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Après son émouvant hommage à la réalisatrice Agnès Jaoui aux César, l’humoriste est de retour à la télévision avec la sortie de sa nouvelle sitcom « Terminal », sur Canal+. Grégory Plouviez, journaliste au service culture du Parisien, revient sur la carrière de Jamel Debbouze dans Code source.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -

Archives : Canal+.

#jameldebbouze #humoriste #humour

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Jamel Debbouze a refait parler de lui ces derniers mois, d'abord avec son discours
00:16hommage à Agnès Jaoui au César en février, et deux mois plus tard, le 22 avril, avec
00:21la sortie de sa nouvelle série sur Canal+, Terminal, une série tournée en public comme
00:27H, il y a environ 25 ans. L'humoriste n'a pas connu de grand succès populaire depuis
00:31longtemps, mais il est considéré comme un très grand du rire, parce qu'il a changé
00:36le visage de l'humour en France en popularisant le stand-up avec son émission le Jamel Comedy
00:41Club. Qui est Jamel Debbouze ? Comment est-il devenu une star ? Récit de Grégory Plouvier,
00:47chef adjoint du service Loisirs et Culture du Parisien, il suit notamment les humoristes.
00:59Merci d'accueillir Jamel Debbouze.
01:04Grégory Plouvier, le vendredi 23 février, Jamel Debbouze est sur la scène de l'Olympia,
01:1049ème cérémonie des Césars. Il fait un discours pour la comédienne et réalisatrice
01:15Agnès Jaoui, avant de lui remettre un César d'honneur.
01:18Bonsoir à tous, merci infiniment de me donner le privilège de remettre ce César d'honneur
01:22à une personne que j'aime profondément.
01:24Il est sanglé dans un magnifique costume bleu, il a l'œil à la fois rieur et on sent
01:28que l'émotion n'est pas loin. Il commence son discours sur une note comique en racontant
01:33qu'Agnès Jaoui, malgré ses six Césars déjà, en tant que scénariste et réalisatrice,
01:38elle est très discrète par rapport à ce succès-là. Elle les cage dans un placard
01:41chez elle alors que lui, s'il avait au moins un César, il en ferait un pendentif, il demanderait
01:45à toutes les mairies de France de mettre son portrait dans le hall.
01:48Et j'exigerais une photo de moi dans toutes les mairies de France. Surtout à Béziers,
01:52à Aïlin-Beaumont et à Orange.
01:54Donc des villes d'extrême droite, qu'il est déjà sur un registre mêlant humour, émotion
01:58et engagement.
02:00Grégory Plouvier, on va revenir sur ce discours à la fin de ce podcast, mais on va d'abord
02:05retracer le parcours de Jamel Debouze. Un mot sur son actualité récente, il co-réalise
02:10et produit une nouvelle sitcom de Canal+, qui vient de sortir, Terminal.
02:15C'est avec son complice Ramzi Bedia, et puis avec pas mal de nouvelles têtes de la génération
02:21montante du stand-up, comme Tristan Lopin, comme Alexandra Roth, Brahim Boullelle. C'est
02:27une sitcom qui a été tournée en public, ce qui est très très rare en France, et
02:31qui reprend un peu les codes de H qu'il avait lancé il y a plus de 20 ans maintenant.
02:35Jack, tu sais ce que c'est ça ?
02:38Non.
02:39C'est une appli détecteur de mensonges.
02:41Ok.
02:41Ça a été mis au point par la CIA marocaine.
02:43Ok.
02:43On retrouve vraiment l'humour de Jamel, c'est-à-dire que c'est un humour qui joue
02:47sur la gague de situation, qui joue sur les jeux de mots, il est dans l'outrance.
02:51Personnellement, moi je trouve que ça fonctionne bien, et le public qui a reçu les premiers
02:55épisodes du festival de Cannes, de série, a aussi donné un très bon accueil à cette
03:00sitcom.
03:01Je trouve que t'es vraiment un des hommes les plus beaux de cet aéroport.
03:08marche bien.
03:09C'est pas très...
03:10Si, si, c'est précis.
03:11Pas très précis.
03:12Ah, moi j'ai trouvé que ça répond bien.
03:16Jamel Debouze est né le 18 juin 1975 dans le nord de Paris, à l'hôpital Lariboisière,
03:21près de Barbès.
03:22Mais il grandit à Trappes, dans les Yvelines, dans une famille populaire.
03:26Il grandit en fait, pas dans des tours HLM, il grandit dans des pavillons HLM, donc à
03:30Trappes, ville communiste des Yvelines, où il y a pas mal de vie culturelle, donc il peut
03:35effectivement bénéficier de pas mal d'activités.
