- il y a 2 jours
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00:10:52décide plus clairement. Exact. Et vous avez eu à vous plaindre de lui ? Nullement. C'était un employé
00:11:03consciencieux et ponctuel. Il nous a donné sa démission le plus régulièrement du monde pour
00:11:08raison de famille, je crois. Oui, c'est ça. Et il nous a dit qu'il allait se fixer dans
00:11:13son pays
00:11:15l'Auvergne ou le Cantal, je ne sais plus. Vous n'avez pas découvert des irrégularités dans ses comptes ?
00:11:24Ah non, monsieur le commissaire, ces choses-là ne se passent pas chez nous.
00:11:29C'est curieux. Parce que je peux vous dire qu'il était resté à Paris et qu'il quittait même
00:11:38son
00:11:38domicile pour se rendre chaque jour à votre bureau. C'est impossible. Il remettait même
00:11:45tous les mois sa paye à sa femme. Totalement impossible. Imagine, voulez-vous venir une
00:11:56seconde ? Totalement impossible. Et rentrez.
00:12:09Monsieur Imagine, vous avez travaillé pendant combien de temps en tant qu'adjoint de monsieur
00:12:14Tremblay ? Deux ans et quelques, je crois. Et c'était il y a combien de temps ?
00:12:20Quatre ans. Vous lui avez succédé ? Oui. Avec sa bénédiction ? Et la vôtre aussi.
00:12:28Vous l'avez revu depuis ? Jamais. Il est dans le Cantal, je crois. Je vous remercie, Imagine.
00:12:38Vous voyez, monsieur le commissaire, s'il vient tous les matins au bureau, c'est sous la forme
00:12:43d'un fantôme. Vous ne croyez pas si bien dire, monsieur Tremblay, mort hier soir.
00:12:56Mais c'est impossible. Je m'en serais aperçue. Je l'aurais sentie. Il me l'aurait dit.
00:13:05Regardez ça. Regardez. C'est sa dernière feuille de paix. Je ne suis pas folle. Du premier au 30 septembre,
00:13:13c'est bien la dernière. Qu'est-ce qu'il aurait fait toute la journée ? Qu'est-ce que
00:13:20je suis venu vous
00:13:20demander ? Mais comment voulez-vous que je le sache ? Le matin, il partait à 8 heures, le soir,
00:13:25il rentrait à 6 heures.
00:13:26Il ne me parlait jamais plus de son travail. Ce n'est pas pour ça qu'il n'y allait
00:13:28pas.
00:13:29Et pourtant. Pourtant quoi ? Il vous en racontait des sornettes. Des sornettes. Mon mari était un homme
00:13:36de devoir. D'habitude. Il en était devenu anonyme. C'était d'un père tranquille. Trop tranquille.
00:13:45Mais il n'a pas eu une mort tranquille. C'est pour ça qu'on le cherche. Chercher quoi ?
00:13:53Comment il a vécu ? Pourquoi il est mort ?
00:14:03C'est à lui qu'il faut demander. Il ne parle qu'à lui. Il doit tout savoir.
00:14:09Hein ? Tu sais tout ? T'as tout vu ? Tout entendu ? Je hais ce canari.
00:14:18J'ai failli une petite fois.
00:14:23Qui ?
00:14:24Oiseau ?
00:14:26J'aurais fini par le faire. Je vais finir par le faire.
00:14:30T'en vente pas mal. T'en seras incapable.
00:14:33Vous êtes Francine ?
00:14:35Oui.
00:14:36Dites-lui ce que vous m'avez raconté.
00:14:38C'est pas la peine. J'ai entendu.
00:14:41Ça a pas l'air de vous étonner plus que ça.
00:14:44Si, ça m'étonne.
00:14:45D'autant que j'accompagnais tous les matins au métro.
00:14:48Tous les matins ?
00:14:50Oui. On faisait le chemin ensemble.
00:14:53Enfin presque tous les matins.
00:14:54Et vous le voyez descendre tous les jours ?
00:14:57Oui, je le voyais descendre dans le métro.
00:14:59Et moi je le prenais pas parce que la banque où je travaille est à côté.
00:15:05Peut-être qu'il remontait après.
00:15:07Du métro.
00:15:09Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
00:15:11Bon, il faut que j'y aille maintenant.
00:15:12Je vous accompagne à bout de chemin.
00:15:15Si vous y tenez.
00:15:16Et tiens.
00:15:43C'est ça que vous appelez un bout de chemin ?
00:15:46On va le faire après.
00:16:01Tout à l'heure, vous m'avez dit que...
00:16:04J'avais pas l'air très surprise.
00:16:06C'est vrai.
00:16:09Je savais qu'il se rendait plus à son travail.
00:16:12J'avais déjà remarqué plusieurs fois qu'il ressortait du métro et qu'il repartait à pied.
00:16:16Et vous l'avez suivi ?
00:16:17Ce serait plutôt votre boulot ça, non ?
00:16:23Et puis un jour, il m'a offert les boucles d'oreilles.
00:16:26C'est vrai qu'elles sont jolies.
00:16:29Elles ont même l'air vraies.
00:16:31Justement, elles sont vraies.
00:16:32J'étais tellement surprise.
00:16:34Il m'a avoué qu'il avait gagné à la loterie.
00:16:39Et vous l'avez cru ?
00:16:41Ben oui, je l'ai cru, 4 millions de francs.
00:16:43C'est moi-même qui déposais le chèque sur son compte.
00:16:46Jolie pactole.
00:16:49Et vous lui avez pas demandé ce qu'il faisait de ses journées ?
00:16:54Oui.
00:16:56Il m'a dit qu'il prenait du bon temps.
00:17:00Qu'il le méritait bien.
00:17:02Où ?
00:17:11Je sais pas.
00:17:14Ça me regardait pas.
00:17:16Puis c'est pas à vous que je l'aurais dit.
00:17:19Votre mère, alors ?
00:17:23Il m'avait demandé de pas le faire.
00:17:28Il me faisait de la peine.
00:17:43Voilà, c'est là où je travaille.
00:17:44Vous êtes rassurés ?
00:17:45Il faut que j'y aille maintenant.
00:17:46Je suis terriblement en retard.
00:17:56Vous étiez ici ?
00:17:58Pour votre père et moi ?
00:18:01Non, je suis née à 5h30.
00:18:03J'étais à la maison dans ma chambre.
00:18:12Et puis j'aime beaucoup mon père, vous savez.
00:18:15Beaucoup.
00:18:43Elle est dans la cuisine et arrête pas de pleurer.
00:18:45Et j'ai un premier rapport du légiste.
00:18:46Il y a des choses un peu surprenantes.
00:18:48Tu racontes ?
00:18:48Alors le coup a été tiré d'une distance de 8 à 12 mètres à hauteur de la victime.
00:18:52Qu'est-ce qu'il y a de surprenant ?
00:18:53Attendez, la balle est celle d'une carabine à air comprimé.
00:18:56Un gros plomb plutôt fait pour casser des pipes à la fois, vous voyez.
00:18:58Non mais c'est un miracle si Tremblay avait été tué.
00:19:00Oui, t'appelles ça un miracle, toi.
00:19:02Non mais je veux dire, il avait une chance sur mille pour que la balle passe entre les côtes
00:19:04et vienne s'arrêter en plein cœur à cette distance.
00:19:07Avec un plomb pour les piafs, c'était peut-être plutôt le chrein qui était visé.
00:19:11Travail d'amateur.
00:19:12Disons de bon amateur.
00:19:14Ça que ça vénard, vous voulez dire.
00:19:16Je ne peux pas vous chasser, mais il faut que j'aille chercher les deux petits à l'école.
00:19:19Mon con sort plus tard ce soir.
00:19:22Bon, allons-y.
00:19:23Vous avez déjeuné avec Francine ?
00:19:25On l'a bavardé.
00:19:27Elle vous parle à vous ?
00:19:28Oh, pas vraiment.
00:19:29J'ai accompagné à son travail.
00:19:31Son travail ?
00:19:31À la banque, ils lui ont donné deux jours.
00:19:34Aujourd'hui ?
00:19:35Et demain ?
00:19:36Vous êtes sûr ?
00:19:36Avec elle jamais, on ne sait pas où elle va, ni pourquoi, ni quand elle revient.
00:19:40Je vois.
00:19:41Mais vous avez de la chance.
00:19:43Pardon.
00:19:47Il m'a bien eu.
00:19:49Parce que quand un client s'en va en pleine nuit sans payer, qui c'est le responsable ?
00:19:54C'est moi.
00:19:56Vous dormiez ?
00:19:57Oh non.
00:19:59Je suis veilleur de nuit.
00:20:00Veiller, c'est pas dormir.
00:20:02Non.
00:20:03Le téléphone avait sonné.
00:20:04J'étais dans la cuisine en train de préparer un thé chaud pour le 43.
00:20:09De toute façon, avec le quart de police en face et puis tout le monde qui s'agitait,
00:20:13je n'aurais pas pu dormir.
00:20:15C'était qui le 43 ?
00:20:18Justement, pendant que je montais au 43, le type a dû descendre l'escalier et filer.
00:20:22Et moi, j'ai réveillé le 43.
00:20:24Une dame qui n'avait pas demandé de thé chaud.
00:20:27Là aussi, je suis responsable.
00:20:30Et quand il s'est présenté la veille, vous l'avez vu ?
00:20:33J'ai juste remis la clé, l'affiche était déjà remplie.
00:20:35Il n'était ni grand ni petit.
00:20:37Ni gros ni maigre.
00:20:39Vous l'avez vraiment vu ?
00:20:42J'étais un petit peu assoupi.
