- il y a 9 heures
Avec Mathieu Blanchard, ultra traileur, vainqueur de la "Arctic Ultra" en Laponie. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-09-mars-2026-3699223
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00:00Il court, Mathieu Blanchard, il court sous la pluie, il court dans la boue, sur la neige, dans les caillasses,
00:06sur du plat, dans des pentes infernales.
00:09Il court par grand froid, froid cauchemardesque même.
00:12Il court des heures, des nuits, des jours d'affilée, n'offrant à son corps que le strict minimum de
00:18repos.
00:18Il était ingénieur, sportif certes, mais fait tard aussi.
00:22Il s'est mis à vraiment courir, assez tard dans la vie.
00:25Est-ce que mûrir l'a fait courir ou bien est-ce l'inverse ?
00:30Est-ce que courir l'a fait mûrir ?
00:32Il nous le dira, je ne sais pas.
00:34Je sais seulement qu'il a participé à l'émission Koh-Lanta.
00:37Je me dis que forcément les très grands coureurs ont dû le prendre pour un pitre.
00:41Sauf qu'aujourd'hui, il est devenu une star mondiale des courses d'endurance en montagne, appelée trail, voire ultra
00:49trail.
00:50Tant ses courses sont titanesques, portrait numéro 102.
00:57C'est incroyable ce que j'ai au-dessus de ma tête.
01:00Des aurores boréales dans tous les sens, à droite, à gauche, au-dessus de ma tête.
01:07C'est complètement dingue.
01:09J'ai l'impression d'être dans un rêve.
01:11Qu'est-ce que c'est beau.
01:13Wow.
01:15C'est ça, de courir dans le Grand Nord, de tutoyer le cercle polaire.
01:20Ce n'est pas que ça.
01:21On va en parler.
01:22Bonjour Mathieu Blanchard.
01:23Bonjour.
01:24Vous venez de rentrer de Laponie.
01:25Vous avez remporté la Laplande Arctic Ultra, 185 km dans la neige en 37 heures.
01:31Et votre grand exploit à ce jour, c'est d'avoir remporté la Yukon Arctic Ultra, 608,7 km, 11
01:40114 m de dénivelé, en 7 jours et 22 heures.
01:44Ça a donné un film, L'Appel du silence, dont on vient d'entendre un extrait.
01:48Film qui va tourner dans les cinémas, les festivals, qu'un jour ou l'autre, on le retrouvera peut-être
01:53en libre accès sur YouTube.
01:56Le Grand Nord canadien suit le tracé du Yukon Quest.
02:00C'est un tracé légendaire.
02:02En quoi c'est un tracé légendaire ?
02:03C'est un tracé légendaire parce que c'est une course de chien de traîneau.
02:07Le chien de traîneau, ça a toujours été un moyen de transport classique, comme nous ici en voiture, là-bas.
02:12Et c'est légendaire aussi parce que c'est un petit peu l'histoire de Jack London, cet auteur du
02:19roman L'Appel de la forêt,
02:20qui a marqué des générations, dont moi, et qui se déroule au Yukon avec un chien héros, chien de traîneau.
02:26Donc voilà, tout ça se passe au Yukon et c'est légendaire.
02:28Les chercheurs d'or de la fin du 19e siècle.
02:32Le froid.
02:33Le froid, c'est votre principal adversaire, dites-vous dans le film.
02:37La course débarque par moins 41 degrés.
02:40Ça peut descendre jusqu'à moins...
02:4250.
02:43Moins 50, ouais, c'est ça.
02:45Jusqu'à moins combien le froid est-il à peu près supportable ?
02:50Alors ça, c'est vraiment très individuel.
02:52Mais pour moi, jusqu'à moins 20, moins 25, c'est à peu près gérable avec le matériel.
02:56On peut s'arrêter, boire, manger, mais en dessous, ça devient très critique.
02:59Là, vous sentez le point de bascule ?
03:01Oui, je sens vraiment le point de bascule à partir de moins 30, où s'arrêter n'est même plus
03:05possible.
03:05Il faut toujours être en mouvement pour rester chaud.
