- il y a 1 heure
Le 8 mars dernier, Le Grand JD publiait sur sa chaîne YouTube un nouveau documentaire où on le voit partir sur les traces d’un puma en Amérique du Nord. L’occasion de dresser le portrait de l’un des YouTubeurs-explorateurs les plus connus d'Internet.
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AmusantTranscription
00:00Bonsoir Antoine Geffin, on vous retrouve à 23h.
00:13Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans la régulière, l'émission de Toutes les Cultures.
00:16Ce soir, on reçoit quelqu'un qui occupe une place assez particulière dans le paysage internet francophone.
00:21Parce qu'il fait partie de cette première génération de créateurs qui ont commencé à publier des vidéos
00:25à une époque où YouTube n'était pas encore vraiment un métier, ni même un projet de carrière.
00:30Lui, il s'appelle Julien, mais des millions d'internautes le connaissent sous un autre nom, le Grand JD.
00:35Il commence à publier des vidéos au milieu des années 2000, d'abord sur Dailymotion, puis sur YouTube.
00:39Aujourd'hui, sa chaîne rassemble plus de 4 millions d'abonnés et près de 500 vidéos.
00:43Mais ce qui distingue le Grand JD, c'est peut-être la direction qu'il a choisie avec le temps.
00:47Là où beaucoup de créateurs sont restés dans des formats courts ou humoristiques,
00:50lui s'est progressivement tourné vers l'exploration, le documentaire, les ambiances étranges et les récits d'aventures.
00:55Car oui, c'est un aventurier.
00:57Ces vidéos l'ont mené dans des lieux et des situations assez improbables dans les zones radioactives de Fukushima,
01:01dans le désert de la zone 51, dans des villes abandonnées ou même sur des terrains de guerre.
01:05Et son nouveau projet va clairement dans ce sens.
01:07Il s'appelle le Fantôme des Rocheuses, un documentaire coproduit avec la RTS,
01:11présenté en avant-première dans plusieurs salles de cinéma.
01:13On y suit une longue expédition dans les montagnes nord-américaines sur les traces d'un animal presque invisible,
01:18le puma.
01:19Une quête qu'il a menée à marcher des semaines dans la neige, dans les températures extrêmes,
01:22pour tenter de filmer ce prédateur que beaucoup surnomment justement,
01:25le Fantôme des Montagnes.
01:26Est-ce qu'il l'a trouvé ?
01:27On va en parler avec lui aujourd'hui.
01:28Le Grand JD est avec nous ce soir.
01:30À la régulière.
01:40Aller filmer des pumas, c'est pas mon idée.
01:43C'est celle d'un ami qui vit aussi en Suisse, à Neuchâtel.
01:47Un véritable passionné d'animaux, naturaliste et photographe.
01:51Ensemble, on a filmé les ours qui s'aventurent dans les villes en Roumanie.
01:54Et dès le début, j'ai été impressionné par son approche sincère et respectueuse du monde sauvage.
02:00C'est un pisteur hors normes, animé par une détermination rare.
02:04C'est mon ami, Niel Villard.
02:07C'est un extrait de ce documentaire.
02:09Comment ça va ?
02:10Alors, est-ce que je t'appelle le Grand JD ou Julien ?
02:12Comme tu veux, Julien, ça va être plus simple.
02:14C'est plus rapide.
02:15Ou JD, comme tu veux.
02:16Comment tu vas ?
02:16Très, très bien.
02:17Je suis très content.
02:18Merci beaucoup.
02:18Tu as répondu à mon message et je suis très content.
02:20Avec grand plaisir.
02:21Je suis content de te recevoir aujourd'hui.
02:23Effectivement, tu fais partie de ces créateurs qui sont là depuis longtemps,
02:27qui ont eu de cesse de te renouveler,
02:28et même de se spécialiser à un moment.
02:30Si on va, avant de retracer ton parcours,
02:32peut-être si on parle de l'actualité,
02:33ce projet, le fantôme des rocheuses,
02:36il part de quoi ?
02:37C'est quoi le point de départ de cette nouvelle aventure ?
02:40En fait, c'est que à cause ou grâce,
02:43je ne sais pas,
02:44de mon compar Niel Villard,
02:46le photographe que je suis,
02:48animalier,
02:48photographe animalier,
02:49qui lui,
02:51qui travaillait depuis longtemps sur cet animal.
02:53Il m'a toujours dit,
02:53viens voir, viens voir, viens voir.
02:54Puis un jour, je me suis dit,
02:55bon, on va aller voir.
02:56À la base, ça devait être juste une petite vidéo YouTube,
02:58et c'est devenu un projet
02:59qui m'a complètement hanté, en fait.
03:02C'est comme ça le point de départ,
03:03c'est vraiment Niel Villard.
03:04Ok.
03:05Justement, parce que,
03:06à quel moment, toi,
03:07tu as commencé à te passionner
03:10pour justement,
03:11cette envie d'aller filmer dans des zones
03:13pas toujours inexplorées,
03:15mais en tout cas,
03:15pas là où tout le monde va, en fait.
03:17Parce que,
03:17quand tu commences sur YouTube,
03:18ce n'est pas ce que tu fais.
03:19Est-ce que tu avais déjà ça en toi ?
03:21À quel moment tu te dis
03:22que c'est ça ce contenu-là
03:23que tu as envie de proposer aux gens ?
03:25En fait, c'est un doux mélange.
03:26Je pense que,
03:27déjà,
03:28depuis toujours,
03:28quand je fais de la vidéo,
03:29ça a été dehors.
03:30Quand j'ai commencé ma chaîne YouTube,
03:32c'était un peu
03:33le contre-courant
03:34de tout ce qui se faisait.
03:35Il y avait plein de gens
03:35qui étaient chez eux.
03:36Oui, dans leur chambre.
03:37C'est ça.
03:37Il fallait avoir un gimmick,
03:38toujours la même chose.
03:39Et moi,
03:40j'ai toujours fait des parodies,
03:41des trucs un peu différents.
03:42Et les gens
03:43se le prenaient un petit peu,
03:44mais c'était un peu bizarre
03:45de me suivre.
03:45Et aujourd'hui,
03:51c'est un peu à la mode.
03:53Moi, j'ai toujours fait ça.
03:53Pourquoi ?
03:54Déjà, en fait,
03:55ça vient aussi de mon métier.
03:56Moi, je suis caméraman de base
03:58et j'ai fait des reportages
04:00dans divers pays.
04:02Et en gros...
04:03T'es journaliste à la base ?
04:04Plutôt monteur caméraman.
04:06Et en fait,
04:06je faisais ça avant.
04:08Et puis, un jour,
04:09j'ai amené ça sur YouTube.
04:10Et la vidéo
04:11qui a vraiment marqué
04:12un tournant pour moi,
04:13parce qu'avant tout ça,
04:14je ne faisais que des parodies,
04:15des sketchs
04:16et de l'humour.
04:17C'est une vidéo
04:17que j'avais tournée en Irak.
04:19Et je parle de cette vidéo
04:20parce qu'elle a vraiment fait
04:21beaucoup parler
04:22dans le sens où
04:22il y a des journalistes
04:23qui n'étaient pas très contents aussi.
04:24Mais à l'époque,
04:25il faut bien comprendre
04:25qu'il n'y avait pas des brutes,
04:26il n'y avait pas tout ça.
04:28Et arriver avec un contenu comme ça,
04:30je n'en avais aucune idée
04:31de ce que ça allait être
04:33comme réaction.
04:33Et les gens ont été captivés.
04:35Et à ce moment-là,
04:36je me disais,
04:36OK, on peut faire des choses sérieuses.
04:38Et ça, ça a été vraiment le tournant.
04:41Tu avais l'impression avant ça
04:43que YouTube,
04:43c'était forcément quelque chose
04:45de fun, de marrant
04:46et qu'on ne pouvait pas vraiment
04:46proposer un contenu
04:47un peu plus sérieux
04:49ou deep, en tout cas,
04:50sur la plateforme.
04:51Ah ouais, absolument.
04:51Tu sais, aujourd'hui,
04:52il y a tout le monde
04:53qui est sur YouTube.
04:53Oui, maintenant, il y a tout.
04:54On trouve tout sur YouTube.
04:55Tu as des sciences,
04:57tu as de tout.
04:58Mais à l'époque où on parle,
04:59il n'y a que de l'humour,
05:00il n'y a que des sketchs.
05:01C'est quelle époque ça, justement ?
05:02Quand tu te lances,
05:03c'est du 2011 ?
05:05Ouais.
05:05Un peu avant, c'est ça ?
05:06Ouais, ouais, exact.
05:07Je suis très, très nul
05:08avec les dates.
05:09On va dire début 2010, quoi.
05:11Début de la décennie passée.
05:12Voilà, on va dire
05:12les débuts de Natoo, Cyprien,
05:14tu vois, les premiers créateurs.
05:17Et ouais, c'était cette époque-là.
05:19Et donc, le fait de, justement,
05:21de ramener un contenu
05:22un peu plus sérieux à l'époque,
05:24plus journalistique,
05:24je ne sais pas si c'est comme ça
05:25que tu l'envisages à ce moment-là.
05:27Est-ce que c'est un risque pour toi ?
05:28Est-ce que c'est juste naturel ?
05:29Parce que,
05:30est-ce que tu lâches ton boulot aussi
05:32à ce moment-là ?
