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00:01:37Voici ce qui reste du sanatorium du petit village de Clairefont à Haute-Savoie après le drame.
00:01:42Hier matin, peu avant l'aube, cet immense coulé debout a englouti l'aile qui abritait les dortoirs.
00:01:52128 enfants et leurs moniteurs ont trouvé la mort pendant leur sommeil.
00:01:57Les rescapés ont été évacués en urgence dans les hôpitaux de la région.
00:02:01Le pays est sous le choc.
00:02:05Il ne reste maintenant aucun espoir de trouver d'autres survivants.
00:02:11Les familles en deuil se sont recueillies sur la place du village où a été dressée une chapelle ardente.
00:02:18Cette catastrophe de Clairefont est-elle due à la fonte des neiges exceptionnellement précoces qui a entraîné la crue d
00:02:25'une rivière souterraine ?
00:02:27Qui a accordé le permis de construire ?
00:02:31A-t-on fait une sérieuse étude du terrain ?
00:02:33De nombreuses questions se posent.
00:02:45Pardon de vous déranger, il y a un certain Picmal qui demande à vous voir.
00:02:49Il a un document confidentiel à vous remettre.
00:02:52Il dit que c'est vital, de la plus haute importance.
00:02:57Ça fait une heure qu'il attend.
00:02:58Qu'est-ce que je fais ? Je l'envoie à M. Fleury ?
00:03:01Oui, qu'il essaie de savoir de quoi il s'agit.
00:03:03De la catastrophe de Clairefont en face, ce qu'il prétend, tu devrais quand même le voir.
00:03:08D'accord, je vais le recevoir.
00:03:15Merci Claire.
00:03:23Vous êtes le ministre ?
00:03:26Je ne veux pas avoir affaire à un secrétaire, je veux voir le ministre en personne.
00:03:29C'est bien, moi, asseyez-vous, M. Bigmal.
00:03:31J'ai peu de temps à vous accorder. Vous voulez me remettre un document.
00:03:34De quoi s'agit-il ?
00:03:36D'une bombe.
00:03:49Ouvrez-le et finis-moi reçu.
00:03:55Ah, il existe donc bien ce fameux rapport Calam.
00:03:59Où l'avez-vous trouvé ?
00:04:01Dans un grenier.
00:04:03Je suis surveillant à l'école des pros et saucés.
00:04:05J'ai travaillé avec M. Calam il y a quelques années.
00:04:07Vous ne l'avez montré à personne ?
00:04:09À personne.
00:04:10Mais vous, j'espère que vous ne le garderez pas pour vous.
00:04:13Vous l'avez lu ?
00:04:14Oui.
00:04:16Je ne l'ai pas donné à la presse.
00:04:17J'aurais pu, je ne l'ai pas fait.
00:04:19Pourquoi ?
00:04:21Vous n'étiez pas encore en poste à l'époque.
00:04:24Mais signez-moi reçu, je veux une preuve écrite.
00:04:32Il n'y avait pas d'autre copie.
00:04:34Vous êtes sûr.
00:04:36Ah, c'est la seule.
00:04:39Voilà.
00:04:46Faites-en bon usage, sinon...
00:04:48Sinon quoi ?
00:04:49Mon neveu, un gamin de 9 ans, était à clairfond.
00:04:52Je veux que tout le monde sache.
00:04:53Je veux que c'est Saloyantoule.
00:04:56Moi aussi, je tiens à faire la lumière sur cette affaire, M. Pickman.
00:05:00Faites-moi confiance.
00:05:23Je ne sais pas.
00:05:33A tout à l'heure.
00:05:35Non, on n'entend pas.
00:05:36On va en avoir pour une partie de la nuit sur l'affaire clairfond.
00:05:38N'oubliez pas, le président du conseil a demandé que vous le rappeliez chez lui, monsieur.
00:05:42Très bien.
00:05:42C'est parti.
00:05:43Sous-titrage MFP.
00:06:40Sous-titrage MFP.
00:06:43Sous-titrage MFP.
00:07:10Un flic.
00:07:11Merde, merde, merde. T'es sûr ?
00:07:13Regarde la bagnole.
00:07:15Quand tu vois un bouser, il est sur un tracteur.
00:07:19Un flic en képi, il est en vélo.
00:07:21La PJ, c'est des tractions noires.
00:07:24Y'a pas d'exception à la règle.
00:07:26On t'en va nous une seconde.
00:07:48Bonsoir, monsieur le ministre.
00:07:49Bonsoir, entrez, entrez.
00:08:08Je ne vous voyais pas aussi grand.
00:08:11C'est drôle.
00:08:11Ah bon?
00:08:12Pourtant, il y a longtemps que j'ai arrêté de grandir.
00:08:16Donnez-moi votre manteau.
00:08:27Vous voulez un café?
00:08:29Un volontiers.
00:08:47Avec une goutte de calvin?
00:08:49Encore plus volontiers.
00:08:51Il vient de mon pays.
00:08:52C'est mon père qui le distille.
00:08:53J'ai besoin d'un remontant.
00:08:55C'est ce que je donne quand quelqu'un va passer aux aveux.
00:08:57Asseyez-vous.
00:08:58Asseyez-vous.
00:09:00Ma femme n'arrive que la semaine prochaine,
00:09:02mais les meubles sont arrivés ce matin.
00:09:04Je ne suis plus chez moi nulle part à Paris.
00:09:07Tenez.
00:09:10Voilà.
00:09:14Je suis dans le pétrin, maigret.
00:09:17Vous avez entendu parler de la catastrophe de Clairefont.
00:09:22Mais vous ne faisiez pas partie du cabinet à l'époque
00:09:25où le sanatorium a été construit.
00:09:27Non, j'étais député.
00:09:29Je ne faisais même pas partie de la commission qu'a voté les crédits.
00:09:32Vous savez, monsieur le ministre,
00:09:33moi, je déteste la politique.
00:09:35Je n'y comprends rien.
00:09:37Et je crois que là, il vaut mieux que...
00:09:38Non, non.
00:09:39Non, non, laissez tomber les messieurs le ministre.
00:09:43Tenez-moi une chance de m'expliquer.
00:09:45Vous serez libre de décider après si vous acceptez
00:09:48ou si vous refusez m'aider.
00:09:52Vous pouvez fumer.
00:09:53Ne vous gênez pas.
00:10:00J'ai appris qu'on avait demandé au professeur Robert Calam
00:10:04d'écrire un rapport avant la construction de Clairefont.
00:10:10J'ai fait faire des recherches au ministère des Travaux publics pour le retrouver.
00:10:15Aucune trace dans nos archives.
00:10:16Disparu.
00:10:17Rien.
00:10:18Personne ne sait où est passé ce fameux rapport.
00:10:21J'imagine qu'on n'a pas fait disparaître pour rien.
00:10:24Aujourd'hui, un employé vous posez chaussée.
00:10:27M'a apporté une copie.
00:10:29Oubliez dans un grenier par miracle.
00:10:32Je l'ai amené chez moi.
00:10:34Pour la lire, tranquillement.
00:10:36Je voulais d'abord me faire une opinion.
00:10:38Je ne savais rien de ce monsieur Picmal.
00:10:40Il aurait aussi bien pu produire un faux.
00:10:43Et ça vous a paru authentique ?
00:10:47Vous l'avez lu ?
00:10:48Mais je n'en ai pas eu le temps.
00:10:50En Nantes ici, j'ai eu un accident de voiture.
00:10:52Comme par hasard, quelqu'un a profité de la panique pour voler le porte-documents
00:10:57dans lequel j'avais mis le rapport Calam.
00:11:02Qui savait que vous aviez le rapport ?
00:11:05Oui.
00:11:06Picmal, celui qui me l'a porté.
00:11:08Maintenant, vous, je n'en ai parlé à personne d'autre.
00:11:11Mais au ministère, n'importe qui a pu voir Picmal entrer dans votre bureau.
00:11:14Vous vous rendez compte de ce que ça signifie, je suppose ?
00:11:17Évidemment, je ne suis pas naïf.
00:11:19Il y a toutes les chances que les documents soient authentiques.
00:11:22Je pense qu'ils devaient être défavorables à la construction de clairfonds.
00:11:26Il a dû y avoir des pots de vin, des mabouilles assez sordides.
00:11:30Il y en a beaucoup, y compris le gouvernement, qui n'ont pas intérêt à ce qu'on le publie.
00:11:33Ce qui expliquerait qu'on ait voulu le reprendre aussi vite.
00:11:36L'ordre a pu venir d'en haut ?
00:11:39J'ai pensé, mais ça pourrait aussi venir de l'entrepreneur, Richard Micou.
00:11:45Le roi du béton.
00:11:46J'ai aimé ça, dans la 4e République.
00:11:50Dans une certaine mesure, je suis plutôt soulagé que vous n'ayez plus ce rapport,
00:11:53parce que si vous aviez eu le temps de le lire, vous seriez un homme mort.
00:11:58C'est pour ça que je vous ai fait venir, migré.
00:12:01J'ai besoin de votre protection.
00:12:04Je ne peux plus me fier à personne d'autre qu'à vous.
00:12:07Ma protection, oui.
00:12:09Vous n'en avez plus besoin maintenant.
00:12:11Puisque ceux qui vous ont agressé ont dit ce qu'ils voulaient.
00:12:13est-ce que vous avez fait ?
00:12:15Non.
00:12:18Il n'était plus dans le porte-documents.
00:12:21Juste avant l'accident, je l'avais sorti pour le feuilleter.
00:12:24Je l'avais déjà remis dans mon manteau quand j'ai senti le choc.
00:12:31Et voilà.
00:12:34C'est maintenant que les vrais ennuis commencent.
00:12:49C'est fort apache, ici.
00:12:52Vous dites ?
00:12:53Rien, rien.
00:12:55Je trouve l'avenue très animée.
00:12:58À deux heures du matin ?
00:13:00Alors, monsieur le ministre,
00:13:02il tient ses promesses, ce rapport ?
00:13:06Que la dynamite.
00:13:07Le vieux calame devait être un peu voyant.
00:13:09Il a annoncé la catastrophe dans les moindres détails.
00:13:12La crue de la rivière souterraine,
00:13:14glissement de terrain.
00:13:16Tout y est.
00:13:17Je pourrais y jeter un oeil, moi aussi ?
00:13:19Tous ceux qui lisent sont en danger de mort.
00:13:21Comme vous me l'avez dit, histoire de me réconforter.
00:13:28Vous permettez ?
00:13:29Bien sûr.
00:13:30Mais je dois déjà être sur écoute.
00:13:33Oui, on sait, il y a des chances.
00:13:36Mais ça n'a pas beaucoup d'importance.
00:13:37Tout le monde sait que je suis ici.
00:13:40À part mes inspecteurs.
00:13:48Paul, je te réveille ?
00:13:51Oui, alors je voudrais que tu ailles à l'école des ponts et chaussées.
00:13:55Oui, tout de suite.
00:13:57Il y a sûrement un concierge.
00:13:59Ben, tu le réveilles aussi.
00:14:02Il doit avoir un répertoire.
00:14:04Alors demande-lui l'adresse de Julien Pygmal.
00:14:07Et dépêche-toi de le trouver.
00:14:10Tu laisses un de tes hommes avec lui.
00:14:13Non, non, plutôt, tu l'emmènes à l'APJ, c'est plus sûr.
00:14:17Oui.
00:14:18Attends, c'est pas fini.
00:14:20Tu feras un crochet par le 35 avenue Lottie.
00:14:24Il y a une ou plusieurs voitures en plante, là.
00:14:26Relève les numéros.
00:14:28Non, non, tu me rappelles pas.
00:14:30Rien par téléphone.
00:14:41Nos admirateurs sont encore là.
00:14:43Mais ne restez pas là en pleine lumière.
00:14:44Vous faites une cible idéale.
00:14:48Ceux d'en bas ne plaisantent pas.
