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00:00Ravie de vous retrouver pour Derrière l'image.
00:01Aujourd'hui c'est notre grand reporter Cyril Payen qui m'accompagne.
00:04Bonjour Cyril.
00:05Bonjour.
00:06Alors aujourd'hui vous allez nous parler de cette image sur laquelle on voit
00:08Mélania Trump qui préside le conseil de sécurité de l'ONU.
00:12C'est une première alors que les Etats-Unis assurent la présidence du conseil.
00:16En mars, la première dame américaine a plaidé la cause des enfants,
00:19victime de guerre à travers le monde,
00:21deux jours après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
00:25Que dit cette image ?
00:26Précisément, on ne pouvait pas résister au fait de parler encore et toujours de M. ou Mme Trump.
00:33Et là effectivement, plus rarement en tout cas, c'est la première dame des Etats-Unis
00:38qui apparaît dans cet hémicycle.
00:41C'est l'organe exécutif des Nations Unies pour le premier jour de présidence,
00:45vous le disiez, tournante, qui donne à Washington cette présidence parmi les 15 membres.
00:51Et effectivement, cette image est assez saisissante puisque ceci n'est jamais arrivé.
00:57Jamais la femme d'un président, quel qu'il soit, ou réciproquement, a pris cette place.
01:04Alors avant toute chose, je vous propose de joindre l'image à la photo.
01:08Donc je vous propose d'écouter les propos liminaires de Mélania.
01:11On a hâte d'écouter ça.
01:13Certainement, et surtout on va pouvoir le commenter.
01:15S'il y a quelque chose à commenter, tout ça est un peu irrationnel et vide,
01:18mais qui finalement illustre, on l'aura compris, la nouvelle présidence,
01:22la seconde présidence du président américain.
01:24Je vous propose d'écouter les propos liminaires de la première dame américaine
01:27au Conseil de sécurité des Nations Unies.
01:29C'était hier, écoutez-la.
01:33Bonjour. La 10 113e séance du Conseil de sécurité est ouverte.
01:47Je présente mes sincères condoléances aux familles qui ont perdu leurs héros,
01:51qui ont sacrifié leur vie pour la liberté.
01:54Leur courage et leur dévouement resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
01:58Je souhaite de tout cœur un prompt et complet rétablissement
02:01à toutes les personnes blessées.
02:03Je pense à vous, et je prie pour vous en ces moments difficiles.
02:11Je vous ai vu un peu sourire, Sérine.
02:14J'espère que ce n'est pas l'accent slovéne de la première dame.
02:17Alors, il y a deux lectures.
02:19La première, c'est évidemment le côté totalement inédit,
02:21mais auquel cet ultra-communicant qui est son époux,
02:25qu'avec Donald Trump, de vouloir communiquer, d'être un vecteur de son image.
02:30La première lecture, on peut s'en réjouir.
02:31C'est une femme, effectivement, qui est dans cet émissiècle,
02:34éminemment exécutif, extrêmement important.
02:36On est au sommet du multilatéralisme.
02:40Eleanor Roosevelt, l'une de ses prédécesseurs,
02:42qui était extrêmement active.
02:44Alors là, pour le coup, vraiment,
02:46n'a jamais eu le choix,
02:50en tout cas l'occasion de prendre ce marteau
02:51pour ouvrir cette session.
02:54Mélania Trump est assez discrète.
02:56On sait qu'elle défend, elle est intervenue
02:58très discrètement sur le dossier ukrainien
03:00en faveur des enfants.
03:01C'est un peu un de ses chevaux de bataille,
03:05la défense des enfants.
03:06Alors évidemment, dans cet hémicycle,
03:08et en tout cas à l'ONU,
03:09il y a une délégation iranienne.
03:11Il n'échappe à personne ce qui se passe dans le monde.
03:13À l'initiative de Donald Trump depuis quelques jours,
03:15entre Washington et Téhéran,
03:17et de rappeler que de défendre le droit à l'éducation des enfants
03:21alors qu'une, selon les médias iraniens,
03:24une école a été bombardée samedi dernier
03:27par des frappes israélo-américaines
03:29a fait 165 morts.
03:30Médias officiels, mais tout de même,
03:32il y a certainement eu une grande bavure.
03:34Tout cela est un petit peu en décalage,
03:35une contradiction, voire un paradoxe dans les mots,
03:38dans la présence de Mme Trump sur cet hémicycle.
03:43Je rappelle aussi qu'elle défend l'éducation,
03:46le droit au développement et que l'UNESCO,
03:48et on va y revenir, l'UNESCO,
03:49qui est l'agence de l'ONU pour le développement
03:51de l'éducation, du patrimoine et de la culture,
03:54a été, les fonds ont été coupés très brutalement
03:57en janvier 2025 par son époux.