05:32Dans quelle est ta d'esprit
05:33quand tu commences
05:34à un peu emprunter ce chemin ?
05:36C'est beaucoup de questions
05:37dans une...
05:38Non, mais parce que
05:39ça a été compliqué
05:39de lâcher mon vrai boulot,
05:41de me lancer.
05:42Ça, ça a été compliqué.
05:43Mais c'est une prise de risque.
05:45Mais en même temps,
05:45moi, je ne fais pas les choses
05:46pour le buzz ou quoi que ce soit.
05:48Donc, j'ai essayé.
05:50J'ai proposé un contenu sérieux
05:52et ça a, heureusement pour moi,
05:54ça a vraiment intéressé les gens.
05:55Mais c'était vraiment
05:56genre un ovni dans le paysage internet.
05:59Tu vois, ça a été au-delà de...
06:00J'ai eu pas mal de soucis en interne
06:02avec des journalistes en Suisse, etc.
06:03Parce que tu es Suisse,
06:04on l'a même pas dit.
06:05Non, t'es pas tout aussi.
06:06C'est pas précisé,
06:07mais effectivement,
06:08on t'es Suisse.
06:08Donc, quel type de soucis
06:10avec eux t'as eu ?
06:11Non, mais des soucis,
06:13par exemple,
06:14tu vois,
06:14les gens,
06:15ils étaient un peu choqués
06:16de voir, entre guillemets,
06:17un YouTuber sur un front de guerre
06:18et ils trouvaient que c'était pas normal.
06:20Et c'est vrai que c'était un peu spécial.
06:21C'était nouveau, en tout cas.
06:22Ouais, mais en fait,
06:23moi, j'ai un bagage,
06:24j'ai une carte de presse,
06:25tu vois,
06:26puis pas tout le monde le savait.
06:27Donc, j'étais accompagné
06:28par un journaliste,
06:29Bernard Genier, à l'époque,
06:30etc.,
06:30j'étais encadré.
06:31Mais c'est vrai que d'extérieur,
06:32en fait,
06:33ça faisait un peu bizarre.
06:34Donc, on s'en fout,
06:35mais en gros,
06:35ça a fait un peu une
06:36what the fuck,
06:37qu'est-ce qui se passe ?
06:37Qu'on sort,
06:38on touche à des choses.
06:39Puis je pense qu'il y avait des gens
06:40aussi qui avaient peur,
06:41tu vois, de ça y est,
06:42le métier et tout.
06:43Oui, oui, oui.
06:43Pas du tout.
06:44Qu'est-ce que ça signifie
06:45sur maintenant,
06:45le métier de journaliste,
06:46etc.?
06:47Exactement.
06:48Tu parles d'être allé
06:49sur des fausses,
06:50là où il y a la guerre
06:52et les présentes parfois,
06:53mais même globalement,
06:54j'ai l'impression
06:54que tu aimes bien
06:55te faire peur.
06:56En tout cas,
06:57c'est aussi
06:57une des composantes
06:58de ton contenu
06:58parce que même
06:58dans ce nouveau contenu,
07:00il y a,
07:00quand vous êtes à la recherche
07:02du puma,
07:02il y a des moments
07:03de tension.
07:05Tu vas sur des zones de guerre,
07:07tu as filmé
07:07des maisons hantées,
07:09des zones abandonnées.
07:09Est-ce que ça,
07:10c'est quelque chose
07:10qui te plaît
07:11que tu recherches
07:12cette espèce d'adrénaline, là?
07:13Ça fait le cœur.
07:14Le gars,
07:15il a trop envie
07:15d'avoir de l'adrénaline
07:16et tout,
07:17alors que pas du tout.
07:17Non,
07:18en fait,
07:18je pense que c'est naturel,
07:19parce qu'en fait,
07:20j'aime juste les animaux
07:21et maintenant,
07:22pour aller voir
07:22des animaux un peu cool
07:24et un peu originaux,
07:25il y a des risques,
07:27etc.
07:27Donc,
07:28ça m'amène indirectement.
07:29Pareil,
07:29j'aime bien le côté
07:30spooky,
07:31fantôme et tout
07:31et ça fait un peu peur.
07:33Les zones de guerre,
07:34c'est surtout
07:34travailler dans des zones
07:35où il y a des émotions,
07:36des choses très visuelles
07:37et c'est des opportunités
07:38et c'est des sujets.
07:39J'ai fait un truc,
07:41tu parles de zones de guerre,
07:42donc surtout en Ukraine
07:43et c'était à l'époque
07:44où personne n'en parlait
07:45et je me suis dit
07:46c'est intéressant
07:47d'aller voir ce conflit
07:48qui était gelé à l'époque
07:50donc rien ne bougeait
07:51et c'était juste
07:53pour m'intéresser
07:54à cette zone
07:54mais c'est pas genre
07:55je suis pas
07:56une tête brûlée
07:57ou je sais pas,
07:58c'est juste.
07:58Oui,
07:58c'est pas ça,
07:59c'est pas le sensationnalisme
08:00qui t'intéresse.
08:01Alors,
08:01il y en a un peu,
08:02c'est sûr,
08:03mais c'est vraiment
08:04le puma,
08:05tu prends,
08:05c'est juste un animal
08:07mais après,
08:07on découle
08:08que tu arrives
08:09sur ces situations
08:10parce que des fois,
08:11c'est tendu.
08:11Oui,
08:12justement,
08:14contre de cet animal.
08:15Ce foutu satané puma.
08:18Dans quel état d'esprit
08:19est-ce que justement
08:19il y a de la crainte,
08:20il y a de l'excitation
08:21parce que tu le dis
08:22c'est Neil Villard
08:23qui te met un peu
08:24sur le coup
08:25mais toi,
08:26dans quelle mesure
08:27tu étais pris
08:28dans ce projet-là
08:29et dans quelle excitation
08:30il y avait à l'idée
08:31de le trouver en fait ?
08:33Moi,
08:34je suis comme un enfant
08:35et Neil le dira,
08:36moi je suis un grand enfant
08:37mais sur le terrain,
08:39je suis complètement,
08:40je regarde tout ce que fait Neil,
08:42je l'écoute aux mots,
08:43on n'a jamais rien forcé
08:44tu vois ?
08:45On spoil un peu
08:46mais il y a des images
08:47assez incroyables,
08:47des rencontres cool
08:48et tout ça,
08:49c'est parce qu'on prend le temps
08:50tu vois ?
08:50Moi en fait,
08:51je me réfère à Neil
08:52qui me dit comment travailler
08:54etc.
08:54Puis après,
08:55si tu parles du fait
08:56comment je suis
08:57avec ma caméra
08:59etc.
08:59Quand je suis là
09:00en train de le filmer,
09:00le mec est gelé
09:01en train de me parler
09:02et moi je suis là
09:03mais c'est incroyable
09:03en fait ce qui se passe.
09:04Donc je suis plutôt content
09:06de vivre et d'être là-dedans.
09:07J'ai aussi le sentiment
09:09que toi finalement
09:09il y a presque toujours
09:10cette exigence,
09:12volonté,
09:12de tout faire
09:13de manière un peu artisanale.
09:15C'est-à-dire qu'en fait
09:16aujourd'hui tu as une chaîne
09:17qui est très suivie,
09:18qui a du succès,
09:19tu pourrais,
09:20on a reçu pas mal
09:21de créateurs ici
09:22où parfois il y a
09:22une surenchère
09:23aux grosses productions
09:24et toi tu as des centres
09:26d'intérêt,
09:27des sujets en tout cas
09:27qui pourraient donner lieu
09:28à des productions
09:29encore plus importantes
09:30que celles que tu choisis
09:32de faire.
09:33Pourquoi tu as envie
09:36de maîtriser
09:36et de conserver
09:38en tout cas
09:38le côté caméra au point ?
09:40Ouais,
09:40j'aime beaucoup
09:41parce que c'est ce que
09:42j'aime faire.
09:42En fait moi je suis
09:43caméraman,
09:44c'est ce que j'aime faire.
09:44Tu veux pas perdre ça en fait,
09:45tu veux pas juste être
09:46devant la caméra,
09:47c'est pas ça que tu cherches.
09:48De la carte SD
09:49sur le tournage
09:50que je mets dans mon appareil
09:52à l'export vidéo
09:53pour aller en salle,
09:55c'est moi tu vois.
09:56Après au montage
09:57on s'est fait aider,
09:58je travaille avec une journaliste
09:59Margot Fritschi
10:00et Tom Neveau au montage
10:01on a,
10:01c'est à trois
10:02mais c'est quand même
10:03moi qui monte tu vois.
10:04Et non,
10:05j'aime trop faire ça en fait,
10:06moi j'aime trop filmer
10:06et c'est important pour moi,
10:07je peux pas déléguer
10:08cette partie,
10:09c'est la plus importante.
10:10Même encore aujourd'hui ?
10:11T'en as pas un peu marre de ça ?
10:12Sur des projets comme ça,
10:13non.
10:13Mais comme je t'ai dit,
10:14là on était trois au montage
10:16et ça fait du bien
10:17aussi de parler à des gens
10:18qui s'en foutent des animaux
10:19et qui essayent
10:20de construire quelque chose.
10:22Mais non,
10:22moi le montage
10:23et surtout le tournage
10:24c'est quelque chose
10:25qui est incroyable en fait.
10:27Tu viens de toi
10:27cette passion des animaux ?
