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  • il y a 1 semaine
🎙️ Dans le monde d’Olivier – Épisode 7 : Ingrid, le parcours d'une femme qui a réussi à sortir du terrible schéma de la violence.
Confrontée au pire depuis son enfance, seule face à une famille qui n'a pas cru à sa dénonciation des abus qu'elle a subis, Ingrid s'est habituée à l'injustice et à la violence.
Dans cet entretien, elle raconte son parcours : une série de mauvaises rencontres, de violence physique et psychologique, qui l'ont enfermée dans un tourbillon, la menant parfois jusqu'à l'envie de commettre le pire pour que tout s'arrête. Mais alors : comment s'en sortir quand les abus et la violence sont tout ce que nous connaissons ?
Aujourd’hui, Ingrid est une mère qui œuvre pour le bien-être de ses enfants et qui se bat pour que toutes les personnes qui, comme elles, sont enfermées dans le cercle de la violence, parviennent à s'en sortir.
✨ Un échange fort et humain qui prouve qu'il est possible de s'en sortir.
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Crédits
Productrice exécutive : Sara Foucaut
Rédactrice en chef : Hélène Corbie
Chargée Editoriale : Laëtitia Carneiro Gomes
Chargée de production : Julia Sanchez
Réalisation : Samuel Robbe
Assistant caméra et cadreur : Studio Bens
Montage : Kateryna Mishyna
Cheffe monteuse : Clémentine Wilmet
Production : Propulse by Reworld Media
Maquillage : Cassandre by Noob Agency
Edito et Post prod : Olivier Delacroix, Hélène Corbie, Cécilia Hopital, Manon Tettart, Baptiste Briois
Merci à Ingrid pour son témoignage.

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News
Transcription
00:00Personne ne m'a cru, même ma propre mère ne m'a pas cru.
00:03Première claque, j'ai atterré au sol, il a commencé à mourir du coup,
00:06et il sortait des paroles affreuses.
00:09« Qu'est-ce que tu fais sur cette terre ? »
00:11J'avais l'impression que c'était le diable en personne qui me parlait.
00:14Il a dit « Aujourd'hui, toi et ton enfant, je vais vous tuer,
00:17donc je vais t'ouvrir le ventre. »
00:19Et je disais « Dieu, si tu existes, je ne veux pas mourir. »
00:24Salut à toutes et à tous, j'espère que vous allez bien aujourd'hui,
00:27et que la vie est belle, j'espère que vous prenez soin de vous.
00:30En tout cas, je suis très heureux de vous retrouver ici, maintenant,
00:35dans le monde d'Olivier.
00:36Vous le savez, dans le monde d'Olivier, ce sont des histoires extraordinaires,
00:41des trajectoires de vie à part.
00:44Ce sont vos histoires, d'ailleurs.
00:45Je vous rappelle que vous pouvez à tout moment nous écrire
00:48à l'adresse mail qui suit dans cette vidéo,
00:52et nous vous répondrons dans les plus brefs délais
00:55si vous avez envie, vous aussi, bien évidemment,
00:57de venir me raconter votre histoire.
01:00Vous le savez, sur cette chaîne, c'est une chaîne militante,
01:04militante pour les hommes, les femmes,
01:07qui peuplent cette société, ce monde.
01:11Et vous savez que je me bats depuis des années
01:15pour le droit des femmes.
01:17Et aujourd'hui, c'est une miraculée que nous recevons.
01:23Elle aurait très bien pu ne plus être là, de ce monde,
01:27et pourtant, elle est en face de moi, bien vivante,
01:32jolie, en forme, heureuse.
01:35Ingrid, merci beaucoup de nous avoir fait l'honneur
01:39de votre visite aujourd'hui.
01:41Merci.
01:41Quand je dis que vous êtes une miraculée,
01:43est-ce que j'ai raison ?
01:45Oui.
01:45Oui ?
01:46Oui.
01:46Vous auriez pu perdre la vie à plusieurs reprises.
01:50À plusieurs reprises, oui.
01:51Et à l'origine de ces dangers,
01:55souvent,
01:56Oui.
01:57Tout le temps.
01:58Répétitif.
01:58Les hommes.
01:59Oui, c'est ça.
