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  • il y a 2 semaines
Le meurtrier de cet enfant de 10 ans n’a toujours pas été retrouvé. Le principal suspect, un pédocriminel incarcéré depuis 2011 en Allemagne, a récemment été confié aux autorités françaises dans l’espoir de faire avancer l’enquête. Récit. Pour Code source, Timothée Boutry, reporter au Parisien, revient sur cette affaire qui n’est toujours pas élucidée.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Mathias Penguilly, Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian -


Archives : INA, Radio France, France 2, France 3, RMC Story.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Pendant une classe verte à la mer, Jonathan Coulon, 10 ans, s'est volatilisé dans la nuit du 6 au
00:187 avril 2004.
00:19C'était dans un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique.
00:23Le corps de l'enfant a été retrouvé plus d'un mois plus tard dans un petit étang de la
00:29commune de Guérande.
00:30Cette affaire a connu un développement majeur cette année, en janvier,
00:34avec la mise en examen par la justice française d'un tueur en série allemand.
00:39Cet épisode de Codesources est raconté par Timothée Boutry du service police-justice du Parisien.
00:50Timothée Boutry, vous couvrez les faits divers aux Parisiens depuis 17 ans
00:53et justement, celui que vous allez nous raconter aujourd'hui remonte à vos débuts au journal
00:58et c'est l'un de ceux qui vous a le plus marqué.
01:01Oui, bien sûr, la disparition de Jonathan en 2004 reste pour moi une affaire extrêmement marquante.
01:07Comme vous l'avez dit, je débutais dans cette matière.
01:10Je ne vais pas dire que ça m'a obsédé, mais j'ai fait énormément de reportages sur cette affaire,
01:15en France, à l'étranger, et vraiment, je me disais,
01:19j'espère que je terminerai ce métier en sachant ce qui s'est passé et ce qui est arrivé à
01:23Jonathan.
01:24En Loire-Atlantique, en 2004, dans la nuit du 6 au 7 avril,
01:28dans le dortoir d'un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, un enfant disparaît.
01:34Jonathan est en classe de maire.
01:36Ils sont dans un centre à Saint-Brévin, c'est assez joli,
01:39on n'est pas très loin de l'embouchure de la Loire.
01:42Il s'est couché ce soir-là avec les 4 autres camarades de son école, dans son dortoir,
01:48et il y a des rondes qui se font le soir, classiquement, et le matin, les enfants se réveillent.
01:54Le lit de Jonathan est vide, donc immédiatement, une enquête est ouverte, car c'est évidemment pas normal.
02:01Pourtant, il y a encore ces affaires sur place.
02:03Oui, il y a ces affaires, donc on sait qu'il a quitté les lieux en pyjama, pieds nus,
02:07donc ce qui renforce le caractère anormal de cette disparition.
02:12Il fait froid, on est en pleine nuit,
02:14et on a un enfant qui est juste en pyjama, pieds nus, dans la nature.
02:19Un petit garçon de 10 ans disparu depuis 36 heures à Saint-Brévin-les-Pins,
02:23où il participait à un camp de mer.
02:25La gendarmerie a déployé d'importants moyens pour le retrouver.
02:31Jonathan Coulon a 10 ans et demi.
02:33Comme tous ses camarades de CM1, il est originaire d'Orval, dans le Cher, à 400 km de là.
02:40Ses parents sont prévenus, ils vont rapidement venir à Saint-Brévin-les-Pins pour participer aux recherches.
02:45Et il se trouve que, le matin même de sa disparition, ils ont reçu une lettre de lui.
02:51Oui, comme on l'a sans doute tous fait quand on est en classe de mer, classe de neige,
02:56on envoie une lettre à ses parents, donc il raconte ce qu'il fait.
02:59Il a fait du char à voile, du cerf-volant, il raconte qu'il a visité un sous-marin,
03:03mais il dit aussi qu'il a joué avec des grands.
03:05Voilà, des grands de la colonie, de 16, 17, 18 ans.
03:08Les enquêteurs vont chercher à savoir qui peuvent être ces grands ?
03:11Oui, bien sûr, parce qu'il faut évidemment exploiter toutes les pistes.