10:29T'as toujours eu
10:30depuis ta plus tendre enfance ?
10:32Ouais,
10:32alors comme on l'a dit avant,
10:33je le replace,
10:34moi je viens de Suisse
10:34et je pense que c'est une région
10:35qui est pas mal entourée
10:37de nature.
10:38On a la chance
10:38d'avoir des forêts
10:39pas très loin,
10:40des montagnes et des lacs
10:42et déjà de base,
10:43tu vois,
10:43t'es quand même sensibilisé à ça.
10:44Quand t'es petit,
10:45tu vas souvent faire
10:45des sorties en nature et tout
10:47mais des vraies sorties
10:48dans la vraie nature.
10:49T'as le Jura,
10:50même le Jura français
10:51qui est pas loin.
10:52Donc ça c'est de base
10:53et puis après,
10:53j'ai eu la chance,
10:54j'allais souvent
10:55avec ma famille en nature
10:57et je pense que depuis tout petit,
10:58j'ai réfléchi grâce
10:59au projet Puma
11:00pourquoi j'aimais tant ça
11:01et c'est vraiment,
11:02c'est mon enfant,
11:03c'est l'autorité
11:04avec des petites bestioles
11:05et tout.
11:06Bon, tu l'as dit,
11:07tu l'as répété,
11:08je vais le dire une troisième fois,
11:09tu viens de Suisse
11:09et tu n'es pas seul
11:10à venir de Suisse,
11:11il y a un artiste,
11:12il y a plusieurs artistes
11:13qui viennent de Suisse,
11:13mais un artiste
11:13qu'on va écouter tout de suite
11:15dont on parle beaucoup en ce moment,
11:16c'est Makala.
11:17T'aimes bien Makala ?
11:18Bien sûr,
11:19tu me regardes
11:19comme tu vas me juger
11:20si je dis...
11:27tu ne peux pas valider
11:28ce qu'il est en train de construire
11:30et ce qu'il fait
11:30dans les projets et tout,
11:31donc c'est une évidence.
11:32Bon, on s'écoute,
11:33moi mon morceau préféré
11:34du projet qui est en Pays-sur-France d'Aire,
11:35c'est le morceau Loceto,
11:37on s'écoute ça tout de suite
11:37et juste après,
11:38on est de retour
11:38avec le Grand Gidé.
11:40Fais ta, fais ta,
11:42fais ta, fais ta vie en fête,
11:46mata, mata,
11:47petit canta, position et gata,
11:51gata, gata,
11:52tout distraction et yété, yété.
20:00qu'un média, on va dire traditionnel, mainstream, ce qui n'était pas forcément imaginable
20:05il y a quelques années.
20:06On voit que c'est de plus en plus le cas, je pense à Seb par exemple qui avait fait
20:08des documentaires aussi, en collaboration avec une chaîne télévision française, on
20:12sent qu'il y a de plus en plus de ponts qui se créent, tu vois que ça c'est
20:15nouveau
20:15aussi, ça n'existait pas avant ça.
20:17En vrai, pour le coup la RTS avec qui j'ai déjà collaboré, ils avaient déjà fait des
20:22trucs hybrides avec moi avant tout ça.
20:24Donc oui ils ont toujours été un peu avant-gardistes sur les propositions et sur les coproductions.
20:29Donc ça pour le coup, ce n'est pas vraiment une surprise.
20:32Et ce projet là, on a été voir la section documentaire et ils ont kiffé le projet donc
20:35voilà.
20:36Tu as quel lien toi avec les médias mainstream aujourd'hui ? Est-ce que pour toi c'est compatible
20:39le créateur de contenu, YouTube, la télé, la radio, est-ce que tu as l'impression qu'il
20:45y a de plus en plus de ponts qui peuvent se créer ?
20:47Ouais je pense, mais de toute façon ça se fait, mais surtout j'ai un énorme respect
20:50pour moi c'est important, vraiment même le service public et tout ça c'est important
20:54vraiment.
20:55Mais ça compte pour toi ?
20:55Ouais ça compte parce que moi je suis un vieux et que j'ai vraiment bossé entouré
21:00de journalistes, tu vois je viens de cette école, je suis un vidéaste vraiment avec
21:04les monteurs, caméraman donc c'est un peu mon monde tu vois, j'ai beaucoup d'amis journalistes
21:08et tout.
21:09Donc j'ai un énorme respect et c'est super important surtout dans le monde aujourd'hui.
21:13Ouais.
21:14Le Grand JD est avec nous jusqu'à 23h.
21:23Le Grand JD, on l'a dit, tu as eu plusieurs vidéos qui ont fait date en tout cas je
21:27pense
21:27dans ta carrière de créateur de contenu et il y en a une à mon avis qui a aussi été
21:31particulièrement importante, c'est celle-ci.
21:33Là je suis dans la partie civile et je ne peux pas aller plus loin, vraiment je ne peux
21:37pas aller plus loin.
21:38C'est une zone ultra surveillée, ultra sécurisée, vous connaissez le truc, il y a des barbelés
21:43etc.
21:43Si je vais plus loin je peux me faire arrêter, aller en prison et puis même me faire tirer
21:47dessus, voilà il y a des histoires comme ça qui traînent.
21:49Cette énorme caméra là qui est en train de me regarder, c'est quand même pas mal.
21:53Il y a une atmosphère un peu bizarre, enfin tu te dis voilà, il se passe des choses de
21:57l'autre côté.
21:58Je n'ai pas eu le temps de plus filmer parce que sans rigoler, une patrouille est arrivée
22:01sur moi.
22:03Deux patrouilles qui viennent d'arriver, qui m'ont fait les phares et qui n'aiment
22:08pas du tout ma présence.
22:09C'est interdit de filmer, du coup je vais me barrer parce qu'ils m'ont bien fait comprendre
22:12que je n'étais pas le bienvenu et il n'y a pas le droit de photographier, il n'y
22:15a pas
22:16le droit de filmer.
22:19Donc ça, c'est un extrait d'une de tes vidéos qui a vraiment marché aussi.
22:22C'est toi qui vas sur la zone 51.
22:26Quand on va là-bas, est-ce que tu y vas vraiment tout seul, sans autorisation ? Comment ça se
22:30prépare ce genre de tournage ?
22:34C'est hyper drôle parce que cette vidéo, elle ne devait pas sortir.
22:37Cette vidéo, je ne devais pas la tourner.
22:39J'étais là-bas aux Etats-Unis pour tourner dans un lieu hanté qui n'est pas très loin
22:44de la zone 51.
22:44La zone 51, ce qu'on peut expliquer ce que c'est, c'est une zone où ce n'est
22:49pas vraiment
22:49ce qu'il y a là-bas.
22:50C'est une zone militaire interdite au public évidemment, où il y aurait des expériences
22:55après slash extraterrestres.
22:58Beaucoup de fantasmes sont nourris autour de cette zone.
23:00Exactement.
23:00Depuis les années 80, il y a des rumeurs parce qu'il y a des gens qui ont témoigné en
23:04interview et tout ça.
23:05Tu veux partir là-dedans ? Moi, je peux te raconter toutes les histoires.
23:07Mais raconte-moi.
23:08Moi, j'ai envie d'une vidéo du Grand Jidé en direct.
23:10Non mais voilà, c'est un peu ça.
23:12Effectivement, beaucoup de gens ont fantasme et puis plusieurs, pendant plusieurs périodes,
23:16il y a eu des rebondissements, etc.
23:18Des nouvelles preuves ou pas.
23:20Et en vrai, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné quand j'étais gamin.
23:23Et j'ai vu avec les scores de la vidéo que je n'étais pas le seul évidemment.
23:26Mais tu sais, c'est…
23:27Je pense que pour notre génération aussi, pardon tout coup, mais les enfants des années
23:3080, 90, il y a même beaucoup de films qui font référence, des films de Spielberg.
23:34Il y a vraiment ce côté qu'est-ce qui est caché là-bas en fait.
23:37Donc évidemment.
23:38Et moi, j'étais là-bas pour un autre tournage et j'étais à côté.
23:41Je me suis dit, je vais aller voir.
23:42Et vraiment, j'ai commencé à tourner des petites séquences.
23:45Je me dis en fait, c'est cool.
23:46L'ambiance, elle est cool et c'est ce qu'on voit dans la vidéo.
23:47Et je l'ai monté un peu vite en vrai.
23:50Et la vidéo, elle a cartonné en fait.
23:52Mais à la base, elle ne devait pas sortir.
23:54Et non, ça se prépare un peu.
23:57Il n'y a pas de préparation.
23:58J'ai été et je ne suis que dans les zones touristiques.
24:00Évidemment, tu ne peux pas rentrer.
24:02Juste à la fin, monter sur un mont, une sorte de montagne quoi, où tu peux voir au loin.
24:06Et c'est assez exceptionnel ça.
24:08Et voilà.
24:08Je crois que aussi, tu racontes dans les interviews que toi, tu es toujours…
24:12C'est un peu comme une éponge.
24:13Je pose souvent beaucoup de questions aux techniciens.
24:15Et c'est intéressant parce que ce que tu racontes sur toi, sur le fait que tu es un technicien
24:20en fait quelque part.
24:20En tout cas, je pense que tu veux conserver ça.
24:23J'ai l'impression que tu es vachement attaché aussi à la technique en fait et vraiment à l'art
24:27de créer une vidéo, de la monter, de la construire.
