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  • il y a 23 heures
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00:22:14Mon fils, surtout. Vous êtes un peu son modèle.
00:22:19Il voudrait bien faire comme vous, Emile. Quitter le château, devenir quelqu'un.
00:22:23Il n'y a pas besoin de quitter le château pour devenir quelqu'un.
00:22:26Croyez-moi, mon père, c'était quelqu'un. Et vous aussi, Gauthier, je le sais.
00:22:30Merci, merci, monsieur.
00:22:32Vous n'avez quand même pas m'appeler monsieur.
00:22:34Je ne sais pas comment dire, moi.
00:22:36Maigret, pourquoi pas ?
00:22:38Dites-moi, vous pensez qu'il serait possible que je voie monsieur le comte sans le déranger ?
00:22:43Tout de suite ?
00:22:44Oui. Bon, ben, je vais voir.
00:23:00J'ai ma vie. Qu'est-ce qu'il y a ?
00:23:02C'est le commissaire Maigret, monsieur le comte. Il est en bas. Il demande si vous pourriez le recevoir.
00:23:07Faites-le entrer au salon, j'en ai pas d'idées.
00:23:10Vous cliquez au nom. Non, qu'il monte. Je ne vais pas le faire à temps.
00:23:13Bien, monsieur le comte.
00:23:18Entrez.
00:23:24J'ai pensé, mon cher Maigret, que vous qui avez dû me torcher quand j'avais six mois ne vous
00:23:28offisqueriez pas de me voir en bannière.
00:23:31Bien sûr que non. Mais je suis désolé, j'aurais pu attendre. Je tenais d'abord à vous dire combien...
00:23:38Merci. À chaque deuil dans la famille, je ramets ce pantalon.
00:23:43D'ailleurs, j'ai un peu plus de mal à chaque fois.
00:23:48Ah, cette fois-ci, la situation me semble désespérée.
00:24:02Ne croyez pas que je sois en train d'arroser la mort de ma pauvre maman. Non, mais j'ai
00:24:05eu une nuit particulièrement agitée. Et le matin, au petit déjeuner, un peu de champagne, ça remet les esprits en
00:24:10place.
00:24:13Vous en voulez ?
00:24:15Non, merci. J'ai eu une nuit très calme.
00:24:23Vous êtes un sage.
00:24:24C'est pas comme moi.
00:24:27Avec quelques amis, à Paris,
00:24:30j'ai fondé un club
00:24:31dont je suis le président.
00:24:33Un club des gentlemen fermeurs.
00:24:36fermeur de boîtes de nuit, bien entendu.
00:24:39Nous avons fini notre fils à 6h ce matin.
00:24:42J'étais à peine rentré de Saint-Germain-des-Prés
00:24:45quand j'ai reçu le coup de téléphone de Gauthier.
00:24:50Pauvre maman.
00:24:52Si elle avait su à quel point elle me manquait.
00:24:55Comment ça ? Elle vous manquait ?
00:25:00J'avais pas remis les pieds au château depuis plus d'un an.
00:25:04Nous avions des ennuis graves, d'autres.
00:25:08Stupides.
00:25:10Ça.
00:25:12Ça est fini, maintenant.
00:25:20J'ai quelque chose à vous montrer.
00:25:28Je l'ai reçu avant-hier chez moi.
00:25:30C'est pour ça que je suis ici.
00:25:31Je pense qu'un crime sera commis à l'église de Saint-Fiac
00:25:33pendant la première messe du jour des morts.
00:25:36Mais alors de quoi était le mot ?
00:25:37C'est pas du tout ce qu'on m'a dit.
00:25:39C'est pas du tout une crise cardiaque.
00:25:42Le médecin présente que si.
00:25:44Qu'il n'y a aucun doute là-dessus.
00:25:49C'est bien.
00:25:50J'ai jamais compris pourquoi l'on m'en s'obstinait
00:25:52de toute façon à n'y parler.
00:25:53Ah oui.
00:25:54Ça faisait 20 ans qu'il était amoureux d'homme.
00:25:57Amoureux fou.
00:25:59Il y a eu un de mon père, ça l'est encore, mais...
00:26:02Après, ça a été une vraie comédie.
00:26:04Une grotesque.
00:26:06Toujours candidat.
00:26:07Jamais élu.
00:26:08Je suis sûr qu'il en était arrivé à la détester.
00:26:11À la haïr.
00:26:13Vous vous feriez soigner, vous, par quelqu'un qui vous est ?
00:26:17Allez, venez.
00:26:19Je vais embrasser maman.
00:26:23Vous avez pensé vous trouver dans sa chambre ?
00:26:26Sale, pas rasé, sentons la putain.
00:26:29Allons, mêlerai.
00:26:30Vous oubliez les usages de la maison.
00:27:08Elle qui voulait tout lui apprendre,
00:27:10elle aurait pu au moins lui apprendre à se tenir.
00:27:14Le malheur avec maman, c'est qu'elle avait la manie de jouer l'épigmalie.
00:27:19Et naturellement, elle tombait amoureuse de ses statuts.
00:27:21Elle n'était pas toujours un monde de Carrard, c'est le monde en puisse dire.
00:27:25Mon pauvre mêlerai.
00:27:27Ça est bien triste, non ?
00:27:30Ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi, au juste, elle est morte.
00:27:34C'est une crise cardiaque, je veux bien, mais...
00:27:36Qu'est-ce que c'est que cette histoire de l'être ?
00:27:38C'est ce que j'essaie de découvrir.
00:27:40Et d'abord, pourquoi c'est à moi qu'elle a été adressée ?
00:27:43Ça, c'est votre célébrité, mon cher ami, ça.
00:27:46C'est plutôt flatteur pour vous, non ?
00:27:47Ah, je ne trouve pas.
00:27:49Je pense plutôt que l'auteur me tient pour un imbécile
00:27:52qui aura assisté à tout et ne découvrira rien.
00:27:55J'avoue que ça m'énerve.
00:27:57Et qu'est-ce que vous allez faire ?
00:27:59La routine.
00:28:02Je vous laisse.
00:28:07Ah, pendant que j'y pense,
00:28:10c'est bien vous qui avez le micel de votre mère.
00:28:13Le micel ?
00:28:15Dans la sacristie, avant que vous ne passiez,
00:28:17il y avait son sac, sa canne, un de ses gants et son micel.
00:28:20Le micel n'y est plus.
00:28:21Je pensais que vous l'aviez pris, comme souvenir.
00:28:24Le micel ? Certainement pas.
00:28:26Si j'avais pris quelque chose, ce serait plutôt la canne.
00:28:29Et je vous choque, peut-être.
00:28:31Mais je suis tout, sauf un hypocrite.
00:28:34Vous savez, passer de l'eau de bidet à l'eau bénite,
00:28:36c'est très bien porté dans nos familles.
