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Le 11 mai 2008, Bernadette Bissonnet est retrouvée morte dans sa luxueuse maison, sur les hauteurs de Montpellier. Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier-Amouroux et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

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00:01Vous écoutez Crime Story, le mari, le vicomte et le jardinier, deuxième et dernier épisode.
00:09En rentrant chez lui le mardi 11 mai 2008, Jean-Michel Bissonnet découvre dans sa villa le cadavre de sa
00:15femme, Bernadette, tué de deux coups de fusil.
00:18Il croit savoir qui a fait le coup. Un homme que le couple employait une à deux fois par an
00:23pour des petits travaux dans la propriété.
00:25La gendarmerie convoque alors Méziane Belkacem et en quelques heures, il avoue le crime.
00:34Méziane Belkacem a tué Bernadette Bissonnet de deux coups de fusil. Le premier alors qu'elle était face à lui.
00:41Le deuxième, une fois qu'elle s'était déjà écroulée pour vérifier qu'elle était bien morte.
00:47Mais selon lui, il a tué Bernadette pour répondre à une demande de Jean-Michel Bissonnet.
00:52Il aimait beaucoup ce patron qui faisait aussi office de figure paternelle pour lui.
00:57Méziane Belkacem a grandi en Algérie.
00:59Quand il a trois ans, en 1962, son père militaire, un harki, quitte le pays.
01:06On est à la fin de la guerre d'Algérie.
01:08Ayant choisi la France, le militaire sent qu'en Kabylie, il n'ait plus du bon côté.
01:14Méziane et sa soeur grandiront avec l'opprobre jetée sur leur famille.
01:18A 18 ans, et compte tenu de cette histoire familiale, Méziane Belkacem obtient un passeport français et un billet d
01:25'avion pour Paris.
01:26Il arrive en France comme un jeune adulte analfabète et qui ne parle pas la langue.
01:31Son père essaie de lui offrir une seconde chance.
01:34Des cours du soir pour apprendre le français de son pays d'adoption, un passage par le service militaire, quelques
01:39travaux dans le bâtiment.
01:40Entre le père et le fils, la mayonnaise ne prend pas. C'est la seconde rupture.
01:46La rencontre entre Méziane et Jean-Michel Bissonnet permettra de refermer cette plaie.
01:50Car l'année où Méziane voit le jour en 1959, Jean-Michel a 12 ans et quitte la ville d
01:56'Oran en Algérie, où il est né et a grandi avec sa famille.
02:00Initialement, il doit seulement aller faire son collège en métropole.
02:03Ses parents sont inquiets de ce qu'on appelle à l'époque les événements.
02:07Finalement, ils le rejoignent quelques temps plus tard.
02:10Les Bissonnet ne reviendront jamais en Algérie indépendante.
02:14Méziane et Jean-Michel développent une relation au centre de laquelle ils placent leurs souvenirs d'enfance communs.
02:20Méziane se délecte des récits de Jean-Michel dont il ne se priverait pour rien au monde.
02:24C'est la raison pour laquelle il finit par accepter de tuer Bernadette.
02:28Le récit qu'il fait du scénario déborde de détails.
02:32Méziane Belkacem affirme que Jean-Michel Bissonnet lui avait demandé de trouver un tueur pour se débarrasser de quelqu'un,
02:38il y a déjà un an.
02:40Le pacte meurtrier se scelle autour d'une somme à la fois rondelette et dérisoire, 30 000 euros.
02:51Damien Delsenis, le plan était très clair.
02:54Oui, il s'agissait de faire passer l'assassinat, le meurtre de Bernadette Bissonnet pour un vol ayant mal tourné.
03:01Muni donc du bip du portail et d'un double des clés du 4x4, Méziane trouve le fusil chargé près
03:08du garage, qui est prêt en quelque sorte,
03:09et l'assassinat est exécuté aux alentours de 20h30 ce mardi soir.
03:14Sauf que Méziane s'en va en laissant le bip sur un des meubles de la maison et en abandonnant
03:19l'arme dans le véhicule.
03:21Simplement quand les gendarmes trouvent le 4x4 le soir même du meurtre, on s'en souvient quelques minutes après avoir
03:26découvert le corps,
03:27ni le bip, ni l'arme du crime ne se trouvent à l'intérieur.
03:30Donc les gendarmes sont un peu abasourdis par cette déclaration de Méziane Belkacem,
03:34et ils ne savent pas s'il s'agit de la vérité ou d'allégation d'un roman qui est
03:40en train de leur raconter Belkacem.