00:20:44Il m'a quand même réveillé quand il a poussé la porte.
00:20:47Vous le reconnaîtrez ?
00:20:49Oui.
00:20:51Il avait un grand imperméable.
00:20:53Tout chiffonné.
00:20:54Eh bien, à la bonne heure.
00:20:56Merci.
00:21:02Dites, vous avez réservé une chambre, la 33 ?
00:21:05C'est ça, la 33, oui.
00:21:09Je vais vous la préparer.
00:21:14Il en a des responsabilités, notre ami.
00:21:17Oui.
00:21:18Mais alors, vous allez dormir ici ?
00:21:20Oui, et dîner aussi.
00:21:22Sûrement froid.
00:21:24Ah bon ?
00:21:24Alors, vous ne rentrez pas chez vous ?
00:21:26Non.
00:21:27Je n'ai pas envie de quitter mon petit monde.
00:21:29Je veux l'avoir à l'œil.
00:21:30La fille, surtout.
00:21:32Comme dirait Mme Maigret, je fais le coucou.
00:21:35Je m'installe dans le nid des eaux.
00:21:39On peut téléphoner, patron ?
00:21:41Là, si vous voulez.
00:21:43Vous en avez un dans votre chambre aussi.
00:21:45Non, non, ça ira très bien.
00:21:55Vous ne voulez pas que je reste avec vous ?
00:21:57Ah non, surtout pas.
00:21:59L'assassin est venu seul.
00:22:04Madame Maigret ?
00:22:05Ah, j'ai une bonne nouvelle.
00:22:07Vous avez quartier libre cette nuit.
00:22:10Oui.
00:22:11Tu peux aller au cinéma ?
00:22:15Eh oui.
00:23:04C'est vous qui êtes responsable du standard la nuit ?
00:23:06Oui, monsieur.
00:23:08Je voudrais d'Hydro 5807.
00:23:10Tout de suite, monsieur.
00:23:11Merci.
00:23:16Je te dérange ?
00:23:17Absolument pas, patron.
00:23:18C'est confortable, là-bas ?
00:23:19Oh, luxueux.
00:23:22Dis-moi, je voudrais que demain tu me trouves les coordonnées de tous les parents encore vivants de la victime,
00:23:27mais aussi ceux de madame Tremblay, née La Pointe.
00:23:31Il doit y en avoir jusque dans le Cantal.
00:23:33Vous pensez à un drame de famille ? Vous avez vu quelque chose ?
00:23:36Non, mais je sens quelque chose.
00:23:38C'est une famille qui m'intéresse, décidément.
00:23:41Bien, bien. Bien, bien.
00:23:43Allez, salut.
00:23:50C'est parti.
00:24:23C'est parti.
00:24:47C'est parti.
00:24:49C'est parti.
00:24:50C'est parti.
00:24:51C'est parti.
00:25:06C'est parti.
00:25:19C'est parti.
00:25:22C'est parti.
00:25:24C'est parti.
00:25:27C'est parti.
00:25:52C'est parti.
00:26:04C'est parti.
00:26:12C'est parti.
00:26:24C'est parti.
00:26:26C'est parti.
00:26:26C'est parti.
00:26:28C'est parti.
00:26:34C'est parti.
00:26:39C'est parti.
00:26:43C'est parti.
00:27:05C'est parti.
00:27:08C'est parti.
00:27:11C'est parti.
00:27:22C'est parti.
00:27:24C'est parti.
00:27:48C'est parti.
00:27:53C'est parti.
00:28:05C'est parti.
00:28:08C'est parti.
00:28:10C'est parti.
00:28:22C'est parti.
00:28:25C'est parti.
00:28:26C'est parti.
00:28:52Je garde les clés pour reposer les c'élèbres.
00:28:55Qu'est-ce que lui t'arrivait, M. Tremblay ?
00:29:00Il est mort.
00:29:01Oh, mon Dieu !
00:29:03Oh, pauvre M. Tremblay !
00:29:06Oh, c'est drôle, hein ?
00:29:08Il n'avait pas une tête à mourir comme ça.
00:29:10Il avait des visites ?
00:29:11Vous voulez dire, de femmes ?
00:29:14Par exemple ?
00:29:15Vous êtes des tués, hein ?
00:29:17Une dame.
00:29:19Pas très grande.
00:29:20Un peu réservée.
00:29:21T'as dû être jolie.
00:29:23Pour une ?
00:29:24Oui, oui, Brune.
00:29:26Et elle venait souvent ?
00:29:28Régulièrement.
00:29:29Une fois par semaine.
00:29:30Le mercredi soir.
00:29:33Les quels jours, là ?
00:29:35Qu'est-ce qui lui arrive ?
00:29:42Oh, rien.
00:30:10Ah, commissaire, j'ai des nouvelles.
00:30:12Attends, attends, attends, attends, je me sers un café.
00:30:19Je t'écoute.
00:30:21Alors, j'ai retrouvé une partie de la famille côté madame à Moulin.
00:30:23Un frère, une belle-sœur, un neveu, une nièce.
00:30:26Alors, côté monsieur, plus personne, hein.
00:30:28T'as pas une vieille tante, t'as une crêne sur mer.
00:30:30Je l'ai appelée, elle se souvient même plus de lui.
00:30:33Vous voulez que je la convoque ?
00:30:35Oh, on peut tout de suite.
00:30:38Vous avez mal dormi, ici ?
00:30:41Tu sais pourquoi il a pu arrêter de travailler, Tremblay ?
00:30:43Je sais pas.
00:30:44Il a mis tous les jours 10 sous dans un petit cochon.
00:30:47Loterie nationale, 4 millions, le gros lot.
00:30:49Ah, bah, là, chapeau, hein.
00:30:51Parce que moi, si j'avais 4 millions...
00:30:52Je ne les a pas.
00:30:54En attendant, tu vas passer aux gueules cassées
00:30:57et tu vérifieras tout ça.
00:30:59Merci.
00:31:09Commissaire Vimbert, s'il vous plaît.
00:31:13Vimbert ?
00:31:14Oui.
00:31:15Dis-moi, tu peux me rendre un service ?
00:31:17Le jeune inspecteur de Gemont, le Paul Lachenal.
00:31:21Tu me le rendrais pas, 3 ou 4 jours ?
00:31:23On est sur tous les francs, en ce moment.
00:31:26Oui.
00:31:27Bah, dis-lui que son oncle a besoin de lui.
00:31:31Chez Marcel, à 12h45.
00:31:35Merci.
00:31:43J'ai demandé du renfort.
00:31:45La famille Tremblay est trop grande pour nous deux.
00:31:50Pour ça, il était ordonné.
00:31:53Presque maniaque.
00:31:54Il supportait pas d'avoir des dettes.
00:31:56Une facture arrivée, il fallait qu'elle soit arrivée dans la journée.
00:32:00Honnête, jusqu'à la bêtise.
00:32:02C'était un homme d'une seule pièce.
00:32:04Une chose à la fois.
00:32:06Travail, famille, patrie.
00:32:08Comme le maréchal.
00:32:11Il y avait que moi pour tomber sur un homme comme ça.
00:32:19Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:32:20Elle est aveugle, naïve ou menteuse ?
00:32:22Peut-être les droits à la fois.
00:32:25Il faut porter tout ça chez un comptable.
00:32:27Peut-être celui qui lui a succédé chez Koubaocha.
00:32:31Imagine, c'est ça ?
00:32:32Tout de suite ?
00:32:33Avant ou après le déjeuner ?
00:32:35C'est à ta convenance.
00:32:36Ben alors, avant.
00:32:38Je serai là cet après-midi.
00:32:39Tout à l'heure.
00:32:41Madame.
00:32:43Je vous aurais bien proposé quelque chose à manger,
00:32:45mais je suis un peu désorganisée avec tout ça.
00:32:48De toute façon, je fais un régime.
00:32:50Vous êtes pourtant pas grosse.
00:32:55Quand j'ai connu Maurice,
00:32:56il pouvait faire le tour de ma taille avec ses deux mains.
00:33:00Mais est-ce qu'il faut de partir d'autre ?
00:33:02Mais t'en doutes pas.
00:33:30Ah, on l'avait failli.
00:33:31Attends-toi.
00:33:35J'hésite entre le cassoulet et les pieds paquets.
00:33:39Le cassoulet est pour moi, mon oncle.
00:33:41Bon, alors, pieds paquets.
00:33:43Comment tu vas ? Et les parents ?
00:33:44Tout va.
00:33:46Et avec vin verre ?
00:33:48Tout va bien.
00:33:50Pourquoi je suis ici ?
00:33:54T'as une petite amie en ce moment ?
00:33:55Non.
00:33:57Elle me plaît.
00:33:58Eh bien, j'en ai peut-être une pour toi.
00:34:0119 ans.
00:34:01Jolie, fine.
00:34:04Un poil agressif.
00:34:05Une mère complètement paumée.
00:34:07Trois petits frères insupportables.
00:34:10Et un père assassiné.
00:34:12Tiré comme un pigeon.
00:34:14Eh bien.
00:34:16Et j'en fais quoi, moi ?
00:34:17Je la quitte pas d'une sommeil.
00:34:19J'ai l'impression qu'elle loucage des choses.
00:34:21Et pourquoi moi ?
00:34:23Parce qu'elle se méfie déjà trop de moi.
00:34:26Alors, je lui dis pas que je suis inspecteur.
00:34:28Si, si.
00:34:29Chargé de sa protection.
00:34:32À toi de lui le faire oublier, débrouille-toi.
00:34:35Je la trouve où ?
00:34:37En principe, elle sort à 5h30 du comptoir national d'escompte de Paris.
