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  • 15 hours ago

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Transcript
00:00Emmanuel Macron a tenu hier un discours très attendu et annoncé une évolution majeure de la politique de dissuasion nucléaire
00:07française.
00:08Une coopération avec huit pays européens, avec l'Allemagne comme partenaire clé, a sorti d'une augmentation de l'arsenal
00:16français.
00:16Il n'y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification ou de sa mise en œuvre,
00:22a tout de même précisé le président français.
00:24Alors concrètement, comment comprendre cette évolution de la doctrine nucléaire française ?
00:29Joris Dilberman a interrogé à ce propos le consultant indépendant, spécialiste de la maîtrise des risques internationaux en secteur sensible
00:37et du contrôle du commerce des armements, Stéphane Audran.
00:40C'est un tournant majeur. La France clôt une époque qui avait commencé sous Jacques Chirac,
00:44où la France avait rejoint le TNP, démantelé ses installations de production de matières fissiles, stoppé ses essais nucléaires.
00:51Donc il y avait un gros effort finalement pour tirer parti du contexte stratégique stable.
00:57Malheureusement, cette période est finie parce que le contexte mondial a beaucoup changé.
01:00Le chef de l'État en tire les conséquences.
01:03Le fait d'augmenter à nouveau le format de l'arsenal, c'est un signal très fort.
01:07Le fait pour la première fois de dire « nous allons nous autoriser à placer des forces stratégiques dans des
01:15pays européens qui seraient volontaires,
01:17avec peut-être des armes nucléaires dedans, et donc avec une liste concrète de pays qui sont engagés dedans,
01:23avec une coordination qui est politique, qui est à côté de l'OTAN. »
01:27Donc tout ça, c'est des inflexions majeures, même si par ailleurs, les « piliers du temple » restent stables.
01:33Et justement, qu'est-ce qui ne change pas dans cette nouvelle doctrine nucléaire française ?
01:37D'abord, ce qui demeure, c'est le fait que la France considère que l'arme nucléaire est une arme
01:42qui est exclusivement liée à la dissuasion
01:44et qu'elle n'a pas d'emploi sur le champ de bataille.
01:47La France ne veut pas s'engager dans l'usage de l'arme nucléaire pour gagner une bataille
01:52et son emploi marquerait une rupture dans un conflit éventuel.
01:56Donc ça, ça reste.
01:56Si on sent que le seuil de la dissuasion va être franchi, que nos intérêts vitaux sont menacés,
02:02on s'autorise à rétablir la dissuasion avec un avertissement nucléaire unique.
02:05Et ensuite, on passerait à des frappes stratégiques.
02:08Le fait que la France soit en capacité de dissuader n'importe quel État sur la planète
02:12et qu'aucun État ne pourrait se relever d'une frappe française, finalement, ça ne change pas.
02:16Même si on a renommé des choses, ça ne change pas.
02:20Le fait que l'arme nucléaire française, elle reste strictement française,
02:23aux mains du président de la République, à son appréciation seule, ça ne change pas.
02:28Et donc, il n'y a pas de partage de l'arme de près ou de loin.
02:31Il n'y a pas d'évolution sur ce plan-là.
02:32Ça reste toujours un pilier de la République, cette dissuasion qui est permanente, qui est défensive.
02:37Et alors, qu'est-ce que les partenaires européens de la France ont à gagner concrètement,
02:41notamment les pays de l'Est comme la Pologne ?
02:43Un pays comme la Pologne, très concrètement, ça veut dire que,
02:46si sa sécurité était menacée, elle sait que la France la prendrait en compte.
02:51Il n'y a pas de garantie explicite, simplement.
02:53On s'engage à prendre en compte les intérêts de nos partenaires.
02:57On dit que l'espace européen nous est vital.
03:00On s'autorise à y placer le cas échéant des armes nucléaires.
03:02Donc, tout ça compliquera beaucoup le calcul stratégique d'un adversaire éventuel.
03:07On peut penser à la Russie en première approche.
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