00:03Il est 7h39, langue éco, François Langlais, il y a des indicateurs qui ne trompent pas.
00:07Hier, le prix du gaz européen a bondi par moments de plus de 50%, conséquence bien sûr de la guerre
00:12au Moyen-Orient.
00:13Alors on imagine qu'on va bientôt le sentir douloureusement sur nos factures de gaz ?
00:17Oui, hier, vous le disiez, en fait c'est la principale unité de production de gaz, Qatari,
00:22qui a suspendu son activité et ses livraisons internationales, en invoquant pour la première fois un cas de force majeure.
00:29Elle avait été attaquée le matin même par des drones iraniens.
00:32Or, le Qatar, c'est le deuxième producteur mondial de gaz, il fournit 20% de la consommation planétaire.
00:39Non seulement les usines sont à l'arrêt, mais il ne peut pas exporter son gaz liquéfié,
00:44parce qu'il ne peut le faire que par le détroit d'Hormuz, dans le golfe Persique,
00:48qui est aujourd'hui de facto interdit à la navigation.
00:51Du coup, plus 50%, vous l'avez dit, pour le cours.
00:54Bon, avant de se replier un peu, on est ce matin aux alentours de 44 euros le mégawatt,
00:58contre 30 à 33 les jours précédents.
01:01C'est la plus forte hausse depuis l'invasion de l'Ukraine.
01:05La hausse du gaz pourrait être ainsi la conséquence économique la plus importante de cette guerre,
01:10et provoquer un choc majeur en Europe.
01:12Pourquoi en Europe ? C'est l'Europe qui sera la plus affectée ?
01:15Oui, alors c'est vrai que la majeure partie du gaz produit au Moyen-Orient part en réalité en Asie.
01:20Mais les marchés sont interconnectés, parce que si l'Asie ne trouvait plus le gaz qu'il lui faut dans
01:25les pays du Golfe,
01:26elle se tournerait évidemment vers les autres fournisseurs.
01:28Autrement dit, une source de perturbation à un endroit du monde se traduit par des tensions sur les prix ailleurs.
01:34Et en Europe, on a en ce moment des stocks très bas.
01:38C'est de l'ordre de 20% seulement en France et en Allemagne.
01:41Vous savez que le gaz, il est stocké en France dans des carrières, des anciennes carrières, des cavernes,
01:46et on est à un niveau très bas.
01:48Aujourd'hui, le Qatar ne fournit que 7% du gaz européen,
01:51mais c'est une part qui devait augmenter sensiblement à partir de cette année,
01:55parce que c'était une façon de compenser l'arrêt des importations de gaz russes à cause de l'invasion
02:00de l'Ukraine.
02:00C'est réussi, alors si pour échapper à la Russie, on tombe dans le piège de la guerre au Proche
02:04-Orient, on n'a réglé aucun problème.
02:06Oui, c'est vrai.
02:06Alors, il y a quand même d'autres fournisseurs, bien sûr les Etats-Unis, la Norvège,
02:10mais la réalité est là.
02:11On ne produit quasiment pas de gaz en Europe.
02:14Nous sommes donc dépendants des autres et de leurs accidents.
02:17Et si même les producteurs américains comme Chénière ont annoncé, cette nuit, augmenter leur production,
02:23il n'y a pas moyen de remplacer du jour au lendemain les capacités qu'elles arrivent.
02:26Bon, et si on en revient à nos factures, celles qui arrivent dans nos boîtes aux lettres, ça va donner
02:29quoi ?
02:29Tout dépend de votre contrat.
02:31Il y a 10 millions de foyers raccordés au gaz en France.
02:34Plus de la moitié d'entre eux ont des contrats à tarifs indexés.
02:38Ça veut dire qu'ils sont exposés aux variations des cours avec des sérieuses augmentations possibles si la crise dure.
02:45Pour les autres, pas de changement avant l'échéance du contrat.
02:47Les signes de la fébrilité du moment, la bourse de CEU le vient de finir avec une chute de plus
02:51de 7%
02:52et Tokyo a perdu plus de 3% à l'instant.
02:54Ça se tend, ça se tend.
02:56Merci beaucoup François Langlais.
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