03:38Il grandit dans une famille qui n'est pas aisée économiquement, c'est certain.
03:41Son père travaille comme agent de maintenance à la RATP, sa mère fait aussi des ménages
03:46chez Bouygues et multiplie parfois les petits boulots parce que la famille a du mal à joindre
03:51les deux bouts, notamment lorsque le père rencontre des pépins de santé et qui du coup doit mettre
03:55un peu la pédale douce sur ses activités professionnelles.
03:58Djamal, qui est l'aîné d'une fratrie de 6, va commencer à travailler assez tôt sur
04:02les marchés notamment, déjà où il commence à exercer sa gouaille.
04:06Et voilà, il grandit dans un milieu avec pas mal de copains d'enfance dont certains
04:11deviendront célèbres, comme l'humoriste et comédien en Marcy et le joueur du football,
04:16Nicolas Anelka.
04:17En 1990, le 17 janvier, quand il a 14 ans, Djamal Debouze est victime d'un accident à la
04:23gare de Trappes. Il était dans la gare avec d'autres ados, ils ont traversé les voies,
04:27ils ont été fauchés par un train Nantes-Paris. Un jeune est mort, lui a été percuté,
04:32il a perdu l'usage de sa main droite qui est paralysée. Les parents du jeune décédé
04:36ont accusé ensuite Djamal Debouze d'homicide involontaire, mais la justice a conclu un non-lieu.
04:42Grégory Plouvier, toujours quand il est ado, le jeune Djamal découvre le théâtre.
04:47C'est pas un très bon élève, il se fait renvoyer du cours de mathématiques et il
04:51erre un peu dans les couloirs du collège. Lorsqu'il voit en fait en bas des élèves
04:56qui font un cours d'improvisation théâtrale, il se moque un petit peu d'eux et le professeur,
05:01au lieu de le sermonner, lui dit bah tiens tu veux faire le mariole ? Descends, descends
05:05de ta passerelle et viens avec nous sur l'estrade voir un peu ce que tu vaux sur les planches.
05:10Et là c'est un coup de foudre le théâtre.
05:11C'est une révélation pour lui. Grâce notamment à ce professeur qui s'appelle Alain Degoy,
05:17surnommé Papy et qui deviendra son premier metteur en scène, il découvre le pouvoir
05:21de faire rire. Et faire rire les gens, ça déclenche en lui une vague d'émotions incroyables
05:28et surtout il se révèle très très fort. C'est-à-dire qu'on l'inscrit à des concours,
05:33il participe avec la troupe de Trappes au championnat de France, il va même jusqu'à Montréal
05:38où il devient vice-champion du monde d'improvisation. Clairement, il développe son don.
05:46En 1995, quand il a 20 ans, Jamel Debbouze monte sur scène avec son premier spectacle intitulé
05:52« C'est tout neuf » et à ce moment-là, en avril 1995, le journal local de France 3
05:57parle
05:58de lui. C'est une archive qui est assez savoureuse à revoir aujourd'hui parce que
06:11c'est sa toute première télévision, donc c'est France 3, Île-de-France, qui rentre
06:15dans l'appartement familial des Debbouze à Trappes pour présenter ce jeune humoriste
06:19qui, à 20 ans, monte sur scène. Et on découvre en fait un Jamel Debbouze à la bouille
06:25enfantine, adolescente, mais qui a déjà cet art virtuose de croquer un peu les gens
06:32qu'il croisent. En quelques secondes, dans sa cuisine, il est capable de faire un sketch
06:37devant la caméra. Il est déjà très fort.
06:40Je prends le bus, il m'arrive une galère. Tout de suite, j'en fais quelque chose. Je mange
06:45avec ma mère, des fois, c'est carrément un sketch. Mes voisins de gauche, c'est des
06:50sketchs à eau tout seul. La vie à Trappes, c'est un sketch.
06:52Il est où, Zoubir ? Ça fait trois heures qu'il accroche à l'arbre.
06:57Hé, Zoubir, qu'est-ce que tu fais là-haut ? Qu'est-ce que tu cherches ? Des pommes
07:02?
07:02Ça ne m'étonne pas que ça fait trois heures. Descends, un grand con, c'est un chien.
07:06Descends, descends.
07:07La même année, Jamel Debbouze est recruté par la radio Nova.
