- il y a 23 heures
Emmanuel Grégoire, député PS et candidat du rassemblement de la gauche à la mairie de Paris, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Je vous remercie ce matin dans la grande interview sur C News et Europe 1, c'est Emmanuel Grégoire.
00:07Bonjour à vous, candidat socialiste et candidat du Rassemblement de la gauche à la mairie de Paris,
00:12auteur de Aimé Paris aux éditions Les Petites Mains.
00:14On va parler de la situation internationale.
00:15Les petits matins, c'est moi qui n'ai pas mis mes lunettes ce matin.
00:18Les frappes contre l'Iran se poursuivent au sixième jour de l'opération américano-israélienne Epic Fury,
00:23tandis que les représailles de Téhéran ébranlent toute la région.
00:26Il y a une importante diaspora iranienne à Paris, on les a entendues ce matin sur l'antenne d'Europe
00:301, Emmanuel Grégoire,
00:31dire merci Trump, merci d'abattre ce régime de terreur qui a du sang sur le main, le sang de
00:36milliers d'Iraniens.
00:37Vous dites aussi merci Trump ce matin ?
00:39En tout cas, je ne vais pas verser une seule larme sur le régime des Mollahs,
00:42c'est un régime d'oppression qui a assassiné des dizaines, peut-être des centaines de milliers des citoyens iraniens,
00:50et le fait qu'ils sont en difficulté.
00:52Le problème, c'est qu'actuellement, le régime des Mollahs n'est pas tombé,
00:55il y a des morts collatéraux civiles,
00:57et on ne peut pas, en tant que démocrate, totalement se réjouir que des pays s'abstraient du droit international.
01:03Mais vous soutenez l'opération militaire ou pas ?
01:04Non, je ne soutiens pas, mon avis, importe peu au président Trump et j'en ai conscience.
01:09Simplement, je le dis, on ne va pas pleurer sur les Mollahs,
01:12mais on peut aussi s'interroger sur un cadre d'action qui s'affranchit du droit international.
01:16Je le dis parce que quelles sont les limites à cela ?
01:19On peut s'en réjouir parce que c'est le régime des Mollahs,
01:21mais peut-être à d'autres moments, ça deviendra vraiment insupportable comme situation.
01:26Et deuxième point, c'est évidemment que le peuple iranien retrouve son destin,
01:33puisse assurer lui-même la transition sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies,
01:37parce qu'il faut du multilittéralisme, le monde est compliqué,
01:41et il faut, je crois, faire attention aux emballements et aux risques de guerre et de contagion.
01:46Emmanuel Grégoire, Emmanuel Macron, lui, est resté prudent.
01:49La République islamique porte la responsabilité première de la situation,
01:52mais les frappes ne respectent pas le droit international.
01:55Il appelle à la désescalade et en même temps, il envoie le porte-avions Charles de Gaulle sur place et
01:59des frégates.
02:00Est-ce que vous avez le sentiment que la France rentre dans le conflit directement ?
02:03Non, ce sont des mesures défensives, elles sont valables pour l'ensemble des pays européens.
02:08Le régime des MOLA est tellement instable et tellement oppresseur
02:14qu'il y a toujours le risque qu'il crée des dégâts collatéraux pour embarquer tout le monde dans le
02:18brasier.
02:19Et donc, je pense qu'il y a des mesures.
02:20Je n'en suis pas un spécialiste, en l'occurrence, je n'ai pas vu de dispositif militaire.
02:23Et comme je suis candidat à la mairie de Paris, je ne vais pas m'occuper tout de suite du
02:26porte-avions.
02:28Mais en tout cas, ce qui est important, c'est que les Européens fassent corps.
02:34On voit bien que dans les menaces du monde, on a besoin d'être plus nombreux pour être plus forts.
02:39Et incontestablement, la gauche, qui porte historiquement l'ambition d'une défense européenne,
02:44je pense qu'avait raison, on aurait dû aller un peu plus vite.
02:46Donald Trump menace d'embargo total l'Espagne.
02:49Vous le savez, qui a refusé de prêter ses bases aux avions américains pour leurs opérations.
02:52Le président Macron vient d'apporter son soutien, ainsi que le soutien européen au Premier ministre Pedro Sanchez,
02:57qui refuse, dit-il, d'être complice des attaques menées en Iran par peur des représailles.
03:01Vous auriez compris que la France dise, non, vous n'utilisez pas nos bases aux alliés ?
03:05Oui, je l'aurais compris. Je comprends tout à fait que Pedro Sanchez ait décidé de le faire.
03:09C'est d'abord le droit souverain d'un pays de refuser l'usage de bases militaires alliées sur son
03:14territoire pour cela.
03:15C'est pas un soutien tacite à l'Iran ?
03:17Non, pas du tout.
