00:00A Perpignan, bientôt une semaine de grève chez CEMOI, une grève aussi longue, ce n'était plus arrivé depuis plus
00:05de 30 ans chez le chocolatier.
00:06On en parle Simon avec votre invitée.
00:08Bonjour Isabelle Salli, vous êtes salariée de CEMOI à Perpignan sur l'usine Torémila, vous êtes aussi représentante du syndicat
00:16Sud, c'est le syndicat majoritaire.
00:18Cette grève c'est d'abord pour les salaires, le mouvement a commencé mardi dernier.
00:22D'abord, aucune nouvelle ce week-end de la direction, pas d'info de dernière minute ?
00:25Non, pas d'info.
00:27Ça veut dire que la grève elle continue aujourd'hui ?
00:28Oui.
00:29Ça représente quoi ? Ça ressemble à quoi une grève chez CEMOI en ce moment ?
00:33Est-ce que l'usine est au ralenti ? Est-ce qu'elle est totalement à l'arrêt ?
00:35La semaine dernière, elle était beaucoup au ralenti.
00:38Là, il y a quelques personnes qui ont repris le travail, mais elle est toujours au ralenti, donc tout ne
00:42tourne pas en fait.
00:43C'est-à-dire que sur l'ensemble des lignes, il y en a combien qui fonctionnent ?
00:47Sur cette ligne, il doit y en avoir trois, je pense, aujourd'hui.
00:51Donc trois sur sept, on est à peu près à 50% au terme de fonctionnement de cette usine qui,
00:56on le rappelle,
00:57elle emploie 240 personnes sur le site de Torémila.
01:00Environ 200 emplois aussi au siège de CEMOI à Perpignan.
01:04Cette grève, elle a commencé mardi.
01:06Vous réclamez au moins 1000 euros de primes, des augmentations de salaire aussi d'1,7%.
01:11Qu'est-ce que vous répond la direction ?
01:13C'est un nom catégorique. Il n'y a pas de discussion ni négociation possible avec eux. Ils emploient la
01:18force et la menace.
01:20C'est-à-dire, c'est quoi la force et la menace ?
01:22Les menaces de couper les investissements qui étaient prévus sur le site de Torémila.
01:28Et les menaces, c'est les menaces de nous envoyer les CRS.
01:32Voilà.
01:33De reporter les primes. Il y a beaucoup de choses qui sont...
01:37C'est-à-dire que la direction a promis des investissements et peut-être des embauches qui vont à la
01:40clé sur l'usine.
01:41On vous dit concrètement, si vous continuez votre mouvement, les investissements, on ne les fera pas ou on les fera
01:45ailleurs ?
01:45C'est ça.
01:46Et comment vous réagissez à ça ?
01:48Les salariés sont un peu choqués, sont fatigués et ne comprennent pas. C'est l'incompréhension totale des salariés.
01:56La direction propose tout de même des augmentations de salaire autour d'1,2%, c'est ça ?
02:00Oui.
02:01Ça ne vous suffit pas ?
02:02Par rapport au revenu, l'EBIDA qui a fait l'actionnaire cette année, on estime que ce n'est pas
02:09réparti envers nous.
02:13Parce que vous dites qu'effectivement l'année 2025 a été exceptionnelle pour ces mois.
02:17Ça veut dire quoi exceptionnel ?
02:19On a fait un EBIDA de 192 millions.
02:22Ça veut dire quoi un EBIDA ? C'est des bénéfices ?
02:25C'est le résultat d'exploitation de ces mois pour les investissements, pour la rémunération, pour acheter les matières premières.
02:35Donc 192 millions d'euros, vous dites que c'est une année exceptionnelle ?
02:39Oui.
02:39Et à l'arrivée, évidemment, vous voulez votre part du gâteau ?
02:42Oui, surtout en ce moment avec l'inflation, le coût de la vie, l'énergie qui augmente.
02:46Donc on espère avoir quelque chose de plus équitable.
02:50Pour qu'on se rende compte, ça gagne combien à un salarié chez ces mois dans l'usine ?
02:54En brut, je pense, 2000 euros. En net, ça fait 1800 à peu près.
02:59Donc effectivement, ce sont des primes qui sont importantes au regard du salaire.
03:02Oui.