07:11En fait, à cette période-là, il multiplie les scènes ouvertes dans les cafés-théâtres
07:17à Paris, notamment une au théâtre de Trévise qui, tous les dimanches soirs, donne sa chance
07:21aux jeunes humoristes. Et là, il croise Danny Boone, Gad Elmaleh, Éric et Ramsey. Dans
07:27le public, il y a des gens de la radio Nova, notamment Jean-François Bizot, le patron,
07:32qui sont venus pour repérer des futurs talents pour animer les antennes. Ils sont venus pour
07:37Éric et Ramsey, dans un premier temps. Et là, il découvre effectivement la gouaille,
07:42la tchatche de Jamel Debbouze. Et il lui propose donc d'être embauché à la radio.
07:46Sa mission, elle va être assez insolite, c'est d'aller au cinéma. Donc il ne comprend
07:50pas, je suis payé pour aller au cinéma. Donc au début, il fait rentrer ses potes
07:53par la porte de sortie, c'est ce qu'il dit. Et en fait, on lui demande de raconter l
07:56'histoire
07:57des films, mais avec son oeil à lui, avec son décalage à lui.
08:00A cette période, il fait ses débuts à la télé, d'abord sur Paris Première. Et deux
08:04ans plus tard, en 1998, il rejoint Canal+, où il fait une chronique comparable à celle
08:10de Nova sur le cinéma.
08:12Oui, c'est le cinéma de Jamel. Là, c'est un programme court, un 2-3 minutes, qui devient
08:18très viltoculte. C'est-à-dire qu'il développe sa petite musique à lui, son art de mixer les mots.
08:23Il fait des chroniques sur James Bond, sur Hit avec Al Pacino. Et à chaque fois, évidemment,
08:29il n'est pas au premier degré, il est au deuxième, troisième, quatrième degré. C'est
08:33très, très drôle. Il y a des plans de caméra qui sont très originaux. Il y a un, deux,
08:36trois Jamel qui jouent en même temps. Ça tchatche, ça balance de la vanne. Ça devient
08:41très vite des séquences qui sont remarquées dans l'une des émissions les plus vues
08:44à l'époque. C'est nul par ailleurs.
08:46Ron Schauer, comment il est terrible ce film. C'est l'histoire d'un noir et d'un
08:50chinois qui sont des sapatos. Au début, pour faire le noir, il voulait que ce soit Eddie Murphy.
08:53Mais il ne pouvait pas, parce qu'il était en train de tourner le flic de Belleville,
08:58Beverly Hills. Alors, ils ont décidé de prendre Cressy au cœur. Vous connaissez
09:01Cressy au cœur ? Il compare avec Eddie Murphy. Il est tout noir. Tout tout noir, oui.
09:05Il est noir comme des cailloux. Comme quoi ?
09:08Comme une belle petite marguerite, c'est pour ça.
09:13Hé, espèce de con, va !
09:14Hé, c'était bon à la vanne de me taper aussi, hein !
09:18Il fait rire aussi avec son corps, sa façon de se déplacer, avec toujours sa main droite
09:22dans la poche.
09:22Très vite, effectivement, il développe une gestuelle à la GML. C'est-à-dire qu'effectivement,
09:27il a ce handicap qui l'oblige à garder sa main dans sa poche. Il en fait un atout.
09:31C'est-à-dire qu'il développe une énergie hallucinante, une façon de bouger à lui.
09:36Et il se passe toujours quelque chose à l'écran avec lui.
09:39Toujours sur Canal+, à partir de l'automne 1998 et pendant plus de 4 ans, il a un rôle
09:44clé dans une sitcom, la comédie de situation dont on parlait, sur l'hôpital. H.
09:49C'est une série à cas format américain, donc 22 minutes, sitcom, tournée à l'américaine
09:56là aussi, c'est-à-dire en public. Moi, je me souviens, j'avais 16-17 ans à l'époque
10:00et j'étais allé à l'enregistrement. Et c'était un spectacle. On voyait à l'époque
10:05Djamel Debbouze, mais il y avait aussi Eric et Ramsey, ses potes. Ils portent tous des
10:09blouses blanches. On a Djamel qui est en standardiste, Eric et Ramsey qui sont en infirmier.
10:15Je suis dégoûté, je te jure. Ma mère, elle a adopté un chat siamois. Je suis allergique
10:20au poil de chat siamois.
10:21C'est quoi un chat siamois ?
10:22C'est un chat qui m'appartient, siamois.
10:25C'est du comique de situation, des dialogues qui sont bien ciselés. La sitcom fonctionne
10:29très bien.
10:30Et juste d'un mot, cette série H, elle devient culte ?
