00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Je vous remercie ce matin dans la grande interview sur C News et Europe 1, c'est Emmanuel Grégoire.
00:07Bonjour à vous, candidat socialiste et candidat du Rassemblement de la gauche à la mairie de Paris,
00:12auteur de Aimer Paris aux éditions Les Petites Mains.
00:14On va parler de la situation internationale.
00:15Les petits matins, c'est moi qui n'ai pas mis mes lunettes ce matin.
00:18Les frappes contre l'Iran se poursuivent au sixième jour de l'opération américano-israélienne Epic Fury,
00:23tandis que les représailles de Téhéran ébranlent toute la région.
00:26Il y a une importante diaspora iranienne à Paris, on les a entendues ce matin sur l'antenne d'Europe
00:301, Emmanuel Grégoire,
00:31dire merci Trump, merci d'abattre ce régime de terreur qui a du sang sur le main, le sang de
00:36milliers d'Iraniens.
00:37Vous dites aussi merci Trump ce matin ?
00:39En tout cas, je ne vais pas verser une seule larme sur le régime des Mollahs,
00:42c'est un régime d'oppression qui a assassiné des dizaines, peut-être des centaines de milliers des citoyens iraniens,
00:50et le fait qu'ils sont en difficulté.
00:52Le problème, c'est qu'actuellement, le régime des Mollahs n'est pas tombé,
00:55il y a des morts collatéraux civiles,
00:57et on ne peut pas, en tant que démocrate, totalement se réjouir que des pays s'abstraient du droit international.
01:03Mais vous soutenez l'opération militaire ou pas ?
01:04Non, je ne soutiens pas, mon avis, importe peu au président Trump et j'en ai conscience.
01:09Simplement, je le dis, on ne va pas pleurer sur les Mollahs,
01:12mais on peut aussi s'interroger sur un cadre d'action qui s'affranchit du droit international.
01:16Je le dis parce que quelles sont les limites à cela ?
01:19On peut s'en réjouir parce que c'est le régime des Mollahs,
01:21mais peut-être à d'autres moments, ça deviendra vraiment insupportable comme situation.
01:26Et deuxième point, c'est évidemment que le peuple iranien retrouve son destin,
01:33puisse assurer lui-même la transition sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies,
01:37parce qu'il faut du multilittéralisme, le monde est compliqué,
01:41et il faut, je crois, faire attention aux emballements et aux risques de guerre et de contagion.
01:46Emmanuel Grégoire, Emmanuel Macron, lui, est resté prudent.
01:49La République islamique porte la responsabilité première de la situation,
01:52mais les frappes ne respectent pas le droit international.
01:55Il appelle à la désescalade et en même temps, il envoie le porte-avions Charles de Gaulle sur place et
01:59des frégates.
02:00Est-ce que vous avez le sentiment que la France rentre dans le conflit directement ?
02:03Non, ce sont des mesures défensives, elles sont valables pour l'ensemble des pays européens.
02:08Le régime des MOLA est tellement instable et tellement oppresseur
02:14qu'il y a toujours le risque qu'il crée des dégâts collatéraux pour embarquer tout le monde dans le
02:18brasier.
02:19Et donc, je pense qu'il y a des mesures.
02:20Je n'en suis pas un spécialiste, en l'occurrence, je n'ai pas vu de dispositif militaire.
02:23Et comme je suis candidat à la mairie de Paris, je ne vais pas m'occuper tout de suite du
02:26porte-avions.
02:28Mais en tout cas, ce qui est important, c'est que les Européens fassent corps.
02:34On voit bien que dans les menaces du monde, on a besoin d'être plus nombreux pour être plus forts.
02:39Et incontestablement, la gauche, qui porte historiquement l'ambition d'une défense européenne,
02:44je pense qu'avait raison, on aurait dû aller un peu plus vite.
02:46Donald Trump menace d'embargo total l'Espagne.
02:49Vous le savez, qui a refusé de prêter ses bases aux avions américains pour leurs opérations.
02:52Le président Macron vient d'apporter son soutien, ainsi que le soutien européen au Premier ministre Pedro Sanchez,
02:57qui refuse, dit-il, d'être complice des attaques menées en Iran par peur des représailles.