03:18Je veux dire, si Trump avait demandé l'autorisation ou avait informé les Européens préalablement,
03:23peut-être l'avait construit avec eux,
03:24mais il ne peut pas déclencher une guerre unilatérale et demander un appui à des alliés
03:28qu'il aurait dû, par courtoisie ou même par enjeu stratégique,
03:31qu'il aurait dû informer.
03:33Pas l'Espagne, en l'occurrence, et pas même la France.
03:35Pas la France, oui.
03:35Comme quoi, pas la peine de considérer que ce sont des vrais alliés.
03:40On a un vrai sujet là-dessus.
03:40Les États-Unis ne sont plus nos alliés ?
03:42Non, non.
03:43Sont nos ennemis ?
03:44Non, pas du tout.
03:45Moi, j'ai une grande admiration pour la démocratie américaine,
03:48et je me dis qu'il reste deux ans, deux ans encore, à tenir.
03:51C'est-à-dire qu'il y a une capacité avant qu'il y ait de nouvelles élections,
03:55et que Trump ne puisse pas y concourir.
03:56Je crois à la force de la démocratie américaine, incontestablement.
04:00Il ne pourrait pas y concourir pour quelle raison ?
04:01Parce qu'il ne peut plus.
04:03Il a fait trop de mandats, il ne peut plus concourir à la présidentielle.
04:06C'est comme ça, des fois.
04:07Heureusement qu'il y a des cadres juridiques
04:09qui empêchent à la folie de se déployer pour l'éternité.
04:12Sinon, ça s'appelle une dictature, d'ailleurs.
04:14Revenons aux préoccupations des Français.
04:15Elles concernent d'abord l'énergie, la crise énergétique.
04:18Le Trois d'Hormuz est quasiment paralysé.
04:21Comment protéger le pouvoir d'achat des Français ?
04:23Est-ce qu'il faut des mesures de soutien sur le prix de l'énergie ?
04:27Est-ce qu'il faut baisser la TVA, comme on le propose de l'ARN ?
04:29D'abord, il faut évidemment surveiller ça.
04:32Les prix à la pompe ont un peu augmenté.
04:34À Paris, on est peu concerné par ce sujet-là.
04:37Mais je suis très attaché.
04:38Il y a encore beaucoup de voitures.
04:40Mais je suis attaché, comme futur maire de Paris,
04:43à suivre ces sujets, parce qu'ils ont un impact
04:44pour l'activité économique parisienne.
04:48Il n'y a pas de signaux alarmants pour le moment.
04:51Il y a des stocks, les prix montrent.
04:53Mais ça reste modéré.
04:55On peut s'attendre à ce que ce soit durable.
04:57Et donc ça, ça relève du gouvernement.
05:00En tout cas, ce qu'il faut, c'est qu'on puisse soulever
05:02et mettre en place toutes les alternatives possibles
05:05si à un moment donné, ça pèse durablement
05:06sur la montée du prix des carburants.
05:09Et je le redis, on a un enjeu de mobilité
05:13qui est aussi de sortir de cette dépendance au pétrole.
05:15On le voit à chaque fois qu'il y a une grande crise stratégique
05:18dans les politiques que nous menons de décarbonation,
05:21de développement de transport en commun.
05:23C'est aussi de s'arracher de cette dépendance
05:26à une matière première, le pétrole que nous n'avons pas,
05:28que nous n'aurons jamais ou très marginalement
05:30dans le sous-sol français.
05:33Et donc, il faut arrêter de dépendre de ce pétrole
05:37qui est aujourd'hui au cœur d'un jeu d'influence,
05:39qui a des répercussions dans la vie quotidienne de tout le monde.
05:42Emmanuel Grégoire, on est sur CNews et Europe 1.
05:44Il y a aussi la préoccupation sur la sécurité
05:46et le terrorisme, le risque terroriste,
05:49puisque l'Iran a menacé de représailles
05:50tous ceux qui entreraient dans le conflit.
05:52Elle menaçait l'Europe et la France,
05:55notamment, en tout cas, on sait que Paris a été ensanglantée
05:57par des attentats dans les années 80
05:58liés à la République islamique d'Iran.
06:00C'est un souvenir qui a traumatisé les Parisiens.
06:02C'est un risque que vous mesurez ?
06:04En tout cas, c'est un risque qui est constant depuis 2015.
06:08Il y en avait eu avant, mais depuis 2015,
06:10c'est évidemment un très haut niveau de risque.
06:13Le terrorisme islamiste, principalement,
06:16puisque c'est celui-là qui a frappé le pays
06:19dans la vague de 2015.
06:21Je crois qu'il faut d'abord une vigilance collective.
06:23On parle même des attentats des années 80.
06:24Même des attentats, absolument.