00:14:51Ils sont pas là pour la chasse aux canards sauvages.
00:14:53C'est vous le canard, aujourd'hui.
00:14:55Canard, peut-être, mais pigeon jamais.
00:14:57J'espère.
00:15:00Vous voudriez aller dormir un peu.
00:15:04Moi, je vais finir mon feuilleton.
00:15:08Et puis, on discutera du dernier épisode ensemble.
00:15:29J'ai appris à pêcher avec mon père.
00:15:32Il était métaillé près de la Roche-sur-Yon.
00:15:36Et le vôtre ?
00:15:39Il était régisseur d'un domaine forestier.
00:15:47Je suis avocat de formation, avocat par architecte.
00:15:51Qu'est-ce que je fous aux travaux publics ?
00:15:57Ça fait quatre jours que je suis installé au ministère.
00:16:01Quatre jours que j'essaie de faire croire que je domine le sujet allé aux fonctionnaires beaucoup plus compétents que
00:16:07moi et qui m'attendent au tournant.
00:16:11Ils étaient déjà là du temps de votre prédécesseur ?
00:16:14De Louis Bernard, évidemment.
00:16:18Et regarde défiler les ministres de Hugo Gnard.
00:16:23Le seul sur qui je peux compter, c'est mon chef de cabinet, Jacques Fleury.
00:16:28Il était déjà en place, lui aussi.
00:16:30Mais c'est quelqu'un de sympathique et d'intelligent.
00:16:34Il y a Claire, ma fille, sur qui je peux m'appuyer.
00:16:39Elle est brillante.
00:16:41Plus souple que moi.
00:16:44C'est votre assistant ?
00:16:45Oui. Et mon attache de presse.
00:16:49Il y a aussi Marie-Laure, ma secrétaire.
00:16:53Et René Malet, qui est chargé de mission.
00:16:59Mais qu'est-ce qui vous a poussé à faire de la politique ?
00:17:05J'étais dans la résistance.
00:17:09Après la guerre, on était quelques-uns à avoir envie de recommencer autrement.
00:17:12Il me semblait que je pouvais apporter un peu de propreté dans les affaires publiques.
00:17:20Je vais faire du café.
00:17:22Ah, mais alors, un vrai ?
00:17:23Mais vous savez, c'est dans mes cornes.
00:17:25Je peux vous aider.
00:17:29Il y a du sucre.
00:17:31Pas de sucre, merci.
00:17:38Qu'est-ce que vous allez faire de ce rapport, monsieur le ministre ?
00:17:41Je ne veux pas le donner à la presse, pas mon genre.
00:17:45Je préfère qu'on lave le linge sale en famille.
00:17:48Vous êtes décidé à aller jusqu'au bout ?
00:17:50Je ne vous aurais pas fait venir si je voulais étouffer l'affaire.
00:17:54On vous le demandera, peut-être ?
00:17:56On me le suggérera.
00:18:00Le président du conseil est un homme tout en nuance.
00:18:07Vous êtes décidé à lui remettre ce rapport.
00:18:11Oui, devant témoin.
00:18:16Vous acceptez de m'accompagner ?
00:18:25Qu'est-ce que c'est ?
00:18:26La chenelle.
00:18:45La nuit est finie et les Indiens n'ont pas attaqué.
00:18:51Les Indiens ?
00:18:52Alors, Pygmal ?
00:18:53Envolé.
00:18:55Personne ne l'a vu ce soir.
00:18:56Il habite dans une petite pension de famille,
00:18:58près de l'école des Ponts et Chaussée.
00:18:59Ses vêtements sont encore dans l'armoire.
00:19:01Il faut revendre le rapport calame public au plus vite.
00:19:05Je l'espère que ce n'est pas déjà trop tard.
00:19:06Et au bar, comment ça se passe ?
00:19:08Je lui ai du mal à arriver jusqu'ici.
00:19:09C'est un vrai manège.
00:19:11La peuge où appartient la sûreté.
00:19:12D'ailleurs, j'ai reconnu Germain.
00:19:14Le président du conseil sait que vous avez le rapport.
00:19:16Vous pouvez même être sûr.
00:19:18Parfait, plus besoin de se faire annoncer.
00:19:20Mais ils ne sont pas tous seuls à guetter les fenêtres.
00:19:22Je me suis fait suivre par deux gros bras,
00:19:23ce n'étaient pas les collègues.
00:19:24Bon, il faut sortir d'ici.
00:19:26Alors, tu t'occupes de tout.
00:19:28On a besoin d'une escorte.
00:19:30T'es armé ?
00:19:30Oui.
00:19:33L'ancien ministre des Travaux Publics, Louis Bernard,
00:19:37vient d'être retrouvé noyé
00:19:38dans un étang proche de sa propriété.
00:19:42Il semblerait que M. Bernard,
00:19:44instigateur de la construction du sanatorium de Clairefont,
00:19:47se soit suicidé.
00:19:49128 morts sur la conscience.
00:19:52C'est lourd.
00:19:54Peut-être qu'on l'a aidé à rentrer dans l'eau
00:19:56avant qu'il ne s'effondre et se mette à parler.
00:20:01Le rapport Calame, par exemple.
00:20:04Une enquête est en cours
00:20:07et la famille de M. Louis Bernard
00:20:09saura quand et comment
00:20:10l'ancien ministre des Travaux Publics
00:20:13a trouvé la mort.
00:20:40Oh, non !
00:20:42Laisse la serviette !
00:20:44C'est trouvé !
00:20:51Le rapport !
00:20:53Calame !
00:20:55Vite !
00:20:55Le rapport !
00:20:56Ils sont passés par les cartes !
00:21:02Calame !
00:21:03J'ai l'air feintre,
00:21:04un balai de vieux journaux.
00:21:14Il y aura toujours avec vous deux inspecteurs
00:21:16qui sont vos anges gardiens.
00:21:19Où peut-on les installer ?
00:21:21Ici, mon bureau est à côté.
00:21:27Déjà au travail, à cette heure du matin.
00:21:30Jacques Fleury, mon chef de cabinet.
00:21:32Claire, ma fille, le commissaire Magret.
00:21:36T'as couché au ministère ?
00:21:38Oui.
00:21:38Lui aussi ?
00:21:39Oui, c'est gênant pour toi.
00:21:41Il y a des choses plus gênantes
00:21:42pour moi en ce moment, crois-moi.
00:21:44Le président du conseil
00:21:45voudrait que tu ailles le voir
00:21:45dès que tu arrives.
00:21:46Il a déjà appelé trois fois.
00:21:48C'est sans doute à propos
00:21:48de l'article paru dans le Globe ce matin.
00:21:50Qu'est-ce qu'il dit, cet article ?
00:21:52Qu'on a retrouvé le rapport Calame,
00:21:54aucune précision,
00:21:55des on-dit,
00:21:56tout et rien,
00:21:57comme d'habitude.
00:21:59C'est vrai ?
00:22:00Tu étais au courant,
00:22:01c'est toi qui as le rapport ?
00:22:02Comment le Globe
00:22:03a pu avoir l'information aussi vite ?
00:22:05Ah, j'aimerais bien le savoir.
00:22:06C'est le document
00:22:07que Picmal t'a apporté hier après-midi ?
00:22:10Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?
00:22:11Une conférence de presse ?
00:22:12Je ne veux rien faire du tout.
00:22:14On m'a volé le rapport.
00:22:16Où ça, à l'appartement ?
00:22:18Mais, qu'est-ce que tu as au front ?
00:22:20Tu es blessé.
00:22:28Oui ?
00:22:30Bien, M. le Président.
00:22:31Dans dix minutes.
00:22:33Parfaitement, il sera.
00:22:36Au revoir, M. le Président.
00:22:41C'était le Président du Conseil, j'imagine.
00:22:43Le ton était assez haut.
00:22:45Il vous attend.
00:22:48Autant finir tout de suite.
00:22:51Ne se mets pas à votre ange gardien,
00:22:53M. le ministre.
00:23:01C'est un certain Masculin
00:23:02qui a signé le papier.
00:23:04Masculin.
00:23:06Masculin.
00:23:07Le Globe lui appartient.
00:23:08Ce n'est pas un simple journaliste.
00:23:10Mais il n'était pas député.
00:23:12Si.
00:23:15René Malé, mon chargé de mission.
00:23:16Vous le connaissez, vous, Masculin ?
00:23:18C'est un grenouilleur
00:23:19pas très sympathique,
00:23:20mais très influent.
00:23:21Il ne fait partie d'aucune commission.
00:23:23Il ne préside aucun comité.
00:23:24Il est en bon terme avec votre père ?
00:23:26Ils ne s'adressent pas la parole.
00:23:28Ils n'ont aucune relation.
00:23:29Ah, ça, c'est intéressant.
00:23:32Et pourquoi ?
00:23:33Ça fait partie de la légende familiale.
00:23:37Juste après la guerre,
00:23:37quand mon père a commencé la politique,
00:23:39il s'était juré avec quelques amis
00:23:41qu'il n'y aurait plus de tripatouilleurs.
00:23:44Si on refusait une fois pour toutes
00:23:45de serrer la main des magouilleurs,
00:23:48les mains sales,
00:23:50eh bien l'atmosphère politique
00:23:51en serait purifiée.
00:23:54Et il a mis en pratique ce qu'il a dit.
00:23:56Il a refusé de serrer la main de Masculin ?
00:23:59Oui, et en public encore.
00:24:01C'était téméraire.
00:24:03Masculin n'a pas dû lui pardonner,
00:24:04c'est quelqu'un qui n'oublie rien, Masculin.
00:24:07Vous n'approuvez pas l'attitude du ministre point ?
00:24:10Mais si, mais si, il est pur, il en faut.
00:24:12Mais si on ne devait serrer que des mains propres,
00:24:14on ne dirait plus bonjour à personne.
00:24:16Une autre qualité en politique, c'est de durer.
00:24:19À propos, vous savez que votre ancien patron,
00:24:21Louis Bernard, a été retrouvé au fond d'un étang ?
00:24:25Oui, je sais, ça m'a beaucoup touché.
00:24:29Mais pas surpris ?
00:24:30Non, c'était quelqu'un de bien.
00:24:33Peut-être trop faible,
00:24:35influençable.
00:24:37Le pouvoir s'allume terriblement.
00:24:39Vous étiez son chef de cabinet, je crois.
00:24:41Pas à l'époque de la construction de Clairefont.
00:24:43Non, c'est vrai, j'étais au ministère,
00:24:44mais je suis devenu le chef de cabinet de Louis Bernard un an après.
00:24:48Et vous étiez déjà chargé de mission à l'époque ?
00:24:51Oui, j'étais là juste avant que Louis Bernard soit ministre.
00:24:55Et vous n'étiez au courant, ni l'un ni l'autre,
00:24:57de l'existence du rapport Calame.
00:24:59C'était étonnant.
00:25:00Si, bien sûr, je savais qu'on avait demandé
00:25:03une étude de terrain à Calame,
00:25:04mais je n'ai pas regardé son rapport.
00:25:06Pourquoi l'aurais-je fait ?
00:25:08Quand la construction du sanatorium a été décidée,
00:25:10j'ai pensé, comme tout le monde, que le rapport était favorable.
00:25:13Ça n'a pas soulevé la moindre vague.
00:25:16Qui a reçu Pygmal hier ?
00:25:18C'est la secrétaire qui m'a fait appeler.
00:25:22Vous pourriez me faire une liste de tous les collaborateurs de Louis Bernard ?
00:25:33J'ai proposé ma démission, elle n'en a pas voulu.
00:25:36J'espère bien.
00:25:38Il ne faudrait quand même pas ignorer où sont les vraies responsabilités.
00:25:40Ce n'est pas toi qui a provoqué la catastrophe de Clairefond.
00:25:43C'était très humiliant.
00:25:45Je suis en faute.