03:41Il faut préciser que sur le plan pénal, Méziane Belkacem n'a aucun intérêt à raconter ça.
03:46Non, et même au contraire, parce que tout ce qu'il dit change la qualification pénale des faits,
03:51c'est-à-dire qu'il aurait pu dire par exemple qu'il a donné ses deux coups de fusil
03:55dans l'affolement,
03:56qu'il était venu pour simuler un cambriolage et qu'il a paniqué et qu'il a tué Bernadette.
04:00Or là, en expliquant ce scénario, il s'accuse d'un homicide volontaire avec préméditation,
04:06donc d'un assassinat, donc du crime le plus sévèrement puni par le code pénal français,
04:11c'est-à-dire la réclusion criminelle à perpétuité.
04:14Un autre élément qui pourrait expliquer pourquoi Méziane Belkacem aurait accepté ce projet,
04:19c'est sa situation personnelle au moment du meurtre de Bernadette.
04:23À ce moment-là, effectivement, Belkacem, il est en instance de divorce.
04:26Il vit dans un tout petit hôtel près d'Avignon, après la séparation avec sa seconde épouse.
04:32Il est donc en situation de rupture affective et, souvent ça va ensemble, en difficulté financière.
04:39Il conduit une espèce de Renault à bout de souffle.
04:41Il vit avec moins de 400 euros par mois d'indemnité de chômage
04:44et donc il cherche un petit peu tous les petits travaux qu'il peut effectuer à droite à gauche s
04:48'il les fait.
04:49Jean-Michel Bissonnet est évidemment interrogé et lui, il nie complètement.
04:54Ah oui, lui, il ne valide pas du tout le scénario raconté dans le détail par Belkacem au gendarme.
04:59Lui, il parle d'accusations fausses qu'il ne comprend pas.
05:03Mais malgré ses dénégations, Jean-Michel Bissonnet, il est interpellé le vendredi 21 mars.
05:08On est 11 jours après la mort de Bernadette Bissonnet.
05:12Il va être mis en examen et écroué pour complicité d'assassinat.
05:19Dans les jours qui suivent cette mise en examen, une confrontation est organisée entre Jean-Michel Bissonnet et Méziane Belkacem.
05:27Chacun reste sur sa position.
05:30Mais selon le procureur, d'autres éléments viennent tétayer la version de l'employé de maison.
05:35Notamment le comportement de Jean-Michel.
05:37Le soir du meurtre, par exemple, les gendarmes, en arrivant sur place, ont trouvé la scène de crime particulièrement atroce.
05:45Désireux de couvrir le corps de Bernadette, l'un d'eux a attrapé un plaid sur le canapé.
05:51Oubliant son émotion, Jean-Michel se serait alors écrié de ne pas prendre cette couverture, car elle sortait du pressing.
05:57Quelques jours plus tard, alors qu'il va choisir les fleurs pour la cérémonie d'enterrement de son épouse,
06:02Jean-Michel dit à la vendeuse que puisqu'il est là, il va en profiter pour prendre quelques arbres fruitiers
06:08à planter dans le jardin.
06:09Là encore, son comportement pose question.
06:13Le jeudi 27 mars 2008, durant près de 8 heures, les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie
06:19de Montpellier
06:20perquisitionnent, en présence de Jean-Michel Bissonnet, la villa du couple.
06:24Ils ont encore du mal à se faire un avis sur le rôle exact de chacun.
06:28Il leur paraît possible que Méziane Belkacem, ayant besoin d'argent et connaissant bien les Bissonnet,
06:35ait décidé d'aller cambrioler leur villa.
06:37Ils seraient alors tombés sur Bernadette.
06:40Mais dans ce cas, pourquoi Méziane Belkacem n'a-t-il pas fouillé partout,
06:43pour s'emparer d'argent et de bijoux faciles à trouver ?
06:46Mystère.
06:48S'il dit vrai, et si Jean-Michel Bissonnet lui a réellement demandé de liquider sa femme,
06:53quel est le mobile du meurtre ?
06:59Damien, le mobile financier dans ce cas précis apparaît improbable.
07:04Pour deux raisons majeures.
07:06D'abord, on l'a dit, Jean-Michel Bissonnet, il est aussi riche quelque part que sa femme.
07:12Enfin, lui aussi, il a réussi.
07:13Il ne dépend pas financièrement de sa femme.
07:15Il ne dépend pas de la réussite professionnelle de sa femme.
07:18Et deuxième raison, en cas de décès de Bernadette Bissonnet,
07:21l'héritage, il revient aux enfants de la famille.