03:07Alors, il y a toujours être en mouvement, mais il y a aussi que vous ne pouvez jamais découvrir un
03:11centimètre de peau.
03:12Tout à fait.
03:12À partir d'une certaine température, c'est tellement froid que ça vient brûler la peau.
03:16Au même titre que quand on se met au soleil à 50 degrés dans le désert, ça vient brûler la
03:20peau, il y a le même effet dans le froid.
03:22Donc, on ne pourrait pas enlever nos gants pour refaire nos lacets, par exemple.
03:24Sinon, on peut se brûler la peau, voire avoir une angelure qui pourrait conduire à une amputation, ce qui est
03:28très grave.
03:29Alors, c'est très grave, mais c'est le lot, en réalité, de ces courses.
03:33Il y a une photo dans le film d'un des participants d'il y a deux ou trois ans
03:38qui a fini avec ses quatre membres amputés.
03:41Tout à fait. Il s'est poussé tellement loin dans la fatigue parce qu'en fait, on doit aller du
03:45point A au point B, qui est 600 kilomètres plus loin, comme on veut, en gérant comme on veut le
03:50sommeil.
03:50Et c'est vrai que quand on se pousse un petit peu trop, on peut avoir des hallucinations qui nous
03:53amènent à imaginer qu'on se retrouve, par exemple, dans un hôtel.
03:57Et c'est ce qui est arrivé au chaud.
03:58Bien au chaud.
03:58Voilà, et c'est ce qui est arrivé à cet athlète italien, Roberto, qui s'est imaginé dans un hôtel.
04:02Les secours l'ont retrouvé sans gants et sans chaussures, pieds nus dans la neige.
04:06Et c'est vrai que le mal était fait. Ils ont dû l'amputer de ses quatre membres.
04:09Vous en avez vécu, vous, des hallucinations ?
04:12Oui, j'ai eu énormément d'hallucinations parce que c'est une première expérience pour moi sur une telle distance.
04:16Donc j'ai voulu un petit peu me tester aussi.
04:18Et c'est vrai qu'à partir de la troisième nuit, on commence vraiment à avoir beaucoup d'hallucinations.
04:22C'est ce que j'ai eu.
04:23Et c'est-à-dire ?
04:24C'est-à-dire qu'on voit réellement au début, c'est des altérations de la réalité.
04:28On va avoir par exemple un tronc qui va se transformer en sanglier, un arbre qui va se transformer en
04:32totem.
04:32C'est un peu des déformations de la réalité.
04:33Et à terme, ça devient vraiment des hallucinations qui se créent directement sur le chemin, qui ne sont même plus
04:38des altérations de la réalité.
04:39Et alors là, j'ai pu voir des animaux, des personnages de dessins animés, des loups dans le ciel, des
04:47cahiers de scopes.
04:48Et dans ces moments-là, vous vous sentez partir ?
04:50Vous sentez que vous êtes en train de délirer ?
04:53Ou ce qui est extrêmement dangereux, c'est ce qui est arrivé à Roberto Zanda ?
04:57Roberto Zanda, tout à fait.
04:59C'est-à-dire qu'il ne sait même plus qu'il est en train de basculer.
05:03Il s'y croit vraiment dans sa chambre d'hôtel.
05:04Il enlève ses gants, ses chaussures.
05:06Je ne me suis pas rendu jusque-là.
05:08Mais c'est vrai que quand on a des hallucinations, on en est conscient.
05:10C'est ça qui est rigolo.
05:10On joue un petit peu avec ça.
05:12Je suis tellement fatigué qu'en fait, je suis en train d'halluciner.
05:14Mais je suis conscient.
05:15Ce n'est pas comme quand on prend, par exemple, de la drogue.
05:17Ce n'est pas ce qu'on fait.
05:18Mais où on peut perdre un petit peu la conscience.
05:20Là, on l'a encore.
05:21Donc, on joue un petit peu avec ça.
05:22Et on sait que c'est là qu'il faut aller se reposer parce que ça devient dangereux.
05:29Il est 10h30 du matin.
05:33Au fond de mon sable coucheur, j'ai fait extrêmement froid.