04:00Est-ce qu'il souhaite la mettre un petit peu en avant
04:02ces derniers mois, Donald Trump ?
04:03On a vu aussi ce documentaire qui est sorti
04:04sur Amazon Prime, tenu par Jeff Bezos,
04:08ami de Donald Trump,
04:09ce documentaire sur Mélania Trump.
04:10Donc vous êtes mauvaise langue
04:11et vous n'êtes pas féministe,
04:12mais en tout cas on peut comprendre.
04:13Oui, c'est ce qui se dit aussi dans les milieux diplomatiques,
04:17c'est qu'il y a une volonté,
04:18tout ça pour être un vecteur de communication
04:21totalement favorable à la galaxie Trump.
04:25Il y a eu ce film effectivement,
04:27Mélania, dont on voit l'affiche,
04:29qui était à la grande gloire 40 jours
04:31dans le secret de la vie de la première dame
04:34des Etats-Unis avec un accès illimité.
04:37Enfin, on peut penser que Donald Trump,
04:39qui s'est sur ce coup complètement trompé,
04:40ça serait un grand vecteur à sa propagande
04:43en mettant en avant Mélania.
04:45Donc il se dit, évidemment,
04:47avec un tout petit peu de mauvaise langue
04:50qui fait partie aussi de la diplomatie,
04:53que c'est un gage de retour
04:54après ce flop énorme de ce film,
04:57en dépit du fait que les grands labels américains
05:01qui ont sponsorisé ce film
05:03ont un peu boosté, ont un peu augmenté les chiffres,
05:06mais en gros, personne n'était absolument intéressé
05:08par ce faux biopic de la première dame américaine,
05:11mais que ce serait une compensation, après tout.
05:13Et en plus, Donald Trump ne goûte absolument pas
05:15ces hémicycles onusiens.
05:17Donc il a propulsé sa femme
05:18avec les effets qu'on a vus,
05:20avec l'introduction qui était effectivement
05:21assez peu fracassante.
05:23Enfin, en tout cas, on ne sent pas
05:24un énorme charisme ou des paroles historiques
05:26qui ont été prononcées par Mélanie Trump
05:28hier à l'ONU.
05:29Pour revenir sur sa présence
05:30au Conseil de sécurité de l'ONU,
05:32au-delà du symbole,
05:33est-ce que cette présidence inédite,
05:35elle peut rassurer le monde
05:37sur les intentions de Donald Trump
05:40en matière de diplomatie ?
05:41J'ai ma petite idée sur la question,
05:42mais je vous laisse me répondre.
05:43Moi, je crois que vous pensez tout haut.
05:45Oui, si on est très très francs,
05:46non, c'est absolument pas ça.
05:48C'est sans doute un peu
05:50un retour de poudre aux yeux
05:51de Donald Trump qui utilise
05:53pour sa propre propagande personnelle,
05:55on le voit,
05:56le nouveau président américain
05:58qui renverse la table
06:00depuis un an de retour aux affaires
06:02et qui, oui,
06:03un de ses grands travaux,
06:04c'est son Conseil pour la paix
06:06qui a fédéré une trentaine de pays,
06:08mais pas du tout les pays habitués
06:09au multilatéralisme
06:11et qui est un concurrent de l'ONU,
06:12son Conseil de la paix,
06:13dont la première action, évidemment,
06:14a été de ne pas faire la paix
06:16puisque ça a été cette énorme attaque
06:18sur l'Iran
06:19que l'on observe depuis quelques jours
06:23et qui bouleverse le monde.
06:24Donc non,
06:26Donald Trump,
06:27très concrètement,
06:28incarne d'abord de cibler
06:29tout ce qui représente l'ONU.
06:31Je rappelle qu'il a fait,
06:33il a organisé la séparation
06:36de 66 organisations internationales,
06:38donc 31 affiliés à l'ONU
06:41dont le financement
06:42et dont le simple fait d'être membre
06:45a été enlevé par les Etats-Unis.
06:47Il a coupé ce qui était l'USA,
06:49qui était un cordon ombilical humanitaire
06:51pour des millions de nécessiteurs
06:53dans le monde.
06:54Tout cela a été coupé.
06:55Ça a mis énormément,
06:57ça a créé un énorme gouffre,
06:59un énorme problème de financement
07:01pour des organisations humanitaires
07:02à travers le monde.
07:03Donc il est totalement opposé
07:04à cette forme de multilatéralisme.
07:06Ce qui l'intéresse,
07:07c'est lui ce qu'il dit,
07:08ce qu'il fait,
07:08même si c'est extrêmement contradictoire,
07:10on va peut-être y revenir.
