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Ce mardi 17 mars, dans sa chronique, Annalisa Cappellini s'est penchée sur l’économie irakienne, fragilisée et pénalisée par le blocage du détroit d’Ormuz et l’arrêt des exportations de pétrole. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Anadek Cappellini, le blocage du détroit d'Hormuz pénalise tous les pays producteurs de pétrole de la région
00:04et en particulier l'Irak qui est très dépendant du pétrole.
00:08Est-ce que l'économie irakienne pourrait s'en remettre ?
00:11Elle est déjà très fragilisée, elle étouffe sans les revenus du pétrole
00:15puisqu'en effet l'export est complètement à l'arrêt.
00:18Évidemment comme tous les autres pays de la région,
00:20l'Irak ne peut plus exporter son pétrole via son port de Bassorah
00:24et ensuite via le détroit d'Hormuz qui est contrôlé par les Iraniens
00:27et puisque les capacités de stockage terrestre ont été très rapidement saturées,
00:31l'Irak a été obligé d'arrêter plusieurs gisements.
00:34Sauf que pour l'Irak, ces revenus sont absolument nécessaires.
00:38On estime que le pétrole représente 90% des revenus du pays
00:42et donc les conséquences pourraient arriver très très vite sur l'économie.
00:45On estime que les premiers impacts seront ressentis déjà dès le mois de mai
00:50quand les caisses commenceront à se vider avec un problème principal,
00:54celui du salaire des fonctionnaires.
00:55Il y a 4,5 millions de fonctionnaires en Irak.
00:58En 2003, il y en avait 1 million seulement.
01:00Donc il faut évidemment payer tous leurs salaires.
01:02Et puis à ces 4,5 millions, il faut rajouter tous les Irakiens
01:05qui perçoivent des prestations sociales ou des pensions.
01:08Donc on arrive à 9 millions d'Irakiens
01:10pour lesquels l'État dépense 6,5 milliards de dollars par mois.
01:14Ça va être compliqué de les payer avec des caisses vides.
01:16Il y a des tentatives de routes alternatives.
01:18Oui, en effet.
01:19Déjà la route terrestre qui pourrait permettre de transporter
01:23200 000 barils par jour par camion-citerne.
01:26Il passerait par la Jordanie et par la Syrie.
01:29Sauf qu'évidemment, il y a une logistique compliquée et coûteuse.
01:32Il y a une deuxième solution possible, c'est celle de l'oléoduc.
01:36Il y a un oléoduc qui relie l'Irak à la Turquie,
01:39donc qui arriverait directement en mer Méditerranée
01:41et qui pourrait permettre aussi d'exporter toute une partie du pétrole.
01:44Ça, ça serait une solution.
01:45Sauf que ce téléoduc se situe au Kurdistan irakien,
01:49dans le nord du pays.
01:50Il faut donc l'accord du gouvernement régional d'Herbil.
01:54Et puisque depuis le mois de janvier,
01:56Bagdad, le gouvernement central impose un embargo à cette région
01:59sur les dollars qui concrètement empêchent les commerçants
02:02de recevoir des dollars et donc qui paralysent l'activité commerciale,
02:05vous vous en doutez.
02:06Évidemment, le gouvernement du Kurdistan demande
02:09que l'État central assouplisse toutes ses restrictions d'accès.
02:12en échange, évidemment, de l'ouverture de cette voie vers la Turquie.
02:16Donc, il y a une question de tension interne qui se rajoute.
02:20De toute façon, même cette voie, elle ne serait pas suffisante
02:22parce qu'elle permettrait d'exporter 250 000, voire 300 000 barils par jour.
02:26Donc, même dans le scénario le plus optimiste,
02:28on arriverait à 500 000 barils par jour.
02:30C'est très, très loin des 3,5 millions que l'Irak exportait avant la guerre.
02:34Et la désorganisation politique en Irak n'est pas ?
02:36Bien sûr, le pays est dans l'impasse politique complète.
02:39Les Irakiens ont voté en novembre dernier.
02:41Pourtant, aucun accord politique n'a permis de trouver
02:44ni un Premier ministre, ni un président.
02:46Pourtant, ces dernières années, l'Irak avait retrouvé
02:48une stabilité relative, avec une situation sécuritaire améliorée,
02:52avec une confiance dans les institutions retrouvées.
02:566 Irakiens sur 10 disent aujourd'hui
02:58faire confiance au gouvernement national.
03:00En 2010, c'était seulement 3 Irakiens sur 10.
03:03Donc, est-ce que cette confiance retrouvée va perdurer,
03:06même avec une crise économique,
03:08et même avec un État qui n'arrive plus à payer ses fonctionnaires ?
03:11C'est toute la question, en tout cas le plus gros test
03:13pour la stabilité politique et économique de l'Irak
03:15pourrait bien venir d'Iran.
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