05:38J'ai froid.
05:39Je suis trempé.
05:41Je tremble.
05:42J'ai une petite boule.
05:44On ne peut plus.
05:47Je sors.
05:48Je meurs.
05:48Je reste.
05:49Je gèle.
05:51Je meurs.
05:52Je suis là.
05:54Vous vous souvenez de ce moment de craquage ?
05:57Oui, c'était affreux parce qu'en fait, je l'expliquais tout à l'heure, le froid, la seule manière
06:00de le combattre, ce n'est pas avec les vêtements, c'est avec le mouvement.
06:02Sauf que quand on est épuisé, qu'on ne peut plus bouger, on se couche dans son sac de couchage,
06:08sans tente, je le rappelle.
06:10Et là, en fait, c'est que si on n'a pas la force pour combattre le froid, on est
06:14un peu foutu parce qu'en fait, la seule manière de se réchauffer, c'est de se lever, de repartir.
06:17Mais on n'a plus la force de repartir.
06:18Donc, on se retrouve à pleurer pendant que ça.
06:20C'est que l'autre grand ennemi, c'est l'humidité.
06:24Oui, tout à fait. L'humidité, c'est l'eau est 25 fois plus conductrice que l'air.
06:29Ce qui fait qu'à partir du moment où on est mouillé parce qu'on a mal géré notre transpiration,
06:32on va avoir froid 25 fois plus vite.
06:34Donc, vraiment, c'est un ennemi redoutable.
06:38L'humidité, il ne faut vraiment, vraiment pas transpirer ou se verser de l'eau dessus parce que là, ça
06:42peut devenir vraiment dangereux.
06:44Il y a quelques jours, enfin le 15 février, vous abandonnez une autre course extrêmement importante qui se déroule dans
06:51le Tennessee aux Etats-Unis qui s'appelle la Barclays Marathons.
06:55Et ça a été un mélange permanent de froid et de pluie.
06:58C'est ça qui vous a tué sur le parcours ?
07:00Tout à fait. Il a fait 0, moins 5 degrés.
07:02Donc, certaines personnes se sont dit mais tu survis à moins 40, comment tu as fait pour avoir froid à
07:06moins 5 ?
07:06C'est parce qu'il pleuvait énormément et c'est là qu'on voit que l'humidité, quand on est
07:09mouillé, ça augmente la conduction thermique et on peut avoir beaucoup plus froid.
07:12Et j'ai eu une réelle hypothermie sur cette Barclays alors qu'il ne faisait que moins 5 degrés.
07:16Vous n'êtes pas le seul à avoir abandonné en réalité. D'après ce que j'ai compris, personne n
07:19'est arrivé au bout.
07:20Personne n'est arrivé au bout.
07:20C'était cauchemardesque, c'est ça ?
07:22Tout à fait, c'était cauchemardesque. Pluie, vent sur les crêtes, moins 5, j'avais les doigts complètement bloqués. C
07:27'était vraiment, c'était un calvaire.
07:29Et par ailleurs, au milieu de la Yukon, donc de ces 600 kilomètres traversés sur le Yukon Quest, vous avez
07:37aussi vécu un moment extrêmement douloureux.
07:39C'est le moment où vous n'arrivez plus à respirer, où les poumons sont quasiment bloqués. Là aussi, vous
07:45avez hésité à abandonner ?
07:47Oui, tout à fait, ça ne m'était jamais arrivé. J'avais eu beaucoup d'expériences au Québec de courses
07:50par moins 30.
07:51Le temps d'une journée, ça passait très bien. Et là, c'est vrai que sur plusieurs jours, à respirer
07:54de l'air entre moins 30 et moins 40,
07:56mes alvéoles sont venues complètement se geler et je n'arrivais plus à respirer.
07:59Je le dis dans le film, comme si j'étais un poisson qu'on avait sorti de l'eau.
08:02Je cherchais mon air et j'ai vraiment eu très, très peur parce que respirer, c'est vivre.
08:07Et de ne plus pouvoir respirer, ça fait vraiment peur.