03:15Alors, on peut penser que ce sont les animateurs, parce que les animateurs sont forcément plus âgés.
03:19Et d'une manière générale, il va y avoir énormément, énormément d'auditions
03:23qui vont être faites pendant toute l'enquête, et surtout au départ.
03:26Donc voilà, tous les adultes qui encadraient la colonie ont évidemment été entendus.
03:29À quoi ressemble Jonathan Coulon ?
03:32C'est un petit garçon, au regard espiègle, souriant, des cheveux courts,
03:38un garçon de 10 ans, très attachant évidemment.
03:42D'importants moyens sont déployés sur le terrain pour essayer de les retrouver.
03:45Il y a des battues, des recherches, beaucoup de gendarmes qui sont mobilisés, du porte-à-porte.
03:50C'est une zone où il y a beaucoup de résidences secondaires,
03:52et qui sont inoccupées à cette époque-là de l'année.
03:55Donc voilà, ça complique aussi un petit peu la tâche des gendarmes,
03:58parce qu'il n'y a à la fois pas forcément beaucoup de témoins,
04:00et aussi beaucoup de maisons isolées qui peuvent potentiellement être autant de cash potentiel pour un kidnappeur.
04:05Le père de Jonathan parle à la télé.
04:07Les parents se rendent sur place, ils participent aux recherches,
04:10et son père s'exprime en lançant un appel à l'aide.
04:13Les enfants, les adultes, tout le monde, cherchez-le, aidez-nous.
04:19C'est que les gens, il faut qu'ils sachent qu'on l'appelle Titi ou Cowboy.
04:21S'il a peur, appelez-le par son surnom.
04:24C'est le seul moyen de le réconforter.
04:26C'est évidemment l'appel à l'aide d'un père meurtri et angoissé.
04:32Vous, Timothée Boutry, vous allez à Orval, dans le Cher,
04:35où tous les autres enfants rentrent chez eux, un jour plus tôt que prévu.
04:39Oui, c'est une image que je n'oublierai pas, évidemment, de ce quart scolaire qui rentre le soir venu.
04:45Les parents d'élèves sont là, attendent.
04:48Évidemment, tout le monde sait qu'il y a un enfant en moins,
04:49donc c'est une ambiance extrêmement pesante dans ce village.
04:53On sait bien qu'on est parti dans autre chose et qu'on est dans une enquête gravissime.
04:59Vous rencontrez la grand-mère de Jonathan à ce moment-là ?
05:01Très rapidement, avec mon collègue photographe,
05:04on rencontre les grands-parents de Jonathan, les grands-parents maternels,
05:08qui sont évidemment, comme on peut l'être dans des circonstances comme celle-ci,
05:13très angoissés, mais en même temps plein d'espoir.
05:17On est au lendemain de la disparition, donc il y a évidemment très peu d'éléments.
05:21Donc voilà, il me parle surtout de lui, il me raconte ses passions, le foot, l'astronomie,
05:28il me décrive sa personnalité, qu'il est timide, qu'il est un garçon sensible.
05:32Évidemment, tout le monde espère qu'on le retrouve vivant très très vite.
05:35Dans les premiers jours suivant la disparition de Jonathan,
05:38les enquêteurs recherchent son père biologique.
05:40Oui, parce qu'en fait, le père biologique de Jonathan ne l'a jamais reconnu,
05:45il a été élevé par sa mère et par son beau-père, qui est en fait son père,
05:49parce qu'il l'a reconnu.
05:50Donc voilà, évidemment, ça fait partie des pistes naturelles, si je puis dire, de l'enquête,
05:55mais cet homme va être retrouvé et il n'a aucun lien avec la disparition de l'enfant.
06:00Il est mis hors de cause.
06:04Le corps du petit garçon est finalement retrouvé le mois suivant, le 19 mai,
06:09à 35 kilomètres du centre de vacances de Saint-Bré-Vers-les-Pins, à Guérande.
06:13Oui, le corps est retrouvé dans un étang privé, en fait,
06:16qui jouxte un ancien manoir qui a été reconverti en différents appartements.
