- il y a 5 semaines
Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme, était l'invitée du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce mardi 17 mars 2026.
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00:02Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:06Bonjour Madame Delers.
00:06Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:08Vous êtes député RN de la Somme. On va évidemment revenir sur, à quelques heures du dépôt des listes, ces
00:14alliances.
00:15Vous dénoncez les alliances LF-IPS. Vous auriez bien aimé, à mon avis, en avoir quelques-unes, vous de votre
00:20côté, avec la droite.
00:21On va y revenir. Mais d'abord, je voudrais vous interroger sur les prix, les prix du carburant.
00:25Parce qu'on le voit bien, ça continue à être extrêmement complexe. La guerre fait rage et le prix du
00:33baril de pétrole ne cesse d'augmenter.
00:35Il a pris encore 5% à l'aube ce matin. 104 dollars le baril. Et à la pompe, ça
00:40donne 2,01 euros le gasoil, 1,89 euros le sans-plomb, 95 euros.
00:45Est-ce que vous demandez toujours à l'État de baisser ses taxes ?
00:47Bien sûr, il faut baisser les taxes, baisser la TVA de 20 à 5,5. Et si c'est nécessaire,
00:52baisser aussi la TICPE, la taxe fixe.
00:56Sur les produits pétroliers. Il y a deux taxes. Il y a une taxe proportionnelle qui est la TVA. Il
00:59y a une taxe fixe qui est la TICPE.
01:01Il faut baisser ses taxes. Car aujourd'hui, et ça ne m'étonne pas qu'un certain nombre aujourd'hui
01:05de distributeurs dans le commerce
01:07commencent à s'inquiéter eux-mêmes du niveau du carburant, c'est que les Françaises et les Français font un
01:11arbitrage.
01:12Je le vois dans la Somme, sincèrement et je vous jure que c'est vrai, entre remplir le réservoir ou
01:16remplir le caddie.
01:17C'est l'arbitrage de beaucoup de familles dans la vie réelle, parce que c'est des petits moyens.
01:22Ça va très vite. Et vraiment, il y a des gens qui voient leur salaire passer à la pompe de
01:27carburant
01:27et évidemment qui le vivent très douloureusement pour leur famille.
01:30Quand vous dites que les distributeurs demandent la baisse des taxes, j'avoue que moi-même,
01:33j'ai été quand même assez surprise par les déclarations de Thierry Cotillard ce matin,
01:37le patron d'Intermarché qui demande à l'État de baisser ses marges.
01:41Il dit que plutôt que de nous mettre la pression sur nos marges, à eux, les distributeurs,
01:47l'État a qu'à réduire sa marge et ça ira beaucoup mieux.
01:51Oui, parce que la réalité, c'est que les distributeurs peuvent abuser sur un certain nombre de produits,
01:56mais sur les produits pétroliers, il n'y a presque pas de marge.
01:58C'est la réalité. Il y a eu beaucoup d'enquêtes qui ont toujours démontré que les distributeurs,
02:02pour eux, le carburant, c'est un produit d'appel.
02:03Donc, ce n'est pas là où ils font des marges. Il y a les raffineurs, par contre.
02:06Est-ce que ça veut dire que quand l'État convoque en grande pompe les distributeurs,
02:11c'est du pipe au pouce de tout ça ?
02:13Bercy a convoqué les distributeurs la semaine dernière en disant qu'on va leur demander de baisser les marges.
02:18Mais même quand ils convoquent Total, d'ailleurs, moi, il se trouve que j'ai eu quelques petites taupes dans
02:21ces réunions.
02:22Vous avez des taupes dans les réunions à Bercy ?
02:24Oui, bien sûr. Vous savez, ça m'est arrivé régulièrement d'annoncer sur votre antenne ou ailleurs
02:28quelques phénomènes à Bercy qui allaient arriver.
02:30On a des gens qui nous renseignent sur ce qui se passe, comme les journalistes.
02:33Et donc, ça veut dire qu'il y a des gens qui nous racontent les réunions.
02:39Qui sont dans l'administration ?
02:41Bien sûr, on l'a toujours dit.
02:43Bien sûr qu'on l'a toujours dit.