02:01Alors, avant qu'on rentre un peu plus loin dans votre histoire,
02:06est-ce qu'il vous arrive de penser aujourd'hui,
02:08parce que vous allez mieux aujourd'hui,
02:10votre vie s'est stabilisée,
02:12vous avez créé en plus une association
02:13qui s'occupe des femmes et des jeunes filles
02:15qui s'appelle Shining Women,
02:18Shining, voulant dire brillante.
02:22Oui, pas brillante.
02:22Voilà, je suppose que le but de cette association,
02:25c'est de bien faire comprendre
02:27à toute femme que vous rencontrez
02:29qu'elle peut briller,
02:31qu'elle peut être des soleils
02:34et réchauffer d'autres femmes,
02:36d'autres enfants, d'autres hommes aussi,
02:38parce qu'il y a aussi plein d'hommes bien.
02:40Oui, c'est vrai.
02:42Mais vous vous êtes posé la question
02:44de cette destinée,
02:45d'avoir attiré pendant une partie de votre vie,
02:48une longue partie de votre vie,
02:50des hommes violents.
02:51Est-ce que vous avez une réponse à ça ?
02:53Oui, après, je pense que c'est déjà
02:59l'endroit où j'ai grandi.
03:02Donc, j'ai grandi dans un milieu
03:03où il y avait énormément de violence.
03:05Donc, ma mère se faisait battre
03:08par mon beau-père.
03:10Et c'est dans ce foyer
03:12que j'ai connu la maltraitance
03:14avec le beau-père.
03:16Donc, c'était des punitions vraiment
03:19horribles.
03:20Des punitions horribles.
03:22Et dans ce foyer aussi,
03:23j'ai connu des abus sexuels.
03:26Donc, avec le fils de mon beau-père.
03:29Et à l'époque, j'avais 11-12 ans
03:32quand ça a commencé.
03:34En fait, la violence a fait partie
03:38de votre vie intégralement, tout de suite.
03:40Oui.
03:42Donc, des petites et en grandissant,
03:44violence.
03:45Donc, dans les relations, violence.
03:47Et donc, en fait, c'est un schéma,
03:49je pense que j'ai dû enregistrer
03:51petites dans mon cerveau.
03:53Donc, en fait, le fait de voir
03:55la violence en grandissant,
03:57j'ai dû me dire sûrement
03:59que c'était normal.
04:00Et j'allais de relation en relation
04:03et c'était toujours, je tombais
04:04sur les mêmes hommes.
04:05Toujours sur les mêmes hommes.
04:07Et je pense aussi, ce qui jouait aussi,
04:09c'est l'estime de soi.
04:11Je n'arrivais pas à me regarder
04:13devant un miroir
04:13et je ne me voyais vraiment pas du tout.
04:17Vous ne vous voyez pas du tout
04:18comme quelqu'un de bien.
04:20Voilà, c'est ça.
04:21Qui méritait sa place dans ce monde.
04:24C'est ça.
04:25Aujourd'hui, ça a changé.
04:26Enfin, vous avez repris confiance en vous.
04:29C'est vrai que c'est souvent
04:31ce sentiment de non-confiance
04:34qui habite ces femmes.
04:36Est-ce que vous pensez
04:37que ces hommes violents,
04:39ces prédateurs,
04:40le sentent ça
04:42instantanément chez une femme ?
04:44Je pense qu'ils doivent le sentir
04:46parce qu'ils vont souvent
04:47vers les femmes un peu faibles,
04:48un peu...
04:49Enfin, pas forcément faibles
04:50tout de suite,
04:51mais je pense que si.
04:52Surtout les femmes
04:53qui n'ont pas confiance en elles.
04:54Je pense qu'il y a déjà ça.
04:56Et ils aiment souvent
04:57prendre le contrôle.
04:59Pourtant,
05:00vous avez toujours été une femme
05:03de caractère.
05:04De base.
05:05Vous avez toujours eu du caractère
05:08parce que même si vous décrivez
05:10un milieu violent
05:12chez votre mère
05:13qui est battu régulièrement
05:15par votre beau-père,
05:17qui est très sévère avec vous,
05:18et puis le fils de ce beau-père
05:20qui vous viole à vos 11 ans,
05:22vous avez toujours su résister.
