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00:007h44, c'est l'invité d'ici matin et ce n'est pas une bonne nouvelle, on va encore, encore
00:05arracher beaucoup de vignes cette année dans les Pyrénées-Orientales.
00:08Pour en parler, Simon Colbock, votre invité, c'est le président du syndicat des vignerons DPO.
00:13Bonjour David Drill.
00:14Bonjour.
00:14Pour bien comprendre, il faut rappeler que cet arrachage est proposé par l'État.
00:18Chaque vigneron qui accepte touche 4000 euros par hectare.
00:21L'an dernier, 2500 hectares de vignes avaient été arrachés dans notre département, l'équivalent de 5000 terrains de foot.
00:28Cette année, 1900 hectares, en deux ans, un quart du vignoble des PO va donc disparaître.
00:35C'est énorme. Est-ce que c'est le début de la fin ?
00:37Non, c'est le début certainement d'une modification, d'un changement de notre pratique culturelle et de la viticulture
00:44sur le département.
00:46Est-ce qu'il faut avoir des caves coopératives qui s'adaptent ? Bien sûr.
00:49Est-ce qu'il faut avoir des vignerons indépendants aussi qui vont devoir s'adapter ? Certainement.
00:53Et on est en train de faire un travail en interne avec les organismes de défense et de gestion qui
00:57sont les ODG dans les appellations des Côtes du Roussillon, Muscad et Rivezalte.
01:02Toutes ces appellations sont en train de travailler en interne pour préparer un avenir.
01:05Ce que vous nous dites, c'est qu'on est en train de couper les branches mortes de l'arbre
01:08pour l'aider à repartir, c'est ça ?
01:09On est surtout en train de refaire et de reformer la viticulture départementale par rapport aux difficultés sociétales qu'on
01:18vit et aussi aux pertes de récoltes que nous avons vécues.
01:20Mais quand même un quart du vignoble des Pyrénées-Orientelles qui disparaît en deux ans.
01:24Si on vous avait dit ça il y a dix ans, vous ne l'auriez pas cru ?
01:26Personne ne l'aurait cru. Aujourd'hui, c'est dramatique ce qu'on a vécu et on le voit ne
01:30serait-ce que dans les paysages qu'on peut traverser.
01:32On a une quantité de friches qui sont présentes sur les territoires qui sont quand même assez durs à voir
01:38parfois.
01:39Oui, parce qu'effectivement, on se demande que deviennent ces terrains, ces parcelles où on arrache les vignes.
01:45Les 2500 hectares arrachés l'an dernier, aujourd'hui, qu'est-ce qu'il y a dessus ? Est-ce
01:48qu'on a replanté quelque chose dessus ?
01:49Pour le moment, non. Il y a des friches. Sachant qu'il y a une partie qui ont été faits
01:53des arrachages définitifs mais qui ne seront jamais replantés,
01:56puisque ce sont des cessations d'activité. Par exemple, cette année, sur les 1900 hectares que nous allons arracher,
02:02nous avons 700 hectares qui sont des arrachages totaux dont toute l'exploitation disparaît,
02:07avec destruction de ce qu'on appelle le CVI, qui est la carte qui donne accès aux droits d'être
02:12agriculteur.
02:13Ça, c'est dramatique, parce que ça veut dire qu'un vigneron, finalement, raccroche sans avoir trouvé de repreneur.
02:18C'est du savoir-faire aussi qui disparaît, des appellations, des domaines qui disparaissent aussi.
02:22Exactement. C'est un savoir-faire, c'est une utilisation des terres, c'est une beauté des paysages,
02:27une sécurisation de nos villages parfois, parce que ce sont des terres qui sont aux alentours des villages.
02:32Et c'est dramatique, car c'est un pan historique du département qui va disparaître.
02:36Sécurisation des villages, vous le dites, effectivement, parce que la vigne est souvent présentée comme le coupe-feu,
02:39le pare-feu en cas d'incendie, là, tous ces hectares qui deviennent des friches,
02:45ça veut dire des risques supplémentaires de gros incendies durant l'été.
02:48Exactement. Dans le travail que nous faisons, comme je vous l'ai dit, sur les ODG,
02:52il y a un versant qui est l'utilisation du foncier, où on parle du coup de cette sécurisation autour
02:59des villages,
03:00car souvent c'était de la viticulture, et donc maintenant, il va falloir qu'on demande aux communes et à
03:04l'État
03:04de s'investir aussi sur les départements quant à la sécurisation des habitants du département.
03:09On ne sait pas encore exactement à combien de vignerons ont déposé des dossiers,
03:13on ne sait pas encore précisément où les vignes vont être arrachées,
03:15mais l'année dernière, c'était surtout en Vallée de la Glie et dans les Aspres.
03:19D'après les remontées de terrain que vous avez, vous, quels secteurs vont être les plus impactés cette année ?