03:03Pour quelles conditions de travail aussi ? Comment vous bossez dans cette usine Toremi-là ?
03:08En équipe. On fait des équipes alternantes en 28.
03:12Il y a une équipe de nuit, il y a une équipe le week-end.
03:16Vous nous disiez au début de l'interview que certains salariés reprenaient le travail ce matin,
03:21après plusieurs jours de grève la semaine passée.
03:22Est-ce que ça veut dire que la mobilisation est en train de s'éroder ?
03:26Je pense qu'il y a une fatigue des salariés.
03:29Mais je pense que s'ils reprennent le travail, ce n'est pas parce qu'ils sont d'accord avec
03:33la direction,
03:34c'est une usure des salariés.
03:36Et je pense que ça ne réglera pas le problème, ça le reportera pour plus tard, ça c'est sûr
03:40et certain.
03:41Ce qui pourrait vous aider, c'est peut-être que d'autres sites du groupe C'est Moi entrent dans
03:46la danse.
03:46C'est moi, c'est une entreprise à Perpignan, mais il y a des usines un peu partout en France.
03:50Il n'y a que à Perpignan pour l'instant que ce mouvement de grève est parti ?
03:53À Chambéry, il y a eu des débrayages.
03:55Le siège nous a beaucoup aidé.
03:58Et oui, il n'y a que Torimia en site de production qui fait vraiment grève.
04:03Comment vous l'expliquez ?
04:04Parce que les salaires ne sont pas plus élevés ailleurs qu'à Perpignan ?
04:08On n'arrive pas à l'expliquer parce que la finalisation des NAO, c'était...
04:12Donc les négociations annuelles obligatoires pour les salaires ?
04:14Tous les syndicats ont refusé de signer cette NAO.
04:19Et il n'y a que Torimia qui est sortie.
04:23Alors vous qui êtes membre d'un syndicat, le syndicat Sud,
04:25quand vous appelez les responsables syndicaux sur les autres sites,
04:28ils vous disent quoi ?
04:29Ils vous disent que les équipes ne sont pas prêtes, ça ne marchera pas ?
04:31Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
04:32On n'a pas de réponse.
04:33Il n'y a pas de réponse tout simplement ?
04:35Non.
04:36Ces mois, on peut le rappeler, ça a longtemps été une entreprise familiale,
04:39avant de devenir un groupe absolument mondial,
04:41mais toujours une gestion familiale, longtemps propriété de la famille Poirier,
04:44jusqu'à la vente, c'était en 2021, il y a 5 ans,
04:47vente aux Belges de Sweet Products.
04:50Est-ce que vous avez vu les choses changer en 5 ans ?
04:52Est-ce que le climat social notamment a évolué chez ces mois ?
04:55Il s'est un peu amélioré, on ne va pas mentir.
04:59Il a fait beaucoup d'investissements, c'est une bonne chose,
05:02il y a eu beaucoup d'embauches,
05:04mais le climat social au sein de l'entreprise,
05:07par rapport aux managers, par rapport à plusieurs choses,
05:09ont fait que les gens sont là aussi pour ça,
05:12dehors par rapport à tout ça.
05:14C'est cette ambiance qui a fait aussi qu'il y a les NAO,
05:17mais il y a un ensemble.
05:18Ça veut dire quoi l'ambiance ? Qu'est-ce qui a changé ?
05:21On a subi beaucoup de pression,
05:23les fins de ligne sont de plus en plus automatisées,
05:26du coup on a moins de personnel en bout de ligne,
05:29ce qui fait qu'on a une surcharge de travail,
05:31et une fatigue du personnel.
05:33Isabelle Sali, merci beaucoup.
05:34Je rappelle que vous êtes salariée chez ces mois à Perpignan,
05:37à l'usine Torémila, vous êtes la représentante aussi du syndicat Sud,
05:39syndicat majoritaire.
05:40Septième jour de grève aujourd'hui au sein de l'entreprise,
05:43c'est du jamais vu depuis 30 ans chez ces mois.
05:46Et je précise aussi à tous nos auditeurs et téléspectateurs
05:48que la direction de ces mois n'a pas souhaité pour l'instant
05:51s'exprimer sur la radio ici Roussillon.
05:54Bonne journée Madame Sali.
05:55Merci vous aussi.
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