00:34:41Mais, aujourd'hui, ça doit être sa journée de congé.
00:34:45Essaye quand même de jeter un coup d'œil.
00:34:47Sinon, chez elle.
00:34:49Et je lui parle de quoi ?
00:34:51Ben, de tout.
00:34:53De tout.
00:34:54La loterie, le couvreur et Beauchard, les Canaries...
00:34:57Attendez.
00:34:59Attendez, attendez.
00:35:00Attendez, mon oncle, excusez-moi, mais...
00:35:02Si vous pouvez y reprendre tout depuis le début.
00:35:04Une chose à la fois est dans l'ordre.
00:35:07Ces messieurs ont choisi ?
00:35:09Oui.
00:35:11Alors, les pieds paquets et puis cassoulet.
00:35:13C'est le contraire.
00:35:14Mais c'est pas grave.
00:35:16Non, ben, dis tout de suite que je suis confus.
00:35:18Oh, ben non, mon oncle.
00:35:26Oh, c'est gentil, merci.
00:35:28Vous jouiez aux échecs ?
00:35:30Il jouait aux échecs.
00:35:32Et il finissait toujours la partie.
00:35:34Tout seul ?
00:35:35Oui, tout seul.
00:35:36Comme ça, il pouvait décider qui perdait ou qui gagnait.
00:35:39J'y vais ?
00:35:40Non, non, laissez.
00:35:41C'est sûrement mon inspecteur.
00:35:47Madame.
00:35:48Bonjour.
00:35:48Commissaire est là ?
00:35:49Oui, pas va.
00:35:50D'accord, merci.
00:35:52Alors, tu l'as vu, ce monsieur Magine ?
00:35:54Non, il est absent.
00:35:55Souffrant chez ses parents à la campagne.
00:35:58Vous voulez que j'y aille ?
00:35:58C'est pas loin, hein ?
00:35:59Pas de mots.
00:36:02Mots.
00:36:03La campagne, le brille.
00:36:05Si on est à l'aide-main,
00:36:07tu passes me prendre vers 8h ?
00:36:09On va de chez vous ?
00:36:10Non, dans le 9e, impasse des deux couteaux, au numéro 2.
00:36:14Ah, alors, vous découchez encore ?
00:36:16Eh oui.
00:36:19Mais alors, je vais passer à la maison pour rappeler à Madame Maigret qu'elle a toujours un mari.
00:36:25T'as pas oublié nos chers gueules cassées ?
00:36:27Pourquoi ? C'est urgent ?
00:36:30A priori, non.
00:36:34Comme l'ami Tremblay n'est pas un grand chanceux,
00:36:36je voudrais être sûr que le coup de la loterie a bien eu lieu.
00:36:52Bonjour.
00:36:53Où est-ce que je peux trouver Mademoiselle Tremblay, s'il vous plaît ?
00:36:56Elle est en congé.
00:36:59Enfin, elle part en congé.
00:37:02Ah, Mademoiselle Tremblay ?
00:37:03Oui, pourquoi ?
00:37:04Euh, pour rien.
00:37:04Est-ce que je peux vous accompagner un petit peu dehors ?
00:37:06Ah, mais si c'est pour rien, non.
00:37:08Pour autre chose, encore moins.
00:37:09Attendez, je vous explique.
00:37:10Ça va, j'ai compris.
00:37:12Vous êtes pas du tout mon type d'homme.
00:37:14Au revoir.
00:37:17Mais attendez !
00:37:18Arrêtez, sinon je s'appelle la police.
00:37:19C'est ce que vous voulez ?
00:37:20Mais elle est là, la police !
00:37:22Vous, un flic ?
00:37:23Pourquoi pas ?
00:37:24Je sais pas, vous avez pas la tête.
00:37:25Ah bon, vous trouvez ?
00:37:26Tant mieux après tout.
00:37:27Je viens de la part du commissaire Maigret.
00:37:30Qu'est-ce qu'il veut, le commissaire Maigret ?
00:37:32Qu'on vous protège.
00:37:34Qu'on vous protège, j'ai contre quoi ?
00:37:35C'est un peu long à expliquer, vous avez 5 minutes ?
00:37:38Je vous écoute.
00:37:39Je vais vous faire un aveu, mais vous le répétez pas, d'accord ?
00:37:42Quand j'étais petit, j'avais toujours peur qu'on me prenne mon ballon.
00:37:44J'étais plutôt timide, introverti, chétif même.
00:37:48Tout ce qu'il faut pour faire un bon garde du corps.
00:37:49Ça s'est un petit peu arrangé depuis.
00:37:52Jetez pas un peu de moi, par hasard ?
00:37:53Non, pas du tout.
00:37:549,60 pieds sur cible, ceinture noire du judo, 11 secondes, 400 mètres, et je suis même
00:37:58sorti premier de ma promo hôtesse de sang-froid d'improvisation.
00:38:02Vous avez plus peur qu'on vous prenne votre ballon, alors ?
00:38:04Si, si, si.
00:38:06C'est justement de ça dont je voulais vous parler.
00:38:13Je crois que c'est mieux que je sois en noir.
00:38:15Les gens, ils attendent ça, sinon ils croient qu'on n'a pas de chagrin.
00:38:18Lui-même, ça leur est choqué.
00:38:19Ça vous dérange pas si je vous laisse tout ça là ?
00:38:21Ah, pas du tout.
00:38:21Avec ce qui s'est passé, on mange à la cuisine, avec les enfants c'est plus commode.
00:38:25Vous avez trouvé quelque chose d'intéressant, tout ce fatra ?
00:38:27Non, non, rien que du banal.
00:38:28Des factures, des relevés de comptes.
00:38:30Banal, comme le dit.
00:38:32Avec un homme comme Maurice, c'était difficile d'imaginer l'aventure.
00:38:35Pourquoi ? Vous trouvez qu'il a manqué de fantaisie ?
00:38:38Je sais pas s'il connaissait ce mot-là.
00:38:40À part cet oiseau, ça...
00:38:41Les enfants, les enfants.
00:38:42Allez, vous l'avez.
00:38:45Bon, vous avez déjà assez d'envie de ça.
00:38:49Non, non, ça me fait même du bien de bavarder.
00:38:51En deux jours, j'ai pu se parler avec vous que pendant toute une année avec lui.
00:38:56Il était où ?
00:38:57Il est tard.
00:38:59Paul Lachena, l'un de mes inspecteurs.
00:39:01Je suis juste passée à me changer.
00:39:02Je teine pas là ce soir.
00:39:03Je me suis permis d'inviter votre fille à dîner.
00:39:05Et accessoirement, on ne veut.
00:39:07Maurice n'est plus là, on dirait que lui ne se réveille.
00:39:09Madame, je vais te voir tirer.
00:39:11On peut faire chauffer du lard ?
00:39:13Ah non, mais où il est la cuisine ?
00:39:14Oui, oui, j'arrive.
00:39:16Où est le chocolat ?
00:39:18Tu l'as fait vite ?
00:39:19Tu l'emmènes où ?
00:39:20C'est plus facile comme c'est pour le service.
00:39:22On va aller au restaurant pour la première fois.
00:39:24On est bien d'accord, primo.
00:39:25Je te la confie, c'est un témoin et tu en es responsable.
00:39:28Je vous remercie, j'avais compris.
00:39:30Vous n'inquiétez pas, mon oncle.
00:39:31Personne ne m'est jamais tombé dans les bras le premier soir, ni le deuxième, d'ailleurs.
00:39:34Deuxièmement, je veux tout savoir la relation entre le père et la fille.
00:39:37Quelque chose me dit qu'elle en sait beaucoup plus sur lui que sa propre femme.
00:39:41Vous pensez à quoi ?
00:39:41Les maîtresses ?
00:39:42Braquage ?
00:39:43Fausse monnaie ?
00:39:44Trafic de drogue ?
00:39:45Je pense à plus simple et plus compliqué à la fois.
00:39:50Je crois que c'est à ma mère que j'en veux plus.
00:39:52On voit ça.
00:39:53Elle a été à mon père comme on souffre sur une bougie.
00:39:56Je crois qu'ils se sont fait étouffer par l'ennui.
00:40:01Pendant des années, il ne s'est jamais rien passé et puis...
00:40:04Tout d'un coup, ils se sont mis à faire des enfants.
00:40:07Sans plaisir, sans désir.
00:40:08Sauf vous.
00:40:10Ouais, c'est vrai.
00:40:12Et moi, c'était avant, ils se connaissaient à peine.
00:40:14C'était un accident.
00:40:16Une sanction, en quelque sorte.
00:40:18Mais au moins, il y avait le désir.
00:40:20Et pas pour vos frères, vous êtes sûr ?
00:40:22Ah oui, ça j'en suis sûr, hein, tous les deux ans, vite fait, mal fait, dans le noir, quand
00:40:26on n'a plus rien à se dire.
00:40:27Par ennui.
00:40:29Voilà, mes petits frères sont des enfants de l'ennui.
00:40:33Mais je les aime quand même, c'est comme ça.
00:40:36Et vous ?
00:40:38Quoi, moi ?
00:40:39Quand ça vous arrive, c'est par ennui aussi ?
00:40:46Quand ça m'arrive, plutôt rarement, c'est que je cherche à partager quelque chose avec quelqu'un.
00:40:54Un petit coin de ciel bleu ?
00:40:57Ouais, c'est ça.
00:40:59Un petit coin de paradis.
00:41:01Mais je ne l'ai pas trouvé encore.
00:41:02Ça va venir, je le sais.
00:41:04Ouais, moi aussi, j'en suis sûr.
00:41:07En tout cas, ce ne sera pas en gagnant à la loterie, croyez-moi.