00:25:46J'aurais dû lui donner le rapport le jour même.
00:25:48C'est indiscutable.
00:25:49Ce qui l'inquiète le plus, c'est que Pygmal parle.
00:25:52Et vous, ça ne l'inquiète pas que vous puissiez parler ?
00:25:56Il m'a conseillé de dire que le rapport m'a été volé hier soir avant que j'ai eu
00:25:58le temps de le lire.
00:26:00À quoi servirait de déclencher un scandale si nous n'avons plus de preuves ?
00:26:04Ah, il joue sur du velours.
00:26:06Ce n'est pas lui qui sera accusé d'étouffer l'affaire.
00:26:08Non, ce sera moi.
00:26:11Comme s'il fait piéger comme un bleu.
00:26:13Je lui ai quand même demandé s'il savait que les agents de la Sûreté campaient devant chez moi.
00:26:17Il a eu l'air surpris.
00:26:18Il faut retrouver ce rapport, quitte à déclencher une guerre des polices.
00:26:24Ça ne peut en aucun cas être une enquête officielle, maigret.
00:26:27Moi, j'aimerais bien retrouver Pygmal.
00:26:30Même officieusement.
00:26:55Il se pique mal ?
00:26:56Oui, qu'est-ce que vous voulez ?
00:26:58Je suis inspecteur de police.
00:26:59Je peux rentrer ?
00:27:00Je peux refuser.
00:27:02Ça serait maladroit.
00:27:05Je cherche votre frère, Julien Pygmal.
00:27:08Vous savez où il est ?
00:27:09À cette heure-là, à l'école des ponts et chaussées.
00:27:11Non.
00:27:12Ils ne l'ont pas vu, ni hier, ni aujourd'hui.
00:27:14Et il a découché.
00:27:15Il est majeur.
00:27:17Il a le droit d'avoir une maîtresse.
00:27:19Vous le connaissez ?
00:27:20Non.
00:27:22Bon, écoutez, il faut m'aider un petit peu, là.
00:27:24Votre frère est en danger.
00:27:26Il faut absolument qu'il parle au commissaire, maigret.
00:27:29On comprendra.
00:27:30Il faut m'aider un petit peu, là.
00:28:03Il faut m'aider un petit peu, là.
00:28:29Tu penses que l'ancien ministre Louis Bernard s'est suicidé ?
00:28:32Tu enlèverais tes chaussures pour te suicider, toi ?
00:28:34Dans mon lit, peut-être, mais pas dans un état.
00:28:36Pas de marque de lutte, pas d'équimos sur le corps.
00:28:40Non.
00:28:41Mais il était bourré de balium.
00:28:43Et il est allé à pied jusqu'à l'étang ?
00:28:46On a retrouvé sa voiture dans un chemin forestier.
00:28:48Par contre, je me demande comment il a fait pour convivre dans cet état.
00:28:51Il y avait d'autres traces de pas ou de pneus ?
00:28:54Ah, mais donne.
00:28:55C'est un chemin très fréquenté par les randonneurs pendant la journée.
00:28:59On fait des moulages, mais je ne sais pas si ça va être très utile.
00:29:06Tu sais que...
00:29:11Quelle grande chance que Louis Bernard a fait disparaître
00:29:14un rapport d'expertise défavorable à la construction du sanatorium de Leclerfond
00:29:18pendant qu'il était encore ministre ?
00:29:20Parce qu'il expliquerait son geste après la catastrophe.
00:29:23Il est en mort de conscience.
00:29:25Mais tu trouves pas bizarre que dans ce cas, il n'ait pas envoyé une lettre ?
00:29:29Si, on la cherchait partout.
00:29:31Sa femme ne sait rien.
00:29:33J'ai pensé qu'il l'avait peut-être envoyé par la poste avant de se ficher à l'eau.
00:29:37On se refixe cette main.
00:29:40Bon, ce que je vais te dire est strictement confidentiel.
00:29:43On a trouvé ce fameux rapport.
00:29:46Quelqu'un l'a apporté à Auguste Point, l'actuel ministre.
00:29:49Et il se l'est fait immédiatement voler.
00:29:51Tu comprends ce que ça signifie ?
00:29:53Je te remercie du tuyau.
00:29:55Dis-moi, t'aurais pas une idée de qui aurait pu...
00:29:58C'est pas mal, j'ai des idées, j'en ai trop.
00:30:01Merci d'être venu si vite.
00:30:02Ah, je suis pas à Paris, je suis dans des hybrides.
00:30:05Et tu m'as pas vu.
00:30:06Bon, ça remonte si loin, je sais même pas si je te reconnaîtrais.
00:30:10Et ta femme, ça va ?
00:30:11Ouais, très bien.
00:30:14Bon, au revoir.
00:30:19Vous n'avez vu personne, compris ?
00:30:21Pourquoi ? Il y avait quelqu'un.
00:30:23Je compte sur vous tous.
00:30:25Le directeur est dans votre bureau, commissaire.
00:30:27Il vous attend.
00:30:28Tu pouvais pas me le dire avant, non ?
00:30:30Et vous deux ?
00:30:32Pygmal, il est où ?
00:30:34Il était chez sa sœur.
00:30:36Mais pourquoi vous l'avez pas amené ici ?
00:30:37Il s'est échappé avant même qu'on puisse lui parler.
00:30:39Je comprends pas ce type, il se comporte comme incoupable.
00:30:42On n'a pas pu le rattraper.
00:30:43Il court très vite.
00:30:44Ah, il court très vite ?
00:30:46Ben j'espère pour vous qu'il va continuer à courir très vite.
00:30:49Parce que si les autres le rattrapent, moi je vous fous à la circulation.
00:30:52Débrouillez-vous pour le retrouver.
00:31:01Dossier bord de naves.
00:31:02Je vous l'ai rapporté pour vos archives.
00:31:04Ah oui, merci.
00:31:06Alors, qu'est-ce qui se passe, maigret ?
00:31:07Qu'est-ce que vous ne pouviez pas me dire par téléphone ?
00:31:10Une tuile.
00:31:11Une grosse tuile.
00:31:12Dans votre service ?
00:31:14Ah non, pariez calme en ce moment.
00:31:16Non, c'est moi qui suis prêt entre le marteau et l'enclume.
00:31:19Hier soir, on m'a appelé chez un ministre.
00:31:22Il m'a demandé, à titre personnel,
00:31:26de m'occuper d'une sale affaire.
00:31:28Une de ses affaires politiques.
00:31:31Vous avez accepté ?
00:31:32Eh oui, qu'est-ce que vous voulez, moi.
00:31:34Je suis comme les jolies femmes.
00:31:35Je ne sais pas dire non.
00:31:37En plus, il est sympathique.
00:31:39Ah, il m'a eu au sentiment.
00:31:40Je suis furieux.
00:31:42Est-ce que ça a un lien avec le drame de Clairefont ?
00:31:44Eh oui.
00:31:45Je pense avoir plus.
00:31:47Mais le président du conseil est plus ou moins au courant.
00:31:50Oui, ferme les yeux.
00:31:53Officiellement, il n'y a pas d'enquête.
00:31:55Seulement, je vais avoir besoin de quelques hommes.
00:31:57Bah, allez-y.
00:31:59Et pourquoi il ne s'adresse pas à la sûreté, votre ministre ?
00:32:04Vous ne comprenez pas.
00:32:13Merde.
00:32:13Ça vient de plus haut, alors.
00:32:16Oui.
00:32:20On va se sentir bien seuls.
00:32:22Je vous donne mon accord si c'est à titre personnel,
00:32:24mais je m'inquiète pour vous, Mégret.
00:32:27Vous me raconterez, à la fin.
00:32:31Espérons qu'il y ait une fin.
00:32:37Bon.
00:32:40On va pouvoir travailler.
00:32:42Enfin, façon de parler, parce qu'officiellement, il n'y a pas d'enquête.
00:32:46Tout le monde est d'accord pour qu'on en fasse une, mais à condition que ça ne se voit
00:32:49pas trop.
00:32:50Autrement dit, on a les mains liées, des pouvoirs limités, et on marche sur des oeufs.
00:32:56Vous n'aurez pas de rapport à faire.
00:32:58Vous n'avez de compte à rendre qu'à moi, et vous oubliez tout ce que vous envoyez.
00:33:02En cas de pépin, personne ne nous couvre.
00:33:05Lorenzi.
00:33:06Oui, commissaire.
00:33:07Tu vas te renseigner sur Jacques Fleury.
00:33:09Attention, chef de cabinet aux travaux publics.
00:33:13Discrètement, ça va sans dire.
00:33:14Pas de notes, tout dans la tête.
00:33:16Qu'est-ce qu'on cherche ?
00:33:17J'en sais rien.
00:33:18Je cherche toujours, et puis tu me rapporteras ce que t'auras trouvé.
00:33:21Son genre de vie en dehors du ministère, qu'il fréquente.
00:33:25Pendant que tu y seras, renseigne-toi aussi sur René Mallet.
00:33:29C'est son chargé de mission.
00:33:30Et sa secrétaire.
00:33:32Elle s'appelle Marie-Laure.
00:33:35Toi, Lambert, tu vas rnifler du côté du journal Le Globe.
00:33:38C'est masculin qui m'intéresse.
00:33:40Je veux savoir s'il a eu des visites hier.
00:33:41Et qui, là aussi, discrètement, sur la poème des pieds,
00:33:46on risque de gros ennuis.
00:34:05Vous êtes le ministre ?
00:34:07Monsieur le ministre.
00:34:09Il n'y avait rien dans les journaux ce matin.
00:34:10Rien non plus à la radio.
00:34:11Vous n'en avez rien fait, ce rapport.
00:34:12Qu'est-ce que vous attendez pour le rendre public ?
00:34:15Vous m'avez bien eu.
00:34:16Vous êtes comme les autres, le chien de garde d'un gouvernement pourri.
00:34:23Oh, arrêtez de me prendre pour un con.
00:34:25C'est vous qui m'avez mis les flux aux fesses, hein ?
00:34:27Vous voulez me faire tort pour que je me taise.
00:34:28Mais je vous préviens.
00:34:29Vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça.
00:34:31J'ai plus rien à perdre, moi.
00:34:32Rien.
00:34:35En danger ?
00:34:36Mais c'est vous qui êtes en danger.
00:34:38Vous êtes toute la clique, oui ?
00:34:39Boum !
00:35:01Monsieur Mascoulin, monsieur Mascoulin, vous êtes trompé.
00:35:05Il fallait garder le rapport et le publier.
00:35:07Le ministre avait l'air d'un honnête homme.
00:35:09On pouvait s'y laisser prendre.
00:35:11Un grand résistant.
00:35:13Il n'a jamais trompé dans aucune affaire.
00:35:17Cache bien son jeu.
00:35:18Mais qu'est-ce qu'on peut faire maintenant ?
00:35:19Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:35:21Vous avez toujours mon témoignage.
00:35:22Moi, je n'ai lu le rapport.
00:35:24Du bruit.
00:35:25Beaucoup de bruit pour rien.
00:35:27C'est votre parole contre celle du ministre.
00:35:30Dans l'absence de preuve, il n'y a aucune preuve, n'est-ce pas ?
00:35:33Et si j'ai une preuve ?
00:35:34Le reçu, vous m'avez dit de demander à reçu, vous vous rappelez ?
00:35:45Eh bien, voilà.
00:35:47Avec ce papier, on va le faire sortir du bois.
00:35:51Bien, Bibi.
00:36:04Non, laissez-moi !
00:36:06Laissez-moi !
00:36:16Non, mais attendez !
00:36:23Non, mais laissez-moi !
00:36:25Laissez-moi !
00:36:26Laissez-moi !
00:36:35Laissez-moi !
00:36:36Merde !
00:36:40Salut, Lambert.
00:36:41Salut.
00:36:42Toi aussi ?
