00:007h47, c'est l'invité d'ici matin, c'est une période importante pour les catholiques.
00:04Nous sommes en pleine semaine sainte et le temps fort dans le département, c'est demain,
00:08la procession de la Sank à Perpignan. On en parle avec votre invité, Simon Kolbach.
00:12Bonjour père Marc Justafray.
00:14Bonjour.
00:14Vous êtes le vicaire général du diocèse de Perpignan-Elnes.
00:17La Sank, c'est cette procession avec les caparouches demain après-midi à Perpignan.
00:21Il y a beaucoup d'affiches à travers la ville.
00:23C'est du folklore la Sank ou c'est de la religion ?
00:25Alors la Sank, ça veut être avant tout la manifestation publique d'un acte de piété populaire.
00:34La Sank, c'est 1050 pénitents, un chiffre en augmentation.
00:41Ça concerne des hommes, des femmes et pas que, puisqu'il y a aussi des enfants.
00:47Et ça prend la forme donc d'une très grande manifestation
00:51qui va partir demain à partir de 15h depuis l'église Saint-Jacques à Perpignan.
00:57Mais il y a un côté folklore quand même ?
01:00Alors...
01:00C'est un spectacle, il y a des milliers de personnes qui vont venir assister à cette position.
01:03Dans la forme extérieure, ça prend l'apparence effectivement d'un défilé
01:08avec des statues, avec des costumes.
01:11On peut trouver là un aspect folklorique.
01:15Mais ce qui est intéressant, c'est de s'intéresser à l'esprit qui anime les participants.
01:22Et là, on est vraiment en dehors du cadre folklorique.
01:25Ça répond à un véritable engagement.
01:28Les personnes qui processionnent, en fait, s'engagent à compatir.
01:34C'est l'expression d'une compassion.
01:37On dit que Jésus a porté sa croix, que la Vierge Marie a souffert au pied de la croix.
01:42Et vivre la Sank, c'est vivre l'expérience de la compassion.
01:45Au sens de souffrir avec.
01:48Je le disais, il y a des milliers de personnes qui seront encore là demain après-midi
01:51pour assister à cette procession.
01:53Des gens qui ne sont pas d'ailleurs forcément croyants.
01:55Et qui se demandent parfois qui il y a sous les caparouches.
01:59On dit souvent que ce sont les notables de la ville.
02:01Est-ce que c'est vrai ?
02:02Alors, pour participer à la Sank, il n'est pas demandé d'être un notable de la ville.
02:08On participe à la Sank depuis Perpignan, mais aussi depuis les villages du pays catalan.
02:16Il n'y a aucun lien d'appartenance autre que celui de la fraternité au sein de la confrérie.
02:25Et on n'entre pas dans la confrérie par rapport à sa carte d'identité ou à son niveau social.
02:31Mais on retrouve donc des notables, des personnes qui ne sont pas des notables.
02:38En fait, c'est ouvert à tous.
02:39Mais ce sont des hommes sous les caparouches, on est bien d'accord ?
02:41Sous les caparouches se trouvent effectivement des hommes.
02:461050 pénitents, vous nous l'avez dit.
02:48C'est un chiffre en augmentation.
02:49Comment vous l'expliquez ?
02:50Alors, je pense que c'est le fruit du bon travail de l'archiconfrérie de la Sank.
02:57Ça n'est pas qu'une sorte de manifestation folklorique, mais il y a un engagement qui se déroule sur
03:08toute l'année.
03:09En fait, les confrères, les consoeurs sont des hommes et des femmes qui sont conscientisés quelque part et qui prennent
03:17au sérieux leur engagement.
03:19Évidemment, ça correspond à une quête de sens, à un engagement souvent très fort dans le domaine caritatif.
03:26Et ces personnes, elles se préparent toute l'année.
03:29Le Vendredi Saint, c'est simplement la manifestation visible de leur engagement.
03:33C'est le plus spectaculaire.
03:35Mais il faut penser que toute l'année, en fait, les confrères s'engagent.
03:39Ça fait plus de 600 ans que la Sank existe.
03:41C'est une tradition vraiment qui est très, très ancrée chez nous en pays catalan et à Perpignan.
03:461050 pénitents, c'est beaucoup au regard de l'histoire de la Sank ?