10:32Très vite, oui. Parce qu'il y a des répliques qui sont racontées dans la cour de récréation
10:37le lendemain. Parce que c'est la première fois qu'on voit Eric et Ramsey être dans un
10:41tel niveau d'absurde. Parce que Djamel Debbouze fait du Djamel Debbouze à l'époque
10:46déjà. Et c'est une série qui est créée à l'époque par Kader Raoune qui est l'ancien
10:50mentor de Djamel. Ça va cartonner.
10:52En 2001, Djamel Debbouze a un petit rôle dans un succès immense. Le film de Jean-Pierre
10:57Jeunet avec Audrey Tautou, le fabuleux destin d'Amélie Poulain.
11:01Collignon, face de fion.
11:02Ah ouais voilà, tu vois quand tu veux, tu. Allez Collignon.
11:08Collignon, tétagnon.
11:09Oh tétagnon, très bien tétagnon. Collignon.
11:13Collignon, tétagnon, face de fion.
11:14Voilà, voilà.
11:15Collignon, tétagnon.
11:17Collignon, parce qu'il y a cocktail, collignon, tétagnon, collignon, va les effets.
11:20Non, non, non, non.
11:22L'usure, collignon, collignon, va dé Faller bardziej tétagnon.
11:26Collignon !
11:26Weegolf, qu'on a 각rosé tétagnon.
11:29Mais je sais, ça suffit.
11:32L'année suivante, on le retrouve au cinéma
11:34dans Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre
11:36d'Alain Chabat. Il joue
11:37Numérobis, le meilleur architecte
11:40d'Alexandrie. Il rêvait
11:42d'incarner Astérix, Grégory Plouvier
11:44mais il a bien négocié son contrat.
11:46C'est un peu le rôle d'une vie
11:48dans tous les sens du terme.
11:50Le rôle d'une vie, déjà d'un point de vue artistique
11:52parce que même si
11:54c'est pas le rôle d'Astérix, en fait,
11:56clairement, Numérobis, il vole la vedette
11:58à Christian Clavier qui joue Astérix.
11:59C'est lui la star du film
12:02à côté de Gérard Depardieu notamment
12:04et il a bien négocié sur le plan
12:05économique vu que c'est un contrat qui, dit-on,
12:08lui aurait valu 2 millions d'euros
12:10ce qui, à l'époque, est colossal
12:12ce qui lui aurait permis aussi
12:13de construire une villa
12:16en Maroc. Mais surtout,
12:17c'est le rôle qui lui colle à la peau aujourd'hui
12:19encore au cinéma, c'est-à-dire que
12:21c'est des répliques cultes, c'est une prestation
12:24XXL.
12:25Convoque le jour vrai que tu pourras trouver. Fais creuser les fondations là-bas.
12:27Là, à côté du Palmyur, on va faire une grande dada
12:30avec plein de statues, qu'on appellera la grande dada
12:31avec plein de statues. Et là-bas, les jardins,
12:33avec des oliviers, des orangeades, des seuls pleureurs,
12:36des seuls menières. Et là-bas,
12:37le palais, luxuriant, magnifique, chamarré,
12:40avec une grande cour où il y aura plein de danseuses
12:41qu'ils pourront danser. Et juste là,
12:44un petit géranium.
12:46Ouais.
12:47Et il tourne en plus chez lui au Maroc,
12:50ce qui ne gâche à rien.
12:51On fait un saut dans le temps de quelques années. En 2006,
12:54avec le scénariste Kader Raoun,
12:55il lance une émission de télé sur Canal+,
12:58le Jamel Comedy Club.
13:00Décrivez-nous cette émission et pourquoi
13:02elle est importante.
13:03On est en 2006. On est au lendemain
13:05des émeutes urbaines qui ont
13:08frappé les quartiers
13:09de France.
13:11Et on est dans un contexte où
13:13Jacques Chirac demande aux chaînes de télévision
13:16de mettre plus de diversité
13:17à l'antenne. Donc à ce moment-là,
13:20Canal+, travaille sur ce
13:22nouveau format,
13:23donc d'une émission qui donnerait sa chance
13:25à de nouveaux talents de l'humour.
13:28Et c'est comme ça que naît le Jamel Comedy Club.
13:30C'est-à-dire qu'on est dans du
13:32stand-up pur, un micro,
13:34une scène et c'est tout.
13:36Et là, défilent, je dirais, toute une nouvelle
13:38génération d'humoristes qui deviendront
13:40très célèbres. Dès la première saison,
13:42on a Blanche Gardin,
13:44Claudia Taquebaud, Thomas Ndijol,
13:46Fabrice Eboué, des gens qui, aujourd'hui,
13:48remplissent de très grosses salles.
