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  • il y a 2 jours
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00:11:09Non, non, je vous en prie.
00:11:10Merci.
00:11:16Non.
00:11:18David ne m'a pas dit qu'il était venu vous voir, mais j'en ai l'intime conviction.
00:11:24Dès qu'il a su que vous veniez à Bruxelles, il ne pouvait pas ne pas tenter de vous approcher.
00:11:27Vous le fascinez.
00:11:31Il est plein de moi auprès de vous.
00:11:34Pourquoi ? Il avait des raisons.
00:11:37Je présume qu'il vous a dit que je voulais le tuer.
00:11:42Votre silence est une réponse, monsieur Maigret.
00:11:47Xavier s'est mis dans la tête qu'il est le seul obstacle à mes ambitions.
00:11:50Qu'il constitue une gêne sociale, un poids dans ma progression professionnelle.
00:11:55Quelle est votre profession, madame Marton ?
00:11:58La lingerie de luxe.
00:11:59Je vends et je dessine des modèles.
00:12:03Le catalogue Harry Schwab, ça ne vous dit rien ?
00:12:05Euh, non, je suis désolé.
00:12:11Nous fournissons en exclusivité le Palais-Royal.
00:12:14Nous allons bientôt ouvrir une succursale à Paris.
00:12:17Votre mari n'apprécie pas votre réussite ?
00:12:20Non.
00:12:22Je pense qu'il a développé un complexe qui est devenu petit à petit de la paranoïa.
00:12:26Tout ce que je fais, il s'imagine que c'est contre lui.
00:12:28Je lui ai conseillé d'aller voir un psychiatre.
00:12:30Il a suivi votre conseil ?
00:12:31Oui, il est allé voir le docteur Steiner.
00:12:34Une sommité que je lui ai recommandée.
00:12:36Et ?
00:12:37Je ne sais pas, il ne m'a pas parlé de leurs entrevues.
00:12:41En tout cas, son comportement obsessionnel ne s'est pas amélioré.
00:12:44Bien au contraire.
00:12:49Vous avez peur de votre mari ?
00:12:52Je n'ai pas peur de Xavier.
00:12:54J'ai peur pour lui.
00:12:57Mais vous-même, pourquoi venez-vous me raconter tout ça ?
00:13:02Excusez-moi, commissaire.
00:13:03Je ne savais pas que vous étiez occupé.
00:13:04Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
00:13:06Merci de m'avoir écouté.
00:13:08Vous n'avez pas répondu à ma question, madame Martin.
00:13:11Je suis venue pour que vous ne preniez pas au sérieux les horreurs que mon mari a pu raconter sur
00:13:14moi.
00:13:15Au revoir, monsieur Maigret.
00:13:19Monsieur Maigret ?
00:13:22Il est vraiment malade.
00:13:24Ça me tracasse.
00:13:34Je suis désolé, commissaire.
00:13:35J'ai l'impression d'avoir interrompu une conversation fort agréable.
00:13:38Les apparences sont parfois trompeuses, mon petit Lambert.
00:13:41Mais comme vous, une visite aussi tardive.
00:13:43J'ai les résultats de l'analyse.
00:13:44Déjà ?
00:13:45Oui.
00:13:45Alors ?
00:13:46C'est un rigolo, celui qui vous a donné l'enveloppe.
00:13:48Pourquoi ?
00:13:49Et qu'on tenait du sucre.
00:13:51Du sucre ?
00:13:52Ouais.
00:13:53Du bête sucre cristallisé.
00:13:57Quoi ?
00:13:58Tu es folle ?
00:14:00Jamais cette décoration n'ira sur le mur de la salle à manger.
00:14:04Une médaille, ça se range dans les tiroirs.
00:14:08Bon, écoute.
00:14:09Je t'appellerai dès que j'arriverai.
00:14:10Je t'appellerai dès que j'en ai, Mosey.
00:14:21Je t'appellerai dès que j'ai eu dirigé unεur d'armel salle.
00:14:25Je t'appellerai dès que j'achète.
00:14:54Bonjour, monsieur. Vous désirez ?
00:14:56Je voudrais parler à monsieur Martin.
00:14:58Ah, il n'est pas là.
00:15:00Il est en congé ?
00:15:01Non, il aurait dû être là à 9h30, mais il n'est toujours pas arrivé.
00:15:05Et il n'a pas téléphoné ?
00:15:07Non.
00:15:08C'est dans ses habitudes ?
00:15:10Non, généralement, il est très ponctuel.
00:15:13Je peux peut-être vous aider ?
00:15:14Non, c'est personnel.
00:15:18Vous avez l'adresse de son domicile.
00:15:21Je vais vous chercher ça.
00:15:38Et il n'est pas le plus du tout.
00:15:40Non, c'est pas le plus.
00:15:43Non, c'est pas le plus.
00:15:47C'est le plus.
00:15:57C'est un pur, c'est pas le plus.
00:15:58C'est-à-dire qu'il peut-être.
00:16:01C'est un pur.
00:16:07C'est pour quoi ?
00:16:09Monsieur Martin n'est pas chez lui.
00:16:11Non, il travaille.
00:16:12Je suis passé au magasin et il n'y est pas non plus.
00:16:15Est-ce que j'y peux ?
00:16:18Est-ce qu'il vous a dit qu'il ne travaillait pas aujourd'hui ?
00:16:21Non, il n'a rien dit. Il est parti comme d'habitude.
00:16:26Bien, je vous remercie.
00:16:46Bonjour, monsieur le commissaire.
00:16:49Oui, bien entendu. Oui, oui, je vous rappelle.
00:16:53Qu'est-ce que vous faites ici, malgré que vous n'êtes pas rentré à Paris ?
00:16:56J'ai différé mon départ. Je voulais vérifier deux ou trois choses sur Xavier Martin.
00:17:01Xavier Martin, c'est qui ça ?
00:17:02Le type qui est venu me voir au ministère.
00:17:05Qui n'avait pas l'air d'être dans son assiette, là.
00:17:07Vous vous souvenez ?
00:17:08Ah oui, oui, oui.
00:17:09Et alors, qu'est-ce qui lui arrive ?
00:17:12Qu'est-ce qui lui arrive ?
00:17:16Il venait pour me dire
00:17:18que sa femme voulait l'assassiner.
00:17:21L'assassiner ?
00:17:22Ah, votre enveloppe à analyser, ça avait un rapport avec ça ?
00:17:25Oui.
00:17:26Bon, et qu'est-ce qu'il y avait dedans ?
00:17:28Oh, du sucre.
00:17:29Du sucre ?
00:17:31Et qu'est-ce que vous attendez de moi ?
00:17:33Que vous fassiez un début d'enquête.
00:17:36Pourquoi il a porté plainte ?
00:17:37Non, mais j'ai un pressentiment.
00:17:41Je ne l'ai trouvé nulle part aujourd'hui alors qu'il aurait dû être à son travail.
00:17:45En plus, il est suivi par un psychiatre, alors...
00:17:47Ça ne me paraît pas un motif sérieux pour ouvrir une enquête.
00:17:51Une mort d'homme, même hypothétique, ça ne vous suffit pas ?
00:17:55Bon.
00:17:57Vous savez l'estime que j'ai pour vous, maigre.
00:18:00Mais il y a néanmoins une différence de philosophie qui nous sépare, vous et moi.
00:18:06Vous travaillez sur des pressentiments.
00:18:09Moi, je travaille sur des faits.
00:18:11Et dans le cas qui me préoccupe, je ne vois aucun fait digne d'être pris en considération.
00:18:15Des querelles, il y en a dans tous les ménages.
00:18:18Des types pris du complexe de la persécution, il y en a plein des trames, les dispensaires, les sacristies.
00:18:23Et je dirais même que ces faits jouent contre ce marton.
00:18:26Il a un traitement psychiatrique.
00:18:28Et vous a refilé du sucre à faire analyser.
00:18:31Non, manifestement, ce type est un peu dérangé du ciboulot, non ?
00:18:34Alors ?
00:18:36Alors, je me permets d'insister.
00:18:40Bon, Lambert, Van der Molen, le commissaire Maigret a quelques services à vous demander.
00:18:44Bon, d'ici l'extradition de notre truant français, je n'ai rien prévu pour vous.
00:18:48Donc, considérez qu'entre aujourd'hui et vendredi, vous êtes à sa disposition.
00:18:51Mais attention, vous n'aurez aucun ordre de mission officielle, donc...
00:18:55Pas d'intervention intempestive, pas de perquisition sauvage, en un mot, pas de vague.
00:18:59Je ne vous fais pas dire.
00:19:00Exécution, bonne journée, messieurs.
00:19:02Commissaire.
00:19:02Oui ?
00:19:03Excusez-moi, vous avez bien dit vendredi pour l'extradition ?
00:19:06Euh, oui, vendredi, pourquoi ?
00:19:07C'est embêtant, j'avais remis une fiche de congé, moi, pour vendredi.