07:23Donc, le mobile financier ne peut pas exister pour Jean-Michel Bissonnet.
07:27Dans l'entourage de Jean-Michel Bissonnet, on s'organise pour le soutenir.
07:31En tout cas, ses amis, ses voisins et même ses enfants ne croient pas du tout, absolument pas, à sa
07:37culpabilité.
07:38Ses avocats non plus, évidemment, puisque lui, il nie les faits.
07:41Mais il n'arrive pas à obtenir la remise en liberté ou les remises en liberté que demande Jean-Michel
07:46Bissonnet.
07:47L'instruction se poursuit pendant quelques semaines sans que d'autres éléments n'apparaissent,
07:52jusqu'à l'entrée dans cette histoire d'un nouveau personnage.
07:56Il s'appelle Amaury d'Arcourt.
07:57Il a 82 ans.
07:58C'est un vicomte, un noble qui est issu d'une des plus grandes familles de la noblesse française.
08:03C'est un personnage assez pittoresque avec une histoire un peu chaotique.
08:07Et surtout, c'est un homme qui nourrissait depuis 40 ans des liens d'amitié avec Jean-Michel Bissonnet.
08:15Retour en arrière et à l'année 1962, au cours de laquelle Jean-Michel Bissonnet quitte l'Algérie.
08:21Sur les centaines de bateaux qui font le voyage cette année-là, il y a un certain Amaury d'Arcourt.
08:27Descendant de l'une des trois plus anciennes familles de la noblesse française, âgée de 37 ans,
08:33il a sillonné l'Afrique pendant 15 ans.
08:35Et il ramène avec lui sa passion, des enregistrements de musique traditionnelle africaine
08:40qu'il finira par céder au Musée de l'Homme à Paris.
08:44Après avoir tenté de faire vivre sa maison de production de disques à Alger,
08:48Amaury d'Arcourt a dû se résigner.
08:50Il est ruiné et l'indépendance de l'Algérie ne l'aidera pas à remonter la pente.
08:55Amaury d'Arcourt a eu plusieurs vies.
08:58A la fin du lycée, au début de la Seconde Guerre mondiale, il rate son bac.
09:02Il décide alors de s'engager dans la résistance,
09:05l'objectif numéro un étant de faire un pied de nez à sa famille pétainiste.
09:09Une fois la guerre terminée, il part pour l'Afrique,
09:11où il collectionne les petits boulots, avant de se lancer dans son grand projet musical.
09:16A son retour en France, en 1962, Amaury d'Arcourt récupère le domaine familial
09:21et son titre de vicomte.
09:23Il s'adonne alors à sa deuxième passion, la chasse.
09:27Et il ne jure que par ça, au point qu'il élève lui-même des sangliers.
09:32Un beau jour, un jeune homme vient proposer ses services pour l'élevage.
09:36C'est Jean-Michel Bissonnet.
09:38Le vicomte accepte et promet en échange d'apprendre à son jeune élève l'art de la chasse.
09:44C'est ainsi que Jean-Michel Bissonnet, après d'infructueuses études de médecine à Tours,
09:48découvre le milieu qu'il préférera à tous les autres, celui de l'argent et du luxe.
09:54Quand Jean-Michel rencontre Bernadette,
09:56elle n'apprécie pas tellement ce vicomte, de 30 ans de plus qu'eux,
09:59qui mène une vie mondaine très agitée,
10:01se marie puis divorce plusieurs fois et qu'elle qualifie de picassiette.
10:06Qu'importe, les deux hommes continuent d'entretenir des rapports amicaux,
10:09même si épisodiques.
10:19Damien, que vient faire cet homme dans cette histoire ?
10:22En fait, les gendarmes vont effectivement s'apercevoir de la proximité amicale
10:26entre le vicomte d'Arcourt et Jean-Michel Bissonnet.
10:28Donc, ils vont aller interroger le vicomte pour savoir si, effectivement,
10:32il y a eu cette histoire de Belkacem qui aurait demandé un prêt de 5000 euros à Jean-Michel Bissonnet.
10:38Il demande au vicomte,
10:38« Mais est-ce que vous avez entendu parler de cette histoire de prêt ? »
10:41Donc, il est entendu sur ce sujet-là.
10:43Mais quelques jours après, le vicomte, pris de remords,
10:46pousse la porte de la gendarmerie la plus proche de son domaine
10:49et il explique, il dit, « Voilà, j'ai menti. »
10:52En fait, le seul qui dit la vérité dans cette histoire, c'est Belkacem.