06:26En 86, ça avait d'abord touché Barbès
06:30et puis la station Saint-Michel.
06:31Rue de Rennes.
06:32Les risques sont importants.
06:35Nous avons un travail étroit.
06:37Nous sommes une ville.
06:38Paris est une ville.
06:39Et comme j'ai eu l'occasion de le faire dans le passé,
06:42quand je serai maire de Paris,
06:43il y aura un travail extrêmement étroit,
06:45à la fois avec le gouverneur militaire de Paris,
06:46avec le préfet de police,
06:47sous l'autorité du gouvernement,
06:49parce que cela dépend la sécurité du gouvernement,
06:52pour protéger les sites sensibles,
06:55mettre en place des maraudes,
06:56être en alerte collective,
06:57sans renoncer à vivre non plus,
06:58puisque ce serait leur plus grande victoire
06:59que nous renoncions à vivre.
07:00Mais évidemment que nos concitoyens sachent
07:03qu'on est très mobilisés collectivement
07:05pour prévenir le risque
07:06et faire tout ce qu'on peut
07:07pour empêcher le pire.
07:08Vous êtes engagé dans la lutte
07:09contre l'antisémitisme.
07:11Les lieux de culte de la communauté égypte
07:13sont particulièrement surveillés
07:14et menacés.
07:15Qu'est-ce que vous proposez de concret là-dessus ?
07:17Alors là-dessus,
07:18on a un dialogue direct
07:19avec les lieux de culte,
07:20que ce soit des mosquées,
07:22que ce soit des synagogues
07:23ou évidemment le culte catholique,
07:25y compris,
07:25parce que je rappelle que
07:27la ville de Paris elle-même
07:28est propriétaire d'un très grand nombre
07:30de ces lieux.
07:30Mais sur l'antisémitisme, précisément ?
07:33Là, pour le coup,
07:34pour des mesures concrètes,
07:35il s'agit de la mise en protection.
07:36Donc on peut poser des barrières
07:37anti-voiture-vélite.
07:39Mais c'est des choses
07:40que j'ai déjà faites depuis longtemps.
07:42Beaucoup de responsables religieux
07:44peuvent nous appeler,
07:45appeler la police
07:46pour qu'on sécurise des lieux sensibles.
07:48Mais il y a aussi tous les lieux
07:50qui ne sont pas religieux,
07:51qui sont également sensibles.
07:52Il y en a beaucoup.
07:53En tout cas,
07:54dire la disponibilité
07:55pour accompagner d'abord
07:56les inquiétudes
07:57et discuter du risque.
07:58On vous en parle beaucoup
07:59dans votre campagne
08:00de cette montée de l'antisémitisme ?
08:02Bien sûr,
08:02on me parle beaucoup
08:03de la montée de l'antisémitisme.
08:04On me parle beaucoup
08:04de la montée du racisme.
08:06Et moi,
08:07je veux vraiment dire
08:08à nos compatriotes
08:09qu'ils soient
08:10de confession
08:11ou de culture juive
08:13ou musulmane
08:13qui n'ont pas à être
08:15les victimes
08:15des malheurs du monde.
08:17Il y a des conflits armés.
08:18On peut y avoir
08:19évidemment un avis personnel.
08:20mais je veux protéger
08:22les parisiennes
08:23et les parisiens
08:23de cela
08:24et dans la demande
08:25d'assignation
08:25à choisir son camp
08:26comme si on était responsable
08:28de tout
08:28et deuxièmement,
08:30dans le fait
08:30qu'ils puissent vivre
08:31normalement,
08:32librement,
08:33en sécurité,
08:34dans la liberté du culte.
08:36Moi, je ne crois pas en Dieu.
08:36En pratiquant leur culte.
08:37En pratiquant leur culte.
08:38En pratiquant celui
08:38qu'ils le souhaitent
08:39et en le faisant
08:40en sécurité librement.
08:42Les municipales,
08:43dernière ligne droite,
08:44c'est dans dix jours
08:44le premier tour.
08:45Les sondages vous donnent
08:46devant Rachida Dati
08:48actuellement.
08:49Jusqu'à présent,
08:50vous aviez toujours exclu
08:50Emmanuel Grégoire
08:51une alliance au second tour
08:52avec la France insoumise.
08:53Mais pensez-vous vraiment
08:54pouvoir vous passer
08:55des voix de Sofia Chiquirou
08:56de la France insoumise ?
08:57Je te dis très clairement
08:59qu'il n'y aurait pas d'accord.
09:00Je redis très clairement
09:01qu'il n'y aura pas d'accord.
09:02Et au deuxième tour,
09:04l'offre politique
09:05est par nature différente
09:06du premier tour.
09:06Et donc,
09:07c'est un nouveau travail
09:08de conviction
09:09qui commence.
