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  • il y a 2 jours
L’alimentation des enfants : un sujet majeur qui concerne de nombreux parents

Au sein de la communauté On va tout partager, nous lisons chaque jour des témoignages de parents en difficulté au moment des repas.

Enfants incapables de rester assis à table, refus catégorique de goûter de nouveaux aliments, menu ultra restreint… Ce qui devrait être un moment de partage et de convivialité familiale se transforme souvent en source de stress, voire en véritable épreuve.

Pour éclairer ce sujet, nous avons eu la chance d’échanger avec Justine Marie, du compte Instagram @mangeretgrandir, diététicienne pédiatrique.

Elle nous aide à comprendre les raisons derrière certains comportements alimentaires chez l’enfant et partage des pistes concrètes pour apaiser les repas et rendre le quotidien plus serein pour toute la famille.

👉 Suivez Justine et Marie sur Instagram :
https://www.instagram.com/mangeretgrandir/

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Transcription
00:00On dit, en tout cas dans la réglementation aujourd'hui, qu'à partir de 12 mois, bébé doit manger comme
00:03papa et maman.
00:04En fait, si bébé arrive en pleurant, déjà, il faut arrêter.
00:06On fait une pause, on y revient plus tard, venir à table en pleurant, je ne laisse pas une option.
00:10Vraiment, il ne faut pas négliger le cadre du repas qui est tout aussi important que ce qu'on va
00:14servir.
00:14Je ne veux pas que mon enfant aille se coucher le ventre vide.
00:16Je ne sais pas combien de fois je l'entends en consultation, mais je ne suis pas contre ça.
00:20Je ne suis pas une vieille marâtre, pas du tout.
00:22Mais en fait, l'idée, c'est qu'à force de donner que ce que l'enfant aime bien,
00:26on induit notre hyper sélectivité.
00:28Donc en fait, il est important de continuer à proposer des choses que l'enfant n'aime pas,
00:31qu'il continue de les voir, de les avoir dans son assiette,
00:34pour qu'à un moment donné, il finisse par franchir le cadre.
00:40Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle émission On va tout partager.
00:43Aujourd'hui, je reçois Justine qui est diététicienne pédiatrique.
00:47Tu as cofondé avec Marie Lombard un compte Instagram qui s'appelle Manger et Grandir.
00:53Et donc aujourd'hui, on va discuter de l'alimentation des enfants
00:56et notamment quand ça devient un problème pour les parents.
00:59On verra, on a plein de témoignages à t'apporter.
01:02Tu es aussi la coautrice du livre Moindre sucre pour mon enfant,
01:06qui est sorti l'année dernière. Est-ce que tu peux nous en parler ?
01:09C'est ça. Donc je l'ai amené là pour que vous puissiez du coup le voir.
01:13Donc on a fondé Manger et Grandir il y a trois ans maintenant.
01:16Donc l'idée, en fait, elle est venue d'un constat personnel,
01:18de se dire qu'en fait, nous, on était diététicienne,
01:20mais on a rencontré des difficultés avec nos enfants respectifs.
01:22Et on s'est dit, mon Dieu, heureusement qu'on est diététicienne parce que
01:25monsieur tout le monde qui se retrouve lâché dans la nature avec ça, c'est compliqué.
01:29Et donc en fait, l'idée, c'était d'apporter une info nutrition fiable,
01:34sourcée, scientifique, etc., pour que les gens se sentent un peu en confiance
01:37et en safe place un petit peu sur notre compte Instagram
01:40ou sur notre site Internet où on a aussi une partie blog avec un accès à de l'information gratuite.
01:45Moins de sucre, du coup, pour mon enfant, est sorti d'un constat
01:49qu'aujourd'hui, les parents ont envie de faire attention pour leurs enfants.
01:53Il y a eu une prise de conscience qui a été faite sur la quantité de sucre consommée.
01:58Et aujourd'hui, on nous demande, bah oui, mais comment on fait ?
02:00Parce qu'au final, quand on regarde les industriels, c'est quand même très riche en sucre.
02:04Et oui, tout ce qui est ultra transformé, c'est compliqué de naviguer dedans.
02:07Exactement. Et aujourd'hui, il y a très peu, voire pas beaucoup de marques d'alternatives autres.
02:13Donc en fait, on s'est dit, bon, bah voilà, on va créer, nous, un livre avec des recettes.
02:16À savoir que ce n'est pas des recettes qui prennent trop de temps
02:18parce que nous aussi, on est maman, on n'a pas le temps.
02:21Donc l'idée, c'est de faire des recettes qui puissent se conserver,
02:23qui sont faciles à faire et transportables, notamment dans les boîtes à goûter aussi,
02:27puisque c'est surtout là qu'on rencontre un problème aussi.
02:29Justine, est-ce que tu es prête à ce que je t'apporte les témoignages de notre communauté ?
02:33Allez, c'est parti.
02:34Merci. Donc en effet, on va spécifiquement s'intéresser quand ça devient un moment redouté,
02:39en fait, le repas, quand vraiment il y a une anxiété même du parent à ce que ça se produise
02:43parce que ça ne se passe pas bien et ça peut commencer très jeune.
02:47Donc on va aller crescendo dans les âges des enfants.
02:51Donc le premier témoignage, le bébé a 13 mois.
03:00Donc la maman nous dit, mon bébé de 13 mois refuse désormais les petits pots,
03:05les purées et tout ce qui est lait ou yaourt, alors qu'il aimait ça avant.
03:09Il ne veut manger que du solide, uniquement à la main et pas de tout.
03:13Les repas sont devenus très compliqués avec beaucoup de pleurs
03:16et je me retrouve à batailler pour lui faire manger fruits, légumes ou un peu de yaourt.
03:20Donc là, en fait, l'idée aussi, c'est qu'à partir de 13 mois,
03:24logiquement, on dit, en tout cas dans la réglementation aujourd'hui,
03:26qu'à partir de 12 mois, bébé doit manger comme papa et maman.
03:28Voilà l'objectif que nous, on a en tant que professionnel quand on accompagne les parents.
03:32Donc à 13 mois, c'est assez logique que bébé dise ciao les purées, j'en ai marre.
03:36Moi, je suis grand, ça y est, c'est bon, je veux manger comme un grand.
03:39Donc ça, pour le coup, ça ne m'inquiète pas plus que ça
03:41parce que voilà, c'est un développement complètement normal de l'enfant.
03:44Là où ça devient plus compliqué, c'est si les morceaux n'ont pas été introduits avant.
03:48Et donc là, on se retrouve avec papa et maman qui sont un peu en panique,
03:50en mode, il veut manger, il veut manger, mais je ne sais pas quoi lui donner.
03:53Voilà, donc c'est souvent ça qui panique.
03:54Si bébé veut manger à la main, il faut faire attention à la prise qu'il veut faire.