13:49C'est surtout pour moi, cette date de 2006,
13:52le lancement du Jamel Comedy Club,
13:53la naissance du stand-up en France.
13:55Tout simplement. C'est-à-dire que, grâce à cette émission,
13:58il y a plein de gens qui m'ont
14:00dit que sans Jamel, ils n'auraient jamais
14:01fait leur carrière dans l'humour.
14:05La même année, le 27 septembre 2006,
14:08sort un film important
14:10pour Jamel Debbouze,
14:11indigène, de Rachid Bouchareb,
14:13avec notamment Roche Dizem,
14:14Samy Bouajila et Samy Nasseri.
14:17Quel est le sujet de ce film
14:18et pourquoi il marque les esprits ?
14:20C'est un film qui raconte comment la libération
14:23s'est préparée depuis les colonies
14:26à travers la trajectoire de tirailleurs algériens
14:28qui ont œuvré pour la France
14:30lors de la Seconde Guerre mondiale.
14:32C'est un film qui fait parler
14:33parce qu'au-delà de l'aspect artistique,
14:36il lui vaudra un prix d'interprétation à Cannes,
14:39ce qui n'est pas rien.
14:40C'est un film qui va lancer
14:42un débat de société
14:43sur l'importance de rémunérer
14:46les tirailleurs algériens
14:49et de manière plus générale
14:50les soldats africains
14:51et ce qui va déboucher sur une loi.
14:54C'est un long métrage
14:54qui a véritablement fait bouger les lignes
14:58et permis la reconnaissance
14:59de tous ces anciens militaires
15:02qui ont travaillé, œuvré
15:03pour la liberté en France.
15:05Grégory Plouvier,
15:06l'année suivante, en 2007,
15:07Jamel Debbouze rencontre
15:08la journaliste Mélissa Thériault.
15:10À ce moment-là,
15:11elle présente l'émission
15:12Zone interdite sur M6.
15:14C'est une émission phare
15:15à l'époque du paysage audiovisuel
15:17et c'est une jeune journaliste
15:19qui monte,
15:20qui est emmenée sur un reportage
15:22sur le tournage du film
15:24Astérix aux Jeux Olympiques.
15:26Jamel a un tout petit rôle
15:27et ces deux-là se rencontrent
15:29à cette occasion-là.
15:31Mélissa Thériault raconte
15:32qu'il est tellement impressionné,
15:34Jamel,
15:34qu'il lit le monde à l'envers
15:36lorsqu'il croise la jeune journaliste.
15:38Et très vite,
15:40dans les couloirs de M6,
15:41il y a des bouquets de fleurs
15:42qui sont envoyés
15:43le jour suivant.
15:44C'est Jamel qui,
15:45clairement,
15:46est tombé amoureux
15:47de Mélissa
15:47et c'est réciproque.
15:48Ils se marient l'année suivante
15:50dans l'abbaye des Vaudes-Cernay
15:51dans les Yvelines.
15:52Ils se disent oui
15:53devant le curé des Loubards,
15:54Guy Gilbert,
15:55et ils auront ensemble
15:56un garçon et une fille,
15:58Léon et Lila.
15:59À la même période,
16:00Jamel Debbouze joue
16:01dans le troisième film
16:02d'Agnès Jaoui,
16:03co-écrit avec son mari,
16:04Jean-Pierre Bacry.
16:06Ça s'appelle
16:06Parlez-moi de la pluie
16:07et ça sort en septembre 2008.
16:09Oui,
16:10c'est un film important
16:11pour Jamel.
16:12Déjà parce que
16:13le film
16:14est un film,
16:15une comédie dramatique
16:16qui lui permet
16:17de montrer
16:18un autre registre
16:19de jeu.
16:20Ensuite,
16:21c'est la découverte
16:21d'Agnès Jaoui
16:23et de Jean-Pierre Bacry
16:24qui deviennent
16:25en fait des figures
16:25tutélaires.
16:26C'est presque
16:27de la famille pour lui.
16:28C'est-à-dire qu'il passe
16:29énormément de temps
16:30avec Jean-Pierre Bacry
16:31notamment à écrire
16:33des ébauches de scénarios,
16:34des histoires
16:36qui n'aboutiront pas.
16:37Notamment une
16:38qui aurait dû s'appeler
16:39Les Burgeois
16:40qui racontait
16:41l'histoire
16:42d'une famille immigrée
16:42qui gagne au loto,
16:43qui raconte
16:45les difficultés
16:46à changer
16:47de classe sociale.