00:19:10Bah oui, c'est embêtant, mais vous prendrez congé un autre jour, hein ?
00:19:12Non, commissaire, c'est très embêtant, parce que j'avais justement un rendez-vous pour vendredi depuis un mois chez
00:19:17le vétérinaire pour faire opérer mon chat.
00:19:19Je peux vous donner un conseil ?
00:19:21Oui, volontiers.
00:19:22Réservez une ambulance et deux gardes malades pour accompagner votre chat.
00:19:30On peut faire quelque chose pour vous, commissaire ?
00:19:33Appelez en service express le magasin de lingerie Harris Schwab et demandez à madame Gisèle Martin si elle a eu
00:19:41des nouvelles de son mari aujourd'hui.
00:19:44C'est tout.
00:19:45Faudrait aussi appeler le docteur Steiner, c'est un psychiatre, pour savoir si Gisèle Martin l'a contacté dans la
00:19:50journée.
00:19:52Ça c'est qui comment, Steiner ?
00:19:54Steiner, comme Max Steiner, je suppose.
00:19:59Max Steiner.
00:20:01Le compositeur de musique de film, autant n'emporte le vent, hein ?
00:20:05Tu connais pas ?
00:20:06Si, si.
00:20:08Enfin, c'est pas tout neuf non plus, hein ?
00:20:16Ah, commissaire, c'est quelqu'un a déposé une lettre pour vous.
00:20:21Madame Bizarre ?
00:20:23Non, non, monsieur, mais un peu bizarre aussi.
00:20:33Il voulait vous attendre, mais je lui ai dit que vous n'aviez pas d'horaire et qu'il risquait
00:20:37de moisir longtemps.
00:20:38Oui, bien fait.
00:21:10Encore vous ?
00:21:11Oui, mais cette fois-ci, je présume que monsieur Martin est là.
00:21:15Monsieur Maigret, bonsoir.
00:21:17C'est nouveau l'honneur de votre visite.
00:21:19Mais j'ai bien reçu votre message, seulement, comme je le suis pris demain matin, j'ai préféré venir immédiatement.
00:21:25Oui, bien sûr, rentrez.
00:21:42Je vois que vous vous contentez pas de vendre des trains électriques.
00:21:46C'est un véritable violon d'ingres.
00:21:50C'est très impressionnant.
00:21:52Oui, c'est une passion, depuis que je suis tout petit.
00:21:56C'est une complexité extraordinaire.
00:22:00Ça fonctionne vraiment ?
00:22:01Bien sûr, regardez.
00:22:07Pendant que nous sommes tous les deux, vous pourriez m'expliquer pourquoi vous avez disparu comme par enchantement hier au
00:22:12ministère ?
00:22:13Oui, je sais, ça a dû vous paraître très bizarre, mais vous aviez dit cinq minutes et on m'attendait
00:22:18au magasin, alors au bout de dix minutes, j'ai perdu patience.
00:22:21Vous auriez dû prévenir l'huissier.
00:22:23Oui, je sais.
00:22:24Je vous présente toutes mes excuses.
00:22:26Regardez, celui-là, c'est le mien.
00:22:27Je l'ai fait venir en pièces détachées de Nuremberg.
00:22:29En Allemagne, ils sont encore meilleurs sur les miniatures que sur les vrais.
00:22:32C'est pas prêt de s'arranger, regardez.
00:22:33C'est l'empadaire, la tour.
00:22:36Vous voyez cette locomotive ?
00:22:38C'est moi qui ai fait la carrosserie.
00:22:41Le tableau, là. Chaque numéro correspond à un convoi différent.
00:22:48M. Maigret est un commissaire de police français. On s'est rencontrés au ministère de l'Intérieur.
00:22:53Jeannie est la sœur de Gisèle, ma femme.
00:22:57Vous prendrez bien Porto, M. le commissaire ?
00:23:00Oh non, merci. Si vous avez une bière, c'est très bien.
00:23:06Vous voulez une petite démonstration ?
00:23:11Où êtes-vous allé toute la journée sans prévenir personne ?
00:23:14Je suis allé voir un grossiste en pièces détachées pour circuit ferroviaire.
00:23:17C'est à l'autre bout de la ville.
00:23:18Pourquoi n'avoir pas prévenu le magasin ?
00:23:21Mais en fait, c'était pour mon usage personnel.
00:23:25Je voulais pas d'ennuyer avec mon patron.
00:23:27J'ai pu obtenir des pièces exceptionnelles à des prix extrêmement bas.
00:23:31Bon alors, numéro 1.
00:23:35Rapide, brusselle, post-tendre.
00:23:42Merci.
00:23:45Numéro 2.
00:23:47L'étoile du Nord.
00:23:48L'étoile de Paris.
00:23:55Allez-y, essayez, le numéro 4.
00:24:04Rapide, Liège, Aix-la-Chapelle.
00:24:06On peut pas se tromper avec les rapides.
00:24:08Ceux qui roulent plus lentement que les autres, ils s'arrêtent partout.
00:24:10Une dernière question.
00:24:11Pourquoi y avait-il du sucre dans l'enveloppe que vous m'avez donnée ?
00:24:15Du sucre ?
00:24:19Je m'en doutais.
00:24:21Ma femme mipie tout le temps.
00:24:22Elle surveille tous mes faits et gestes.
00:24:24Elle a trouvé, elle a subtilisé l'enveloppe.
00:24:26Et qu'est-ce que vous y aviez mis avant ?
00:24:30La nuit, je me suis senti mal.
00:24:33J'arrivais pas à dormir.
00:24:34Et ce soir-là, il m'avait semblé que la tisane avait un drôle de goût.
00:24:37Alors je suis allé dans la cuisine.
00:24:39Après, de la vaisselle sale, j'ai trouvé un petit récipient qui contenait une poudre blanche.
00:24:43J'en ai mis un petit peu sur le bout de la langue.
00:24:45qu'elle avait exactement le même goût amer que le cognac que j'avais bu ce soir-là.
00:24:50Elle avait pas le goût de sucre ?
00:24:51Absolument pas, non.
00:24:53Tenez, regardez.
00:25:04Celle-ci, elle a pas trouvé.
00:25:07Elle est incapable de manœuvrer mes trains.
00:25:14Nous avons de la visite ?
00:25:23Tu ne nous présentes pas ?
00:25:25Si, si.
00:25:26Je vous présente ma femme, Gisèle.
00:25:28La commissaire Maigret dont je t'ai souvent parlé.
00:25:30Quel honneur.
00:25:31Voilà.
00:25:31Que de beau ce privilège, monsieur Maigret ?
00:25:34Eh bien, les trains électriques, évidemment.
00:25:37Évidemment.
00:25:38Monsieur Joubette.
00:25:40Je suppose que tu as invité le commissaire à dîner.
00:25:43Pas précisément, mais...
00:25:45Vous dîneriez avec nous, commissaire.
00:25:47Je dois dire qu'il est difficile de résister à un pareil fumé.
00:25:50Je crois reconnaître l'odeur des carbonates flamandes.
00:25:53Ah non, ce ne sont pas des carbonates, c'est du stomp.
00:25:56Du stomp ?
00:25:57Oui, c'est typiquement belge.
00:25:59Ça se prononce stomp, mais ça s'écrit S-T-O-E-M-P à la flamande.
00:26:03Du stomp.
00:26:04Stomp.
00:26:05Stomp.
00:26:06Stomp.
00:26:08Du stomp.
00:26:09Ça sonne bien.
00:26:11Il y a longtemps que vous n'êtes pas venu en Belgique, monsieur Maigret.
00:26:14La dernière fois, c'était pour une enquête officielle.
00:26:17Un meurtre sur une péniche.
00:26:19Une histoire d'amour ou de haine.
00:26:22C'est souvent pareil, d'ailleurs.
00:26:25Mais ça m'a permis de découvrir les villages.
00:26:28Seulement de dos, parce que j'ai remarqué que les villages tournent toujours le dos à la rivière.
00:26:33Du cognac pour tout le monde ?
00:26:35Non, merci.
00:26:37Le repas était délicieux, mais copieux.
00:26:40Du café ?
00:26:42Non.
00:26:43Non, non.
00:26:44Alors infusion.
00:26:47Camomille.
00:26:48Verveigne.
00:26:49Tilleul.
00:26:49Verveigne.
00:26:55C'est un vrai cordon bleu, votre soeur ?
00:26:57Oui.
00:26:58La pauvre.
00:27:00Où les bergeaux en échangent de ses talents.
00:27:03Elle travaille pour vous, en quelque sorte.
00:27:05Oui.
00:27:07La Libération a suivi un solde américain en Oklahoma.
00:27:10Un prince charmant qu'il a planté là au bout de deux mois.
00:27:13Il a même pas eu le temps de se marier.
00:27:15Vous voyez la situation.
00:27:19La fumée ne vous dérange pas, monsieur Maigret ?
