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  • il y a 5 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Général Bruno Clermont, encore peut-être quelques minutes avant d'avoir Franck Tapiero et de revenir avec lui,
00:06mais à propos d'Emmanuel Macron et de la dissuasion nucléaire, j'aimerais vous entendre là-dessus.
00:11Écoutons d'abord Emmanuel Macron qui a ordonné l'augmentation des têtes nucléaires.
00:17J'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal.
00:25Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire,
00:34contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé.
00:39Pour être libre donc, il faut être craint. Et pour être craint, il faut être puissant.
00:46Cette augmentation de notre arsenal en témoigne.
00:50Mais pour être puissant, et c'est le deuxième temps de mon propos aujourd'hui, il faut être plus uni.
00:59Pour être aucun, il faut être plus uni. Emmanuel Macron qui s'est exprimé hier à l'île Longue.
01:05Écoutez lorsqu'il annonce aussi que nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire,
01:09avant de vous donner la parole, Général Bruno Clermont.
01:12Le monde se durcit et les dernières heures l'ont encore démontré.
01:16C'est donc avec beaucoup de gravité que je viens aujourd'hui annoncer à la nation une évolution
01:24à la hauteur de nos défis nationaux et européens.
01:30Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces
01:35et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen,
01:41dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive
01:46de ce que j'appellerais une dissuasion avancée.
01:52Oui, nous vivons actuellement au plan géopolitique une période de rupture,
01:57pleine de risque, et nos compatriotes en ont pleinement conscience.
02:03Cette période justifie un durcissement de notre modèle.
02:08Cette période justifie un durcissement de notre modèle général, Bruno Clermont.
02:12Qu'est-ce qu'on entend par là ?
02:14À la fois c'est clair, à la fois c'est pas clair.
02:17Non mais on est d'accord avec Gabriel Cluzel, hier on se dit mais quand même,
02:20on s'est dit mais on comprend, on comprend pas, on dit que c'est un discours historique.
02:25Qu'est-ce qui a vraiment changé avec ce qu'a dit Emmanuel Macron ?
02:28Le problème de la grammaire nucléaire, c'est qu'elle est compliquée,
02:31elle utilise des mots qui sont connus par les spécialistes,
02:35mais dont je fais modestement partie, parce que j'ai fait beaucoup de dissuasion nucléaire,
02:38mais je ne suis pas le spécialiste loin de là.
02:41Donc je vais essayer de vous expliquer en fait les enjeux,
02:43ce qui n'a pas changé et ce qui a changé.
02:46Globalement, ce qui n'a pas changé, c'est qu'il n'y a pas le risque,
02:49qu'on avait craint d'avoir une dissuasion nucléaire européenne,
02:51de soumettre nos intérêts aux intérêts de l'Allemagne, tout ça on l'oublie.
02:55Le président Macron a réaffirmé les fondamentaux de la dissuasion nucléaire gaullienne,
03:00ou gaulliste, je ne sais pas comment on l'appelle.
03:01Ils sont trois, c'est assez simple à comprendre.
03:04Le premier, c'est que toutes nos armes sont de fabrication française,
03:07et contrôlées pas la France, les sous-marins, les missiles, les rafales, les transmissions,
03:11ça reste 100% français.
03:12Le deuxième, c'est que la décision de menacer ou d'engager de l'arme nucléaire,
03:17c'est le président et personne d'autre.
03:18Il peut demander éventuellement son avis à son conseiller, à ses généraux,
03:22éventuellement à son ami britannique,
03:24mais à la fin, c'est lui qui décide.
03:25Le troisième élément fondamental, c'est que la dissuasion nucléaire,
03:28c'est fait pour protéger nos intérêts vitaux,
03:30et les intérêts vitaux de la France.
03:32Donc il n'est pas question que les intérêts vitaux de la France
03:34deviennent des intérêts vitaux européens.
03:36C'est les trois fondamentaux, et après, il y a trois changements.
03:38On marque une pause, on revient,
03:41Général Bruno Clermont, sur la dissuasion nucléaire,
03:44avec Franck Tapirou, qu'on a en ligne,
03:46avec Michel Fayad, analyste géopolitique,
03:49à tout de suite sur Europe 1.
03:50Et vous aussi, chers auditeurs,
03:51appelez-nous, réagissez au 0, 1, 80, 20, 39, 21, 12h14.
03:55Christine Kelly vous donne la parole sur Europe 1.
03:59La suite sur Europe 1,
04:01nous parlons de la situation au Moyen-Orient,
04:04avec Gabrielle Cluzel, votre chroniqueuse,
04:06Michel Fayad, aussi analyste géopolitique, est avec nous.
04:09Général Bruno Clermont est avec nous en studio,
04:12et le publicitaire Franck Tapirou.
04:15Oui, absolument.
04:16Avant de vous donner la parole, Franck Tapirou,
04:17pour parler un peu des influenceurs,
04:19on parlera aussi avec Gabrielle Cluzel.
04:21Général Bruno Clermont, pour terminer sur cette dissuasion nucléaire,
04:25on se disait que ce n'était pas tout à fait clair, net et précis.
04:30Sur quel point on a véritablement avancé ?
04:32Vous commencez à nous expliquer tout à l'heure.
04:34Je vous ai parlé des trois fondamentaux.
04:36Maintenant, les trois éléments qui ont changé,
04:39qui font qu'on qualifie tout ça d'évolution majeure.
04:41Le premier, c'est qu'on va monter le nombre de têtes nucléaires.