00:36:43Quoi, moi aussi ?
00:36:44Rien, rien.
00:36:46Il y a du monde dans le coin.
00:36:48C'est pas à Ramirey, des renseignements généraux, là-bas ?
00:37:07Un gars, j'ai recruté une bande de comiques.
00:37:14Je vous avais dit que Pygmal était en danger.
00:37:17Parlez-toi, vous le laissez filer une première fois comme des débutants,
00:37:20et maintenant, toi, tu le laisses embarquer sous tes yeux.
00:37:22Deux fois dans la même journée, c'est beaucoup.
00:37:24Mais qu'est-ce que je pouvais faire ?
00:37:26Il y a toujours quelque chose à faire.
00:37:28Mais quoi, sortir mon revolver et tirer dans les pneus ?
00:37:30On a la consigne d'être discret.
00:37:32Ça, pour jouer les comiques, Germain, c'est pas privé pour rigoler.
00:37:35Mais ça fait toujours plaisir de se faire foutre en boîte par quelqu'un de la rue des Saussées.
00:37:39Comment la sûreté était là ?
00:37:40Et les renseignements généraux aussi.
00:37:45Ça, pour passer inaperçu, c'est raté.
00:37:48J'aime autant vous dire qu'ils ont toujours une longueur d'avance sur nous.
00:37:50Je suis bien placé pour le savoir, je te remercie.
00:37:53Et dans la Simca, il y avait qui ?
00:37:55Hein ?
00:37:56Qui a escamoté Pygmal sous les yeux de toutes les polices de Paris ?
00:38:00D'après la plaque d'immatriculation, c'est une voiture volée à un pharmacien de Neuilly.
00:38:03Il a porté plainte hier.
00:38:06On est bien partis avec ça.
00:38:15Oui, c'est moi.
00:38:18Qu'est-ce qu'il y a à dîner ?
00:38:21Ah, on les reste.
00:38:22C'est gué.
00:38:24Non, non, je rentre ce soir.
00:38:26Mais je repars demain matin dès pour te reminer.
00:38:30Eh oui.
00:38:31C'est mieux que si j'avais eu de maîtresse.
00:38:34Ah, tu préférerais ?
00:38:36Très bien.
00:38:37Tu me donnes une idée.
00:38:39Je vais aller tout de suite.
00:38:53La pompe ministériale n'a pas que de mauvais côté.
00:38:57Autant en profiter.
00:38:58Ça ne m'a pas duré.
00:39:02J'aimerais bien avoir encore un peu de jus d'orange.
00:39:05Mademoiselle.
00:39:06Il est possible d'avoir un peu de jus d'orange, s'il vous plaît.
00:39:10Vous auriez dû être ministre.
00:39:12Remarquez, on doit cela, c'est à la longue.
00:39:15C'est bien possible.
00:39:18J'aurais aimé rencontrer Richard Nicou, l'entrepreneur.
00:39:23Mais ça me paraît difficile dans le cadre d'une enquête officieuse.
00:39:27D'autant que la sûreté doit être chargée de l'affaire Clairefond.
00:39:34Merci.
00:39:37C'est très difficile, Nicou est au Brésil.
00:39:42Au fuite ?
00:39:44Oui, il est construit un centre culturel.
00:39:51Il y a des hasards heureux.
00:39:54Votre que le Brésil n'extrade pas.
00:39:58Mais vous le connaissez ?
00:40:04Nicou, un peu.
00:40:06J'ai été invité quelquefois dans sa maison de campagne.
00:40:08C'est quel genre d'homme ?
00:40:10Pas le genre nouveau, riche, contrairement à ce que vous pouvez imaginer.
00:40:13Il n'avait même pas l'air d'un homme d'affaires.
00:40:16Il est cultivé.
00:40:18C'est vivre et recevoir.
00:40:19Il a de l'esprit.
00:40:22Ça m'ennuie de vous demander ça,
00:40:24mais si vous voulez que je vous aide,
00:40:28Nicou ne vous a jamais prêté d'argent.
00:40:35Non, jamais.
00:40:37Et je ne possède pas d'action dans sa société.
00:40:41Je suppose que bientôt n'importe qui aura le droit de me poser cette question,
00:40:45autant que je m'y prépare avec vous.
00:40:53C'est érotique de piétiner les allées dorées du pouvoir.
00:41:13Bonjour.
00:41:18Bonjour.
00:41:21Bon appétit.
00:41:23Merci.
00:41:26On peut s'inviter ou en étant trop ?
00:41:28Non, non, non, essayez-vous.
00:41:29Un peu de café vous fera du bien.
00:41:31Asseyez-vous, Fleury.
00:41:36Je crois qu'on est pris la main dans le sac.
00:41:40Je retrouve mes 15 ans.
00:41:45Nous parlions de Richard Nicou.
00:41:48Vous le connaissez, vous aussi, je crois.
00:41:51Ah non, on ne m'invite jamais au parti de campagne.
00:41:53Je ne suis sans doute pas assez représentatif.
00:41:55Pas encore.
00:41:58Patience, ça viendra.
00:42:00Tiens, à propos de Nicou,
00:42:01il semblerait qu'il ait été convoqué dans l'enquête de Clairefont
00:42:05et qu'il refuse de rentrer en France.
00:42:14Le ministre des Travaux publics est en possession du rapport Calame
00:42:18pour preuve de reçu signé de sa main.
00:42:27Pourquoi le rapport Calame
00:42:28sur le site de Clairefont
00:42:30n'a-t-il toujours pas été publié
00:42:31alors que l'opinion publique
00:42:33attend la punition des vrais coupables, etc., etc.
00:42:37Auguste Point est-il payé par Nicou pour se taire ?
00:42:42C'est signé masculin, cette sale petite aventure.
00:42:48Cette fois, les carottes sont cuites.
00:42:55Je vous attends dans mon bureau.
00:43:21On a à peine eu le temps de défaire les valises.
00:43:24C'est déjà fini.
00:43:27Vous avez quand même eu quelques petits plaisirs au passage.
00:43:32Ah, évidemment.
00:43:34Jacques Fleury va rester là, lui.
00:43:37À attendre le prochain ministre.
00:43:41Fusqu'à ce qu'il le devienne lui-même.
00:43:44C'est un homme qui a de l'avenir.
00:43:49Avec lui aussi, ça venait juste de commencer.
00:43:53Il ne faudrait pas que ce soit déjà terminé.
00:43:55Oh, mais vous n'êtes pas obligé de suivre votre père
00:43:58dans sa retraite de Russie, soldat.
00:44:07Je suis d'une famille où on ne déserte pas.
00:44:13Arrêtez de renifler comme ça.
00:44:15Courage.
00:44:18Votre père n'est pas fini.
00:44:20Et vous...
00:44:22Vous devriez faire attention
00:44:24de ne pas vous emballer trop vite.
00:44:40Des nouvelles de Pygmal ?
00:44:42La chenal s'en occupe.
00:44:43Rien pour l'instant.
00:44:45Et toi ?
00:44:46T'as du nouveau ?
00:44:47J'ai appris que la secrétaire était divorcée.
00:44:50Malet est célibataire et...
00:44:51Accrochez-vous bien.
00:44:52Jacques Fleury est marié.
00:44:56Non.
00:44:58Raconte.
00:44:59Sa femme vit près d'Orléans.
00:45:01Elle possède une belle maison,
00:45:02un joli petit manoir.
00:45:04Comment tu l'as vue ?
00:45:05Je l'ai vue, elle m'a parlé.
00:45:07Elle s'appelle Colette.
00:45:08T'es allée à Orléans ?
00:45:09Elle n'est jamais à Paris.
00:45:10Fleury le lui a interdit.
00:45:11Elle ne possède même pas les clés
00:45:12de l'appartement de la rue des Legos.
00:45:15Elle est comment ?
00:45:15Blonde, mince.
00:45:17Une provinciale timide.
00:45:19Plus vraiment jolie, mais émouvante.
00:45:21Et beaux yeux.
00:45:22Je lui ai raconté que j'étais un ancien officier
00:45:23du régiment de Fleury.
00:45:25Ça l'a mis en confiance.
00:45:26Et à Paris, dans le milieu qu'il fréquente,
00:45:28personne ne sait qu'il est marié, Fleury.
00:45:29C'est incroyable.
00:45:33Elle est amoureuse de son mari ?
00:45:35Elle l'adore.
00:45:36Mais elle a l'air d'avoir peur de lui.
00:45:38Renseigne-toi quand même
00:45:39sur ses revenus et ses dépenses aussi.
00:45:43Alors ?
00:45:44Il est où, Pygmal ?
00:45:46Ben, ça dépend si on croit en Dieu.
00:45:49Quoi ?
00:45:50Il est mort.
00:46:14Les pieds dans les glaïoles.
00:46:15Il dort.
00:46:17Une main sur la poitrine.
00:46:19Tranquille.
00:46:20Il a deux trous rouges au côté droit.
00:46:22Tu vois ?
00:46:23En gros, il a tout dit.
00:46:26Il était déjà mort quand il a traversé la serre.
00:46:30On a pu le balancer par une des fenêtres de l'immeuble ?
00:46:33Au lieu de faire de la poésie,
00:46:34on voit deux hommes interroger les locataires.
00:46:39Idiot.
00:46:40Pourquoi il n'est pas venu me voir ?
00:46:45Police judiciaire.
00:46:46Nous voudrions voir la chambre de Julien Pygmal.
00:46:51C'est pas vous qui êtes venu déjà l'autre nuit interroger mon mari ?
00:46:55Qu'est-ce qu'il vous a fait, M. Pygmal ?
00:46:56Rien.
00:46:57À côté de ce qu'on lui a fait.
00:46:58Vous l'avez revu quand ?
00:46:59Pour la dernière fois, votre client.
00:47:01Ben, il y a trois jours.
00:47:03Mais il n'est pas rentré dormir depuis mardi.
00:47:07Venez, sa chambre n'est pas ici.
00:47:12Et dans la journée, il n'est pas revenu se raser ou prendre des affaires ?
00:47:16Non, justement, on se demandait ce qu'on devait faire de la chambre.
00:47:19Remarquez ?
00:47:20Il a payé jusqu'à la fin de la semaine.
00:47:25C'est là.
00:47:32Il a souvent de la visite.
00:47:34Jamais.
00:47:35Sa soeur est venue une fois, c'est tout.
00:47:37Sa solitaire.
00:47:39Vieux garçon, quoi.
00:47:44Il est couché avec la patronne.
00:47:45Il n'a pas pu choisir cet hôtel pour la qualité des chambres.
00:47:47C'est pas la mort ni le plaisir qu'il te cherchait.
00:47:52Vous avez raison, c'était pas le genre coquet.
00:47:54C'est pas le genre coquet.
00:48:01Engels, Karl Marx, Spinoza, le Dalai Lama, tu vois ?
00:48:06C'est pas le Kama Supra.
00:48:08Tu trouves quelque chose ?
00:48:10Vous pourriez peut-être me dire ce qu'on cherche ?
00:48:11Ça devrait bien mettre la main sur une photocopie du rapport Calame.
00:48:15Ça ne faut pas rêver.
00:48:17C'est un mec du judo.
00:48:20Il avait des goûts éclectiques.
00:48:23T'as vu ça ?
00:48:25Il s'est agrégé à la libération dans le Parti communiste.
00:48:28Et à 20 ans, il était croix de feu.
00:48:32C'est bien que celle-là, 1937.
00:48:38Action française.
00:48:39Il a vraiment tout à signer de pique mal.
00:48:41Il ne nous restait plus qu'à rentrer dans les ordres.
00:48:43Passe-moi un caillou.
00:48:55Intéressant.
00:48:56Calame mort dans un accident de voiture il y a trois ans.
00:49:00Pourquoi Pygmal a-t-il gardé cet article ?
00:49:05Apparemment, c'est un accident providentiel.