16:48Ça ressemble
16:48un peu à la trajectoire
16:49de Jamel Debbouze
16:50qui change aussi
16:50de classe sociale.
16:51Mais au-delà
16:52de ces projets d'écriture,
16:53c'est surtout l'amitié
16:54entre ces trois-là
16:55qui commence à ce moment-là.
16:56À partir de 2011,
16:59Jamel Debbouze
16:59organise un festival
17:00d'humour
17:01au Maroc,
17:01son pays d'origine,
17:02le Marrakech du Rire.
17:04C'est un festival
17:05en plein air
17:05qui est organisé
17:07chaque été
17:07en juillet
17:08au pied du Palais Baldi
17:10donc dans un cadre
17:12majestueux.
17:13Effectivement,
17:14il bénéficie
17:14du soutien
17:15du roi Mohamed VI
17:17qui est un proche
17:18de Jamel Debbouze
17:19et défile là
17:20la crème de l'humour
17:22Gadiel Malet,
17:22Florence Foresti.
17:24C'est assez impressionnant.
17:26La première édition
17:26il y a même
17:27Zinedine Zidane
17:28s'est retransmis
17:29à la télévision
17:29sur M6.
17:30C'est un prime time
17:31important
17:32qui s'installe
17:33sur la durée.
17:34En 2012,
17:35Jamel Debbouze
17:35joue dans le film
17:36Sur la piste
17:37du marsupil ami
17:38qui va attirer en salle
17:39plus de 5 millions
17:40de spectateurs.
17:41Grégory Plouvier
17:42au fil du temps
17:43spectateur,
17:44Grégory Plouvier
17:45par ailleurs
17:46au fil du temps
17:46il diversifie ses activités
17:48il devient
17:48un vrai chef d'entreprise.
17:50Oui,
17:50il est à la tête
17:51d'un comédie club
17:52donc le Jamel Comédie Club
17:53qui est situé
17:54sur les grands boulevards
17:55à Paris.
17:55Il dirige
17:57une société de production
17:58il s'occupe aussi
17:59d'événementiel
18:00au Maroc
18:01donc il a cette émission
18:03de télévision
18:04c'est un emploi
18:04de ton de ministre
18:05qu'a Jamel Debbouze.
18:07En 2015,
18:07sort un film d'animation
18:09qu'il a réalisé,
18:10co-écrit
18:11et sur lequel
18:11il travaille depuis des années
18:13Pourquoi j'ai pas mangé mon père ?
18:16J'ai capturé un feu
18:18J'ai devenu mon copain même !
18:19Qui raconte l'histoire
18:20du fils du roi
18:21d'une tribu
18:22rejetée parce que
18:23chétif
18:24qui va devoir
18:25apprendre à se débrouiller
18:26seul.
18:27Jamel joue dans ce film
18:28d'animation
18:29tout comme son épouse
18:30Mélissa Toriot
18:31mais l'accueil est mitigé.
18:33Oui,
18:33un peu plus de 2 millions
18:34de spectateurs
18:35c'est pas un succès énorme
18:37c'est une grosse déception
18:39pour Jamel
18:40qui n'a pas bien vécu
18:41cette expérience
18:42parce que
18:43pour un premier film
18:44se lancer dans un film d'animation
18:46avec d'énormes contraintes
18:47techniques
18:49artistiques
18:49c'est pas forcément
18:50une partie de plaisir
18:52il a pas aimé
18:53cette expérience
18:53il s'est senti un peu manipulé
18:55c'est le terme qu'il emploie
18:56c'est un projet
18:57qui a duré
18:58pendant 7 ans
18:59qui a changé
18:59beaucoup de version
19:00et qui au final
19:01ne correspond pas
19:03à ce qu'il avait
19:03véritablement en tête.
19:04Grégory Plouvier
19:05en 2018
19:05Jamel Debbouze
19:06monte sur scène
19:07pour un nouveau spectacle
19:08son 6ème
19:09Maintenant
19:10où Jamel
19:11c'est comment ?