24:30J'ai l'impression que tu viens vraiment de ça.
24:32Ouais, moi, c'est ça.
24:33C'est la fabrication de vidéos.
24:34C'est ça qui me passionne.
24:35Quand je suis en tournage, j'ai regardé, il n'y a pas de caméra.
24:38Oui, il y en a.
24:38Je suis bête.
24:39Mais en gros, si je ne les connais pas très bien.
24:41Mais tu vois, quel objectif et tout ça.
24:43Je suis un gros geek de tout ça.
24:44J'adore, j'adore.
24:44C'est ta passion, tu vois.
24:46Ouais, tu as toujours eu ça, ce côté…
24:48J'aime bien l'image.
24:49Et puis, ouais, comment il a réussi à faire une belle image.
24:51Chaque fois qu'il y a un collègue qui sort une vidéo YouTube qui me titille, j'essaie de voir
24:55un peu comment ils ont monté, comment ils ont fait.
24:57J'adore, ouais.
24:57Qu'est-ce qui te met la pression justement sur YouTube ? Ou peut-être ailleurs, peut-être que tes
25:00inspirations ne viennent peut-être pas que de YouTube.
25:02Mais est-ce qu'il y a des choses, toi qui es là depuis longtemps, qui a dû consommer beaucoup
25:05de vidéos YouTube, qu'est-ce qui t'excite aujourd'hui ou te met des claques ?
25:11Moi, j'aime bien quand un projet me prend sans trop réfléchir ou que tu oublies la technique comme au
25:15cinéma.
25:16C'est-à-dire que tu oublies, tu vois, d'un coup, il y a un flou net.
25:18Tu dis, j'ai réfléchi que c'était un flou net ou les trucs qui te transportent un peu.
25:23Ça, c'est chouette.
25:23Il y en a de plus en plus.
25:24Ça devient de plus en plus quali.
25:26Mais il y a plein de vidéos.
25:28Voilà, c'est ça qui m'excite quand je découvre un truc.
25:31Je me prends des claques chaque sortie de grosses chaînes là ou pas forcément.
25:35Vas-y, je te nomme un truc un peu plus underground.
25:38J'en parle souvent, mais « Fais le dupe » qui a sorti une vidéo de 4 heures.
25:41Je vois 4 heures, je suis là, mais en fait, ça va être violent.
25:44Qu'est-ce qu'il veut ?
25:44Ouais, qu'est-ce qui se passe ?
25:46Il a balancé son rush, il s'est planté.
25:48Et en vrai, je regarde et je suis là.
25:50Putain, il n'y a pas de technique dans le sens, tu vois, c'est un face cam et tout.
25:53Mais la construction, comment il raconte ?
25:55Et là, je me dis, je me prends une claque différemment qu'une grosse production à la Kaizen ou je
26:00ne sais pas.
26:00Bien sûr.
26:01Si on revient sur le documentaire pour lequel tu viens aujourd'hui,
26:06vous avez aussi filmé dans des conditions extrêmes, filmé sous moins 35 degrés.
26:10Qu'est-ce que ça change de filmer ou qu'est-ce que ça implique de filmer dans ces conditions
26:13-là ?
26:14C'était très compliqué.
26:15Déjà, physiquement, en dessous de moins 25, tu commences à sentir vraiment.
26:22Avant, ça va.
26:23Tu es bien équipé.
26:24Mais en dessous moins de 25 et quand tu arrives à moins 30, tu es fatigué sans rien faire.
26:29Ton corps, il se bat pour se réchauffer.
26:31Mais heureusement, j'avais un super briefing de Neil qui m'avait bien expliqué.
26:35On était bien équipé.
26:36Mais c'est compliqué.
26:37Le moindre changement d'objectif ou de mouvement est très compliqué.
26:43Tout est une épreuve en fait.
26:44Tout est une épreuve.
26:45A tel point qu'il y a des petites parties du film où j'ai dû tourner.
26:48J'ai honte de le dire, je n'aime pas, mais j'ai dû tourner avec mon téléphone
26:51parce que ma caméra, je n'avais pas la force.
26:54J'ai vite sorti mon téléphone et tout pour faire une séquence.
26:58Il y a quelques petites séquences comme ça, on les reconnaît.
27:00Bref, mais c'est très compliqué.
27:02Et il faut garder évidemment les batteries dessous dans ses sous-vêtements
27:07pour qu'elles soient chaudes.
27:08Parce qu'en fait, tu perds pas mal.
27:09Il y a plein de scènes où, par exemple, il y a une scène avec un loup.
27:12On ne voyait pas ce qu'on filmait tellement il fait froid
27:14que les cristaux du LCD, tu vois ce que je veux dire ?
27:17Comment expliquer ?
27:18Ça devient un peu fantomatique.
27:20Tu bouges puis ça fait un peu des…
27:21Donc tu vois après les rushs, tu découvres après ce que tu as fini.
27:24Tu vois que tu as le petit rec, le petit tali.
27:27Donc ça, ça va.
27:28Mais par contre, c'est trop.
27:29Tu es en automatique et tu espères.
27:31Est-ce que tu as déjà connu une condition plus extrême que celle-ci ?
27:34Ou là, c'était vraiment le plus dur que tu as fait jusqu'à présent ?
27:37Non, je pense que c'est le plus dur parce que ça a été le plus long,
27:40parce que ça a été aussi mentalement très compliqué.
27:43Il y a le froid, il y a l'attente, il y a zéro résultat.
27:46Parce que vous voyez tout le résultat, une espèce de best-of.
27:49Exactement.
27:49C'est deux mois de galère où tu ne vois rien en fait.
27:52Est-ce que ça valait le coup quand même ?
27:53Ben, c'est à toi de me le dire.
27:55Tu as vu le film ou pas ?
27:56Oui, mais moi, je n'ai pas souffert comme toi.
27:59Mais franchement, ouais.
28:00Parce que peut-être qu'on ne se rend pas bien compte,
28:01mais ces images d'animaux, elles sont assez rares.
28:03Oui, bien sûr.
28:04Notamment cette scène où la maman…
28:06Qu'est-ce que tu ressens en ce moment-là aussi quand tu as des vrais moments de beauté ?
28:09Est-ce que justement, tu as le loisir de profiter ou tu es trop dans un moment de fatigue ou
28:14de détresse physique ?
28:15Est-ce que tu as le temps de réaliser ce que tu vois ?
28:18Non, tu ne réalises pas.
28:19Mais en fait, je ne suis pas fatigué, je ne suis pas machin.
28:21Je suis très concentré en fait.
28:22Toutes les images, tous les moments importants.
28:24Moi, je suis concentré avec ma caméra, quoi qu'il m'arrive.
28:27Et une scène dans le film, à un moment donné, je ne sais pas si tu te souviens, il galère,
28:30il a froid,
28:30il installe du matériel, il gueule, il jure dans tous les sens.
28:33Tu te souviens de cette scène où il installe les trucs ?
28:35Ben moi, je suis dans le même état.
28:36Sauf que quand je suis en train de filmer les images, je suis très concentré en dire
28:39OK, n'interromps pas, c'est incroyable et ça va vraiment faire comprendre aux gens ce qu'on vit.
28:45Donc, je suis assez concentré et c'est quand je suis au montage justement, devant les images et je suis
28:49là,
28:50ou le soir, tu vois, quand on déroche où je suis là, OK, c'est ouf en fait.
28:53D'où l'importance de t'occuper du montage.
28:56Pour moi, ouais.
28:57Mais après, il y a des gens, ils le font très bien.
28:58C'est deux écoles.
29:00Youtube, c'est le western.
29:01Tu fais ce que tu veux.
29:01Tout le monde…
29:02Fais comme il l'entend.
29:04Je pense qu'on écoute un morceau, un morceau qui s'appelle Ariane Bonzini.
29:07Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de ce chanteur.
29:08Ariane Bonzini.
29:09Et ben écoute, je suis très heureux de te le faire découvrir aujourd'hui.
29:12On va s'écouter le morceau, tout est de ma faute.
29:15Chanteur, musique très douce.
29:16Déjà, la prod est incroyable.
29:17J'ai un peu envie d'écouter ça sur la côte suisse, en allant vers Vevey.
29:22On dit Vevey ou Vevey ?
29:23Vevey.
29:23Vevey, autant pour moi.
29:24On écoute ça juste après, dans ce truc Le Grand J.