09:10Pour le dire,
09:11oui,
09:11il va falloir que j'arrive
09:12à convaincre,
09:12si je veux être maire de Paris,
09:13des électeurs qui un jour
09:15ont été tentés
09:15par Jean-Luc Mélenchon
09:16ou par Emmanuel Macron
09:17de voter pour moi.
09:18C'est une grande réconciliation.
09:20Mais on le fait
09:20sur un projet municipal.
09:22J'ai dit dans une très grande clarté
09:24que l'alliance,
09:25elle avait été faite pour nous
09:26avant le premier tour
09:27de façon à nous donner
09:28de la force.
09:29Et ce sera notre liste
09:30de second tour.
09:31Il n'y aura pas de fusion
09:32des livres,
09:32de proposition de poste
09:33à la France insoumise ?
09:36Non, non.
09:36C'est encore mieux
09:37qu'en bout de litre.
09:38Mais c'est comme ça fait
09:38dix mille fois que je le dis.
09:40Mais oui, mais voilà.
09:42Et ça fait plaisir.
09:44Monsieur Jouvet
09:45du Parti Socialiste
09:46dit
09:46« Nous n'avons pas de leçons
09:48à recevoir d'un bourgeois. »
09:49Il parle de Jean-Luc Mélenchon
09:49sur son canapé
09:50qui fait de l'antiséminisme.
09:51Une expression commune
09:53dans beaucoup de ses discours.
09:53Vous reprenez cela à votre compte ?
09:55Alors, les mots
09:56n'auraient sans doute
09:57pas été les miens.
09:58Mais oui,
09:59je trouve que
09:59Jean-Luc Mélenchon
10:00s'est perdu.
10:02Perdu définitivement.
10:03Qu'il fait beaucoup de mal
10:04à la gauche.
10:05Qu'il fait beaucoup de mal
10:06aux causes
10:06qu'il prétend défendre.
10:08Ce n'est pas mon adversaire.
10:10Moi, mon adversaire,
10:11c'est la droite.
10:11À Paris, c'est Rachida Dati.
10:12Et je ne peux pas
10:13tomber obsessionnellement
10:14dans le commentaire
10:15de ce que fait Mélenchon
10:17qui passe son temps
10:17à m'insulter d'ailleurs.
10:19Moi, mon adversaire,
10:20c'est la droite.
10:21Et je ne tombe pas
10:21dans le piège
10:22qui est d'organiser
10:23la confrontation à gauche.
10:24Ma rupture avec Mélenchon,
10:25elle est consommée.
10:26Je passe à autre chose.
10:27Et aujourd'hui,
10:28je veux faire un projet
10:29contre projet
10:30avec Rachida Dati.
10:31C'est le logement,
10:32c'est la priorité
10:33pour le pouvoir d'achat,
10:34c'est la transition écologique
10:35de la ville.
10:36On a un très beau projet.
10:38C'est une nouvelle histoire
10:39que nous proposons pour Paris.
10:40Et je suis persuadé
10:41que nous aurons
10:42un vote d'adhésion
10:43et pas un vote de rejet
10:44ou un vote de substitution.
10:46C'est tout l'enjeu
10:47de ces municipales.
10:48Est-ce que vous saurez
10:49vous affranchir du bilan
10:50d'Anne Hidalgo
10:50que vous avez accompagné
10:51pendant de longues années,
10:52même si aujourd'hui
10:53vos rapports sont distendus ?
10:55Je pense que le bilan
10:56en matière de sécurité,
10:57le bilan en matière budgétaire.
10:58Vous dites,
10:59carte neuve,
11:01on va faire autre chose,
11:02on va faire différemment ?
11:03Oui, on va faire différemment.
11:04Est-ce qu'il y a
11:05des points communs
11:06avec ce qu'ont fait
11:07Bertrand Delano et Anne Hidalgo ?
11:08Évidemment,
11:09la priorité pour le logement,
11:10transformer la ville,
11:12développer les mobilités douces,
11:13y compris nous évitant
11:15qu'on ait acheté de l'essence.
11:16Donc tout ça,
11:16c'est des lignes de force
11:17qui sont communes.
11:18Mais c'est une nouvelle page
11:20pour une nouvelle histoire.
11:21On a renouvelé l'équilibre,
11:23il y a plus de 50%
11:23de renouvellement,
11:24il y a de nouveaux défis.
11:26Et il y a des choses
11:27qu'on a fait bien.
11:28Est-ce qu'on a tout fait bien ?
11:29Non.
11:29J'entends des insatisfactions,
11:31des attentes en matière
11:31de propreté,
11:32en matière de sécurité,
11:33en matière de pouvoir d'achat.