00:27:21Pas le moins du monde.
00:27:24J'arrive de vous poser la même question.
00:27:29Ma soeur est rentrée en Belgique désespérée et sans un sou.
00:27:33J'ai même dû lui envoyer de l'argent pour qu'elle puisse acheter son billet de retour.
00:27:37Il y a des salauds partout, monsieur Maigret.
00:27:39Vous êtes bien placé pour le savoir.
00:27:42Oui.
00:27:42Oui.
00:27:56Verveille.
00:27:59Merci.
00:28:05Non, tout ce qu'on fait, je prendrai aussi une tisane.
00:28:30Si c'est encore du sucre, vous pouvez faire interner le type qui me l'a donné.
00:28:35Service express pour le labo ?
00:28:36Oui, exactement.
00:28:37Déjà qu'ils ont payé ma tête avec l'analyse d'hier, je vous dis pas si je leur fais
00:28:40le coup une deuxième fois.
00:28:42Eh oui, mon petit Lambert, on appelle ça les risques du métier.
00:28:45Je vais vous donner une mission liée à ces enveloppes.
00:28:48Nous allons nous partager le travail.
00:28:50Et surveiller pendant un ou deux jours une certaine famille Marton.
00:28:54Excusez-moi, commissaire, mais le commissaire de Reuter est au courant de tout ceci.
00:28:57Passez-nous à son bureau, il vous le confirmera.
00:28:59Mais c'est à quel sujet, cette pilature ?
00:29:01Je vais vous demander de me déposer et je vous expliquerai tout ça en chemin.
00:29:05Van der Meurenne.
00:29:06Meulen.
00:29:07Van der Meulen, commissaire.
00:29:09Parce qu'en flamand, Van der Meulen, ça veut dire du moulin.
00:29:11Je vous appellerai du moulin.
00:29:14Ça sera plus facile.
00:29:17Tu viens, du moulin ?
00:29:54Eh oui, encore moi.
00:29:57Qu'est-ce que vous voulez ?
00:29:58Vous parlez.
00:30:00Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
00:30:01Par exemple, pour qui cette ambulance est venue ?
00:30:06Pour ma sœur.
00:30:07Il lui est arrivé quelque chose ?
00:30:09Oui, elle a eu un malaise cette nuit.
00:30:11Elle est allée à l'hôpital.
00:30:13C'est grave ?
00:30:14Pas trop, apparemment, puisqu'elle est déjà revenue.
00:30:18Je peux lui parler ?
00:30:19Non, je pense pas qu'elle soit en état.
00:30:22C'est le commissaire Maigret !
00:30:27Apparemment, elle est en état.
00:30:42Vous connaissez la maison.
00:30:44Faites comme chez vous.
00:30:48Installez-vous, monsieur Maigret.
00:30:49Jusqu'en, dans une minute.
00:31:17Décidément, les hommes sont tous des enfants.
00:31:21Elle vous amusent beaucoup, visiblement.
00:31:24J'ai jamais eu de train électrique quand j'étais enfant, alors.
00:31:28Quel est l'objet de votre visite, cette fois ?
00:31:33Vous avez eu la malaise ?
00:31:35Oui, mais comme vous le voyez, ça va déjà beaucoup mieux.
00:31:37Vous avez tout de même dû aller à l'hôpital.
00:31:39J'ai de temps en temps ce genre de tracas, ce n'est pas très grave.
00:31:43Ça peut pas être le schtoump, parce que moi, j'ai pas eu de problème.
00:31:46Non, ça doit pas être ça.
00:31:48Je peux vous offrir un verre, monsieur le commissaire ?
00:31:51Vous êtes allée seule à l'hôpital ? Votre mari vous a pas accompagnée ?
00:31:54Il a dormi en bas cette nuit.
00:31:55Il ne s'est aperçu de rien.
00:31:59Vous faites chambre à part ?
00:32:01Quand vous aviez boit de l'alcool, il ronfle, alors c'est de nuit-là, je préfère qu'il dorme
00:32:04ici.
00:32:06Vous aimez votre mari, madame Martin ?
00:32:10C'est une bonne question, monsieur Maigret.
00:32:12Je vous la retourne.
00:32:15Aimeriez-vous encore votre femme si elle racontait partout que vous voulez la tuer ?
00:32:19Je peux faire le lit ?
00:32:21Habituellement, tu le fais sans demander.
00:32:38Puis-je encore vous être utile, monsieur Maigret ?
00:32:41Non, non, je vais pas vous déranger plus longtemps.
00:32:43Vous ne travaillez pas aujourd'hui ?
00:32:45Non, j'ai pris congé.
00:32:47Je vais en profiter pour me reposer.
00:32:49C'est plus prudent.
00:33:09Alors, ça donne quoi ?
00:33:10Il n'y a qu'une vendeuse dans le magasin, elle ne correspond pas du tout au profil que vous
00:33:13avez décrit.
00:33:14Si vous voulez mon avis, madame Martin n'est pas venue travailler ce matin.
00:33:16Je sais.
00:33:18Ah bon ?
00:33:19Vous vous êtes renseigné sur les raisons de son absence ?
00:33:22Ah ben non, vous nous avez demandé d'être très discret.
00:33:24Moi, j'attendais vos ordres.
00:33:26Très bien.
00:33:27Vous pouvez aller casser la croûte ?
00:33:28Je prends le relais pendant une demi-heure.
00:33:31Commissaire, excusez-moi, on n'a pas reçu d'ordre de l'émission officielle.
00:33:36Les repas ne sont pas remboursés.
00:33:38Ah.
00:33:41Tenez.
00:33:43C'est ma tournée.
00:33:45Allez, bon appétit, Van der Meuren.
00:33:47Merci.
00:33:48Meuren.
00:33:48Van der Meuren.
00:34:07Bonjour, monsieur.
00:34:08Je peux vous aider ?
00:34:09Je voudrais parler à madame Martin, s'il vous plaît.
00:34:13Ah, madame Martin n'est pas là aujourd'hui, mais je peux appeler le patron si vous voulez.
00:34:17Ah, mais oui. Très bonne idée.
00:34:19Je vais le chercher.
00:34:29Bonjour, monsieur.
00:34:30Harry Schwab, propriétaire du magasin.
00:34:32Que puis-je faire pour vous ?
00:34:34Madame Martin m'a donné votre adresse.
00:34:36Elle n'est pas là ?
00:34:37Non.
00:34:38Non, elle a téléphoné ce matin pour dire qu'elle était souffrante.
00:34:41Ce qui lui arrive rarement.
00:34:42Consolide.
00:34:43Comme moi.
00:34:44Je ne suis pas là en tant que client.
00:34:46Je suis le commissaire maigret de la police judiciaire de Paris.
00:34:51Je ne comprends pas.
00:34:53Vous êtes un ami de Gisèle ?
00:34:54Une connaissance.
00:34:56J'ai d'abord rencontré son mari.
00:34:58Et ils m'ont demandé de...
00:35:00de les aider à résoudre un problème.
00:35:03Un petit différent qui gâche un peu leur vie.
00:35:06La vie à deux n'est pas toujours facile, commissaire.
00:35:10Bonne volonté ne suffit pas.
00:35:12Il faut ajouter un peu de cœur.
00:35:15Et surtout...
00:35:19Beaucoup de sourire.
00:35:21En effet.
00:35:29Madame Martin,
00:35:31quel statut a-t-elle dans votre entreprise ?
00:35:34C'est votre employé ?
00:35:35Oui.
00:35:36Oui, je lui verse un salaire.
00:35:37Si c'est ce que vous voulez savoir.
00:35:39Non, en fait, elle est beaucoup plus que ça.
00:35:42Elle dessine certains modèles.
00:35:43Et elle m'aide à choisir la collection.
00:35:46Elle a beaucoup de talent.
00:35:47Du coup,
00:35:48puis de la classer du charme.
00:35:50En fait, elle ne me donne plus que satisfaction.
00:35:52Et je la considère comme une véritable partenaire.
00:35:55Elle vous a peut-être dit
00:35:56que j'allais lui confier la gérance
00:35:57de notre nouvelle succursale parisienne.
00:36:00Vous êtes marié,
00:36:01monsieur Schwab ?
00:36:03Oui.
00:36:04Oui, j'ai deux enfants.
00:36:05Un garçon et une fille.
00:36:08Vous connaissez le mari de Madame Martin ?
00:36:11Vous aviez Martin ?
00:36:12Non, je l'ai rencontré quatre ou cinq fois.
00:36:15Mais d'après le peu de ce qu'elle m'a confié
00:36:16de sa vie privée,
00:36:18son mari est un homme
00:36:19qui ne vit vraiment qu'on trouvait de ses jouets.
00:36:21Mais Madame Martin n'est pas un jouet.
00:36:24C'est exact.
00:36:26Connaissez-vous un autre homme dans sa vie ?
00:36:28Elle ne vous a rien dit,
00:36:29vous n'avez rien remarqué.