00:41:14Il y jouait souvent, votre père.
00:41:19Papa, jamais.
00:41:21Puis si c'était pour en arriver là, se faire tuer au fermement à la fenêtre parce qu'on ne
00:41:24supporte pas le bruit,
00:41:26c'est un peu bête comme accident, non ?
00:41:28Parce qu'une balle en plein cœur, vous appelez ça un accident, vous ?
00:41:31Et qu'est-ce que vous voulez que ce soit ?
00:41:34Un mari jaloux, maman me sort de la maison pour aller faire le marché.
00:41:37Un ennemi, il n'avait même pas d'amis, alors.
00:41:40Et puis, je ne vois pas qu'il aurait pu l'envier, personne ne savait qu'il avait de l
00:41:44'argent.
00:41:45Sauf vous.
00:41:48Sauf moi, c'est vrai.
00:41:51Monsieur l'inspecteur.
00:41:54On peut finir le dîner ou vous m'arrêtez tout de suite ?
00:41:57Je n'ai pas votre taille.
00:41:59Il va falloir attendre encore un peu.
00:42:02C'est rare, les jolies poignées.
00:42:07Vous passez habilement de la menace au compliment, mon cher Paul.
00:42:12C'est qu'il faut faire vite.
00:42:14Mon carrosse se transforme en citrouille dans deux heures.
00:42:39Attention à votre fou, monsieur Troublet.
00:43:08Sous-titrage Société Radio-Canada
00:43:14Une fois au cours de la soirée, il lui s'entrouvait à la porte de gauche et une fois à
00:43:19la porte de droite.
00:43:21Quelqu'un avait bien senti le besoin d'entrer, mais il avait trouvé une entreprise trop chanceuse.
00:43:33Vous y êtes allé, vous, dans l'autre appartement ?
00:43:35Non, pas moi.
00:43:37C'est à la fois comique et poignant.
00:43:39J'ai pleuré.
00:43:40Tout est pareil.
00:43:41Les mêmes couleurs au mur, les mêmes meubles.
00:43:43Tout est pareil dans le moindre détail.
00:43:45Dans l'échiquier, dans la chambre, les tables de nuit, le tableau de la femme nuit au-dessus du lit,
00:43:49tout pareil.
00:43:50Il n'y a pas forcément de quoi pleurer.
00:43:52Vous trouvez, vous ?
00:43:54Je ne sais pas ce qu'il vous faut.
00:43:56Vous sont venus à mourir dans un appartement sinistre, mentir pendant des années entre le bruit de la rue et
00:44:00le barrément des enfants,
00:44:01tout ça pour reproduire la même chose dans un endroit à peine différent ?
00:44:05Vous avez raison.
00:44:07Il n'y a pas de quoi pleurer, il y a de quoi hurler.
00:44:09D'après ce que m'a dit Maigret, il avait au moins trouvé le calme et le silence.
00:44:12Avec une volière d'une centaine de canailles.
00:44:14Vous pouvez imaginer le silence.
00:44:19Qu'est-ce qu'ils faisaient toute la journée ?
00:44:22Rien.
00:44:25Ou alors, ils voyaient des amis ?
00:44:29Papa a des amis.
00:44:32Il n'était pas très doué pour ça, le pauvre.
00:44:34Parce qu'il faut être doué pour avoir des amis ?
00:44:36Un petit peu, quand même.
00:44:39Lui, il se contentait de ses compagnons de bagno.
00:44:42Mauve, son patron, Magine, son souffertif.
00:44:46Il se voyait souvent, dehors du bureau ?
00:44:49Ouais.
00:44:50Une fois, ils...
00:44:53Une fois, ils sont mis lignes à la maison, tous les deux.
00:44:56C'était une vraie catastrophe.
00:45:00Le reti a brûlé.
00:45:01Et à la place, on avait le droit à une bataille politique.
00:45:05Mauve, fidèle à Pétain, Magine, a trop de ce qu'il y a eu.
00:45:09Et papa, entre les deux, comme d'habitude.
00:45:13Je ne te dis oublie pas.
00:45:15Et une amie, eux.
00:45:17Une autre femme.
00:45:20Une autre femme ?
00:45:24Papa aimait que les oiseaux.
00:45:26Et peut-être...
00:45:28Une femme...
00:45:31légère.
00:45:32...
00:45:37...
00:45:39...
00:45:44...
00:46:16...
00:46:52Ah, là, du calme, du calme, du calme.
00:46:54C'est un cousin à vous qui vient de votre île.
00:46:57Il va vous raconter tout ça.
00:47:00Il va y avoir des choses à raconter.
00:47:03Mais vous m'avez fait peur.
00:47:06Policière maigre et police judiciaire.
00:47:08La police ? Mais pourquoi la police ?
00:47:11Vous êtes un ami de Maurice ?
00:47:13Et vous ?
00:47:15Moi, oui.
00:47:16Il s'est passé quelque chose ?
00:47:19Vous l'avez vu quand, la dernière fois ?
00:47:21Maurice, mercredi dernier.
00:47:25D'habitude, je viens avant 6h, avant qu'il parte,
00:47:27mais aujourd'hui, je n'ai pas plu.
00:47:29Avant qu'il parte où ?
00:47:30Chez lui.
00:47:32Mais alors, ici, c'est quoi ?
00:47:35Ici, c'est chez lui aussi.
00:47:38Enfin, c'est un peu compliqué,
00:47:39mais il est arrivé quelque chose.
00:47:43Grave ?
00:47:59Merci beaucoup.
00:48:00Même si c'est pour votre enquête, ça m'a fait du bien.
00:48:02Moi aussi.
00:48:03Finalement, c'est assez rare dans notre métier.
00:48:06C'est comme votre coin de paradis.
00:48:07Il devrait y avoir un étage paradis après le dernier.
00:48:09Il paraît qu'il y a des immeubles où ça existe,
00:48:11mais il faut les chercher longtemps.
00:48:13Moi, c'est le quatrième.
00:48:14À demain.
00:48:15Même heure, même endroit ?
00:48:17Même finition.
00:48:24On s'est connus au magasin.
00:48:26Vous permettez ?
00:48:28On a sympathisé à cause des animaux.
00:48:30C'est moi qui lui ai fourni les volières et les oiseaux.
00:48:34Depuis qu'il s'était installé,
00:48:36enfin installé,
00:48:37je lui en apportais un chaque mois.
00:48:40Vous vous appelez comment ?
00:48:42Quelle heure ?
00:48:43Je vous ai de quelle heure ?
00:48:45Vous étiez sa maîtresse.
00:48:49Oui et non.
00:48:51Oui ou non ?
00:48:54Au début, j'y ai un peu cru.
00:48:56J'ai dormi ici trois ou quatre nuits, mais...
00:48:59C'était vraiment pas son truc, l'amour.
00:49:02Encore moins le lit.
00:49:04Au fond, il était venu ici pour se cacher.
00:49:07Pour se cacher de quoi ?
00:49:08De tout.
00:49:09Du monde, du bruit, de sa famille,
00:49:11des responsabilités, de la joie,
00:49:13de la peine, de tout.
00:49:16Vous en faites un port très bien, c'est là.
00:49:19Objectif.
00:49:22Mais ça m'empêchait pas de bien l'aimer.
00:49:24Mais on a tous ces pauvres.
00:49:27Si vous aviez vu son visage
00:49:28chaque fois que j'apportais un oiseau,
00:49:29on aurait dit un enfant.
00:49:31En fait, vous aviez pitié de lui ?
00:49:37Ce qui me tracasse, je suis tremblé, moi,
00:49:38c'est qu'il ait eu une mort aussi opaque
00:49:42après avoir eu de lui
00:49:46si transparente, si quelconque.
00:49:48Mais c'est pas possible.
00:49:50C'est un hasard.
00:49:51Quelqu'un s'est trompé de cible.
00:49:53Ce sera une grosse distraction.
00:49:56À moins qu'il s'agisse d'argent.
00:49:58La fameuse loterie ?
00:50:00Il vous l'a dit ?
00:50:01Il me l'a plutôt avoué,
00:50:03comme s'il avait eu honte.
00:50:05Il était généreux.
00:50:07Comme un comptable.
00:50:09Enfin, je dis pas ça pour l'enfoncer, le pauvre.
00:50:13Et ça vous...
00:50:15Ça vous choquait ?
00:50:17Ça vous intéresse, l'argent ?
00:50:19Non, pas plus que ça.
00:50:20Et vous ?
00:50:21Pas du tout.
00:50:22Un petit peu quand même.
00:50:26Mais pas au point de tuer.
00:50:31Moi j'arrive pas à comprendre comment Tremblay a pu être votre type d'homme.
00:50:37Et vous le voyez comment, mon type d'homme ?
00:50:41Je ne sais pas.
00:50:45Pas comme lui.
00:50:48Alors, un peu comme vous.
00:50:53Prenez votre temps.
00:50:57Vous en pensez quoi, vous, de cette madame Keller ?
00:50:59Je pense que les femmes deviennent de plus en plus énigmatiques.
00:51:06Elle est jolie, au moins, cette Josette.
00:51:08Elle mérite une nuit sans sommeil.
00:51:11Beati poperes spiritus.
00:51:14Oui, c'est ça.
00:51:14Heureux les simples d'esprit.
00:51:17Oui, pas loin.
00:51:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:51:53Vous avez trouvé facilement ?
00:51:55Autant plus que j'ai eu le temps de consulter la carte,
00:51:57ils ont trouvé le moyen de crever.
00:51:59Les inspecteurs ont le méta à la cheneuve.
00:52:01Quelle histoire affreuse.