02:44Il y a des gens qui nous rapportent ce qui se passe parce qu'ils sont, en tant que citoyens,
02:48scandalisés.
02:48Mais c'est aussi eux qui renseignent les journalistes. Il n'y a pas de problème.
02:50Et alors, qu'est-ce que vous en racontez de ces réunions ?
02:52Dans ces réunions, on convoque Total et distributeurs.
02:55Et puis bon, ils font un point d'actualité.
02:57Et puis, tchao, quoi.
02:58C'est-à-dire qu'en fait, c'est faux.
02:59Ce sont des réunions de communication.
03:01Il ne se passe rien d'intéressant concrètement dans ces réunions.
03:04Donc, il n'a jamais été demandé à Total de faire le moindre effort ou de faire quoi que ce
03:08soit.
03:08Pourquoi ?
03:09Donc, ce n'est que de l'affichage ?
03:10Bien sûr, c'est de l'affichage.
03:11Vous voyez bien d'ailleurs qu'il n'y a pas de décisions qui sont prises.
03:13Le premier jour, par exemple, où Bercy a annoncé des contrôles sur les stations-service.
03:17Marine Le Pen et un certain nombre de dirigeants dans votre serviteur ont réagi immédiatement en disant
03:21« C'est du pipeau. Il n'y a pas de contrôle des prix en France. Les prix sont libres.
03:25»
03:25Donc, vous allez envoyer.
03:26Il se trouve que des reportages ont été faits ensuite qui l'ont confirmé.
03:29Mais c'est ce qu'on a dit le premier jour. Pourquoi ?
03:31Moi, j'ai demandé d'ailleurs publiquement à la région. Je lui ai dit « Mais ces contrôles, ils sont
03:34faits sur la base de quels textes pour contrôler les prix ? »
03:37Les prix sont libres en France depuis les années 70 ou 80, selon les biens.
03:41Mais vous avez sans doute entendu le gouverneur de la Banque de France qui dit « De toute façon, nous
03:45n'avons plus de sous. »
03:47Oui, mais...
03:4717 milliards. Voilà ce que dit Bercy. Ça coûterait 17 milliards, votre baisse de taxes.
03:51M. Villeroy, il aurait mieux fait de se taire. Parce qu'il y a des économies à faire.
03:55Je vous rappelle que les dépenses publiques ont augmenté encore de 40 milliards cette année.
03:59Donc, oui, il y a des économies à faire dans notre pays.
04:01On se poursuit. Si le Détroit d'Hormouz... Alors, question pour le coup sur...
04:04On a parlé des conséquences au bout de la chaîne, mais tout ça, ça vient effectivement du Détroit d'Hormouz.
04:09Est-ce que vous invitez la France à s'engager davantage, y compris militairement,
04:14pour pouvoir aider à débloquer le Détroit d'Hormouz, comme le demande Donald Trump ?
04:20Moi, je ne suis pas expert de ce domaine, donc je ne vais pas...
04:22Pardon, mais vous êtes expert de la pompe, c'est bien là que ça commence.
04:26Il se trouve que je suis un peu expert de l'énergie, donc moi, je ne dis pas que c
04:29'est tout.
04:30Ce que je voulais dire, c'est que je ne suis pas sûr qu'une solution militaire aujourd'hui arrange
04:33les choses,
04:34puisque la stratégie de l'Iran, c'était justement de provoquer une escalade militaire pour bloquer le Détroit d'Hormouz.
04:39Donc, mieux vaut tant pis que le Détroit d'Hormouz reste bloqué ?
04:42Mais je pense que Marine Le Pen et Jordan Bardella prendront évidemment des positions bien informées,
04:47justement avec des experts sur le sujet.
04:48Chacun son rôle.
04:49Non, mais c'est ça, mais ce que je veux dire, si vous voulez, c'est que c'est facile.
04:50Vous savez toujours, sur un siège, je veux dire, il n'y a qu'à faire ci, il n'y
04:53a qu'à faire ça en termes militaires ou diplomatiques.
04:55C'est évidemment plus difficile que contrôler les choses depuis Bercy,
04:58où là, c'est la France qui dirige seule ses décisions.
05:00Mais juste, si vous me permettez, pour finir sur les prix du carburant, c'est très important.