03:58Si c'est plutôt avec deux doigts ou si c'est plutôt à la main comme ça,
04:01ça ne va pas donner en fait la même forme de morceau.
04:03En général, à 12-13 mois, ils sont plutôt sur une prise à la pince.
04:06Donc on fera plutôt des petits morceaux pour que ce soit facile à attraper et à mettre en bouche.
04:10Voilà, déjà pour éviter qu'ils fatiguent, etc.
04:13Après, il faut savoir qu'à cet âge-là, ils ont envie de tout faire tout seul,
04:15mais ils n'ont pas forcément les capacités.
04:17Donc en fait, ils vont s'agacer très vite.
04:19Donc il ne faut pas hésiter à trouver des stratagèmes pour donner de l'autonomie.
04:22Donc par exemple, les yaourts, les transvaser dans des gourdes pré-remplies
04:25pour qu'en fait, il n'ait plus qu'à appuyer dessus et apprendre,
04:27comme on peut le voir pour les compotes très facilement par exemple.
04:30Et après, pour les morceaux, aller sur des petites choses faciles à attraper.
04:34Et progressivement, en fait, ça va venir.
04:35Mais aujourd'hui, les morceaux, on essaye de les introduire dès 6-8 mois.
04:38Donc en fait, s'ils viennent un peu tard, on peut avoir un bébé qui perd patience
04:42et du coup des parents qui sont un peu démunis.
04:44Et sur le fait qu'elle ait du mal à lui faire manger des fruits et légumes à cet âge
04:48-là,
04:48ça peut être en effet la taille des morceaux, etc., où ils galèrent,
04:51ou c'est une petite réticence à vouloir goûter des choses nouvelles ?
04:55Alors ça peut être le début de ce qu'on appelle la néophobie alimentaire
04:58qui normalement arrive plutôt entre 2 ans et 6 ans.
05:01Mais nous, en consultation, aujourd'hui, on voit bien que ça arrive de plus en plus tôt.
05:04Ça va très souvent avec la période du non, on ne va pas se mentir.
05:07C'est un peu l'affirmation de soi.
05:09Nous, on l'appelle la crise d'ado des bébés parce que clairement, c'est exactement ça.
05:12Ils ont envie de tout faire tout seuls.
05:13Ils veulent se débrouiller.
05:14Donc on l'appelle ça la crise d'ado des bébés.
05:17Et c'est vrai que pour le coup, dans ces moments-là, ça peut être difficile de les accompagner.
05:20Mais il faut voir qu'en fait, ils ont envie d'autonomie.
05:22Donc il faut trouver des solutions, des stratagèmes
05:23pour qu'ils puissent avoir cette sensation de se débrouiller tout seuls.
05:27Donc en soi, pour les yaourts, moi je trouve que l'idée de la gourde est une bonne option.
05:30Trouver aussi les bons ustensiles pour l'aider.
05:32Parce que vous voyez, si par exemple, il existe des cuillères pour bébés qui sont très longues,
05:36le temps qu'ils prennent dans le yaourt et qu'ils l'amènent à la bouche,
05:38il y a la moitié qui est déjà tombée par terre.
05:39Donc en fait, il s'agace, ça l'énerve, ça le saoule.
05:42Donc le repas a fini en pleurs.
05:43Et ce n'est pas qu'il n'a pas faim, c'est juste que ce n'est pas adapté
05:46pour lui.
05:46Il ne faut pas hésiter à lui laisser mettre la main dans le pot de yaourt.
05:49Exactement, ça ce n'est pas grave.
05:50Alors c'est plus difficile quand on est parent de voir l'enfant se repeindre avec son repas.
05:54Je comprends.
05:55C'est pour ça que nous, très souvent, on dit qu'à cet âge-là, c'est plutôt le repas
05:58d'abord,
05:58le bain après et le biberon en dernier éventuellement,
06:01ou la tétée.
06:02Mais en tout cas, on est vraiment sur le repas d'abord, la douche après.
06:05Donc là, on a une maman qui nous parle de son enfant qui a à peu près 2-3 ans.
06:15Elle dit ici, c'est une catastrophe.
06:17Les seules choses qu'elle tolère sans bagarre sont des pâtes, du pain, des cornichons,
06:22de la compote, des pommes et des clémentines.
06:25Avez-vous des astuces ?
06:26J'ai essayé de cuisiner avec elle, mais au moment de passer à table, c'est un échec.
06:29J'ai essayé d'acheter ou de faire des formes sympas, mais c'est également un échec.
06:33J'ai acheté le livre de Choupi ne veut pas manger.
06:36Morale de l'histoire, il goûte quand même le plat qui est devant lui,
06:39donc ça nous aide un peu, mais ce n'est pas foufou non plus.
06:42Alors là, il faut voir aussi le cadre du repas.
06:45Parfois, juste changer le cadre du repas peut changer le repas.
06:48Parfois, ils ont pris un peu en grippe la table.
06:50Ils savent qu'ils arrivent à table, ils vont manger alors qu'ils n'ont pas envie.
06:52Donc déjà, ils arrivent en pleurant, c'est déjà mort.
06:54En fait, si bébé arrive en pleurant, déjà, il faut arrêter.
06:57On fait une pause, on y revient plus tard.
06:59Venir à table en pleurant, je n'ai pas une option.
07:01On n'arrivera à rien de positif.
07:03Il y a l'option tour d'observation.
07:05On en parle beaucoup, c'est très à la mode, etc.
07:07On l'utilise pour cuisiner, comme Madame fait.
07:09Et c'est très bien, il ne faut surtout pas arrêter.
07:11Mais on peut l'utiliser pour manger aussi.
07:13Ça peut permettre d'avoir un repas un peu plus ludique,
07:16d'avoir un repas qui se passera peut-être moins dans les pleurs et dans les crises.
07:19Il y a aussi l'option de manger avec une petite chaise sur la table basse,
07:22puisque là, on arrive à sa routeur, c'est plus sympa, etc.
07:25Donc, vraiment, il ne faut pas négliger le cadre du repas qui est tout aussi important que ce qu'on
07:29va servir.
07:30Et après, dans ces âges-là, là, on est en plein dans la néophobie alimentaire.
07:33Donc, restriction drastique de ce que je veux bien manger.
07:37Et très souvent, en tant que parent, on n'aime pas que notre enfant ne mange pas.
07:40Je ne sais pas si vous en avez des témoignages comme ça après.
07:43Mais voilà, je ne veux pas que mon enfant aille se coucher le ventre vide.
07:46Je ne sais pas combien de fois je l'entends en consultation,
07:48mais je ne suis pas contre ça.
07:49Je ne suis pas une vieille marâtre, pas du tout.
07:51Mais en fait, l'idée, c'est qu'à force de donner que ce que l'enfant aime bien,
07:55on induit notre hyper sélectivité.