00:52:02Je ne vous propose pas de rentrer, mes parents sont très vieux.
00:52:06On a calé la barque.
00:52:19On n'a qu'à s'asseoir là.
00:52:26Tu as des feuilles ?
00:52:29Attention.
00:52:31Elles sont peut-être mouillées.
00:52:34Bon, alors, ça va.
00:52:44Ça vous dit quelque chose ?
00:52:52Ce sont les feuilles de paye de ce pauvre tremblé ?
00:52:55Non, mais regardez bien les dates.
00:52:58Là, il y a une erreur.
00:53:00D'autant qu'on n'utilise plus ces bulletins depuis trois ans.
00:53:03C'est pas vous qui les avez rédigés par hasard.
00:53:06Ben non, c'est son écriture, vous voyez bien.
00:53:09D'ailleurs, là, il y a encore une faute.
00:53:11Le taux des cotisations a changé.
00:53:14Et ça ne vous surprend pas plus que ça ?
00:53:18Ça ne me surprend pas depuis lundi dernier.
00:53:20Qu'est-ce qui s'est passé lundi dernier ?
00:53:23Je n'avais pas revu Tremblay depuis quatre ans et il m'a téléphoné au bureau.
00:53:27Bon, pourtant, mon inspecteur m'avait rapporté que vous aviez dîné chez lui avec votre patron.
00:53:33C'est vrai, j'oubliais.
00:53:36C'était juste avant son départ.
00:53:38Mauvaise soirée.
00:53:39Enfin, peu importe.
00:53:41Et il vous a téléphoné pour quoi, Tremblay ?
00:53:44Pour me voir.
00:53:47Et vous l'avez vu ?
00:53:48Oui.
00:53:50Mais...
00:53:51À votre bureau, vous m'aviez dit le contraire.
00:53:55Je ne voulais pas parler devant Mauvre.
00:53:57Vous auriez quand même pu témoigner spontanément.
00:53:58Il a tout de même été zigouillé.
00:54:00Oui, c'est exact.
00:54:01Il y a une mort d'homme.
00:54:04Qu'est-ce que veut dire mon inspecteur ?
00:54:08Vous l'avez revu chez lui ?
00:54:11Pas exactement.
00:54:14Un passe des deux couteaux.
00:54:17C'est ça, oui.
00:54:18Et ce qui est incroyable, c'est que ça ressemblait tellement à son autre appartement.
00:54:21Ça m'a embrouillé.
00:54:22Mais personnellement, je lui dois une fière chandelle.
00:54:24Quand il est parti, c'est grâce à lui si j'ai pu avoir sa place.
00:54:27C'est lui qui m'a proposé.
00:54:28Ça ne vous a pas étonné, ce départ, soudain ?
00:54:31Vous savez, il était dans la société depuis plus de dix ans.
00:54:34Des fois, on a envie d'aller voir ailleurs.
00:54:36Surtout chez Couvreur et Beauchard.
00:54:40Surtout quand on a gagné une forte somme à la loterie.
00:54:43C'est vrai, oui.
00:54:45Et vous l'avez dit, le coup de la loterie ?
00:54:48Lundi dernier seulement.
00:54:49Pour moi, il était dans le Cantal.
00:54:51Alors, qu'est-ce qu'il attendait de vous, tout d'un coup ?
00:54:54Il n'avait plus de fiche de paye de la société, alors il m'a demandé de lui en fournir.
00:54:57Je lui devais bien ça.
00:54:59D'ailleurs, ce n'était pas illégal, c'était rien que pour lui et pour sa femme.
00:55:03Il n'y avait rien dit pour la loterie.
00:55:04Il avait ses raisons, j'imagine.
00:55:06Vous l'avez rencontrée, sa femme ?
00:55:08Oui, évidemment.
00:55:10Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:55:11Naïve ou elle fait semblant ?
00:55:13Semblant de quoi ?
00:55:14De croire tout ce qu'il ne lui disait pas.
00:55:16Si vous voyez ce que je veux dire.
00:55:18Non, non, pas bien, non.
00:55:20C'est une femme qui dirige, elle contrôle tout.
00:55:22À mon avis, elle avait tout deviné depuis longtemps.
00:55:24Vous lui avez donné les bulletins de paye ?
00:55:27Non, je n'ai pas eu le temps, il aurait fallu que je revienne.
00:55:32Ah, si j'avais pu, je l'aurais bien aidé.
00:55:34Il avait l'air de rien, mais un type très sérieux dans son travail.
00:55:40Donc, c'était pas un pauvre type ?
00:55:42Bah, pas au bureau.
00:55:50Il a pas l'air bien malade.
00:55:52Il souffre de quoi, au juste ?
00:55:54J'avais qu'à lui demander.
00:55:56J'ai le diplomatique.
00:55:57Il en a marre de voir la bobine de ses patrons tous les jours.
00:56:00J'aurais dû faire médecine.
00:56:05Maman, je m'en vais.
00:56:05Tu peux prendre les petits à l'étude en revenant ?
00:56:07Ah, non, pas ce soir, non.
00:56:08Tu dînes pas là ?
00:56:09Non, je vais.
00:56:10La vie a décidément bien changé depuis mardi.
00:56:13Forcément non, qu'est-ce que tu crois ?
00:56:15Toi aussi, tu vas changer.
00:56:16Ta vie va changer.
00:56:18Tu crois que quoi ?
00:56:19Que les enfants vont pas continuer à grandir ?
00:56:21Que t'auras pas un 11 jours envie de te sentir un tout petit peu plus jolie ?
00:56:25Que je vais pas te ramener un jambre ?
00:56:27Méfie-toi.
00:56:28C'est quand même un flic.
00:56:29Alors ?
00:56:30Il est comme tout le monde.
00:56:31Il a deux bras, deux jambes.
00:56:33Je t'ai pas dit que c'était lui.
00:56:34Je vais dîner.
00:56:35Tout à l'heure.
00:56:36À tout à l'heure.
00:56:44Je vous réenvoie.
00:56:46Toujours pas bavard, non ?
00:56:47Ça dépend avec qui.
00:56:48Avec votre neveu, j'arrive à me laisser aller.
00:56:50Vous êtes content ?
00:56:51C'est sûrement le privilège de la jeunesse.
00:56:54C'est sûrement.
00:57:02Josette Keller ?
00:57:07On connaît pas, jamais vu.
00:57:09Qui c'est ?
00:57:10Une spécialiste des canaries.
00:57:12Une spécialiste pour un misérable serein.
00:57:15Y'en avait pas qu'un, y'en avait beaucoup d'autres.
00:57:17Un passe des deux couteaux.
00:57:18Ça vous dit rien ?
00:57:19Non.
00:57:21Je vous y emmènerai, on ira tous les deux.
00:57:23Mais elle, qu'est-ce qu'elle fait dans tout ça ?
00:57:25Il a vu une autre femme ?
00:57:28En quatre ans, vous n'avez jamais entendu parler d'elle.
00:57:30Ni de l'impasse des deux couteaux.
00:57:33Non ?
00:57:34J'ai du mal à vous croire.
00:57:37Qu'est-ce que vous auriez fait si vous avez tout dit ?
00:57:39Comme ça, d'un seul coup ?
00:57:41Qu'est-ce qu'on peut faire dans ce genre de cas ?
00:57:43De rien dire ou s'en aller ?
00:57:46De rien dire, j'en suis incapable.
00:57:49Mon aller ou ça ?
00:57:51Vous le tuer.
00:58:08Les bons marrons, les bons marrons, il n'y aura pas pour tout le monde qui veut, les bons marrons
00:58:11chauds, les bons marrons, les marrons, les marrons, les marrons, s'il te plaît.
00:58:19Merci.
00:58:20Les bons marrons, les marrons, s'il te plaît.
00:58:28Oh non !
00:58:30Vendroux ?
00:58:30J'ai un peu peur du vide.
00:58:32Ah oui, mais moi, j'ai pas le droit de vous laisser tomber.
00:58:34Les perdus disent de retrouver, non ?
00:58:35C'est agréable.
00:58:36Non, c'est l'habit, monsieur l'inspecteur.
00:58:39Et si les dix autres me plaisent pas ?
00:58:40Eh ben, votre tonton, vous en trouvez une autre.
00:58:42Vous en faites pas.
00:58:43C'est moi qui tire.
00:58:46Je veux tirer, mademoiselle.
00:58:48Mettez-moi un plomb.
00:58:48Vous pouvez la tenir ?
00:58:50Merci.
00:59:01Pas mal, dites-donc.
00:59:02Qu'est-ce qu'on gagne avec ça ?
00:59:04Pas d'apin.
00:59:09Merci, monsieur.
00:59:16Merci, monsieur.
00:59:21Mais c'est exactement la même chose qu'ici.
00:59:24À peu près.
00:59:25Les fauteuils aussi ?
00:59:27Les fauteuils aussi, même style.
00:59:29Si on peut parler d'un style.
00:59:31La chambre aussi ?
00:59:34Tout comme ça.
00:59:35Le tableau, les tables de nuit ?
00:59:38Les médicaments ?
00:59:39Pareil.
00:59:41Mais il était fou.
00:59:42C'est plus des mensonges.
00:59:44C'est une double vie.
00:59:46Il est un fait que, quand on se trouve là-bas,
00:59:48on a l'impression de voir double.
00:59:52Je n'irai pas.
00:59:54Merci bien, je connais déjà.
00:59:58Bon, j'en ai connu des hommes comme lui.
01:00:00L'air tranquille, ni heureux, ni malheureux.
01:00:03Un beau jour, il quittait tout.
01:00:05Les femmes, les enfants.
01:00:08Leur maison, leur métier, bureau ou usine.