08:09Donc, c'est sûr que quand je suis arrivé dans un checkpoint, je me suis posé la question à l
08:12'idée de repartir.
08:12Il y avait un médecin qui était là, qui me conseillait de ne pas repartir.
08:15Bon, j'ai attendu qu'elle aille se coucher pour repartir.
08:17Médecin, médecin qui vérifie les orteils, les doigts, les oreilles, le bout du nez ou à la moindre trace d
08:25'engelure.
08:25Vous ne pouvez pas continuer la course.
08:27Tout à fait, c'est notre garde-fou. Et puis, les médecins là-bas, s'ils décident qu'on ne
08:30reparte pas, on ne repart pas.
08:32Ça n'a pas empêché les amputations multiples.
08:34Parfois, le mal est fait et ça part là-bas.
08:55Voilà l'appel du silence.
08:57Mathieu Blanchard, vous l'avez gardé malgré dix ans au Québec, vous l'avez gardé cet accent provençal.
09:03Il est bien ancré celui-là.
09:05C'est vrai. Vous êtes l'aîné d'une grande fratrie, cinq frères, une sœur, c'est ça ?
09:10Tout à fait.
09:10Voilà. Vous avez grandi du côté de Cavaillon.
09:14Après, vous avez suivi vos parents en Guadeloupe où ils avaient ouvert un club de plongée.
09:20Mais quand même, les racines, elles sont là, elles sont dans le Luberon.
09:23C'est là le premier contact avec la nature.
09:27Oui, tout à fait. Le Luberon, la province un petit peu profonde, Luberon, les Alpies, c'est matière d'origine.
09:33Et vous avez un petit frère avec qui vous avez vécu une aventure absolument bouleversante.
09:40Il s'appelle Lucas. C'est le petit dernier, Lucas, c'est ça ?
09:42Tout à fait.
09:43Voilà. Donc vous avez quinze ans d'écart.
09:44Quinze ans d'écart.
09:45Vous n'êtes pas beaucoup connu quand il était petit.
09:48Sauf qu'arrive le moment où lui va avoir un accident de moto effroyable.
09:54Il s'est fait percuter par une voiture.
09:56La moto lui est tombée dessus. La moto a pris feu.
09:58Il s'est réveillé après un coma à l'hôpital.
10:01On lui avait amputé une jambe.
10:04Voilà. Donc il lui manque une jambe.
10:06Et avec ce petit frère, vous avez couru une course tous les deux dans le désert.
10:12Lui avec sa prothèse et vous avec vos deux jambes.
10:15Ça, c'est quand même une aventure absolument exceptionnelle qui a fait l'objet d'un précédent film qu'on
10:21peut voir sur YouTube.
10:22Je vous invite à le voir parce que les deux frères qui courent ensemble dans le désert, pourquoi vous l
10:26'avez embarqué ?
10:27Parce que mon petit frère, il a eu cet accident fin adolescent.
10:30C'était un moment hyper difficile pour lui.
10:31C'est le moment où on bascule dans l'âge adulte, où on veut construire sa confiance.
10:34Et c'est vrai que quand je le voyais dans sa chambre à se morfendre sur son sort, à dire
10:37des choses du style,
10:38je n'aurai plus jamais d'amis, plus de copines, ma vie est foutue.
10:40J'ai voulu le sortir un petit peu de ce tourment émotionnel dur pour lui.
10:44Et je lui ai dit, écoute, on va partir à l'aventure et tu vas montrer que toi aussi, tu
10:47es capable au même titre que les gens valident.
10:50Et voilà, le désert offre aussi cette paix pour pouvoir avoir des discussions un petit peu profondes
10:55et rattraper un peu le temps perdu, comme vous l'avez dit tout à l'heure.
10:58Je n'ai pas pu grandir avec lui.
11:00On a eu des belles discussions ensemble.
11:01Et au fond de lui, il avait un rêve aussi de devenir éventuellement athlète, aventurier comme moi.
11:06Et beaucoup de barrières, beaucoup de barrières mentales, sociétés, éducatives, familles.
11:11Et on a fait tomber pas mal de barrières ensemble.