07:58Donc, en fait, il est important de continuer à proposer des choses que l'enfant n'aime pas,
08:01qu'il continue de les voir, de les avoir dans son assiette,
08:03pour qu'à un moment donné, il finisse par franchir le cap.
08:06Mais cette période-là, elle peut être très longue.
08:09Je préfère prévenir.
08:11Mais pour le coup, ça passe.
08:12Le tout, c'est qu'il faut vraiment continuer, continuer, continuer de proposer.
08:16Parce que si on arrête, on induit cette sélectivité alimentaire.
08:20Et pour en sortir, c'est beaucoup plus difficile.
08:22Oui, c'est vrai qu'on se met une pression parce que c'est un signe de bonne santé
08:25que de manger et de finir son assiette et de goûter de tout.
08:29On a aussi des injonctions qui sont là sur l'alimentation
08:31pour nous rappeler qu'il faut manger de tout, etc.
08:34Et quand on a un enfant qui, tout d'un coup, réduit le champ des possibles
08:37et où chaque repas devient un petit combat, c'est très dur pour le parent.
08:43C'est très dur pour le parent, mais en fait, moi, c'est ce que je dis toujours en consultation,
08:46c'est que ce ne sera jamais bien.
08:47En fait, si on écoute les injonctions, justement, un bébé qui est allaité, c'est très bien.
08:51Mais s'il y a 20 tétés par jour, c'est trop, c'est nul.
08:54Si le bébé est au biberon, ce n'est pas bien, c'est mieux d'allaiter.
08:56Ah, il prend des biberons de 240, mais il devrait en prendre des 150.
08:59Ah, il mange encore à la cuillère, il devrait manger des morceaux.
09:02Il mange des morceaux, mais il est trop petit.
09:03Et en fait, ce n'est jamais bien.
09:05Donc en fait, si on attend que ce soit bien, ça ne le sera jamais.
09:08Donc il faut vraiment faire en fonction de son enfant,
09:10parce que déjà, ils ne sont pas tous pareils.
09:11Et ça, c'est important pour toutes les personnes qui veulent se faire accompagner,
09:15d'avoir quelqu'un qui, dans tous les cas, va se fier à votre enfant,
09:18au rythme où il est, où est-ce qu'il en est.
09:20Et ça, pour le coup, c'est vraiment un gage aussi de bons professionnels de santé.
09:23Il faut vraiment faire attention à tout ça.
09:25Ne pas être dans le jugement, quoi.
09:27Exactement.
09:29On en parlait du fait que, bon, il y a des choses qui passent,
09:31mais parfois, ça ne passe pas.
09:38Et là, on nous dit, mes deux filles de 4 ans et 9 ans ne mangent pas grand-chose.
09:42Le médecin nous répète depuis des années que ce n'est pas grave,
09:45que ça passera avec le temps.
09:46Mais quand, au quotidien, mes enfants ne mangent ni fruits ni légumes,
09:50je finis par me demander à quel moment il faut vraiment s'inquiéter.
09:53Je peux comprendre.
09:54Et cette phrase, je ne sais pas, pareil, c'est une phrase qu'on entend énormément.
09:57Ça va passer, il ne faut pas s'inquiéter.
09:59Alors, le premier baromètre d'inquiétude, c'est la courbe.
10:02Déjà, c'est très important.
10:03Chaque parent peut regarder le carnet de santé sans être médecin.
10:05Il faut avoir une courbe de poids qui soit harmonieuse.
10:08Ça veut dire quoi ?
10:09Il y a un couloir qui est un peu plus foncé.
10:11Déjà, quand l'enfant est dedans, on est plutôt content.
10:13Et c'est surtout qu'en fait, ils doivent suivre une ligne harmonieuse.
10:15Qu'elle soit en bas ou en haut, limite, ce n'est même pas le sujet.
10:17C'est vraiment qu'ils suivent sa courbe harmonieuse.
10:19Quand on est là-dedans, déjà, on se dit, OK, on est plutôt tranquille.
10:22C'est que ça va quand même.
10:23Maintenant, un enfant qui ne mange pas de fruits et légumes,
10:25logiquement, il est censé y avoir des prises de sang de mise en place
10:27pour vérifier qu'il n'y ait pas de carences en vitamines et minéraux quand même.
10:30Parce qu'il y a un moment, s'il n'y a pas de vitamines,
10:33il y a forcément un manque, je pense, à un moment donné.
10:36Vérifier aussi bien que la croissance continue d'évoluer.
10:38Et pour le coup, à 4 et 9 ans, à vérifier si c'est encore cette histoire de néophobie
10:43où les parents, sans blâmer ni quoi que ce soit,
10:46ont tranquillement enlevé les fruits et les légumes pour ne pas avoir de conflit.
10:49Parce qu'après notre journée de boulot, on n'a pas envie de se taper un conflit pour des épinards.
10:53On est tous normaux.
10:54Là-dessus, il n'y a pas de sujet.
10:55Mais c'est vrai que pour le coup, est-ce que c'est ça ?
10:57Ou est-ce qu'il y a peut-être aussi un petit souci au niveau orthophonie ?
11:00Et du coup, un vrai problème d'acceptation de la texture qui est molle,
11:04qui est humide, qui est désagréable pour certains enfants.
11:07Et dans ce cas-là, on peut très bien aller voir des ergothérapeutes, des orthophonistes, etc.
11:11pour travailler ce côté sphère ORL et voir s'il n'y a pas un petit souci à ce niveau
11:16-là.
11:17Elle nous demande si, quand elle n'a pas le temps de préparer du frais,
11:21c'est encore plus difficile parce que du coup, on se parle de légumes surgelés, en boîte, etc.
11:26Elle demandait s'il y avait des idées ou des alternatives.
11:29Alors aujourd'hui, en alternatif sur le marché, il n'y a pas énormément de choses.
11:33Mais en tout cas, Picard, nous, c'est quelque chose qu'on recommande très, très, très souvent.
11:37Ils ont des super produits, des super compositions pour enfants avec des choses ludiques
11:42qui, en général, marchent très bien.
11:46À réchauffer plutôt au four pour avoir vraiment ce côté croustillant.
11:49Mais pour le coup, on est sur des produits qui fonctionnent assez bien.
11:52Alors oui, un enfant qui mange une étoile de brocoli, on ne peut pas dire qu'il aime le brocoli.
11:55Il aime l'étoile parce que c'est sympa, parce que c'est mignon.
11:58Il n'a pas mangé la fleurette, on n'en est pas là.
11:59Mais c'est déjà un cap de passé.
12:02Et puis, tranquillement, mettre l'étoile avec le brocoli pour voir que c'est la même chose,
12:05ça a le même goût et puis faire évoluer ce genre de choses.