00:36:31Je ne lui connais qu'un amant.
00:36:32Le travail.
00:36:35Ah ouais.
00:36:52Alors, Lambert,
00:36:54vous voyez qu'on a fait son petit nid ?
00:36:56Ben oui, commissaire.
00:36:57Le confort est tellement rare dans notre boulot
00:36:59que quand il se présente,
00:37:00il faut sauter dessus.
00:37:01Vous n'avez pas tort.
00:37:03Quoi de neuf ?
00:37:04Ben, je suis resté au labo
00:37:06pendant qu'il faisait l'analyse
00:37:07du contenu de l'enveloppe.
00:37:10C'est du sulfate de strychnine concentré.
00:37:13Autrement dit, de la morora.
00:37:14C'est en vente libre ?
00:37:15Oui, mais c'est à manipuler avec précaution.
00:37:18En petite quantité, c'est un stimulant,
00:37:19mais à forte dose, c'est très toxique.
00:37:23Du côté de Martin, rien de nouveau ?
00:37:25Si, il n'est plus au magasin, il est sorti.
00:37:28Comment ? Mais je vous avais dit de ne pas le quitter d'une sommeille ?
00:37:29Attendez, attendez, commissaire.
00:37:31Je l'ai suivi, puis je suis revenu ici
00:37:33pour que vous me trouviez.
00:37:34J'ai chargé un gamin de m'avertir
00:37:35si Martin quitte le restaurant
00:37:37où il déjeune.
00:37:39C'est à deux pas d'ici,
00:37:39je vous ai fait un petit plan
00:37:41pour y arriver.
00:37:42C'est un restaurant de poissons,
00:37:43ça s'appelle L'Espérance.
00:37:58Dis donc, voilà.
00:38:00Je suis le collègue du policier
00:38:01qui t'a donné 5 francs.
00:38:03Il est toujours là, le monsieur ?
00:38:04Oui, monsieur.
00:38:06C'est bien, ta mission est finie.
00:38:08Ça fait du bon travail.
00:38:09Merci, monsieur.
00:38:35Qu'est-ce que tu fais de la maison ?
00:38:38Je sais, c'est le seul problème, mais...
00:38:39Vous vous conseillez la seule ou le cabillaud ?
00:38:42La seule a l'air d'être un bon choix.
00:38:44Si elle est fraîche,
00:38:46c'est fiable.
00:38:49Oui, vous permettez.
00:38:52Je vous dis ça parce que...
00:38:54Moi, j'ai remarqué que dans certains endroits de Bruxelles,
00:38:58on risque de garder leur pas sur l'estomac.
00:39:03Comment va votre épouse ?
00:39:04Vous avez pris de ces nouvelles ?
00:39:05Qu'est-ce que vous voulez dire ?
00:39:07Elle a bien eu un malaise, cette nuit.
00:39:09Elle est allée à l'hôpital.
00:39:11Vous n'êtes pas au courant ?
00:39:12Si, si, bien sûr, mais...
00:39:15Gisèle a régulièrement des problèmes de ce genre.
00:39:17Au point de se rendre à l'hôpital en pleine nuit ?
00:39:20C'est vrai, Gisèle, elle pense qu'à son travail,
00:39:22à sa carrière, à sa réussite.
00:39:24Elle n'a pas d'horaire, elle s'alimente mal,
00:39:25alors, fatalement,
00:39:27les intestins et l'estomac pâtissent.
00:39:30C'est classique.
00:39:31Ah, c'est très intéressant comme diagnostic.
00:39:37Je serais ravi de discuter plus longtemps avec vous, commissaire,
00:39:40mais il y a mon jeune collègue qui est tout seul au magasin
00:39:42et je suis déjà en retard.
00:39:45Bon après-midi.
00:39:54Vous déjeonnez souvent avec votre beau-frère ?
00:39:59Des fois.
00:40:01Tant que c'est pas interdit.
00:40:04Votre sœur est au courant ?
00:40:07Pourquoi ?
00:40:08Vous savez, avec la vie qu'elle fait mener à Xavier,
00:40:10il a besoin d'être rassuré de temps en temps.
00:40:13Et c'est vous qui...
00:40:15le rassurez.
00:40:19Je sais ce que vous pensez.
00:40:21C'est exact ce que je pense ?
00:40:24Non.
00:40:25Nous ne couchons pas ensemble.
00:40:28C'est pas pour ça qu'elle lui rend la vie plus facile.
00:40:31En fait, il s'aime plus.
00:40:33Alors elle est odieuse.
00:40:35Et il en a peur.
00:40:38Au point de faire appel à moi.
00:40:40Je lui ai dit que c'était idiot.
00:40:44Mais tout d'un coup, j'en suis plus si sûre.
00:40:49Est-ce que quelqu'un utilise de la mort au ras chez vous ?
00:40:57Est-ce que vous avez un peu de temps ?
00:41:01Je vais vous montrer quelque chose.
00:41:08C'est moi qui nettoie tout ici.
00:41:11J'avais repéré ça parmi les produits ménagers.
00:41:14Je crois que c'est dangereux.
00:41:20Pourquoi vous ne m'en parlez que maintenant ?
00:41:22Je n'ai pas fait attention sur le moment.
00:41:24Sa mère est revenue au restaurant quand vous avez parlé mort au ras.
00:41:27Contre la vermine.
00:41:30Vous voulez un café ?
00:41:31Pourquoi pas.
00:41:34Vous faites tout ici ?
00:41:36Oui.
00:41:37Moi j'ai de la veine, il est sur place, mon travail.
00:41:40Maîtresse de maison, ce n'est pas des honorants.
00:41:42Vous faites ça très bien.
00:41:45À longueur d'année, c'est la 100.
00:41:48Combien d'années ?
00:41:49Je ne sais plus.
00:41:505-6 ans.
00:41:52Et avant, vous faisiez quoi ?
00:41:54J'ai un peu voyagé.
00:41:57Je suis allée mariée en Amérique.
00:42:00Et une fois mariée ?
00:42:02Le paradis.
00:42:04L'Amérique comme au cinéma.
00:42:07Je pensais que ça allait durer toute la vie.
00:42:11La vie a été courte.
00:42:15Il est mort tout d'un coup sur son tracteur.
00:42:19Il y avait un corbeau posé sur son épaule.
00:42:22C'est ça qui m'a alertée.
00:42:26Ses parents m'aimaient bien, j'aurais pu rester, mais j'ai préféré rentrer.
00:42:30Ma gentille grande sœur m'a recueillie.
00:42:33Elle, entre-temps, s'était mariée.
00:42:36Vous savez que ce que vous me racontez ne correspond pas du tout
00:42:39à la version de votre sœur.
00:42:41Il ne faut pas croire tout ce que ma sœur vous raconte, monsieur Magret.
00:42:46Admettons.
00:42:49Et maintenant, vous en voulez à la terre entière ?
00:42:53J'en veux à personne.
00:42:56Même pas à vous.
00:42:58Si quelqu'un le cherche, il ne le trouvera plus.
00:43:00Je l'emporte.
00:43:01Faites attention, c'est très toxique.
00:43:03C'est moi qui ai acheté ça.
00:43:05À quel usage ?
00:43:06Contre les rats.
00:43:08Au magasin, on en a mis partout.
00:43:10Les rats aiment bien la soie.
00:43:12C'est une excellente idée de nous débarrasser de cette poudre.
00:43:14C'est un poison.
00:43:17Vous allez mieux.
00:43:18Je ressuscite.
00:43:20Doucement, mais sûrement.
00:43:22À plus tard, monsieur Magret.
00:43:24Vous avez une grande maison, madame Marton.
00:43:27Vous la louez ?
00:43:31Non.
00:43:32Je l'ai achetée il y a un an.
00:43:35Avec le salaire de chez Schwob, vous arrivez à vous offrir ce genre de maison ?
00:43:40Je ne suis pas juste salariée.
00:43:42Comme je vous l'ai dit, je crée des modèles et je supervise également les achats.
00:43:47Monsieur Schwob apprécie mon travail.
00:43:49Il me verse des primes en compensation.
00:43:52De grosses primes ?
00:43:54Des primes à la mesure de ce que je lui rapporte.
00:43:57Cette réponse vous convient ?
00:43:59Et quand vous irez à Paris, qu'est-ce que vous allez en faire ?
00:44:03Sans doute la vendre.
00:44:05Mais votre mari, que fera-t-il ?
00:44:09Vous n'avez qu'à le lui demander.
00:44:10Moi, je n'ai jamais réussi à connaître ses intentions.
00:44:13Tandes-le prix du mètre carré à Paris, il va avoir du mal à caser son circuit.
00:44:17Je ne vous le fais pas dire.
00:44:20Au revoir, monsieur Magret.
00:44:22Au revoir.
00:44:30Pardonnez-moi de ne pas goûter votre délicieux café, mais...