07:11Mais non,
07:12très clairement,
07:12pour répondre à votre question,
07:13son message,
07:14c'est
07:15je me sers de l'ONU,
07:16je mets mon épouse
07:19pour lui faire plaisir,
07:20pour faire plaisir à qui,
07:21je ne sais pas,
07:22mais en tout cas,
07:22pas à l'ONU.
07:23Mais il fonce tambour battant
07:25vers son idée,
07:26et puis surtout,
07:26cette idée de lui-même,
07:28puisqu'il s'agit de ça.
07:29Je rappelle qu'Infine,
07:30cet homme fait beaucoup la guerre
07:31depuis quelques mois,
07:33mais il rêve d'être nobellisable,
07:36d'avoir un prix Nobel de la paix.
07:38C'est mal parti.
07:39C'est mal parti.
07:40Sur le terrain,
07:41alors que le conflit s'aggrave,
07:43est-ce qu'on en sait plus
07:43sur la stratégie américano-israélienne ?
07:46Alors voilà,
07:47là on va vraiment mettre les mains
07:48dans le cœur du problème,
07:51et c'est assez intéressant
07:52de voir ces déclarations,
07:54et puis certainement
07:55que la présence de Mélan et Trump
07:56y participent,
07:58cette forme de rétro-pédalage
07:59depuis 48 heures
08:00de l'ensemble de l'administration américaine
08:03sur ce but de guerre.
08:05Qu'est-ce que les Américains
08:07ont-ils été faire
08:09dans cette énorme offensive,
08:10avec cet énorme dérapage
08:13incontrôlé,
08:13on a l'impression,
08:14avec une absence,
08:15ou en tout cas un brouillon
08:16de stratégie sur in fine,
08:18quelle va être la cible
08:20en fait pour faire tomber
08:21les mollas,
08:22donc le régime islamique
08:24d'Iran,
08:26que le peuple se soulève,
08:27prenne le pouvoir,
08:28tout ça est extrêmement brouillon,
08:30et on a du mal,
08:31on peine un peu
08:32à trouver une cohérence
08:34dans ce qui se passe,
08:36et surtout avec cette énorme
08:37tectonique des plaques
08:38sur le terrain.
08:38Je vous propose d'écouter
08:39quelqu'un qui en parle
08:40beaucoup mieux que de moi,
08:41il s'agit d'Abel Bekawan,
08:43qui est un chercheur
08:44et qui a son idée sur la question,
08:45c'était il y a quelques heures
08:46sur nos antennes,
08:47je vous propose de l'écouter.
08:50Moi, personnellement,
08:51je pense que Donald Trump
08:52est la dernière personne
08:54qui s'intéresse
08:54à la question de la démocratie.
08:56La démocratie,
08:57il ne fait pas partie
08:58de son référentiel.
09:00Si vous voulez faire chuter
09:01le régime,
09:02il n'y a pas
09:02250 000 chômains,
09:04et dans le contexte iranien,
09:05il n'y a que 4 options.
09:06Vous n'avez pas
09:07200 options.
09:08La première option,
09:09c'est les troupes américaines,
09:10israéliens ou seules.
09:11Or, ni les israéliens,
09:13ni les américains
09:13n'envoient pas
09:15un seul soldat au sol.
09:16On sait très bien
09:17que de 1990 à 2003,
09:20on frappait le régime
09:21de Saddam Hussein.
09:22J'étais en Irak,
09:24je sais très bien
09:25de quoi je parle,
09:26mais le régime
09:27de Saddam Hussein
09:27n'est jamais tombé.
09:28Il est tombé
09:29lorsqu'on a envoyé
09:30150 000 GIs
09:33à Bagdad,
09:34n'est-ce pas ?
09:34Donc, ça,
09:35c'est la première option
09:35exclue.
09:36La deuxième option,
09:37il faut avoir
09:38une opposition centrale,
09:40centralisée,
09:41unie,
09:41unifiée
09:42et armée
09:43aux frontières.
09:43Au moment où le régime
09:45ultra-fragilisé,
09:47cette opposition armée
09:49prend le relais.
09:50Aujourd'hui,
09:51on sait très bien
09:51que l'opposition iranienne
09:53est structurellement,
09:54profondément fracturée
09:56en termes ethniques,
09:58confessionnels,
09:59linguistiques,
09:59régionales,
10:00etc.
10:00Il ne se parle absolument pas
10:02les groupes d'opposition.
10:04Donc,
10:04deuxième option,
10:05non.
10:05Troisième option,
10:06il faut une défection.
10:07Une défection
10:08au sein du régime,
10:09c'est-à-dire quoi ?
10:10C'est-à-dire
10:10depuis 1979
10:12jusqu'à aujourd'hui,
10:13on sait très bien
10:14que le torchon brûle
10:16entre les passes d'Alan
10:17et l'armée régulière.
