, non touché et n'ont tué que des civils jusqu'à présent.
00:37C'est ce qu'ils essayent de faire, c'est le plus de civils possible.
00:41Comment est-ce que vous expliquez qu'effectivement ce missile n'ait pas pu être retenu par la défense aérienne
00:46israélienne ?
00:47Est-ce qu'il a été intercepté, dévié de sa route ? Que pensez-vous de ce trajectoire ?
00:52Ça vient d'arriver, donc c'est très difficile à répondre comme question.
00:56Ce que je peux vous dire, c'est que le taux de réussite des interceptions est entre 85 et 90%.
01:03Ce que vous appelez le dôme de fer n'est qu'une couche.
01:06Il y a les systèmes à Rho, évidemment, bien entendu.
01:09Est-ce que cette capacité, justement, est saturée ?
01:11Non, non, non.
01:13Elle n'est pas saturée, bien sûr.
01:14On ne peut pas saturer à une capacité comme celle-là, avec deux ou trois missiles par jour,
01:17ou même sept missiles par jour, comme ils le tirent, ou même plus.
01:20Non, ce n'est pas une capacité qui est saturée, c'est simplement, il y a entre 85% et
01:2590% de réussite.
01:27Et statistiquement parlant, des fois, des missiles passent, malheureusement.
01:30Est-ce que vous avez, monsieur l'ambassadeur, où ce missile est tombé ?
01:33En pleine ville.
01:34Donc pas sur l'installation nucléaire ?
01:36En pleine ville.
01:39Sans entrer dans les détails.
01:41Comment on est d'accord ?
01:42Sans entrer dans les détails, pour ceux qui nous regardent.
01:44Le terme abrité, quand on parle de la ville, le terme abrité, il s'en est erroné.
01:50La centrale nucléaire, l'installation nucléaire, attend à une vingtaine de kilomètres de la ville.
01:54C'est comme si on disait Euro Disney à Paris.
01:58C'est ça.
01:59Donc c'est la ville qui a été touchée, et pas du tout l'installation nucléaire.
02:02La ville, des habitations en ville ont été touchées, 23 blessés.
02:06Jusqu'à présent, comme vous dites, les secours sont encore sur place.
02:09Il est très difficile à dire s'il n'y aura que 23 blessés, s'il n'y a pas
02:13des décès parmi ces victimes.
02:17C'est trop tôt pour savoir.
02:19Mais vous nous disiez que, jusqu'à présent, seuls des civils avaient été touchés par les missiles iraniens.
02:25Ça veut dire qu'en l'occurrence, pour vous ce soir, ils visaient la ville et pas l'installation nucléaire
02:29?
02:29Ou est-ce qu'ils visaient l'installation nucléaire et ils ont raté leur cible ?
02:33Les Iraniens visent toutes les installations qu'Israël a dans le sud depuis longtemps.
02:38Ce n'est pas nouveau.
02:39Il n'y a rien de nouveau dans cela.
02:41Le fait que ce soit tombé en pleine ville dans Dimona, c'est nouveau.
02:45Que ça a fait 23 blessés.
02:47Ça, c'est nouveau et c'est très grave.
02:49C'est très grave.
02:49Ça vous inquiète particulièrement.
02:51On a bien vu aujourd'hui ce qui s'est passé, c'est-à-dire cette dynamique attaque-contre-attaque.
02:55Ce matin, effectivement, Israël et les États-Unis auraient peut-être, selon un média iranien, frappé le site nucléaire de
03:03Natanz.
03:04Est-ce que ce soir, vous confirmez cette information ?
03:06Est-ce que vous faites partie de cette opération ?
03:08Est-ce que nous faisons partie de ce projet ?
03:10Oui, est-ce que vous avez frappé le site nucléaire de Natanz ?
03:14Israël a frappé tous les sites nucléaires iraniens depuis le début de la guerre.
03:18Et depuis le début de la guerre jusqu'à présent, nous avons aussi frappé tous les sites nucléaires iraniens pendant
03:24la guerre des 12 jours.
03:26Et donc, si nous l'avons fait aujourd'hui, je ne suis incapable de vous dire encore, parce que je
03:30n'ai pas encore reçu de la confirmation,
03:32mais j'ai vu effectivement que ça a été dit.
03:34Il est très possible que ça a été fait.
03:36Mais ce ne sera pas la première fois non plus.
03:37Donc vous ne démontez pas l'information iranienne.