19:12C'est le retour
19:13de Jamel
19:14sur scène
19:14donc c'est toujours
19:15un moment particulier
19:16on a l'impression
19:17de revoir
19:17un ami
19:18de longue date
19:20on retrouve en fait
19:21Jamel sur ses thèmes
19:22de prédilection
19:22l'immigration
19:23l'intégration
19:25il parle de sa famille
19:26du fait qu'il est
19:27maintenant papa
19:28de deux jeunes enfants
19:29il fait même
19:30une version détournée
19:31des Fables de la Fontaine
19:32La Grenouille et la Belette
19:34qui est assez bien
19:34troussée
19:35après au final
19:36c'est un spectacle
19:37très agréable
19:38mais
19:39qui a du mal
19:41à véritablement
19:42décollé
19:43c'est à dire
19:43qu'il manque peut-être
19:44un élément
19:46pour faire de ce spectacle
19:47un spectacle
19:47d'exception
19:48c'est entre guillemets
19:49juste le plaisir
19:50de revoir Jamel sur scène
19:51ce qui est déjà beaucoup
19:52Grégory Plouvier
19:53le 19 juin 2019
19:54l'édition du Val-de-Marne
19:56du Parisien
19:56titre
19:57coup de fatigue
19:58pour Jamel Debbouze
19:59après une prestation
20:00ratée de l'humoriste
20:02à Ivry-sur-Seine
20:03quelques jours plus tôt
20:03il y a une espèce
20:04d'overdose à ce moment-là
20:05de travail
20:06il arrive avec du retard
20:07les conditions sont difficiles
20:09ça se solde
20:11par un spectacle
20:11qui n'est pas
20:12à la hauteur
20:13des attentes du public
20:14du coup
20:15après une polémique
20:17il rembourse
20:17en fait son cachet
20:18de 60 000 euros
20:19à des associations
20:20de la ville
20:20et la même année
20:22fin 2019
20:23la diffusion
20:24de son spectacle
20:25en direct
20:26sur M6
20:27crée aussi
20:28un petit bad buzz
20:29sur les réseaux sociaux
20:30où les téléspectateurs
20:32jugent que le show
20:33n'est pas
20:34à la hauteur
20:35de la figure
20:36de Jamel Debbouze
20:36d'un mot ça
20:37il le vit mal
20:37il le vit très mal
20:38il le dit
20:39dans plusieurs médias
20:40qu'il va
20:42prendre du champ
20:43ne plus jouer
20:45certains pensent
20:45que c'est un arrêt définitif
20:47évidemment non
20:47mais il dit
20:49qu'il a besoin
20:49de se régénérer
20:51j'arrêterai en décembre
20:52et je sais que je remonterai
20:53pas sur scène
20:53avant des années
20:53c'est certain
20:55parce qu'il va falloir
20:55que je me régénère
20:56d'une certaine manière
20:57si tu me demandes
20:57ce que j'ai envie
20:58de faire là aujourd'hui
20:58rien
21:00absolument
21:00plus rien
21:01j'ai beaucoup
21:02beaucoup
21:02beaucoup donné
21:03et aujourd'hui
21:04j'ai envie de prendre
21:05si je veux pouvoir
21:06surprendre
21:07il faut que je me surprenne
21:08moi-même
21:08et la meilleure manière
21:09c'est d'être en jachère
21:12Jamel Debbouze
21:13a un premier rôle
21:14dans une comédie
21:15qui sort en octobre 2022
21:16le remake du film
21:18Le Jouet
21:19de Francis Weber
21:19avec Pierre Richard
21:20ça s'appelle
21:21Le Nouveau Jouet
21:22Jamel Debbouze
21:23y est drôle
21:24touchant
21:24mais le film
21:25n'est pas un succès
21:26moins d'un million d'entrées
21:27le 23 mars 2023
21:29M6 et Jamel Debbouze
21:30annonce que le Marrakech
21:31du Rire est suspendu
21:33pas d'édition
21:33cette année-là
21:35officiellement
21:35la suspension
21:36est provisoire
21:36mais en réalité
21:37elle est sans doute
21:38définitive
21:39Grégory Plouvier
21:40avec ce festival
21:41et avec le Jamel Comedy Club
21:42Jamel a changé
21:44le visage
21:44du Rire en France
21:45Oui
21:46parce qu'il a
21:47en fait
21:47mis sous les feux
21:49de la rampe
21:49des personnalités
21:51très méconnues
21:52du grand public
21:53en Marrakech du Rire
21:54par exemple
21:55des gens comme
21:56Malik Bentala
21:57des gens comme
21:57Inès Reg
21:58se sont révélés
21:59au plus grand nombre
22:00et pour le Jamel Comedy Club
22:02c'est encore plus important
22:03vu que des dizaines
22:04et des dizaines
22:04d'humoristes
22:05ont eu une carrière