29:38Mon cœur il est cassé, mon visage il est placé Mes cheveux tombent comme la neige
29:44Un univers sur mon cahier Où j'écrivais toute ma peine
29:47Je me sens comme un naufrage Et personne ne viendra me sauver
29:51Sauf si tu me rappelles Laisse-moi fumer une cigarette dans la réelle
29:57Pour pouvoir me calmer, car j'ai plus d'air Dix minutes après, je reviens, mais t'es plus là
30:04On s'était dit qu'on s'abraille jusqu'à l'heure de là
30:07Tout est de ma faute
30:10Fallait pas douter de la faute
30:14Non, non, tout est de ma faute
30:17Parce que j'ai pas trouvé les mots
30:21Tout est de ma faute
30:24Fallait pas douter de la faute
30:27Non, non, tout est de ma faute
30:30Peut-être je suis devenu quelqu'un mort
30:35Je crois que j'ai plus la force
30:38Je vais aller m'acheter quelques clopes
30:42Ton regard faisait ma force
30:45Ça fait du mal à force de crier
30:49Je deviens quelqu'un mauvais
30:51Je ne tiens plus mes promesses
30:53Moi je regarde le ciel
30:54Parce que je suis encore un mort
30:56Moi j'ai rien besoin de prouver
30:58Je vais juste m'habiter pour ce qui peut
31:00Tu me laisses trouver
31:03Tout était de ma faute
31:06Fallait pas douter de la faute
31:10Maintenant tout est de ma faute
31:12Maintenant tout est de ma faute
31:13Parce que j'ai pas trouvé les mots
31:17Tout est de ma faute
31:20Fallait pas douter de la faute
31:24Maintenant tout est de ma faute
31:33Tout est de ma faute
31:34Tout est de ma faute
31:35Tout est de ma faute
31:35Une balade signée Ariane Bonzigny
31:38Très très bien
31:39France Inter
31:41Mehdi Maizy
31:44A la régulière
31:46Et vous l'avez entendu, je suis avec le grand J.D. ce soir, youtubeur, créateur de contenu,
31:51documentaliste, est-ce que je… Fabriqueur de rêve.
31:54Fabriqueur de rêve et qui vient de valider le morceau d'Orient Bonfigny.
31:57Très bien.
31:58Très bien.
31:59Alors, je veux qu'on continue évidemment à parler de toi et on va parler de Youtube
32:03un peu et de la pression des chiffres.
32:05Parce que même si je pense que tu n'es pas le genre de créateur de contenu à être
32:08omnibulé par ça, je suis allé voir ta vidéo et le premier commentaire épinglé,
32:12c'est toi qui a l'air d'être un peu attristé.
32:16En panique.
32:17En panique, peut-être par le fait que la vidéo ne commençait pas comme tu l'espérais.
32:21Bon, moi j'ai regardé les chiffres, au moment où j'ai regardé ça, elle était à…
32:25Ne me dis pas.
32:26Je ne dis pas à combien, mais en tout cas, j'aimerais faire ces stats sur ma chaîne
32:30Youtube.
32:30Ok.
32:31Toi, tu étais un peu déçu, pourquoi et dans quelle mesure c'est aussi quelque chose
32:34qui peut attrister ou en tout cas inquiéter les statistiques sur Youtube ?
32:39En fait, en vrai, il y a une époque, j'étais beaucoup au tout début sur les shifts, c'est
32:43le début.
32:44Logique.
32:44Voilà, et après j'ai réussi à me détacher de ça de plus en plus, j'ai eu ma période
32:49où ça faisait pas mal de vues, etc.
32:51Aujourd'hui, c'est différent, si une vidéo bide, ce n'est pas grave.
32:55Ça veut dire quoi bider pour toi ?
32:57Non, mais c'est bidé pour mes audiences, je ne sais pas si elle fait 200 000 vues…
33:03Ce n'est pas énorme pour toi, par rapport à tes habitudes et standards.
33:06Et si elle fait plutôt un million, c'est très bien, tu vois, mais tu as une vidéo qui
33:10fait en un mois 200 000 vues, c'est compliqué quand même.
33:13Et compliqué pour l'ego ou aussi potentiellement de manière économique ?
33:17Les deux, mais plutôt pour l'économique, puis le côté de genre ok, t'es finito quoi.
33:22Donc ça, c'est un peu l'ego, c'est de se dire que chaque vidéo peut nous inquiéter
33:26sur « est-ce qu'on est encore dedans », en fait.
33:28Et en fait, je pense qu'il y a un truc sur YouTube, tu fais un million de vues sur
33:34une vidéo, tu ne peux pas te reposer pendant un mois ou deux mois, si tu es un artiste
33:39en musique, tu sors un projet, il cartonne, tu peux peut-être l'étendre et le faire
33:44vivre sur six mois de l'année en tournée, etc.
33:46Les YouTube en fait quoi ? Ça fait un million de vues, t'es là ok, content, ou plus, il
33:50faut continuer, il faut enchaîner, c'est pas parce que t'as fait un million de vues
33:52que voilà, t'es installé et que tout le monde te connaît, rien à voir, tu peux être
33:56finito.
33:56Donc il y a toujours ce truc de se dire « je suis fini, c'est bon, plus personne
33:59veut », t'as un peu ce truc-là.
34:00Pourquoi j'étais déçu à la sortie de mon nouveau projet là ? C'est parce que j'ai
34:04mis tellement d'amour et je me suis gelé les coucougnettes dans le froid, il y a tellement
34:11d'efforts, mais aussi émotionnels et tout, que je me suis dit « vas-y, j'espère
34:15que les gens vont trop aimer ». Puis en fait, ça a fait un peu un pétard mouillé,
34:18mais il y a eu des problèmes techniques, bref, et je me suis dit « ça me touche
34:22un peu » et tout, voilà, elle a vraiment bidé, mais en fait, il y a eu beaucoup de
34:27bons retours et il fallait juste un peu le temps.
34:29Aussi, c'est ça qui est compliqué, YouTube, ça change tous les six mois.
34:31Ouais, c'est vrai.
34:32C'est pas une science.
34:32Et puis c'est aussi une question, il y a le talent, la qualité en tout cas
34:36de ta vidéo, et puis aussi des choses que tu ne maîtrises pas, comme l'algorithme
34:39et les tendances actuelles, les miniatures qui, à un moment, certaines miniatures marchent
34:44plus que nous, il y a aussi des choses qui ne sont pas en contrôle, qui vont influencer
34:48le succès ou pas de la vidéo.
34:49Exact.
34:50Et là, pour le coup, typiquement, j'avais une miniature un peu plus documentaire qui
34:54accompagnait le projet et en fait, les gens ne se sont pas pris, j'ai changé le titre
34:58et la miniature et c'est reparti.
35:00Ça, c'est des choses un peu… moi, je ne suis pas en train de… ça me fatigue un peu,
35:04voilà.
35:05Mais c'est le jeu.
35:06Après, voilà, là, j'ai changé la miniature et tout, je pense que ça repart un peu
35:09mieux.
35:09Et puis voilà, il y a des bons retours.
35:10T'as aimé toi ?
35:11Oui.
35:13Mais quand tu… c'est intéressant quand tu parles de oui, est-ce que je suis finito,
35:17parce qu'aujourd'hui, mine de rien, t'es là depuis longtemps.
35:20En fait, demain, t'as une vidéo qui fait 200 000 vues, ça ne veut pas dire que la marque,
35:25le grand GD, elle est terminée, mais ça veut dire que même toi, aujourd'hui, avec
35:29ton parcours, ton background, entre guillemets, t'es encore soumis à ces questions-là.
35:33Bien sûr, tout le monde, tous les créateurs, vraiment, parce que ça change tout le temps
35:37de mode, de style.
35:39Les abonnés qui te regardaient il y a cinq ans, ils ont grandi, ils ont peut-être moins
35:42le temps.
35:43Oh, il est toujours dans ces trucs de maison hantée.
35:44Oh, il est toujours dans ce machin.
35:46Il n'y a pas d'originalité.
35:47Tu sais, tu ne sais pas.
35:48Puis toi, encore une fois, on reste quand même des… moi, je dis technicien, mais peut-être
35:52des créateurs.
35:53Tu es enfermé chez toi dans une salle noire, tu montes un truc avec des chats géants.
35:57Est-ce que ça va vraiment intéresser les gens ? Tu ne sais jamais, tu vois ? C'est trop
36:01cool ce que j'ai vécu.
36:02Mais est-ce que c'est intéressant de voir un loup qui mange une biche ? Je ne sais pas,
36:05tu vois.
36:05On ne sait jamais, on n'a pas vraiment de résultat, tu vois ? Est-ce que toi, parce
36:10qu'on parle un peu d'influence sur YouTube, est-ce que le cinéma, vu que tu es un technicien,
36:16artisan, est-ce que le cinéma, est-ce qu'il y a des films ou même des réalisateurs qui,
36:20tout pour pourcent garder, peuvent t'influencer, en tout cas t'inspirer dans ce que tu fais ?
36:24Ouais, mais c'est sûr.
36:25Je ne veux pas dire non.
36:26C'est sûr.
36:26Moi, je suis beaucoup plus documentaire.
36:28Ok.
36:28J'aime beaucoup le docu.
36:29Mais bien sûr, et d'ailleurs, une grosse référence pour l'image, l'étalonnage, ça a été
36:34The Revenant.
36:35J'en ai parlé à Zaccaria qui a été allé dans tout ça, et on s'est vraiment calqués
36:40sur cette ambiance où tu as froid quand tu vois le mec, il y a beaucoup d'inspiration.
36:44C'est le film qui avait valu un premier Oscar à Leonardo DiCaprio à l'époque.
36:49C'est un film dont l'ambiance a pu te marquer.
36:53Justement parce que tu l'as dit, enfin on l'a dit à plusieurs reprises et tu l'as dit,
36:56oui, je le répète parce que c'est important.
36:58Le fait d'être suisse, tu sais, dans quelle mesure c'est important de le dire et de le
37:02représenter ? Parce que c'est vrai qu'on est, on parait un peu de milieu de créateurs
37:05francophones.
37:07Beaucoup sont français, en tout cas dans les plus connus.
37:10Évidemment qu'il y en a d'autres, des belges, bien sûr.
37:12Mais le fait de ramener la Suisse, dans quelle mesure c'est important pour toi ?