03:23Ce sera sensiblement, ce sera les mêmes secteurs.
03:26On s'aperçoit en même temps que malheureusement, les deux difficultés,
03:29grosses difficultés sur les caves coopératives que nous connaissons,
03:32qui regroupent beaucoup de viticulteurs au même endroit, sont sur ces deux secteurs-là.
03:36Donc, surtout Bagnous aussi, mais il y a les Aspres et la Glie,
03:40donc je pense que sans vouloir trop me mouiller,
03:43je pense que ce sera ces secteurs-là, ou ce sera ces secteurs-là qui vont le plus arracher.
03:46Vous nous l'avez dit au début de l'interview,
03:48ce n'est pas le début de la fin, selon vous, pour la filière viticole dans les PO,
03:53mais cette filière était déjà petite par rapport à des appellations comme Languedoc,
03:56la région bordelaise, évidemment.
03:59C'est encore une filière du vin chez nous ?
04:01Il y a encore une filière du vin ?
04:02On peut encore parler du mot filière ?
04:03On peut encore parler du mot filière ?
04:05Il y a une spécificité départementale, c'est que peu importe la filière,
04:09on avait une petite production.
04:10On a toujours eu une diversité de 14 ou 15 filières différentes sur le département,
04:16ce qui a fait sa beauté,
04:18mais on n'était, c'est vrai, pas représentatif sur une seule filière.
04:21Aujourd'hui, qu'on produise 2 millions, 1 million d'hectos,
04:25ou 330 000 hectos, peu importe.
04:27Ce qui est important, c'est de savoir comment est-ce qu'on en vit,
04:30et il faut surtout que ce soit viable et vivable.
04:33Donc on est inquiet, mais optimiste, vous l'avez dit,
04:37mais inquiet quand même pour cette filière viticole.
04:38Je rappelle aussi qu'il y a plusieurs CAF coopératives
04:40qui font face à de gros, gros soucis financiers.
04:42Bien sûr, ça c'est forcément indéniable,
04:46quand des gens arrachent et que des productions ne sont pas au rendez-vous
04:49pendant 2 années d'affilée à cause des alliés climatiques,
04:52forcément les structures comme les CAF coopératives
04:54qui vivent sur l'écrasement des charges à travers les volumes produits,
04:58en subissent directement les conséquences.
05:00Donc ça veut dire Arnaud de Villeneuve,
05:02ça veut dire aussi du côté d'Ombrial qui souffre,
05:06ça veut dire aussi le GICB sur la Côte Vermeille.
05:09Est-ce que ces caves-là peuvent survivre dans ces conditions
05:12où on arrache chaque année une grande partie de notre vignoble ?
05:15Alors aujourd'hui, en grande difficulté connue,
05:18on a donc du coup ADV et Bagnoules.
05:20ADV, c'est Arnaud de Villeneuve.
05:21Arnaud de Villeneuve du coup et Bagnoules,
05:23la cave du GICB sur Bagnoules-sur-Mer.
05:25D'Ombrial, pour le moment, affiche quand même des ambitions
05:28et une vision sur l'avenir.
05:31Mais c'est vrai que c'est très compliqué pour les coopérateurs
05:35d'avoir en face d'eux un objectif
05:37quand on voit parfois l'état financier des caves.
05:39Avec la sécheresse, les rendements ont baissé,
05:41on le sait, ces dernières années,
05:42avec le manque d'eau.
05:44Évidemment que ça a été un souci.
05:45Là, il y aura peut-être des rendements qui vont remonter
05:48grâce aux pluies de ces derniers mois dans le département.
05:51C'est à souhaiter en tout cas.
05:52Mais est-ce que finalement, ce n'est pas un faux problème, les rendements ?
05:55Parce qu'aujourd'hui, même avec des rendements assez faibles,
05:57on a du mal à vendre la production actuelle.
05:59Entièrement d'accord.
06:00Aujourd'hui, ce qui était important pour nous en termes d'eau,
06:03c'est de récupérer du végétal
06:05et de ne pas avoir la mort de notre outil de production.
06:07Parce qu'on perdait des vignes qui disparaissaient
06:11et on sortait à partir de 30% de manquants sur la parcelle,
06:14on sort de l'appellation.
06:15Donc il était important pour nous de pouvoir avoir du végétal.
06:19Mais c'est vrai que les rendements,
06:20quand on fait face aux marchés qui ne vendent pas,
06:23c'est vrai qu'on peut se poser la question
06:24de savoir est-ce que c'est vraiment utile aujourd'hui ?
06:26David Drey, vous êtes le président du syndicat
06:28des Vignerons des Pyrénées-Orientales.
06:30Vous étiez l'invité d'ici matin sur la première radio du département.
06:33Bonne journée à vous.
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