05:03Il y avait aussi une solution, qui est toujours d'ailleurs, qui ne coûte rien.
05:06Nous avons des stocks stratégiques en France.
05:08Il a été dit que ces stocks stratégiques allaient être utilisés sur les marchés,
05:12au bénéfice du monde entier.
05:14Ça a été une erreur.
05:15Nous, on avait demandé avec Marine Le Pen que les stocks français soient utilisés pour le marché français.
05:19Il y a deux types de stocks.
05:20Il y a du pétrole brut et il y a du pétrole raffiné, gazole, essence dont vous avez parlé.
05:24Et bien, ces produits raffinés, pardon, il aurait fallu non pas les mettre sur le marché,
05:28mais les mettre à la disposition des distributeurs à prix coûtant,
05:31puisqu'ils ont été achetés par définition, au moment où ça coûtait 60 dollars le baril.
05:36Et donc, c'est très grave.
05:37Fluidifier le marché, en quelque sorte.
05:38Oui, mais eux, ils veulent le fluidifier par le marché eux-mêmes.
05:40C'est-à-dire qu'ils disent, on va le mettre sur le marché.
05:41Et comme le marché est rationnel...
05:42Et ça va mécaniquement, quand il y aura plus de pétrole sur le marché, faire baisser les prix.
05:46Exactement.
05:46Vous voyez bien que les marchés, aujourd'hui, sont irrationnels.
05:48Les marchés fonctionnent à 95% du temps et ils ont des périodes d'irrationalité.
05:52Donc, pour vous, ce carburant qui est dans les stocks, il doit être mis en particulier et en direct au
05:59profit des Français...
06:01Absolument.
06:01...au prix d'avant.
06:02Exactement.
06:03Au prix auquel il a été acheté.
06:04Exactement.
06:04Le prix du stock constitué.
06:05C'est un stock qui appartient aux Français.
06:07Et il concerne plusieurs milliards d'euros.
06:09C'est un stock dit stratégique, mais concrètement, il n'appartient pas à la France.
06:13Il y en a une petite partie qui appartient à l'État français.
06:16Oui, mais il est dans un établissement public.
06:18Dans un établissement public qui décide, d'ailleurs, en effet, officiellement, de le libérer.
06:23Il est très opaque et moi, j'invite tous les journalistes de France à faire une grosse enquête sur cette
06:27réserve stratégique.
06:28Pourquoi ? Ça veut dire quoi ? Vous avez des taupes qui vous disent qu'il y a des trucs
06:31chelous ?
06:32Je pense qu'il y a une grande enquête.
06:33C'est très difficile d'avoir des informations sur la gestion de ce stock et l'intérêt qui le guide.
06:37Je vous jure que c'est très compliqué.
06:38Vous dites, Jean-Philippe Tanguy, ce matin, que vous avez des doutes sur la manière dont c'est géré.
06:43Quelqu'un prend de l'argent quelque part ?
06:46Non, je pense qu'il n'est pas géré au bénéfice de l'intérêt général.
06:49Il est géré au bénéfice des pétroliers qui l'ont constitué.
06:52Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme.
06:54À chaque fois, vous pensez que ça va passer et à chaque fois, vous prenez un front républicain.
06:58Bon, non, il n'y a pas vraiment de front républicain aujourd'hui contre nous.
07:01Il y a un front républicain d'apparence contre les LFI qui s'effondrait.
07:03Vous pensez toujours que vous allez portant de la main que quelqu'un va vous répondre et cette main, elle
07:05reste un peu dans le vide.
07:06Ah oui, alors je pense que ce n'est pas exactement la même chose qui se passe.
07:08Là, effectivement, en 2024, on avait eu un front républicain contre nous, enfin 10 républicains parce qu'il n'avait
07:13ça que de nom.
07:14Là, ce n'est pas ça.
07:15Je pense que c'est juste la lâcheté de la droite qui ne veut pas, comment dire, accepter la main
07:20tendue de Jordan Bardella et Marine Le Pen
07:21pour faire barrage à la gauche dans un certain nombre de communes.
07:25C'est dommage, voilà, c'est dommage parce que vous voyez, à Clermont-Ferrand, à Limoges, chez moi dans la
07:29Somme, on aurait pu empêcher les électeurs.