10:19L'armée régulière
10:20qui est totalement exclue,
10:22marginalisée,
10:22qui ne dispose pas
10:23beaucoup de moyens,
10:24etc.,
10:25qui n'est pas très crédible
10:26pour l'ancien guide
10:28ni pour les passes d'Alan.
10:29Alors,
10:29aujourd'hui,
10:30est-ce que cette armée-là
10:31pense qu'il a un rendez-vous
10:32avec l'histoire ?
10:33Il va faire de la défection
10:35et donc,
10:35là,
10:36elle deviendra un partenaire
10:37de la communauté internationale.
10:39Ça,
10:39c'est,
10:39je ne sais pas,
10:40pour le moment
10:41où nous n'avons aucun signe.
10:43Et la troisième option,
10:45c'est avoir,
10:46maintenant,
10:47là,
10:47tout de suite,
10:47pendant le bombardement
10:48et nous pas après
10:49et nous pas avant
10:515,
10:526,
10:537,
10:538,
10:549,
10:5410 millions d'Iraniens
10:55sur 90 millions de personnes
10:57dans la rue.
10:58Pourquoi maintenant ?
10:59Pourquoi pas avant ou après ?
11:01Parce qu'une fois
11:01la guerre est terminée,
11:03le régime,
11:04même fragilisé,
11:05même ultra-fragilisé,
11:07aura toujours
11:08tous les moyens
11:08pour réprimer
11:09la manifestation.
11:11C'est maintenant
11:11que le peuple iranien
11:13doit descendre dans la rue.
11:15Cyril,
11:16est-ce que la négociation
11:17est encore une option ?
11:18Ça peut paraître
11:19complètement surréaliste,
11:20mais je vous rappelle
11:21qu'avec Donald Trump,
11:22tout est possible.
11:22Il ne faut pas
11:23suranalyser
11:24ce qu'on aurait tendance
11:24à faire,
11:25les actions de Donald Trump
11:26parce qu'elles sont
11:27difficilement analysables,
11:28puisqu'elles sont liées
11:29à son intuition,
11:30son air du moment.
11:31On a beaucoup entendu
11:33des choses
11:33et leur contraire
11:34depuis 48 heures
11:35sur le seul dossier iranien,
11:36et Dieu sait
11:37si ce n'est pas le seul,
11:38mais c'est assez intéressant
11:39parce qu'effectivement
11:40un certain nombre
11:40d'experts rappellent
11:41une chose,
11:42c'est que Donald Trump
11:44au cœur,
11:45au milieu de mi-janvier,
11:47au cœur des manifestations
11:48très inédites,
11:49le soulèvement populaire
11:51en Iran,
11:52avait appelé,
11:53exhorté la société civile
11:55et la rue iranienne
11:56à, je le cite de mémoire,
11:58« Sortez dans les rues,
12:00nous serons là
12:00pour vous aider ».
12:01Donc il s'agit maintenant
12:03de savoir
12:03si le président américain
12:05se soucie des Iraniens,
12:06se soucie plus généralement
12:07de la démocratie.
12:08On peut gager
12:09qu'il a une certaine distance
12:12avec ces notions
12:14et la question
12:15de la succession,
12:17est-ce qu'il va faire plier
12:18suffisamment
12:18après l'élimination
12:19de l'ayatollah romaine
12:22assez de leviers
12:23pour négocier ?
12:24C'est ce que pensent,
12:25que craignent
12:26un certain nombre d'experts
12:27puisque,
12:28je vous rappelle
12:28que samedi,
12:30vendredi matin,
12:31il a annoncé
12:31ces nouvelles frappes
12:32en disant
12:32« Nous allons frapper le cœur,
12:34les Israéliens vont frapper
12:35l'exécutif,
12:36les hommes
12:37et vous,
12:38le peuple iranien,
12:38soulevez-vous,
12:39prenez les rênes
12:39du pays ».
12:41Vaste programme,
12:42en tout cas,
12:42mais il est totalement possible
12:44avec Donald Trump
12:44qu'il soit finalement,
12:45il se contente
12:46de la mort de Romain Haït,
12:47de ses frappes très puissantes,
12:49six morts du côté américain,
12:50le marasme régional
12:51et qu'il dise
12:52« Eh bien maintenant,
12:52nous retournons
12:53à la table des négociations ».
12:55Je ne suis pas là
12:56pour dire l'avenir,
12:56je suis là pour dire
12:57qu'avec lui,
12:58tout est tout à fait possible
12:59aux grands dames
13:00des populations.
13:01Je rappelle qu'il y a eu
13:0120 à 30 000 morts en janvier
13:03dans les rues iraniennes.
13:04Merci beaucoup,
13:05Cyril Payen,
13:06pour toutes ces explications.
13:07C'était « Derrière l'image ».
13:09C'était « Derrière l'image ».
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