12:07Quand on n'a pas le temps, aujourd'hui, il n'existe pas mille astuces,
12:11hormis celle-ci en composition sympa, ludique pour des enfants.
12:15Il n'y a pas grand-chose sur le marché aujourd'hui.
12:18Un autre témoignage.
12:25À table, c'est souvent compliqué.
12:27Mon fils de 5 ans a du mal à rester assis.
12:30Et certains aliments sont refusés nets.
12:33Ce n'est pas le goût, parfois c'est la texture, parfois l'odeur ou même la couleur.
12:37Il peut dire non sans même goûter.
12:39Du coup, je me demande souvent, est-ce que c'est juste un caprice
12:41ou est-ce qu'il y a une vraie difficulté alimentaire derrière ?
12:44Pas facile à dire là comme ça, j'aurais envie de poser mille questions pour en savoir plus.
12:48Et pour le coup, je dirais quand même qu'il faut essayer, moi je dis toujours aux parents de faire
12:53des petits cahiers de réussite.
12:54Donc s'il y en a qui voient cette vidéo, ils penseront à moi.
12:56Le petit cahier de réussite, c'est quoi ?
12:57C'est un petit calepin qu'on met dans la cuisine avec des aliments qui sont bien passés.
13:00Donc ça s'est déjà bien passé.
13:02Même une ou deux bouchées, c'est déjà une belle victoire.
13:03Un enfant qui retourne, on note, c'est plutôt positif.
13:06Et en fait, de voir s'il y a des points communs entre les différents aliments acceptés
13:10et à contrario, des points communs aussi entre toujours ceux qui sont refusés.
13:13Et si on voit qu'il y a des points communs entre ceux qui sont refusés,
13:16par exemple la texture est toujours très molle, il n'y a pas de mâche, etc.
13:18Là, on peut se dire, ok, il y a un souci avec cette texture-là.
13:21Et donc, soit on l'évite un petit peu et on la remet un peu plus tard,
13:25soit vraiment on se rend compte que c'est trop de textures différentes,
13:28typiquement purée, mou, etc.
13:29Il n'accepte que ce qui croustille.
13:30On peut se dire, ah, attention, vigilance quand même,
13:33s'il n'y a pas autre chose à aller creuser.
13:35Mais pour le coup, je trouve que ce petit style de noter un petit peu ce qui est accepté
13:39permet un peu de voir s'il y a des dénominateurs communs entre ce qui passe ou pas.
13:43Et ça peut donner des bonnes indications pour la suite.
13:46Et je reviens donc sur un morceau du témoignage.
13:49Elle disait, mon fils de 5 ans a du mal à rester assis.
13:52Est-ce que c'est un problème, un enfant qui ne s'assoit pas à table ?
13:56Alors, c'est un problème si on lui court après dans la pièce pour qu'il mange.
14:00J'ai des parents, par exemple, en consultation,
14:02où ils sont en train de courir après pour essayer de lui donner une cuillère.
14:04Là, c'est un problème.
14:05Si l'enfant a besoin de bouger, de se mettre à genoux, de se rasseoir,
14:09on peut comprendre la capacité de concentration à ces âges-là.
14:12Elle est proche de zéro.
14:13Même à l'école, à 5 ans, ils ne font pas des activités très longues
14:16parce qu'ils n'ont pas la capacité à se concentrer longtemps.
14:19Donc, pour le coup, ce n'est pas dérangeant.
14:20Il faut trouver encore une fois des stratagèmes pour garder l'attention.
14:24Donc, ça peut être la tour d'observation,
14:25qui peut encore une fois fonctionner sur ce volet-là.
14:28Faire attention à l'assise, ne plus les contenir.
14:32Les laisser plutôt un peu libres des mouvements
14:34qui puissent justement passer en position à genoux, assis, etc.
14:37Maintenant, manger se fait quand même en position assise
14:39puisqu'en position debout, il y a quand même beaucoup plus de risques d'étouffement qu'assis.
14:43Donc, il faut garder ça en tête.
14:44Après, si l'enfant a besoin d'aller bouger deux secondes
14:46et qu'il revient à table, finir son repas, ça ne me gêne pas
14:49à partir du moment où ce n'est pas toutes les dix secondes non plus.
14:52Et après, pour l'encourager à rester assis, il ne faut pas hésiter à utiliser des choses plutôt ludiques.
14:56C'est-à-dire, il y a des petits pics en forme d'animaux, par exemple.
15:00Il va y avoir des couverts aussi ludiques.
15:02Toutes ces petites choses-là, cumulées, vont permettre justement de garder l'attention de l'enfant.
15:06Et au lieu de lui dire « reste à table, mange », qui sont un peu des inquisitions pas cool,
15:10on va lui dire « tiens, prends ton pic en forme d'hérisson, pique ton haricot vert ».
15:13Et en fait, tout de suite, ce n'est plus du tout la même intention.
15:15Et ce n'est plus du tout ce côté « reste à table, arrête de bouger »,
15:18où c'est désagréable pour les parents et pour l'enfant.
15:21C'est-à-dire que personne n'est heureux dans l'histoire.
15:24Il y avait des parents aussi qui nous disaient que c'était compliqué
15:26depuis que leur enfant était rentré à l'école.
15:29Que la maternelle avait changé beaucoup de choses dans la manière de prendre les repas
15:34et que même parfois, ils ne mangeaient qu'à dire rien à l'école, en fait.
15:38Oui. Alors ça, c'est un grand sujet, l'école.
15:41Les menus, déjà, peuvent être un sujet quand on voit l'équilibre proposé.
15:44Pourtant, c'est quand même surveillé par des diététiciennes, normalement.
15:48Mais quand je vois les menus, notamment par exemple de l'école, il y a du chemin.
15:52Il y a un truc qui me choque.
15:55Je comprends la raison.
15:56C'est-à-dire que j'imagine que comme c'est de la liaison froide
15:58et que tout doit se balader pendant des heures, etc.,
16:02il faut que quand ce soit réchauffé, ce soit encore à peu près mangeable.
16:05Mais tout est en sauce.
16:06Tout est dans de la sauce.
16:08C'est-à-dire que même un steak haché est dans une sauce,
16:10des boulettes, des machins, etc.
16:12Alors en fait, il faut aussi savoir qu'ils ont des contraintes,
16:14au-delà de la liaison froide, ils ont des contraintes de température.
16:17En restauration collective, il faut que l'aliment soit cuit
16:19à plus de 63 degrés à cœur de l'aliment.
16:22Donc un steak haché à 63 degrés au milieu, autant vous dire que c'est une semelle.
16:25Donc très souvent, ils préfèrent mettre en sauce, etc.
16:27Alors après, il existe des dérogations justement pour les steaks hachés
16:30pour que ce soit un peu moins.
16:31Mais en soi, ça reste quand même une température très élevée
16:33comparée à ce que nous, on peut faire à la maison.