07:32À Saint-Étienne, à Chambly, à Amiens, à Limoges, les candidats LR disent non merci.
07:38Exactement, mais c'est leur responsabilité et c'est dommage parce que, notamment pour la situation économique, vous savez que
07:43Saint-Étienne, Amiens, Limoges, justement,
07:45c'est des villes qui ont des grosses difficultés économiques, qui avaient une industrie florissante qui subit des grosses difficultés.
07:50Et je peux vous dire que la victoire des candidats de gauche radicalisés ne va pas aider les habitants, pas
07:55du tout aider les habitants.
07:56Moi, je n'ai pas dans la Somme, M. Ruffin, pour venir foutre le feu littéralement devant les usines, il
08:00y a du monde.
08:01Et quand l'usine ferme, il n'y a plus personne. J'ai eu le cas à Bernaville, M. Ruffin
08:04est venu faire son petit numéro.
08:06Il a fait peur aux investisseurs et l'usine, elle a fermé à Noël, le jour de Noël, le 24
08:10décembre.
08:10Ce que vous voulez dire, c'est qu'il a eu même l'effet inverse ?
08:13Absolument, je peux témoigner que l'investisseur a eu peur des actions de M. Ruffin.
08:17Le candidat LR à Limoges, il dit, ce n'est pas parce que le PS sombre dans la honte qu
08:24'il faut perdre, nous, tous nos repères.
08:26Oui, mais ils les ont perdus, leurs repères.
08:29Comment ça, ils les ont perdus, leurs repères ? La droite ?
08:31Mais s'ils ne sont pas capables, si vous voulez, de se battre contre les insoumis ou contre une gauche
08:35radicale qui va contre tout leur programme, c'est ridicule.
08:39Vous avez une large majorité des électeurs LR qui veulent les fusions avec des listes Rassemblement National au cas par
08:44cas pour faire barrage à la gauche.
08:45Les électeurs le veulent, donc les électeurs LR savent mieux que les dirigeants LR ce qu'ils veulent.
08:49Oui, ce n'est pas sérieux.
08:50Vous pensez que les électeurs de LR seraient prêts ou souhaiteraient même qu'il y ait des alliances avec vous
08:58?
08:58Je pense sincèrement, et c'est ce que disent tous les sondages, quel que soit l'institut aujourd'hui.
09:01Il y a une large majorité des électeurs LR qui veulent un rassemblement pour faire barrage à la gauche et
09:06même au-delà au National.
09:08Regardez Éric Ciotti qui était sur cette stratégie d'union, notamment pour le local mais aussi pour le national, vous
09:13voyez qu'il a fait un très bon score face à M. Estrosi.
09:17À Reims, pour le coup, un candidat d'hiver droit qui déjà n'appartenait plus aux Républicains, mais Stéphane Lang
09:25a décidé de s'associer au deuxième tour à la candidate du RN, Anne-Sophie Frigou.
09:30Il était encore adhérent, semble-t-il, des Républicains. Il a été exclu, ou en tout cas officiellement, on a
09:36dit qu'il serait exclu hier. Comment vous réagissez ?
09:39J'alerte les électeurs républicains sur ce double jeu de M. Rotaillot, parce que vous voyez, M. Rotaillot était officiellement
09:44en alliance dans la quasi-totalité des villes françaises avec la Macronie.
09:48Des listes uniques, voilà, de double logo, voire parfois la disparition des LR au profit des centristes.
09:54Vous savez, moi je connais bien l'histoire de ma famille politique au sens large. Moi je viens de l
09:57'UMP, c'est toujours pareil.
09:58C'est un alignement, soi-disant, de la droite dure comme M. Rotaillot, sur le centrisme mou et sur ceux
10:04qui échouent à gouverner la France.
10:06Et c'est dommage, parce que je pense que M. Rotaillot, par son parcours...
10:08Pour vous, est-ce que vous avez des taupes chez Rotaillot ? Pardon, mais maintenant je me dis que vous
10:13devez avoir des taupes partout.
10:14Est-ce que vous avez des taupes chez Rotaillot qui vous disent que, quand il est en privé ou au
10:18fond de lui, il aimerait bien ces alliances-là ?