05:25Oui.
05:26Déjà,
05:28quand j'en ai parlé,
05:29parce que j'ai essayé
05:30d'en parler,
05:31mais on ne m'a pas cru
05:33quand j'ai parlé aux parents.
05:35Oui.
05:35Quand j'ai posé le problème
05:36en expliquant que
05:38le fils de mon beau-père,
05:39voilà,
05:40à plusieurs reprises,
05:41il y a eu des abus.
05:43En fait,
05:44personne ne m'a cru.
05:45Et même ma propre mère
05:46ne m'a pas cru.
05:47Et j'ai grandi avec ça
05:49et c'était vraiment
05:50une grande douleur.
05:52Et du coup,
05:53je suis restée fermée.
05:54Et je ne parlais
05:56à personne de ça,
05:57en fait.
05:57Et cette perte
05:58de considération,
06:00cette perte de confiance
06:01en vous,
06:02elle vient de là.
06:04Elle débute là.
06:05C'est là que ça a commencé.
06:06Et donc,
06:07j'ai commencé
06:08à chercher l'affection dehors,
06:10l'amour,
06:12enfin,
06:12on va dire,
06:13oui,
06:13l'amour,
06:13l'affection dehors.
06:15J'ai commencé
06:15à fréquenter des personnes.
06:18Et ça a commencé
06:19comme ça.
06:20Et aussi,
06:22au niveau
06:23de la confiance en soi,
06:25donc,
06:25je ne me voyais plus
06:26comme une fille.
06:27Donc,
06:28je portais des vêtements
06:29très larges.
06:30J'ai essayé de me cacher
06:31parce que je me disais
06:31que si un homme
06:33me voit dans la rue,
06:34peut-être que c'est mes formes
06:35qui vont faire que.
06:37Donc,
06:37j'ai essayé de me cacher
06:38sous des vêtements.
06:39Les hommes sont devenus
06:41vite à vos yeux
06:42des prédateurs ?
06:43Parce qu'en fait,
06:44à l'âge de 12-13 ans,
06:46j'étais déjà
06:46assez formé.
06:48Donc,
06:49je me disais
06:49que c'est à cause de ça
06:51qu'en fait,
06:52les garçons,
06:53les hommes
06:53ont les yeux sur moi.
06:54Donc,
06:54j'ai essayé de cacher ça
06:55sous des vêtements
06:56plus larges
06:57et j'étais devenue
06:58un garçon manqué.
06:59Donc,
06:59je me bagarrais beaucoup.
07:01Violence.
07:02Violence.
07:0412 ans.
07:05C'est tellement jeune
07:07à 12 ans.
07:08Vous étiez déjà
07:09sur vos gardes
07:10en permanence
07:11à 12 ans.
07:11C'est ça.
07:12D'ailleurs,
07:12je crois savoir
07:13que suite à
07:14votre tentative
07:15de révéler
07:16à votre mère
07:17le viol
07:18dont vous aviez
07:19été victime,
07:20lorsqu'elle ne vous croit pas,
07:22vous allez faire
07:22votre première
07:23tentative de suicide.
07:24C'est ça,
07:24exactement.
07:25Donc,
07:25j'ai voulu sauter
07:26par la fenêtre.
07:27Là,
07:27c'était à mes 12 ans
07:29toujours.
07:29j'ai voulu sauter
07:30par la fenêtre.
07:31Donc,
07:31j'avais commencé
07:32à faire un courrier
07:33en expliquant
07:34que je pense
07:36que je n'ai rien
07:37à faire
07:37sur cette terre
07:38et qu'il m'arrive
07:39des choses horribles
07:40et que vraiment,
07:43le fait que ma mère
07:43ne me croit pas,
07:44c'est vraiment
07:45très blessant.
07:46Donc,
07:46j'ai vraiment
07:47tout écrit
07:47dans la lettre
07:48et j'ai voulu me...
07:50La première tentative
07:51de suicide,
07:52j'ai voulu me jeter.
07:53Mais ça ne s'est pas fait.
07:55Justement,
07:55elle est rentrée
07:56dans la chambre
07:57ce jour-là,
07:58elle est rentrée
07:58dans la chambre
07:58et malgré
08:00qu'elle m'a trouvée
08:01en pleurant,
08:03c'était toujours...
