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  • il y a 5 minutes
David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, rappelle que l'hypothèse la plus probable actuellement pour faire baisser les prix du carburant est celle de débloquer des stocks stratégiques. Mais le gouvernement n'envisage pas de chèques ciblés comme lors de la guerre en Ukraine. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mercredi-11-mars-2026-4405897

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Transcription
00:017h49, Benjamin Duhamel, vous voici avec le ministre des Comptes Publics.
00:04Bonjour David Amiel.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'avoir choisi France Inter pour votre première interview comme ministre des Comptes Publics.
00:09Pour ceux de nos auditeurs qui ne vous connaissent pas, vous avez 33 ans, vous êtes un macroniste historique,
00:14ce qui est presque une espèce en voie de disparition, aux côtés d'Emmanuel Macron depuis 2015.
00:17Vous avez été son conseiller, député et aujourd'hui ministre du budget.
00:21Je voudrais, David Amiel, qu'on aborde l'actualité la plus brûlante, la crainte d'un choc pétrolier
00:25et les prix des carburants qui grimpent, le litre de gasoil qui dépasse les 2 euros.
00:30Qu'est-ce que vous dites à un automobiliste qui a été aidé pendant la crise énergétique en 2021,
00:34pendant la guerre en Ukraine et qui ne comprend pas qu'aujourd'hui on le laisse payer plein pot ?
00:39C'est évidemment une situation très difficile.
00:41La hausse du prix du baril de pétrole se répercute sur le prix à la pompe
00:45et ça crée évidemment beaucoup d'inquiétudes, beaucoup de difficultés pour, notamment,
00:49et vous les citiez, tous les automobilistes qui ont besoin de leur voiture pour travailler,
00:53pour se déplacer, pour vivre, tout simplement.
00:56C'est la raison pour laquelle notre priorité absolue, c'est préserver au maximum le pouvoir d'achat des Français.
01:01Ça veut dire faire baisser le prix à la pompe, mais ça veut aussi dire ne pas dilapider l'argent
01:06public
01:06qui est l'argent des Français et qui devrait ensuite, tôt ou tard, être remboursé.
01:10C'est la raison pour laquelle il faut prendre le problème à la racine.
01:13Quelle est l'origine de la crise ?
01:14C'est qu'on a un prix du baril qui a explosé suite au conflit dans le golfe Persique.
01:19Nous devons donc avoir une réponse internationale, à crise internationale, réponse internationale.
01:24Oui, évidemment, une réponse internationale, ça prend du temps.
01:27Là encore, pourquoi ne pas mettre en œuvre des mesures qui avaient été mises en œuvre
01:30lors des précédents chocs énergétiques ?
01:32Non, ça peut être très rapide.
01:33Nous avons une mobilisation au plus haut niveau, d'abord avec les pays du G7.
01:37Travaille est en cours avec les ministres des Finances depuis plusieurs jours, Roland Escur notamment.
01:42Et le président de la République a convoqué pour cet après-midi une réunion des pays du G7
01:46pour qu'on puisse coordonner nos actions et peser ensemble sur les cours du pétrole.
01:49Donc là, on parle par exemple de débloquer rapidement les stocks stratégiques pour faire baisser les cours.
01:54Ça fait effectivement partie des hypothèses sur la table, puisque ça permet de faire baisser les cours du pétrole
01:59sans engager de l'argent public, donc sans tour de passe-passe pour le pouvoir d'achat des Français,
02:05tout en ayant ensuite un effet rapide sur les prix à la pompe.
02:08Pour que ça soit efficace, il faut que ce soit coordonné.
02:10Et c'est le but du travail qui est en cours au niveau du G7.
02:12Et ensuite, il faut effectivement pouvoir libérer la circulation dans le détroit d'Hormuz,
02:17parce que c'est ce qui permettra de libérer la production et le flux de pétrole et de gaz.
02:21Mais là encore, pour être très concret, si la guerre dure, si le détroit d'Hormuz n'est pas libéré
02:26et que le prix à la pompe ne baisse pas, est-ce que vous excluez un geste ciblé,
02:31y compris pour les plus modestes ? Est-ce que ça, c'est totalement exclu ?
02:36Il y a beaucoup d'incertitudes.
02:38Ça fait à peine une dizaine de jours que la crise a commencé avec le conflit en Iran.
02:43Je suis d'ailleurs très frappé de voir certains partis politiques,
02:47je pense en particulier au Rassemblement National,
02:49qui, il y a de cela peut-être deux semaines, trois semaines,
02:54s'indignaient du niveau de la dette,
02:56après d'ailleurs avoir voté la censure du budget qui permet de la réduire.
02:59Je rappelle que le Rassemblement National demande que vous laissiez les taxes sur l'essence.