00:28:37Mais moi, j'ai horreur de ça.
00:28:40J'ai conservé le respect de certaines choses.
00:28:43Sans doute un vieux reste de mes dix ans passés chez les jaseurs.
00:28:46Vous l'avez peut-être mis dans votre poche sans faire attention.
00:28:49Quand on apprend la mort de sa mère...
00:28:52Vu la vie que j'amène, le gâtisme précoce me quête,
00:28:55je vous l'accorde, mais enfin, il ne m'a pas encore atteint.
00:29:01Vous ne voulez pas m'accompagner jusqu'à votre voiture ?
00:29:05Pour quoi faire ?
00:29:18Vous pouvez me l'envoyer ?
00:29:19Non, au château, je ne la ferme jamais.
00:29:22Il y a peut-être des voleurs de micel,
00:29:23mais il n'y a pas de voleurs de voiture.
00:29:24Je ne sais pas.
00:29:51À quoi sont-nous, maigret ?
00:29:53Si c'est le micel que vous cherchez,
00:29:54je vous répète que je ne l'ai pas pris.
00:30:01Ça, alors.
00:30:06Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ?
00:30:10Ce n'est pas une plaisanterie, monsieur de Saint-Fiac.
00:30:17C'est un crime.
00:30:23Le comte Maurice de Saint-Fiac s'est donné la mort
00:30:25en se jetant d'une fenêtre de son appartement parisien.
00:30:27Des problèmes familiaux liés à la conduite de la mère du défunt
00:30:30semblent être à l'origine du tragique suicide.
00:30:51Je ne sais pas si j'arriverai à partir.
00:30:54Je ne peux pas me décider.
00:30:56Pourtant, rien ne me retient ici.
00:30:59Seulement des scrupules.
00:31:00Des scrupules ridicules.
00:31:02Ton père ?
00:31:04Oui, papa, oui, évidemment.
00:31:06Ça, je ne peux pas lui en vouloir.
00:31:07Le château, c'est toute sa vie.
00:31:09Pas pour moi, mais ça n'arrive pas à le comprendre.
00:31:11Ben oui, bien sûr.
00:31:13Mais ne t'inquiète pas, ça va s'arranger.
00:31:15Même s'il me dit de partir, je ne sais pas si je le ferai.
00:31:19Il a fait tellement de sacrifices.
00:31:20Pour la maison, pour moi.
00:31:22C'est bien d'y penser, mais c'est très bien.
00:31:26Il ne faut rien casser, rien brusquer.
00:31:29Mais il faut prendre le chemin que tu as envie de prendre.
00:31:33Vous, vous avez eu le courage de le faire.
00:31:35Aucun courage, aucun.
00:31:37Bien au contraire.
00:31:38J'ai eu peur, c'est tout.
00:31:39J'avais l'impression qu'on voulait m'enfermer au château.
00:31:42J'ai fui tout simplement, ce qui n'a rien particulièrement que de rien.
00:31:47C'est le curé aussi qui fait tout pour que je reste.
00:31:50De temps en temps, je lui rendais service.
00:31:52Enfin, je tapote vaguement sur l'armonium à la grand-messe.
00:31:55Il me prend pour un sein.
00:31:57Il ne peut plus se passer de moi.
00:31:59Il a même fait des demandes pour que j'obtienne une bourse.
00:32:02Il veut que je vis l'instituteur.
00:32:05Instituteur, c'est bien.
00:32:07Ça vous dirait, vous, une vie entière à courir derrière des gamins.
00:32:10Ah, salaud.
00:32:11Je préfère encore les criminels, ça court moins vite.
00:32:33J'en ai pas pour longtemps, mais si t'as besoin de la chambre, je te laisse.
00:32:36Non, non, reste, c'est au contraire.
00:32:38Avec tout ce qui s'est passé, on n'a pas eu cinq minutes pour causer.
00:32:43Tu permets ?
00:32:44T'es chez toi.
00:32:53Il y a longtemps que tu as cette auberge ?
00:32:56Oh ben, c'est pas compliqué.
00:32:58Ça fera dix ans à la Saint-Michel.
00:33:00Et ça marche ?
00:33:02Pas trop mal.
00:33:04Pas trop mal.
00:33:05Oh bien sûr, pas si bien que pendant l'occupation.
00:33:07Faut pas trop demander.
00:33:09Tu peux pas savoir, Jules, c'était incroyable.
00:33:11Tous les dimanches, ils débarquaient de la ville à vélo, le ventre vide et des sous-pleins les poches.
00:33:17Et puis quand ils repartaient le soir, c'était le contraire.
00:33:21C'est qu'on avait de tout ici.
00:33:23Et eux, ils avaient rien.
00:33:25On ne retrouvera jamais un moment pareil.
00:33:28Ça vaut peut-être mieux, non ?
00:33:31Mais dis-moi, c'était pas un peu du marché noir, tout ça ?
00:33:33Ben bien sûr.
00:33:35Qu'est-ce que tu crois ?
00:33:36Seulement les gendarmes, ils avaient bon appétit, eux aussi.
00:33:39Alors ça s'arrangeait.
00:33:43Je vois.
00:33:46Mais avant, tu n'as pas bougé d'ici.
00:33:48Tu es toujours resté à Saint-Fiacre.
00:33:49Mais vous voulez que j'aille ?
00:33:52Tu as travaillé au château ?
00:33:54Comme toutes les filles du village, il a bien fallu.
00:33:57Mes parents avaient du bien, mais ils ne me donnaient pas un sou.
00:34:01Et tu y restes longtemps ?
00:34:03Attends voir, jusqu'avant mon mariage.
00:34:08Ça doit faire 7-8 ans.
00:34:10Je le connaissais, ton mari ?
00:34:12Non.
00:34:14C'était un étranger.
00:34:15Il était tout à fait de l'autre bout du département.
00:34:19Tu as été heureuse avec lui ?
00:34:23Des fois.
00:34:25Quand il n'était pas saoul, il était gentil.
00:34:29Mais enfin, il ne s'appelait pas Jules.
00:34:32Tu vois ce que je veux dire ?
00:34:35En somme, tu as connu tous les gens qui ont travaillé au château.
00:34:42Ben oui.
00:34:43Puis je les connais encore.
00:34:46Pourquoi ?
00:34:47Tu n'en vois pas certains qui auraient pu en vouloir à Madame la Comtesse ?
00:34:56Voilà où tu voulais en venir.
00:34:59Je me demandais aussi pourquoi tu t'intéressais tellement à moi tout d'un coup.
00:35:03Ça me plaisait bien, mais je trouvais ça bizarre.
00:35:07C'était trop beau.
00:35:10La Comtesse, tout le monde l'aimait bien, la pauvre.