01:00:12Leur pays, quelquefois.
01:00:14J'en ai retrouvé à Panama, en Bolivie, en Équateur.
01:00:20Au bout d'un an, après en avoir bavé,
01:00:22il reconstruisait le bureau ou l'usine.
01:00:25Il rencontrait une femme.
01:00:27Il faisait une maison.
01:00:29Quelques enfants.
01:00:34Au bout de quelques années,
01:00:36il s'était reconstruit une vie.
01:00:39Différente, mais avec les mêmes morceaux.
01:00:44Ils rêvaient, voilà.
01:00:46Mais ils n'étaient pas à la hauteur de leurs rêves.
01:00:50Au fond, c'était cette petite vie-là qu'ils aimaient.
01:00:56Aussitôt parti, il a commencé la même chose.
01:01:01Votre mari était peut-être un rêveur.
01:01:05Mais j'en ai rarement vu
01:01:07qu'il se soit fait tuer pour des rêves aussi petits.
01:01:16Je vous ai tout raconté.
01:01:20Vous n'avez rien à me dire?
01:01:26Rien.
01:01:32Ça l'hommage.
01:01:37À demain.
01:01:58Bonjour.
01:01:59Tremblay, c'est bien ici?
01:02:00Oui.
01:02:01À qui est jeune heure?
01:02:02Commissaire maigrette, police judiciaire.
01:02:04Ah ben, je suis le frère de Mme Tremblay,
01:02:05le beau frère de Maurice,
01:02:06Mathieu Lanzac.
01:02:07Vous arrivez de Moulin?
01:02:09Affirmatif.
01:02:09Les quincailleries Lanzac de Moulin.
01:02:11Je viens pour le deuil de ma soeur.
01:02:12J'ai deux ou trois questions à vous poser.
01:02:14Vous pouvez descendre avec moi?
01:02:16Oui, mais c'est que je viens de monter, là.
01:02:17Et puis, je suis parti depuis ce matin.
01:02:18Oh, vous passez une minute.
01:02:21Qu'est-ce que vous pensez de mon frère?
01:02:24Rien.
01:02:25Si je vous disais qu'il avait une maîtresse
01:02:27de l'argent plein les poches
01:02:28qui lui avait sans travailler
01:02:29au milieu de 100 camarades,
01:02:30qu'est-ce que vous diriez?
01:02:31Bah, je pousserais le cri de Tarzan
01:02:33de le temps dans l'escalier, je crois.
01:02:34Bah, allez-y, mon vieux.
01:02:35Ça veut dire quoi, ça?
01:02:37Il y avait une double vie.
01:02:38Une officielle et une cachée.
01:02:41Ça vous est arrivé, vous?
01:02:42Vous avez envie de ça?
01:02:43Non, je vous remercie.
01:02:44Je suis très content de ma vie,
01:02:45de ma femme légitime
01:02:46et de l'argent que je gagne.
01:02:48Tiens, d'ailleurs, à propos,
01:02:48monsieur le commissaire,
01:02:49ça se passe comment pour la succession, là?
01:02:51Il faut compter combien de temps?
01:02:52Ah, quand l'enquête sera terminée,
01:02:54pas avant.
01:02:54Et le corps, on le récupère quand?
01:02:56Vous avez besoin du corps pour quoi?
01:02:58Bah, pour la cérémonie.
01:02:59C'est que je peux pas laisser
01:03:00la cacaillerie longtemps toute seule.
01:03:03Et votre soeur,
01:03:04elle s'entendait comment?
01:03:05Avec son varie.
01:03:06Oh, il s'entendait pas
01:03:07depuis belle lurette.
01:03:08Il se parlait même plus.
01:03:09Qu'est-ce que vous en pensez
01:03:10de sa mort?
01:03:11Ça, c'est la première fois
01:03:11qu'il me surprend.
01:03:12Je m'y attendais pas.
01:03:14Qu'est-ce qu'il veut dire?
01:03:15Bah, je sais pas.
01:03:16Comme s'il avait voulu
01:03:17nous en foutre plein la vue.
01:03:19Et pourtant, quelque part,
01:03:20c'est logique.
01:03:21Il a vécu comme un insecte,
01:03:22il est mort comme un insecte.
01:03:24Pour ça, vous pensez
01:03:25que c'était un pauvre type?
01:03:26Sur l'aine.
01:03:28Vous l'aimiez pas beaucoup,
01:03:29vous, l'insecte?
01:03:30Pas vraiment, non.
01:03:33Bon, je vous laisse remonter.
01:03:35Merci.
01:03:50Où tu viens?
01:03:51J'ai le cassé,
01:03:51la Loterie Nationale.
01:03:53Alors, qu'est-ce qu'il raconte?
01:03:55Devinez?
01:03:56Bon, donc,
01:03:56il a jamais gagné à la Loterie.
01:03:58Vous le saviez?
01:04:00Officiellement, non,
01:04:00mais il ne jouait jamais,
01:04:01sa fille nous l'a confirmé.
01:04:03Aucun tremblé
01:04:04n'a gagné quoi que ce soit
01:04:05à la Loterie Nationale
01:04:06dans les dix dernières années.
01:04:07Et encore moins quatre briques.
01:04:09C'est pour une bière?
01:04:11Volontiers.
01:04:12Bien fraîche.
01:04:14Ah, une nouvelle comme ça,
01:04:17ça s'arrose.
01:04:19Allez, venez d'où l'argent?
01:04:21Voilà.
01:04:22Tu ouvres un faisceau
01:04:23de possibilités quasiment illimité.
01:04:25À nous de bien choisir.
01:04:27À l'école de police,
01:04:28on appelait ça procédé
01:04:29par élimination.
01:04:31Première piste,
01:04:32héritage d'un parent
01:04:33inconnu au bataillon.
01:04:34Deuxième piste,
01:04:35la bourse de poker PMU
01:04:36ou en douce.
01:04:38Récompense méritée
01:04:38pour servir ce rendu
01:04:39à un homme très fortuné.
01:04:40Oh, tu penses à qui, là?
01:04:42Le roi fait ça, le Dirac.
01:04:43C'est rien que ça.
01:04:44Des pièces d'eau?
01:04:46Où ça?
01:04:46Dans une amphore?
01:04:47Non, un vieux trésor
01:04:48enfoui sous des vieilles pierres.
01:04:49Ouais, dans un couvent en ruines.
01:04:50Non, mais à la campagne,
01:04:51j'ai déjà vu ça, moi.
01:04:53Allez, stop.
01:04:53On est en plein dans le rêve, là.
01:04:55Les vôtres, d'ailleurs.
01:04:57D'après ce qu'on sait
01:04:58de notre bonhomme,
01:04:59il était dans le quotidien,
01:05:00le banal, même.
01:05:01C'est pas si banal que ça,
01:05:02d'avoir une double vigne.
01:05:04Quand les deux vies
01:05:05sont aussi ternes l'une que l'autre,
01:05:07la banalité est multipliée
01:05:08par deux.
01:05:09Alors, il faut chercher
01:05:10dans le concret.
01:05:11C'était quoi, son travail?
01:05:13Les chiffres.
01:05:14Trésorier comptable.
01:05:15Oh, bien.
01:05:16Faux en écriture,
01:05:18détournement de biens,
01:05:19escroquerie,
01:05:20complicité,
01:05:22rivalité,
01:05:24meurtre.
01:05:30Tu vois encore la petite ce soir?
01:05:32Ouais.
01:05:33Dîner à la maison.
01:05:34Il paraît que son oncle
01:05:34est monté de moulins.
01:05:35Ah, oui, je sais.
01:05:36Tu vas t'amuser,
01:05:37il est jovialement pittoresque.
01:05:40Profites-en pour parler affaires,
01:05:41les siennes et celles de Tremblay,
01:05:43sait-on jamais.
01:05:45Toi, tu vas passer
01:05:46quai de la magistrie
01:05:47et tu demanderas
01:05:47à une certaine
01:05:49Josette Keller
01:05:50qui vend des oiseaux
01:05:52de bien vouloir
01:05:53se rendre demain
01:05:54à 11h
01:05:54un passe des deux couteaux
01:05:56pour donner à manger
01:05:57aux canaris.
01:05:58Ils ont une faim de loup,
01:05:59elle comprendra.
01:06:00D'accord.
01:06:01Et vous?
01:06:02Moi?
01:06:03Moi, je rentre.
01:06:05J'ai passé assez
01:06:06de nuit dehors.
01:06:09Alors, c'est tout?
01:06:11Non.
01:06:18T'as amené la petite
01:06:20à la fête foirene.
01:06:22Tu te défends toujours.
01:06:23C'est pas moi.
01:06:24C'est son carton à elle.
01:06:27Tu penses à quoi?
01:06:29À elle.
01:06:30Et alors?
01:06:31Je trouve qu'elle tire
01:06:32drôlement bien.
01:06:36Aussi bien qu'elle ment.
01:06:41ça t'embête?
01:06:43Un peu.
01:06:53Faites attention,
01:06:53c'est chaud.
01:06:59Je sais pas,
01:06:59mais peut-être
01:07:00qu'il l'avait économisé
01:07:01depuis qu'il était tout petit.
01:07:02Tu crois que c'est possible,
01:07:03Mathieu?
01:07:03C'est absurde.
01:07:05Un Madeleine de 4 millions
01:07:06avec ce qu'il gagnait,
01:07:06c'est absurde.
01:07:10Bon appétit.
01:07:11Merci.
01:07:14Vous,
01:07:15vous avez jamais fait appel
01:07:16à ces services.
01:07:17Enfin, je veux dire,
01:07:17vous avez jamais travaillé ensemble.