00:44:34Je n'ai pas vu passer les heures, mademoiselle Johnny.
00:44:36Vous faites comme vous voulez.
00:44:38Bon après-midi.
00:44:51Jany, tu peux monter, s'il te plaît ?
00:45:01Qu'est-ce que tu veux ?
00:45:02Il manque une combinaison à bricot.
00:45:04Elle t'est pas bien ?
00:45:16T'en donnes trois par an, ça te suffit pas ?
00:45:18Je suis comme tout le monde, je les use.
00:45:20Si tu passes l'aspirateur avec, je comprends que tu les uses vite.
00:45:23Je te le fais pas dire.
00:45:24Pourquoi tu l'as ramenée ici ?
00:45:26À quoi tu joues ?
00:45:27Tu m'écoutes ?
00:45:28Non.
00:45:29À chaque fois que je l'ai écoutée, ça m'a porté malheur.
00:45:31Ah, c'est nouveau, sœur.
00:45:33Non, c'est pas nouveau.
00:45:35Tu sais très bien que j'ai raison.
00:45:41Ça, c'est sûr qu'il y a du danger à garder ça chez soi.
00:45:44100 grammes de sulfate de strychnine.
00:45:47Il y a de quoi estourbir 10 000 rats ici.
00:45:49Et toute la famille qui les abrite.
00:45:51Oui, mais toujours pas de quoi ouvrir une enquête officielle.
00:45:54Bah oui, c'est vrai ça, commissaire.
00:45:55Comment on va faire ?
00:45:57Ne pas les lâcher.
00:45:58Et essayer de comprendre pourquoi ce trio familial se fait la guerre.
00:46:02Si on commence à procéder comme ça,
00:46:04il va falloir multiplier les effectifs par 100.
00:46:06Les guerres de famille dans les immeubles, il y en a une par étage.
00:46:09Sans vouloir vous offenser, commissaire,
00:46:11pourquoi vous vous accrochez à cette affaire ?
00:46:13Je comprends pas.
00:46:14Dans deux jours, vous êtes à Paris et vous avez des cas bien plus graves.
00:46:18Alors, pourquoi vous acharnez sur une petite affaire de famille ?
00:46:22Ce type est venu me demander de l'aide.
00:46:24Alors j'aurais des scrupules.
00:46:58Si tard, il y a un problème ?
00:47:00Oui, il y a un problème.
00:47:02J'ai pris contact avec vous de ma propre initiative,
00:47:04je n'étais pas obligée de faire.
00:47:05J'ai bien eu tort.
00:47:07Pour quelle raison ?
00:47:08Est-ce que lors de votre visite avec ma sœur cet après-midi,
00:47:10j'ai eu la nette impression que je devenais la méchante dans cette histoire ?
00:47:13Soudain, c'est moi qui fais peur à mon mari.
00:47:15En réalité, le petit garçon timide, craintif et tremblant que j'ai aimé,
00:47:18eh bien maintenant, Louis, c'est lui qui me fait peur.
00:47:20Mais vous avez une raison précise ?
00:47:21Il y en a au moins une.
00:47:23Il possède un revolver.
00:47:24Ça, il ne vous l'a sûrement pas dit.
00:47:26Quand avez-vous découvert ça ?
00:47:29Ce soir, je l'ai surpris en train de le nettoyer.
00:47:33Et qu'est-ce qu'il a dit ?
00:47:34Rien, il est monté à l'étage avec le revolver
00:47:36et quand il a descendu, il a nié son existence.
00:47:38Vous l'avez cherché, ce revolver ?
00:47:40Oui, je l'ai cherché.
00:47:43Après, il est sorti, j'ai fouillé dans ses affaires.
00:47:47J'ai même réussi à faire fonctionner son fichu circuit
00:47:49où il cache tout ce qu'il peut.
00:47:50Le revolver n'y était pas.
00:47:53Alors j'ai peur, commissaire, vous comprenez.
00:47:58Vous voulez déposer une plainte ?
00:48:03Je ne sais pas, je ne sais plus.
00:48:06Oui.
00:48:08Allons.
00:48:10En même temps, j'ai l'attendre à ce pensé d'âme.
00:48:16Vous voulez que je m'occupe de ce problème moi-même ?
00:48:21Oui.
00:48:26Vous me fouillez la maison de fond en comble.
00:48:29Nous avons l'autorisation de la propriétaire des lieux.
00:48:31Ne cassez rien.
00:48:33Limitez le désordre au maximum.
00:48:35Qu'est-ce qu'on est supposé trouver ?
00:48:37Une arme de poing, revolver ou pistolet, je ne sais pas.
00:48:39Ah, c'est une perquisition alors ?
00:48:41Oh, appelez ça comme vous voudrez.
00:48:43Ah, mais dans ce cas-là, vous m'autoriserez à prévenir le commissaire d'oritaire de tout ceci.
00:48:46Permettez-vous de vous rappeler que nous n'avons pas d'ordre de mission officielle.
00:48:48J'en prends l'entière responsabilité.
00:48:51Oui, mais je pense néanmoins qu'il vaudrait mieux prévenir le commissaire de...
00:48:54Le commissaire Maigret te dit qu'il en prend l'entière responsabilité.
00:48:56Eh bien alors, si ça te plaît pas, tu vas au bistrot à côté.
00:48:58T'as rien vu, rien entendu, ok ?
00:49:03Bon, l'envers, on se partage le rez-de-chaussée.
00:49:05Vous commencez par là.
00:49:07Vendeur Molen, à l'étage.
00:49:33Ils font quoi là ? Il y en a un qui fouille ma chambre.
00:49:35On cherche une arme.
00:49:36Plus précisément, un revolver.
00:49:38Vous l'avez pas vu, vous ?
00:49:39Il n'y a jamais eu de revolver ici.
00:49:41Il était de la vie et j'ai demandé à monsieur le commissaire de mettre la main dessus.
00:49:45On perdait tout ça, boule.
00:50:08À première vue, rien à l'étage, commissaire.
00:50:10Il peut être n'importe où, hein ?
00:50:12L'envers ?
00:50:13Oui ?
00:50:14Occupez-vous du circuit, tous les deux.
00:50:17Bien, commissaire.
00:50:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:50:59Ah, j'ai déjà vérifié, commissaire.
00:51:10Qu'on vous en a deviné ?
00:51:13Cette maison n'existait pas la première fois que je suis venu.
00:51:19Pouvez-vous m'expliquer pourquoi vous détenez un revolver chez vous ?
00:51:23Pour me défendre.
00:51:25Vous le possédez depuis longtemps ?
00:51:26Deux, trois mois.
00:51:28Et vous avez un permis de port d'armes ?
00:51:30Non, mais elle n'est jamais sortie d'ici.
00:51:31C'était pas la peine de mettre toute la maison à sac.
00:51:33Il suffisait de me le demander, je vous la redonner, monsieur le commissaire.
00:51:35Votre femme a vu cette arme, elle vous en a parlé.
00:51:37Vous avez nié son existence.
00:51:39Il faut pas croire ce que raconte ma femme.
00:51:40Ma femme est une menteuse et une manipulatrice.
00:51:42Moi, je suis venu vous demander votre aide.
00:51:44Elle a réussi à vous apitoyer et retourner tout contre moi.
00:51:46Pour ça, elle est très forte.
00:51:47Un revolver, c'est plus difficile à cacher que de la mort au Rhin.
00:51:50On ne sait plus qui ment dans cette maison.
00:51:53Je commence à en avoir assez.
00:51:54Alors, vous allez venir avec nous, monsieur Martin.
00:51:56Et vous vous expliquerez au commissariat.
00:51:58Mais pourquoi moi ? Pourquoi pas elle ?
00:52:00Parce que je tiens enfin une charge contre quelqu'un dans cette famille.
00:52:04Et il se trouve que ce quelqu'un, c'est vous, monsieur Martin.
00:52:07Détention illégale d'armes à feu.
00:52:10Allez, emmenez-le.
00:52:15Vous avez manqué de personnel pour ranger tout ce désordre, madame Martin.
00:52:20Je suis désolé.
00:52:51Dis donc, toi, de quoi je me mêle ?
00:52:58À propos, c'est pas toi qui est allé prévenir Zévié, sans doute.
00:53:02Et alors, j'aurais pas dû ?
00:53:04C'est vrai que c'est pas mon mari.
00:53:07Mais pour toi, tu vas au Samen.
00:53:09Non, je vois pas.
00:53:19Vous pouvez nous laisser, madame.
00:53:23Je crois que ça vous fera pas de mal, à vous et votre femme, d'être un peu séparés.
00:53:28Jamais autant de pas la quitter des yeux.
00:53:31Vous persistez à ce que je vois.
00:53:32Ça vous semble pas suffisamment clair comme ça ?
00:53:34Ce qui me semble clair à moi, monsieur Martin, c'est que c'est vous le plus dangereux, avec ça.