00:35:15Elle était gentille.
00:35:19Je ne vois qu'une personne à Saint-Fiacre qui avait des envies de tuer.
00:35:25C'est moi.
00:35:27Tu voulais tuer Madame la Comtesse ?
00:35:31Non, Jules.
00:35:35C'est toi que je voulais tuer.
00:35:40Pourquoi tu m'as laissée tomber comme ça d'un seul coup, sans rien me dire ?
00:35:47Qu'est-ce que je t'avais fait ?
00:35:49Qu'est-ce qu'il y avait ?
00:35:52C'est ton père qui ne voulait pas de moi ?
00:35:56Je t'empêchais de travailler ?
00:35:59T'en avais assez de me voir le nez au milieu de la figure ?
00:36:04Ou alors, il y en avait une autre ?
00:36:09Réponds-moi, Jules.
00:36:13Tu peux bien me le dire, maintenant.
00:36:16À l'âge qu'on est arrivés, on n'a plus besoin de mentir.
00:36:20Je vais t'avouer quelque chose, Marie.
00:36:24Il y a 30 ans que les questions, c'est moi qui les pose.
00:36:26et subir un interrogatoire, je ne savais pas ce que c'était.
00:36:30Mais grâce à toi,
00:36:33je m'aperçois que c'est très désagréable.
00:36:43C'est vous, maigret ?
00:36:45Je vous ai tenté.
00:36:48C'est ce qu'on m'a dit.
00:36:55Je dois des excuses, maigret.
00:36:58Vous devez avoir une bien piètre opinion de moi.
00:37:01Je n'ai pas le sentiment d'avoir jamais été aussi grossier.
00:37:06Je vous ai échalement répondu.
00:37:09Vous êtes partis brusquement, sans un mot.
00:37:15Presque en courant.
00:37:18Presque en courant, oui.
00:37:20Ça ne me tente pas.
00:37:22Évidemment, vous ne pouviez pas comprendre.
00:37:27J'allais me mettre à pleurer, maigret.
00:37:31Vous avez raté un beau spectacle.
00:37:34Un spectacle unique.
00:37:35Le 17ème comte de Saint-Fiac en train de brailler comme une concierge.
00:37:41Le remords, hein.
00:37:44Ça doit s'appeler comme ça, je ne sais pas.
00:37:47Ça ne m'est jamais arrivé.
00:37:49Mais ça a été terrible.
00:37:50En une seconde, j'ai réalisé ce que j'avais fait.
00:37:54Elle m'aimait maigret.
00:37:57Elle m'aimait.
00:38:01Elle en est morte.
00:38:07Et c'est moi.
00:38:09Moi qui l'ai jugé.
00:38:12Qui l'ai condamné.
00:38:16Et qui l'ai tué.
00:38:19C'est vous ?
00:38:24Oui, c'est moi.
00:38:27Ça faisait plus d'un an que je ne dressais pas la parole.
00:38:30Un an que je n'étais pas revenu au château.
00:38:33Alors que j'aurais dû être là.
00:38:35Auprès d'elle.
00:38:36Lui parler.
00:38:38La prendre dans mes bras.
00:38:40Rien ne serait arrivé.
00:38:42Elle serait encore vivante.
00:38:46C'est stupide.
00:38:49On s'aimait tous les deux.
00:38:50Et on ne savait pas se le dire.
00:38:58Voilà, maigret.
00:39:00Pardon d'avoir étalé mes états d'âme.
00:39:03Vous devez me trouver ridicule, non ?
00:39:05Le problème n'est pas là, monsieur de Saint-Fiacre.
00:39:08Je ne suis pas juge de votre comportement.
00:39:12Je suis ici pour essayer de savoir ce qui s'est passé, c'est tout.
00:39:15Alors, je vais vous poser une question.
00:39:17Ou plutôt, vous la reposer.
00:39:19Avez-vous, oui ou non, pris le missal de votre mère à la sacristie ?
00:39:23Non.
00:39:25Donc, ce n'est pas vous qui l'avez mis dans votre voiture.
00:39:28Mais restons-en là, je vous en prie, cher ami.
00:39:30Je ne dis pas deux fois la messe pour les sourds.
00:39:33Excusez-moi.
00:39:34Excusez-moi, la cheveuille.
00:39:35Je crois que je m'emporte.
00:39:41C'est quoi ?
00:39:42Vous n'avez pas touché votre verre ?
00:39:44Je n'ai pas soif.
00:39:45Vous n'allez pas snobber le trente ans d'âge de l'oncle John ?
00:39:49Je vais vous demander la permission de me retirer.
00:39:51Une seule personne dans l'histoire a refusé le verre que lui tendait un Saint-Fiacre.
00:39:55Elle en est morte.
00:39:58Je ne suis pas un personnage historique.
00:40:02Alors, je vais donc accepter ce précieux breuvage.
00:40:08En mémoire de votre père qui m'a fait boire, ici même, dans cette bibliothèque, mon premier whisky.
00:40:28J'ai discuté au moins une heure avec Emile.
00:40:31Je croyais m'entendre.
00:40:35J'aurais pu parler à sa place.
00:40:37Il a envie de faire comme moi.
00:40:40De refuser de...
00:40:43Prendre la suite de son père.
00:40:48Et qu'est-ce que tu lui as conseillé ?
00:40:49Pour te partir, bien sûr.
00:40:52Mais il n'a que ça dans la tête.
00:40:54Mais sans faire l'imbécile, sans rien casser.
00:41:02De toute façon, il est beaucoup plus mûr que j'étais à l'époque.
00:41:08Plus... plus équilibré, plus...
00:41:12Non, il est très bien, ce garçon.
00:41:14Oh, bonsoir, monsieur le comte.
00:41:16Bonsoir, Marie.
00:41:18Monsieur le comte, est-ce que je pourrais monter tout à l'heure au château
00:41:21dire une petite prière près de madame la comtesse ?
00:41:25Oui, bien entendu, Marie.
00:41:28Tu seras toujours la bienvenue.
00:41:30C'est pas le cas de tout le monde.
00:41:32Ce soir, je serai seul auprès de ma mère.
00:41:35Qu'est-ce que je vous sers ?
00:41:37Bon, comme d'habitude.
00:41:42On arrive le piquette.
00:41:47Ton mari en est mort, mais nous, on est vaccinés.
00:41:51Hein, Marie ?
00:41:53Tu sais où est Maigret ?
00:41:55Il est en train de dîner avec sa dame.
00:41:59C'est parfait.
00:42:11Comte de Saint-Fiacre.
00:42:13Mes hommages, chère madame.
00:42:15Bonsoir, monsieur.
00:42:22Je suis particulièrement heureux, chère madame, de faire votre connaissance.
00:42:27D'autant plus que vous êtes ravissante.
