00:027h46, c'est l'invité d'ici matin, et on souffle ce matin des bougies.
00:06On fête les 30 ans du journal La Semaine du Roussillon.
00:08Simon, votre invité, c'est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire.
00:11Bonjour Sébastien Gérard.
00:13Bonjour.
00:13Vous étiez là dès le début à La Semaine du Roussillon, alors pas comme un rédacteur en chef,
00:17mais vous étiez là au tout début en 1996.
00:20Si on vous avait dit, il y a 30 ans, qu'en 2026, La Semaine du Roussillon existait encore, vous
00:26l'auriez cru ?
00:27Je ne suis pas joueur, mais je n'aurais pas mis un copec.
00:29Ça c'est certain, parce que ça a dévarré...
00:32Moi j'avais moins de 20 ans à l'époque, et c'était vraiment de briques et de brocs.
00:37Un petit appart, rue Louis Blanc, et on compensait le manque de moyens et d'expérience par l'énergie qu
00:45'on a quand on a 20 ans,
00:46et puis surtout le moteur que constituait Antoine Gasquez, le fondateur.
00:50Oui, Antoine Gasquez, effectivement, l'emblématique fondateur et longtemps rédacteur en chef.
00:55Il faut expliquer 1996, vous l'écrivez d'ailleurs dans le dernier numéro de cette semaine,
00:58c'était un autre monde, il n'y a pas internet, il n'y a pas les téléphones portables,
01:02mais on est déjà dans une époque où la presse commence à se casser la figure,
01:05c'est un pari extrêmement risqué à l'époque.
01:07Oui, d'ailleurs quand Antoine se rend la pépinière à Perpignan pour présenter son projet,
01:12on lui dit, n'y va pas, ça ne va pas tenir.
01:16Et médiatiquement, c'est vrai qu'on a commencé à assister à un regroupement,
01:20les dernières radios libres se cassaient la figure.
01:23Sur la presse papier, il n'y avait qu'un journal, il n'y avait que l'indépendant,
01:26donc pas d'autres sons de cloche, ce qui n'est pas sain finalement.
01:30Il faut une pluralité dans la presse, on le sait.
01:33Et même les médias publics étaient encore, France 3 existait à peine,
01:37il y avait un sujet de temps en temps.
01:38Donc voilà, il y avait quand même un terrain, il y avait quand même un terrain de jeu.
01:42France Bleu était quand même déjà là, même si ce n'était pas encore ici, Roussillon.
01:47Ce qui caractérise aussi la semaine du Roussillon,
01:49c'est vraiment la résilience justement face aux épreuves.
01:51Petite équipe, mais gros cœur, vous l'avez dit,
01:54alors que tons de journaux ont disparu.
01:55Il y a un côté miracle permanent, vous avez su vous moderniser
01:59avec notamment la révolution numérique ?
02:01On y arrive, c'est-à-dire que là on boucle, on prépare le numéro 1544,
02:05ce qui est...
02:08Et sur le numérique, il y a un enjeu évidemment,
02:11parce que c'est là qu'il faut continuer d'exister.
02:13Avec la difficulté qu'on ne peut pas proposer la même chose sur le papier que sur l'écran.
02:17C'est-à-dire qu'on sait que le temps d'attention sur le papier, c'est une chose,
02:20et celui sur l'écran, on est à des années-lumière.
02:23Donc il y a cette révolution à faire,
02:24et cette révolution, la différence, c'est qu'elle est permanente.
02:27C'est-à-dire que ce qui est valable aujourd'hui,
02:28ne le sera pas forcément dans six mois.
02:30Et c'est peut-être ça le plus compliqué.
02:32Et le papier, vous y croyez quand même encore, dans 20 ans,
02:34si la Semaine des Roussillons, on le souhaite, est toujours là,
02:37ce sera toujours sous format papier aussi ?
02:39Je pense qu'il n'y a pas 36 manières de s'informer.
02:42S'informer, c'est comme manger.
02:44Il faut y dédier un peu de temps.
02:46On ne peut pas s'informer correctement
02:48en y dédiant un coup de pouce de temps en temps
02:51et en regardant des titres.
02:52Il y a un moment où, si le sujet est intéressant,
02:54il faut s'y plonger, ne serait-ce qu'une minute trente.
02:56Ce qui caractérise aussi la Semaine du Roussillon,
02:59c'est son courrier des lecteurs.
03:01En page 2, on se régale, il y a toujours des bons mots
03:04dans ce courrier des lecteurs.
03:05L'agenda des sorties, les dessins, et puis le ton.
03:08En 30 ans, vous avez publié dans le dernier numéro,
03:10plusieurs unes qui ont marqué un petit peu l'histoire de l'hebdomadaire.
03:15Pourquoi Frèche nous prend pour des cons ?
03:17C'était en 2010, ça vous fait rire ?
03:19En 2010, Georges Frèche est alors le très puissant président
03:22de la région Languedoc-Roussillon, c'est l'histoire de la septimanie
03:26quand le nom de la région était sur le point de changer.