06:21Le lieu de la découverte du corps de petite taille, dans cette pièce d'eau,
06:25nous sommes dans l'enceinte d'un ancien couvent, à deux pas de la cité médiévale de Guérande.
06:30Les gendarmes ont été alertés hier soir.
06:33Il y a un mois, les locataires des lieux avaient remarqué quelque chose de bizarre
06:37qui flottait au milieu de l'étang.
06:39Et donc le corps de Jonathan est immergé dans l'eau,
06:42il est entravé par des liens, des cordelettes,
06:45et il est surtout lesté d'un parpaing.
06:46Mais finalement, le corps a été remonté à la surface
06:49et c'est comme ça qu'il a pu être découvert par des voisins.
06:51Timothée Bautry, dès les débuts de l'enquête,
06:53des policiers allemands contactent les enquêteurs français.
06:56En Allemagne, les policiers allemands sont à la recherche
06:59de celui qu'ils appellent l'homme en noir.
07:01C'est un prédateur sexuel qui s'en prend à des jeunes garçons prépubères,
07:05donc de l'âge de Jonathan,
07:07et il s'introduit dans des lieux clos, colonies de vacances, centres aérés,
07:11et il commet des agressions sexuelles ou des meurtres.
07:16On lui impute notamment trois homicides.
07:18Et la particularité, c'est que quand les corps sont retrouvés,
07:22ils ne sont pas à l'endroit où ils ont été kidnappés,
07:24un peu comme Jonathan, on constate des similitudes aussi
07:27dans la manière d'entraver certaines de ses victimes,
07:30et aussi dans la mort des enfants qui est liée à une suffocation.
07:35Donc ça fait énormément, énormément de similitudes,
07:37et donc très vite, évidemment, les enquêteurs allemands
07:39qui sont à la recherche de ce suspect sont intéressés
07:42par ce qui s'est passé à Saint-Brévin.
07:43Mais les enquêteurs français ne semblent pas y croire.
07:46En fait, ce qui se passe, c'est qu'il va y avoir une regrettable erreur
07:49dès le début de l'enquête sur la datation de la mort
07:52et de l'immersion de Jonathan.
07:53L'expert entomologiste, c'est-à-dire celui qui étudie
07:56les insectes et larves sur le corps de la victime
07:59pour pouvoir dater la mort, vont en fait faire une erreur
08:02puisqu'ils vont considérer au départ que l'immersion de Jonathan
08:07dans l'eau s'est faite un mois après son enlèvement.
08:10Donc évidemment, c'est la piste locale qui est privilégiée
08:13puisque un agresseur qui est capable de conserver chez lui
08:17la dépouille d'un enfant pendant un mois,
08:19c'est pas un routard du crime, c'est forcément quelqu'un du coin.
08:22Donc la piste allemande, évidemment, elle est troublante,
08:25mais elle se confronte à cette réalité de police technique et scientifique.
08:31Et pour les enquêteurs, il fallait être du coin
08:33pour connaître l'existence de cet étang.
08:35L'étang n'est pas visible de la route, en fait.
08:37Il y a un grand mur de briques qui le cache au vu au sud
08:42des gens qui passent sur la route.
08:43Donc si on ne le connaît pas, on ne sait pas forcément
08:46qu'il y a un étang qui est là.
08:47Et donc la position de cet étang renforce l'hypothèse de la piste locale
08:51puisqu'il n'est pas forcément connu.
08:55Timothée Boutry, malgré les efforts déployés par les enquêteurs,
08:58pendant des années, il n'y aura pas d'éléments nouveaux dans cette affaire.
09:02Mais en 2011, le 25 avril, les policiers allemands arrêtent celui
09:07qu'ils pensent être l'homme en noir, le tueur en série qu'ils recherchaient.
09:11Il s'appelle Martin Ney.
09:13Qui est-il ?
09:14Martin Ney, c'est un ancien éducateur pour enfants
09:19qui est originaire du nord de l'Allemagne.
09:22Et très vite, il reconnaît être l'auteur des trois meurtres qu'on lui appute.
09:27Et il reconnaît aussi être l'auteur de nombreuses agressions sexuelles.