00:42:30Ça m'étonne pas. D'ailleurs, notre Maigret a toujours eu très bon coup.
00:42:33Mais c'est pas à Marie, hein ?
00:42:35Pardon ?
00:42:38Il paraît que ma mère vous avait invité à dîner ce soir.
00:42:41C'est le père Gauthier qui m'a dit ça tout à l'heure.
00:42:45Il est pas trop tard à ce que je vois.
00:42:48Alors, on peut très bien monter au château.
00:42:53On efface tout et puis on monte au château.
00:42:55Vous perdrez pas au champ, je vous verrai.
00:42:57Nous avons encore quelques bouteilles de Bordeaux assez convenables.
00:43:01Ben, prenez mon bras, chère madame.
00:43:03Je vous remercie.
00:43:05Mais je ne me vois pas en train de boire le Bordeaux là-bas.
00:43:07Ah oui. Ben, vous avez tort, vous savez.
00:43:11Oui, parce que c'est un verre à la main que se font les meilleures raisons funèbres.
00:43:14On parle du mort, on s'attendrit.
00:43:17Même ceux qui détestent le défunt, l'alcool, les dents,
00:43:20ont les larmes aux yeux, vous savez, c'est magnifique.
00:43:24Je ne trouve pas.
00:43:27De toute façon, je suis fatiguée.
00:43:30Oui, oui, oui.
00:43:32Évidemment, oui.
00:43:35Votre mari vous a tout raconté, n'est-ce pas ?
00:43:38On ne partage pas le pain et le sel avec un suspect.
00:43:41Le whisky non plus, hein ?
00:43:43N'est-ce pas, maigret ?
00:43:45Je ne soupçonne personne.
00:43:48Vous soupçonnez tout le monde, surtout moi, non ?
00:43:51Mais vous avez raison, d'ailleurs.
00:43:54Imaginez, après tout, hein.
00:43:55Quel beau procès ça peut faire, nom de Dieu.
00:43:59Maurice Charles Adalbert.
00:44:02Compte de Saint-Fiacre.
00:44:04Dix-septième du nom.
00:44:05Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
00:44:08Mais, euh, rien, monsieur le président.
00:44:09Ben, non. Non, rien du tout.
00:44:11Vous avez vu, d'ailleurs, les témoins sont unanimes.
00:44:14Fils indignes, dilapidants, honteusement.
00:44:17Le patrimoine familial passant de tripots en bordel, hein.
00:44:20Du lit des putes à celui des boniches.
00:44:23Or, une honte, monsieur le président.
00:44:25Ben oui, il n'y a pas d'autre mot, n'est-ce pas ?
00:44:26Alors, une honte.
00:44:29Hein ?
00:44:30Des circonstances atténuantes ?
00:44:31Mais non, mais non, mais non.
00:44:33Une guerre. Ah oui, peut-être.
00:44:35Une très belle guerre, mais...
00:44:37Dans un escadron de fils d'archevêques
00:44:40avec des bottes de chez Hermès et du champagne aux messes des officiers.
00:44:45Alors, à nos femmes.
00:44:47À nos chevaux.
00:44:49Et puis, à ceux qui les montent.
00:44:53C'était le bon temps, non ?
00:45:00Oh là là, petite, donc, elle...
00:45:02Elle fait la gueule.
00:45:03Ah oui, elle fait la gueule.
00:45:06On dirait maman.
00:45:08On dirait maman quand elle m'a dit...
00:45:10Et quand est-ce que tu vas arrêter de te conduire comme ça, Maurice ?
00:45:15Vous savez, depuis un an, c'était plus très drôle.
00:45:20Elle refusait même de...
00:45:23de couvrir mes chèques en bois.
00:45:25Hein ?
00:45:26Vous vous rendez compte, Maigret ?
00:45:31Si j'ai voulu la tuer, monsieur le Président ?
00:45:34Eh oui.
00:45:35Évidemment.
00:45:37Êtes-vous à ma place.
00:45:39Je lui avais dit, d'ailleurs.
00:45:42Si je l'ai vraiment fait ?
00:45:46Ben oui.
00:45:48Sûrement.
00:45:50Ça doit être vrai, puisque...
00:45:52C'est le commissaire Maigret qui a dit.
00:45:56Le grand commissaire Maigret.
00:46:01Le célèbre commissaire Maigret.
00:46:06Ça suffit, Maurice.
00:46:10Il faut partir.
00:46:20Allez, vous reposez-le.
00:46:23Allô ? Allô ?
00:46:25Oui, ne quittez pas.
00:46:27Gilles ?
00:46:32Allô ? Commissaire Maigret, oui ?
00:46:34Il manque une pièce à votre dossier, commissaire.
00:46:37Une pièce de choix.
00:46:39Interrogez Jean Metteillet et demandez-lui ce qui s'est passé entre le comte et la comtesse de Saint-Fiacre,
00:46:44c'est un jour avant le drame.
00:46:46Un certain coup de téléphone dont il se souviendra certainement.
00:46:49Une sale histoire d'argent, commissaire.
00:46:51Comme on les aime en province.
00:46:56Allô ? Allô ? Allô ?
00:47:04C'est quoi, ici ?
00:47:05Pas trop dur de s'en souvenir.
00:47:07Le 14-18.
00:47:12Allô, mademoiselle, je vous appelle du 14-18 à Saint-Fiacre.
00:47:16On vient de me téléphoner et j'aimerais savoir très exactement d'où provient cet appel.
00:47:21Non, non, mais je sais bien. Je suis commissaire de police.
00:47:26Bon, je ne quitte pas.
00:47:30T'attends quoi, toi ?
00:47:31Ouais.
00:47:36Le 46-29 à Saint-Fiacre. Merci.
00:47:40C'est le numéro du château.
00:48:00Qu'est-ce que tu attends pour le faire arrêter ?
00:48:03Savoir s'il est coupable, par exemple.
00:48:06C'est une bien habitude chez moi.
00:48:10Je ne sais pas si tu es au courant.
00:48:14Parce que tu n'en es pas sûr ?
00:48:16Ah non, je ne suis pas sûr.
00:48:19Pas sûr du contraire non plus, d'ailleurs.
00:48:30Qu'est-ce qu'il t'arrive, Jules ?
00:48:33Tu es aveugle ou quoi ?
00:48:36Oui, c'est vrai. Tout l'accuse. Tout.
00:48:40Justement, c'est beaucoup.
00:48:41Ça veut dire quoi, ça ?
00:48:45Rien. Un vieux réflexe, peut-être de vieux flics un peu bornés.
00:48:50J'aime pas trop les évidences.
00:48:53Surtout quand je suis fatigué.
00:48:55Tu es bien compliqué, ce soir.
