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L’humoriste joue actuellement un « Nouveau spectacle » à travers la France… qui pourrait bien être son dernier. Code source retrace son parcours avec Grégory Plouviez, journaliste au service culture et loisirs du Parisien.


Dans ce podcast : L'humoriste Gaspard Proust 45 ans parle très peu dans les médias mais il a accordé une interview au Parisien publiée le lundi 4 octobre. Il y évoque son nouveau spectacle avec notamment deux dates les 5 et 6 novembre à la scène musicale à Boulogne Billancourt près de Paris. Un spectacle qui pourrait bien être son dernier.
€n 2007 Gaspard Proust se produit sur une scène à Paris dans une toute petite salle s'appelle la
Petite Loge la particularité c'est que c'est le plus petit théâtre de Paris, 25 places pas toujours rempli d'ailleurs. Il rôde son tout premier spectacle qui est de son propre aveu une espèce de ramassis de tout ce qu'il a donc des textes sensés drôle des chansons drôles et pas drôle voilà une espèce de potpourri. C'est une période où il se cherche…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian


Archives : Canal+.


#gaspardproust #humour #nouveauspectacle

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12L'humoriste Gaspard Proust, 45 ans, parle très peu dans les médias.
00:16Mais il a accordé une interview aux Parisiens, publiée le lundi 4 octobre.
00:20Il y évoque son nouveau spectacle, avec notamment deux dates,
00:23les 5 et 6 novembre à la scène musicale à Boulogne-Biancourt près de Paris.
00:27Un spectacle qui pourrait bien être son dernier.
00:30Cet épisode de Codesources est raconté par Grégory Plouvier,
00:33chef adjoint du service culture du Parisien.
00:35Il suit notamment l'actualité des humoristes.
00:44Grégory Plouvier, il y a une chose qui n'est pas connue concernant Gaspard Proust,
00:47c'est que le français n'est pas sa langue maternelle.
00:50Eh bien oui, il est d'origine slovenne, c'est donc sa langue maternelle.
00:53Et jusqu'à l'âge de 6 ans, il ne parlait pas un mot français.
00:57Vous allez nous raconter tout ça plus tard dans ce podcast Grégory Plouvier.
01:01Mais d'abord, on a choisi de commencer ce récit en 2007.
01:05Cette année-là, Gaspard Proust se produit sur une scène à Paris, dans une toute petite salle.
01:10Il s'appelle La Petite Loge.
01:11La particularité, c'est que c'est que c'est le plus petit théâtre de Paris.
01:1325 places, pas toujours rempli d'ailleurs.
01:16Il rôde son tout premier spectacle qui est de son propre aveu, une espèce de ramassis de tout ce qu
01:22'il a.
01:23Donc des textes censés être drôles, des chansons drôles et pas drôles.
01:27Voilà, une espèce de peau pourrie.
01:28C'est une période où il se cherche. Quel était son rêve au départ ?
01:32Au départ, il veut être chef d'orchestre, il veut être écrivain, il aime la musique classique, il aime les
01:39belles lettres.
01:39L'année suivante, en 2008, il est repéré par l'animateur et producteur Laurent Ruquier.
01:43Oui, Laurent Ruquier, qui a toujours un regard assez acéré sur la jeune génération des humoristes et qui voit cet
01:51ovni.
01:52Vous n'avez jamais vu un jeune humoriste aussi étonnant sur scène.
01:55Étonnant parce qu'il n'aime pas les humoristes, il n'aime pas le public, il n'aime pas faire
01:59rire, mais il y arrive quand même.
02:00Arthur Rubinstein disait « Je monte sur scène pour faire l'amour à la salle ».
02:06Alors, ce n'est pas du tout mon cas.
02:10Pas parce que vous n'êtes pas sexy, je veux dire, dans le noir, qui ne l'est pas.
02:17Mais vous avez certainement remarqué que j'ai une politesse, une élégance, une grâce, une hauteur de vue, une pudeur
02:23même,
02:24qui est loin d'évoquer spontanément l'univers du déglaçage au foutre.
02:31Le nazisme, comment vous expliquez ça ? C'est comme un meeting de Ségolène avec des idées.
02:42À partir de 2011, il explose avec son spectacle « Gaspard Proust tapine ».
02:46C'est son premier spectacle qui cartonne parce que sur scène, on découvre un humoriste très provocateur,
02:54avec un sens de la formule très acéré, très vif.