00:53:44Si vous persistez à évoquer une mort hypothétique, non seulement vous risquez de l'attirer sur vous, mais aussi sur
00:53:49d'autres.
00:53:50J'ai quand même le droit de me défendre.
00:53:52Je vous rappelle que vous êtes venu me demander mon aide à cet effet.
00:53:55Alors, il faut choisir.
00:53:57Ou vous vous faites justice vous-même.
00:53:59Ou bien vous portez plainte, ou vous me laissez faire.
00:54:01Mais pas tout en même temps.
00:54:13Il n'a jamais servi ce temps-jeun.
00:54:15C'est un jouet tout neuf.
00:54:18Venez dans mon bureau, maigret.
00:54:27Vous n'entendez que ce qui vous arrange, maigret ?
00:54:29Je croyais vous avoir mis en garde contre des débordements, et tout ce que vous trouvez à faire, c'est
00:54:33de mettre une maison à sac, et ça sans le moindre mandat.
00:54:35Avec l'autorisation de la propriétaire ?
00:54:37Pas de son mari.
00:54:38Écoutez, nous avons trouvé une arme, vous l'avez vu.
00:54:41Alors je pense qu'il est temps d'arrêter de tourner autour du pot et d'ouvrir une enquête officielle.
00:54:45À moins que vous préfériez qu'il y ait un cadavre.
00:54:47Précisément.
00:54:48Je suis en train de me demander si vos errements dans cette histoire n'ont pas poussé Martin à se
00:54:51procurer cette arme.
00:54:52Admettons, qu'est-ce que vous comptez faire aujourd'hui ?
00:54:54Bon, l'arme est en notre possession, donc de ce côté-là, pas de danger immédiatement.
00:54:58Mais nous avons Martin sous la main.
00:55:00Convoquons sa femme, organisons une confrontation,
00:55:03et moi je vous trouve quelqu'un ici qui leur flichera suffisamment la trouille pour qu'ils se mettent à
00:55:06table.
00:55:07Et vous croyez vraiment que ça va marcher ?
00:55:09Mais pourquoi pas ?
00:55:10Mais ils vont vous raconter n'importe quoi, et une fois rentrés chez eux, ils recommenceront leur manège.
00:55:15Si vous voulez pousser l'un d'eux au meurtre, je pense que c'est la bonne manière.
00:55:19Mais pourquoi vous acharnez-vous comme ça sur cette histoire, Maigret ?
00:55:23Dites-moi le fond de votre pensée.
00:55:24Je suis persuadé qu'une vie est en jeu.
00:55:27Je rentre à Paris et je m'en voudrais à jamais s'il devait arriver quelque chose.
00:55:32Voilà, le fond de ma pensée.
00:55:34En fait, vous êtes un samaritain, Maigret.
00:55:38Un saint, vous voulez dire ?
00:55:41Je te réveille pas ?
00:55:45À Bruges ?
00:55:47Ah non, j'ai pas eu le temps.
00:55:50Au vers midi, je pense.
00:55:53Mais comme je te l'ai dit, on ramène le détenu extradé.
00:55:56Oui.
00:55:59Quoi ?
00:56:03Comment tu as deviné, toi ?
00:56:07Ah oui, c'est une histoire bizarre.
00:56:10Je te raconterai tout ça demain.
00:56:14Ouais.
00:56:15Et ta sinusite, ça va ?
00:56:19Oui, oui, moi aussi.
00:56:21Bon, allez, je t'embrasse.
00:56:23À demain.
00:56:49Jani, tu as vu l'heure ?
00:56:55Je me demande bien ce qu'ils ont bouffé, là.
00:56:58Moi, je me demande quand on va aller se coucher.
00:57:01Quand ils dormiront.
00:57:02Comme on le saura.
00:57:04Écoute, chez toi, comment tu fais quand tu vas dormir ?
00:57:06T'éteins.
00:57:07Eh bien, eux, il y a des chances pour qu'ils fassent pareil.
00:57:10T'es futé, toi.
00:57:17Alors, ici, tu as vu l'heure.
00:57:46Gisèle, ton verre est prêt.
00:58:01Merde, merde.
00:58:03La bielle est cassée.
00:58:05La bielle est cassée ?
00:58:07Oh, vilaine bielle.
00:58:12Mon pauvre garçon, on a envie de te dire d'aller faire tes doigts ou d'aller te coucher.
00:58:17Pardon.
00:58:19Ta place n'est pas avec les grands, toi.
00:58:21Un grand, un homme, c'est ambitieux.
00:58:24Ta gagne de l'argent, ça dort avec sa femme, ça joue pas au petit train.
00:58:29Un jour, tu seras devenu tellement petit que tu pourras rentrer dans un de tes wagons.
00:58:48Attention, attention.
00:58:51Le rapide Bruxelles-Cologne va partir dans une minute.
00:58:55Attention à la fermeture des portes.
00:58:59Le wagon au restaurant est situé entre la voiture 6 et la voiture 8.
00:59:05Premier service, 20 heures.
00:59:08Deuxième service, 21 heures.
00:59:15En tout cas, il s'emmerde pas, lui, avec ses petits trains.
00:59:17Ouais.
00:59:18Ça donnerait presque envie, hein.
00:59:20T'en avais, toi, quand t'étais petit ?
00:59:21Non.
00:59:22Mes parents étaient cultivateurs, figure-toi.
00:59:24À 12 ans, ils m'ont offert un tracteur, mais un vrai.
00:59:28Un buffet est ouvert à la disposition des voyageurs en transit !
00:59:41Qu'est-ce qu'elle lui prend ? Elle est complètement symphonie, lui, quoi.
00:59:45Vous souhaitez à tous un excellent voyage !
00:59:48Avant de découvrir dans les meilleures conditions
00:59:50tous les trésors de l'Orient,
00:59:53la mer, le soleil, une vie de rêve !
01:00:00Appel à tous les voyageurs !
01:00:02Fermez vos portières de l'intérieur !
01:00:04N'ouvrez à personne !
01:00:07Prenez garde aux madames des sleeping !
01:00:09Les prostituées du Reich !
01:00:11Filez-les comme la peste !
01:00:14Comme la civilie !
01:00:24Qu'est-ce qu'ils foutent ?
01:00:29On va.
01:00:44Allô ?
01:00:47Quoi ?
01:00:53Je vous attends en bas, Lambert.
01:00:55Que Van der Meulen reste sur place !
01:00:59L'Éacacht.
01:01:04Je vous laisse en bas !
01:01:26…...
01:01:36Qui avez-vous prévu ?
01:01:37La PJ.
01:01:38Oui, le commissaire d'Oriter est un joignard.
01:01:40On a envoyé quelqu'un le chercher.
01:01:43Ah, le légiste devrait arriver d'un instant à l'autre.
01:01:46Et où sont-elles ?
01:01:47Chacune dans leur chambre.
01:02:08Allez, on va voir.
01:02:17Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
01:02:20Non, non, non.
01:02:22On est en posé.
01:02:23Pas suicide ?
01:02:24Non, non, non.
01:02:25Non, non, non, non.
01:02:54Il est mort il y a très peu de temps.
01:02:57Approximativement ?
01:02:57Entre 30 et 60 minutes.
01:02:59Il a dû absorber une dose de je ne sais pas très bien quoi, le labou va nous le dire,
01:03:03mais...
01:03:03Sacrée dose.
01:03:05Vous le suivez de près ?
01:03:07Aussi près que possible.
01:03:10Qu'est-ce qu'on fait ?
01:03:10Qu'est-ce qu'on fait ?
01:03:11Je l'emmène ou...
01:03:12Vous préférez qu'on ne touche à rien ?
01:03:13Non, non, j'attends le commissaire d'Oriter.
01:03:15C'est lui qui te fera enlever.
01:03:16On ne touche à rien, vous le couvrez simplement.
01:03:19Il est où, d'Oriter ?
01:03:22Il est probablement au Théâtre de la Monnaie, en train de regarder le lac des Cines.
01:03:25J'ai signalé aux centrales.
01:03:33Vous permettez ?
01:03:41J'ai rarement été aussi profondément désolé.
01:03:47Et ce n'est pas une formule de politesse, croyez-moi.
01:03:53À force de l'écouter, il croyait de moins en moins.
01:04:01Pourtant, il y a un coupable.
01:04:04Un vrai.
01:04:06Une vraie coupable.
01:04:09Parce qu'il n'y a que ma soeur et moi, n'est-ce pas ?
01:04:12Qu'est-ce que vous pensez ?
01:04:24Il était en bas, on s'était disputé.
01:04:28Je l'entendais d'ici.
01:04:30Il hurlait à tue-tête, comme un gosse qui veut faire enrager ses parents.
01:04:36Il avait un peu bu.
01:04:41J'ai eu l'impression qu'il te perdait tout contrôle.
01:04:43J'ai recommencé à avoir peur.
01:04:46Pour lui ?
01:04:50Je le sentais capable de tout.