10:20Est-ce que vous pensez que cette alliance, elle serait possible à un moment ou à un autre avec quelqu
10:23'un comme lui ?
10:24Alors, sincèrement, je ne sais pas. Je ne sombre pas les reins à l'écœur.
10:26Vous n'avez plus de taupes chez Rotaillot ?
10:27Non, parce que là, ce serait de l'infiltration, parce que ce serait des gens malhonnêtes, si vous voulez.
10:31Quand je dis qu'on a des taupes, c'est des gens qui font leur travail et qui sont choqués,
10:33sincèrement.
10:34Avoir une taupe dans un parti politique, ça veut dire que vous avez des méthodes malhonnêtes.
10:37C'est malhonnête d'avoir des gens qui vous informent de ce qui se passe dans l'État.
10:40Gérard Larcher, la semaine dernière, disait quand on a des convictions, quand on a un corps d'idées, on se
10:44bat autour de cela.
10:46Et pour moi, ce ne sera ni LFI, ni RN.
10:49C'est la position que nous devons avoir et que nous aurons.
10:51Il vous met sur un pied d'égalité avec LFI.
10:54Ce qui est intéressant avec M. Larcher, c'est qu'il parle d'avoir des idées.
10:56Je ne sais sincèrement pas du tout ce que sont les idées de M. Larcher.
11:00Ça fait 30 ans qu'il fait de la vie politique en France, qu'il occupe des postes importants.
11:03Je ne l'ai jamais entendu proposer la moindre idée, la moindre proposition,
11:06qui ne soit pas d'occuper un poste et de dire je ne veux pas voter pour le Rassemblement National.
11:11Ça ne fait pas un programme.
11:12Donc je dis à M. Larcher, ce que vous dites, ne fait pas un programme pour la France.
11:16C'est une espèce de lieu commun.
11:18Donc nous, on est pour la sécurité, pour baisser les taxes au niveau local,
11:21pour favoriser l'activité économique, pour qu'on ne prive pas accès aux voitures.
11:25Quand vous avez vu ce que vous parlez de Bruno Rotaillot,
11:26il a eu cette expression quand même la semaine dernière.
11:29Il a dit qu'il était donc opposé à toute alliance avec l'extrême droite.
11:33Mais il dit, je défends l'union des droites par les urnes.
11:37Oui, c'est exactement ce que je disais sur le fait que les sondages indiquaient que les électeurs voulaient cette
11:42union.
11:43M. Rotaillot, en fait, c'est des slogans.
11:45Ce qui est très problématique avec M. Rotaillot, c'était avant le cas sur la sécurité,
11:48c'était le cas sur l'immigration quand il était ministre d'Emmanuel Macron,
11:51c'est que c'est des slogans et qu'à la fin, quand il faut prendre ses responsabilités, il n
11:55'y a plus personne.
11:55Est-ce que vous croyez, Mme de Maler, que ça me fait plaisir de proposer des alliances
11:59avec des hommes ou des femmes politiques de LR qui, parfois, ont trahi beaucoup de choses ?
12:03Non, mais on le fait pourquoi ?
12:04Parce que c'est moins pire et que, parfois, dans la vie, il faut faire moins pire pour protéger la
12:08commune,
12:08pour éviter les hausses d'impôts, pour éviter que des usines ferment.
12:10Ça, c'est la politique. La politique, ce n'est pas faire ce qu'on veut, quand on veut, avec
12:14qui on veut.
12:15Parfois, c'est aussi prendre ses responsabilités.
12:16À Marseille, Martine Vassal se maintient.
12:20Et pourtant, Franck Alizio lui avait immédiatement tendu la main.
12:25Encore une fois, il n'y aura pas cette alliance-là.
12:27Mais pourquoi elle se maintient ? C'est ça, la vraie question.
12:29Qu'est-ce qu'elle va dire à ses électeurs ?
12:30Il faut élire M. Payan ? Dans ce cas-là, autant le soutenir.
12:33Elle va dire « votez pour moi », justement.
12:35Elle ne va dire rien du tout.
12:36Elle ne va pas dire « votez pour Payan ou votez pour Alizio ».
12:38Vous savez très bien qu'au municipal, il y a une prime majoritaire énorme, de 50%.