03:01Vous auriez compris que la France dise, non, vous n'utilisez pas nos bases aux alliés ?
03:05Oui, je l'aurais compris. Je comprends tout à fait que Pedro Sanchez ait décidé de le faire.
03:09C'est d'abord le droit souverain d'un pays de refuser l'usage de bases militaires alliées sur son
03:14territoire pour cela.
03:15C'est pas un soutien tacite à l'Iran ?
03:17Non, pas du tout.
03:18Je veux dire, si Trump avait demandé l'autorisation ou avait informé les Européens préalablement,
03:23peut-être l'avait construit avec eux,
03:24mais il ne peut pas déclencher une guerre unilatérale et demander un appui à des alliés
03:28qu'il aurait dû, par courtoisie ou même par enjeu stratégique,
03:31qu'il aurait dû informer.
03:33Pas l'Espagne, en l'occurrence, et pas même la France.
03:35Pas la France, oui.
03:35Comme quoi, pas la peine de considérer que ce sont des vrais alliés.
03:40On a un vrai sujet là-dessus.
03:40Les États-Unis ne sont plus nos alliés ?
03:42Non, non.
03:43Sont nos ennemis ?
03:44Non, pas du tout.
03:45Moi, j'ai une grande admiration pour la démocratie américaine,
03:48et je me dis qu'il reste deux ans, deux ans encore, à tenir.
03:51C'est-à-dire qu'il y a une capacité avant qu'il y ait de nouvelles élections
03:54et que Trump ne puisse pas y concourir.
03:56Je crois à la force de la démocratie américaine, incontestablement.
04:00Il ne pourrait pas y concourir pour quelles raisons ?
04:01Parce qu'il ne peut plus.
04:03Il a fait trop de mandats, il ne peut plus concourir à la présidentielle.
04:06C'est comme ça, des fois.
04:07Heureusement qu'il y a des cadres juridiques
04:09qui empêchent à la folie de se déployer pour l'éternité.
04:12Sinon, ça s'appelle une dictature, d'ailleurs.
04:14Revenons aux préoccupations des Français.
04:15Elles concernent d'abord l'énergie, la crise énergétique.
04:18Le détroit d'Ormouz est quasiment paralysé.
04:21Comment protéger le pouvoir d'achat des Français ?
04:23Est-ce qu'il faut des mesures de soutien sur le prix de l'énergie ?
04:27Est-ce qu'il faut baisser la TVA comme on le propose de l'ARN ?
04:29D'abord, il faut évidemment surveiller ça.
04:32Les prix à la pompe ont un peu augmenté.
04:34À Paris, on est peu concerné par ce sujet-là.
04:37Il n'y a plus de voitures.
04:37Je suis très attaché.
04:38Il y a encore beaucoup de voitures.
04:40Mais je suis attaché, comme futur maire de Paris,
04:43à suivre ces sujets.
04:44Parce qu'ils ont un impact pour l'activité économique parisienne.
04:48Il n'y a pas de signaux alarmants pour le moment.
04:51Il y a des stocks.
04:52Les prix montrent.
04:53Mais ça reste modéré.
04:55On peut s'attendre à ce que ce soit durable.
04:57Et donc ça, ça relève du gouvernement.
05:00En tout cas, ce qu'il faut, c'est qu'on puisse soulever
05:02et mettre en place toutes les alternatives possibles
05:05si à un moment donné, ça pèse durablement
05:06sur la montée du prix des carburants.
05:09Et je le redis, on a un enjeu de mobilité
05:13qui est aussi de sortir de cette dépendance au pétrole.
05:15On le voit à chaque fois qu'il y a une grande crise stratégique
05:18dans les politiques que nous menons
05:20de décarbonation, de développement de transports en commun.
05:23C'est aussi de s'arracher de cette dépendance
05:26à une matière première, le pétrole que nous n'avons pas,
05:28que nous n'aurons jamais ou très marginalement
05:30dans le sous-sol français.
05:33Et donc, il faut arrêter de dépendre de ce pétrole
05:37qui est aujourd'hui au cœur d'un jeu d'influence,
05:39qui a des répercussions dans la vie quotidienne de tout le monde.
05:42Emmanuel Grégoire.
05:42Emmanuel Grégoire.
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