00:48:57C'est tout de même pas parce qu'une chose est évidente qu'elle n'est pas vraie.
00:49:00Non, bien sûr.
00:49:02Ah ! Lui merde, la bouche.
00:49:11Je ne sais pas comment te dire, mais...
00:49:14Monsieur le Compte, pour moi, c'est un peu resté Monsieur Maurice, le gamin de 5 ans que je portais
00:49:19sur mes épaules. Il était charmant.
00:49:22Bien sûr, aujourd'hui, c'est autre chose. Je ne dis pas qu'il n'a pas pu tuer sa
00:49:25mère.
00:49:29Surtout que la pauvre, elle a poussé le bouchon un peu loin quand même.
00:49:33Non, ce n'est pas ce que je voulais dire, mais ce que je voulais dire, c'est que...
00:49:38La tuer, peut-être, il n'a plus. Je ne sais pas.
00:49:41Mais...
00:49:42Ses lettres anonymes, ses manigances...
00:49:46Cette saloperie, c'est...
00:49:48Cette lâcheté, ça ne me paraît pas possible. Pas lui.
00:49:53Pas un Saint-Fiacre.
00:49:55Pas un Saint-Fiacre ?
00:49:57Non, mais tu es retombé en m'enfance, maigret.
00:50:00Depuis que tu es ici, tu as 10 ans.
00:50:03Le fils du régisseur.
00:50:05Bien poli, bien respectueux.
00:50:07Le petit Jules.
00:50:08Baba devant Monsieur le Compte et Madame la Comtesse.
00:50:10Alors, pour ce qui s'appelle Saint-Fiacre, il ne peut pas être un salaud.
00:50:14Un assassin, peut-être, mais pas un salaud.
00:50:17Impossible.
00:50:18Tu ne l'as pas vu, alors ? Tu ne l'as pas entendu ?
00:50:22Réveille-toi, merde ! Secoue-toi, bon Dieu !
00:50:25Mais je ne t'ai encore jamais entendu parler comme ça.
00:50:29Moi non plus.
00:50:30Mais la grossièreté, ça doit être contagieux.
00:50:33À nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent.
00:50:36Quel salaud !
00:50:38De toute façon, chez lui, je suppose que ça doit être distingué.
00:50:43Tu sais ce que je vais faire si je me révaille comme tu dis ?
00:50:46Si je me secoue ?
00:50:48Je vais foutre le camp.
00:50:53Tu dois avoir raison, Louise.
00:50:56Je ne suis pas moi-même ici.
00:51:00Peut-être qu'au fond, sans bien le savoir, je n'ai pas tellement envie de découvrir la vérité.
00:51:07Peut-être qu'il vaut mieux que je passe la main à quelqu'un d'autre.
00:51:13Tu ne vas pas faire ça, Jules ?
00:51:16Pourquoi pas ?
00:51:17Parce que tu me décevrais beaucoup.
00:51:27J'ai parlé avec le commissaire Maigret, il m'a questionné.
00:51:30Je voulais tout le dire, mais j'ai renoncé.
00:51:32Je ne veux pas nuire un monsieur le comte, vous comprenez ?
00:51:35Pourtant, je l'ai vu s'introduire dans le château la nuit.
00:51:38Oui.
00:51:40C'est pour ça que ça m'invite à trouver le papier dans son micelle.
00:51:43Je n'arrête pas d'y penser.
00:51:46Qu'est-ce que je dois faire ?
00:51:47J'ai complètement perdu.
00:52:07Regarde.
00:52:18On fait un peu plus de l'or dont on a fait l'or.
00:52:21On fait un peu plus de l'or.
00:52:31C'est un peu plus de l'or.
00:52:34Ça Gerade par une ennemi.
00:52:35On fait un peu plus de l'or.
00:52:35C'est ce qui a deux.
00:52:37Il a fait un peu plus d'un peu plus d'un peu plus.
00:52:44Donc, nous en avons un peu plus...
00:52:46Il m'a fait un peu plus d'un peu plus.
00:53:03On ferme la porte, on doit avoir des choses importantes à se dire, alors.
00:53:07On dirait.
00:53:09Pour vous dire la vérité, je suis assez content de vous voir.
00:53:12Ça ne m'étonne pas.
00:53:15J'avais la désagréable impression que vous vouliez m'éviter.
00:53:28La comtesse de Saint-Fiacre a eu une conversation téléphonique avec son fils, quelques jours avant le drame.
00:53:40C'est pas une question, ça.
00:53:42C'est la mienne.
00:53:46Ça m'embête de parler de ça, commissaire.
00:53:49C'est délicat.
00:53:51C'est important.
00:53:53Ça s'est très mal passé.
00:53:56Un chèque sans provision, un de plus.
00:53:58Il a demandé un mandat à la refuser.
00:53:59La conversation s'est envenimée.
00:54:02Il a commencé à être menaçant.
00:54:06Cruel, il ne savait plus ce qu'il disait.
00:54:08Vous écoutiez ?
00:54:09Absolument.
00:54:10Et ensuite ?
00:54:12J'ai obligé la comtesse à raccrocher et elle m'a dit que son fils finirait par la tuer.
00:54:19Qu'a-t-elle dit exactement ?
00:54:23Cet enfant me tuera, quelque chose comme ça.
00:54:26Quelque chose comme ça.
00:54:28Je vous avais dit que c'était délicat.
00:54:31Pour quelqu'un qui ne voulait pas parler, vous en êtes pas mal sorti.
00:54:35Qu'est-ce qu'il veut dire ?
00:54:37Le coup de téléphone anonyme était inutile et déplaisant.
00:54:41Mais il ne m'étonne pas.
00:54:43C'est votre style.
00:54:44Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:54:45Je vous en prie.
00:54:48Vous descendiez, maigrette.
00:54:50Cette histoire tourne au délire.
00:54:51Voilà maintenant que le curé veut que je m'engage dans la Légion étrangère.
00:54:57C'était un entretien privé, monsieur le comte.
00:55:00Je n'ai rien à ajouter.
00:55:02Vous m'excuser, il faut que j'aille faire le catéchisme.
00:55:05Vous ne sortirez pas d'ici avant d'avoir vidé votre sac.
00:55:07Vous savez quelque chose, ne n'y est pas.
00:55:14Monsieur le curé, vous n'êtes plus un militaire.
00:55:18Je ne suis pas l'ennemi et je ne vais pas vous soumettre à la torture pour vous faire parler.
00:55:22Il faut que vous m'aidiez.
00:55:24Je dois partir, monsieur.
00:55:26Un mot suffirait.
00:55:28C'est pas long à prononcer.
00:55:29Votre mutisme m'exaspère.
00:55:32Une seconde.
00:55:34Écoutez-moi.
00:55:35Je suis obligé de vous demander de ne plus me poser de questions.