03:30Exactement, certains d'entre nous se rappellent encore,
03:31il y avait eu des tensions très fortes entre Montpellier et Perpignan.
03:35C'est aussi la guéguerre de l'ex-Languedoc-Roussillon,
03:38où Perpignan est toujours le plus mal loti.
03:40Et il y a un moment où il faut le dire.
03:42Il y a un moment où il faut le dire.
03:43C'est-à-dire qu'il y a des messages consensuels, certes,
03:46mais il y a un moment où il faut venir au rugby, on dirait,
03:49prendre un petit peu le travers.
03:51Parce que ce n'est pas juste, des fois.
03:53Perpignan, quand on dézoome et qu'on regarde,
03:56Perpignan et le département des PO,
03:58des fois, on est victime d'injustice.
04:00Mais la semaine du Roussillon, c'est ça aussi,
04:02c'est ce côté poil à gratter.
04:03C'était dès le début, d'ailleurs, dans l'ADN.
04:04Ah oui, immédiatement.
04:06Il y a des unes, on en a publié quelques-unes,
04:07mais quand on s'est appelé 30 ans de unes,
04:11il y en a qui sont quand même très osés.
04:14Sur la journée de la femme,
04:15quand il n'existait pas encore la loi de la parité,
04:17où on avait graphiquement transformé tous les élus,
04:21hommes, évidemment, Marquès, Bourquin, Aldui de l'époque,
04:25en femmes, alors collant des perruques avec les moyens de l'époque.
04:28C'est-à-dire que c'était la première version de Photoshop.
04:31Oui, c'était 1998.
04:33Le journal n'avait alors que deux ans.
04:35Vous pourriez le refaire aujourd'hui ?
04:37Je pense qu'on pourrait, même si sur le papier,
04:41on tend maintenant par aller chercher un lectorat plus, plus, plus.
04:46C'est-à-dire que la ligne éditoriale,
04:48elle reste corrosive dans le ton sur les premières pages d'actu,
04:51où on se permet de dire ouvertement
04:53ce que d'autres médias n'ont pas les moyens de se permettre forcément.
04:56C'est ça, notre liberté aussi.
04:59Ensuite, sur le papier...
04:59Parce que moins dépendant de la publicité aussi ?
05:01C'est exactement ça.
05:02C'est exactement ça, on le sait.
05:03Un média, c'est une entreprise.
05:05Une entreprise, elle a besoin de publicité pour vivre.
05:08Sur les médias, c'est fondamental.
05:10Et donc, il y a forcément des intérêts et des enjeux
05:12qui parfois tiraillent la ligne éditoriale.
05:155 000 ventes par semaine pour la semaine du Roussillon,
05:17environ 1 500 abonnés.
05:18Comment est-ce que vous en sortez économiquement ?
05:21Parce que c'est un petit tirage tout de même.
05:23Et vous dites que les annonceurs, finalement,
05:25ils passent après l'information.
05:26Comment vous en sortez ?
05:28C'est la bagarre.
05:29C'est la bagarre.
05:29On optimise, on trouve toujours les moyens.
05:32Et c'est la grande capacité d'Antoine Gasquez
05:34qui commence à me transmettre.
05:37C'est un bateau qui a l'avantage de ne pas être un paquebot.
05:41C'est un bon petit voilier qui fonctionne bien,
05:44qui consomme peu et qui s'adapte à tous les temps.
05:46Oui, parce qu'effectivement,
05:47à l'époque où les médias se concentrent,
05:49l'indépendant qui a été racheté par le groupe Medi-Libre,
05:51il y a les empires Sadeh, Bolloré,
05:54où les médias vraiment se concentrent.
05:56Vous êtes un peu le village d'Astérix, en fait.
05:57Et ce n'est pas un cas propre au département des Pyrénées-Orientales.
06:01De manière générale, en France,
06:04la PHR, la presse hebdomadaire régionale,
06:08elle tient.
06:08Elle tient parce qu'il y a un temps de lecture
06:12qui n'est peut-être plus quotidien,
06:13mais retrouver son journal fin de semaine
06:15et se poser, le fermer, le rouvrir,
06:18il y a encore des clients pour ça.
06:20Bon anniversaire à la Semaine du Roussillon,
06:2330 ans 1996-2026.
06:26Sébastien Girard,
06:27vous êtes l'actuel rédacteur en chef de l'hebdomadaire
06:29et on pense très fort aussi ce matin
06:30à Antoine Gasquez.
06:32Effectivement, vous avez cité le fondateur
06:34de la Semaine du Roussillon.
06:35Bonne journée.
06:36Adieu.
06:37L'invité d'ici matin,
06:38c'est un retrouvé en podcast dès maintenant
06:40sur notre site ici.fr.
06:42Dans un instant,
06:43je vous emmène faire un tour de marché
06:44avec Mireille du côté de Prades de Moyon.
06:49C'est dur de se séparer
06:51au troisième coup de sifflet.
06:54On sent la déception de la défaite.
06:57C'est si facile de se prendre la tête.
06:59C'est sûr que la team...
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