11:35Nous avons construit un projet
11:36pour répondre
11:37à ces nouvelles attentes
11:39des Parisiennes
11:39et des Parisiens.
11:41Et c'est ça,
11:42la campagne municipale,
11:44c'est expliquer
11:44comment on va résoudre cela
11:47avec de la construction
11:49de logements
11:49pour détendre la situation,
11:51développer le logement
11:51particulièrement
11:52pour les classes moyennes,
11:53comment on va continuer
11:54à développer
11:55les mobilités
11:56qui sont propres
11:57avec le vélo,
11:58la priorité piéton.
12:00De nouvelles pistes cyclables,
12:02je le dis,
12:03la priorité,
12:03c'est le piéton.
12:04Vous voyez des ajustements
12:05que nous sommes en train
12:06d'opérer.
12:07La priorité,
12:07c'est le piéton
12:08parce que c'est la mobilité
12:10essentielle du quotidien
12:11et donc un peu réajusté.
12:12Et puis,
12:13c'est un changement de méthode.
12:14Moi, je veux être le maire
12:15de l'hyper-proximité.
12:16J'ai une obsession
12:17du quotidien.
12:18On prépare
12:19les grands chantiers d'avenir
12:20mais on s'occupe aussi
12:21tous les matins de la ville.
12:22Il y a beaucoup de choses à faire
12:23et je sais que sur ces sujets-là,
12:24il y a des attentes.
12:26Dans votre livre,
12:27c'est donc Aimer Paris,
12:31il y a l'impression
12:31qu'on est chez les bisounours.
12:33Les Parisiens,
12:33ils n'ont pas l'impression
12:34de vivre au royaume
12:34des bisounours.
12:35Ils trouvent que la ville
12:36est sale, polluée,
12:37encombrée,
12:38qu'il y a des travaux partout.
12:39Qu'est-ce que vous leur dites ?
12:40C'est parfois un peu vrai.
12:41Elle n'est pas polluée.
12:42On a beaucoup baissé
12:43la pollution.
12:43La pollution a baissé
12:44de 50 % en 10 ans.
12:45Donc ça, au moins,
12:46c'est un truc sur lequel ça va bien.
12:47Parfois, il a fallu
12:48un peu de travaux
12:48pour arriver à cela.
12:50Je crois que tout Parisien,
12:52il a une relation ambivalente
12:54à sa ville.
12:55On l'aime infiniment
12:56et il y a des irritants.
12:57Et les irritants que vous citez,
12:58ce sont les miens
12:59comme Parisiens.
12:59Je me balade tous les jours
13:00depuis des années dans Paris.
13:03Ça m'agace tout autant
13:05que n'importe quel Parisien
13:06quand je vois une poubelle
13:07éventrée,
13:07quand je vois un truc
13:08qui est cassé
13:08et qui n'est pas réparé.
13:09C'est ça, d'ailleurs,
13:10que je veux dire
13:10dans l'obsession du quotidien.
13:12Je crois que les gens
13:13ont compris
13:14qu'on devait transformer
13:15sur le plan écologique
13:16la ville
13:16pour la rendre plus agréable,
13:17lutter contre la pollution,
13:18etc.
13:19Mais ils veulent
13:20un haut niveau
13:21de qualité de service.
13:22Et donc,
13:23mon obsession à moi,
13:24c'est l'exécution.
13:25C'est comment on va aller
13:26redresser les poteaux,
13:27boucher les trous
13:28dans le trottoir, etc.
13:29Parce que c'est ça que j'aime
13:30et à la fin,
13:31c'est ça la mission d'un maire.
13:33C'est s'occuper
13:33des grands chantiers
13:34pour préparer le futur.
13:36Mais c'est tous les matins
13:37remettre l'ouvrage
13:38sur le métier
13:39pour entretenir la ville
13:40et la rendre plus agréable.
13:41Emmanuel Grégoire,
13:42Rachida Thédy,
13:42ne vous épargne pas
13:43cette semaine
13:44dans le J.D. News.
13:45Elle affirme
13:46la saleté partout,
13:47le chaos dans les rues,
13:47les travaux permanents,
13:48la succession des scandales.
13:50Notamment,
13:50elle évoque
13:51le détournement
13:51de fonds publics
13:52chez les bailleurs sociaux.
13:54Puisqu'il y a deux semaines,
13:55le Parisien a révélé
13:55un scandale impliquant
13:56Paris Habitat,
13:58principal bailleur social
13:59de la capitale.
14:00Est-ce que vous vous sentez
14:01co-responsable
14:02de ce qui s'est passé
14:02dans cet organisme ?
14:03Non, d'abord,
14:04elle qualifie...
14:05Madame Dati,
14:05est-ce qu'il s'agit
14:06d'un détournement
14:06de fonds majeurs ?
14:07C'est complètement faux.