08:04Ça ne passait pas.
08:06Elle ne vous croyait pas ?
08:07En fait,
08:08je pense qu'elle me croyait
08:10mais elle ne pouvait
08:11rien faire
08:12à la situation
08:12parce qu'elle était
08:13mariée à cet homme
08:16et c'était un peu
08:17compliqué,
08:17je pense,
08:18pour elle.
08:19Des années après,
08:20elle m'a expliqué
08:21mais...
08:22Des années après,
08:23elle vous expliquera
08:24pourquoi
08:25elle ne vous a pas
08:26donné raison ?
08:27Elle avait peur.
08:28C'est ça,
08:29exactement.
08:30Puisqu'elle était dans
08:30le même...
08:32Voilà.
08:33À 16 ans,
08:34Ingrid,
08:35vous allez rencontrer,
08:36on va dire,
08:37le premier garçon
08:38qui va compter pour vous.
08:40C'est ça.
08:40en tout cas,
08:41qui va vous permettre
08:41de quitter
08:43la maison familiale.
08:45Oui.
08:46Alors,
08:47c'était comme un repère
08:48pour moi.
08:49Donc,
08:50je pouvais parler de tout
08:51avec lui,
08:52m'écouter.
08:53Et donc,
08:54à mes 17 ans,
08:55je tombe enceinte de lui
08:56sauf qu'il disparaît.
08:59Et là,
09:00je me retrouve
09:01à 17 ans
09:03avec une grossesse.
09:05Il faut savoir
09:05qu'entre-temps,
09:06parce qu'à mes 12 ans,
09:08ma mère,
09:09elle s'est séparée
09:09après,
09:10avant ça.
09:11Donc,
09:11à mes 17 ans,
09:12j'étais seule avec elle,
09:13je vivais seule avec elle.
09:15Donc,
09:15ma mère a décidé de...
09:17Elle m'a dit
09:18de ne pas avorter,
09:19de garder cet enfant,
09:20qu'elle allait m'aider
09:21à m'occuper de cet enfant.
09:23Mais je ne voulais pas du tout
09:25parce que,
09:26à cause des amis,
09:27les moqueries,
09:28les insultes et tout.
09:30Donc,
09:30j'ai gardé quand même l'enfant
09:32et je m'en suis occupée
09:34avec ma mère.
09:35Il faut préciser aussi
09:37que votre mère était
09:38très croyante.
09:40Oui,
09:41très croyante.
09:41Chrétienne.
09:42Et que cet enfant,
09:43elle vous a poussé
09:45à le garder
09:46vraiment par conviction religieuse.
09:48C'est ça.
09:49C'est un choix
09:49qu'elle vous a imposé.
09:51Oui.
09:51Lorsque vous parlez
09:52de la violence,
09:55j'ai entendu le mot
09:56moquerie aussi
09:57dans le quartier.
09:59C'est aussi de la violence.
10:00Oui.
10:00Et c'est aussi
10:01ce qui contribue
10:02souvent des jeunes garçons
10:04comme des jeunes filles
10:05à perdre très jeune
10:07confiance en eux.
10:08Oui.
10:08On se moquait de vous
10:09parce que vous étiez enceinte ?
10:11Oui,
10:11beaucoup.
10:12Il y a des parents
10:12qui interdisaient
10:13leurs enfants
10:15de marcher avec moi
10:16parce que dans le groupe
10:18des filles,
10:18en fait,
10:19j'étais la seule
10:19qui, pour eux,
10:21avait déjà connu
10:22des hommes assez tôt
10:23et le fait d'avoir
10:25un enfant.
10:26Donc, j'ai connu
10:27beaucoup de moqueries.
10:29On m'a beaucoup
10:30insultée aussi
10:30me disant
10:31que je ne savais pas
10:32c'était qui le père,
10:33etc.
10:34En plein de choses.
10:36Donc, ça a beaucoup
10:37joué aussi.
10:38Bon, ce petit
10:40est arrivé ?
10:41Une fille.
10:42C'est une fille ?
10:44J'allais dire
10:44ce petit bébé
10:45parce que cette première
10:47petite fille est arrivée.