00:49:08Calame s'est tué quelques jours avant l'annonce de la construction du sanatorium de Clairefont.
00:49:14Comme par hasard.
00:49:16Convoque-moi, masculin, à 15h.
00:49:19Et puis t'as de savoir s'il n'existe pas une Madame Calame ou des enfants.
00:49:25À partir de maintenant, officiellement, on enquête sur la mort de Pygmal.
00:49:28Alors, plus besoin de prendre deux gants.
00:49:37Venez, venez.
00:49:40Je ne vous ai pas fait trop attendre, M. Wascouleur.
00:49:44Un peu plus d'une heure, quand même.
00:49:46J'imagine que ça fait partie du rituel.
00:49:48Du rituel ? Nous ne sommes pas dans une église.
00:49:51Vous savez, ici, on improvise.
00:49:53Non, j'ai été retardé par la découverte d'un meurtre.
00:49:56Ça tombe toujours quand on ne t'y attend pas.
00:50:00Juste avant notre rendez-vous.
00:50:01Je suis désolé.
00:50:03Vous êtes très lié avec Julien Pygmal ?
00:50:06Non.
00:50:08Je l'ai rencontré à deux reprises seulement.
00:50:11Il est venu me voir au journal.
00:50:15Ce qui est ennuyeux, c'est qu'il a été enlevé juste en bas de chez vous.
00:50:21Après votre deuxième rendez-vous, je suppose.
00:50:25On l'a retrouvé ?
00:50:27Oui.
00:50:28Avec un gros trou sur le côté.
00:50:32La balle a ripé sur une côte et transperçait le cœur.
00:50:37Pour vous, c'est pas.
00:50:38Quand l'avez-vous vu la première fois ?
00:50:42Il y a trois jours.
00:50:44Il prétendait qu'il avait retrouvé le rapport Calame.
00:50:48Mais pourquoi vous ?
00:50:49Comment ?
00:50:50Qu'est-ce que ?
00:50:51Pourquoi est-il venu vous voir, vous ?
00:50:54Pourquoi pas moi ?
00:50:56Il n'avait confiance en personne d'autre.
00:51:00Trop de gens avaient intérêt à étouffer cette affaire.
00:51:03Moi, tout le monde sait que ça n'est pas mon genre.
00:51:05Je ne fais que répéter ce qu'il m'a dit.
00:51:07Excusez-moi si j'ai l'air de me faire mousser.
00:51:11Donc il vous a remis le rapport ?
00:51:13Je n'en ai pas voulu, commissaire.
00:51:15C'était un cadeau un peu trop explosif.
00:51:18Peur qu'il me pète à la figure, si vous voyez ce que je veux dire.
00:51:22Je me suis empressé de le refiler à quelqu'un d'autre.
00:51:24Oui, au ministre, bien sûr.
00:51:26Et il lui a pété à la figure, comme vous dites.
00:51:29Elle n'a pas eu le temps de faire la passe au président du conseil.
00:51:32Exact.
00:51:33Pas de chance.
00:51:34Mais comme je l'ai expliqué à Picmal, Point était son chef hiérarchique.
00:51:39L'école dépense des chaussées et dépend du ministère des travaux publics.
00:51:43Puis il a une réputation sans tâche, le ministre.
00:51:46Et il ne s'entoure que de gens très bien.
00:51:49Les héros de la résistance.
00:51:51Mais vous faites allusion à qui, là ?
00:51:54Malais ou Fleury ?
00:51:56Tous.
00:51:57Mais Fleury, lui, il ira loin.
00:51:59Quand il était prisonnier en Allemagne, il s'est évadé.
00:52:02Il a été repris.
00:52:03Il a recommencé avec deux amis.
00:52:06L'un d'eux a été tué dans l'aventure, je crois.
00:52:11Fils d'un entrepreneur.
00:52:13Le retour à Paris, Fleury, un peu plus tard, a démissionné de je ne sais quelle entreprise
00:52:18qui collaborait à l'effort de guerre allemand.
00:52:21C'était peu avant la libération, remarquez.
00:52:25Mais c'était un beau geste.
00:52:27Vous avez raté votre vocation ou vous auriez dû entrer au renseignement général ?
00:52:31Non, moi, c'est juste pour l'art.
00:52:34L'art de savoir ce que les autres ignorent.
00:52:37Donc juste pour l'art, n'exagérons rien.
00:52:39Vous avez quand même publié le reçu que Point a signé à Picmal.
00:52:43Ah, mais ça, c'est de l'information.
00:52:45Je dirige un journal, quand même.
00:52:48Au fait, vous possédez une machine à photocopier ?
00:52:54Au journal, évidemment.
00:52:56C'est indispensable.
00:52:59Belle invention, n'est-ce pas ?
00:53:00Moi, je suis étonné, avec votre curiosité artistique,
00:53:05que vous n'ayez pas été tenté de faire une copie du rapport Calame,
00:53:10ne serait-ce que par sécurité.
00:53:13J'ai préféré laisser l'initiative à M. Point.
00:53:15C'était plus... comment dire...
00:53:19Faire-plait.
00:53:21Merci.
00:53:21C'est le mot que je cherchais.
00:53:25Lambert, montre la sortie à M.... M. Masculin.
00:53:31C'est inutile.
00:53:32Je ne me perds pas facilement.
00:53:38Au revoir, M. Maigret.
00:53:43Vous savez que votre grand ami masculin a reçu Pygmal avant vous ?
00:53:49C'est lui qui lui a suggéré de vous remettre le rapport.
00:53:53Pourquoi il ne s'en est pas servi ?
00:53:55Il aurait pu le publier.
00:53:57C'était une occasion en or pour lui.
00:54:00Il s'en est servi, mais...
00:54:02De l'autre façon, contre vous.
00:54:04Ça, je ne comprends pas.
00:54:07Moi non plus, pas encore, mais...
00:54:09Ce qui est certain, c'est...
00:54:11Qu'il vous a désigné comme bouc émissaire.
00:54:14L'honnête homme soupçonné d'étouffer la vérité.
00:54:19Ah, c'était une belle vengeance.
00:54:21Il a su tirer les ficelles.
00:54:26Je lui ai passé à la main, moi non plus.
00:54:29C'est un peu pueré.
00:54:31Je n'ai pas pu résister.
00:54:37Quelquefois, la nuit, il me semble entendre
00:54:39le grissement de sa plume sur le papier.
00:54:44Mais hélas, il n'y a personne.
00:54:46Il n'est plus là.
00:54:48Vous avez gardé tous ses dossiers ?
00:54:50Oh non, j'ai tout donné
00:54:51aux archives des ponts et chaussées
00:54:53où il enseignait.
00:54:57Asseyez-vous.
00:55:02Je peux vous offrir un chocolat ?
00:55:04Non, non, non, merci.
00:55:05Ne vous dérangez pas, madame, quand même.
00:55:09Votre mari vous avait parlé
00:55:11de l'expertise qu'on vient de faire
00:55:13sur le site de Clairefont.
00:55:16Oui, mais je m'en souviens très bien.
00:55:18Il était même allé passer plusieurs semaines
00:55:21en Haute-Savoie.
00:55:23À son retour, notre vie n'a pu être tout à fait comme avant.
00:55:28Pourquoi ?
00:55:29Il travaillait jour et nuit.
00:55:31Il était soucieux.
00:55:35Je ne sais pas comment dire, mais...
00:55:39C'était un homme simple, vous comprenez ?
00:55:45Très carré.
00:55:46Et puis, il y avait tous ces coups de téléphone
00:55:50qui le perturbaient beaucoup.
00:55:52Qui lui téléphonait ?
00:55:54Tout le monde, tout Paris,
00:55:56le ministre des Travaux publics.
00:55:59Et puis, cet entrepreneur,
00:56:01ce monsieur Nicou.
00:56:03Je ne sais qui encore.
00:56:06Ensuite, il est mort.
00:56:10Quelquefois, j'ai pensé que cette affaire l'avait tuée.
00:56:13Comment ça ?
00:56:16Je n'ai plus envie d'en parler.
00:56:17Excusez-moi, mais...
00:56:19Je n'aime pas beaucoup me rappeler
00:56:21cette période de notre vie.
00:56:23Madame Calame,
00:56:25vous pensez que votre mari s'est suicidé ?
00:56:30C'est ce qui vous tourmente ?
00:56:33Non.
00:56:36Je ne sais pas.
00:56:39Vous vous êtes déjà posé la question,
00:56:41à l'époque ?
00:56:45Je croyais que nous faisons mieux
00:56:47un couple heureux.
00:56:50C'est terrible de penser
00:56:51que je n'ai pas su
00:56:54le retenir.
00:56:57Voir
00:56:57que Robert était...
00:57:01Mais qu'est-ce qu'il déprimait ?
00:57:04Ce rapport le déprimait.
00:57:07Mais
00:57:08j'ai beaucoup réfléchi.
00:57:12Ce ne pouvait pas être un accident,
00:57:13je n'y crois pas.
00:57:14Pourquoi ?
00:57:16Mon mari conduisait très prudemment.
00:57:19Cette route,
00:57:20il la connaissait tellement.
00:57:22Il avait fait ce trajet
00:57:24plus de cent fois.
00:57:27Il n'avait pas bu d'alcool,
00:57:29il ne prenait pas de médicaments.
00:57:32Il aurait pu s'endormir au volant ?
00:57:34Non.
00:57:38S'il avait voulu se suicider,
00:57:41ce serait dans son style
00:57:43de faire croire un accident.
00:57:45pour me protéger,
00:57:47pour que je souffre moins.
00:57:48Vous comprenez ?
00:57:51vous n'avez rien à vous reprocher.
00:57:58Ce n'était peut-être pas un suicide.
00:58:01Peut-être.
00:58:03Ni un accident.
00:58:08Le lendemain de sa mort,
00:58:09on a annoncé la construction
00:58:10du sanatorium de Clairefont.
00:58:12Je pense que
00:58:13s'il avait vécu,
00:58:15votre mari s'y serait opposé.
00:58:18Et puis,
00:58:19d'après les rapports
00:58:21de gendarmerie,
00:58:23quand la voiture
00:58:24de Robert Calam
00:58:25a quitté la route
00:58:26et a plongé dans le ravin,
00:58:28il y avait le Cadillac
00:58:29qui le suivait
00:58:31et qui ne s'est pas arrêté.
00:58:36Vous pensez qu'on l'a tué ?
00:58:40Vous écoutez la radio,
00:58:42Madame Calam.
00:58:43Vous lisez les journaux ?
00:58:44Non, ça ne m'intéresse plus du tout,
00:58:46tout ça.
00:58:47Alors, vous ne savez pas
00:58:48que le sanatorium de Clairefont
00:58:51s'est effondré
00:58:52à la suite d'un glissement de terrain ?
00:58:57Beaucoup d'enfants sont morts.
00:59:02Robert l'avait prévu, n'est-ce pas ?
00:59:05Oui.
00:59:06Il n'y a plus aucune preuve.
00:59:09Tous les exemplaires
00:59:10de son rapport
00:59:11ont été détruits.
00:59:14J'espérais que
00:59:16vous en auriez gardé un ici.
00:59:18Non, je n'ai conservé
00:59:20que sa correspondance,
00:59:21les choses intimes.
00:59:29Vous avez pris vos cachets,
00:59:31Madame Calam.
00:59:32Ah non, j'ai oublié.
00:59:37C'est pour la mémoire.
00:59:40J'ai tendance à tout embrouiller
00:59:41depuis la mort de Robert.
00:59:44N'ayez crainte,
00:59:46il n'y a que le présent
00:59:47qui s'efface.
00:59:49Le passé,
00:59:50je vis avec.
00:59:52Je suis très capable
00:59:53de reconnaître quelqu'un
00:59:54avec qui j'ai dîné
00:59:54une seule fois
00:59:55il y a dix ans.