22:06solide
22:06grâce à cette émission
22:07on l'a cité
22:08en début
22:09mais des gens
22:10comme Blanche Gardin
22:11ou Thomas Ndijol
22:12ont démarré là-bas
22:14Grégory Plouvier
22:15on en revient
22:16à la 49ème
22:16cérémonie des Césars
22:18à l'Olympia
22:18le vendredi 23 février
22:20décrivez-nous
22:21la fin du discours
22:22de Jamel Debouze
22:23on rappelle que
22:24quand il parle
22:24Agnès Jaoui
22:25à qui il s'adresse
22:26est dans la salle
22:27Plus le discours avance
22:29plus les yeux
22:31de Jamel Debouze
22:32deviennent humides
22:33on sent l'émotion
22:34poindre
22:35notamment au moment
22:36où il dit
22:36que c'est grâce
22:37à Jean-Pierre Bacry
22:38et Agnès Jaoui
22:39qu'il s'est élevé
22:41et enfin et surtout
22:42dire à Agnès ce soir
22:43à traverser César
22:45toute ma tendresse
22:46parce qu'Agnès Jaoui
22:48m'a élevé
22:48au sens propre du terme
22:50les centaines d'heures
22:51de conversations
22:52que j'ai eu avec elle
22:53m'ont permis
22:53de prendre de la hauteur
22:54élevé au sens artistique
22:56qu'ils lui ont permis
22:57de franchir une étape
22:59sur le plan du jeu
23:00de comédien
23:00mais élevé aussi
23:01sur le plan humain
23:03tout simplement
23:03avec les valeurs
23:05très fortes
23:06que lui ont inculqué
23:07le duo
23:07et il les rappelle du coup
23:09la force
23:10la puissance
23:11d'Agnès Jaoui
23:12au moment de se dresser
23:14contre toute forme
23:14de racisme
23:15contre toute forme
23:16de discrimination
23:17j'ai toujours vu
23:18tenter de tordre la gueule
23:20à la condescendance
23:21au mépris
23:22ou au racisme ordinaire
23:23c'est une déclaration
23:24d'amour très forte
23:26qu'il lui adresse
23:27et dans le public
23:27on voit Agnès Jaoui
23:29très fortement ému
23:31par ce très joli discours
23:35à la fois drôle et mouvant
23:36si on aime aussi profondément
23:38Agnès Jaoui
23:40c'est parce qu'on a tous
23:41un air de sa famille
23:42qu'est-ce que vous vous dites
23:43ce soir-là
23:44après l'intervention
23:45de Jamel Degouze ?
23:46je suis devant mon poste
23:47de télévision
23:48et je me dis
23:48voilà c'est ce Jamel là
23:50que je veux voir
23:51sur scène
23:51c'est-à-dire qu'en l'espace
23:53de 8 minutes
23:56il réussit à nous faire rire
23:57aux éclats
23:58à nous faire pleurer
23:59d'émotions
24:00et je rêve
24:01à ce moment-là
24:01qu'il remonte
24:03sur les planches
24:04pour délivrer
24:04un one-man show
24:06puissant
24:06à la fois drôle
24:08et émouvant
24:09et qui mette
24:10tout le monde d'accord
24:11pour vous
24:11Jamel Degouze
24:12il a un rôle
24:13presque plus important
24:14que sa propre carrière ?
24:16en fait
24:16je pense
24:17tout simplement
24:18que c'est
24:18l'artiste
24:19le plus important
24:20du début du XXIème siècle
24:21en France
24:21pourquoi ?
24:22parce qu'il a
24:24déjà ouvert la voie
24:25à une nouvelle génération
24:26comique
24:27on en a parlé
24:27mais il a aussi
24:28plus largement
24:30installé
24:30une nouvelle musique
24:31une nouvelle façon
24:32de faire rire en France
24:33il a bousculé
24:34les lignes
24:35et ça
24:35ça n'a pas de prix
24:41merci à Grégory Plouvier
24:43cet épisode de Code Source
24:44a été produit par
24:45Clara Garnier-Amourou
24:46Thibault Lambert
24:47et Barbara Gouy
24:48réalisation
24:49Julien Moncouquiol
24:50Code Source
24:51est le podcast quotidien
24:52d'actualité du Parisien
24:54nous vous proposons aussi
24:55deux autres podcasts
24:56disponibles
24:57sur toutes les plateformes audio
24:58comme Code Source
24:59le Sacre
25:00chaque mercredi
25:01jusqu'à Paris 2024
25:02les confidences
25:04de médaillés d'or
25:05olympiques et paralympiques
25:06et puis Crime Story
25:07chaque samedi
25:08une grande affaire criminelle
25:09vous pouvez nous écrire
25:11pour nous faire des retours
25:12code source
25:13at leparisien.fm

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