10:55Alors, lorsqu'il est auditionné, évidemment, sur ses révélations par les gendarmes,
10:59il va aller plus loin.
11:00Il va livrer deux éléments importants et d'une importance même capitale.
11:04Il va d'abord dire qu'il a eu déjà des conversations avec Jean-Michel Bissonnet, son ami,
11:08qui lui parlait de supprimer sa femme.
11:11Déjà, première information.
11:12Et deuxième, peut-être encore plus importante,
11:14on sait que l'arme du crime, le fusil de chasse,
11:16n'a jamais été retrouvé par les gendarmes sur la scène de crime
11:19ni dans le 4x4 qui avait été abandonné à quelques rues de là.
11:22Et en fait, c'est le vicomte qui va donner la clé de cette énigme.
11:25Il va dire, « L'arme du crime, en fait, c'est moi qui me suis chargé de la faire
11:28disparaître. »
11:29Le premier procès de ces trois hommes se tient début 2011.
11:33Devant la cour d'assises de l'Hérault, il va durer cinq semaines.
11:38Il y a tellement de monde qu'il y a même une deuxième salle d'audience
11:40qui a été ouverte avec un écran géant pour le public
11:42parce que c'est un procès qui est assez médiatique
11:45et qui attire aussi beaucoup tous les gens qui connaissaient les Bissonnet dans la région.
11:48Et puis, évidemment, il y a ce casting qui est quand même très hétéroclite.
11:53On a Méziane Belkacem, l'immigré illettré.
11:57On a un vieux vicomte issu d'une vieille famille de noblesse.
12:00Et puis, le bourgeois parvenu, Jean-Michel Bissonnet.
12:04Bissonnet, c'est le personnage central du procès
12:07puisque c'est celui qui est accusé d'avoir, en quelque sorte,
12:10signé le contrat pour faire assassiner sa propre femme.
12:14Il occupe, évidemment, la place centrale dans le boxe, même physiquement.
12:18Il va s'emporter, parfois crier assez fort.
12:21Il va passer du rire aux larmes.
12:24C'est un personnage quand même assez nerveux et assez sanguin.
12:27Par contre, dans la salle, il peut bénéficier d'un certain soutien
12:30puisque ses deux fils sont là pour continuer à croire à son innocence.
12:34Il ne pense surtout pas que c'est leur père qui a fait tuer leur mère, pour être très clair.
12:38Il n'y a que son beau-frère qui, finalement, le croit coupable.
12:40Donc, la famille est quand même un peu divisée.
12:43Et au terme de ce procès fleuve, Jean-Michel Bissonnet est condamné à 30 ans de réclusion criminelle.
12:50Méziane Belkacem lui prend 20 ans et Amaury d'Arcourt, le vicomte, est condamné à 8 ans.
12:54Et lorsqu'il va quitter le boxe des accusés après l'énoncé du verdict,
12:59Bissonnet va hurler « justice de merde ».
13:02Neuf mois plus tard, le procès en appel s'ouvre à Carcassonne dans l'Aude
13:06et il dure trois semaines.
13:07Alors, Jean-Michel Bissonnet va cette fois adopter une attitude un peu différente,
13:11montrer un autre visage, beaucoup plus calme, mais sur le fond, rien n'a changé.
13:16Il continue à nier tout complot criminel, toute complicité d'assassinat contre sa femme.
13:22Et même si certains des détails et certains des débats sont assez accablants pour lui,
13:27il continue de nier haut et fort.
13:30Son avocat fait une plaidoirie très remarquée.
13:32Jean-Michel Bissonnet, il a eu plusieurs avocats, plusieurs avocats à la fois,
13:35et puis il en a changé aussi au cours de la procédure.
13:37Mais au moment du procès en appel, son avocat qui va plaider en dernier,
13:41c'est maître Jean-Yves Lienard, qui est un grand pénaliste versaillais
13:45et qui va en fait faire quelque chose qui se fait assez rarement dans les plaidoiries,
13:49c'est qu'il va prendre presque le contre-pied de la version de son client.
13:53D'habitude, un avocat, si son client se dit innocent, il va plaider l'innocence.
13:57Là, Jean-Yves Lienard, il a compris qu'il y avait peut-être un biais
14:01pour faire un tout petit peu autrement, et lui, il va expliquer au juré
14:04qu'il y a une hypothèse de culpabilité de son client, malgré ses dénégations,
14:10il peut être coupable.
14:11Mais il va nuancer, il va dire qu'il va expliquer,
14:14Jean-Michel Bissonnet a sans doute élaboré un projet
14:17dont il ne voulait pas qu'il aboutisse.