01:00:01Par contre,
01:00:02vous, je ne suis pas sûre
01:00:04que je vous reconnaîtrais
01:00:05demain.
01:00:06Vous reviendrez me voir,
01:00:08n'est-ce pas, monsieur ?
01:00:10Monsieur ?
01:00:11Maigret.
01:00:43J'ai vu la veuve
01:00:43de Robert Calam.
01:00:46Elle est persuadée
01:00:47que son mari
01:00:47n'a pas eu un accident.
01:00:48il connaissait trop
01:00:49cette route.
01:00:51Et tout lui laissait croire,
01:00:52la pauvre,
01:00:54qu'il s'était suicidé.
01:00:56Comme Louis Bernard.
01:00:59J'aimerais autant
01:00:59que vous passiez
01:01:00la nuit au ministère
01:01:02et que vous ne restiez pas seul.
01:01:04Vous avez peur
01:01:05de me retrouver pendu au lustre ?
01:01:06Ça n'étonnerait personne
01:01:07en ce moment.
01:01:08d'autant que c'est la lalie.
01:01:10Aujourd'hui,
01:01:11tous les journaux
01:01:12ont repris
01:01:12les accusations du Globe.
01:01:15J'ai déjà reçu
01:01:16des lettres de menace.
01:01:22Merci, Marie-Laure.
01:01:34Si c'était-il
01:01:34un petit espoir
01:01:35de retrouver ce rapport Calam
01:01:37avant le suicide
01:01:38de mon père, commissaire ?
01:01:39Je fais ce que je peux,
01:01:40mademoiselle.
01:01:41J'ai une dizaine d'hommes
01:01:41qui s'en occupent.
01:01:45À mon avis,
01:01:46s'il reste une copie,
01:01:47c'est masculin
01:01:48qui l'a faite
01:01:49quand Pygmal
01:01:50lui a rendu visite.
01:01:51Et comment la récupérer ?
01:01:53Oh, c'est très facile.
01:01:55Avec un mandat.
01:01:57Si elle existe.
01:02:01Vous m'aviez demandé
01:02:02une liste
01:02:03des collaborateurs
01:02:04de Louis Bernard.
01:02:05Alors j'ai mis une croix
01:02:05devant le nom
01:02:06de ceux qui sont
01:02:06encore en place.
01:02:08Moi et René Mallet,
01:02:10y compris.
01:02:11Merci, ça va m'être
01:02:12très utile.
01:02:13Ah, je voulais
01:02:13vous demander quelque chose.
01:02:16Vous avez de la famille
01:02:17du côté d'Orléans ?
01:02:19Oui.
01:02:20J'y suis né.
01:02:21J'y ai passé une partie
01:02:22de mon enfance.
01:02:24J'y fais quelques fois.
01:02:25Enfin, rarement.
01:02:29Vous avez le choix, commissaire.
01:02:31C'est la Sûreté
01:02:32qui a fait le coup.
01:02:33Ou les RV.
01:02:34Ou vous.
01:02:36Vous préparez
01:02:37les titres
01:02:38de l'édition spéciale.
01:02:41En tout cas,
01:02:43je constate que
01:02:45le journal
01:02:45va pouvoir sortir.
01:02:47Vous allez même
01:02:48pouvoir augmenter
01:02:49les ventes.
01:02:51Alors ?
01:02:52Rien d'autre
01:02:52n'y a été touché.
01:02:54Bon, tu veux bien
01:02:55prendre en note
01:02:56la déclaration
01:02:56de M. Mascoulin ?
01:02:59À quelle heure
01:03:00vous avez quitté
01:03:01le journal ?
01:03:01À ce moment ?
01:03:02À 11h30,
01:03:03minuit.
01:03:05À 6h ce matin,
01:03:06la concierge a vu
01:03:07que la porte était forcée.
01:03:08elle m'a appelé chez moi.
01:03:09Vous n'avez pas
01:03:09de gardien de nuit ?
01:03:10Si.
01:03:11Il a été assommé
01:03:12et baillonné.
01:03:14Il est à l'hôpital.
01:03:15Qu'est-ce qu'on vous a pris ?
01:03:17Rien.
01:03:18Il cherchait quelque chose
01:03:18que je n'ai pas,
01:03:19que je n'ai jamais eu.
01:03:21Comme le rapport Calame.
01:03:23Si vous y tenez,
01:03:23appelons un chat,
01:03:24un chat.
01:03:25Ou alors,
01:03:27ils l'ont trouvé
01:03:27mais vous ne voulez pas
01:03:29nous le dire.
01:03:30Je sens que vous êtes
01:03:31obsédé par ma machine
01:03:32à photocopier.
01:03:34Apparemment,
01:03:34je ne suis pas le seul
01:03:35à avoir eu cette idée.
01:03:36Dans le coffre,
01:03:37on n'a rien pris d'autre.
01:03:37Comment n'a rien pris d'autre ?
01:03:39Je vous dis qu'il n'y avait
01:03:39rien du tout.
01:03:41Ni argent.
01:03:41Il n'y en avait pas.
01:03:43Ni documents d'aucune sorte.
01:03:44Du vandalisme.
01:03:46Du vandalisme.
01:03:48Dans quel but ?
01:03:50Manœuvre d'intimidation.
01:03:52Pour me faire peur.
01:03:53Pour me faire taire.
01:03:55En guise d'avertissement.
01:03:57Ce n'est pas dans vos méthodes,
01:03:58peut-être.
01:03:59Ah non, pas du tout.
01:04:01Mes méthodes sont
01:04:01beaucoup plus subtiles.
01:04:03Vous voulez porter plainte ?
01:04:05Tu veux enregistrer
01:04:06la plainte de monsieur ?
01:04:07On peut porter plainte
01:04:09contre les flics ?
01:04:10Non.
01:04:11Contre un flic en particulier,
01:04:12oui.
01:04:13Je te remercie.
01:04:15Et vous n'avez pas pensé
01:04:16que ce pourrait être
01:04:17quelqu'un d'autre
01:04:18que la police ?
01:04:19Par exemple,
01:04:20les hommes de Nikou.
01:04:21Il a l'air très bien
01:04:22organisé du Brésil.
01:04:23Vous me conseillez
01:04:24de porter plainte
01:04:25contre Nikou ?
01:04:26Je ne pense pas
01:04:27que vous ayez besoin
01:04:28de moi pour vous défendre.
01:04:38quand même,
01:04:39ça me tourne le pire.
01:04:41J'ai dit que
01:04:43Masculin avait peut-être
01:04:44fait une copie
01:04:45du rapport Calame
01:04:48hier devant 5 personnes
01:04:50et dans la nuit,
01:04:51son local est visité.
01:04:53C'était qui les 5 ?
01:04:55Il y avait le ministre,
01:04:57sa secrétaire,
01:04:58sa fille,
01:05:00son chef de cabinet
01:05:01et puis l'autre,
01:05:02son chargé de mission.
01:05:06Ils sont à côté
01:05:06ceux qui écoutent aux portes.
01:05:08Apparemment,
01:05:08les murs ont des oreilles
01:05:09dans ce ministère.
01:05:10Ça pourrait être
01:05:10n'importe qui d'autre.
01:05:11Oui, ça pourrait même
01:05:13être la sûreté.
01:05:16Mais j'aime pas beaucoup
01:05:17les coïncidents.
01:05:22On a interrogé
01:05:22tous les locataires
01:05:23dont les fenêtres
01:05:24donnent sur la serre
01:05:24où a été retrouvé Picmal.
01:05:26Et alors ?
01:05:27Un vieux qui a des insomnies
01:05:28a entendu une voiture
01:05:29s'arrêter,
01:05:29redémarrait des minutes plus tard,
01:05:30mais il ne s'est pas levé.
01:05:31Il n'a pas regardé l'oeuvre.
01:05:32C'est tout ?
01:05:33Ça a dû faire du bruit tout de même
01:05:34quand Picmal est passé
01:05:35à travers la verrière.
01:05:35Non, c'est déjà arrivé quelques fois.
01:05:37Ce sont des gosses du quartier
01:05:37qui lancent des pierres.
01:05:38Personne n'a rien vu.
01:05:39Non, mais vous qui aimez
01:05:40les coïncidences ?
01:05:41La maîtresse de René Ballet
01:05:42habite dans la même rue,
01:05:43500 mètres plus loin.
01:05:45Je t'en occupe.
01:05:48Pas trop.
01:05:49L'homme invisible
01:05:50vous attend depuis une demi-heure.
01:05:51Qui ?
01:05:52Ah.
01:05:58On a fini par la retrouver
01:05:59dans un livre.
01:06:00C'était un grand lecteur,
01:06:01l'ancien ministre.
01:06:02Il y a plus de 1000 volumes
01:06:03dans sa bibliothèque.
01:06:05Adressé à Auguste Poin.
01:06:07C'est un vrai,
01:06:08mais pas estourbillé.
01:06:09Il n'a pas eu le temps
01:06:09de l'envoyer.
01:06:14À moins qu'il y a renoncé.
01:06:16Ah, lis.
01:06:17Tu te froid ton opinion toi-même.
01:06:20Louis Bernard a dû l'écrire
01:06:21juste avant qu'on le suicide.
01:06:33C'est pas une révélation fracassante ?
01:06:36Quand même.
01:06:36Il avoue avoir reçu
01:06:37un pot de vin de Nicou
01:06:38pour la construction du sanatorium.
01:06:40Il parle aussi d'un proche
01:06:41qui aurait servi d'intermédiaire,
01:06:43mais il nomme personne.
01:06:44C'est une confession,
01:06:45pas une lettre d'adélation.
01:06:47Dommage qu'il ait eu des scrupules
01:06:49au dernier moment.
01:06:50Mais ton enquête,
01:06:51les moulages,
01:06:51ça a donné quelque chose ?
01:06:53Ouais.
01:06:53On a fini par retrouver
01:06:54des traces de pieds nus
01:06:55dans la boue de l'étang.
01:06:56Et les moulages confirment
01:06:57que ce sont les empreintes
01:06:58de Louis Bernard.
01:06:59Mais à cet endroit,
01:07:00il semble qu'il était étreigné.
01:07:04Nicou est au Brésil
01:07:05depuis trois mois,
01:07:06mais il y a quelqu'un
01:07:07ici en France
01:07:09qui est mouillé
01:07:09dans l'affaire Clairefont
01:07:10et qui lui sert d'orlais,
01:07:12qui prend des initiatives
01:07:14en son absence,
01:07:15un homme de confiance.
01:07:17Celui qui a suicidé
01:07:18Louis Bernard ?
01:07:19Ou qui en a donné l'ordre.
01:07:21Un proche du ministre.
01:07:23De quel ministre ?
01:07:24Du mort ou du vivant ?
01:07:26Proche du ministre
01:07:27des travaux publics.
01:07:29C'est une position stratégique
01:07:31en ce moment,
01:07:32ce ministère.
01:07:33Il y a quelqu'un là-bas,
01:07:35un homme ou une femme,
01:07:36qui a toujours une longueur
01:07:38d'avance sur moi.
01:07:39La sûreté.
01:07:40Oui aussi,
01:07:41mais c'est pas le même problème.
01:07:44Donc le proche
01:07:45dont parle Louis Bernard
01:07:47dans sa lettre
01:07:48savait que
01:07:49l'ancien ministre
01:07:50allait craquer.
01:07:52Et il a su aussi
01:07:53qu'on a apporté
01:07:54le rapport Calame
01:07:55à Auguste Point
01:07:56et que masculin
01:07:58en avait fait sûrement
01:08:00une copie.
01:08:02Même si on arrive
01:08:03à savoir qui c'est,
01:08:05il va pas être facile
01:08:06à coincer.
01:08:08Sauf si on lui fait passer
01:08:09une fausse information
01:08:12moi j'ai horreur
01:08:13que le courrier
01:08:14s'égare.