01:04:52Vous voulez dire...
01:04:55mettre fin à ses jours ?
01:04:58Sans m'en est tous capables.
01:05:00Je n'y crois pas, c'est trop facile.
01:05:04À part l'éventualité d'un suicide, il reste deux possibilités.
01:05:08L'accident...
01:05:11Ou quoi ?
01:05:15Vous le savez très bien.
01:05:18Je ne sais rien, je ne sais plus rien.
01:05:22Je l'ai juste vu mourir.
01:05:25Sinon, j'aurais pu vous dire...
01:05:28Vous dire quoi ?
01:05:30N'importe qui peut lui avoir fait ça.
01:05:33L'amant de sa femme, par exemple.
01:05:36Schwab ?
01:05:37La lingerie ?
01:05:40Et M. Martin était au courant ?
01:05:43Oui.
01:05:45Et votre sœur savait que son mari savait ?
01:05:48Oui.
01:05:57Si tout le monde est au courant,
01:06:00pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?
01:06:02Vous n'avez qu'à vous le dire eux-mêmes.
01:06:13Mon maire, demandez à Mme Martin l'adresse privée de M. Schwab, la griffine.
01:06:17Quoi, à cette heure-ci, on réveille ?
01:06:19À votre avis ?
01:06:20On l'emmène au commissariat central ?
01:06:22Mais non, ici.
01:06:40Il y a un policier qui nous garde.
01:06:42Pourquoi faire ?
01:06:44Tu te fous de moi ?
01:06:46Pourquoi on ne bouge pas d'ici ?
01:06:50Tu veux dire pour qu'on ne s'échappe pas ?
01:06:52Pourquoi on s'échapperait ?
01:06:54Tu le fais exprès.
01:06:57Pourquoi toutes les deux ?
01:06:59Parce qu'ils nous pensent coupables, toi et moi.
01:07:04Sûrement pas moi en tout cas.
01:07:05C'était pas mon mari.
01:07:08Alors c'est moi qui l'ai tué ?
01:07:11Pourquoi je l'aurais fait ?
01:07:12Tu peux me le dire ?
01:07:15C'est ça, te regarde.
01:07:16C'est tout le même de toi qu'il avait peur.
01:07:31left.
01:07:43Monsieur le commissaire ?
01:07:44Un commissaire, commissaire.
01:07:54Monsieur.
01:07:55Peut-être.
01:07:56Commissaire.
01:08:09On a mis le temps à me trouver.
01:08:11Ça fait trop fort que je me tape le lac des signes à la monnaie, donc on smokingne.
01:08:16Vous aviez vu juste, mes gars.
01:08:18Mais je m'en serais bien passé.
01:08:20Ça, je vous comprends.
01:08:21Et la femme et la belle-sœur, où sont-elles ?
01:08:23Là-haut, dans leur chaume.
01:08:25Ah, bien. Vous les avez interrogés ?
01:08:27Disons que j'ai pris la température, mais je vous attendais pour vous laisser finaliser.
01:08:33On dirait que ça vous fait plaisir.
01:08:34Oh non.
01:08:37Bon, je peux vous demander un petit service, Maigret.
01:08:39Bon, vous en savez beaucoup plus que moi.
01:08:42Dès lors, considérez que cette affaire est entre vos mains jusqu'à votre départ.
01:08:47Bien, messieurs, vous êtes à disposition du commissaire Maigret.
01:08:50Ah, Van Der Molen, je vais au bureau, voir les analyses et qui sait, les empreintes.
01:08:56Et si vous en trouvez d'intéressantes, je vous envoie des spécialistes.
01:08:58Messieurs, bon courage.
01:09:01Ah, et vous pouvez enlever le corps si vous n'en avez plus besoin, bien entendu.
01:09:04Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas pour l'instant.
01:09:08D'ailleurs, si je peux me permettre, vous devriez envisager aussi l'hypothèse du suicide.
01:09:13Oh, ça y ressemble, mais je n'y crois pas du tout.
01:09:17À vous de voir.
01:09:35Par ici, monsieur Schwab.
01:09:37Ah, Lambert, si on a besoin de moi, je suis au bureau.
01:09:40Je m'occupe du suivi et tout c'est un tremblement.
01:09:41Pour le reste, vous voyez avec Maigret.
01:09:46Venez, monsieur Schwab.
01:10:02Merci d'être venu à une heure si tardive, monsieur Schwab.
01:10:05Je crois qu'il venait m'arrêter.
01:10:06Le inspecteur vous a mis au courant ?
01:10:08Oui, c'est incroyable, oui.
01:10:09Asseyez-vous.
01:10:40Oui, c'est pour éclaircir.
01:10:42Vous m'avez dit qu'elle vous donnait plus que de la satisfaction.
01:10:47Que veut dire ce « plus » ?
01:10:50Je suis marié, commissaire.
01:10:52J'ai deux enfants.
01:10:54Je peux me permettre un petit écart de temps en temps, comme tous les autres.
01:10:57En aucun cas de bouleverser ma vie et celle de ma famille.
01:11:00Seulement celle de Martin.
01:11:02Il n'est donc pas question qu'elle quitte son mari pour vous.
01:11:05Jamais de la vie.
01:11:06C'est très agréable comme ça.
01:11:09Pour être franc,
01:11:11le fait qu'elle soit mariée m'arrangeait plus tôt.
01:11:14Ça m'empêchait d'en vouloir trop.
01:11:17Trop de quoi ?
01:11:19D'amour ?
01:11:20D'ambition ?
01:11:23De grosses primes ?
01:11:25De tout.
01:11:28Eh bien, je vous remercie, monsieur Schwab.
01:11:31Vous pouvez rejoindre votre famille.
01:11:33C'est pour me demander ça que vous m'avez fait venir en pleine nuit.
01:11:37Non, j'avais besoin de prendre la mesure exacte de ce que vous appelez un petit écart.
01:11:42Mais c'est tout.
01:11:43Bonne nuit.
01:11:45Je crains que les besoins de l'enquête n'exigent d'autres informations.
01:11:48Et donc un peu de votre temps.
01:11:51Qu'est-ce que je peux vous dire de plus ?
01:11:53Raccompagnez monsieur Schwab dans ses foyers.
01:12:14Vous allez où ?
01:12:17Si l'une reste, l'autre peut sortir.
01:12:19Pour quoi faire ?
01:12:20Vous êtes drôle, vous, pour acheter quelque chose à manger ?
01:12:24Il n'y a pas de provision ici.
01:12:25Ça dépend pour combien de temps.
01:12:28À mon avis, on n'a pas un certain temps.
01:12:31Alors, vous pouvez enlever votre manteau.
01:12:32Et si vous avez faim, on ira chercher les sandwiches.
01:12:35Ça tombe bien, on est des spécialistes.
01:12:46Je vais rallier Van Dormelen.
01:12:47Elles n'ont pas bougé ?
01:12:49C'est pas que je sache.
01:13:00Si c'est pas indiscret, commissaire, vous avez une solution au problème ?
01:13:05Et vous, vous en avez une ?
01:13:08Le poison, tout le monde sait s'en servir, y compris Martin lui-même.
01:13:12Est-ce que vous croyez encore au suicide ?
01:13:14Ah non, pas forcément.
01:13:16Et ce qui est troublant, c'est qu'elles ont toutes les deux la même attitude.
01:13:20Du chagrin, ça c'est sûr, mais aussi de l'étonnement,
01:13:23comme si elles ne s'attendaient pas à ce qui s'est passé.
01:13:25Je crois pas à l'alliance des deux sœurs.
01:13:30J'ai cru comprendre que Schwab et Mme Martin...
01:13:34Oui, vous avez bien compris.
01:13:35D'après ce que j'ai entendu,
01:13:37Schwab ne quitterait jamais sa femme.
01:13:39Par contre, Martin aurait pu tout raconter à la femme de Schwab.
01:13:42Et celle-ci aurait pu faire pression sur son mari pour qu'il congédie Gisèle.
01:13:47Oui.
01:13:48Donc si je vais au bout de mon raisonnement,
01:13:50à Gisèle congédier, elle aurait tout perdu.
01:13:53Schwab, l'argent, Paris, tout son rêve.
01:13:55À mon avis, elle est assez ambitieuse pour que ça constitue un mobile.
01:13:58Vous pensez pas ?
01:14:01C'est cohérent.
01:14:06Donc Gisèle a pu tuer son mari.
01:14:10Elle a pu.
01:14:16Mademoiselle Jeannie, vous voulez venir ?
01:14:22Je vais vous demander de refaire exactement les mêmes gestes
01:14:25que vous avez fait hier soir.
01:14:27Vous voulez bien ?
01:14:39Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:06Le cognac a été déjà versé.
01:15:08Pourtant, vous en avez rajouté ?
01:15:10Pour faire bonne mesure.
01:15:12J'aime bien l'équilibre, c'est comme ça.
01:15:14Ah.
01:15:15Continuez.
