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00:00A Washington, à la Maison-Blanche, le président des Etats-Unis, Donald Trump, reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz,
00:07le président des Etats-Unis, qui pour appel a dit hier qu'il n'excluait pas une intervention militaire au
00:12sol.
00:13Gauthier, vous êtes à mes côtés. On sait les liens qui unissent Donald Trump aux Européens et le mépris qu
00:18'a le président américain pour les Européens.
00:21Friedrich Merz n'arrive pas évidemment en terrain conquis. Ça paraissait encore fou il y a un peu plus d
00:26'un an.
00:26C'est d'ailleurs pour ça que cet exercice auquel va se livrer Friedrich Merz, le chancelier allemand, est assez
00:33hardi, est assez audacieux.
00:35Parce qu'une fois qu'on est lancé en direct, avec Donald Trump à ses côtés, qui sait ce qui
00:41peut arriver ?
00:42Je veux dire par là très sérieusement que vous pouvez, les deux hommes vont probablement s'entendre sur un agenda,
00:49enfin en tout cas une thématique, un ordre du jour.
00:51Et puis l'ordre du jour peut sauter en pleine conférence, en pleine... Donc il y a quelque chose d
00:58'assez... La rencontre elle est là pour bâtir et pour essayer de se trouver des points communs.
01:04Mais vous l'avez rappelé, pour Donald Trump, la recherche de points communs avec l'Europe n'est pas capitale,
01:11n'est pas primordiale.
01:11Et il faut ajouter aussi qu'elle est parfois compliquée, cette recherche entre, par exemple, entre l'Allemagne, entre la
01:19France, entre la Hongrie,
01:22qui a au fond son rond de serviette à la Maison Blanche.
01:25Bon, c'est parfois compliqué.
01:27Donc là, il y a un exercice qui est risqué, je trouve, mais tant mieux si le chancelier l'accepte
01:33comme tel,
01:33qui est, compte tenu de la personnalité du président américain, qui est compliqué.
01:39Là encore, ce qu'on peut voir et trouver intéressant, mais est-ce que dans cette période, est-ce que
01:47c'est bien le moment,
01:48c'est de voir que l'Allemagne aussi est en train de changer, elle-même, dans la manière dont elle
01:52voit les choses dans des situations de conflit.
01:55Je rappelle que, ça paraît il y a un siècle, mais il y avait un ministre des Affaires étrangères allemand
02:01qui s'appelait Joschka Fischer,
02:02qui était un ancien gauchiste, mais qui avait réussi à théoriser l'idée que l'armée allemande, justement, à cause
02:08des crimes qu'elle avait commis,
02:10était habilité à intervenir, justement, dans le cas où il fallait sauver des vies humaines.
02:17Et Fischer était parti du principe que quand on dit plus jamais ça, vous connaissez la formule en allemand,
02:22ni vida, ce qui veut dire plus jamais, c'est plus jamais Auschwitz.
02:26Et que donc, il faut supprimer tout ce qui est de l'ordre du totalitarisme.
02:30Alors, vous allez me dire, le programme est ambitieux, mais après tout, c'est les ambitieux qui réussissent quelque chose.
02:35Et là, il faut reconnaître les choses, Fischer, c'était il y a longtemps,
02:39et aujourd'hui, l'Allemagne est en train à la fois de comprendre qu'on lui demande de prendre ses
02:44responsabilités politiques,
02:46et qu'en même temps, on la craint. C'est ça qui est compliqué.
02:50Ça, c'est pour le côté européen. Et côté américain, on pense souvent que l'Allemagne,
02:58on peut s'entendre parce qu'il est question d'argent, qu'il est question d'exportation,
03:02il est question évidemment des voitures allemandes qui sont célébritées aux États-Unis.
03:07Mais, vous savez, en même temps, ça va vous paraître ridicule ce que je veux dire,
03:12mais le complexe que nourrit Donald Trump par rapport à ses propres origines,
03:16puisqu'il est d'origine allemande, c'est quelque chose qui est de nature à interférer,
03:21sans aucun doute, dans la relation qu'il peut avoir avec un chef d'État ou de gouvernement allemand,
03:27de la même manière, et là encore, je prie votre indulgence de m'être accordé,
03:35que le prix Nobel de la paix interfère très souvent dans les assertions et les opinions de Donald Trump.
03:42L'un de nos invités ce week-end, à propos du même sujet, disait que régulièrement,
03:48sur les notes de Donald Trump, qu'il s'agisse de la guerre actuelle, qu'il s'agisse de l
03:52'Ukraine,
03:52qu'il s'agisse de la situation interne aux États-Unis, très souvent, il y avait une note infrapaginale
03:59qui mentionnait la perspective du prix Nobel de la paix et comment l'obtenir si on agit de telle ou
04:04telle manière.
04:05Voilà où on en est aussi. Ça veut dire qu'on est pendu, on est tributaire de choses qui nous
04:10paraissent parfois un peu lunaires.
04:12Et donc, dans cette relation qui est relativement nouvelle, parce que d'abord, Merz n'est pas au pouvoir depuis
04:17très longtemps,
04:18mais parce qu'aussi, on n'a pas vu de la part de Donald Trump la volonté de nouer forcément
04:24une grande conversation,
04:26un grand dialogue avec l'Allemagne. Et de l'autre côté, il faut bien reconnaître que l'Allemagne se cherche
04:31aussi.
04:32Et vous avez vu aussi que Merz lui-même a eu des positions très ambivalentes, non seulement sur la crise
04:38actuelle,
04:38mais sur l'Ukraine, et que l'Allemagne est en train de se découvrir puissance politique,
04:44ce qu'on va lui reprocher et ce qu'elle n'a pas forcément voulu. Mais l'histoire aussi est
04:49là.