16:35Et donc le fait d'être en sauce permet justement d'avoir des choses
16:38qui sont encore mangeables et qui ne sont pas totalement sèches quand même.
16:41Donc il y a quand même ce volet-là.
16:43Et quand il y a liaison froide, en plus, il y a refroidissement,
16:45plus remise en température.
16:46Donc c'est vrai qu'on perd en qualité gustative, etc.
16:49Donc les sauces peuvent permettre justement de rendre la chose plus appétissante.
16:53Est-ce que ça marche vraiment ?
16:54Je ne suis pas convaincue.
16:56Je pense que ça dépend des enfants.
16:57C'est vrai que la mienne, ça ne marche pas du tout.
16:58Elle aime les trucs bruts.
17:00Enfin, ses brocolis, elle les veut nature, etc.
17:02Donc c'est vrai que, je crois, elle revient, elle me dit
17:04mais non, mais ça baignait encore dans un truc.
17:06C'est ça.
17:07Moi, ma fille m'a dit
17:08« Maman, ils ont oublié de cuire le riz ».
17:09Ça donne un bon exemple de l'histoire.
17:12Et en fait, c'est vrai que quand on nous dit ça,
17:14après, il n'y a pas grand-chose d'autre à dire.
17:16En fait, c'est que l'école, c'est quelque chose.
17:18Moi, ce que je dis toujours aux parents,
17:19c'est de regarder justement,
17:20parce que les menus, on les a en accès en amont.
17:21Donc de voir un peu ce qui est proposé
17:23pour pouvoir rééquilibrer le soir.
17:25Si on sait que, par exemple,
17:26viande, poisson, oeuf n'était pas du tout acceptée par l'enfant
17:29parce qu'il ne va pas aller manger,
17:30parce que ce n'est pas son truc,
17:31dans ce cas-là, on sait que le soir, on va en mettre
17:33pour compenser ce qu'il n'a pas mangé le midi, etc.
17:35C'est un petit travail,
17:37mais pour le coup, ça peut très bien se passer.
17:39Après, l'école, c'est très ritualisé au niveau des repas.
17:41C'est très tôt.
17:42Et en fait, ils n'ont pas trop la place aux doutes.
17:45Donc en fait, à l'école, je suis sûre que si on demande,
17:46ce sera des enfants qui restent très bien assis,
17:48si je repense aux petits de tout à l'heure,
17:49parce que c'est comme ça.
17:50En fait, il n'y a pas le choix.
17:52À la maison, ils sont un peu plus libres,
17:53ils laissent un peu plus accès à tout ce qu'ils ont envie,
17:55donc c'est plus difficile.
17:57Mais en soi, pareil, il ne faut pas hésiter
17:58à ritualiser les repas à la maison,
18:00tout comme on fait les rituels pour le dodo,
18:02qui sont hyper connus, les rituels pour le dodo.
18:03Tout le monde le fait, parce que dormir, c'est la vie.
18:05Mais manger, c'est la vie aussi.
18:07Et pour le coup, ritualiser les repas, c'est hyper important.
18:09On peut aussi demander aux enfants de venir mettre la table.
18:11Ils prennent juste leur petit couvert en plastique,
18:13ou peu importe, et ils l'amènent à table.
18:15Et pour le coup, derrière, quand il vient à table,
18:18il sait qu'une fois que le couvert est mis,
18:19il doit s'asseoir, il va manger.
18:20Et en fait, ça fait partie des petits rituels
18:22qui se mettent en place pour les enfants
18:23qui n'ont plus trop envie de venir à table,
18:24ou manger, ce n'est plus trop un plaisir.
18:26C'est des petites choses comme ça,
18:27qui à force permettent de renforcer ce moment du repas.
18:30Ou de leur faire préparer aussi le repas.
18:33C'est vrai que moi, j'avais remarqué sur ma fille,
18:35quand il y avait un légume qu'elle ne voulait absolument pas manger,
18:38je lui demandais de le couper et tout.
18:40Et en fait, vu que c'est elle qui l'a fait,
18:41elle avait quand même envie de le goûter.
18:42Donc ça ne voulait pas dire, je ne vais pas dire de mensonge,
18:45ça ne veut pas dire qu'elle mange l'assiette.
18:46Mais le fait qu'elle l'ait préparée,
18:48elle voulait le goûter et le manger,
18:49parce qu'elle voulait être fière de ce qu'elle avait fait, etc.
18:52Donc c'est vrai qu'on dit souvent
18:53qu'il faut faire goûter plusieurs fois à un enfant.
18:56Il ne faut jamais arrêter.
18:58Voilà, bon, au bout de 15 fois,
19:00on peut peut-être se dire,
19:01OK, cet enfant n'aime pas et n'aimera jamais les champignons.
19:04Même en tant qu'adulte, on a des goûts.
19:05Oui, on a des goûts, bien sûr.
19:07Mais ça, ce n'est pas un problème.
19:08Mais voilà, en général, c'est très bien dit,
19:09c'est à peu près 15 à 17 fois
19:10qu'il faut essayer un même aliment
19:12avant de dire qu'un enfant ne l'aime pas.
19:15Donc pour le coup, il y a le temps
19:16avant de dire qu'il n'aime pas.
19:18Et c'est aussi très important de préciser
19:20que les enfants de moins de 12, 18 mois
19:22qui font des grimaces en mangeant,
19:24ce n'est pas qu'ils n'aiment pas,
19:25c'est qu'ils découvrent.
19:26C'est comme le premier jour
19:27où l'enfant met le pied dans le sable,
19:28il fait une grimace parce qu'il découvre.
19:30Donc il ne faut pas interpréter
19:32ce qu'on voit sur le visage des enfants
19:33comme « j'aime pas »,
19:34comme « oh, ça a l'air acide »,
19:35« oh, machin ».
19:36En fait, les bébés, c'est des pages blanches.
19:38Et ils sont en train d'écrire
19:39tranquillement leur petite histoire.
19:40Donc très souvent, j'ai plein de parents
19:41qui n'ont jamais fait essayer le citron,
19:43par exemple, à leur bébé.
19:44« Ah ben non, c'est trop acide,
19:45il ne va pas aimer, il va faire la grimace. »
19:47On n'en sait rien.
19:47Ça se trouve, il va adorer ça.
19:49Et pour le coup, ça va très bien se passer.
19:51Donc en fait, il faut vraiment partir du principe
19:52que c'est vraiment page blanche.
19:53On oublie nos goûts à nous
19:54et on se dit « ok, allez, on lui fait essayer plein de trucs
19:56et on verra bien ce qui se passe
19:57et ce qui passe ou pas. »
19:59Mais en l'occurrence, voilà.