02:58L'ascenseur social, il est bloqué, il est bloqué, il est bloqué.
03:03Il descend très bien.
03:06Le problème, c'est que tout le monde veut le prendre à la montée.
03:08Les pauvres veulent devenir riches.
03:10Mais pourquoi ?
03:14Je veux dire, réfléchissez, sans pauvres, quel avenir pour le catholicisme ?
03:18Les gens font mine d'être choqués.
03:20Il a vraiment cet art de dire les choses les plus provoquantes, les plus choquantes,
03:24tout en flirtant avec Aïne Jaune sans jamais la dépasser.
03:26À quoi est-ce qu'il ressemble sur scène ? Est-ce que vous pouvez nous le décrire ?
03:29Il est assez sobre, petit costume d'ex-banquier.
03:32Il ne bouge pas beaucoup.
03:34Ce côté direct, posé et qui balance ses vannes avec une espèce de détachement presque cynique.
03:41Et en tout cas, assez éloquent.
03:43Il parle aussi de politique.
03:45Avec un leitmotiv déjà, qui est de tirer aussi bien à gauche qu'à droite.
03:50Vous savez, moi je suis de la génération Mitterrand.
03:52C'est une génération où tout était possible.
03:55Bernard Tapie était ministre.
03:58De gauche.
04:04C'est comme si Madoff écrivait les discours de Mélenchon.
04:07C'est à peu près...
04:09Puis Mitterrand, à l'époque, il ne s'alliait pas avec les écologistes.
04:12Ils coulaient leurs bateaux dans les ports dans le Pacifique.
04:17Si Mitterrand était là, Duflo serait en train de dériver dans la scène façon petit Grégory.
04:21Il arrose vraiment à peu près tout le monde.
04:23Personne ne sort vraiment indemne du spectacle.
04:25En tout cas, on est très loin du politiquement correct.
04:27C'est un peu son front de commerce.
04:29C'est d'aller sur des terrains glissants, volontairement glissants.
04:32On l'accuse de misogynie.
04:34On l'accuse de côté un peu réac.
04:36Voilà, il y va franco.
04:38Les gens d'autrefois étaient beaucoup plus brillants que les gens d'aujourd'hui.
04:42C'est pas réac que de dire ça.
04:44Et je le prouve.
04:46Sous Jules César, les esclaves parlaient latin.
04:54Trouver une femme de ménage qui parle grec.
04:58Enfin, ça, ça va encore arriver.
05:02C'est dans les tuyaux, ça arrive.
05:04À partir de là, il est souvent présenté par les journalistes comme un humoriste de droite.
05:09C'est une étiquette qu'il ne revendique pas du tout.
05:11C'est pas forcément ce qu'il pense, lui.
05:12Mais cette étiquette-là, d'humoriste, en tout cas pas de gauche, si ce n'est de droite,
05:16lui colle au début un peu au basket.
05:19À partir de 2012, Gaspard Proust est recruté par l'animateur Thierry Gardisson
05:23comme chroniqueur dans son émission « Salut les terriens » sur Canal+.
05:28Bonjour, bonjour, c'est « Salut ».
05:30Je suis vraiment très content de reprendre.
05:33Je tenais à le dire parce que ça ne se voit pas toujours sur mon visage.
05:36Il remplace Stéphane Guillon.
05:38Pendant trois ans, chaque semaine, il aura cette chronique-là.
05:41Ça lui permettra vraiment d'être connu du grand public, de découvrir son style.
05:45Ça marche très bien.
05:46En fait, les armes chimiques, c'est un peu comme la fellation.
05:48Comme sucer n'est pas trompé, flingué n'est pas exterminé.
05:52On est en plein quinquennat Hollande.
05:54Donc les affaires Gaillet, etc., il en fait son miel.
05:57Et il commence à imprimer vraiment sa patte.
06:00En tout cas, le maréchal des logis-chefs à Hollande, il veut y aller.
06:04C'est à côté d'Obama, c'est le gendarme de Saint-Tropez qui se tire la bourre avec Rambo.
06:12En janvier 2016, il lance son nouveau one-man show intitulé, tout simplement, « Nouveau spectacle ».
06:17L'ossature de son spectacle, ça va être les attentats.
06:19Il parle effectivement des conséquences du Bataclan sur l'époque, sur la société française.
06:24Ça part dans tous les sens.
06:25C'est assez bluffant en termes de rythme.