37:16Je pense que c'est toujours pareil.
37:19Si tu viens d'une région, tu es fier de ta région, tu es fier de ton pays, etc.
37:23Là, c'est une fierté.
37:24J'aime trop déjà mon pays et les gens m'envoient beaucoup de force en Suisse, etc.
37:28Et puis c'est cool, c'est un peu l'originalité.
37:30Tu te démarques un peu et c'est aussi ça qui me plaît en fait.
37:34Alors, on continue à parler de toi tout de suite jusqu'à 23h.
37:36Et maintenant, on va faire, je vais te parler de quelques-unes de tes vidéos les plus marquantes.
37:48Le Grand JD, tu l'as mentionné tout à l'heure, tu as fait une vidéo en Irak.
37:53Je propose qu'on écoute un extrait et on en parle juste après.
37:56L'État islamique, ils envoient des drones.
37:57Ils sont sans arrêt de scruter le ciel pour vérifier qu'il n'y a pas une bombe qui nous
38:01arrive sur la gueule.
38:02Et si ça se passe, si tout d'un coup il y a un truc qui nous arrive dessus, ça
38:06n'arrête pas de péter à fond là-bas.
38:07Il faut qu'on rentre dans un bâtiment le plus vite possible pour se protéger.
38:11T'as vu comme ça pète derrière ?
38:12Je ne sais pas si vous entendez.
38:13L'autre jour, il y a un drone qui est arrivé qui a lâché deux bombes.
38:16En fait, il y a des gros drones qui peuvent lâcher deux bombes.
38:18Et des petits, des fantômes 4 qui peuvent lâcher un ou une bombe.
38:22Les mêmes qu'utilisent vos youtubeurs préférés.
38:27Alors, ça c'est une vidéo aussi assez marquante.
38:32Comment tu décides d'aller là-bas ?
38:34C'est aussi par rapport à ce qui s'y passe, par rapport à l'actualité.
38:36Mais entre l'idée d'y aller et le faire, c'est quelque chose.
38:40Comment ça se met en place ce genre de vidéos et de voyages ?
38:43Alors moi, j'ai beaucoup baigné dans le monde télévisuel suisse.
38:48Tu vois, j'avais pas mal de...
38:49En fait, je me suis formé dans des boîtes audiovisuelles.
38:52Et à l'époque, il y avait un journaliste, Bernard Genier, avec Fabien Welschlag.
38:56C'est avec eux que je suis parti, qui allaient souvent faire des repartages en zone de guerre.
39:01Et un jour, il m'a parlé de ça.
39:03Et il m'a dit ce serait intéressant que tu amènes ton œil et tout.
39:06C'était en plein essor de YouTube.
39:08Et c'est comme ça que ça commence en fait.
39:10C'est que je les accompagne sur un voyage et puis je les suis.
39:15Est-ce qu'il y a aussi une volonté ?
39:17Parce qu'on parait de ton amour des animaux, de la nature.
39:19Mais là, il y a aussi une notion même de géopolitique.
39:22Est-ce qu'il y a, sans prendre position parce que c'est pas du tout le contenu que tu
39:24fais,
39:24mais une volonté de documenter ça en tout cas.
39:27D'une forme de regard sur l'époque en fait à ton niveau.
39:29Ouais, c'était ça en fait.
39:31C'était vraiment de pouvoir montrer en fait.
39:32Tu peux directement montrer des choses même.
39:35Et ouais, c'était ça clairement.
39:37Il y a de la peur quand on va là-bas pour le coup ?
39:39C'est la question qu'on me pose tout le temps.
39:41Il y a extrêmement beaucoup de peur quand tu y es pas,
39:44quand tu prépares ton petit matériel et ta valise et quand tu es dans l'avion.
39:47Une fois que tu arrives sur place, je peux dire que la peur elle part parce que,
39:50en fait, tu croises des familles, des gens qui vivent le conflit,
39:53qui sont là toute l'année.
39:55Toi, tu restes une semaine.
39:56Donc, en fait, il y a une sorte de dire ouais, en fait, c'est horrible,
39:59mais tu ne penses plus à la peur.
40:00La peur, elle est…
40:01Tu relativises ta peur.
40:02C'est pas de la relativisation.
40:03C'est que tu es en mode, ben, en fait, c'est horrible pour ces gens.
40:06Puis tu oublies en fait.
40:07Ok, moi, je vais en guerre, mais en fait, il y a des gens qui habitent.
40:09Donc, il y a ce côté très terre-à-terre et se dire, oh mon Dieu, en fait.
40:14Est-ce que tes proches te disent d'arrêter de faire ce genre de choses ?
40:19Même quand je fais le puma, ils disent arrête.
40:20Pourquoi tu vas dans le froid ?
40:22Non, mais ils ont un peu l'habitude.
40:24Mais encore une fois, je ne suis pas une tête brûlée.
40:26Tout est réfléchi.
40:26Même ce voyage en Irak est encadré par un journaliste vétéran, etc.
40:32Mais c'est vrai que ça peut paraître parce que c'est filmé comme ça, mais tout est encadré.
40:35On était même avec l'armée irakienne à des moments, etc.
40:38Mais je conçois que ça peut faire mon Dieu et tout.
40:41C'est toujours comme ça.
40:42Après, évidemment, le risque existe, c'est sûr, mais il est modéré.
40:46Il est relativement contrôlé, en tout cas maîtrisé.
40:48Tu es également allé dans les zones radioactives de Fukushima.
40:51Là, on rentre en zone rouge.
40:53C'est-à-dire que c'est inaccessible au commun des mortels.
40:55On a demandé une autorisation spéciale il y a plusieurs mois même déjà.
40:58On peut rester 2h30 dans cette zone.
41:00Et là, on va s'arrêter et on va mettre les combinaisons.
41:02On arrive donc dans une zone où il n'y a vraiment personne.
41:05Le compteur Gégère n'arrête pas d'augmenter là.
41:07On est presque 4 fois supérieur à la moyenne.
41:10Plus ça, 4 fois supérieur à la moyenne.
41:12Là, c'est vraiment abandonné.
41:14Il n'y a même pas eu d'entretien arrière.
41:16Les gens ne sont jamais revenus.
41:17L'atmosphère est vraiment très spéciale ici.
41:21Alors justement, parler d'atmosphère.
41:22Ça choisit tous les...
41:23On dirait vraiment que je vais dans la mort en fait.
41:26C'est la grande mort.
41:27Parce que c'est aussi ce qui, je pense, nous fascine le plus.
41:31Après, évidemment, il y a des gens qui vont être passionnés de nature
41:34ou de maison rentrée, de tout ce que tu peux faire.
41:36Mais c'est vrai que je pense pour un internaute lambda comme moi, par exemple,
41:41c'est des choses qui nous fascinent parce que soit on ne s'imagine pas du tout à aller là
41:43-bas
41:44ou alors on ne s'imagine pas du tout à quoi ça peut ressembler ces zones-là.
41:47Et toi, tu y vas et tu nous ramènes des images.
41:49Donc, il y a quelque chose qui est assez aussi, je ne sais pas dire excitant, mais fascinant.
41:54Et puis, c'est de l'ordre de l'inconnu en fait, ce genre de choses.
41:56Mais en fait, c'est intéressant parce que mon fil conducteur, c'est aussi ce qui me passionne, etc.
42:00Mais j'y vais.
42:01Par exemple, si je vois, je fais des vidéos qui me plairaient de voir.
42:05Tu vois ce que je veux dire ?
42:06Bien sûr.
42:06Que tu aurais envie de voir toi en tant que…
42:08En fait, c'est ça.
42:08C'est ça mon truc.
42:09Donc, effectivement.
42:10Et Fukushima, moi, j'adore les lieux abandonnés.
42:13Et là, en fait, c'est le Graal parce que tu as des villes abandonnées.
42:15Donc, il y a une catastrophe.
42:16Ce n'est pas drôle.
42:16Mais en fait, c'est un mélange.
42:18Ça permet d'expliquer ce qui se passe, de montrer ce qui se passe.
42:20J'y suis allé avec Tev qui connaît super bien le Japon.
42:23Donc, en fait, ça rassemble plein de choses, etc.
42:25Et évidemment, c'est très visuel.
42:27Et en fait, moi, je suis très dans le visuel.
42:29Et tu vois, d'aller voir ces villes, ça me fascinait.
42:31Bien sûr.
42:31Oui, tu es intéressé par le côté assez abandonné, en fait.
42:34C'est quelque chose…
42:35Les maisons abandonnées…
42:37On sent que c'est quelque chose qui te…
42:39C'est très visuel, en fait, d'avoir une maison.
42:41Après, tout le temps, c'est différent selon où tu vas.
42:44Mais tu vois, Fukushima, c'est des maisons qui n'ont pas bougé, qui ne sont pas abîmées,
42:48taguées, etc., qui sont fixées dans le temps.
42:50C'est incroyable, en fait.
42:51Justement, tu sais, on parait de youtubeurs.
42:55Et moi, j'ai le sentiment que finalement, toi, ce qui est le plus important, c'est moins ta personnalité,
42:59mais surtout le sujet ou les images.
43:01C'est sûr.
43:02Oui, mais ce qui n'est pas le cas de tout et sans jugement de valeur de tous les créateurs
43:05de contenu.
43:06Il y a beaucoup de créateurs de contenu aujourd'hui qui ont des contenus qui, justement, reposent sur leur personnalité.