01:07:19Pour quoi faire?
01:07:21Je sais pas.
01:07:22Les impôts,
01:07:22les taxes professionnelles,
01:07:23quand on a un beau frère comptable,
01:07:25ça peut aider, non?
01:07:26Mais vous voulez dire quoi, là?
01:07:27Aider en quoi?
01:07:29En cas de problème.
01:07:30Ils s'aimaient pas trop
01:07:31tous les deux.
01:07:32Pourquoi tu dis ça?
01:07:33Je sais pas, Mathieu.
01:07:34Tu m'as toujours dit
01:07:35que j'avais fait une erreur.
01:07:36On parle du comptable,
01:07:38pas du mari.
01:07:40Et vous voulez,
01:07:41mon gratin?
01:08:06Mais il y a du honte.
01:08:08Ça doit être là.
01:08:20Voilà.
01:08:21Je vous réveille pas,
01:08:22moi.
01:08:25Si.
01:08:26Je rêvais que je me rasais.
01:08:29Ça tombe bien,
01:08:29moi aussi,
01:08:30je suis de bonne humeur.
01:08:31Commissaire maigret,
01:08:32police judiciaire.
01:08:34Ça vient de chez vous, ça?
01:08:38Il y a des chances.
01:08:39C'est un bon tir.
01:08:41Et vos carabines,
01:08:43elles dorment où?
01:08:43Dans le fond,
01:08:44sans boucler.
01:09:01Il en manque une, là?
01:09:02On me l'a fauchée.
01:09:03Qui?
01:09:04Un client.
01:09:04Quand?
01:09:05Lundi.
01:09:06Vous vous souvenez
01:09:07de qui c'était?
01:09:08Pour moi, c'est flou.
01:09:09Tous les clients sont flous.
01:09:11Je suis allé accrocher
01:09:11une nouvelle cible,
01:09:12dans le fond.
01:09:13Et quand je suis revenu,
01:09:14il n'y avait plus personne.
01:09:15La carabine était chargée?
01:09:17Bah oui, prête.
01:09:18C'est un homme ou une femme?
01:09:19Je ne sais plus, moi.
01:09:20Ça défile toute la journée.
01:09:22En tout cas,
01:09:22ils ont été vite.
01:09:23Hop, sous le manteau
01:09:24et au revoir tout le monde.
01:09:27Bon, je peux aller me terminer?
01:09:28Oui.
01:09:30Allez, une minute.
01:09:31Vous avez déclaré le vol?
01:09:33Ah non.
01:09:33Bah, c'est une erreur.
01:09:34Ça peut être dangereux.
01:09:35C'est que des plombs.
01:09:36On ne sait pas.
01:09:37Un coup de malchance
01:09:38et ça vous tue un bonhomme.
01:09:51Allez.
01:09:54Eh ben.
01:09:56Je ne te le fais pas dire.
01:10:05Tiens, moi.
01:10:08Regarde.
01:10:11Mince, alors.
01:10:12Je ne te le fais pas dire.
01:10:19Banque Nador et Vercel.
01:10:214 300 francs.
01:10:233 400.
01:10:257 120 francs.
01:10:273 940.
01:10:28Elle en donnait des sous à Tremblay,
01:10:30la société couvreur et Bouchard.
01:10:31Il avait même embrunté son cash.
01:10:34C'est Mauvre qui va être content.
01:10:374 millions en 4 ans, chapitre.
01:10:39Et on appelle ça un pauvre type?
01:10:47Madame Josette Keller est là.
01:10:50Oui, je suis venu.
01:10:51Oui.
01:10:52Bon, parce que si vous avez besoin de moi,
01:10:53je suis au bureau.
01:10:56Madame?
01:11:01Je vais vous demander
01:11:02de me répondre très franchement.
01:11:05Le coût de la loterie,
01:11:06vous y avez cru?
01:11:08Sur le moment, oui.
01:11:10Et plus tard?
01:11:13Un jour, enfin une nuit,
01:11:15il m'a dit qu'il avait inventé ça
01:11:16pour sa famille,
01:11:17pour ne pas avoir à expliquer.
01:11:20Expliquer quoi?
01:11:21La provenance de l'argent.
01:11:23Pour récompense de son travail,
01:11:25il avait reçu des dividendes importants.
01:11:28Et ça aussi, vous l'avez cru?
01:11:32Oui et non,
01:11:33je n'y connais rien, moi.
01:11:35Vous n'avez pas essayé de savoir?
01:11:38Pas vraiment.
01:11:41Vous vous rendez compte
01:11:42du risque que vous prenez
01:11:43avec une amitié comme celle-là?
01:11:46Vous en êtes consciente?
01:11:49En face de vous, oui.
01:11:55Tiens, on va mettre un peu d'ordre
01:11:57dans tout ça.
01:11:58Mais prends bien soin
01:11:59des relevés de comptes.
01:12:01Et averti le service
01:12:02de venir poser les cellules
01:12:04le plus vite possible.
01:12:08Mais pas avant que...
01:12:11Mme Keller
01:12:11ait repris ses oiseaux
01:12:13et ses cages.
01:12:15Ce seront mieux chez vous.
01:12:18Vous êtes d'accord?
01:12:20Évidemment, commissaire.
01:12:24Je passerai les voir.
01:12:26Comme vous voudrez.
01:12:37C'est moi.
01:12:40Tu repartis à Moulin?
01:12:42Oui.
01:12:44Et tu fais quoi, là?
01:12:47Je pensais à lui.
01:12:49Il faut que t'arrêtes
01:12:50d'y penser, maman.
01:12:53Dix fois, j'ai failli le tuer.
01:12:55Je savais pas comment,
01:12:56j'ai imaginé plein de choses.
01:12:59Le poison, un accident,
01:13:00les fenêtres ouvertes.
01:13:03Ce qui m'arrêtait,
01:13:04c'était l'idée de toucher.
01:13:07Quoi tu parles?
01:13:07C'est les plumes
01:13:08que je supporte pas.
01:13:11Quand on les touche,
01:13:12on a l'impression
01:13:12qu'elles vont se casser.
01:13:14C'est pour ça
01:13:15qu'ils se débattent toujours.
01:13:17Tu l'as tuée.
01:13:18J'ai pas eu besoin.
01:13:19T'as arrêté
01:13:20de lui donner à manger.
01:13:21Pourquoi moi?
01:13:22Je le détestais.
01:13:24Personne n'y a pensé.
01:13:25Même pas toi.
01:13:27Pourtant, tu l'aimais bien.
01:13:29Peut-être qu'il est mort de chagrin.
01:13:41Ah, c'est vous.
01:13:42D'accord, je peux entrer?
01:13:44Et si je vous dis non?
01:13:45Il y avait un autre arrêt quand même.
01:13:47Bonjour, madame Tronglet.
01:13:49Je vous laisse.
01:13:54C'est un petit peu difficile pour elle
01:13:56en ce moment.
01:13:57Oui, je la comprends.
01:13:58Je la dérange un peu trop souvent.
01:14:00Aujourd'hui, qu'est-ce que vous nous voulez?
01:14:02C'est pas pour aujourd'hui,
01:14:03c'est pour demain.
01:14:03Je vous demanderai à vous,
01:14:04à votre mère et à vos frères
01:14:06de ne pas quitter l'appartement.
01:14:07Et l'école?
01:14:08Et mon travail?
01:14:09Qu'est-ce que je vais leur dire, moi?
01:14:10Vous avez une excuse officielle.
01:14:12On va faire une reconstitution.
01:14:14Ça veut dire quoi?
01:14:15Ça veut dire qu'on va répéter
01:14:16les mêmes gestes aux mêmes endroits
01:14:18dans les mêmes temps
01:14:18que lundi au moment du drame.
01:14:20Chacun va jouer son rôle.
01:14:22Vous trouvez pas qu'une fois suffit?
01:14:24C'est comme ça qu'on fait.
01:14:26Celui qui était en face,
01:14:27avec la carabine,
01:14:29il sera là?
01:14:30Celui ou celle.
01:14:34Il sera là aussi,
01:14:35avec un peu de chance.
01:14:37J'ai longtemps essayé d'imaginer
01:14:41le visage de celui ou celle.
01:14:45qui a tiré de sang-froid.
01:14:46Il a pas tiré de sang-froid.
01:14:49C'est pas un professionnel
01:14:50qui a fait ça.
01:14:51Il avait une chance sur mille
01:14:52de tuer avec cette arme.
01:14:54Ce jouet, presque.
01:14:56Une vengeance, mais...
01:14:57Qui? Pourquoi?
01:15:03Ma mère n'aurait jamais fait ça.
01:15:05Jamais.
01:15:07Et votre père n'aurait jamais volé, non plus.
01:15:12Au début, je crois qu'il a fait ça
01:15:14comme un jeu.
01:15:16D'abord, au courant de gouttes.
01:15:19Toujours un peu plus d'argent.
01:15:21Et surtout, la découverte
01:15:22d'un pouvoir qu'il avait jamais eu.
01:15:26Quand il y a eu trop d'argent,
01:15:28votre père s'est senti dépassé.
01:15:33Et il a fermé le robinet.
01:15:39Et puis,
01:15:40il a quitté son travail.
01:15:43Et il s'est inventé
01:15:44une nouvelle solitude.
01:15:46Pleine d'oiseaux, celle-là.
01:15:52Mon père est un escroc, alors.
01:15:57J'aime pas le mot.
01:15:59Disons qu'il est sorti des clous.
01:16:02Mais il s'était rendu compte
01:16:03de rien à son travail.
01:16:05Justement, c'est ce qui m'étonne.
01:16:18Bonjour.