14:19Alors c'est un peu subtil, il va résumer ça en une phrase un peu imagée,
14:23il va dire, il a allumé un feu de broussaille,
14:25et ce feu de broussaille, il a été en quelque sorte ravivé
14:29par deux pompiers pyromanes, alors les deux pompiers pyromanes
14:31on a compris que c'était Belkacem le jardinier
14:33et Darkour le vicomte,
14:35qu'en gros, Bissonnet a nourri
14:37une idée un peu folle de vouloir supprimer
14:39sa femme, et qu'au lieu de tomber sur des types
14:41qui lui auraient dit, bah non, on ne fait pas ça,
14:43il est tombé sur, au contraire, des hommes qui l'ont presque
14:45incité à aller au bout de son projet.
14:47Ça va non pas instiller le doute dans la tête
14:49des jurés, mais ça va effectivement
14:51nuancer un peu l'opinion
14:53qu'il pouvait avoir du projet
14:55réel de Jean-Michel Bissonnet.
14:57Est-ce que, après ce procès, on en sait un peu plus
14:59sur le mobile du meurtre ?
15:01Non, c'est toute la question, et c'est un peu ça
15:03d'ailleurs que plaidait un peu l'avocat.
15:05L'avocat, il explique, il dit, mais
15:07à part peut-être une forme de geste
15:09d'humeur de Jean-Michel Bissonnet
15:11qui peut-être en avait assez de sa femme
15:13et a conçu cette idée complètement folle que
15:15peut-être il ne pouvait pas divorcer, alors peut-être pour des raisons
15:17financières, parce qu'un divorce, ça voulait sans doute dire
15:19perdre la maison, et ça, c'était impossible
15:21pour Jean-Michel Bissonnet de perdre la vie
15:23là, parce que c'était le symbole d'une vie,
15:25le symbole d'une réussite, et que lui
15:27a choisi une autre option, c'est la seule
15:29qu'on peut retenir, de se dire, le seul moyen
15:32finalement de me séparer de cette femme,
15:33c'est de la faire tuer.
15:36A l'issue du procès en appel, la peine de
15:38Jean-Michel Bissonnet sera réduite de 10 ans
15:40grâce à la très brillante plaidoirie
15:42de son avocat. Il est donc
15:44condamné à 20 ans de prison.
15:46Les peines de ses deux acolytes ne changent pas.
15:49Le vicomte d'Arcourt est
15:50décédé en 2018.
15:52Méziane Belkacem, lui, est sorti de prison.
15:54Il a bénéficié d'une libération
15:56conditionnelle, comme Jean-Michel Bissonnet.
15:59Libéré en 2017, ce dernier a formulé
16:02une demande de révision de son procès.
16:05Damien,
16:06vous l'avez rencontré depuis sa libération.
16:09Oui, quelques mois
16:10après sa sortie de prison, il est venu
16:12me rendre visite à Paris. Alors, il avait
16:14deux choses en tête. Toujours
16:15cette volonté de se dire innocent
16:18et de vouloir que cette innocence soit
16:20reconnue par la justice. Donc ça, ça fait partie
16:22de sa demande
16:23de révision de son procès. Et puis,
16:26il voulait aussi qu'un journaliste
16:28quelqu'un écrive un livre. Alors, évidemment,
16:30un livre qui serait plutôt un livre qui
16:32viendrait dénoncer une erreur judiciaire
16:34et pour l'innocenté. Donc, on s'est rencontrés plusieurs fois.
16:36Mais, évidemment, il n'y a pas eu de suite
16:38à ce projet. Et il est
16:40toujours animé par cette volonté
16:42de faire reconnaître son innocence.
16:53Vous venez d'écouter
16:54Crime Story, le podcast fait
16:56d'hiver du Parisien, avec
16:58à la production Clara Garnier-Amourou,
17:00Barbara Gouy et Raphaël Pueillot,
17:03à la réalisation
17:04Julien Moncouquiole et à la
17:06rédaction en chef Jules Lavi.
17:08Un épisode que je vous raconte
17:10avec Damien Delsenis et un
17:12podcast à retrouver chaque samedi
17:14sur le site leparisien.fr
17:16et sur toutes les plateformes d'écoute.
17:18Si vous aimez Crime Story, vous pouvez
17:20nous le dire en nous laissant des commentaires
17:22ou des petites étoiles et vous pouvez
17:24également écouter tous les jours CodeSource,
17:26notre podcast d'actualité.
17:29Merci.
17:29Merci.
17:30Merci.
17:31Merci.
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