01:08:15Alors,
01:08:16il faut que cette lettre
01:08:17parvienne à son destilataire.
01:08:23Louis Bernard a écrit
01:08:24une lettre avant de mourir.
01:08:26Le commissaire Bonnet
01:08:27chargé de l'enquête
01:08:28me l'a confirmé tout à l'heure.
01:08:29Il l'a trouvé ?
01:08:31Non, pas encore.
01:08:33Louis Bernard l'a envoyé
01:08:35par poste.
01:08:36À qui ?
01:08:38Les trois possibilités
01:08:39ou le président du conseil
01:08:42ou vous,
01:08:43monsieur le ministre
01:08:44ou bien un de ses plus proches
01:08:46collaborateurs,
01:08:47un intime.
01:08:49Oui, c'est-à-dire
01:08:50Fleury-Oumalet.
01:08:52ou même votre secrétaire
01:08:54qui était la sienne avant.
01:08:56J'imagine que si vous,
01:08:58vous aviez reçu cette lettre,
01:09:00vous m'en auriez parlé.
01:09:06Évidemment.
01:09:13Jacques,
01:09:14vous pourriez tous
01:09:15venir ici un instant.
01:09:16Oui, tout de suite.
01:09:17Claire Rousset.
01:09:21On va être fixés.
01:09:34Louis Bernard
01:09:35pourrait avoir envoyé
01:09:36une lettre
01:09:37à l'un de vous
01:09:39avant de se suicider.
01:09:41Moi, j'ai rien reçu.
01:09:43Moi non plus.
01:09:44Moi non plus.
01:09:46Mais toi,
01:09:46tu es allé chercher
01:09:47le courrier à l'appartement ?
01:09:48Oui, mais il n'y avait rien.
01:09:55Alors ?
01:09:56Alors, elle va arriver.
01:09:58Demain matin, certainement.
01:10:01Le commissaire Bonnet pense
01:10:03et moi aussi
01:10:04que c'est probablement à vous
01:10:06que Louis Bernard
01:10:07a adressé sa confession.
01:10:09Vous étiez son successeur.
01:10:11Et à votre domicile,
01:10:14avenue Lottie,
01:10:15pas au ministère.
01:10:18j'irai couché là-bas cette nuit.
01:10:20Si vous y allez
01:10:21et que vous êtes surveillé,
01:10:22vous allez attirer l'attention
01:10:23sur l'appartement
01:10:24et sur la lettre.
01:10:25Exact.
01:10:26Je peux y aller, moi ?
01:10:27Non, c'est trop dangereux.
01:10:30Non, pas question
01:10:30de prendre de risques.
01:10:32Il ne s'agit pas
01:10:33de se la faire voler
01:10:33comme le rapport Calame.
01:10:36J'enverrai deux inspecteurs
01:10:37à chercher.
01:10:55Bon, ils étaient combien ?
01:10:57Deux, je crois.
01:10:57Mais c'est difficile à dire.
01:10:58Ils sont arrivés par derrière.
01:11:00Vous les avez vus quand même ?
01:11:02Il n'y avait pas un petit
01:11:02assez costaud
01:11:03avec les cheveux blonds ?
01:11:04Oui, ça, oui.
01:11:05Il y avait un costaud,
01:11:06celui qui m'a tapé dessus.
01:11:07Mais je n'ai pas eu le temps
01:11:08de voir s'il était petit
01:11:09ou s'il était grand.
01:11:11Vous auriez quand même
01:11:11pu penser à faire filer
01:11:12le facteur ?
01:11:16C'est lui qui aurait dû porter
01:11:18un gilet pare-mal.
01:11:20En plus, on a vérifié
01:11:21le contenu de sa sacoche.
01:11:23Ils ont pris la lettre.
01:11:24Ah ben ça, je me redoute,
01:11:25figure-toi.
01:11:27Et les trois autres ?
01:11:29Fleury et compagnie.
01:11:31Malais et la secrétaire
01:11:32n'ont pas bougé de chez eux.
01:11:33Personne ne les a contactés.
01:11:35Bornic a suivi Fleury.
01:11:38C'est le seul
01:11:39qui se ressorti ce matin.
01:11:47C'est le seul
01:11:55qui se ressorti ce matin.
01:12:00Non, restez, monsieur Fleury,
01:12:02restez.
01:12:03Vous n'êtes pas de trou.
01:12:04Vous avez la lettre
01:12:06de Louis Bernard.
01:12:07Oui.
01:12:14Vous avez l'air surpris.
01:12:18Abattu.
01:12:21C'est donc vrai.
01:12:24Je vais prévenir
01:12:25le président du conseil.
01:12:28Non, monsieur Fleury
01:12:29la connaît déjà.
01:12:31Qu'est-ce que vous voulez dire ?
01:12:33Cette lettre n'a jamais
01:12:34été postée.
01:12:35C'est le commissaire Bonnet
01:12:36qui me l'a remise.
01:12:37L'autre, celle que j'ai fait envoyer,
01:12:39était une copie.
01:12:40Elle a été volée ce matin,
01:12:42comme le rapport Calame,
01:12:44par les hommes de main de Nicou,
01:12:46je suppose.
01:12:48Avec qui aviez-vous rendez-vous
01:12:49ce matin très tôt,
01:12:51porte de la chapelle ?
01:12:54Ce n'est pas le genre de bistrot
01:12:55dans lequel je vous imagine.
01:12:57Je ne pense pas
01:12:58que vous imaginez ma vie.
01:12:59Et si vous me la racontiez ?
01:13:01Je suis sûr
01:13:02que j'aurais les surprises.
01:13:04Je vous emprunte
01:13:05votre chef de cabinet,
01:13:07monsieur le ministre.
01:13:08Vous voulez bien
01:13:09nous accompagner ?
01:13:10Je ne peux rien vous refuser,
01:13:11monsieur McGray.
01:13:21Et pourquoi ?
01:13:25Il a que rien de vous
01:13:25avec moi ce matin.
01:13:28Vous êtes une menteuse,
01:13:29mademoiselle.
01:13:30Et en plus,
01:13:31je vous l'ai déjà dit,
01:13:32vous avez de mauvaises fréquentations.
01:13:40Je pourrais savoir
01:13:41à quoi vous jouez ?
01:13:42J'ai l'air de jouer.
01:13:43Oui ?
01:13:44Pourquoi ce trafic
01:13:45avec les lettres ?
01:13:47On va y venir.
01:13:49Patience.
01:13:54Dans sa lettre,
01:13:55Louis-Bernard met en cause
01:13:56un de ses proches collaborateurs.
01:14:00Sans le nommer.
01:14:02Ça pourrait être
01:14:03son ancien chef de cabinet.
01:14:04C'est lui qui était en place
01:14:05au moment de la construction
01:14:06du sanatorium.
01:14:08Oh, ça pourrait être aussi
01:14:10sa secrétaire,
01:14:11Marie-Laure,
01:14:12ou René Mallet,
01:14:14ou Charles Caillot.
01:14:15J'ai votre liste là
01:14:16sous les yeux.
01:14:19Mais il n'y avait que
01:14:20trois personnes
01:14:20parmi tous ces gens-là
01:14:22qui étaient au courant
01:14:23que Point allait recevoir
01:14:25une lettre de Louis-Bernard.
01:14:27Et parmi ces trois personnes,
01:14:28il n'y en a qu'une
01:14:29qui avait rendez-vous
01:14:30avec les sbires de Nicot.
01:14:36C'est le cambriolage du globe
01:14:37qui m'a mis la puce à l'oreille
01:14:39et qui m'a donné l'idée
01:14:41de lancer une fausse information
01:14:42avec la lettre de Louis-Bernard.
01:14:45Mais il n'y a rien
01:14:46dans cette lettre.
01:14:48Il ne met personne d'autre
01:14:48en cause à part Nicot.
01:14:50À ce moment-là,
01:14:51vous ne le saviez pas.
01:14:54Quand avez-vous vu
01:14:55votre femme et votre fils
01:14:57pour la dernière fois ?
01:15:03Vous savez ça aussi.
01:15:14J'y vais tous les quinze jours.
01:15:19Il y a longtemps
01:15:20que vous êtes marié ?
01:15:23J'ai connu Colette
01:15:24en 1939,
01:15:25juste avant la guerre.
01:15:27J'avais 20 ans.
01:15:29Elle 17.
01:15:30j'ai été mobilisé
01:15:31et après j'ai été fait prisonnier
01:15:33par quelques permissions finalement.
01:15:35On ne s'est pas beaucoup vu
01:15:36toutes ces années.
01:15:40Pourquoi l'order le secret
01:15:41autour de ton gréage ?
01:15:48Ça s'est fait tout seul.
01:15:57À mon retour d'Allemagne,
01:15:58j'ai vécu à Paris.
01:16:00J'aime Paris.
01:16:01Colette n'aime que la campagne.
01:16:03J'ai commencé à faire de la politique,
01:16:06à cloisonner ma vie.
01:16:08Vous pourriez divorcer ?
01:16:10Non, elle ne veut pas.
01:16:11Il y a mon fils, Michel.
01:16:12Il a 10 ans.
01:16:13Ce n'est pas un enfant normal.
01:16:17Et votre femme accepte tout ça ?
01:16:21Disons qu'elle s'en contente.
01:16:22Elle préfère me voir
01:16:23tous les 15 jours
01:16:23que pas du tout.
01:16:25On est pris dans une sorte de piège.
01:16:28Il doit vous falloir
01:16:29pas mal d'argent
01:16:30pour mener cette double vie.
01:16:33Mon salaire suffit.
01:16:35Tout à fait.
01:16:36Je me suis renseigné
01:16:37auprès de votre banque.
01:16:39Heureusement qu'il y a quelques années,
01:16:40vous avez eu
01:16:41une belle rentrée.
01:16:42J'ai hérité d'une maison
01:16:43et je l'ai revendue.
01:16:54Les femmes sont arrivées.
01:16:56Je ne sais pas comment.
01:16:57Mais tu vas,
01:16:58on va maintenant voir.
01:16:59On les te va trouver.
01:17:01Oui, d'accord.
01:17:01Allez.
01:17:11Vous étiez où
01:17:12dans la nuit de mardi
01:17:13à mercredi ?
01:17:14La nuit où on a volé
01:17:16le rapport Calameau-ministre.
01:17:18Disons la nuit
01:17:18où Louis-Bernard est mort.
01:17:20J'étais au ministère
01:17:22des Travaux-Publics.
01:17:22J'avais un travail urgent
01:17:23à finir avec Claire.
01:17:25Vous avez travaillé
01:17:26toute la nuit ?
01:17:27Non.
01:17:30On a couché ensemble
01:17:31si vous voulez le savoir.
01:17:34Pourtant,
01:17:34un de mes inspecteurs
01:17:35vient de me dire
01:17:35que le concierge
01:17:36vous a vu partir en voiture
01:17:37à une heure du matin.
01:17:38Oui, c'est vrai.
01:17:40Colette, ma femme,
01:17:41m'a appelé.
01:17:41Notre fils Michel
01:17:43allait mal.
01:17:44J'ai fait un saut
01:17:44à Orléans.
01:17:46Entre-temps,
01:17:46Michel s'est calmé.
01:17:47Je suis retourné
01:17:48immédiatement à Paris.
01:17:48Ce n'était pas le moment
01:17:49que je m'absente
01:17:49avec l'histoire
01:17:50du drame de Clairefont.
01:17:52Attendez,
01:17:52moi, je ne comprends plus
01:17:53très bien.
01:17:54Vous avez couché
01:17:55avec Claire
01:17:57avant ou après
01:17:59le voyage à Orléans ?
01:18:01Au retour.
01:18:02Avant,
01:18:02nous avons travaillé.
01:18:04Vous mettez
01:18:04combien de temps
01:18:05pour aller à Orléans ?
01:18:06Environ deux heures.