12:42On dit que c'est la proportionnelle.
12:43Sauf à Paris.
12:44Oui, sauf à Paris, vous avez raison.
12:46Mais à Marseille, il y a une prime énorme.
12:48Et même à Paris, c'est 25%.
12:50Donc, en fait, quand vous acceptez d'être en minorité,
12:54c'est vous accepter de laisser gagner l'autre.
12:56Mais moi, je pense, en fait, aussi que les électeurs de Mme Vassal sont totalement libres.
13:00Et je pense qu'il va arriver à Marseille, ce qui arrive dans beaucoup de listes.
13:03C'est-à-dire que les électeurs, ils fuient celui qui trahit.
13:06Et puis, ils vont soutenir celui qui peut gagner.
13:07Donc, vous pensez que les électeurs de Martine Vassal, malgré le fait qu'elles se maintiennent,
13:13pourraient voter Alizio ?
13:14Ils sont libres, mais moi, je les invite à le faire sur la sécurité,
13:17lutter contre le narcotrafic, baisser les taxes,
13:20en tout cas, maintenir, comment dire, ne jamais augmenter les taxes à Marseille.
13:23C'est un programme clair de Franck Alizio.
13:25Je les invite vraiment à la liberté.
13:26De toute façon, vous savez, et je pense que vous le savez sur BFM TV,
13:29les électeurs, ils sont libres.
13:30Ils sont libres, ils font bien ce qu'ils veulent dans tous les sens.
13:32Donc, il faut être très modeste sur les appels à voter.
13:35Il faut prouver aux électeurs qu'est-ce que vous allez faire pour eux.
13:37Et je pense que Franck Alizio fait une très bonne campagne.
13:39Il a quand même failli être dans la deuxième ville de France,
13:42premier au premier tour.
13:43Et je pense que c'est incroyable.
13:43Je vous rappelle qu'il a commencé l'élection à 15%.
13:45Ils sont arrivés au coude à coude.
13:46Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, Toulouse, Besançon, Brest, Tours, Strasbourg, Nantes et j'en oublie.
13:53Finalement, le Parti Socialiste a conclu donc ses alliances avec LFI.
13:58Vous parlez d'alliances de la honte ?
14:00Bien sûr, mais c'est eux qui avaient dit.
14:03Le candidat à Toulouse, dont j'ai oublié le nom, avait fait un tweet après les meetings de M. Mélenchon
14:07contre l'antisémitisme, contre les jeunes mots, en disant que c'était des mots odieux,
14:12avec un lexique extrêmement dur.
14:14Et puis finalement, il s'est allé avec M. Picmal, qui est un fidèle de M. Mélenchon.
14:20Il est député à l'Assemblée Nationale.
14:22On le connaît bien.
14:23Il est sur une ligne très dure, notamment sur la lutte contre la propriété privée,
14:26parfois la fin de la propriété pour la défense des squatteurs, par exemple.
14:29M. Picmal défend des positions très dures contre les propriétaires, les petits propriétaires.
14:35Et il est dans la droite ligne de M. Mélenchon.
14:37Donc c'est incompréhensible.
14:39Et surtout, vous nous avez dit, oui, c'est contre les fascistes.
14:41Évidemment, déjà, ça n'avait aucun sens.
14:43Mais là, vraiment, on voit que ça n'a aucun sens.
14:44Parce que M. Moudin, qui n'est pas un de mes amis à Toulouse, est un centriste pur jus.
14:49C'est pas du tout.
14:49Il veut dire que c'est pas un fasciste.
14:50Non, mais même dans le...
14:51Il n'y a pas de fasciste en France.
14:53Il n'y a pas de fasciste en France.
14:54Non, il n'y a pas de fasciste en France qui sont capables de gagner des élections.
14:56Heureusement, d'ailleurs.
14:57Sinon, notre pays serait bien malheureux.
15:00Mais M. Moudin, pas du tout ça.
15:02À Lyon, M. Aulas, qui est une bête de papy gâteau à la limite.
15:05Bon, enfin bon, c'est pas du tout un danger.
15:07Fasciste, tout ça est ridicule.
