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  • il y a 2 jours

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00:00Ici Matin, 7h44, c'est l'invité d'ici matin, douzième jour de grève ce mardi dans les cliniques Médipoche
00:06-Saroc de Cabestani et Saint-Pierre de Perpignan.
00:08Les salariés poursuivent leur mouvement pour conserver un intéressement de 1500 euros par an.
00:13On fait le point sur le mouvement avec votre invitée Marie Roarch, elle est déléguée CGT à la clinique Saint
00:18-Peyard.
00:18Bonjour Charlotte Bailly.
00:20Bonjour.
00:2012 jours de grève, comment est le moral des troupes ce matin ?
00:27Remotivée, suite aux événements d'hier, remotivée, donc c'est un mouvement assez tenace de la part des salariés.
00:33Alors pourquoi à cause des événements d'hier ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
00:35Alors hier on a eu la première proposition, nous à Saint-Pierre de notre direction,
00:40qui nous paraît totalement inappropriée face au mouvement qui dure justement depuis 12 jours aujourd'hui.
00:46Et en quoi elle consiste cette proposition ?
00:48Alors c'est 200 euros de primes exceptionnelles maintenant, pour pallier à l'absence de primes de cette année,
00:54qui sont souvent à hauteur de 800 à 1000 euros d'ailleurs.
00:59Et l'augmentation de notre prime de fin d'année à hauteur d'environ 130 euros par personne.
01:04Voilà, c'est ce qui représente à peu près l'enveloppe qu'on a annuellement pour négocier tout ce qu
01:10'on veut.
01:11Dans les négociations annuelles classiques ?
01:12Exactement.
01:13Donc là, c'est pas du tout à la hauteur, c'est ce que vous lui avez répondu ?
01:16Oui. Alors il nous a aussi du coup, suite à ça, demandé quelles étaient nos vraies attentes.
01:23Parce que nous, dans nos revendications, c'est beaucoup plus haut.
01:25On demandait 1500 euros de primes annuelles et 800 euros one shot tout de suite.
01:31Lui, il aimerait qu'on lui donne un entre-deux entre sa proposition et nos revendications.
01:36Donc c'est point par point, pied à pied comme on dit ces négociations ?
01:39Euro par euro presque.
01:41Oui.
01:41Voilà.
01:42Et donc vous le disiez, ces propositions qui ne sont pas à la hauteur d'après vous, elles ont remotivé
01:47les troupes ?
01:48Oui, parce qu'autant il y avait des gens, il y a une grosse perte financière, 12 jours de grève,
01:53c'est énorme sur nos salaires.
01:55Donc il y avait des gens qui forcément commençaient à prendre la tangente.
02:01Et avec une proposition comme ça, ça les rend beaucoup plus tenaces parce qu'ils se rendent compte que vraiment
02:06il y a un problème
02:06et qu'on n'est pas du tout considéré pour ce qu'on fait.
02:09Il n'y a pas de lassitude pour l'instant, trop ?
02:12Il y a eu en plus, on démarre sur un week-end, donc c'est plutôt calme.
02:16Là, il y a eu ce long week-end de fête du travail.
02:19Donc oui, il y a eu un petit peu de lassitude, mais on arrive à maintenir un piquet de grève,
02:24des assemblées générales régulières, quotidiennes, pour renouveler, pour reconduire la grève du jour au lendemain, chaque jour.
02:31Et c'est comme ça qu'on tient et qu'on veut se faire entendre.
02:35Avec des cagnottes de grève, je crois, qui ont été mises en place aussi pour soutenir les personnels grévistes ?
02:39Oui, tout à fait. Il y a une cagnotte en ligne via Pocomain et une petite collecte sur place pour
02:45nous aider à manger et boire sur place.
02:48Et pendant ce temps, est-ce qu'elle fonctionne, la clinique Saint-Pierre, dans votre cas ?
02:52Alors, elle fonctionne normalement au ralenti.
02:56On a beaucoup mis en lumière le service de chimiothérapie qui a fermé ses portes.
03:01Pourtant, nous, élus syndicats représentatifs à la clinique, on peut entrer dans la clinique, on a le droit.
03:07On est allé constater qu'il y avait assez d'équipes en poste, réquisitionnées ou de leurs propres grèves non
03:13grévistes,
03:14pour effectuer au moins les chimiothérapies les plus urgentes.
03:17Donc, ça aurait pu s'organiser de jour en jour, mais la direction n'a pas organisé en ce sens.
03:23Le pharmacien n'a pas mis la main à la pâte comme il aurait pu le faire.
03:28Et c'est comme, d'ailleurs, ce que fait la pharmacienne qui est revenue hier, lundi.