11:13Alors, le résultat, c'est qu'aujourd'hui ?
11:15Alors, le résultat, c'est qu'aujourd'hui, il porte l'équipement de l'équipe de France de snowboard paralympique.
11:22Et il est dans le projet de participer aux Jeux Olympiques, aux Paralympiques de Alpes 2030 dans 4 ans.
11:29Et on vous voit préparer la course tous les deux.
11:31Comme dans l'Appel du silence, on vous voit préparer la course.
11:34C'est un peu comme dans un James Bond, c'est-à-dire que vous êtes avec des préparateurs de
11:37chez Salomon, votre sponsor.
11:39Et vous examinez chaque matériel, chaque gadget, à quoi ça sert, combien ça pèse, vous faites des listes, etc.
11:46Et quand vous êtes avec Lucas, le préparateur lui conseille d'emporter un pied.
11:50Oui, tout à fait.
11:51Et il met un pied dans son sac à dos.
11:54Alors que sur sa prothèse, il a comme une lame, une sorte de spatule.
11:59Une spatule en carbone pour pouvoir courir, tout à fait.
12:01Voilà, c'est pas courant de se dire.
12:02Allez, on en porte un pied.
12:03On parle avec un pied dans le dos.
12:05Avec Lucas, vous lui aviez proposé de vous rejoindre une première fois à la fin de l'UTMB.
12:11C'est quoi l'UTMB ?
12:13L'UTMB, l'Ultra Trail du Mont Blanc.
12:15Voici l'acronyme.
12:16Donc une course d'Ultra Trail, c'est peut-être la plus mythique au monde.
12:18On l'appelle le Grand Rendez-vous, puisque tous les coureurs du monde entier se retrouvent là.
12:21Les partenaires, les médias.
12:23Et la trace est belle, parce qu'en fait, elle fait le tour du massif du Mont Blanc.
12:26Le Mont Blanc, cette montagne mythique, qui est le toit de l'Europe.
12:28Et qui couvre trois pays.
12:30On part de France, de Chamonix.
12:31On passe en Suisse, en Italie.
12:32Et on revient, c'est une grande boucle.
12:34175 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé.
12:36C'est une course qui est vraiment très belle.
12:38Alors, là, c'est pas l'arrivée du Mont Blanc.
12:41C'est une arrivée d'une autre course mythique.
12:44On est à La Réunion.
12:45Ça s'appelle la Diagonale des Fous.
12:47Venez lui, d'amour !
12:51Il a souvent douté.
12:52Mais jamais baissé les bras !
12:55Et il est en train d'arriver pour emporter son premier Grand Raid.
12:59Le Grand Raid en Réunion 2024.
13:02La Diagonale des Fous pour Mathieu Blanchard !
13:09175 kilomètres, plus de 10 000 mètres de dénivelé positif.
13:15Là, c'est le moment où la profession vous adoube, Mathieu Blanchard ?
13:19Oui, tout à fait.
13:20Il y a quatre grandes courses mythiques dans notre sport.
13:23Deux aux Etats-Unis, une en France, l'UTMB, et puis cette fameuse Diagonale des Fous à l'île de
13:27la Réunion.
13:28C'est vrai que c'est les majeurs qu'on rêve tous de gagner au moins une fois dans une
13:30vie.
13:30Et c'est vrai qu'en 2024, j'ai eu la chance de remporter cette grande course.
13:34Sauf que vous, vous étiez déjà inscrit et vous n'aviez pas couru la Diagonale des Fous.
13:39Vous aviez préféré participer à Koh Lanta.
13:41Oui, tout à fait.
13:41Drôle d'histoire avec la Diagonale des Fous.
13:43J'avais eu un dossard quelques années avant.
13:44Et puis, à la veille de la course, j'étais déjà sur place.
13:47J'avais fait la tournée médiatique comme quoi je participais.
13:49Et il faut rester un petit peu confidentiel.
13:50J'avais été appelé par la prod de Koh Lanta.
13:52Il faut y aller maintenant, tout de suite.
13:53On va au Fidji et ça part pour l'émission.