09:31On l'interroge très vite sur Jonathan,
09:34mais il nie totalement sa responsabilité,
09:36il dit qu'il n'a absolument rien à voir avec la disparition de Jonathan à Saint-Brévin.
09:39L'année suivante, Martin Ney est condamné par la justice allemande
09:42à la perpétuité pour les meurtres de ses trois jeunes garçons en Allemagne.
09:47En janvier 2017, l'un de ses co-détenus, qu'on appellera Marcus,
09:52parle aux enquêteurs allemands.
09:54Pourquoi et que dit-il ?
09:55En fait, Marcus a fréquenté le même centre pénitentiaire que Martin Ney.
10:01Marcus a eu des soucis dans sa détention et Martin Ney l'a un peu protégé.
10:05Donc ils se sont mis à parler, une relation de confiance a instauré entre eux.
10:10Et Marcus raconte qu'à un moment donné,
10:12Martin Ney lui a dit qu'il avait abusé d'un garçon en France et qu'il l'avait tué.
10:17Marcus détaille son mode opératoire.
10:19Selon lui, Martin Ney raconte qu'il roulait au hasard avec sa voiture,
10:23mais en envisageant la possibilité d'abuser d'un enfant.
10:26Pendant qu'il roulait, soit ce désir retombait, soit il augmentait.
10:30Et dans ce cas-là, il se dirigeait vers une colonie de vacances ou un centre de classe verte
10:34où il savait qu'il pourrait y trouver des garçons endormis.
10:38Après s'être garé, il prenait ensuite dans son coffre un masque et des gants
10:42qu'il emmenait toujours avec lui.
10:44Et il entrait discrètement dans le bâtiment.
10:46Timothée Boutry et Marcus donnent d'autres éléments aux enquêteurs.
10:50Alors il dit qu'il s'en prend à ses enfants
10:53et qu'il devient violent et agressif si ceux-ci lui résistent.
10:58Et c'est à partir de ce moment-là que ça peut basculer dans quelque chose d'autre
11:02qu'une agression sexuelle qui est sa motivation première aussi.
11:06Et il décrit un homme très cynique et qui est aussi soucieux de sa postérité
11:10en se disant « Est-ce qu'on se souviendra de moi comme d'un grand criminel dans l'histoire
11:15allemande ? »
11:16Près d'un mois plus tard, le 22 février,
11:18Marcus est à nouveau interrogé par des policiers de la cellule d'enquête
11:21dédiée au crime de Martine Ney.
11:23Oui, en fait, il poursuit ses premières explications
11:26parce que d'emblée, il parle de cet épisode qui serait arrivé en France.
11:30Et donc là, il continue.
11:32Il dit « Il m'a reparlé de cet épisode en France
11:35et il m'a dit qu'il avait refusé de parler à un policier français qui était venu l'interroger.
11:39Ça, c'est exact d'ailleurs. »
11:40Parce qu'à plusieurs reprises, les enquêteurs français et les juifs d'instruction
11:42se sont rendus en Allemagne pour interroger Martine Ney à chaque fois.
11:45Il a refusé.
11:45Et il y a une espèce de jouissance de ne pas avoir parlé aux enquêteurs
11:49en disant « J'aurais pu leur dire des choses, mais je ne l'ai pas fait. »
11:52Il explique aussi que Martine Ney lui aurait fait des confessions
11:55sur des meurtres qu'il aurait commises en Belgique, aux Pays-Bas et aussi en Amérique du Sud.
12:00Alors ça, c'est intéressant parce que Martine Ney a effectué de nombreux séjours en Amérique du Sud.
12:05Pour les enquêteurs allemands, ça compte de voir que Marcus dévoile quelque chose
12:08qui n'était pas forcément su.
12:10Donc ça donne du poids à son témoignage, évidemment.
12:12Au mois de mai, toujours en 2017, il demande une nouvelle fois à parler aux enquêteurs allemands
12:16et il précise qu'il a des choses importantes à leur dire.
12:19Oui, en fait, cette audition va être décisive dans l'enquête sur la disparition et la mort de Jonathan.
