00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:057h12, c'est à la une, témoignage donc exceptionnel ce matin sur Sud Radio avec une Française qui est rentrée
00:12avec sa famille hier soir à Montpellier, c'est Bérangère qui est avec nous, bonjour Bérangère.
00:19Bonjour Patrick, bonjour à tous.
00:21Bon, soulagée, vous allez nous raconter tout ça, votre périple pour rentrer.
00:25Et puis une autre Française qui est toujours à Abu Dhabi, c'est Angélique qui est installée là-bas, française,
00:32écrivain, installée à Abu Dhabi.
00:33Bonjour Angélique.
00:35Bonjour la France, bonjour Patrick.
00:37Bon, et vous êtes toujours sous la menace des drones et des bombardements.
00:41D'abord Bérangère, racontez-nous parce que vous étiez bloquée avec votre famille, c'était impossible de rentrer de Dubaï
00:48et vous avez pris plusieurs fois l'avion,
00:51que vous vous êtes descendue, vous vous êtes remontée et finalement vous avez atterri hier à Madrid, c'est ça
00:56?
00:57Oui, c'est ça. En fait, tout d'abord je voudrais souhaiter, enfin souhaiter, non pardon, je me réveille si
01:03j'ai un peu député du voyage.
01:06Mais je voudrais remercier Nathanael d'Emirates Paris qui a été formidable avec nous.
01:10Ça a été un conseiller que j'ai eu au téléphone après maintes et maintes et maintes appels, je ne
01:15les compte même plus.
01:15Mais il nous a sauvés, cet homme nous a sauvés, il a été réactif, il nous a donné des nouvelles
01:21de nos vols, il a été formidable.
01:23Ils ne l'ont pas tous été au niveau d'Emirates, mais lui, je ne sais pas s'il m
01:27'écoute, je lui ai dit que je passais.
01:29Mais vraiment, il a été super et il nous a trouvé un vol pour Madrid qui n'était pas la
01:33destination prévue puisqu'on devait arriver à Barcelone.
01:37J'ai quand même pris, j'ai dit si on n'est pas assez à côté, ce n'est pas
01:39grave, si ce n'est pas la même destination, ce n'est pas grave.
01:42Donc je l'ai pris et ça a été très compliqué pour nous.
01:46Pourquoi très compliqué ? Parce que pendant toute la semaine, vous avez cherché à partir et on vous annonçait des
01:51vols, puis ils étaient annulés.
01:53Même à plusieurs reprises, je crois que vous êtes monté dans l'avion et puis il y avait des alertes
01:57et vous étiez coincé.
02:00Alors en fait, on a eu cinq annulations et comme j'ai expliqué à Nathanael, le problème c'est que
02:05quand on a une annulation, c'est trop tard pour s'inscrire sur un autre vol, c'est déjà complet.
02:09Donc on a réussi à avoir celui-là, jusqu'au dernier moment, je n'y croyais pas puisqu'on n
02:13'arrivait pas à s'enregistrer.
02:15Sauf que la veille, le vendredi, je vois qu'on peut s'enregistrer, donc je me dis c'est bon
02:18présage, on commande le taxi, c'est ok.
02:21Donc on part très tôt de l'hôtel parce qu'on nous a dit l'aéroport là-bas, il est
02:25surbooké, partez très tôt.
02:27On arrive à trois heures du matin à l'aéroport, très calme, on enregistre, on va à la port d
02:32'embarquement, on monte dans l'avion et là on attend une éternité.
02:36Le commandant nous dit qu'il y a un souci, qu'il faut qu'on patiente, on attend, on attend,
02:39on attend.
02:40Et là on nous dit annuler, donc on doit descendre de l'avion.
02:43Là je me mets à craquer parce que ça fait six fois.
02:46Vous êtes avec vos enfants.
02:48Oui, je suis avec mes enfants, Pauline et Antoine, qui ont 17 et 12 ans, et là en descendant, il
02:52y avait d'autres personnes qui étaient dans la port d'embarquement,
02:54qui eux allaient à l'île Maurice, qui nous disaient mais vous n'avez pas entendu, il y a eu
02:58un énorme boum, là on reste ici.
03:03Là je croise une famille de Marseillais que j'avais déjà vue pendant notre périple des hôtels,
03:08qui nous disent non non, on reste ici, on reste ici, il faut attendre, et là on attend, et on
03:13nous fait remonter dans l'avion.
03:16Là je n'étais pas tranquille parce que je savais qu'il y avait des drones qui avaient été interceptés,
03:20qui avaient été interceptés au-dessus de l'aéroport, on était dedans, je me dis franchement prendre l'avion comme
03:24ça,
03:26on attend de nouveau, on voit l'avion qui bouge un petit peu sur la piste, mais qui reste, qui
03:31stagne.
03:31Je ne vous dis pas les heures et les heures qu'on a attendues dans cet avion, et puis on
03:35part, on part, par le hublot ma fille me dit
03:38je vois l'avion du 14 juillet, je lui dis non non c'est pas le 14 juillet,
03:45mais écoute, j'étais pas très bien pendant à peu près une ou deux heures,
03:49et puis une fois qu'il a fait un énorme détour, je l'ai vu sur l'écran,
03:54et à 22h, 21h, je ne sais plus, on était à Madrid.
03:59Oui, voilà, vous êtes arrivé à Madrid quand même, donc soulagé évidemment ce matin.