20:00Et bien sûr, continuer de proposer,
20:02proposer, proposer et jamais arrêter
20:04parce que sinon, en fait,
20:05plus vous allez abandonner un aliment,
20:08plus en fait l'enfant n'en voudra jamais
20:09quoi qu'il arrive.
20:10Oui, ça va devenir une conviction
20:12que ce n'est pas bon, quoi.
20:14C'est ça.
20:20Nouveau témoignage.
20:21« Je suis un peu perdue
20:23avec l'alimentation de mon fils
20:24de 9 ans et demi déjà en surpoids.
20:26Il ne mange presque pas de fruits ou de légumes
20:28et se jette sur les gâteaux
20:30et desserts industriels.
20:31Il mange très vite.
20:33Je dois sans cesse le surveiller
20:34et j'ai peur de le braquer
20:35ou de créer des complexes. »
20:37Oui, alors ça, c'est pas facile.
20:39C'est l'âge pas facile.
20:41Voilà, je ne vais pas vous vendre du rêve.
20:43C'est l'âge pas facile.
20:44Il faut qu'il y ait une prise de conscience
20:45de l'enfant déjà
20:46parce que si pour lui, il n'y a pas de problème,
20:48c'est très délicat
20:49de lui faire entendre qu'il y en a un.
20:51Nous, c'est ce qu'on dit toujours.
20:52On en a en consultation des petits ados,
20:54mais c'est eux qui viennent
20:55par leur envie de venir.
20:57J'ai une petite louloute
20:57qui a 7 ans.
20:58Elle avait envie de venir
20:59parce qu'on commence un petit peu
21:00à lui faire des petites remarques
21:01et tout.
21:01Elle ne voulait pas que ça allait plus loin.
21:03Et maman, du coup,
21:04a pris le truc,
21:04rabais le corps et voilà.
21:05Mais pour le coup,
21:06c'est hyper important
21:07que l'enfant ait conscience déjà.
21:09Si l'enfant n'a pas conscience,
21:10on ne peut pas faire grand-chose.
21:11Ça, c'est hyper important.
21:12Et on évite, bien évidemment,
21:14toutes les remarques, etc.
21:15Et tout effort qui est demandé
21:16à l'enfant doit être fait
21:17par toute la famille.
21:19Ça, c'est hyper important aussi
21:20que l'enfant ne se somme pas le seul
21:21à devoir manger différemment
21:22de la fratrie
21:23ou même des parents.
21:24Parce que déjà, voilà.
21:25Parce que s'il ne mange
21:26que des gâteaux
21:27et des desserts industriels
21:28et qu'on en réduit la quantité,
21:30il ne faut que tout le monde
21:31ne peut pas manger à côté de lui
21:32un pépito pendant que...
21:33Pendant qu'on lui demande,
21:34je vais demander une pomme.
21:35Voilà.
21:35En fait, l'idée,
21:36c'est vraiment de se dire
21:37que c'est un effort collectif.
21:39Et en fait, plus l'effort
21:40va être collectif,
21:40plus l'enfant n'a pas forcément
21:41besoin d'avoir cette conscience
21:42de se dire, bah tiens,
21:43il faudrait peut-être
21:43que je fasse attention
21:44parce qu'il n'a peut-être pas l'âge
21:45ou pas l'envie d'ailleurs.
21:47Mais en fait, nous, déjà,
21:48à la maison,
21:48on peut commencer à mettre en place
21:50une sphère un peu plus sécuritaire,
21:52entre guillemets,
21:52où tout le monde fait l'effort.
21:53Et c'est pareil,
21:54les gâteaux, les desserts industriels,
21:56s'il y en a, on en mange.
21:56S'il y en a pas,
21:57on n'en mange pas.
21:58Donc en fait, il faut...
21:59C'est hyper objectif, en fait.
22:00C'est ça.
22:01On en parlait avec votre livre
22:05à Justine et Marie
22:07que vous avez écrits.
22:09Le sucre, c'est une addiction.
22:11Et donc en fait,
22:12à cet âge-là,
22:13quand on commence à en manger beaucoup,
22:15on a envie d'y retourner.
22:16Et c'est surtout qu'en plus,
22:18ça donne faim.
22:19C'est-à-dire que quand vous mangez
22:20un gâteau industriel très sucré
22:21à 15-16 heures,
22:23une heure après, vous avez faim,
22:24mais vous avez encore plus faim
22:25qu'à 16 heures.
22:25C'est ça qu'on appelle le pic, c'est ça ?
22:26C'est ça.
22:26En fait, c'est le pic
22:27d'hyperglycémie réactionnelle.
22:28Et en fait, derrière,
22:30il y a une faim décuplée
22:31qui se déclenche.
22:33Que notre corps ait pris conscience
22:35qu'on ait mangé,
22:36il faut 20 minutes minimum.
22:38Donc le cerveau,
22:39il lui faut 20 minutes
22:39pour comprendre
22:40que le repas est bien fait.
22:41Donc pour le coup,
22:41si on a un enfant qui mange vite,
22:43pareil, on peut utiliser
22:44des stratagèmes
22:45pour le faire ralentir
22:46sans le blâmer
22:47ni quoi que ce soit.
22:47Déjà, on peut servir le repas
22:48en deux fois.
22:49On en met moins.
22:50Puis on resserre
22:51la deuxième assiette après.
22:52Lui, il n'est pas restreint
22:54en quantité
22:54puisqu'il aura toujours
22:55la même quantité,
22:56juste il l'aura en deux fois.
22:57Donc ça, ce n'est pas gênant.
22:58On peut aussi faire
22:58un jeu familial
22:59de poser la fourchette
23:00toutes les 10 secondes.
23:02Je ne sais pas,
23:02il y a un baromètre,
23:03il y a un parent
23:04qui dit, allez, hop,
23:05on pose tous la fourchette.
23:06Et en fait, on en fait un jeu.
23:07Et puis un jour,
23:07c'est l'enfant
23:08qui devient le baromètre
23:09de la fourchette
23:09de quand est-ce qu'on le pose
23:10et ainsi de suite.
23:11Et au bout d'un moment,
23:12on n'aura plus besoin
23:12de faire le jeu
23:13parce que ce sera devenu
23:14ancré dans les habitudes.
23:15Et en fait,
23:16c'est vraiment important
23:16quand on a des enfants
23:17autour de 8, 9, 10 ans,
23:19même après,
23:19qui souhaitent perdre du poids
23:21ou on commence à surveiller
23:22en tout cas,
23:23que les efforts soient familiaux
23:24et qu'on ne les pointe pas du doigt
23:26en mode,
23:26ben non, toi,
23:26tu n'as pas le droit,
23:27par contre, ton frère,
23:27lui, il n'a pas de problème
23:28donc il peut tout manger.
23:29Parce que sinon,
23:30comme on voulait que ça,
23:31ça ne peut pas tenir dans le temps.