03:02Qui annonce aujourd'hui une pluie de milliards d'euros
03:04dont ils n'ont pas le début d'un centime
03:06et qui n'aboutiraient au fond qu'à une seule chose,
03:08c'est-à-dire à reprendre d'une main ce qu'ils prétendent donner de l'autre
03:10et qui demain, je n'en doute pas, s'indigneraient à nouveau du niveau de la dette.
03:14Il faut de la cohérence, il faut de la constance, il faut de l'efficacité.
03:18Et l'efficacité, c'est de prendre le problème à la racine
03:20et de faire baisser le prix du baril, faire baisser le prix à la pompe.
03:23Je reviens à ma question.
03:25Si d'aventure la situation durait,
03:27il y a quelques instants, votre collègue ministre des Transports,
03:29Philippe Tabarro, dit tout est sur la table.
03:30Est-ce que vous pourriez envisager une aide ciblée,
03:33par exemple un chèque carburant, comme on a pu le voir encore en 2023 ou 2024 ?
03:38C'est-à-dire, non pas une aide qui arroserait, qui concernerait tout le monde,
03:41mais une aide ciblée pour les plus modestes.
03:43Est-ce que ça fait partie de la boîte à outils ?
03:45Oui.
03:46Tous les scénarios seront évidemment étudiés,
03:49mais je voudrais vraiment insister sur ce point.
03:52Nous avons un devoir impérieux de maîtrise des comptes publics.
03:55Nous avons des crises désormais internationales chaque année.
03:58Il y a d'ailleurs quasiment un an, jour pour jour,
04:01nous discutions sur les radios, sur les plateaux de télévision,
04:04dans les différents médias,
04:05des conséquences de la guerre commerciale internationale
04:08déclenchée par les tarifs américains.
04:11Et malgré cela, nous avons réussi l'année dernière à faire deux choses.
04:14Un, à tenir un niveau de croissance élevé en France,
04:18d'ailleurs supérieur à ce que beaucoup de prévisions donnaient,
04:21et à réduire le déficit public.
04:23C'est ce qu'il faut que l'on arrive à faire cette année,
04:25parce que si on ne tient pas nos comptes publics,
04:27si on dilapide l'argent des Français,
04:30alors on ira vers des crises beaucoup plus graves.
04:31Ce qui nous permet de tenir les chocs,
04:33c'est d'avoir des comptes publics qui sont tenus.
04:34Il y a, David Amiel, des mesures qui coûtent de l'argent aux contribuables,
04:37faire un chèque carburant,
04:38décider d'une ristourne à la pompe,
04:40et puis il y a aussi des choses qui ne coûtent pas.
04:42Est-ce que, par exemple, vous pourriez dire ce matin,
04:44comme ministre du Budget, au micro de France Inter,
04:46moi j'appelle les distributeurs,
04:48Leclerc, Intermarché,
04:49à multiplier des opérations à prix coûtant,
04:53pour aider précisément cet automobiliste
04:55qui ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne l'aide pas ?
04:57D'abord, la première chose à faire,
04:59c'est de s'assurer qu'il n'y a pas des distributeurs
05:01qui abusent de la situation,
05:03qui profiteraient.
05:04Beaucoup font leur travail normalement.
05:06Il y a aussi eu des abus.
05:08C'est la raison pour laquelle
05:09nous avons diligenté des contrôles exceptionnels
05:12à la demande du Premier ministre.
05:14Depuis lundi, d'ores et déjà,
05:16ces contrôles ont permis
05:17d'émettre les amendes pour 6% d'entre eux.
05:21Pour le dire concrètement,
05:23Benjamin Duhamel,
05:24ça veut dire de s'assurer
05:25que personne n'en profite pour augmenter les marges,
05:27pour faire de la tromperie envers le consommateur,
05:30c'est-à-dire faire payer à la pompe
05:31un prix différent de celui qui est affiché.
05:34Et bien sûr que tout ce que les distributeurs
05:36peuvent faire pour réduire les prix
05:39sera utile.
05:40On a besoin d'une mobilisation générale
05:42dans cette période.
05:42Et je le redis,
05:43la première des choses à faire,
05:45c'est de s'assurer
05:46qu'il n'y a pas d'abus,
05:48qu'il n'y a personne
05:49qui profite de la situation
05:50pour engranger des marges
05:52qui ne seraient pas justifiées.
05:53C'est la raison pour laquelle
05:55les ministres Roland Lescure et Maude Bréjon
05:57convoqueront de nouveau demain
05:59les distributeurs
06:00pour cette situation.
06:02Ce qui est intéressant
06:03dans le moment qu'on vit David Amiel,
06:05c'est qu'il est aussi révélateur
06:06des fragilités françaises.
06:07J'ai regardé ce que faisaient
06:08nos voisins européens
06:09en réponse à la crise.
06:10Est-ce que vous avez vu
06:11ce qu'allaient décider
06:11l'Italie, le Portugal et l'Autriche
06:13sur le prix des carburants ?
06:14Mais monsieur Duhamel,
06:16ce que la crise révèle...