14:08C'est complètement faux.
14:09Il y a eu une enquête.
14:09D'abord, elle fait allusion
14:11à des faits
14:11qui ont fait l'objet
14:12cette condamnation en 2016
14:13sur des comportements
14:14à l'évidence délictueux
14:15mais qui ont été dénoncés
14:16à la justice
14:16et la justice a fait son travail
14:18et venant de quelqu'un
14:19qui a renvoyé en correctionnel
14:20pour corruption
14:21et qui a au moins 10 affaires
14:23en instruction la concerne,
14:24je l'inviterai à la prudence.
14:26Moi, j'ai un principe...
14:27Il n'y a pas un sujet
14:27sur Paris Habitat ?
14:28Non, il n'y a pas de sujet.
14:28Il y en a eu un,
14:29il a été traité
14:30et d'ailleurs,
14:31il a été traité
14:31et d'ailleurs,
14:32pour être sûr
14:33qu'il n'y en a pas de nouveaux,
14:34la ville a saisi
14:35le procureur de la République
14:36pour aller faire
14:42et en tout cas,
14:42par précaution,
14:43la justice a bien été saisi
14:44pour le vérifier.
14:46Mais je le redis,
14:47quand on donne des leçons
14:47aux autres,
14:48il faut quand même
14:49veiller à être exigeant
14:50envers soi-même
14:51quand on l'est envers les autres.
14:52Elle est renvoyée
14:53en correctionnel pour corruption.
14:54Elle est la plus disqualifiée,
14:56honnêtement,
14:56pour donner des leçons de morale.
14:58Des leçons de morale
14:58qui est parfois des abus
15:02ou des choses pas bien.
15:03Ça arrive dans
15:04toutes les organisations.
15:05Toutes les organisations.
15:06Mais il faut les combattre.
15:07Mais bien sûr,
15:07il faut les combattre.
15:08Il faut les identifier.
15:10Il faut les identifier.
15:11Il faut le transmettre
15:12à la justice
15:13et ensuite,
15:14il y a des condamnations.
15:16Mais quand même,
15:17Mme Tati devrait se prémunir
15:19de ce type d'accusation,
15:20sachant ce dont elle est accusée
15:21elle-même.
15:22Oui, mais il faut aussi savoir
15:23voir les scandales
15:25où il se trouve.
15:25Je vous ai répondu.
15:26Et on sait que le logement
15:27est véritablement
15:28une des grandes préoccupations
15:29des Parisiennes.
15:29Et quand j'ai découvert
15:30le Parisien,
15:31moi je suis quelqu'un
15:31de rigoureux,
15:33je suis allé vérifier,
15:34demander, etc.
15:35Paris Habitat
15:36a communiqué.
15:37C'est honnêtement
15:38une affaire dans l'affaire
15:39pour essayer d'étouffer
15:40les siennes de ce que je sais.
15:42Ce sujet est sous instruction
15:45de la justice.
15:46Il a été traité d'ailleurs
15:47historiquement
15:47avec une condamnation
15:48à des amendes
15:49et à de la prison
15:50pour des agents
15:51qui avaient fait ça.
15:52Il ne me semble pas
15:53y avoir de fait nouveau.
15:54S'il y en avait,
15:55je serais d'une immense
15:57dureté et sévérité
15:59vis-à-vis de tous
15:59ceux qui font cela.
16:00J'ai une relation
16:01à l'argent public
16:02qui est obsessionnelle.
16:04Moi, je suis quelqu'un,
16:05je le crois pouvoir
16:06le démontrer,
16:07qui incarne la probité
16:08en politique.
16:09J'ai été six ans
16:10premier adjoint.
16:10On n'aimait pas l'argent.
16:12Quand je suis comme tout le monde,
16:13j'aime bien avoir de l'argent
16:14mais je ne fais pas
16:16de la politique pour ça.
16:17Moi, le jour où j'ai été élu,
16:18en 2014,
16:19j'ai arrêté toute activité
16:20professionnelle à côté.
16:21On voit chaque jour
16:22que Rachida Dati
16:24ne s'est pas imposé ça.
16:26Moi, j'ai consacré
16:27ma vie à ça.
16:28Vous avez vu au fait
16:29qu'elle était ministre
16:30de la culture ?
16:30Non.
16:31Au service de la nation ?
16:32Elle était avocate
16:32pendant plusieurs années.
16:35J'imagine que ça a remonté
16:36jusqu'à ces news.
16:38Oui, je vous remercie.
16:39Je m'en doutais.
16:40Nous sommes chaînes d'information.
16:40Non, mais du coup,
16:42c'est un sujet d'investigation
16:43comme un autre
16:44qui mérite de traiter.
16:44Je pensais que vous faisiez
16:45allusion à ces fonctions de ministre.