23:32Donc il faut vraiment
23:33que ce soit quelque chose
23:34de familial.
23:34Et pour autant,
23:35si l'enfant est invité
23:36à un anniversaire,
23:37si l'enfant sort je ne sais où
23:39et qu'il a envie d'un truc,
23:40on ne le blâme pas non plus.
23:41Il a le droit.
23:42Ce n'est pas interdit.
23:43La seule chose,
23:43c'est qu'il faut
23:44qu'il y ait un bon équilibre
23:45à la maison
23:45pour compenser un petit peu
23:46aussi ce genre de choses
23:48à d'autres moments.
23:49Oui.
23:50Puis il y a des métabolismes aussi.
23:51On n'est pas tous égaux
23:52et encore moins dans une fratrie.
23:54Et donc,
23:55ce que va manger l'un
23:56ne lui porte pas de problème
23:58au niveau de sa courbe
23:59et malheureusement...
24:00L'autre complètement.
24:01En fait,
24:02et ça,
24:03c'est la partie la plus dure
24:03à expliquer à un enfant.
24:04C'est qu'en fait,
24:06on n'est pas tous égaux,
24:07qu'on le veuille ou pas.
24:09Et il y a une partie génétique.
24:10Donc il faut aussi creuser
24:11un petit peu dans la famille
24:12s'il y a des antécédents ou pas.
24:14Parce que s'il y a des antécédents,
24:15déjà,
24:16ça peut aussi expliquer
24:17le surpoids qui arrive, etc.
24:18S'il n'y en a pas,
24:19ça veut dire que,
24:20OK, l'alimentation a vraiment
24:21un gros point à jouer.
24:22Même s'il y a des antécédents
24:24génétiques ou autres,
24:25on peut quand même
24:26travailler dessus.
24:27Et aujourd'hui,
24:27il faut savoir
24:28qu'il y a plusieurs études
24:28qui sont sorties en disant
24:29que si on prend en charge
24:31le surpoids avant la puberté,
24:33on a plus de chances
24:34d'avoir de bons résultats
24:35à l'âge adulte.
24:36Si on prend après la puberté,
24:38c'est beaucoup plus compliqué.
24:39Oui, et puis c'est là
24:40où c'est peut-être
24:41le plus facile
24:42d'acquérir aussi des réflexes
24:44sur l'alimentation.
24:46C'est ça.
24:53On a un dernier témoignage
24:56d'une maman qui,
24:57je pense,
24:57est au bout du rouleau
24:59et qui nous dit
25:00« J'adore cuisiner,
25:02mais à la maison,
25:03tout le monde se plaint ».
25:04Et vraiment,
25:05je compatis
25:06parce que ça doit être très dur.
25:07Je compatis aussi.
25:08« Sources, textures, légumes,
25:11nouveautés,
25:11sur trois enfants,
25:13un seul mange de tout.
25:14Les deux autres
25:15sont très compliqués
25:16et leur père a lui-même
25:17une alimentation
25:18peu équilibrée.
25:19Les repas sont devenus
25:21source de stress
25:21et de conflits
25:22au point qu'on ne mange
25:23plus ensemble.
25:24Je suis épuisée
25:25et je ne sais plus
25:25comment faire. »
25:27C'est difficile
25:27quand on ne peut pas
25:28faire front
25:28avec son conjoint.
25:31Tout est dit.
25:31En fait,
25:33la parentalité,
25:34c'est être une équipe.
25:35C'est une équipe
25:36sur tous les volets.
25:38C'est-à-dire qu'il y a
25:38le volet alimentaire,
25:39le volet dodo,
25:39le volet éducation,
25:41on est OK avec telle ou telle chose
25:42ou pas.
25:43Mais il faut essayer
25:44de faire front ensemble.
25:45Je ne sais pas si,
25:46par exemple,
25:46dans ce cas-là,
25:47le papa a vraiment
25:48une aversion
25:48pour les brocolis
25:49et les choufflers.
25:49Il ne peut pas se les voir
25:50en peinture
25:50ni les sentir.
25:51Maman fait l'effort
25:52de ne pas en faire.
25:52Par contre,
25:53papa peut peut-être
25:53faire l'effort
25:54de manger des poivrons
25:54et des courgettes
25:55parce que ça passe mieux.
25:56Et en fait,
25:56juste trouver
25:56des justes milieux
25:57et des accords
25:59entre chacun
25:59pour qu'en fait,
26:00les deux puissent faire front.
26:02Parce que clairement,
26:02si maman est toute seule
26:03et qu'en plus,
26:04elle a la charge
26:04de gérer les repas
26:05toute seule,
26:06il y a un moment où,
26:07il y a de quoi péter
26:08un petit plomb quand même.
26:08Je peux comprendre.
26:10Et en fait,
26:10pour le coup,
26:11à mon sens,
26:12les repas,
26:12c'est familiaux.
26:14Et en fait,
26:14c'est ce qui fait
26:15qu'un enfant va aimer manger aussi.
26:17Encore une fois,
26:18c'est le cadre,
26:19c'est l'environnement
26:19et ce qu'on y met.
26:20Donc si là,
26:21on commence à séparer la famille
26:22parce qu'il y en a
26:23qui mangent ça,
26:24il y en a qui mangent ça
26:24ou du coup,
26:25on ne mange plus en même temps
26:25parce qu'on ne partage plus
26:26les mêmes choses,
26:27venir à la table
26:27ne sera plus du tout un plaisir
26:28et encore moins
26:29pour ceux qui n'aimaient
26:30déjà pas trop manger.
26:31Il faut vraiment que,
26:32surtout en France,
26:33manger,
26:33c'est un peu le centre
26:34de nos journées.
26:35On parle un petit peu
26:36de bouffe de la journée.
26:38Non mais franchement,
26:38c'est exactement ça.
26:39C'est comme l'apéro,
26:40c'est comme tout ça.
26:40Ça fait vraiment partie
26:41de notre quotidien.
26:43Pour le coup,
26:44il faut vraiment montrer
26:45qu'un repas peut être convivial,
26:47peut être sympa
26:48malgré qu'on ne mange pas
26:49tous la même chose
26:50parce qu'il y a des familles
26:51où ce n'est pas possible.
26:52Et en fait,
26:52dans ce cas-là,
26:53un truc qui marche plutôt bien,
26:54c'est de faire des plats
26:55au milieu de la table,
26:56trois ou quatre différents
26:57mais qui vont faire
26:58toute la semaine.
26:59Et en fait,
26:59chacun mange ce qu'il veut
27:00mais on est quand même
27:01tous ensemble.
27:02Et déjà,
27:02juste de remettre
27:03la famille au milieu,
27:05de remettre un moment
27:05de partage,
27:06déjà c'est une première pièce
27:07pour cette maman
27:08qui, à mon avis,
27:08en a bien besoin.