06:28On a l'impression qu'il commence sa phrase, il la termine une heure et demie plus tard.
06:31Enfin, soulagé, fatigué, après avoir livré des dizaines et des dizaines de vannes dans un rythme assez effréné.
06:38Sur le Bataclan, qu'est-ce qu'il dit ?
06:40En fait, il dit au public, voilà, si des terroristes arrivent, faites comme si vous étiez à la mosquée.
06:45Moi, de mon côté, je ferais semblant de ne pas être Gaspard Proust, mais d'être un autre humoriste.
06:50Regardez, j'ai une petite barbe et tout, ça peut passer pour un musulman.
06:53Donc, il en rigole, évidemment, beaucoup de second degré, voire de troisième, quatrième, cinquième degré.
06:57C'est assez efficace.
06:58Et ce nouveau spectacle cartonne ?
07:00Oui, il cartonne très vite et longtemps, vu qu'il va être joué 500 fois pendant les six prochaines années.
07:07400 000 spectateurs, c'est un gros succès.
07:09Et pendant la décennie 2010, Gaspard Proust joue aussi au cinéma.
07:13C'est l'écrivain et réalisateur aussi, donc Frédéric Beck-Bédé, qui lui propose de jouer dans deux adaptations de
07:18ses romans.
07:19Le premier film, c'est L'amour dure trois ans.
07:22Enfin, je vais pouvoir voir un homme qui ne soit ni un ex, ni un futur.
07:25Je ne comprends pas.
07:26Tu seras mon seul ami du sexe masculin.
07:28Ah ouais.
07:29Comme un gay, mais hétéro, quoi.
07:32Tu ne crois pas en l'amitié homme-femme ?
07:33Ah ben non, je ne crois pas en quelque chose qui existe.
07:35En l'occurrence, l'amitié homme-femme, c'est comme l'énergie éolienne, on en parle, mais il n'y
07:40en a pas, quoi.
07:41Il récidive quelques années plus tard avec l'idéal, qui est l'adaptation d'un autre roman de Frédéric Beck
07:46-Bédé.
07:47D'un mot, qu'est-ce que Frédéric Beck-Bédé aime chez Gaspard Proust ?
07:50C'est vraiment son alter ego, c'est l'expression qu'il utilise.
07:53Il dit, voilà, parfois, je commence une phrase et Gaspard la termine.
07:57Dans ce côté un peu cynique, un peu provocateur, un peu désabusé, un regard désabusé sur la société actuelle, ils
08:05se ressemblent beaucoup.
08:07Voilà, ils ont presque cette gemellité.
08:11Grégory Plouvier, cette année, Gaspard Proust revient sur scène avec une nouvelle édition de son nouveau spectacle, le titre n
08:18'a pas changé.
08:19A cette occasion, vous interviewez l'humoriste à Paris, dans un grand hôtel, le Meurice, le samedi 18 septembre.
08:25D'abord, il faut dire qu'il n'aime pas les interviews.
08:28La dernière qu'il avait accordée à la presse nationale, c'était en 2019, le journal Le Point.
08:33C'est un exercice qu'il n'aime pas particulièrement.
08:37Premier contact avec Gaspard Proust à l'hôtel Meurice.
08:39Il me prévient tout de suite, il me dit, voilà, je vais enregistrer notre entretien.
08:42Pourquoi ?
08:43Ah, pour avoir, soit pour moi, soit pour être sûr de retrouver ce que j'ai dû.
08:47Je savais que c'est parfois un peu parano.
08:48Ce qui est une pratique rare ici, pour ne pas dire inédite.
08:52Lorsqu'on interview une personnalité, nous on enregistre évidemment pour pouvoir retranscrire les propos, mais l'inverse n'est pas
08:58vrai.
08:58Il me dit, voilà, j'ai eu des expériences malencontreuses.
09:02Ah oui, c'était vraiment, c'est qu'on s'est raconté l'histoire inverse de ce que j'ai
09:06dit.
09:08Quand on tombe là-dessus, on n'est pas contents.
09:11Du coup, il me le dit de manière clairement, en me disant que ce n'est pas du tout une
09:14défiance contre moi, mais qu'il enregistrera leur entretien.
09:20On parlait au début de ce podcast du fait que le français n'est pas sa langue maternelle.
09:23C'est le Slovène, la Slovénie, où il est né le 28 juin 1976, dans la ville de Novo Miesto,
09:30près de la Croatie.