00:55:41Le refus de coopérer peut être assimilé à de la complicité.
00:55:45Que vous soyez prêtre ne change rien.
00:55:48Vous connaissez le coupable.
00:55:51Dieu le connaît.
00:56:02Le secret de la confession, il ne dira rien.
00:56:06Je donnerai cher pour comprendre ce qui se passe.
00:56:11Moi aussi.
00:56:12Je suis prête de compter.
00:56:19Je suis prie...
00:56:25Je suis prie...
00:56:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:57:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:57:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:58:10Sous-titrage Société Radio-Canada
00:58:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:58:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:16Pourquoi ?
00:59:18À votre avis, le pianiste, il s'est contenté de se laisser entretenir, il n'a pas pu aller plus
00:59:25loin, vous n'avez pas vu passer des chèques ?
00:59:29Ah mais je ne pouvais pas !
00:59:31Oui, les comptes personnels de madame la comtesse, je n'avais pas accès.
00:59:38Mais vous avez raison de vous méfier.
00:59:42Il se serait fait signer des papiers, une procuration ou quelque chose, ça ne m'étonnerait pas.
00:59:47Oui.
00:59:49Non, on va remettre.
00:59:54Pouvez-vous me dire où votre mère rangeait ses papiers, ses papiers personnels ?
00:59:58Oui, dans son secrétaire, elle était très ordonnée, pas comme moi.
01:00:02Celui qui se trouve dans sa chambre, je peux lui jeter un coup d'œil ?
01:00:05Mais certainement, mais vous n'y trouverez pas de testament car je viens d'avoir le noter au téléphone.
01:00:09Et alors ?
01:00:10Alors elle en avait fait plusieurs cette année, contradictoire, et puis il y a quinze jours, elle est venue elle
01:00:13-même déchirer le dernier sans le remplacer.
01:00:16Ce qui fait que vous héritez de tout ?
01:00:19Parfaitement, c'est la loi.
01:00:21Et seul ?
01:00:21Oui.
01:00:23Vous demandez sans doute à qui profite le crime, eh bien, vous le savez maintenant, à moi.
01:00:28À moi seul.
01:00:29C'est comme ça, mais...
01:00:31Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
01:00:56Je ne suis pas en train de voler, rassurez-vous.
01:00:58Je reprends simplement mes lettres.
01:01:01Je n'ai pas envie que d'autres s'en repèsent pour s'en moquer.
01:01:04Vous avez vu ça ?
01:01:04Ah non ?
01:01:06Ces lettres sont à moi, je les récupère, c'est tout.
01:01:09Une lettre appartient à son destinataire, monsieur Maitonnier, pas à l'expéditeur.
01:01:14Il faudra bien me les montrer.
01:01:17Ça m'étonnerait.
01:01:52Et ça, Maitonnier, ces pages du journal de la comtesse que vous avez arrachées,
01:01:57elles vous appartiennent, elles aussi ?
01:01:59Pour qui me prenez-vous ?
01:02:00Vous me voyez en train de fouiller dans son intimité, lui voler ses secrets ?
01:02:03Parfaitement.
01:02:05Donnez-moi ce que vous avez pris dans son secrétaire.
01:02:07Non.
01:02:08Vous savez que je pourrais vous y forcer ?
01:02:10Certainement pas, vous êtes ici sans mandat, vous n'avez aucun pouvoir.
01:02:14Foutez-moi la paix.
01:02:20Ça n'a rien à voir.
01:02:22Je vous parle de fantasmes.
01:02:24De l'envie que nous avons tous de voir mourir ceux qui nous sont proches.
01:02:28Pourquoi ? Parce que nous savons pertinemment qu'ils connaissent nos faiblesses intimes, nos vices.
01:02:33Nous ressentons tous des pulsions martillaires.
01:02:35Tous !
01:02:36Autant que nous sommes.
01:02:38C'est inévitable.
01:02:40En ce qui me concerne, j'évite.
01:02:43Le seul fait que vous évitiez prouve que vous en êtes victime.
01:02:46Je suis seulement victime de mon extrême patience, docteur, en vous écoutant depuis si longtemps.
01:02:53Excusez-moi, je suis horriblement bavard.
01:02:59Nous nous accorderons sur ce point.
01:03:08Bonsoir, docteur.
01:03:11Vous arrivez à point.
01:03:13J'assommais votre époux avec ma misanthropie galopante.
01:03:18Il médite.
01:03:21Mais dans quelques instants, il va faire une révélation.
01:03:25Je le sens.
01:03:26Je crois surtout qu'il est de mauvaise humeur.
01:03:28Mais je sais pourquoi, ça va s'arranger.
01:03:32Voilà.
01:03:33J'ai eu une longue conversation avec Jean-Métheyer.
01:03:36C'est un garçon charmant.
01:03:39Oh, avec les jolies femmes, j'en doute pas.
01:03:41Il était désolé de la tournure qu'a prise votre conversation tout à l'heure.
01:03:45Il s'en veut beaucoup.
01:03:46Il voulait venir ici te donner ses lettres, mais je pensais qu'il était aussi simple que je les prenne.
01:03:51Ben voyons.
01:03:52C'est bien ce que tu voulais, ces lettres, non ?
01:03:57Et les pages à arracher du carnet, il les a données aussi ?
01:04:01Il n'a jamais touché à ce carnet.
01:04:04Eh ben c'est parfait.
01:04:06Commissaire, qui comptez-vous interroger maintenant ?
01:04:09Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:04:10Puisque tu as voulu prendre la direction de cette enquête continue, moi je vais me promener.
01:04:17Tu es soupolé, ingrat et de mauvaise foi en plus.
01:04:23Je te laisse à tes humeurs.
01:04:26Bonsoir.
01:04:31Vous ne vouliez pas me croire tout à l'heure.
01:04:34Je vous parlais de pulsions criminelles.
01:04:37Et je suis sûr que vous m'aurez d'envie d'étrangler votre épouse.
01:04:41Je plaide coupable, docteur.
01:05:01Qu'est-ce que tu penses de l'article de Lazarelle ?
01:05:05Rien.
01:05:16Une femme de commissaire, ça ne pense pas.
01:05:19Ça écoute.
01:05:22Respectueusement.
01:05:24Bravo.
01:05:25Je vois que tu as tout compris.
01:05:30Tu sais que tu es monstrueux.
01:05:35Il y a vraiment de toi qui me compris.
01:05:39Tu veux pas venir chauffer un peu ma place ?
01:05:45Vous m'excuserez, j'ai beaucoup à faire.
01:05:48Faites, je vous en prie.
01:05:55L'enfant de cœur, vous savez, le petit rouquin qui servait à la messe samedi ?
01:06:00Ernest ?
01:06:01Il faudrait que je le voie.