01:18:09Vous êtes donc
01:18:10arrivé chez vous
01:18:11vers trois heures.
01:18:12Vous êtes resté
01:18:13combien de temps
01:18:14avec votre femme ?
01:18:15Une heure.
01:18:17Alors,
01:18:18vous êtes parti
01:18:19de là-bas
01:18:19vers quatre heures
01:18:22et vous avez dû
01:18:23être revenu
01:18:24à Paris vers six heures,
01:18:25c'est bien ça ?
01:18:26Sans doute.
01:18:28Et malgré
01:18:29la fatigue du voyage,
01:18:30vous avez fait
01:18:30l'amour à Clairepoint
01:18:32à six heures du matin
01:18:33et vous étiez déjà
01:18:35rhabillés tous les deux
01:18:36à sept heures
01:18:37quand nous sommes arrivés.
01:18:38Oui.
01:18:39Vous étiez amants
01:18:40pour la première fois,
01:18:40non ?
01:18:41Oui.
01:18:47Pas très romantique,
01:18:48tout ça.
01:18:53Je suis Madame Fleury,
01:18:55la femme de Monsieur Fleury.
01:18:56Il est ici ?
01:18:58Attendez,
01:18:58je vais prévenir
01:18:59un inspecteur.
01:19:00Allez vous asseoir.
01:19:06Commissaire,
01:19:07il y a une Madame Fleury
01:19:08qui est ici.
01:19:09Entendu, oui.
01:19:40Appelle-moi le ministère.
01:19:41L'intérieur ?
01:19:42Non,
01:19:43les travaux publics.
01:19:48J'ai vu votre femme.
01:19:51Elle va lui laisser
01:19:51aller en dehors,
01:19:52tout ça.
01:19:54Vous n'êtes pas allé
01:19:55à Orléans la voir
01:19:55mardi soir ?
01:19:57Non.
01:19:59Et ce n'est que la nuit
01:20:00suivante que vous êtes
01:20:01devenu l'amante
01:20:01Claireprenne.
01:20:03Vous n'avez vu ce soir-là
01:20:05ni l'une
01:20:06ni l'autre.
01:20:10Allô ?
01:20:11Oui ?
01:20:12Bonjour Monsieur le Ministre.
01:20:14Oui,
01:20:15ben c'est fini.
01:20:15L'enquête est terminée,
01:20:17oui.
01:20:18Ben demain,
01:20:19vous pourrez vous expliquer
01:20:20devant la chambre
01:20:21et devant la presse.
01:20:24Ah non,
01:20:24pas tout à fait.
01:20:27Non mais,
01:20:28vous aurez tous les détails
01:20:29dans une heure ou deux.
01:20:31Oui,
01:20:32au revoir Monsieur le Ministre.
01:20:37Alors,
01:20:38j'aimerais bien savoir
01:20:38où vous étiez.
01:20:42J'étais avec personne,
01:20:44j'ai...
01:20:45j'ai roulé au hasard,
01:20:47ça m'arrive souvent.
01:20:47Je n'arrive pas à dormir,
01:20:48ça me calme.
01:20:53Quel était le nom
01:20:54des prisonniers
01:20:55avec qui vous vous êtes
01:20:56évadés d'Allemagne ?
01:21:01L'un d'eux était
01:21:02Jean Collet.
01:21:05Nous étions très amis,
01:21:06l'autre,
01:21:06je le connaissais à peine,
01:21:08il est mort durant notre évasion.
01:21:11Vous ne vous souvenez pas
01:21:12de son nom ?
01:21:14Non.
01:21:18Enfin,
01:21:18il me semble que son prénom
01:21:20était...
01:21:22Marcel ou Maurice ?
01:21:24Maurice,
01:21:25c'est exact.
01:21:27Maurice Nicou,
01:21:28mort à 26 ans.
01:21:30Il était le fils
01:21:31de Richard Nicou,
01:21:33l'entrepreneur
01:21:33qui a construit
01:21:34le sanatorium
01:21:35de Clairefond.
01:21:38Je croyais que vous ne connaissiez pas
01:21:40Richard Nicou.
01:21:41Je ne le connais pas.
01:21:47Votre femme m'a dit
01:21:48que vous étiez allé
01:21:49lui annoncer
01:21:50la mort de son fils.
01:21:52Bon, écoutez,
01:21:53j'ai vu un homme effondré,
01:21:54je n'ai pas fait le rapprochement
01:21:54avec l'homme tristement célèbre
01:21:56qu'il est devenu
01:21:56dix ans plus tard.
01:22:01Vous savez ce qu'il m'a mis
01:22:02sur la voix ?
01:22:04C'est une réflexion
01:22:05de Masculin.
01:22:06Vous vous intéressez
01:22:07au rago de Masculin,
01:22:08maintenant ?
01:22:09Au Masculin
01:22:09est une langue de vipère
01:22:10mais il ne colporte pas de rago.
01:22:12Il n'a pas envie
01:22:12de collectionner
01:22:13les procès en diffamation.
01:22:16Masculin,
01:22:17donc,
01:22:18m'a appris
01:22:19que vous aviez
01:22:19démissionné
01:22:20d'une entreprise
01:22:21qui collaborait
01:22:21avec les nazis.
01:22:23Oui.
01:22:24Et j'ai essayé
01:22:25de rejoindre Londres après.
01:22:27Je ne doute pas
01:22:28de votre patriotisme.
01:22:31Mais quel était
01:22:32le nom de cette entreprise ?
01:22:38Ah.
01:22:42Les établissements
01:22:43Sauvegrin.
01:22:45Et Sauvegrin
01:22:46était le beau frère
01:22:47et l'associé de Nicou.
01:22:48Et moi,
01:22:48je ne travaillais pas
01:22:49avec Nicou.
01:22:50Merci.
01:22:56Et vous avez continué
01:22:58à travailler pour lui
01:22:58après la libération.
01:23:00Mais dans l'ombre,
01:23:02vous étiez bien placé
01:23:04au ministère.
01:23:06C'est par vous
01:23:07que Louis Bernard
01:23:07a été contacté.
01:23:10Et c'est vous
01:23:11qui l'avez persuadé
01:23:12d'accepter le pot de vin
01:23:14pour la construction
01:23:14du sanatorium
01:23:15de Clairefond.
01:23:19Oui.
01:23:22Mais je ne l'ai pas tué.
01:23:26Vous êtes allé chez lui
01:23:27cette nuit-là.
01:23:28Je voulais vérifier
01:23:29qu'il n'avait pas
01:23:29laissé traîner une lettre.
01:23:31Tous ces mots,
01:23:33Bernard,
01:23:34Picma.
01:23:35Calab.
01:23:35C'est comme si la machine
01:23:36s'était mise à dérailler.
01:23:38Je ne pouvais plus l'arrêter.
01:23:40J'aurais peut-être
01:23:41été le prochain sur la liste.
01:23:43Moi, j'aimerais bien savoir
01:23:44ce que vous avez fait
01:23:45du rapport Calab.
01:23:46Je ne l'ai pas.
01:23:47C'est la vérité.
01:23:49J'avertis les hommes de Nicou
01:23:50quand j'ai vu Picma
01:23:51le remettre le rapport au ministre.
01:23:53Je pense qu'ils se sont fait
01:23:54doublés par la sûreté,
01:23:54mais alors,
01:23:55ceux-là,
01:23:55vous aurez du mal
01:23:56à les coincer.
01:24:19bonjour, commissaire.
01:24:22Vous voyez ?
01:24:23Vous n'avez pas oublié ?
01:24:24Je n'ai pas pu.
01:24:25J'aurais bien voulu
01:24:26pour une fois.
01:24:27Je n'arrête pas
01:24:28de repenser
01:24:29à notre conversation.
01:24:31J'ai retrouvé
01:24:32les notes
01:24:33qui ont servi
01:24:33à établir le rapport.
01:24:36Si ça peut vous aider,
01:24:37je vous les donne.
01:24:39Merci.
01:24:43Ça vous ferait plaisir,
01:24:44un petit cachot.
01:24:57Étant donné les circonstances,
01:24:58j'ai présenté ma démission
01:24:59au chef de l'État
01:25:00qui l'a accepté.
01:25:02C'est donc en tant que
01:25:03simple citoyen
01:25:04et non comme membre
01:25:05du gouvernement
01:25:06que je m'adresse à moi.
01:25:08à ma demande,
01:25:09le commissaire Maigret
01:25:10a enquêté
01:25:10sur la mort
01:25:11de Julien Pitemal
01:25:12et sur la disparition
01:25:13du rapport Cala.
01:25:15Avant qu'il ne me soit volé,
01:25:17j'ai eu le temps
01:25:18de lire ce rapport.
01:25:20Il s'opposait très clairement
01:25:22à la construction
01:25:23d'un sanatorium
01:25:24sur le site
01:25:25dangereux de Clairvon.
01:25:29Monsieur le ministre,
01:25:30il n'existe malheureusement
01:25:31aucun document
01:25:32pour prouver
01:25:32votre bonne foi.
01:25:34Je n'ai que ma parole
01:25:35à mettre dans la balance.
01:25:36en l'absence de preuve,
01:25:37elle ne pèse pas lourd,
01:25:38pas assez pour faire pencher
01:25:39du côté d'une vraie justice.
01:25:41C'est pourquoi je me retire.
01:25:44Messieurs,
01:25:44je vous remercie.
01:25:51Le commissaire Maigret
01:25:52est là.
01:25:52Il a des nouvelles pour vous.
01:25:54Je vous arrive un peu tard
01:26:03avec la preuve.
01:26:22Richard Nicou,
01:26:23revenu en France
01:26:24pour ses affaires,
01:26:25a été arrêté
01:26:26dès son arrivée
01:26:26à Orly hier matin.
01:26:28Ah.
01:26:29Il devra s'expliquer
01:26:30sur la disparition
01:26:32du rapport Calame
01:26:34que l'on a pu reconstituer
01:26:35grâce aux notes manuscrites
01:26:37remises par la veuve
01:26:38de l'ingénieur
01:26:39ainsi que sur les trois meurtres
01:26:41qu'il aurait commandité.
01:26:45Ça y est.
01:26:47Enfin,
01:26:48on a réussi
01:26:48à le pincer en France.
01:26:50Ça m'aurait fait de la peine
01:26:51que Fleury soit tout seul
01:26:52sur le banc des accusés.
01:26:54Bouliné,
01:26:54bouliné,
01:26:55monsieur le ministre,
01:26:55ça doit être un brochet.
01:26:56Non,
01:26:57une truite.
01:27:00Quand même,
01:27:02pour moi,
01:27:03il y a encore un mystère.
01:27:05Qui a prévenu la sûreté ?
01:27:08Vous ne devinez pas.
01:27:10Non,
01:27:10et ça m'énerve.
01:27:12Masculin.
01:27:14Quand il vous a envoyé
01:27:16pique-mal
01:27:16avec le rapport Calame,
01:27:18il a téléphoné anonymement
01:27:20au cabinet
01:27:21du président du conseil.
01:27:23Il se doutait bien
01:27:24qu'on demanderait
01:27:25à la sûreté
01:27:26de récupérer le document
01:27:27et que vous seriez
01:27:28le grand perdant
01:27:29de cette affaire.
01:27:31C'est un pêcheur,
01:27:32ce Masculin.
01:27:34Il lance un hameçon
01:27:35et il attend
01:27:37que ça morde.
01:27:38Eh oui,
01:27:38il aime la pêche au vif.
01:27:40Dites-moi,
01:27:41vous n'avez pas parlé
01:27:42d'un petit blanc sec
01:27:44que vous gardiez au frais ?
01:27:52Ah !
01:27:53Attendez !
01:27:57Et voilà !
01:28:04Sauvé !
01:28:28Magnifique !
01:28:29Allez-y !
01:28:30Sous-titrage Société Radio-Canada
01:29:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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