09:31En 1982, quand il a six ans, sa famille quitte la Yougoslavie.
09:37À l'époque, les premières tensions apparaissent dans la région.
09:40On n'est pas encore dans la guerre de Yougoslavie, mais ça commence à être un peu tendu.
09:44Ils finissent effectivement par partir en Algérie, donc de l'autre côté de la Méditerranée,
09:48parce que le père de Gaspard travaille dans une compagnie gazière qui officie en Algérie.
09:55Et du coup, c'est en Algérie qu'il se met au français ?
09:57Oui, parce qu'il est inscrit en CP, dans le lycée français d'Alger.
10:03Il se retrouve propulsé dans une classe sans parler un seul mot de français.
10:07Au bout de trois mois, il a réussi enfin à choper la langue et à choper les expressions assez vite.
10:12C'est aussi là-bas qu'il voit ses premiers films en français.
10:15Donc, L'As des As avec Jean-Paul Mmondo, La Grande Vadrouille avec Louis de Funès.
10:19C'est très important pour lui parce que c'est ce qui lui permet de rentrer dans la culture francophone
10:24et de pouvoir avoir le même code que ses petits camarades.
10:26En 1994, quand il a 17 ans, Gaspard Proust, son frère et sa mère doivent quitter l'Algérie.
10:31Oui, c'est le début des années de plomb. C'est la guerre civile.
10:34Le père doit rester pour raisons professionnelles en Algérie.
10:37La mère et les deux frères quittent le pays et vont s'installer de l'autre côté de la Méditerranée.
10:42La famille s'installe en Suisse. Gaspard Proust est un bon élève.
10:45Et pour faire plaisir à ses parents, il fait une école de commerce HEC Lausanne.
10:50Grégory Plouvier, comment est-ce qu'il débute dans la vie active ?
10:53Il est gestionnaire de fortune.
10:54C'est son premier métier. Il gère des portefeuilles de riches propriétaires.
11:00C'est comme ça qu'il commence sa carrière.
11:01Mais ça ne lui plaît pas ?
11:02Non, assez rapidement, il a trouvé ça assez lassant.
11:05Et puis même un problème de quête de sens.
11:07Pourquoi gérer la fortune des autres ? Il va vite arrêter.
11:11C'est à ce moment-là qu'il se lance donc dans une carrière artistique.
11:14Et on en revient au début de cet épisode à Côte-Source.
11:17C'est là, en 2007, qu'il vient à Paris.
11:20Grégory Plouvier, aujourd'hui, ça fait une petite quinzaine d'années qu'il vit en France.
11:24Il adore la France.
11:25Mais il n'est pas français.
11:27Et vous lui demandez, pendant l'interview, pourquoi il n'a pas demandé la nationalité française.
11:31Il est slovéne, il est également suisse.
11:33Il a un passeport helvétique, mais effectivement, il n'est pas français.
11:36Il dit qu'il ne faut pas nécessairement appartenir à un pays pour l'aimer.
11:40Et puis quelque part, pour le métier qui est le sien,
11:42avoir ce recul sur le pays qu'il observe, ce n'est pas plus mal.
11:46Il reconnaît par contre que ce n'est pas le meilleur choix au niveau des impôts.
11:49D'un point de vue fiscal, la stratégie d'habiter en France lorsqu'on est suisse.
11:53En plus, il n'habite pas loin de la frontière.
11:55Ce n'est pas la plus optimale.
11:56Oui, parce que ça fait trois ans qu'il a quitté Paris.
11:59Il habite maintenant dans les Alpes.
12:00Il disait que Paris n'était pas une fin en soi,
12:03que c'était un passage obligé lorsqu'on lance des projets,
12:05des spectacles pour se faire connaître d'habiter là-bas.
12:08En revanche, ce n'est pas du tout un citadin.
12:10Il a besoin de l'air pur.
12:12Il adore l'alpinisme.
12:14Il adore faire son footing au pied des montagnes.
12:17Il habite à 1200 mètres d'altitude.
12:19C'est son nouveau cadre de vie.
12:20Il ne le changerait pour rien au monde.
12:22Il a une compagne, mais dans les Alpes, il a un mode de vie plutôt solitaire.
12:26Ce n'est pas quelqu'un qui est très dans le showbiz,
12:29dans ce genre de choses.
12:32S'il pouvait rester le plus solitaire possible,
12:35ça lui irait très bien.
