00:00On va maintenant parler de la France et on va évoquer la France avec Flore Simon.
00:04On va parler du chef de l'État français, Emmanuel Macron, qui est contraint de se muer en chef de
00:07guerre.
00:08Oui, Emmanuel Macron qui reprend la main avec le conflit en Iran.
00:12Trois conseils de défense en trois jours.
00:14Et puis hier, le chef de l'État a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire
00:19qui, pour la première fois, pourrait associer des alliés européens.
00:22Alors, petite parenthèse, un discours qui était prévu de longue date.
00:25Mais il s'agit, il l'a dit hier Emmanuel Macron, de partager le parapluie nucléaire,
00:30c'est-à-dire de protéger les voisins européens, en tout cas ceux qui en font la demande.
00:34Absolument pas de partager le bouton nucléaire qui reste exclusivement la priorité,
00:40la prérogative du chef de l'État.
00:43Voilà, parenthèse fermée.
00:45On voit qu'Emmanuel Macron reprend la main.
00:47Il est de toute façon contraint de le faire.
00:50Et puis il montre aussi qu'il y a un pilote dans la vie.
00:51Par exemple, lors du conseil de défense dimanche,
00:54il a fait en préambule une introduction.
00:56Donc il veut quand même montrer qu'il est préoccupé par la situation.
01:01Alors, dans un premier temps, il y a eu un petit changement de pied.
01:03Dans un premier temps, samedi, lors des frappes israélo-américaines sur l'Iran,
01:09le chef de l'État n'a ni critiqué ni soutenu l'attaque.
01:13Il a d'ailleurs annoncé que la France n'avait été ni prévenue ni impliquée.
01:16Donc une certaine forme de neutralité qui n'a pas pu durer.
01:20Puisque, comme le disait Gauthier, la France et les Européens ont des intérêts dans la région,
01:25des intérêts militaires, des partenariats, des accords de défense aussi.
01:29Première raison pour laquelle le chef de l'État a changé de pied.
01:33Et puis d'autre part, il y a eu ce bombardement,
01:35enfin en tout cas les drones iraniens qui ont bombardé la base navale militaire française d'Abu Dhabi.
01:42Donc tous ces éléments font que le gouvernement a été contraint d'adopter une posture plus offensible.
01:48Et c'est ce qu'a dit ce matin Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères.
01:51Écoutez-le.
01:53Cette guerre qui a été initiée par les frappes d'Israël et des États-Unis
01:58et auxquelles l'Iran a répondu de manière totalement inconsidérée et indiscriminée
02:02entraîne dans le conflit un certain nombre de pays de la région
02:06avec lesquels nous avons des relations, des accords de défense
02:10et dans lesquels nous avons des intérêts, y compris des bases militaires.
02:14Et donc ce que j'ai dit hier et ce que le président de la République a rappelé,
02:19c'est que la France se tient prête à défendre ses partenaires à leur demande
02:24de manière proportionnée et évidemment conformément au principe de légitime défense collective
02:30qui est un principe du droit international.
02:33Voilà donc Emmanuel Macron qui reprend la main, peut-être même le lead sur la scène européenne
02:37puisque c'est vrai qu'avec son discours hier sur la dissuasion nucléaire
02:41et que la France est le seul pays à avoir l'arme nucléaire en Europe occidentale,
02:47à un an de la fin de son mandat, le chef de l'État qui ne peut pas se représenter,
02:50est-ce qu'on verra si l'effet drapeau finalement peut redorer une image sérieusement écornée
02:55et sur la scène intérieure mais aussi sur la scène européenne.
02:59Et la crainte aussi c'est que le conflit s'exporte ici en France ?
03:02Oui alors la sécurité sur le sol national a été renforcée,
03:06la crainte du ministère de l'Intérieur c'est bien sûr qu'une attaque terroriste soit perpétrée
03:11ici en France en représailles aux frappes en Iran,
03:14même si la France n'est pas partie prenante de ces frappes.
03:18Il y a deux sujets d'inquiétude en particulier ici en France,
03:21ce sont les intérêts juifs et les opposants au régime iranien ici en France
03:26qui pourraient donc être des cibles.
03:28Les autorités ont donc renforcé les mesures de sécurité qui sont déjà en vigueur
03:32mais par exemple autour des lieux de culte juif ou des écoles juives
03:35ou par exemple ils auront un œil particulier s'il y a des rassemblements d'opposants au régime iranien.
03:43A noter aussi Sérine que les actions visant à troubler l'ordre public
03:46seront-elles aussi particulièrement scrutées ?
03:49Donc on le voit, les autorités sont sur le qui-vive depuis samedi,
03:53depuis que les premières frappes ont commencé sur l'Iran
03:56avec évidemment une menace qui s'amplifie sur la scène intérieure ici en France.
04:00Le conflit en Iran percute le débat politique et les oppositions se positionnent.
04:05Et les oppositions se positionnent et les municipales dont la campagne officielle a commencé hier.
04:11Oui mais elle passe aujourd'hui au second plan.
04:12La campagne officielle a commencé hier.
04:15C'est vrai qu'on en parle très peu du coup.
04:17Et donc les partis, on est à moins de 15 jours du premier tour du scrutin quand même.
04:21Mais les partis politiques se positionnent bien sûr sur ce conflit au Moyen-Orient.
04:26Alors il y a d'un côté Jordan Bardella, président du Rassemblement National
04:30qui demande au président de la République de réunir les chefs des partis représentés au Parlement
04:35pour, je cite, éclaircir le rôle de la France et parler des enjeux sécuritaires géopolitiques, économiques et énergétiques.
04:43Et puis hier, la France insoumise a demandé à Sébastien Lecornu la tenue d'un débat dans l'hémicycle suivi
04:49d'un vote
04:50pour que les groupes puissent donner leur position sur une éventuelle implication militaire de la France dans le conflit.
04:56En fait, cette demande, elle fait suite aux communiqués de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France
05:01qui ont dit, donc dans ce communiqué, se tenir prêts à des actions défensives proportionnées.
05:06Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise s'y opposent fermement.
05:10On voit ce tweet de Jean-Luc Mélenchon sur X qui a écrit donc hier soir,
05:14la France ne doit pas s'impliquer militairement, elle doit agir de toutes ses forces pour un cessez-le-feu
05:19immédiat.
05:20Donc on verra si ces demandes des différents partis politiques seront suivies des faits.
05:24Pour l'instant, le gouvernement ne s'est pas prononcé ni pour ni contre
05:28et une réunion des chefs de partis représentés au Parlement et un débat à l'Assemblée nationale.
05:35On verra dans les jours qui viennent la réaction et les réponses des autorités.
05:39Et on sait que vous suivrez ça avec attention. Merci beaucoup, Fleur Simon.
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