15:08Et vous, à Saint-Denis, je ne sais pas si vous avez vu les images,
15:10ils ont dit que le maire sortant de Saint-Denis, socialiste, proche de Benoît Hamon,
15:14donc de la ligne dure des socialistes, c'était un fasciste.
15:16Et quand ils ont gagné, ils ont dit, on est tous antifascistes.
15:18Donc, pour les insoumis, la lutte antifasciste, ça commence au Parti Socialiste.
15:22Donc, il y a un moment galvaudé des termes qui sont des termes graves, des termes lourds.
15:27Ça veut dire que ces gens sont dans le cynisme pur ou dans le délire.
15:30À Paris, le RN quasi disparu de la carte.
15:361,6% pour votre candidat.
15:39Sarah Knafou, en revanche, a passé le cap des 10%.
15:43Alors, je veux bien que LR, pour le coup, n'accepte pas votre main tendue.
15:47Mais alors, s'il y en a bien une, ou un, Éric Zemmour,
15:49qui vous a tendu la main depuis un bon bout de temps,
15:52c'est donc eux, avec Reconquête.
15:54C'est toujours un parti différent du vôtre ?
15:57Ou est-ce qu'à un moment, vous pourriez vous associer ?
15:59Non, mais c'est un parti différent.
16:00Non, mais ils ne tendent pas la main.
16:02Depuis le début, ils n'existent que pour nous causer des problèmes.
16:07Ça a bien marché, en tout cas à Paris, ça a bien marché.
16:09Je vous dis pourquoi.
16:09Moi, j'assume totalement.
16:10Madame Knafou, elle a menti aux électeurs à Paris
16:12et aux électeurs de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
16:14Elle leur a dit, avec moi, vous allez voir, on va faire l'union des droites,
16:17c'est elle qui le dit, et on va faire gagner la droite à Paris.
16:19Bon, ben maintenant, elle va faire perdre la droite à Paris.
16:21Donc oui, c'est des gens qui mentent aux électeurs.
16:24Moi, ça m'énerve, parce que si vous voulez,
16:25quand on croit à son combat,
16:27on estime que la France n'a pas de temps à perdre,
16:29et ces gens font perdre du temps à la France.
16:31Ils ont voulu faire gagner M. Mélenchon contre Marine Le Pen en 2022.
16:34Moi, je dis les choses comme je les pense et comme elles sont.
16:37Reconquête, c'est un vote au mieux qui ne sert à rien,
16:39au pire qui fait perdre nos idées.
16:41Est-ce que ça veut dire que si vous étiez électeur à Paris,
16:43vous voteriez Dati ?
16:45Je pense que je ferais barrage à la gauche, oui.
16:47Vous voteriez Dati ?
16:48Ça implique que les électeurs sont libres.
16:50Mais pour moi, il faut faire barrage à la gauche.
16:53Donc ça veut dire que pour vous, une alliance...
16:54Je ne crois pas aux consignes électorales.
16:55Je suis cohérent, Mme de Malherbe.
16:57Moi, je ne crois pas aux consignes électorales.
16:58Mais moi, je ferais barrage à cette gauche à Paris,
17:01qui a ruiné Paris, qui a rendu notre capitale un enfer sécuritaire,
17:04où le deal a ciel ouvert dans beaucoup de quartiers.
17:07Et vous vous baladez dans Paris, vous traversez des nuages de cannabis.
17:11Voilà.
17:11Ça, c'est la ville aujourd'hui.
17:12Moi, j'arrive à Gare du Nord tous les jours, Mme de Malherbe.
17:14Excusez-moi, tous les jours, ou presque, je prends le TER,
17:17j'arrive à Gare du Nord, je me balade à pied,
17:19j'assume la ville, j'assume la vie réelle.
17:22Vous vous baladez dans le Gare du Nord et dans des quartiers 18e jusqu'au 8e,
17:26et bien, c'est des nuages de cannabis.
17:28Et vous auriez donc voté...
17:29Y compris devant des gamins.
17:30Et donc, vous auriez voté Dati.
17:31Et le moins pire.
17:32Merci, Jean-Philippe Tanguy, d'avoir répondu à mes questions ce matin.
17:35Député RN de La Somme.
17:37Il est 8h46 sur AMC, BFM TV.
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