13:56Donc, j'avais quitté discrètement l'île de la Réunion pour rejoindre le tournage.
13:59Et donc, quand j'ai dit en introduction que forcément, les grands puristes de la profession
14:05vous ont vu arriver là, dans ces ultra-trails, comme un touriste.
14:08C'est vrai ? Ils vous ont pris de haut ?
14:10Oui, c'est vrai.
14:10Le grand public voit la télé-réalité comme une seule télé-réalité, au même titre que d'autres télé-réalités.
14:16Donc, j'étais vraiment le gars de la télé-réalité qui fait du trail et pas l'inverse.
14:19Ça me gênait un petit peu quand j'arrivais sur les courses d'avoir cette casquette-là.
14:22Mais heureusement que la performance, c'est ce que j'ai montré sur le terrain, a inversé un petit peu
14:27la donne.
14:27Et aujourd'hui, je suis reconnu pour ce qui me passionne, c'est-à-dire l'ultra-trail et les
14:32sports d'endurance, d'aventure.
14:33Qu'est-ce qui vous fait rêver maintenant, Mathieu Blanchard ?
14:35J'ai énormément de rêves dans ma vie.
14:37Et les rêves, pour moi, ce n'est pas quelque chose d'illusoire qu'on vit la nuit.
14:39Un rêve, c'est un objectif ambitieux de passion dans les tripes et surtout fixé dans le temps.
14:44C'est ça, un rêve.
14:44C'est comme ça qu'on réalise un objectif ambitieux, c'est de le fixer dans le temps.
14:48Et là, c'est vrai que le monde polaire m'attire énormément.
14:51C'est quelque chose qui est assez hostile.
14:52C'est assez étonnant quand on voit le film de se dire « comment on peut être attiré par un
14:55milieu comme ça ? »
14:56C'est au fond de moi, c'est l'aventure.
14:57C'est assez étonnant quand on a grandi en Provence, non ?
14:59C'est assez étonnant quand on a grandi au pied des Alpies.
15:02Au pied des Alpies, dans une région où il fait soleil quasiment toute l'année et où il fait bon.
15:06Mais le Grand Nord, les contrées nordiques ont quelque chose d'assez puissant au niveau calme intérieur, silence, terre d
15:13'exploration.
15:13Et c'est vrai qu'il y a une grande, grande course, peut-être l'épreuve la plus longue au
15:16monde d'ultra-endurance en Alaska,
15:18qui s'appelle l'Igitarod, qui fait 1600 kilomètres.
15:21Il faut faire ses armes avant d'y aller.
15:231600 kilomètres.
15:241600 kilomètres, tout à fait.
15:25Ça veut dire que là, en ayant remporté la Laplande, que vous venez juste de remporter,
15:29vous avez gagné le droit de vous inscrire à l'Igitarod Trade.
15:33Tout à fait, il y a un long processus, puisque l'Igitarod est vraiment très sauvage, avec très peu de
15:37checkpoints,
15:37et ils veulent vraiment des profils qui soient experts, donc ils nous obligent à participer et à terminer d'autres
15:41courses avant,
15:42d'où la participation à la Yukon Arctic Ultra et à la Laponie Arctic Ultra que je viens de faire
15:47la semaine dernière.
15:48Donc ça y est, vous partez ?
15:50Maintenant, il va falloir s'inscrire et être pris.
15:52Ce n'est pas moi qui décide, mais en tout cas, c'est les rêves sur les deux, trois prochaines
15:56années.
15:57Mathieu Blanchard, star mondiale, je l'ai dit, de l'Ultra Trail.
16:00Merci d'avoir fait un crochet par cet univers extrêmement exotique.
16:05C'est donc le studio de France Inter.
16:08Et puis, l'Appel du silence, c'est ce film qui a été produit sur votre exploit dans le Yukon
16:13Quest,
16:13qu'on peut voir dans plusieurs salles en France, au cinéma, pour des soirées,
16:17où vous venez en plus à la rencontre du public.
16:20Merci Mathieu.
16:20Merci.
16:21Merci.
16:21Merci.
16:21Merci.
16:21Merci.
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