01:06:03Bien, voyez-le, commissaire.
01:06:04Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
01:06:06Où je pourrais le trouver, par exemple ?
01:06:09À cette heure-ci, à l'école.
01:06:11Libre, je suppose.
01:06:15Évidemment.
01:06:17Loin de moi l'idée de vouloir vous importuner avec ça, monsieur le curé, mais je n'ai pas pu
01:06:21m'empêcher de repenser un autre entretien d'hier.
01:06:26Je pensais avoir été clair.
01:06:29Très clair, justement, monsieur le curé.
01:06:33J'ai assez fréquenté les églises dans ma jeunesse, et celle-ci en particulier, pour savoir que vous ne direz
01:06:39rien.
01:06:40Le secret de la confession, non ?
01:06:45Vous avez donc confessé une personne de l'entourage immédiate, madame la comtesse ?
01:06:50Cette personne vous a fait une révélation impliquant le comte de Saint-Fiacre.
01:06:55Et vous l'avez cru.
01:06:57Jusque-là, c'est sûr.
01:07:01Alors, procédons par élimination.
01:07:04Qui est venu se confesser ?
01:07:05Métayé ? Vous n'avez pas dû le voir souvent.
01:07:08Le médecin doit être anticlérical.
01:07:12Le père Gauthier, peut-être ?
01:07:15Bon, c'est sûrement un très bon chrétien.
01:07:19Ou alors Émile ?
01:07:27Émile.
01:07:40Vous permettez que je vous emprunte cette feuille paroissiale ?
01:07:44C'est là-dessus que ma mère m'a appris à lire.
01:07:46Faites, je vous en prie.
01:08:00Faites, je vous en prie.
01:08:13Faites, je vous en prie.
01:08:25Si je voulais voir le curé, c'est que j'avais un problème.
01:08:28Vous savez, moi, les syndicats, je redouais tout.
01:08:31Ce que j'ai vu, ça pouvait...
01:08:35Alors moi, je pensais que le curé pouvait m'aider, me conseiller.
01:08:38Tout ce qu'il a trouvé à me dire, c'est malheur à celui par qui est ce qu'on
01:08:40a l'arrive.
01:08:43J'ai besoin de savoir ce que tu as vu, Emile.
01:08:46Oui, bien sûr, je comprends.
01:08:51Voilà.
01:08:53Ça s'est passé dans la nuit de samedi, la veille de la mort de madame la comtesse.
01:08:58Un bruit de moteur m'a réveillé, il était 3h du matin.
01:09:02Il y avait des voitures la nuit à Saint-Fiac, il n'y en a pas beaucoup.
01:09:05Je suis allé à ma fenêtre, j'étais encore embouté dans le cirage.
01:09:11Et j'ai vu un homme qui poussait la grille du château.
01:09:14Je te suis pensé à descendre pour alerter papa, mais...
01:09:19Mais j'ai reconnu l'homme qui poussait la grille.
01:09:25C'était monsieur le comte.
01:09:27Tu es sûr que c'était lui ?
01:09:28Oui.
01:09:30Il n'y a pas de lumière dans la cour.
01:09:33Tu as pu le reconnaître dans l'obscurité ?
01:09:35Ah si, si, on n'a pas d'air, sur la route, à côté de la grille.
01:09:43Tu aurais pu me le dire plus tôt.
01:09:49Les obsèques auront lieu le 6 novembre dans l'église de Saint-Fiac.
01:09:54Bien, voulez-vous en lire, je vous prie ?
01:09:56Les obsèques auront lieu sans vous, monsieur.
01:09:58Vous êtes fou ?
01:09:59Taisez-vous.
01:10:04Vous n'avez pas cessé de mentir.
01:10:06Non seulement vous êtes venu au château, mais vous l'avez fait en vous cachant, à 3 heures du matin.
01:10:11C'est à ce moment-là que vous avez glissé dans le micel de votre mère le texte qui l
01:10:15'a tué.
01:10:19Vous êtes ignobles !
01:10:20Vous êtes ignobles !
01:10:25Les ont-ciptes, ass admin, le boulevard, dans le tableau
01:10:27Toussaint-D'matit, vous être éclairé dans ce moment-là.
01:10:35Oui, oui, au même temps.
01:10:42Non seulement vous êtes enrichissé de lui avec un s bagspoir, mais vous êtes успérez activerent.
01:11:01Il n'est pas là, le patron.
01:11:02Ce n'est pas lui que je viens voir.
01:11:04C'est ma chambre.
01:11:06Votre chambre ?
01:11:06Enfin, la mienne quand j'étais gamin.
01:11:09Ça doit être celle d'Émile, maintenant, je suppose.
01:11:12Ça me ferait plaisir de la revoir.
01:11:14Je peux ?
01:11:14Montez-donc.
01:11:36Je suis allé à ma fenêtre.
01:11:38Je suis encore à moitié dans le cirage.
01:11:41Et j'ai vu quelqu'un qui poussait la grille du château.
01:11:48Je suis allé à ma fenêtre.
01:11:49Je suis allé à ma fenêtre.
01:11:51Je suis allé à ma fenêtre.
01:11:59Je suis allé à ma fenêtre.
01:12:31Bon, alors, je t'ai dit que tu l'avais vue.
01:12:34T'en es sûr ?
01:12:36Tu l'as vue ou tu l'as pas vue, monsieur le comte ?
01:12:41Je sais que c'est un péché mortel si tu dis pas la vérité, Ernest.
01:12:48Non, je l'avais pas vue, monsieur.
01:12:50C'est Emile qui m'a dit de vous dire, monsieur.
01:12:55Il m'avait promis un sifflet de gendarme.
01:13:00Lève-là.
01:13:04Tu sais que t'as pas le grand d'avoir un sifflet de gendarme dans ta poche.
01:13:12Fille.
01:13:17Il manque des pages au journal de votre mère.
01:13:21Elles correspondent à fin 51, début 52.
01:13:24Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ?
01:13:28Bien sûr.
01:13:30Y a-t-il eu quelque chose de particulier ?
01:13:32Oui, je dois dire que j'aime pas beaucoup en parler.
01:13:35Un scotch ?
01:13:35Volontiers.
01:13:39C'est si gênant que ça ?
01:13:41Oui, ma mère a une liaison avec un domestique.
01:13:45Dès que je l'ai appris, j'ai mis bon ordre.
01:13:48Sans ménagement, comme vous pouvez le penser.
01:13:51Mais par égard pour elle, j'ai pas voulu prendre de sanctions, alors j'ai conservé l'heure dans mon
01:13:56service pour que rien ne transpire à l'extérieur et rien ne transpirer.
01:14:00Ça ne s'est pas su.
01:14:01Même son père, le pauvre vieux, il ignore tout.