01:15:18Vous avez laissé la bouteille sur la table ?
01:15:20Non, je l'ai remporté à l'accueil, ici.
01:15:27Je sais plus.
01:15:29D'habitude, vous procédez de cette manière ?
01:15:32De cette manière ou d'une autre.
01:15:33Le plus souvent, je laisse la bouteille.
01:15:36Et pas hier soir.
01:15:38Je vous dis, je sais plus.
01:15:42Bon, ça fait rien.
01:15:43Continuez.
01:15:46J'ai pris les deux verres et j'ai rejoint Xavier, là.
01:15:50Je me regardais pas, il était dans ses trains, comme d'habitude.
01:15:53Alors, j'ai posé son verre, là.
01:15:55Posez-le.
01:15:58Il y a deux endroits, qu'est-ce que je fais ?
01:16:02Exact.
01:16:03Ça fait rien, continuez.
01:16:07Alors, j'ai appelé ma sœur pour lui dire que son verre a été servi.
01:16:09Elle vous a répondu ?
01:16:11Je sais pas.
01:16:12Elle en avait pas besoin, je le posais toujours au même endroit.
01:16:15Allez, posez son verre.
01:16:23Et ensuite ?
01:16:24Je suis retournée à la cuisine.
01:16:26Eh bien, allez-y.
01:16:30Madame Barton !
01:16:34Vous voulez nous expliquer comment vous êtes descendue pendant votre verre ?
01:16:40Venez.
01:16:49Vous avez commencé à boire votre cognac ici ?
01:16:52Non, j'attendais d'être seule dans ma chambre.
01:16:55Donc vous êtes remontée dans votre chambre ?
01:16:56Non, pas tout de suite.
01:16:57Je vous l'ai dit, on s'est disputé.
01:17:00Je vais aller le rejoindre près du circuit.
01:17:03En réalité, c'est de ma faute.
01:17:06Je sais pas ce qui m'a pris, j'ai eu envie de me moquer de lui, de l'humilier.
01:17:11Je crois que j'ai été dure, très dure.
01:17:16Ça n'a pas répondu tout de suite, alors j'ai...
01:17:18J'ai repris mon verre, exaspérée, je suis remontée dans ma chambre.
01:17:22Vous avez posé votre verre ?
01:17:24Ou vous l'avez gardé à la main ?
01:17:27J'ai posé mon verre.
01:17:30Je l'ai repris ensuite, avant de monter.
01:17:33Vous êtes sûre de ne pas vous être trompée de verre ?
01:17:37Trompée comment ?
01:17:39Les deux verres sont très proches l'un de l'autre.
01:17:43Pourquoi j'aurais pris le sien ?
01:17:47Donc vous avez repris votre verre,
01:17:50et vous êtes remontée dans votre chambre,
01:17:52où vous avez commencé à boire votre cognac.
01:17:54Oui.
01:17:56Vas-y.
01:18:07Je crois que je n'ai pas pu me retenir
01:18:08d'en boire une gorgée dans l'escalier.
01:18:10Mais, lui, il a plu devant vous ?
01:18:14Mais il a dû boire après, quand j'étais là-haut.
01:18:18C'est ensuite qu'il s'est mis à délirer,
01:18:20à hurler, on sent son chef de gare.
01:18:22Une vraie crise de démence.
01:18:25Après, je ne sais plus.
01:18:27Je n'ai pas bougé le machon.
01:18:29Je peux remonter ?
01:18:31Oui, oui.
01:18:39C'est juste après qu'il a bu son cognac.
01:18:42Il a dû très vite commencer à souffrir.
01:18:45Il s'est agrippé au circuit.
01:18:47Il a failli tomber des wagons.
01:18:49Oui.
01:18:50Il a pitubé.
01:18:51Il a buté quand on a été de table.
01:18:55et il a renversé le vase
01:18:56qui s'est écrasé en mille morceaux.
01:19:00C'est ce bruit-là que vous avez entendu dans la voiture ?
01:19:02Oui, et puis, il y a eu le cri aussi.
01:19:04Si nous, on a tout entendu de la voiture,
01:19:06ces dames ont dû l'entendre aussi.
01:19:10Madame Martin,
01:19:15c'est le bruit du vase qui vous a fait réagir ?
01:19:19Non.
01:19:21Mme Jeannie,
01:19:23vous êtes venue tout de suite voir ce qui se passait.
01:19:26C'est vous qui avez crié.
01:19:29Peut-être.
01:19:32Moi, ce n'est pas le bruit ni le cri qui m'ont inquiétée.
01:19:36Le silence qu'il y a eu entre les deux.
01:19:43Tout de suite senti qu'il était mort.
01:19:47Je ne savais pas quoi faire.
01:19:52Et vous ?
01:19:55Elle restait là où elle est maintenant.
01:19:58Je ne s'est même pas approchée.
01:20:00Elle s'est mise à pleurer.
01:20:04Elle était incapable de bouger.
01:20:07C'est ça, je...
01:20:08Espèce de salope !
01:20:10Pourquoi ce n'est pas toi qui es morte, hein ?
01:20:12Tu étais exprès de changer les verres de place.
01:20:15Tu l'as tué !
01:20:16Elle avait raison d'avoir peur.
01:20:19Tu...
01:20:19Peur de toi !
01:20:28Vous savez ce que ça signifie ?
01:20:31L'échange de verres.
01:20:34Elle ne vous dira rien.
01:20:36Elle est capable de rester des semaines, sans dire un mot.
01:20:39Toute petite, déjà, elle était comme ça.
01:20:42Tu es la personne, quand même.
01:20:46Et par erreur.
01:20:49Je comprends que vous soyez désespérés.
01:20:56Pourquoi détestiez-vous votre sœur à ce point ?
01:20:59Mais vous étiez libre de partir avec Marton.
01:21:02Elle n'était même pas jalouse.
01:21:05Il était votre amant.
01:21:08Il était votre amant.
01:21:12Il ne l'a jamais voulu.
01:21:15Il avait peur d'elle.
01:21:19Elle ne nous aurait jamais laissé partir.
01:21:22On était trop dépendant d'elle, Xavier et moi.
01:21:25Et c'est ça qu'il aimait.
01:21:27Ça l'a flatté.
01:21:29Pourquoi n'avez-vous pas pris la décision, vous-même, sans attendre les états d'âme de Xavier ?
01:21:37Je ne sais pas.
01:21:39Moi, je sais.
01:21:41Où seriez-vous allé sans argent ?
01:21:44L'argent, c'était votre sœur qui le gagnait.
01:21:48Sans elle, vous étiez dans le ruisseau.
01:21:52C'est comme ça que vous avez eu l'idée des assurances.
01:21:56Notamment une assurance vie sur la maison.
01:21:58Cette jolie maison que M. Schwab vous a offerte,
01:22:02Mme Marton, en échange de vos bons et loyaux services.
01:22:07Ça vous aurait fait une petite somme.
01:22:09De quoi repartir du bon pied.
01:22:12Xavier était au courant.
01:22:20Xavier était d'accord.
01:22:26Je ne l'ai pas mis au courant.
01:22:30J'ai tort parce qu'il a cru que c'est à lui qu'on en voulait.
01:22:33Et comment pensez-vous qu'il aurait réagi ?
01:22:37Je voulais partir cette nuit.
01:22:40Plus tard, Xavier me rejoindrait, après les formalités de l'assurance.
01:22:45Et si vous n'avez pas rejointe ?
01:22:48On s'aimait.
01:22:51Vous l'aimiez.
01:22:54Mais lui, il était toujours amoureux de votre sœur.
01:22:57C'est pas vrai ! Il la détestait !
01:23:00Peut-être, mais il l'avait dans la peau.
01:23:03Ils ne couchaient peut-être plus ensemble,
01:23:05mais l'idée qu'elle fasse l'amour avec M. Schwab
01:23:07était intolérable pour lui.
01:23:09Il m'aimait !
01:23:18Et vous croyez que vous l'aurez encore aimé, après ça ?
01:23:22Vous dites ça.
01:23:25Parce que vous avez commis un crime abominable.
01:23:28Et en plus, tout à fait inutile.
01:23:31étant donné la personnalité que vous aviez Marton.
01:23:36Plus tard,
01:23:38il m'aurait aimé, ça, j'en suis sûre.
01:23:40En Amérique, on peut se marier n'importe où,
01:23:42la nuit, le jour.
01:23:44Moi aussi, je me serais appelée Mme Marton.
01:23:46Je mérite autant qu'elle !
01:24:15Est-ce que je peux l'accompagner ?
01:24:17Oui, oui.
01:24:18Mais après, la justice devra vous séparer.
01:24:22Allez-y.
01:24:44Arnantissé un peu.
01:24:48Arrêtez-vous.
01:24:55Arrêtez-vous.
01:24:57Arrêtez-vous.
01:25:07Sous-titrage FR ?
01:25:35Sous-titrage FR ?
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