03:49Ou est-ce que parfois, il y en a eu beaucoup plus ?
03:51En fait, la Sank est née dans des circonstances bien particulières.
03:56Ça concernait d'abord l'accompagnement des condamnés à mort.
04:00Ça a démarré au début du 15e siècle avec Saint-Vincent Ferrier.
04:05Et on peut imaginer que les premiers en procession ne concernaient que quelques hommes cagoulés,
04:12dont le condamné à mort, qui, marchant vers le JB,
04:17évitait ainsi d'être lynchés par la foule, puisque l'anonymat était préservé sous la capuche.
04:22On peut penser qu'au départ, ça concernait très peu de monde.
04:27Là, ça s'est beaucoup développé.
04:29Et c'est un phénomène, effectivement, qui est en expansion.
04:33Et on peut y voir un signe positif, certainement.
04:36Et je précise qu'il y a une procession dès ce soir, en conflant à Boule-Terner.
04:39Demain soir, il y aura des processions aussi à Collioure et à Arles-sur-Tec.
04:447h52, votre invité Simon, c'est le père Marc Justafré.
04:47De plus en plus de participants aux processions.
04:49Autre chiffre qui grandit, c'est celui des adultes et des ados
04:52qui demandent le baptême et qui sont baptisés lors de la veillée pascale.
04:56Ce sera donc samedi soir.
04:58Ça concerne aussi les Pyrénées-Orientales.
04:59C'est un phénomène que vous constatez chez nous ?
05:01Absolument. Il s'agit d'un phénomène national.
05:06Puisque, en France, le nombre total de baptisés adultes ou adolescents
05:13s'élève cette année à 21 400, ce qui est considérable.
05:18Et dans les départements, vous avez des chiffres ?
05:20Alors, j'ai les chiffres du département.
05:22Ça suit la même évolution.
05:23Il y a eu un gain de presque 20% en une année.
05:28Et donc, au niveau du département des Pyrénées-Orientales,
05:33l'évêque de Perpignan aura beaucoup de travail cette année,
05:36puisque ce ne sont pas moins de 110 adultes qui vont recevoir le baptême.
05:41Samedi soir.
05:42Samedi soir.
05:43Et 50 adolescents.
05:44Comment ça s'explique ?
05:45Est-ce que c'est parce qu'on baptise moins les nouveaux-nés,
05:47parce que les parents leur laissent le choix, finalement ?
05:50Ou est-ce que vous y voyez autre chose ?
05:52Alors, il y a des explications, certainement, qui relèvent de la sociologie.
05:57Et il est vrai que les jeunes parents font moins baptiser les enfants.
06:00Donc, on retrouve des adultes en quête de sens,
06:03qui n'ont pas reçu le baptême et qui frappent à la porte de nos églises.
06:07Mais on peut y voir aussi, chez les adultes qui demandent le baptême,
06:13une sorte de quête de sens, de recherche d'identité.
06:19Et il est heureux que l'église sache les accueillir.
06:22On a parlé des baptêmes.
06:23Qu'en est-il du nombre de prêtres, en termes d'ordination ?
06:26Est-ce que, là aussi, les chiffres sont à la hausse ?
06:28On sait qu'on manque de prêtres dans le département.
06:30Alors, on manque absolument de prêtres,
06:32mais fondamentalement, on manque aussi de chrétiens.
06:36Les prêtres sont au service des communautés.
06:40Les communautés, elles sont à peu près structurées partout,
06:42dans le département des Pyrénées-Orientales.
06:44Il n'y a pas de hausse, donc, du nombre d'ordination ?
06:46Il n'y a pas vraiment de hausse.
06:48C'est difficile à quantifier, puisqu'il faut de nombreuses années pour former un prêtre.
06:52Actuellement, il y a trois jeunes qui se forment, qui sont en formation.
06:55Mais la route est encore longue pour eux.
06:58Merci beaucoup.
06:59Vous êtes le père Marc Justafré, le vicaire général du diocèse de Perpignan-Haine.
07:02La Sank, à partir de 15h, demain, après-midi, dans le centre de Perpignan.
07:07Très bonne journée à vous.
07:08Merci d'être venu ce matin en studio.
07:09Bonne journée à tous.
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