03:41Vous ne démontez pas cette information iranienne, effectivement.
03:45Je n'ai aucune possibilité ni de démentir ni de confirmer.
03:52En tout cas, on voit bien riposte contre riposte.
03:55Est-ce que cette escalade vous fait peur ?
03:57De voir que finalement, si vous frappez un site nucléaire, l'Iran va répondre en frappant un autre site nucléaire.
04:04Est-ce que vous voyez là un bras de fer s'installer ?
04:06Non, je vais essayer d'être précis le plus possible.
04:09Nous avons frappé tous les sites nucléaires iraniens depuis des mois.
04:15Pendant la guerre des autres jours, nous avons frappé tous les sites nucléaires iraniens.
04:18Pendant cette guerre maintenant, nous avons frappé tous les sites nucléaires iraniens.
04:22Il n'y a rien de nouveau là-dedans.
04:23Il n'y a rien de nouveau non plus dans le fait que les Iraniens essayent de frapper tous les
04:29sites militaires et les infrastructures stratégiques israéliennes,
04:35qu'elles soient dans le sud ou qu'elles soient autre part.
04:37Donc le fait est qu'on voit le missile tomber dans la ville de Nimona ne veut pas dire qu
04:43'ils n'ont pas essayé auparavant de le faire.
04:45Simplement, ils n'ont pas réussi.
04:47D'accord ?
04:48La seule différence qu'il y a maintenant par rapport à ce qu'il y avait auparavant, c'est qu
04:51'ils ont frappé une ville, une ville qui s'appelle Nimona,
04:55qui est à une certaine distance d'une infrastructure stratégique.
04:58Effectivement, vous dites que ce genre de frappes sont arrivées et qu'effectivement vous avez frappé aussi les installations nucléaires
05:04au mois de juin.
05:05Et néanmoins, on a l'impression que dans le rapport de force là, aujourd'hui, l'Iran se défend et
05:11montre une capacité que peut-être Israël avait sous-estimée.
05:14Non, pas du tout. La seule chose que l'Iran a montré aujourd'hui, a prouvé qu'elle avait la
05:20capacité de faire,
05:21et encore une fois qu'elle avait menti auparavant, c'est d'essayer de frapper Diego Morsia.
05:25Alors pour la première fois, l'Iran lance un missile avec une portée de 4000 kilomètres, 4000 kilomètres au moins.
05:33Quand j'ai appris la nouvelle, j'étais à Paris quelque part, j'ai regardé la distance entre le point
05:39le plus au nord de l'Iran et là où je me trouvais.
05:42C'est 4200 kilomètres. Nous savions que les Iraniens développaient des capacités de missiles de 5000 kilomètres.
05:49Jusqu'à présent, ils disaient que c'était faux à chaque fois que nous en parlions.
05:53Ils disaient qu'ils n'avaient aucune intention. La dernière fois que les Iraniens ont dit qu'ils ne développaient
05:57pas des missiles de ce genre,
05:59c'était le 25 février, donc il n'y a pas longtemps.
06:02Et maintenant, ils utilisent, ils lancent deux de ces missiles contre la base Diego Morsia,
06:08qui est une base britannique, n'oublions pas.
06:11Et donc, ils ont une portée qui serait capable d'arriver dans la plus grande partie des pays européens.
06:18Est-ce qu'Israël dirait, comme Donald Trump le disait hier, que la fin de la guerre approche et qu
06:24'on est en train de préparer les scénarios de sortie et de retrait progressif,
06:30selon un calendrier qui se compte désormais en semaine ?
06:33De sortie et de sortie progressif, ça je ne peux pas vous dire, mais le Premier ministre a dit d
06:37'une façon très claire hier
06:39que nous atteignons la fin de la liste de nos cibles.
06:47Les Iraniens, le régime iranien, n'a plus les capacités militaires qu'il avait il y a deux mois, trois
06:55mois,
06:55ou bien certainement plus qu'il n'a plus les capacités militaires qu'il avait en juin de l'année
07:01dernière.
07:01Ça veut dire potentiellement que d'ici deux, trois semaines, comme le suggère la Maison Blanche, cette opération pourrait être
07:06terminée ?
07:08Les cibles militaires seront terminées.
07:11Nous n'oublions pas qu'il y a trois éléments à cette guerre.