04:04Il y a une question que les auditeurs se posent sans doute, c'était pris en charge dans ces conditions,
04:09ou alors c'est vous qui avez dû payer en Bérangère ?
04:13Alors quand on était là-bas, on a dû tout se payer, parce que comme je vous disais,
04:17on est bloqué, mais c'est à nos frais.
04:20Alors tout dépend des circonstances, on a entendu de tout, les gens racontent tout et n'importe quoi.
04:25On a eu une famille qui était en transit des Philippines, qu'on a connue,
04:29eux ils étaient à l'aéroport quand il a fermé, on les a mis dans des bus,
04:32ils sont allés dans des hôtels, et là tout était pris en charge.
04:35Nous, on était à Dubaï pour nos vacances, n'en déplaise à certains,
04:39parce que là aussi, c'est énorme la malveillance des gens.
04:42Je suis sidérée, Patrick, de lire, ils étaient là-bas, pourquoi ils sont allés là-bas,
04:46c'est bien fait pour eux.
04:47Mais moi je suis française, Patrick, je n'ai jamais eu droit à rien,
04:50je travaille, je suis encore en capacité d'aller en vacances où je veux.
04:56Mais ce qu'il y a, vous n'êtes pas prête de retourner, évidemment, là-bas,
05:00mais vous êtes soulagée ce matin, plus soulagée, restée avec nous Bérangère,
05:04qu'Angélique, alors mais qui est installée à Abu Dhabi,
05:09Angélique Payet, écrivain là-bas,
05:12vous devez vous protéger en permanence,
05:15parce que vous vivez au rythme des alertes, Abu Dhabi, Angélique.
05:20– C'est cela, nous nous réveillons avec des alertes
05:23et nous nous couchons avec des alertes.
05:25– Oui, c'est ça.
05:26– Par exemple, ce matin, à 7h du matin, un réveil brutal,
05:30pour une fois que j'avais une nuit un peu calme,
05:33un réveil brutal par alerte,
05:35ben là, on saute juste dans les baskets,
05:38et puis on descend dans les abris,
05:39et on attend que l'alerte se lève pour retourner à une vie, on va dire, quasi normale.
05:44– Oui, c'est ça.
05:45– Alors, mais quand vous descendez dans les abris,
05:48c'est-à-dire, c'est dans les parkings, c'est ça ?
05:51Vous vous réfugiez avec tous les gens qui vivent là-bas ?
05:55– En fait, on descend dans le parking le plus profond,
05:59donc là, par exemple, chez moi, on a trois niveaux,
06:01donc on descend au troisième niveau.
06:03Les voitures en position de départ,
06:05au cas où l'immeuble est touché,
06:07qu'il faut vite, vite, vite, vite partir.
06:11Et voilà, on s'est installé, on va dire,
06:13on n'a pas marre d'ouvrir, fermer les chaises,
06:16donc on s'est installé un petit camp de confort,
06:19comme ça, dès que ça sonne, on a juste à descendre.
06:22Il y a des gens qui le font, d'autres qui ne le font pas.
06:25Voilà, chacun vit en fonction, on va dire, de son état psychologique.
06:30– Parce qu'il y a toujours des…
06:31– Et là, je vous appelle de l'abri.
06:33– Là, vous m'appelez de l'abri,
06:34ben oui, d'où, évidemment, la petite difficulté de liaison,
06:37mais qui est quand même correcte,
06:38parce qu'il y a des alertes à chaque fois
06:40pour des drones, des bombardements, c'est ça ?
06:44– Alors, à partir du moment où ça sonne,
06:47c'est qu'il y a, effectivement, une violation de terrain.
06:50Donc, on est obligé de descendre.
06:52Ce n'est pas une alerte dans l'hypothèse 2.
06:54Non, non, c'est que les drones et les missiles sont sur place.
06:57Mais on a surtout des drones plutôt que des missiles.
06:58Les missiles sont beaucoup plus rares que les drones.
07:02– Oui, ils sont plus rares.
07:04Merci, Angélique Payet.
07:05On va vous laisser, évidemment, parce que c'est difficile.
07:07Bérangère, quand vous entendez, Angélique,
07:09parce que vous-même, vous avez vécu un petit peu,
07:11quelques jours, au rythme de ces alertes aussi, Bérangère.
07:16– Oui, oui, on a des alertes sur nos téléphones
07:19qui sonnent très, très fort.
07:21Alors, ça fait drôle quand on est dans un hôtel
07:23et qu'on est très nombreux.
07:24Tous les téléphones se mettent à sonner.
07:26Donc, il y a une espèce de mouvement très bizarre.
07:28La première fois que c'est arrivé, c'était la nuit.
07:31Tout le monde est descendu par les escaliers
07:32se mettre à l'abri, là où on nous indiquait d'aller en courant.
07:36On avait les passeports à la main.
07:37C'est quand même des situations pas simples à vivre.
07:40Les enfants couraient dans l'escalier.
07:42Ils me disaient, maman, maman.
07:43Je dis, oui, je suis là, parce que j'étais un peu décalé d'eux.
07:46Et après, deux heures après, on a dit, vous pouvez remonter.
07:50Donc, pour répondre à votre question de tout à l'heure,
07:54le billet retour, il a été décalé,
07:56mais il était dans mon budget de vol à les retours.
08:00Voilà, c'est ça.
08:00De prévu.
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