27:09Et après,
27:10la deuxième pièce,
27:11c'est d'essayer progressivement
27:12de réduire le nombre
27:13de plats au milieu de la table
27:14pour arriver à tous
27:15manger la même chose.
27:16Mais si déjà,
27:16en mettant quatre,
27:17cinq plats
27:17qui sont cuisinés le dimanche
27:18par exemple comme ça,
27:19on n'en reparle plus
27:20de la semaine,
27:21on arrive à partager des choses,
27:22c'est déjà un bon point.
27:24Et après,
27:24progressivement,
27:25ils vont certainement
27:26avoir envie de goûter
27:27aussi dans d'autres plats
27:27qui ont l'air très bons
27:28et qui sont bien dégustés
27:29par maman
27:30et l'enfant
27:30qui mange tout.
27:32Mais c'est vrai
27:32que le partage
27:33fait partie intégrante
27:35des repas
27:36et d'une variété alimentaire.
27:38Oui,
27:38et puis c'est vrai que
27:41quand c'est elle
27:42qui cuisine
27:42et qui derrière
27:43a la frustration
27:44de ne voir personne manger,
27:46il y a aussi
27:46cette charge
27:48de prendre sur soi
27:50la composition des repas
27:51et que finalement
27:53ça devienne un enfer.
27:54C'est ça.
27:55Et oui,
27:55pour moi,
27:56il y a vraiment un côté
27:57où il faut vraiment être,
27:58il faut faire front,
27:58il faut être ensemble
27:59dans la bataille
28:00parce que,
28:01et ça peut aussi être papa
28:02qui n'aime peut-être
28:03pas certaines choses,
28:04qui prennent le relais
28:04sur trois repas de la semaine,
28:06maman qui fait les quatre autres
28:07et au moins,
28:08un coup c'est l'un,
28:09un coup c'est l'autre,
28:09tout le monde fait l'effort
28:10de goûter.
28:11Ça peut être aussi
28:12un truc qui marche bien.
28:13Je n'ai plus le nom
28:14de l'émission sur M6
28:15là où on notait les repas
28:16mais ça marche,
28:17je ne l'ai plus.
28:19Un dîner presque parfait.
28:20Un dîner presque parfait.
28:21Typiquement,
28:22ça marche super bien
28:23dans les familles,
28:23il y a plein de familles
28:24qui se sont mises
28:24à faire ça
28:25où un jour,
28:26c'est l'enfant qui cuisine
28:26ou les trois enfants
28:27s'ils sont trop pitchounes
28:28pour être tout seuls,
28:30le papa puis la maman,
28:31on note,
28:31on s'amuse,
28:32on s'explique
28:32et en fait,
28:33tout le monde est un peu
28:33obligé de goûter
28:34parce que du coup,
28:34il faut noter.
28:35Et tout de suite,
28:36le fait de mettre
28:36ce petit côté ludique
28:37en place,
28:38on retrouve un peu de plaisir,
28:39on repasse un bon moment
28:40à table
28:40et en fait,
28:41toutes ces petites astuces
28:42font leur petit effet
28:43et l'apéro,
28:44on en parlait tout à l'heure,
28:45mais c'est un super bon moyen
28:47de faire goûter
28:47des nouvelles choses
28:48aussi aux enfants,
28:49de mettre plein de petites choses
28:50sur la table
28:50et puis juste,
28:52nous, on discute,
28:52on trinque,
28:53c'est la fin de la semaine
28:53et on les laisse venir eux-mêmes
28:55et parfois,
28:56on est surpris
28:56de ce qu'ils vont choisir
28:57par rapport à ce qu'on aurait pensé
28:59qu'ils auraient choisi
28:59et pour le coup,
29:00c'est pas mal aussi.
29:02Oui,
29:02et puis c'est un moment
29:02qu'on aime bien partager.
29:05C'est ça,
29:05c'est convivial
29:06et on est moins concentré sur eux.
29:07En fait,
29:08souvent en tant que parent,
29:09on focalise notre attention
29:10sur notre enfant,
29:10qu'est-ce qu'il mange,
29:11qu'est-ce qu'il fait,
29:11etc.
29:12Et en fait,
29:12quand notre attention
29:13est détournée sur autre chose,
29:15on se rend compte
29:15que souvent,
29:15ils mangent mieux.
29:16C'est le cas quand on va
29:17chez des amis par exemple.
29:18En fait,
29:18on est à table,
29:19on est occupé,
29:20on discute avec nos amis,
29:20on rigole bien,
29:21quand on regarde
29:21tout ce qu'ils ont avalé
29:22à côté.
29:23Ah bah si c'était comme ça
29:24à la maison,
29:24on serait bien content.
29:25Et en fait,
29:25juste cette remarque,
29:26ça doit faire tilt.
29:27Ah ouais,
29:27ok,
29:28quand on s'en occupe pas,
29:28ça mange mieux.
29:29Donc nickel,
29:30quand je rentre à la maison,
29:31typiquement,
29:32on met l'enfant
29:32sur la tour d'observation,
29:33sur le plan de travail
29:33en train de manger
29:34pendant que vous,
29:34vous cuisinez,
29:35vous ne le regardez pas trop.
29:36Ça peut être des petits éléments
29:37comme ça qui permettent
29:38de déclencher
29:39des meilleurs repas.
29:41Merci beaucoup Justine.
29:42Je rappelle donc
29:43qu'on peut te retrouver
29:44avec Marie
29:45sur votre compte Instagram
29:47« Manger et grandir ».
29:48C'est ça.
29:49Et donc,
29:49si tu peux nous remontrer
29:51ton livre
29:51« Moins de sucre pour mon enfant »
29:53qui est sorti l'année dernière
29:55avec pas mal de recettes
29:56pour nous aider au quotidien.
29:59Il y a 50 recettes dedans.
30:01On a fait
30:01« Petit déjeuner et goûter »
30:03qui sont vraiment
30:03les deux éléments centraux
30:05qui nous posent problème.
30:06Et on a aussi fait
30:07des desserts familiaux
30:08pour justement
30:09des anniversaires,
30:10des choses comme ça
30:11où il y a moins de sucre.
30:12L'idée,
30:13ce n'est pas
30:13qu'il y en ait zéro non plus.
30:14Je préfère rassurer
30:15parce qu'il y en a qui disent
30:15« Je ne vais pas acheter ça,
30:16il n'y a pas de sucre. »
30:17Il y en a quand même
30:17dans certaines recettes
30:18mais en fait,
30:19c'est des sucres qualitatifs
30:20déjà
30:21et des quantités
30:22largement modérées.
30:24Et quand on arrive déjà
30:24à manger des recettes comme ça,
30:26on est très bien partis.
30:28Merci beaucoup Justine.
30:29Avec plaisir.
30:30À bientôt.
30:31À bientôt.
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