07:14D'abord, deux cibles qui sont purement militaires, le programme nucléaire et le programme balistique,
07:19on en a parlé, on l'a répété plus d'une fois, et cela, on arrive au bout de toutes
07:26les cibles.
07:27Et la troisième ?
07:29La troisième, c'est la déstabilisation et l'affaiblissement du régime iranien,
07:33je termine, la déstabilisation et l'affaiblissement du régime iranien,
07:38afin que les Iraniens, le peuple iranien, puissent sortir et prendre leur sort en propres mains.
07:43Ça, je ne sais pas si ça pourrait prendre un jour, deux jours, trois jours, une semaine, une semaine ou
07:49deux.
07:49Je pense, et ça c'est plutôt une analyse qu'autre chose, que nous nous y arrivons, nous nous y
07:54rapprochons.
07:55Mais il ne vous aura pas échappé que cet objectif-là, il ne fait pas partie de la liste des
08:00objectifs énoncés hier par le président Trump dans le message qu'il publie.
08:04Il parle de cinq objectifs, des objectifs militaires, il parle du nucléaire, il parle de la protection des alliés dans
08:11la région,
08:12il ne parle pas de la fin du régime.
08:14Est-ce qu'il n'y a pas là une divergence entre Israël et les États-Unis ?
08:19Est-ce que vous n'avez pas un but de guerre différent de celui des États-Unis ?
08:23Vous savez, il y a un style différent entre les deux dirigeants.
08:26Il y a des communications qui sont différentes entre les deux dirigeants.
08:29C'est une guerre qui est une guerre conjointe, qui est coordonnée à 100%, à tous les niveaux,
08:35du niveau stratégique au niveau le plus tactique possible.
08:37Quand je dis le niveau le plus tactique possible, c'est les pilotes, quand ils se parlent,
08:40qui attaquent ensemble, se parlent en anglais.
08:42C'est-à-dire, toutes les cibles, toutes les cibles, tous les buts de la guerre,
08:46chaque cible, chaque cible, vraiment, chaque attaque est coordonnée.
08:49Il y a un QG, bon juin.
08:51Mais là, vous êtes dans l'opérationnel militaire.
08:53Ma question, elle est plus d'un ordre, j'allais dire, stratégique ou politique.
08:57Je dis que c'est du niveau stratégique au niveau tactique.
09:01Tous les niveaux sont coordonnés.
09:03Donald Trump, il ne dit pas que le renversement du régime de l'Iran,
09:08la fin de la lafouli islamique, est un objectif des États-Unis.
09:11Vous devriez peut-être inviter Donald Trump.
09:16Non, ou de Donald Trump, son représentant.
09:18Je suis le représentant de l'État d'Israël.
09:19Je représente le Premier ministre Benémi Netanyahou.
09:23Et avec plaisir, je vous répondrai que nos buts sont ceux que je vous ai dit.
09:27Mais pour rejoindre, effectivement, les dires de Thierry Arnault,
09:29effectivement, on a du mal à voir cette communication, ce changement de récit.
09:32Hier, Donald Trump qui dit qu'il veut réduire graduellement l'engagement américain.
09:36Israël qui veut accentuer les frappes.
09:39À l'instant, le chef de Tsaël qui dit, nous sommes à la moitié de l'opération,
09:43mais la direction est claire.
09:44On a l'impression qu'effectivement, ce n'est pas forcément clair.
09:46On a quand même entendu Donald Trump aussi dire, je n'aime pas tellement ce que fait Benyamin Netanyahou.
09:52Il ne m'écoute pas.
09:53Il y a une différence de style.
09:55Encore une fois, je ne vais certainement pas commenter les propos de Donald Trump.
10:00Il y a une différence de style entre les deux dirigeants.
10:03Ce que je peux vous dire, c'est que tout est coordonné.
10:06Et si vous voyez ce qu'a dit le président, il a parlé d'encore quelques semaines de guerre.
10:13Et ce que dit le chef de l'armée, le chef d'état-major israélien, c'est encore quelques semaines
10:17de guerre.
10:18C'est les mêmes choses qui sont dites différemment.
10:21Cette guerre ne va pas continuer indéfiniment.
10:24Notre but n'est pas d'être en guerre avec l'Iran, avec ce régime iranien, indéfiniment.
10:28Notre but est de terminer cette guerre le plus rapidement possible.
10:33Mais dans les buts de cette opération, il y a aussi l'affaiblissement, la déstabilisation du régime,
10:44afin que les Iraniens eux-mêmes puissent prendre le contrôle de leur pays.