16:48Non, non, pas du tout.
16:49Non, non, je faisais allusion
16:50aux activités
16:51quand on gagne.
16:52Mais bien sûr,
16:52c'est un engagement public.
16:53Je ne l'en prêche pas.
16:54Je parle bien
16:55des activités professionnelles
16:56à côté.
16:57Moi, je suis quelqu'un
16:59qui a une transparence totale
17:00là-dessus.
17:00Ça fait 14 ans
17:01que ma déclaration
17:02de patrimoine
17:03et ma déclaration d'intérêt
17:04sont publiques
17:05parce que j'ai exercé
17:06des fonctions
17:06qui le rendaient obligatoire.
17:09Ma vie a été disséquée.
17:11J'ai consacré ma vie
17:12à cela
17:12parce que je crois
17:13que quand on s'engage
17:14dans la vie publique,
17:16on en prend les bons côtés
17:17mais on en assume aussi
17:18les conséquences
17:19et les exigences morales.
17:21Et remettre un peu
17:22de morale en politique
17:22ne me paraît pas de trop
17:23dans la crise démocratique
17:24que nous vivons.
17:25Emmanuel Grégoire,
17:26il y a aussi ce scandale
17:27de violences sexuelles
17:28dans le péri-scolaire
17:29qui évidemment nous prend
17:30au tripe tous
17:31en tant que parents.
17:32Comment de telles défaillances
17:33ont pu être possibles ?
17:35Comment ne pas avoir
17:36su protéger au fond
17:37les enfants
17:37des agressions commises
17:38par des animateurs
17:39qui étaient là pour le coup
17:40recrutés par la ville de Paris ?
17:42Quelle garantie
17:42vous donnez aux Parisiens
17:43que demain
17:44quand ils poseront
17:44ou ce matin
17:45quand ils poseront
17:46leurs enfants à la crèche
17:47ils ne risqueront pas
17:48d'agressions sexuelles ?
17:49Alors d'abord
17:49il y a eu des fautes graves
17:53qui font l'objet
17:53d'ailleurs d'investigations
17:56et le problème
17:57de ce qui est remonté
17:58j'étais plus premier adjoint
17:59pour la plupart des affaires
18:01qui sont remontées
18:02mais ce qu'on observe
18:03c'est que les procédures
18:04ne suffisent pas
18:05Pourquoi ?
18:06Parce que le principe
18:06d'un pédocriminel
18:07c'est que tant qu'il n'est pas passé
18:08à l'acte
18:08vous ne savez pas
18:09que c'est un pédocriminel
18:10et donc le fait
18:11de vérifier par exemple
18:12la non-inscription
18:13au fichier
18:14des infractions sexuelles
18:16ne permet pas
18:17de prévenir
18:18structurellement
18:18le risque des pédocriminels
18:20et les pédocriminels
18:21ils vont dans tous
18:21les endroits
18:22où il y a des enfants
18:22et vous le savez
18:24j'en ai vécu
18:25l'expérience moi-même
18:27ils vont dans
18:28les centres de loisirs
18:29dans les activités culturelles
18:30sportives
18:31parfois
18:32les drames
18:32à la maison
18:33on ignore
18:34parce qu'on pense
18:34qu'on aime tous
18:35les enfants
18:35et ben non
18:35il y a des gens
18:36qui n'aiment pas
18:36les enfants
18:36ou qui les aiment
18:37donc comment les détecter
18:38et donc on ne peut pas
18:39les détecter
18:39c'est par les procédures
18:41de prise en charge
18:42par définition
18:42on ne peut pas les détecter
18:43a priori
18:45et avant qu'ils aient
18:45commis des faux
18:46ce qu'il faut
18:47c'est considérablement
18:48renforcer les procédures
18:50vérifier qu'elles soient
18:51bien appliquées
18:52donc moi j'ai annoncé
18:53un big bang
18:53en la matière
18:54big bang
18:55dont sera saisi
18:56le conseil de Paris
18:57dès le début
18:58de mon mandat
18:59de maire
18:59d'abord
19:01densifier les procédures
19:03deuxième chose
19:04mettre en place
19:04un contrôle interne
19:06et externe
19:07je veux que des gens
19:08de l'extérieur
19:08soient chargés
19:09de contrôler
19:10la bonne application
19:11des procédures
19:12et enfin
19:13voir différemment
19:14l'organisation de la semaine
19:15pour diminuer un peu
19:16les risques
19:16et c'est pourquoi
19:17j'ai proposé
19:18d'organiser une convention
19:20parisienne
19:20sur les temps de l'enfant
19:21pour voir en gros
19:22comment on limite
19:24le besoin
19:25de recourir
19:25à une heure par-ci
19:26une heure par-là
19:27etc
19:28qui est la conséquence
19:30de l'organisation
19:31de la semaine
19:32d'école