12:25Parce qu'en fait, Marcus envoie d'abord un courrier en disant
12:27« Les souvenirs me sont revenus sur les confidences de Martine Ney »
12:31et notamment qu'il s'était étonné de ne pas avoir été arrêté plus tôt
12:35parce qu'il lui aurait expliqué avoir oublié des éléments
12:37qu'il relie directement à ce crime sur place,
12:39notamment qu'il aurait perdu un sac avec des documents personnels à l'intérieur
12:42et aussi qu'un témoin l'aurait aperçu sur place au moment des faits.
12:46Voilà, il dit « Mais je ne comprends pas.
12:47À la fois, j'ai oublié mon sac avec des papiers et on m'a vu et j'aurais dû
12:50être arrêté. »
12:51C'est en substance ce que raconte Marcus.
12:59Les gendarmes français sont informés et ils font le lien avec un témoignage présent dans le dossier depuis longtemps.
13:04Ça va là encore être un élément assez décisif de cette enquête
13:07parce qu'en fait, très vite, un agriculteur de la région qui habitait de près de Guérande
13:11s'est manifesté en expliquant qu'il avait aperçu un homme emprunter une petite allée
13:18et se garer près d'un étang.
13:19Et donc, il est allé voir sur place avec son tracteur de quoi il était question
13:23et qu'il avait vu cet homme assez grand, la voiture avec le coffre ouvert,
13:29la voiture garait le nez vers l'étang.
13:31Et l'agriculteur explique que quand il est arrivé à ce moment-là,
13:34qu'il a éclairci la scène avec les phares de son tracteur,
13:37l'homme, calmement, est revenu à sa voiture, a fermé le coffre
13:41et il est reparti en voiture et il a repris ce petit chemin et a poursuivi sa route.
13:45L'homme en noir, Martinet, raconte à Marcus à peu près la même scène.
13:49Oui, c'est ça. Il raconte une scène quasiment similaire en disant
13:54« Il y a quelqu'un qui m'a vu à ce moment-là et je ne comprends pas pourquoi
13:58je n'ai pas été arrêté. »
13:59Il dit même qu'il a été frappé par le regard de l'agriculteur.
14:02Oui, il dit qu'il a été en gros percé à nu par cet homme qui l'a surpris,
14:07alors que sans doute, peut-être, on imagine, il allait se débarrasser de la dépouille de Jonathan.
14:11Évidemment, c'est ce qu'on imagine.
14:13Et donc, il dit « Mais je ne comprends pas que ce témoignage-là n'ait jamais été exploité,
14:17que cet homme-là n'ait pas été entendu. »
14:18Il pense qu'il n'a pas été entendu.
14:21L'agriculteur n'a pas reconnu Martinet sur la photo que les gendarmes lui présentent,
14:25mais il est certain d'avoir été face au tueur ce jour-là.
14:28Oui, il en est convaincu, évidemment, par la scène décrite qui est plus que troublante,
14:35d'un homme seul en pleine nuit, garé près d'un étang avec un coffre ouvert.
14:39Et quand on sait ce qui est arrivé à Jonathan, forcément, ça fait écho.
14:43Alors, il y a eu énormément de recherches qui ont été faites pour essayer de dater précisément
14:48la date à laquelle s'est passée cette scène.
14:50Parce qu'évidemment, il n'a pas de souvenirs très précis.
14:52Il y a eu des recherches sur la météo.
14:55On pense qu'il était à peu près 22 heures, il dit qu'il ne pleuvait pas.
14:57Alors, on a essayé de savoir quel jour ça pouvait être.
14:59Son fils a été entendu.
15:01On n'a jamais su la date exacte.
15:02Mais en tout cas, l'agriculteur est formel.
15:04Et il situe cette scène entre le kidnapping de Jonathan et la découverte de son corps
15:10à Guérande.
15:10Donc, évidemment, dans une période charnière et cruciale de l'enquête.
15:15Et il y a un détail qui conforte ce que dit Marcus à propos de Martinet.
15:18De ce que dit Marcus, Martinet se serait étonné de ne pas avoir été arrêté.
15:23Et notamment parce qu'il avait été surpris par cet homme et son chien.