04:49On va scruter évidemment la tonalité de cette rencontre, le choix des mots entre les deux hommes.
04:54On a parlé notamment, on l'a évoqué, ce virage qui a été opéré après la guerre en Ukraine par
04:58l'Allemagne.
04:59Je crois que c'est un virage à 100 milliards d'euros des investissements dans l'armée, dans les infrastructures.
05:03On sait que Donald Trump a longtemps poussé les Européens pour qu'ils consacrent 5% de leur PIB.
05:08Est-ce que l'Allemagne ne redevient pas, du coup, avec tous ces changements,
05:13un partenaire plus crédible aux yeux de Donald Trump, qui méprise les Européens, on l'a déjà dit ?
05:18Normalement, oui. Normalement, oui. Mais quand le même Donald Trump dit aux Européens
05:24« Si nous n'avions pas été là, vous parleriez allemand », il a tout à fait raison.
05:27C'était à Davos.
05:28Mais faut-il... En soi, aujourd'hui, c'est ça la question. Parler allemand aujourd'hui, ça n'est pas
05:33quelque chose de répréhensible.
05:35Vous voyez ce que je veux dire ? Je vous donne peut-être l'impression de jouer sur les mots.
05:38Mais la manière dont on parle aussi aux gens, Donald Trump est quand même coutumier du fait de lancer,
05:45on dit pudiquement, des pierres dans la mare.
05:50Bon, non, c'est des insultes, très souvent. C'est des insultes.
05:53Y compris aux Allemands, y compris aux autres, à tous ceux qui le méprisent.
05:58Donc, il faut avoir aussi une certaine assise. Je pense que le chancelier allemand l'a.
06:02Mais il faut avoir une certaine assise pour résister à ce type d'invective,
06:09comme d'ailleurs Zelensky l'a fait lorsqu'il est tombé dans un guet-apens bureau ovale.
06:14Et qu'il s'en est relevé en ayant compris comment essayer de manœuvrer avec Trump,
06:18c'est-à-dire en disant « Oui, M. le Président, vous avez raison, M. le Président ».
06:21Ça aussi, c'est quelque chose qui va entrer en ligne de compte.
06:25Et c'est dommageable, parce qu'au fond, on a besoin de dirigeants qui aillent au fond des choses.
06:31Et là, vous voyez bien que pour qu'il y ait une avancée, quelle qu'elle soit,
06:36il faut au moins qu'un minimum de confiance soit établi.
06:39Et que, en l'occurrence, là c'est le chancelier allemand, mais ça pourrait être quelqu'un d'autre,
06:44ne se sentent pas pris au piège au moindre détour d'un couloir de la Maison-Blanche
06:50ou dans une salle de conférence de presse.
06:52Et on verra si le chancelier allemand, Frédéric Schmers, aura un mot ou pas pour l'Iran.
06:57S'il appellera ou pas Donald Trump à la désescalade, c'est possible.
07:01Évidemment, ce qui compte, c'est l'effet provoqué.
07:03On ne sait pas s'il y en aura un sur Donald Trump.
07:08Écoutez, ce sur quoi on peut parier raisonnablement,
07:10c'est l'idée que défendent les Européens, c'est-à-dire le multilatéralisme,
07:14c'est-à-dire la négociation.
07:15Tout ça nous paraît très désuet, mais en même temps, ce n'est pas complètement stupide.
07:19Et c'est ça, il faut faire remonter à la surface un certain nombre de principes
07:23qui sont foulés, qui sont bafoués aujourd'hui,
07:26que ce soit par les Etats-Unis ou d'autres, par la Russie aussi.
07:29Et il faut remonter ces principes à la surface en disant
07:32ils ne sont pas formidables, ils ne sont pas gigantesques,
07:35ils ne sont pas paradisiaques ces principes.
07:37Mais ils sont les garants d'un minimum de raisons dans la conduite des affaires.
07:43Acceptons-en l'augure.
07:44Avec des Européens devant un dilemme, finalement, très peu ont condamné l'attaque israélo-américaine sur l'Iran.
07:52Il n'y a eu que Pedro Sanchez, je crois, le socialiste espagnol.
07:55Les Européens, ils sont dans un difficile jeu d'équilibriste en ce moment.
07:59Oui, mais ça, alors là, pour le coup, on ne peut pas leur reprocher.
08:01Parce que c'est l'éternel débat, si vous voulez, entre le droit international,
08:05dont on voit ce qu'il advient quand il est foulé au pied,
08:09c'est-à-dire c'est le chaos potentiel.
08:11Et de l'autre côté, si ce droit international doit être l'assurance-vie des dictatures,
08:17des régimes totalitaires, c'est aussi le chaos.
08:20Et donc, il faut arriver à concevoir quelque chose.
08:24Est-ce que ça sera à notre époque ?
08:26Qui plairait beaucoup à Emmanuel Macron ?
08:27Ben oui, oui, bien sûr.
08:29Il faut arriver à marier la chose pour que le droit international soit vivace,
08:33mais qu'en même temps, il ne soit pas une sorte de masque sur le visage
08:40de ces cités voulues face aux dictatures.
08:43Parce que, in fine, ce sont aussi les dictatures qui sont contraires aux droits internationaux.
08:48C'est elles aussi qui précipitent des situations qui sont totalement contraires
08:52aux droits internationaux et aux droits humains.
08:54Donc voilà, est-ce que tout ça sera abordé ce soir ?
08:57Je ne sais pas.
08:58Mais dans l'idée de Frédéric Mertz, oui, c'est abordable.
09:02À condition qu'il ne soit pas tout d'un coup coincé ou blessé
09:06par une formule à l'emporte-pièce du président américain.
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