01:14:06Il s'agit d'un des mille.
01:14:08Oui.
01:14:10Mais je dois dire que depuis, il a tout fait pour effacer cette histoire.
01:14:16Tout.
01:14:17En effet.
01:14:23Voilà.
01:14:24Je suis pas très fier de ce que je vous ai dit, mais j'étais hors de moi.
01:14:28Non, non, tout est de ma faute.
01:14:31C'est vrai que je vous ai menti.
01:14:34Un peu stupidement d'ailleurs, parce qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat.
01:14:38J'avais fait des dettes au poker, comme d'habitude.
01:14:41Ma mère n'a pas voulu couvrir, il y avait le feu, alors je suis venu à la bibliothèque du
01:14:45château pour prendre des livres.
01:14:47Qui m'appartenaient.
01:14:49Mais en me cachant, parce que je savais que ma mère allait hurler à l'idée que je pouvais vendre
01:14:54des choses qu'elle considérait comme des reliques familiales.
01:14:58Vous voyez ?
01:15:00Voilà.
01:15:01C'est aussi bête que ça.
01:15:03Enfin, grâce à vous, tout est clair.
01:15:06Tout est clair, seulement je n'ai aucune preuve.
01:15:09Et qu'est-ce que nous allons faire ?
01:15:15Vous ne m'avez pas dit qu'il y avait encore de bons bordeaux au château ?
01:15:30Merci, Octave.
01:15:31Laissez-nous maintenant.
01:15:32J'aurai plus besoin de vous.
01:15:49Merci.
01:15:51Merci.
01:16:14Vous voudrez bien m'excuser de vous plonger dans du Walter Scott, mais c'est la situation qu'il veut.
01:16:20J'aurais dû renoncer à la tenue de soirée, puisque certains de nos invités n'en disposaient pas.
01:16:24Mais ce soir, au moins que jamais, je n'ai pu échapper à la tradition.
01:16:34Saint-Fiacre a été le théâtre d'un crime.
01:16:37La victime repose au-dessus de nos têtes.
01:16:42Et l'assassin est dans cette pièce.
01:16:54Assis à cette table.
01:17:04Il est 11h10.
01:17:06À minuit,
01:17:07cet assassin sera mort.
01:17:22Tout le monde savait ici depuis quelques mois
01:17:24qu'une émotion trop forte serait fatale à madame de Saint-Fiacre.
01:17:32Chacun de nous a pu la provoquer.
01:17:34Oui.
01:17:35Chers amis, chacun de nous peut être le coupable.
01:17:38J'accepte monsieur et madame Maigret, bien entendu, mais personne d'autre.
01:17:43Pas même vous, monsieur le curé.
01:17:46Restez, restez.
01:17:47Restez.
01:17:48De toute façon, vous ne pourriez pas sortir.
01:17:54Alors à celui par qui le scandale arrive, n'est-ce pas ?
01:17:57Et la plus éminente de vos paroissiennes n'était-elle pas devenue un objet perpétuel de scandale ?
01:18:02Une mort à la messe, en prière, cela rachetait tout.
01:18:11Peut-être même aux yeux de Dieu.
01:18:12Vous n'avez pas le droit.
01:18:16Simple hypothèse, bien entendu, mais plausible.
01:18:21Et que Sherlock Holmes lui-même, fidèle à sa méthode, n'est pas écarté.
01:18:28Après le prêtre, le médecin.
01:18:35Ah là, les probabilités augmentent sérieusement.
01:18:39Amour et conduit, crime passionnel, c'est le tout venant des cours d'assises.
01:18:46Et qui est mieux que vous, docteur ?
01:18:49Vous connaissez la fragilité du cœur qui, au matin du jour des morts, s'est arrêté de battre.
01:18:54Enfin, commissaire, faites quelque chose.
01:18:56Arrêtez cette sinistre plaisanterie.
01:18:59Mais comme vous venez de le suggérer vous-même, docteur, ce n'est qu'un jeu.
01:19:03Et qui m'intéresse beaucoup.
01:19:14Monsieur Métaillé, maintenant.
01:19:16Monsieur Jean, disait-on ici.
01:19:19Comme s'il faisait partie de la famille.
01:19:23Là, c'est beaucoup plus simple.
01:19:25On a un homme qui connaît la musique, si je puis me permettre son mauvais jeu de mots.
01:19:30Et qui sait comment faire jouer la corde sensible pour se faire coucher sur un testament.
01:19:35Habile, mais pressé.
01:19:36Alors on précipite l'héritage et on tue sa bienfaitrice.
01:19:40En pure perte, d'ailleurs.
01:19:41Car, je suis désolé de le lui apprendre, le testament a été annulé.
01:19:46Je m'en fous de cet héritage.
01:19:49Ce qui m'a touché, c'est qu'elle ait pensé à moi, sans jamais me le dire.
01:19:52Venons-en maintenant au fils des naturés.
01:19:55Au grand seigneur des voyiers qui a l'honneur ce soir
01:19:57de vous recevoir à sa table, votre serviteur.
01:20:07Ah, il ne s'agit pas de possible.
01:20:10Il ne s'agit pas de probable.
01:20:14Il s'agit d'évidence.
01:20:17Qui d'autre, je vous le demande,
01:20:20a pu commettre une action
01:20:22aussi lâche,
01:20:25aussi basse,
01:20:28aussi abominable
01:20:31qui d'autre.
01:20:39Qui d'autre ?
01:20:44N'est-ce pas,
01:20:45Émile ?
01:20:51Il n'aurait jamais eu le courage
01:20:52de le faire tout seul.
01:21:05Est-ce pas,
01:21:09Mère ?
01:21:24Il n'ira pas loin.
01:21:36Comment on est-il arrivé à faire une chose pareille ?
01:21:38Comment pouvaient-ils nous voyer comme ça ?
01:21:40Je ne comprends pas.
01:21:42Vous ne pouvez pas comprendre.
01:21:45Je ne savais pas ce que c'est que l'humiliation.
01:21:47Vous ne l'avez aucune idée.
01:21:51Il y avait eu un miracle.
01:21:52Émile était sorti de sa condition.
01:21:54Il voulait y avoir plongé sans ménagement, comme vous dites.
01:21:59À mort d'une comtesse,
01:22:02il était redevenu son domestique.
01:22:06Il ne pouvait le pardonner ni à vous ni à elle.
01:22:09Il s'était juré de vous détruire tous les deux.
01:22:16Il n'est pas ce qu'il est arrivé.
01:22:19Il faut bien le dire, maigret.
01:22:21La famille a connu des moments plus glorieux.
01:22:30Il n'est pas ce que signif ont de moi.
01:22:44Non, c'est mort.
01:22:56Sous-titrage FR ?
01:23:16...
01:23:45...

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