12:36Après, il le dit aussi pour fabriquer des blagues.
12:39L'interaction sociale, c'est quand même mieux.
12:41Donc souvent, ça vient du dialogue,
12:43notamment avec son frère,
12:44avec qui il fait du ping-bong verbal.
12:46C'est de là que vient l'inspiration pour ses sketchs.
12:49Pendant la crise du Covid et le confinement,
12:51il s'est mis à un instrument.
12:52C'était un de ses rêves.
12:54Il voulait faire du piano.
12:55Il me dit d'ailleurs que la leçon à tirer de tout ça,
12:58il ne faut pas attendre 40 ans quand même
13:00pour apprendre à jouer du piano
13:01parce que ce n'est pas lui qui va devenir Horowitz ou Serkin
13:04comme ça d'un claquement de doigts.
13:06En revanche, il maîtrise pas mal le prélude de Bach.
13:09Il est assez content.
13:09Il commence à trouver pas mal de plaisir par rapport à ça.
13:11C'est un gros fan de musique classique.
13:13Oui, il a une discographie assez impressionnante.
13:16Il en a même fait un spectacle qui s'appelle
13:17« Je n'aime pas le classique, mais Gaspard Proust, j'aime bien ».
13:20C'est vraiment sa passion.
13:21D'ailleurs, sur son compte Instagram,
13:23il ne suit qu'une seule personne.
13:25Une seule.
13:26C'est le pianiste américain Brad Meldo.
13:28Grégory Plouvier, on en vient à la nouvelle version
13:30de son nouveau spectacle
13:32que vous avez pu voir le vendredi 17 septembre
13:34à Brissure-Marne, dans le Val-de-Marne.
13:36À quoi est-ce que ça ressemble ?
13:37Déjà, ça commence de manière assez étonnante.
13:39C'est-à-dire que Gaspard Proust n'est pas sur scène.
13:41Pendant dix minutes, il est dans le noir
13:43et on n'entend que sa voix.
13:44On en prend plein la tête, des vannes, des vannes, des vannes.
13:47J'ai essayé de prendre des notes, c'est impossible, ça va trop vite.
13:49Et c'est assez jubilatoire.
13:51Quand il entre sur scène, il porte une culotte tyrolienne.
13:54Ces grandes culottes traditionnelles en cuir marron avec des bretelles.
13:57Mais il ne dit jamais pourquoi pendant le spectacle.
14:00En fait, il me le dit en interview.
14:02Au début, c'était pour la blague.
14:04Je l'ai vraiment essayé la première fois sur scène comme une boutade.
14:06Et puis j'ai vu que ça apportait quelque chose.
14:08C'est-à-dire que ça rendait le truc plus bouffon.
14:11Plus grotesque.
14:12Ça crée un personnage et ça...
14:15Et finalement, les gens oublient très vite le costume.
14:18En fait, il s'est rendu compte qu'il pouvait aller plus loin,
14:20qu'il pouvait faire davantage le con.
14:21C'est l'expression qu'il utilise.
14:22Ça crée un personnage gentiment odieux, on va dire.
14:26Avant même cette culotte tyrolienne,
14:27il y a toujours eu un décalage entre les horreurs qu'il profère sur scène
14:31et une bonhomie qui se dégage de lui.
14:34Durant l'interview, il me dit qu'un spectateur lui a dit un jour,
14:37voilà, vous dites les pires horreurs, c'est très dur, vous allez très très loin,
14:41mais il y a un côté sympathique dans votre personnage.
14:44Et on m'a dit, non mais tu sais que tu ne te rends pas compte,
14:45mais en fait, il y a un truc sympathique.
14:48Malgré toi, et s'il n'y avait pas ce truc sympathique,
14:51là c'était mort, bien sûr.
14:52Là c'est mort, là il n'y a plus de spectacle, il n'y a plus rien.
14:54Et il me dit, oui, sans ce côté sympathique,
14:56je ne peux pas du tout accrocher les gens,
14:57parce que les gens vont penser que je dis ça au premier degré.
15:01Et le premier degré est totalement dévastateur.
15:03Il n'y a pas d'ambiguïté dans ce spectacle-là,
15:05c'est-à-dire qu'il va très très loin sur plein de thématiques
15:07et on ne se dit jamais, mais c'est un monstre.
15:09Et d'ailleurs, il n'a jamais eu de procès ou de polémique ?