15:28Et qu'il y avait un chien.
15:29Il décrit un chien lors de cette scène-là.
15:31Or, l'agriculteur, quand il témoigne auprès des gendarmes, il dit que son chien, son berger
15:35allemand l'a suivi, a suivi son tracteur et était là au moment de cette scène où il
15:40voit cet homme avec le coffre ouvert et une voiture avec des plaques allemandes.
15:43Et ça, ce détail du chien, là encore, ça donne énormément, énormément de poids
15:48aux révélations de Marcus sur Martinet.
15:50Marcus raconte aussi que Martinet tenait un journal virtuel numérique de ses crimes.
15:56Oui, il explique qu'il collectionnait des éléments qu'il rattachait à ses victimes.
16:01Dans son ordinateur, on a trouvé énormément d'images pédopornographiques, plus de 30 000.
16:06Et ce qui est plus troublant, c'est que les enquêteurs ont découvert qu'il participait
16:12à un forum internet à l'époque et sous différents alias, il intervenait.
16:17Et sous un de ces alias, il intervient justement entre le kidnapping de Jonathan et la découverte
16:24de son corps et il dit qu'il faut s'intéresser à l'homme en noir, il a encore frappé.
16:28Et il y a un lien vers un reportage télévisé sur la disparition de Jonathan.
16:32Donc évidemment, c'est extrêmement troublant.
16:37Timothée Boutry, Martinet, qui est donc détenu en Allemagne,
16:41a été remis aux autorités françaises récemment, le 21 janvier.
16:45Oui, enfin, si je puis dire, il aura fallu 10 ans entre son arrestation et sa remise aux autorités françaises.
16:51Alors c'est notamment dû à Martinet lui-même, puisqu'il a refusé à plusieurs reprises
16:55de rencontrer les enquêteurs et les juges d'instruction.
16:57Il s'est opposé à sa remise aux autorités françaises et finalement,
17:00toutes les voies de recours ont été épuisées.
17:03Il a finalement enfin, enfin été remis à la France.
17:06Et présenté au juge d'instruction.
17:07Et le 25 janvier à Nantes, il a été mis en examen pour le meurtre de Jonathan Coulon.
17:13Il est en France pour 8 mois.
17:15Que peut-il se passer pendant cette période ?
17:16Il va être convoqué à plusieurs reprises par le magistrat d'instructeur.
17:20Il va être confronté aux différents éléments du dossier.
17:24Évidemment, aux déclarations de Marcus, aux déclarations de cet agriculteur, on va refaire son parcours criminel, il va y avoir
17:30une expertise qui va être ordonnée puisque c'est obligatoire dans le cadre d'une instruction criminelle.
17:35Donc vraiment, on va travailler, si je puis dire, ce suspect et le confronter aux éléments du dossier.
17:40Et évidemment, espérer qu'il raconte des choses sur cet épisode qu'il nie farouchement.
17:46Quel est l'espoir de la famille de Jonathan aujourd'hui ?
17:48Alors l'espoir, c'est de connaître évidemment la vérité.
17:51Alors je me suis entretenu avec la sœur de Jonathan.
17:53Elle est convaincue de la culpabilité de Martinet.
17:56Alors ce sera évidemment à une cour d'assises si jamais elle était mise en accusation de se prononcer.
18:00Mais évidemment, ce que la famille de Jonathan attend avant tout, c'est des explications, un procès aux assises qui
18:06permettent de connaître la vérité sur la mort de Jonathan.
18:11J'ai besoin de savoir la vérité, même si ça fait mal, j'en ai besoin.
18:15Et savoir si mon fils a souffert surtout.
18:17Parce qu'il est avec moi.
18:19Il restera toujours avec moi.
18:32Merci à Timothée Boutry.
18:34Cet épisode a été produit par Mathias Penguilly, Raphaël Pueyo et Thibaut Lambert.
18:39Réalisation, Julien Moncouquiole.
18:41N'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr ou à nous interpeller sur les réseaux sociaux.
18:47Codesource est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
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18:57Et puis si vous aimez Codesource, dites-le nous en laissant des petites étoiles ou un commentaire sur votre application
19:03préférée.
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