03:32Et depuis hier, on fait enfin une quarantaine de chimios par jour sur 80 prévus initialement.
03:37C'est ce que communique la direction depuis hier.
03:40Elle dit qu'à peu près 40% des patients ont pu être pris en charge.
03:43On avait diffusé la semaine dernière le témoignage d'un habitant de Saint-Laurent-de-la-Salon
03:46qui avait accompagné un proche, dont le rendez-vous, qui était pour sa première chimiothérapie,
03:51avait été annulé au dernier moment.
03:52J'imagine que ça vous touche, ce genre d'événement en marche de votre vie.
03:55C'est atroce pour nous.
03:56On culpabilise beaucoup.
03:58Mais ce qu'on veut aussi, c'est continuer de prendre nos patients en charge dans les meilleures conditions.
04:01Et ce n'était pas le cas actuellement.
04:03C'est pour ça qu'on est dehors aussi.
04:04Ce n'est pas qu'une histoire d'argent.
04:067h48, Marie Ouarge, votre invitée.
04:08Elle est déléguée CGT à la Clinique Saint-Pierre.
04:10Justement, Charlotte, ces conditions de travail, c'est aussi ça un des moteurs de votre mouvement aujourd'hui.
04:15En quoi est-ce qu'elles sont dégradées, vos conditions de travail ?
04:18Alors, il y a plusieurs facteurs.
04:20On a un gros problème humain.
04:22C'est un sous-effectif qui s'installe de mois en mois, d'année en année,
04:27avec le non-remplacement de départ en retraite ou des modifications de planning
04:34qui enlèvent des équivalents temps de travail.
04:36Enfin, travail temps plein, on le voit, quoi.
04:39Ce qui fait une surcharge de travail.
04:41Mêlé à un problème matériel aussi.
04:43On a du matériel de plus en plus vétus qui n'est pas réparé, qui n'est pas remplacé,
04:48qui n'est pas remplaçable.
04:51Majoré avec des locaux assez vétus qu'on essaye de bricoler,
04:54mais qui sont de moins en moins adaptés à notre façon de prendre en charge les gens aujourd'hui.
04:58Donc, tout ça mêlé, ça dégrade nos conditions de travail.
05:00Et on estime aujourd'hui que ça met nos patients carrément en danger.
05:03En danger ?
05:04Voilà. Donc, nous, on parle beaucoup fric.
05:07Les soignants veulent du fric aujourd'hui.
05:10On ferme la chimiothérapie.
05:11Les soignants, c'est des gros méchants alors que c'est censé être une vocation pour eux.
05:14On n'est pas du tout dans ça.
05:16Nous, ce qu'on veut, c'est retourner au travail en étant considérés pour ce qu'on fait
05:19et avec des moyens humains et matériels pour prendre correctement en charge nos patients.
05:25Et qu'est-ce que vous répond la direction par rapport à ces revendications de conditions de travail ?
05:32Je demande de moyens humains, notamment.
05:34Alors, de moyens humains, ce n'est pas un sujet qui a été forcément beaucoup abordé là,
05:39en tout cas dans les discussions de ce mouvement.
05:41Si vous voulez, la qualité de vie au travail, elle est un petit peu mise de côté dans les discussions
05:46parce que pour eux, c'est vraiment un impact financier de nous donner quelque chose
05:52par rapport aux revendications qu'on a établies.
05:54Mais nous, on compte bien par contre mettre l'accent sur ces conditions de travail qu'il faut qu'on
05:57retrouve.
05:58Et je crois qu'on vient d'apprendre que le bloc opératoire débraye aussi aujourd'hui.
06:02C'est que votre mouvement gagne du terrain ?
06:04Le mouvement gagne du terrain et c'est ce que je vous disais tout à l'heure.
06:08C'est qu'en fait, la proposition d'hier n'a fait qu'attiser les foudres.
06:12Là, ça devient inacceptable.
06:14Autant le bloc se disait, bon, voilà, ce n'est pas dans leur conviction plutôt le mouvement de grève.
06:20Mais là, avec cette proposition, c'est vraiment, vous nous prenez pour des idiots.
06:25Merci beaucoup, Charlotte Bailly, d'avoir été avec nous ce matin en direct.
06:29Je rappelle donc que vous êtes déléguée CGT à la Clinique Saint-Pierre
06:32où ce mouvement de grève dure maintenant depuis 12 jours.
06:34Merci à vous.
06:35Merci.
06:35Une interview à retrouver en podcast sur ici.fr.
06:39Dans un instant, on ira faire un petit tour de marché avec Cécile.
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