04:44Aujourd'hui, il y en a 290 têtes nucléaires,
04:46qui sont portées soit par les sous-marins,
04:48soit par des missiles portés sur les rafales.
04:51Pourquoi on les augmente ?
04:52C'est qu'on estime qu'il faut qu'on continue à faire des dommages inacceptables
04:55chez un adversaire, alors que ses défenses se renforcent.
04:58Ça veut dire que quand on va tirer une salve, je ne sais pas,
05:00de 30 missiles ou de 30 têtes, il n'y en a que 20 qui vont passer,
05:03ou 10, et on veut être certain que le nombre suffisant va passer.
05:05Donc c'est lié vraiment à l'augmentation, à l'évolution de la technologie.
05:08Et ça, c'est normal, on a toujours fait comme ça en réalité.
05:11C'est-à-dire qu'on ne l'expliquait pas aux Français.
05:12Cette fois-ci, on l'explique qu'ils veulent comprendre.
05:14La deuxième, c'est une notion encore compliquée
05:16qui s'appelle la notion d'épaulement.
05:17La dissuasion nucléaire, ce n'est pas que des forces nucléaires,
05:20c'est également des forces conventionnelles.
05:22Et nos forces conventionnelles sont un peu faibles.
05:24Donc on va augmenter la force conventionnelle en européen, en quelque sorte.
05:28Typiquement, on va développer un programme de missiles balistiques longue portée
05:31avec les Allemands et les Britanniques.
05:34Voilà un exemple de ce qu'on va faire.
05:35Et le dernier, c'est avancer.
05:37Pourquoi c'est avancer ?
05:38Parce qu'en réalité, on va utiliser toute la profondeur stratégique du continent européen
05:41pour éventuellement déployer nos rafales armées,
05:44déployer des ravitailleurs,
05:45de manière à rendre plus difficile la compréhension
05:47de la gesticulation de la dissuasion française.
05:51avancer ne concerne que les avions,
05:53parce qu'on ne peut pas avancer les sous-marins.
05:54Les sous-marins, ils vont dans l'eau, ils disparaissent
05:56et personne ne sait où ils sont.
05:58Merci beaucoup, Général Bruno Clermont, pour toutes ces précisions.
06:01Vous êtes libre si vous devez nous quitter.
06:04J'aime bien parce que le chef de l'État, il a parlé de l'outre-mer,
06:06hier, je le souligne, parce que c'est très rare.
06:08C'est vrai, nos intérêts vitaux sont aussi en outre-mer.
06:10On y pense subitement à l'outre-mer.
06:12Je pense qu'on a toujours pensé...
06:14Non, non, non...
06:15On ne l'a jamais dit.
06:15Oh, cher Général, on n'y pense pas.
06:17Je peux vous dire que les ultramarins savent que le chef de l'État
06:20ne pense pas suffisamment à eux.
06:22Ils n'ont pas d'eau potable, ils n'ont pas tout ça.
06:24Mais oui, les ultramarins comptent lorsqu'on pense aux positions géostratégiques
06:29subitement, mon cher Général.
06:30Enfin, on ne dit pas mon Général, mais Général.
06:33Gabriel Cézal, c'est un enfant.
06:34La question que je me posais, c'est est-ce que la notion
06:36d'intérêt vitaux, justement,
06:39qui est d'ailleurs floue, ça fait peut-être partie
06:41de la stratégie, d'ailleurs,
06:42n'a pas évolué ?
06:44Parce que si on s'engage à défendre les autres pays européens,
06:46c'était déjà plus ou moins le cas, mais là, ça a l'air d'être
06:49contractualisé. Est-ce que ce n'est pas une façon de dire
06:50que nos intérêts vitaux, ce n'est plus seulement ceux de la France,
06:53c'est ceux de l'Europe ?
06:53On ne s'engage pas à les défendre.
06:55On rajoute la dissuasion française à celle de l'OTAN
06:58et puis à celle partagée pour certains pays de l'OTAN.
07:01Et par exemple, si on va déployer,
07:02il y a une montée en puissance, on arme nos rafales,
07:04pour éviter qu'ils soient détruits, on les déploie
07:06sur différentes bases. On déploie, par exemple,
07:09en Pologne. En Pologne, le simple fait
07:10qu'ils soient déployés en Pologne protège la Pologne.
07:12Donc, c'est nos intérêts vitaux de les déployer en Pologne,
07:14c'est nos intérêts vitaux de contrer une attaque,
07:16mais comme ils sont en Pologne, ils protègent de facto la Pologne.
07:18C'est un peu le principe de la dissuasion nucléaire partagée
07:20de l'OTAN. On l'applique, si ce n'est que nous,
07:22on ne donne pas d'armes. Pour l'instant, il n'est pas question
07:24de donner des armes, il est simplement d'utiliser des bases
07:26un petit peu dans un... beaucoup plus large
07:28pour déployer nos capacités.
07:29C'est ce que j'ai compris, mais ça doit être précisé
07:32dans les coopérations qui vont se mettre en place.
07:34Ah, oui, c'est ça.
07:35C'est ça, on a eu l'impression qu'il y avait eu un...
07:37Tout n'est pas si clair que ça.
07:39On essaie de comprendre, ce n'est pas si clair que ça.
07:41Ce n'est pas si clair parce que les coopérations seront pays par pays.
07:43J'ai écouté, on essaie de comprendre,
07:45tout n'est pas si clair que ça.
07:46Non, il y a un petit flou sur ce sujet.
07:48Un petit flou sur ce sujet.
07:50Merci à Général Bruno.
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