00:00Elsa Vidal, on va reparler de l'Iran avec vous dans votre choix, avec les dernières déclarations notamment de Donald Trump
00:05qui appelle les Iraniens à continuer à protester, à reprendre le contrôle de leurs institutions.
00:10C'est ce que dit ce soir le président américain.
00:13Le pays semble, on va être très prudent, semble prêt à basculer.
00:17Quels sont ce soir les scénarios sur la table, les trois scénarios pour l'Iran ?
00:21Alors comme vous le dites, il y en a trois, mais ce qu'il faut quand même dire aux téléspectateurs ce soir,
00:25c'est que si on se pose la question, c'est qu'on est dans une situation inédite.
00:28On entre dans une troisième semaine de manifestations en Iran, les plus importantes depuis 1979,
00:35au point qu'il est impossible à l'heure actuelle, si le mouvement suivait son cours,
00:39de dire si le régime fêtera son 47e anniversaire qui est prévu le 11 février, tant la répression est féroce.
00:45Le régime avance lui-même le chiffre de 2000 victimes qui concordent avec certaines organisations non gouvernementales,
00:51d'autres avancent des chiffres beaucoup plus élevés qu'on n'est pas en capacité de vérifier à l'heure actuelle.
00:56Oui, on va donner ces chiffres. Il y a une ONG qui parle de 12 000 morts.
00:59La chaîne CBS dit aussi 12 000, peut-être 20 000.
01:03C'est des chiffres qui sont invérifiables ce soir.
01:06À l'heure actuelle, invérifiables en l'état de coupure de blackout qui règne sur le pays.
01:10Mais le bilan pourrait certainement s'alourdir encore plus,
01:13puisque les responsables qualifient les soulèvements d'opérations terroristes
01:17qui permettent de condamner à la peine de mort les manifestants qui seraient arrêtés.
01:23On sait que le régime a largement exécuté l'année dernière au moins 1 500 personnes.
01:27Il est tôt à bois, au point qu'il a organisé hier une manifestation en sa faveur,
01:34notamment à Téhéran, dont il a largement abreuvé la télé en images, que vous voyez également.
01:40Donc c'est la recette pour des événements imprévisibles.
01:42Alors justement, quelles sont les options sur la table ce soir ?
01:45Alors elles vont du statu quo, globalement, à la chute du régime,
01:49en passant par une transition négociée.
01:51Des scénarios qui se dessinent avant tout sous la pression extérieure,
01:55à commencer et avant tout par celle de l'homme de Mar-a-Lago, je parle de Donald Trump.
01:59Une pression extérieure qui est autant une chance qu'une malédiction pour les Iraniens,
02:03qui pourrait se voir aussi dépossédé de leur mouvement de protestation.
02:07Alors la Maison Blanche, vous le rappeliez en début de journal,
02:09qui disait encore hier préférer la voie diplomatique mais la pression sur le régime.
02:13Donald Trump a publié sur True Social le message que vous voyez,
02:17appelant les Iraniens, qu'il continue de qualifier de patriotes,
02:21à continuer à manifester, à prendre le contrôle de leurs institutions,
02:24et en disant « l'aide est en route », laquelle on ne sait pas.
02:27Ajoutant qu'il a annulé toutes les réunions avec les représentants iraniens,
02:31jusqu'à ce que les Turis cessent.
02:32De son côté, l'ancienne impératrice d'Iran, Farah Palavi, sur son compte Instagram,
02:39a elle aussi appelé les forces de l'ordre à se joindre aux manifestants.
02:45Elle a en cela suivi son fils, Reza Palavi, qui pourrait être l'héritier de son père,
02:51c'est-à-dire revenir après plus de 50 ans d'exil,
02:55presque 50 ans d'exil puisqu'il est parti en 1979,
02:58à la tête du pays, pour ouvrir une transition,
03:02si les États-Unis décidaient de soutenir activement le changement de régime,
03:06peut-être avec des frappes, comme ils l'ont déjà prouvé en juin dernier,
03:10avec l'assistance d'Israël.
03:11Mais les États-Unis seraient-ils favorables à un changement de régime
03:15qui équivaut quand même à un saut dans l'inconnu ?
03:18Personnellement, je ne pense pas que ce soit leur solution préférée.
03:21Je pense qu'ils sont favorables à un changement de dirigeant,
03:24donc pour avoir un changement à la tête du régime,
03:27conduisant à un assouplissement.
03:29C'est l'hypothèse de la solution négociée qui entre en jeu,
03:32parce qu'une intervention militaire pourrait créer plus de désordre,
03:38sauf s'il s'agissait de frappes vraiment ciblées.
03:41Et ce qui intéresse les Américains, en réalité,
03:43ce n'est pas du tout l'avenir du peuple iranien,
03:46c'est avant tout la fin du programme nucléaire
03:48et la reconnaissance d'Israël.
03:50Et pour ça, ils ont une carte à jouer,
03:51les modérés du régime qui avaient été réprimés et mis de côté.
03:54Et donc, l'homme du deal pourrait miser, pardon,
03:57sur l'ancien président modéré Hassan Rouhani.
04:00Il a été à la tête de l'Iran entre 2013 et 2021.
04:04Vous le voyez à l'écran.
04:06C'est lui qui avait négocié l'accord sur le nucléaire.
04:09Il s'était montré d'une très grande flexibilité.
04:12Et donc, il pourrait être la solution des États-Unis,
04:15encore une fois, pour remodeler le Moyen-Orient
04:17sans avoir à faire face à un véritable dilemme politique en Iran.
04:21Merci.
04:22Merci.
04:23Merci.
04:24Merci.
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