19:33et donc on va le faire
19:35un plan d'urgence
19:36c'est évidemment
19:36prévu à application
19:39immédiate
19:39et pour les sujets
19:40un peu plus complexes
19:41à la rentrée
19:42de septembre
19:432026
19:43c'est un sujet
19:44qui me touche
19:45au cœur
19:46j'en ferai évidemment
19:47un combat personnel
19:48sur la sécurité
19:49on sait que c'est une grande
19:50préoccupation
19:51des parisiens
19:52qu'est-ce que vous proposez
19:54pour les polices municipales
19:55vous proposez
19:561000 policiers municipaux
19:57de plus
19:57est-ce que c'est suffisant
19:58est-ce que vous souhaitez
19:58qu'ils soient armés
20:00pour pouvoir faire face
20:01à une délinquance
20:01qui explose dans la capitale
20:03alors
20:04la délinquance
20:05d'abord je sens bien
20:06la demande de sécurité
20:07de nos concitoyens
20:08et j'entends y répondre
20:11avec exigence
20:12je veux aussi
20:13que l'état
20:14arrête de se désengager
20:15parce que
20:15quand nous on met
20:16des moyens
20:16les collectivités
20:17mais que l'état
20:17retire des postes
20:18de policiers nationaux
20:19ça ne peut pas marcher
20:21on n'est pas plus efficace
20:22deuxièmement
20:22je ne suis pas favorable
20:24à l'armement létal
20:25des polices municipales
20:26pour une raison assez simple
20:28c'est que rien
20:28dans les missions
20:30que lui confie la loi
20:31ne justifie d'avoir une arme létale
20:33moi je veux qu'ils s'occupent
20:34de réguler les vélos
20:35qui ne respectent pas
20:35les feux rouges
20:36je veux qu'ils luttent
20:37contre le bruit
20:38dans les ensembles
20:38je veux qu'ils fassent
20:39de la police de circulation
20:40pour améliorer les choses
20:41quand on a des carrefonds coincés
20:42rien de ces missions
20:44qui sont celles
20:44qui lui donne la loi
20:46et deuxièmement
20:47quand on met une arme létale
20:48comme le proposent
20:50mes concurrents
20:51l'arme létale
20:52ça coûte très cher
20:52à mettre en place
20:53vous perdez un tiers
20:54de votre force de travail
20:55parce qu'entre les entraînements
20:57et le fait qu'ils doivent
20:57remiser l'arme
20:58dans un coffre-fort le soir
20:59c'est très cher
21:01c'est très cher
21:01ils ont des armes
21:02ils ont des armes
21:02de quatrième catégorie
21:03qui leur permettent
21:04de faire de l'intervention
21:05je ne suis pas quelqu'un
21:06de sectaire
21:07si jamais dans le dialogue
21:08avec le législatif
21:10sur les missions
21:11la nature des missions
21:11des politiques municipales
21:12ça évoluait
21:12moi je ne veux pas
21:13exposer mes agents
21:14à des missions risquées
21:15sans avoir les moyens
21:17de gérer ces missions
21:18mais j'ai pris un engagement
21:19devant les parisiens
21:20c'est que si un jour
21:21je pense qu'au regard
21:22de l'évolution des missions
21:23on doit leur donner
21:24une arme létale
21:24j'organiserai un référendum
21:27auprès des parisiens
21:28merci Emmanuel Graal
21:29vous participez à un débat
21:30si Rachida Dati
21:32veut bien le faire
21:33sur notre antenne
21:34je le souhaite ardemment
21:36participer à un débat
21:37ce n'est pas normal
21:38Rachida Dati refuse
21:40de participer
21:41à un débat
21:42et je crois
21:43que c'est la première fois
21:44dans l'histoire
21:45qu'une candidate
21:47et en l'occurrence
21:48pas la favori
21:48désormais
21:49refuse de participer
21:50à un débat
21:50donc tant qu'elle ne participe pas
21:51vous ne participez pas
21:52c'est du chat et de la souris
21:53d'abord on ne va pas
21:54Rachida Dati a-t-il
21:56a l'habitude de faire ça
21:56d'essayer d'imposer ses règles
21:58ce n'est pas elle
21:59qui fixe les règles
22:00c'est la démocratie
22:01et elle ne vaut
22:03ni plus ni moins
22:04que l'ensemble des candidats
22:05à ce stade
22:05donc je l'invite
22:06à répondre positivement
22:07aux invitations
22:08pour organiser les débats
22:09et nous vous invitons
22:10sur notre antenne
22:11merci Emmanuel Grégoire
22:12c'était votre grande interview
22:13sur CNews et sur Europe
22:14merci à tous
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