00:00Vous avez bien fait de venir, parce que vous allez nous découpabiliser ce matin,
00:02quand on grignote un petit truc, même si on n'a pas faim.
00:05Pourquoi vous me regardez ?
00:06Ce n'est pas de notre faute, ce n'est pas de la mauvaise volonté.
00:09Ça va intéresser tout le monde, parce qu'effectivement, même quand on n'a pas faim,
00:12on mange quand même, ou quand on voit un peu des gâteaux et tout ça.
00:14Donc ce n'est pas de la gourmandise pathologique, ce n'est pas un manque de volonté non plus.
00:18En fait, il y a une étude qui va nous donner un alibi en or, un alibi scientifique.
00:23En fait, c'est des chercheurs femmes actuelles relaient cette étude.
00:27En fait, voici pourquoi vous n'arrivez pas à résister, même quand vous n'avez pas faim.
00:31Et c'est basé sur une étude faite par des Anglais, justement, qui ont pris 90 volontaires, des étudiants.
00:38Et ils ont fait un truc intéressant.
00:39Ils leur ont mis un peu des capteurs, vous savez, sur la tête, pour mesurer l'onde cérébrale, l'électro
00:44-encéphalogramme.
00:45Ils ont montré des photos de bouffe, pour faire simple, des gâteaux, plein de trucs à manger.
00:50Donc ça a excité les ondes cérébrales.
00:53Normal, les étudiants avaient faim.
00:55Ils les ont fait manger.
00:56Tu manges ce que tu veux, à foison.
00:59Et donc, les étudiants étaient rassasiés.
01:01Ils ont montré après, alors qu'ils étaient vraiment pleins, ils allaient manger tout ce qu'ils voulaient.
01:05Ils ont montré les mêmes images.
01:07Eh bien, le cerveau, alors que la volonté dit, non, non, je vais manger, j'ai suffisamment mangé.
01:10Mais les ondes, c'est les mêmes qu'avant d'avoir mangé.
01:14Ce qui veut dire que le cerveau, finalement, même après le repas, il est excité.
01:18Et alors que notre volonté dit, non, je n'ai plus faim, je ne veux plus.
01:22Eh bien, malheureusement, le cerveau, les ondes électriques, le circuit de la récompense dit, j'en veux encore.
01:27Donc, qu'on comprenne bien.
01:29Ça veut dire que notre estomac, il est plein.
01:31Donc, lui, il a plutôt tendance à dire non.
01:32Mais notre cerveau et nos yeux, parce que ça passe évidemment par le regard, eux, ils ont envie d'y
01:38aller.
01:38Exactement.
01:39Tu as fini ton assiette, mais le cerveau, il dit, je veux quand même, je veux quand même y aller.
01:42C'est la gourmandise, quoi.
01:43Il y a une incapacité.
01:45Non, ce n'est pas de la gourmandise, parce qu'il y a la volonté.
01:47Il y a à la fois la volonté consciente, je sais que je ne veux pas manger, je culpabilise, je
01:51ne veux pas manger.
01:52Mais l'activité cérébrale, c'est ça qui est intéressant dans cette étude, c'est que c'est vraiment inconscient.
01:56C'est l'activité cérébrale qui dit, j'ai quand même un attrait visuel par ce que je vois, par
02:01les gâteaux, par tout ce que j'aime manger, etc.
02:04Donc, ça échappe à tout raisonnement logique.
02:07Et c'est ça qui est intéressant, parce que non seulement ça déculpabilise, mais c'est surtout que ça montre
02:12que ce n'est pas un manque de volonté.
02:13Quand on mange, quand on cède, quand on a vraiment cette espèce de compulsion pour la nourriture,
02:19qui est parfois petite, mais qui parfois peut prendre un tournant pathologique,
02:22eh bien, on voit que c'est un phénomène biologique, c'est un phénomène neurologique, électrique dans le cerveau.
02:27En fait, ce sont nos potentiels évoqués, notre activité cérébrale, on ne peut pas la contrôler.
02:32Et donc, quand on voit des pubs, par exemple, dans la rue, là, on est tenté, quoi.
02:37C'est toute la question, parce que toutes ces pubs, il y a des pays, d'ailleurs, l'Angleterre,
02:40qui a interdit un certain nombre de publicités à la télévision pour la nourriture,
02:44parce que quand on voit des grands burgers comme ça, ça va exciter même inconsciemment le cerveau.
02:48Ça va lui dire, je vois de la nourriture. En fait, c'est un peu comme l'homme de Néandertal.
02:53C'est un peu primitif. Je vois de la nourriture, je veux la nourriture.
02:57Et ça, c'est un peu le côté rectilien.
02:58Nous sommes des animaux.
02:59Nous sommes, en tout cas, comme à l'époque de Néandertal, c'est-à-dire quand on avait à manger,
03:04on était contents, on prenait vite.
03:05Sauf que là, on a un environnement entre ça, ce qu'on appelle le food porn sur les réseaux sociaux,
03:10où on voit de la nourriture à pléthore et tout ça, ou même l'odeur du pain chaud dans une
03:14boulangerie.
03:14Tout ça va exciter nos neurones. Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut céder à ça,
03:18mais le fait de comprendre le mécanisme, même vous, nous, quand on comprend le mécanisme,
03:23ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas y résister, mais ça permet déjà de décoder les choses.
03:28Il faut le conscientiser, en fait.
03:28La prochaine fois que vous aurez une fringale, pensez à cette étude.
03:31Pensez que, OK, vous avez la volonté. Maintenant, il faut contrôler vos neurones.
03:35Vous sous-entendez que si on pense à vous, ça nous coupe l'appétit, quoi.
03:38Ça va désamorcer votre culpabilité, déjà.
03:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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