43:10Bien sûr.
43:11Leur succès repose même sur leur personnalité.
43:13Est-ce qu'on les aime ou pas ?
43:14Et on va regarder une vidéo pour la personne.
43:16Alors toi, évidemment, on va regarder pour toi parce qu'on va faire confiance à ton travail quand on le
43:19connaît,
43:20mais plus pour la promesse du travail que pour toi.
43:23Est-ce que ça, c'est important justement que Julien s'efface derrière le grand gilet, les images que tu
43:29filtes ?
43:29Absolument.
43:30Pour moi, c'est de plus en plus là, ils ne se rendent pas compte les gens.
43:32Mais je relève un peu plus de pourcentage du grand gilet dans les vidéos.
43:34Et d'ailleurs, c'est marrant parce que c'est vraiment des exemples présents.
43:40Le fantôme des Rocheuses, il y a beaucoup Neil.
43:42C'est Neil en fait devant la caméra.
43:44C'est lui presque le personnage principal.
43:45Moi, je nard un peu pour faire justement ce lien avec le public.
43:48Et de temps en temps, on me voit, mais c'est beaucoup Neil.
43:50Et tout public kiffe Neil.
43:52C'est incroyable.
43:53Et tu as seulement quelques créateurs, je ne dirais pas des noms, mais des youtubeurs, des gros youtubeurs qui m
43:58'ont dit, c'est trop bien et tout.
43:58Mais je trouve que tu devrais te mettre plus en avant.
44:01Et moi, je pense que justement pas.
44:03J'aimerais bien encore plus m'effacer.
44:05Et c'est une volonté parce que moi, ce que je pense, ce qui me différencie, c'est vraiment que
44:10j'aime beaucoup tout ce qui est visuel et mettre des choses en avant.
44:15T'as jamais eu envie de te mettre un peu plus en avant, même sur les réseaux, faire plus de
44:20partenariats, prendre plus d'argent.
44:23Si, plus d'argent, mais pour faire des films, mais pas pour vendre du soda.
44:27Ouais, mais parce qu'en fait, c'est ce que je le fais quand même.
44:30Tu n'as pas encore vu.
44:31C'est vrai que sur les grosses vidéos, je fais très rarement, mais je fais.
44:33Et il faut pas.
44:34C'est aussi mon business plan, donc je ne crèche pas là dedans.
44:36Mais non, mais oui, je suis clairement pas.
44:40C'est bizarre.
44:41Tu fais attention en tout cas à ce genre de choses et même à protéger aussi, je pense, toi et
44:46ta personnalité, ton identité en fait.
44:47Oui, ma vie privée aussi.
44:50C'est bien.
44:50Tu l'as mentionné.
44:51Tu vois tout ça, c'est incroyable.
44:53Parce que c'est vrai que je veux dire, tu transiges avec d'autres créateurs de contenu de ton niveau.
44:58C'est ça que je veux dire.
44:58En tout cas, avec ton niveau d'abonnés qui sont là depuis aussi longtemps, on a parfois l'impression de
45:02les connaître.
45:03Alors peut être à tort, parce qu'on connaît jamais vraiment les gens à travers un écran.
45:06En tout cas, on a ce sentiment là, ce qui aussi est une des clés du succès quand on est
45:10là depuis 10, 15 ans.
45:11Et pour toi, c'est un peu moins le cas.
45:13Et donc, c'est une différence.
45:14Oui, mais je pense que comme tu l'as dit et comme tu l'as mis tous les extraits des
45:17vidéos, les gens me connaissent par le sujet et les trucs un peu visuels.
45:22Et ça va être assez fort, entre guillemets.
45:24La promesse, elle est là.
45:24J'ai réussi en tout cas à faire ça.
45:26Je suis content parce qu'effectivement, il fallait avoir une personnalité, un personnage au début.
45:29Et c'est que comme ça que ça marche.
45:30Je propose qu'on écoute un morceau d'un artiste qui s'appelle Wesley Joseph, qui a invité Danny Brown,
45:36le légendaire Danny Brown.
45:37Tu ne connais pas Danny Brown ?
45:38Si, si, si.
45:39Parce que ça, c'est typiquement le genre de rap que tu aimes.
45:40Non, mais ça, c'est Détroit.
45:42Exactement.
45:43Et donc, c'est très, très bien.
45:44Je savais.
45:45Je connais tes goûts en rap.
45:46C'est une collaboration sur le dernier album de Wesley Joseph qui s'appelle Peace of Mind.
45:50On s'écoute ça, le morceau est exceptionnel.
45:51Et juste après, on revient avec le grand JD.
46:13C'est parti.
46:22C'est parti.
46:29C'est parti.
46:31C'est parti.
46:34C'est parti.
46:35C'est parti.
46:47C'est parti.
46:51C'est parti.
47:00C'est parti.
47:06C'est parti.
47:12C'est parti.
47:14C'est parti.
47:15C'est parti.
47:15C'est parti.
47:19C'est parti.
47:19C'est parti.
47:21C'est parti.
47:23C'est parti.
47:23C'est parti.
47:25C'est parti.
47:29C'est parti.
47:41C'est parti.
47:48C'est parti.
48:02C'était Wesley Joseph et Danny Brown avec le morceau Peace of Mind.
48:10Et on est avec le grand JD qui est là pour son nouveau documentaire.
48:14Tu es allé filmer le Puma en Amérique du Nord.
48:17Mais c'est l'heure des recommandations.
48:19Et tu m'as envoyé un autre documentaire.
48:21Enfin une série documentaire si je ne dis pas de bêtises.
48:22Il s'appelle Une espèce à part.
48:24C'est une série documentaire de 2018 de Franck Courchamp et Clément Morin.
48:28Pourquoi cette recommandation, le grand JD ?
48:31Parce que je pense que tu m'as demandé.
48:33C'était compliqué.
48:34Il a fallu que je choisisse un truc qui est accessible.
48:37C'est pas au fin fond d'une plateforme compliquée à avoir.
48:39Ça, c'est le problème de notre génération.
48:41Tu sais, on dit un truc.
48:42Il faut avoir un abonnement de machin.
48:44Il n'est pas disponible en France parce que machin.
48:46On a faussement accès à tout.
48:47La promesse, elle n'est pas vraiment connue.
48:48Moi, ça me rend fou.
48:49Du coup, je me suis dit.
48:50Vas-y, je vais choisir un truc que tout le monde pourra aller voir.
48:52C'est gratuit.
48:53C'est disponible.
48:54Ça s'appelle Une espèce à part.
48:55Et en fait, c'est vraiment remettre notre espèce, l'humain, un petit peu parce qu'on se croit supérieur.
49:03On croit qu'on est l'espèce, la plus grande espèce de cette planète.
49:06Et en fait, ça va prouver tout le contraire.
49:08Ça nous explique qu'on est juste une petite chose à l'échelle du temps et aussi à l'échelle
49:12du nombre.
49:13Donc, c'est disponible sur Arte.
49:14Oui, pardon.
49:16C'est sur YouTube Arte disponible gratuitement.
49:19Et il est vraiment très bien.
49:20Je ne sais pas si j'ai bien résumé, mais en gros, c'est ça.
49:22En tout cas, les gens peuvent aller regarder.
49:23Tu viens de dire quelque chose aussi qui me semble important.
49:25Et c'est plutôt une des composantes d'une partie, en tout cas de ton travail.
49:27C'est quand tu dis oui, on croit qu'on est supérieur.
49:30Et en fait, parfois, on est peu de choses face à la nature.
49:32C'est un peu un cliché de dire ça.
49:33Mais en tout cas, je crois que toi, tu le réalises à chaque fois, notamment dans ton dernier documentaire.
49:38Ça, c'est vraiment quelque chose dont tu te rends compte à chaque fois quand tu vas,
49:42quand tu vois des animaux ou quand la nature t'offre des moments extraordinaires comme ça.
49:46Tu te rends compte qu'on n'est finalement pas aussi dominant qu'on pense être ?
49:50On n'est rien du tout.
49:51C'est à dire que là, on est à Paris.
49:52Tu te balades dans la rue.
49:53Ça va.
49:54Mais en fait, ce genre de projet m'amène dans des situations où je me rends compte
49:58quand tu es tout seul dans la forêt, qu'il fait moins 30, qu'il faut marcher,
50:01que si tu te blesses, tu n'es rien.
50:03On le dit comme tu dis.
50:04C'est très cliché de dire que la nature est forte, mais c'est vrai en fait.
50:07Et c'est souvent quand on est confronté à ce genre d'environnement qu'on se rend compte.
50:11Donc, c'est quelque chose que j'ai beaucoup en moi.
50:13Qu'est ce qui te plaît toi dans les documentaires ?
50:15Qu'est ce qui fait qu'un documentaire va toucher justement ?
50:17Est ce que c'est l'aspect esthétique ?
50:19Est ce que c'est au contraire le côté authentique ?
50:21Qu'est ce qui fait pour toi qu'un bon documentaire en est un justement ?
50:25Ça peut être tout ça.
50:26Mais surtout parce qu'on est noyé dans plein de choses, etc.
50:30Je pense que là, ces dernières années, c'est surtout l'originalité.
50:34C'est-à-dire qu'il y a mille trucs sur les tueurs en série.
50:36Donc, si tu en regardes, il y en a un ou deux qui sont excellents.