10:48Monsieur l'ambassadeur, que sait Israël et que pouvez-vous partager avec nous ce soir sur l'état de santé
10:55du guide suprême
10:56et sa capacité à être réellement celui qui dirige le pays aujourd'hui ?
11:00Je ne sais pas si on pourrait appeler Mouchtabal pour lui donner le titre de guide suprême.
11:06C'est quelqu'un qui est assez médiocre au niveau religieux.
11:11Je ne pense pas qu'il sera suivi par les chiites à travers le monde, certainement pas,
11:15parce qu'il a ses problèmes qui ont été publiés.
11:19Donc je ne vois pas comment le monde chiite pourrait suivre quelqu'un comme celui-ci.
11:23Et franchement, je ne connais pas son état de santé.
11:27Dernière question sur le Liban.
11:29Effectivement, il y a des opérations qui se déploient au sol pour éradiquer le Hezbollah.
11:33Déjà plus d'un million de déplacés.
11:34Emmanuel Macron qui pose cette question.
11:36Pourquoi est-ce que le Liban ne vient pas discuter directement avec Israël à Paris ?
11:41Pourquoi n'avoir pas pris cette main tendue, finalement ?
11:44Premièrement, vous utilisez le terme d'éradiquer le Hezbollah.
11:47Notre but n'est pas d'éradiquer le Hezbollah.
11:49Le Hezbollah pourrait rester, pourrait devenir éventuellement un espèce de parti politique qui n'a pas de capacité militaire.
11:56Ce que nous voulons, c'est d'éradiquer les capacités militaires du Hezbollah
12:00et permettre aux FAL, aux forces armées libanaises, d'être les seules forces légitimes au Liban qui sont présentes, sur
12:08place.
12:08Et de pouvoir enfin permettre au Liban d'être un pays comme les autres et d'être un pays qui
12:15prospérerait et qui serait en paix avec Israël.
12:19Vous savez, il y a énormément de rumeurs autour de ces offres qui ont été faites, etc.
12:26Ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a...
12:28Enfin là, ce n'est pas des rumeurs.
12:30Là, le président français Emmanuel Macron a été quand même très clair.
12:34Il a invité une négociation directe à Paris.
12:36Vous comprenez que ça puisse inquiéter, effectivement, quand on voit, par exemple, les déclarations du ministre des Finances Smotrich,
12:42qui a déclaré, effectivement, la banlieue sud de Liban va ressembler à Ragnones, en référence à la ville du sud
12:49de Gaza.
12:49Est-ce que vous comprenez, finalement, que ça fasse peur, cette offensive terrestre au Liban ?
12:53J'essaie, justement, de vous répondre.
12:54J'étais en train de répondre au sujet de ce que vous m'avez posé, la question autour des mots
13:00de la déclaration du président Macron.
13:05Ce n'est pas une offre concrète qui a été présentée.
13:11Votre ministre des Affaires étrangères était juste vendredi à Jérusalem.
13:14Il a rencontré son homologue israélien.
13:16Il n'y a pas d'offre concrète de venir négocier à Paris qui serait acceptée par les deux côtés,
13:20oui ou non.
13:21Et en plus, la question de qui gérera des négociations, si elles ont lieu, n'a pas encore été décidée.
13:28Le fait que la France veuille peut-être le faire ne veut pas dire que ce soit, effectivement,
13:33la France qui gérera ce genre de négociations, si elles ont lieu, premièrement.
13:41Ensuite, cette question au sujet de la déclaration de Smotrich m'a été posée, je crois, sur votre plateau plus
13:46d'une fois.
13:47C'est le ministre des Finances, comme vous l'avez dit vous-même.
13:49Quand il fera une déclaration qui parle des finances israéliennes, je pourrais les commenter.
13:54Et c'est la déclaration qu'il a faite autour de la guerre à Gaza, est une déclaration d'un
13:59homme politique
14:00qui n'a pas l'influence qu'il voudrait peut-être avoir dans la direction.
14:03C'est une réponse de diplomate.
14:06Non, ce n'est pas du tout une réponse de diplomate, c'est une réponse de quelqu'un qui vous
14:09explique la politique israélienne.
14:10Oui.
14:11Ce n'est pas du tout une réponse de diplomate, bien au contraire.
14:13Merci, monsieur.
14:14Merci, monsieur l'ambassadeur.
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