15:12Non, c'est un peu un paradoxe, d'ailleurs,
15:14dont je lui ai parlé pendant l'interview.
15:16Il me dit, non, mais je pense que les gens commencent à me connaître,
15:19savent quel personnage je suis,
15:21et il n'y a pas d'ambiguïté autour de ce qu'il peut dire.
15:24Grégory Plouvier, à la fin de cette interview,
15:25Gaspard Proust vous donne une information inédite.
15:29En fait, lorsque je lui dis que, franchement,
15:31avec nouveau spectacle, il ne s'est pas foulé au niveau du nom de son show,
15:35il me dit, non, vous avez raison,
15:37j'aurais peut-être dû l'appeler dernier spectacle.
15:39Je dis, bon, ben voilà, maintenant c'est un nouveau spectacle,
15:42et puis ce titre est resté,
15:44et peut-être qu'à un moment, j'aurais dû l'appeler dernier spectacle.
15:47Et je pense que peut-être que je l'aurais appelé comme ça, en fait.
15:51Dernier spectacle ?
15:51Ouais.
15:52Alors là, je suis un peu étonné, du coup,
15:53je me rends compte qu'il est plus ou moins en train d'annoncer la fin de sa carrière,
15:57donc je le relance plusieurs fois,
15:59je dis, non, mais voilà, vous n'avez plus jamais remonté sur scène.
16:02J'arrête ce spectacle, c'est sûr,
16:03parce que je n'en ai pas écrit un autre,
16:05je ne vais pas aujourd'hui le projet d'en écrire un autre.
16:07Là, il me répond qu'il n'a pas de spectacle sous la main,
16:10que s'il devait remonter sur scène,
16:12ce ne serait pas avant très longtemps.
16:14A priori, il arrête la scène.
16:16C'est ce qu'il dit, il dit qu'il n'y a plus cette...
16:19C'était une phase dans sa vie, une phase dans sa carrière,
16:22que l'appel de la scène n'est plus une urgence pour lui.
16:26Il dit même que 5 minutes avant de monter sur scène, chaque soir,
16:29il se dit, voilà, qu'est-ce que je fais là ?
16:31Pourquoi je m'inflige un tel stress ?
16:32C'est clairement une page qui se tourne pour lui.
16:35Ces deux dernières dates prévues sont les 5 et 6 novembre,
16:37dans une salle de 4000 places,
16:39la scène musicale à Boulogne-Biancourt, près de Paris.
16:42Qu'est-ce qu'il va faire ensuite ?
16:43Je lui ai posé la question, évidemment.
16:46La réponse est assez évasive,
16:48c'est assez flou dans sa tête, je pense.
16:50L'un de ses rêves était d'être écrivain.
16:52Vous pensez qu'il pourrait écrire ?
16:54Clairement, lorsqu'on gratouille un peu,
16:57lorsqu'on pousse un peu dans ses retranchements,
16:59on sent que le projet n'est pas très loin.
17:02Après, voilà, écrire un livre, ce n'est pas n'importe quoi,
17:04c'est ce qu'il dit, donc il respecte vraiment la discipline,
17:06donc il ne se lancera pas à la légère.
17:08Et puis, en guise de boutade, il dit, voilà,
17:11de toute manière, si vous voulez faire rire Dieu,
17:13parlez-lui de vos projets.
17:15Et donc, vous n'avez pas les interviews ?
17:18Je vous dirai ça une fois que je dirai la vôtre.
17:24Merci, Grégory Plouvier.
17:25Je rappelle que vous êtes responsable adjoint
17:27du service Culture Loisirs du Parisien.
17:30Le Parisien, c'est 400 journalistes mobilisés
17:32pour vous informer avec des bureaux
17:34dans tous les départements d'Île-de-France et l'Oise,
17:36à retrouver sur leparisien.fr.
17:39Et CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien,
17:42est disponible sur toutes les plateformes audio.
17:44Cet épisode a été produit par Thibaut Lambert
17:46et Sarah Amny, réalisation Julien Moncouquiol.
17:50Si vous aimez CodeSource, n'oubliez pas de vous abonner,
17:52de nous laisser des petites étoiles
17:54ou un commentaire sur votre application préférée.
17:56et puis vous pouvez aussi nous écrire directement
17:58code-source-at-le-parisien.fr
18:01C'est parti !
18:04C'est parti !
18:09C'est parti !
18:25C'est parti !
18:25C'est parti !

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