50:39Puis les autres, c'est un peu fatigué.
50:41Et ce qui me prend souvent, c'est quand c'est original.
50:43Puis genre, je ne m'attendais pas à ça, tu vois.
50:45Ça, c'est un truc qui me fait beaucoup de choses.
50:47Il y a la théorie de la pieuvre qui est cool, qui était sortie.
50:50C'est un mec en dépression.
50:51Puis après, il s'attache à une pieuvre, un poulpe.
50:54Et du coup, ça, c'est des choses assez originales, tu vois,
50:56que je ne m'attendais pas et qui sont chouettes.
50:58Tu dis qu'on est effectivement noyés sous les plateformes, sous les…
51:01Ah oui, toi-même, tu sais.
51:02Je ne sais même pas comment tu as pu voir mon message et comment tu peux gérer tout ça.
51:05Moi, j'ai tant de questions.
51:06J'ai un filtre pour gens importants.
51:09Quand les gens avec des pastilles bleues m'envoient des messages…
51:12C'est pas vrai.
51:12Non, c'est pas vrai.
51:13Tu vois, je ne réponds qu'aux gens connus.
51:17Ah oui, pardon, tu dis le badge vérifié.
51:19Oui, le badge vérifié.
51:20À moins d'un million d'abonnés, tu ne réponds pas ?
51:22Oui, je ne réponds pas.
51:23Je réponds peu, du coup.
51:23Il y a peu de gens à plus d'un million d'abonnés qui m'écrivent.
51:27Mais comment t'arrives à t'y retrouver ?
51:29Comment tu te fais ta curation ?
51:31Parce que pour moi, c'est un vrai…
51:32Alors, c'est un problème de riche.
51:34Mais c'est un problème quand même.
51:35C'est comment on arrive, tu sais, à savoir quoi regarder ?
51:38Qu'est-ce qu'il y a de bien ?
51:39Soit un documentaire, une série, un film…
51:41Comment tu fais le tri, toi ?
51:43C'est comme toi.
51:44Tu lances des fois des trucs et au bout de dix minutes, j'arrête.
51:47Ça m'est déjà arrivé.
51:48Donc en fait, je regarde un peu des émissions, des choses comme ça, des recommandations.
51:52Puis après, c'est aussi des fois les plateformes qui proposent des choses.
51:55Mais en vrai, c'est beaucoup la culture quand même.
51:58Soit en interview, soit quand les gens font de la promo, etc.
52:01Voilà, c'est un mélange de tout.
52:02Puis des fois, tu découvres des choses sur YouTube, c'est incroyable.
52:05Toutes les semaines, je découvre des trucs incroyables.
52:07Continue toi de creuser ou en tout cas de découvrir des choses.
52:09Mais tu plaisantes, je fais que ça en fait.
52:10Moi, je connais pas les gros trucs.
52:11Je connais que les petits machins.
52:13Je te jure.
52:14Ok, très bien.
52:16Le Grand J.D., c'est l'heure de la question qui tue.
52:26Quel est pour toi le plus grand ou la plus grande série documentaire
52:32ou le plus grand documentaire de tous les temps ?
52:36Oui, c'est ma question.
52:38C'est très compliqué, évidemment, d'y répondre.
52:40Mais comme je te disais avant, c'est des projets qui vont être originaux
52:45et qui vont vraiment me toucher.
52:47Et dernièrement, il est sorti l'année dernière, mais j'ai un documentaire sur Netflix
52:51qui m'a marqué, qui s'appelle Ebelin.
52:54La véritable ou la fabuleuse histoire d'un gamer.
52:57Quelque chose comme ça, je suis désolé.
52:59Mais c'est l'histoire d'un gamer sur World of Warcraft.
53:02Je sais pas si tu l'as vu, du coup.
53:03Non, je l'ai pas vu.
53:04Je te le conseille.
53:06C'est quelqu'un qui a une maladie et qui va jouer sur World of Warcraft.
53:10Et il est très original et ça m'a pris en fait.
53:12Ok.
53:13Et c'est ça que tu recherches.
53:15C'est le côté justement original.
53:17À un moment, il se passe quelque chose de différent et il y a une autre manière de narration.
53:21De raconter.
53:22C'est un peu ça parce que tu vois, on a un peu tout vu.
53:24Mais quand c'est un peu original et puis que, comme tu viens de dire, la façon de faire et
53:29le sujet n'est pas forcément celui qui m'intéresse.
53:31Mais il y a quelque chose d'intéressant, une plus-value, c'est assez…
53:35Est-ce que…
53:36Alors, j'ai posé la même question que les gens peuvent parfois te poser en Suisse.
53:39La suite, toi, tu la vois toujours sur YouTube.
53:42Est-ce que tu la vois aussi sur des plateformes, par exemple, ou au cinéma ?
53:45Est-ce que c'est…
53:46Ou le format YouTube, tu te trouves très noble comme ça et tu n'as pas de problème à y
53:51rester et à perdurer justement ?
53:52Oui, pour l'instant, c'est incroyable YouTube.
53:55Mais j'ai goûté aux avant-premières et je me rends compte de la force de diffuser quelque chose sous
54:00grand écran avec un bon son, etc.
54:02Donc, ça, c'est sûr que je referai pour des gros projets.
54:05Mais la finalité sur YouTube, autant de temps possible, oui.
54:09Et comment tu vois l'avenir de la plateforme ?
54:10Parce que moi, j'y suis beaucoup en tant que spectateur, mais je connais moins la plateforme que toi et
54:14surtout depuis moins longtemps.
54:16Et parfois, on entend qu'il y a moins de vues maintenant, qu'il y a plus de gens peut
54:19-être sur la plateforme et que les créateurs font moins de vues.
54:22Donc, est-ce que c'est plus compliqué de s'y retrouver économiquement ?
54:25Comment toi, tu vois cette évolution-là ?
54:27Toi qui justement, est passée par différentes phases sur la plateforme.
54:31Comment tu entends ces conversations et tu as tous ces insides et tous ces fous ?
54:35Ben ouais, moi, je vois ça comme tu es sur un bateau, un bateau pirate et tu essayes de naviguer.
54:40Des fois, il y a des tempêtes, des fois, c'est calme et c'est un peu ça.
54:43J'ai traversé tout, j'ai connu tout.
54:45J'essaie de résister, mais c'est très compliqué encore.
54:48Tu vois, tu me l'as sorti en émission encore il y a quelques jours.
54:51Je me prends ce qu'on appelle l'algorithme, les différences qui ont changé il y a six mois, etc.
54:57Et la façon de communiquer, il faut faire des shorts, des reels, tout ça, tout ça.
55:01Donc, je ne sais pas comment ça va évoluer.
55:04C'est très difficile à dire, mais j'essaye de m'accrocher à mon bateau.
55:08Est-ce que c'est plus dur d'avoir du succès sur YouTube aujourd'hui qu'il y a dix
55:11ans ?
55:13Waouh, la question.
55:14Je pense que, ouais, forcément, avant, c'était plus facile parce qu'il y a moins de monde.
55:18Il y a moins de monde.
55:19Mais attention, parce que c'est une fausse.
55:22Tu avais aussi moins de contenu technique.
55:25Pardon.
55:26Tu avais moins de...
55:27Les caméras, elles sont beaucoup plus...
55:29Elles sont moins chères, plus performantes.
55:31Il y a plus de matos.
55:32Combien de marques qui peuvent...
55:34Oui.
55:34Tu as des petits micros rapides, etc.
55:36Tout ça, ça n'existait pas.
55:37Donc, tout est beaucoup plus facile.
55:39Même pour poster une vidéo, publier un truc.
55:42Les téléphones, ils finissent hyper bien.
55:44Tout est très facile aussi.
55:45Moi, je pense qu'aujourd'hui, c'est pas la question.
55:48C'est percer, c'est facile, mais c'est la durée qui est compliquée.
55:52Exactement.
55:52Et je crois que c'est valable dans tout, dans la musique, dans tout.
55:54En fait, c'est ça.
55:54Effectivement, être connu, c'est possible.
55:58C'est assez facile.
55:58Le Grand GD, c'était un plaisir de t'avoir aujourd'hui.
56:00Merci beaucoup m'a aidé.
56:01Vraiment, vraiment.
56:02Je rappelle donc que la vidéo est disponible sur ta chaîne YouTube.
56:04C'est une dernière vidéo en date sur ta chaîne YouTube.
56:06Le documentaire s'appelle le Fantôme des Rocheuses.
56:08Et donc, tout le monde peut aller voir et peut-être redécouvrir aussi tout le contenu
56:11pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore.
56:14Merci beaucoup, en tout cas, d'avoir dit là.
56:15C'était un vrai plaisir.
56:16Merci à vous.
56:16Incroyable.
56:17Et merci à toutes les personnes qui ont participé à la fabrication de cette émission,
56:19qui était préparée par Alex Alacour et Edouane Tella, réalisée par Gaëtan Colli.
56:22La programmation musicale signée Jean-Baptiste Odibert et Juliette L'Orphelin à la technique.
56:27C'était Alex Barrois et Guillaume Roux.
56:29Merci aux équipes web et vidéo.
56:30Pour découvrir et redécouvrir nos émissions, abonnez-vous sur l'application Radio France.
57:01Merci à tous.
57:31Merci à tous.
58:00Merci à tous.
58:04Merci à tous.
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