06:17Alors, vous avez vu
06:18ce qu'allaient faire
06:19l'Italie, le Portugal et l'Autriche
06:20ou pas ?
06:20J'ai surtout vu une chose,
06:23monsieur Duhamel,
06:23surtout vu une chose.
06:24C'est que ce que la crise révèle,
06:25c'est que la France,
06:26elle a une grande force
06:26par rapport à ces pays-là.
06:28Justement.
06:29Décidément, cette semaine,
06:30j'ai un peu de mal
06:30à parfois avoir des réponses
06:31des membres du gouvernement.
06:32Vous avez vu que l'Italie,
06:33le Portugal et l'Autriche
06:35vont décider de baisser la fiscalité.
06:37Ce qui est frappant avec ces pays,
06:38c'est que pour la plupart,
06:39ils ont fait les efforts
06:40peut-être que la France
06:41n'a pas pu faire.
06:42Est-ce que vous assumez ce matin
06:43comme ministre et compte public
06:44de dire, au fond,
06:45si on est presque impuissant aujourd'hui,
06:47c'est parce qu'on a cramé la caisse ?
06:49Monsieur Duhamel,
06:49est-ce que vous savez
06:50que la différence principale
06:52qu'on a avec ces pays-là,
06:53c'est d'avoir un parc nucléaire
06:54aujourd'hui qui nous permet
06:55d'avoir des prix de l'électricité
06:57maîtrisés ?
06:58Et la raison d'ailleurs
06:58pour laquelle la Commission européenne,
07:00par exemple,
07:01la Commission européenne,
07:02oui, mais c'est des pays
07:03où les prix de l'énergie
07:04sont plus élevés que chez nous
07:05parce qu'ils ne disposent pas
07:06d'un parc nucléaire performant.
07:08C'est d'ailleurs
07:08une des grandes différences.
07:09Vous évoquiez la situation
07:10de 2022, 2023, 2024.
07:13Une des grandes différences
07:14entre ce que nous vivons aujourd'hui
07:15et la période
07:16que nous avons vécue alors,
07:18c'est que parc nucléaire
07:19était en grande partie
07:21indisponible.
07:22Et ça avait créé,
07:22on s'en rappelle,
07:23toute l'explosion
07:24des prix de l'électricité.
07:25Aujourd'hui,
07:25notre production nucléaire
07:26est de 30% supérieure
07:27à ce qu'elle était
07:28en 2022-2023.
07:29Ça permet non seulement
07:31d'avoir des prix
07:31d'électricité maîtrisés,
07:32ça permet d'exporter en Europe
07:33et c'est la raison pour laquelle
07:35nous renforçons encore
07:36l'électrification,
07:38la relance du nouveau
07:38programme nucléaire
07:39comme nous l'avions fait.
07:40En 1973,
07:41après le premier choc pétrolier.
07:43David Amiel,
07:43pour terminer le premier tour
07:44des municipales,
07:44c'est dans 4 jours,
07:45vous êtes élu à Paris,
07:46qui est-ce que vous soutenez
07:47comme candidat ?
07:48Je voterai pour Pierre-Yves Bournazel
07:49qui est le candidat
07:50d'Horizon et de Renaissance.
07:52Je crois surtout
07:52qu'on a besoin
07:53d'avoir une alternance
07:54à Paris.
07:55Paris a besoin
07:56de sérieux,
07:57de sérieux budgétaires,
07:58de sérieux de gestion,
08:00de sérieux en matière
08:01de propreté.
08:02Et vous êtes à l'aise
08:02avec la position
08:03de Pierre-Yves Bournazel
08:04qui consiste à dire
08:05au second tour,
08:06je ne me rallierai
08:07ni à Rachida Dati
08:08ni à Emmanuel Grégoire
08:08parce que si on veut
08:09l'alternance,
08:11ce n'est pas forcément
08:12la meilleure stratégie
08:13au second tour.
08:14Je suis ici en tant que ministre,
08:15je ne suis pas d'ailleurs
08:16candidat aux élections municipales,
08:18mais effectivement,
08:19je crois qu'il faut
08:20une alternance à Paris
08:22et c'est la raison,
08:23je vous le dis,
08:23pour laquelle je voterai
08:24Pierre-Yves Bournazel dimanche.
08:25Donc l'alternance,
08:26ça veut dire aussi
08:27aider Rachida Dati
08:28si elle est la mieux placée
08:29pour gagner au second tour.
08:29Il y a un premier tour dimanche,
08:31j'imagine que le débat
08:32sur les municipales
08:32se pose d'abord
08:34en ces termes-là
08:34et c'est d'abord
08:35la question que les gens
08:36vont se poser cette semaine
08:37de savoir pour qui ils votent
08:38pour ce premier tour.
08:39Merci David Amiel
08:40d'être venu ce matin.
08:40Merci à vous,
08:41Benjamin Duhamel.
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