01:16:20Vous fumez ?
01:16:21Jamais, non.
01:16:22Tout est en ordre,
01:16:23l'impasse.
01:16:23On peut y aller.
01:16:24Allons-y.
01:16:36Il est parti ?
01:16:39Tu fumes, maintenant ?
01:16:42Qu'est-ce que c'est ?
01:16:52Il est relevé de compte ?
01:16:53Et alors ?
01:16:55Regardez le destinataire.
01:17:00Maurice Tremblay.
01:17:03Vous avez vu les sommes ?
01:17:074'300.
01:17:094'300.
01:17:095'800.
01:17:116'000.
01:17:1412'000.
01:17:15Dit donc, ça fait des sous.
01:17:17Je comprends qu'il ait arrêté de travailler.
01:17:19Je ne vous le fais pas dire.
01:17:21D'autant plus que ce petit jeu
01:17:22a duré de 46 à 49.
01:17:26Ça vous intéresserait
01:17:27de savoir d'où venait l'argent ?
01:17:29Pourquoi pas ?
01:17:30De chez vous ?
01:17:33De chez moi ?
01:17:35De chez Couvreur et Beauchard,
01:17:37dont vous êtes le fondé de pouvoir, non ?
01:17:39Non, c'est impossible.
01:17:41Pas chez nous.
01:17:44Trop surveillé.
01:17:45Tout est contrôlé deux fois.
01:17:47Et qui contrôle en deuxième main ?
01:17:49Vous ?
01:17:50Enfin, ça dépend des périodes.
01:17:53S'il le faut, ça peut arriver,
01:17:54mais ce n'est pas dans mes attributions.
01:17:59Non, c'est impossible.
01:18:13Imagine.
01:18:16Vous allez mieux ?
01:18:18Eh bien, tant mieux parce qu'on a un pépin.
01:18:19Il faudrait que vous veniez tout de suite.
01:18:21Il faut contrôler 46, 47, 48, 49,
01:18:24entrée et sortie,
01:18:24commande, facture et règlement.
01:18:28Je vous remercie.
01:18:31Ça va dans une heure avec lui,
01:18:32ça est gravite.
01:18:34Combien de temps ?
01:18:35Un bon moment quand même,
01:18:36une bonne nuit.
01:18:37C'est vous, ça ?
01:18:42Mauvaise imitation.
01:18:46C'est ça ?
01:18:49Non, c'est impossible.
01:18:58Vous m'appellerez quand vous avez fini ?
01:19:03Vous m'appellerez quand même.
01:19:07C'est bon.
01:19:20C'est bon.
01:19:22C'est bon.
01:19:24C'est bon.
01:19:36Il est drôle manteuse ce soir.
01:19:38Je suis de service. Je dois rester près du téléphone toute la nuit.
01:19:41C'est un drôle de métier. Vous ne pouvez pas avoir beaucoup de vues prévues.
01:19:43Si, mais pas aux mêmes heures que tout le monde.
01:19:46Dommage. On se croisera peut-être en séjour dans un même fuseau horaire.
01:19:52Qui c'est ?
01:19:59Et vous, vous en êtes où ? Pour 48 ?
01:20:0211 !
01:20:05Sur toute l'année, une par mois ?
01:20:06Eh bien, nom de Dieu !
01:20:10Oh non !
01:20:11Oh non !
01:20:14Oh non de Dieu, nom de Dieu, nom de Dieu !
01:20:25Tu... Tu restes là et tu surveilles ?
01:20:36Totalement impossible.
01:20:38Vous voyez que tout est possible ?
01:20:414 millions de fausses factures acquittées en 4 heures.
01:20:451 million par en 46, 47, 48, 49. Bois frais, c'est ! Bois frais le trembley !
01:20:51Malgré le second contrôle.
01:20:55Et c'était qui, déjà ?
01:20:59Magine !
01:21:00Et où il est, monsieur Magine ?
01:21:03Dans son lit, je suppose ?
01:21:04Il n'est pas venu.
01:21:06Il a dit pourquoi ?
01:21:08Il a la fièvre.
01:21:09Ah !
01:21:10Ça, je comprends qu'il fasse un peu de température.
01:21:17Magine !
01:21:20Je s'imagine qu'il aurait consomné tout ça ?
01:21:23Ça s'appelle un complice, monsieur Mauvaud.
01:21:26Et peut-être même un assassin.
01:21:27Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:15Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:28Je sais pourquoi vous êtes là.
01:22:30Je le sais parfaitement.
01:22:32Pourquoi ?
01:22:32Parce que je n'ai pas dénoncé Maurice Tremblay.
01:22:35C'est un peu pour ça, c'est vrai.
01:22:36C'était un ami.
01:22:38Et j'ai toujours pris le parti des exploités, pas des exploiteurs.
01:22:41Ne pas dénoncer, ça peut être louable, quelquefois.
01:22:46Mais être complice, c'est une autre affaire.
01:22:48Ça vous a rapporté combien ?
01:22:50Rien !
01:22:51Rien du tout, pas un sou !
01:22:52Alors ça, j'appelle ça du dévouement.
01:22:54Vous vous trompez sur toute la ligne.
01:22:55Il ne s'agit pas de me prendre pour un pigeon.
01:22:57Il n'a pas respecté nos accords.
01:22:59Alors je suis allé le voir.
01:23:00Un pass des deux couteaux ?
01:23:02Exactement.
01:23:02Et j'ai réclamé ma part.
01:23:04Deux millions, moitié-moitié.
01:23:06Même pas ?
01:23:07Cinq cent mille.
01:23:09C'était très raisonnable.
01:23:11J'ai toujours été très raisonnable.
01:23:20C'était une reconnaissance que je demandais.
01:23:23Je l'aimais bien trembler.
01:23:25Je lui avais donné ma confiance et il l'a trahi.
01:23:28Vous auriez pu le dénoncer à ce moment-là.
01:23:32Je lui ai dit que j'allais le faire.
01:23:34Alors il a eu peur.
01:23:35Il m'a rappelé pour parler.
01:23:36Il m'a même retenu une chambre à l'hôtel en face.
01:23:38Pour qu'on soit tranquille pour qu'on ait le temps.
01:23:41Mais il n'a pas tenu parole une fois de plus.
01:23:45Non, et ça m'a fait de la peine.
01:23:48Alors j'ai voulu rentrer chez moi.
01:23:50Pour aller au métro, j'ai traversé une fête.
01:23:52Il y avait plein de lumière, plein de bruit.
01:23:54Et quand j'ai entendu les carabines, j'ai eu l'idée.
01:23:56J'en ai caché une sur mon impair.
01:23:57Et je suis remonté dans la chambre à l'hôtel.
01:24:00De là, je voyais ses fenêtres ouvertes.
01:24:02J'ai même vu sa femme un moment.
01:24:05Puis tout à coup, il est arrivé en bras de chemise,
01:24:08sur le fauteuil, tranquille, content.
01:24:10Évidemment, il avait deux vies et moi même pas une.
01:24:12Alors quand il a voulu fermer la fenêtre,
01:24:13je les visais comme une pipe à la foire et j'étirais.
01:24:18Après, je...
01:24:19Après, je ne sais plus.
01:24:21Enfin, j'ai décidé de tout oublier.
01:24:23Et même de pardonner.
01:24:27Bon, je vais m'habiller.
01:24:29Attendez.
01:24:31Qu'est-ce que vous avez fait de la carabine ?
01:24:36Elle est là.
01:24:39Donnez-la moi.
01:24:40C'est qu'un jouet, mais on ne sait jamais.
01:24:41Ah, un jouet, vous rigolez ?
01:24:42Ça peut faire du dégât.
01:24:44Ça en a déjà fait, on ne va pas recommencer.
01:24:46Vous n'avez qu'à tenir sa promesse.
01:24:49Il parlait beaucoup, mais c'était que du vent.
01:24:50C'est comme pour les oiseaux.
01:24:51C'était sa liberté, il les mettait en cage.
01:24:53Il nous a traités comme des pauvres types.
01:24:54Alors moi, je l'ai tiré comme un pauvre type.
01:24:56Je n'ai pas eu raison, je n'ai pas eu raison.
01:24:57Ah, je n'ai pas eu raison !
01:24:59Vous vous rendez compte du spectacle que vous donnez à vos parents ?
01:25:05Non, non !
01:25:06Laissez-moi rentrer chez moi !
01:25:08Non, écoutez, je vais pardonner.
01:25:09Je pardonne à trembler.
01:25:10Laissez-moi rentrer chez moi !
01:25:12Non, je n'ai rien fait.
01:25:15Si je veux rentrer, je lui pardonne à trembler.
01:25:18Non.
01:25:22Ça va ?
01:25:22Vous pensez à quoi ?
01:25:25Je pense que lui, c'est vraiment un pauvre type.
01:26:06Presque pareil.
01:26:08Ah non, j'ai un doute sur la tienne.
01:26:11Ah bon ?
01:26:12Moi, je ne vois pas où.
01:26:14On ne va pas aller chercher un maître.
01:26:18Autre envie ?
01:26:19Qu'est-ce que je veux ?
01:26:23Ah, celle de monsieur le commissaire.
01:26:25Enfin, cela dit, à peu de choses près, c'est vrai.
01:26:27Oui.
01:26:28Moi aussi, un jour, je serai commissaire divisionnaire.
01:26:30Oui, quand je serai champion olympique.
01:26:33C'est bien la mienne.
01:26:34Ça dépend dans quel sens on compte les trous.
01:26:41Au sens des trous.
01:26:43C'est bien la mienne.
01:27:07Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:25Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:52Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:12Sous-titrage Société Radio-Canada