10:49On reparlera d'elle
10:50d'ailleurs.
10:53Mais vous allez enchaîner,
10:55on va le voir dans votre vie,
10:57les mauvaises rencontres.
10:59Autour de vos 20 ans,
11:01vous rencontrez à nouveau
11:04un homme.
11:05Un homme, oui.
11:06Qui est-il ?
11:07Quel profil a-t-il ?
11:08Un jeune homme
11:10sympa,
11:11beau.
11:14Et tout se passait bien
11:15au début.
11:16Et en fait,
11:17je pense que
11:17je m'attachais
11:18très, très vite.
11:19Je me suis attachée
11:20très vite.
11:21Et c'était de la violence,
11:24mais ce n'était pas
11:25comme les autres relations.
11:27C'était de la violence,
11:28mais moi aussi,
11:29j'étais dedans.
11:30C'est que je répondais.
11:32C'était un coup,
11:33je répondais.
11:34Est-ce que la violence,
11:36vous diriez que la violence
11:37s'est installée
11:37comme un des éléments
11:40de communication
11:41dans votre vie ?
11:42C'est ça,
11:42exactement.
11:43Parce que,
11:44comme je ne parlais pas
11:44beaucoup,
11:46une fois que j'étais
11:47en colère,
11:48je répondais
11:49par des coups.
11:51Pour moi,
11:52c'était mon moyen
11:52de défense.
11:53Vous partez
11:54de chez votre maman
11:56vivre avec cet homme ?
11:59Non,
12:00pas encore.
12:00Ça,
12:01c'est à mes 22 ans
12:02que j'ai pris
12:04mon logement
12:04toute seule
12:05et que j'ai vécu
12:05avec cet homme.
12:06D'accord.
12:07Donc,
12:07comment ça se passe
12:08dans ce logement
12:09avec cet homme ?
12:10La violence,
12:11elle commence
12:12avec des coups
12:13ou c'est d'abord
12:15psychologique ?
12:16Non,
12:17en fait,
12:17c'était surtout
12:18une relation toxique,
12:19mais ce n'était pas
12:20des grosses violences,
12:22en fait.
12:22C'est parce qu'il y avait
12:24des disputes
12:24et ça s'attrapait
12:26par le col.
12:27C'est vraiment...
12:29Ça,
12:29il était violent,
12:31mais pas à l'extrême
12:33comme les autres relations.
12:35Mais il y avait
12:36de la violence quand même
12:37et c'est dans cette violence-là
12:39que j'ai fait
12:41la tentative de suicide
12:42où j'ai ouvert la fenêtre
12:44et j'ai sauté par la fenêtre.
12:46D'accord.
12:47Et c'était quoi
12:47cette tentative de suicide ?
12:49C'était un trop.
12:50C'était un trop,
12:51en fait,
12:52de tout ce que j'ai vécu
12:54enfant.
12:56et en fait,
12:57à chaque fois que...
12:59À chaque fois,
13:00par exemple,
13:00qu'il m'arrivait
13:02de boire,
13:02même occasionnellement,
13:04j'ai tout
13:04qui revenait à la surface.
13:06Tout revenait à la surface.
13:07Ma mère qui ne m'a pas cru,
13:09le viol,
13:10etc.,
13:11le rejet,
13:12enfin,
13:12toutes ces choses-là
13:13qui remontaient.
13:14Donc,
13:15je sortais de soirée.
13:17Donc,
13:17à suite d'une dispute,
13:18lui,
13:19il me dit,
13:19bon, écoute,
13:19moi,
13:20j'en ai marre,
13:21je pars de la maison.
13:22Je pars de la maison.
13:23Et je lui dis,
13:24non,
13:24tu ne pars pas.
13:25Donc,
13:26ce que je fais,
13:27c'est que je prends la clé
13:28et je ferme la maison.
13:31Je ferme la clé.
13:32Et j'ai balancé ça,
13:33en fait,
13:33dans un placard
13:34où il y avait des vêtements,
13:35chaussures.
13:36J'ai balancé ça là-bas.
13:38Et il faut savoir
13:39qu'il y avait
13:41une cousine
13:42et un ami à lui
13:43qui gardaient
13:44les deux enfants
13:45parce qu'il y avait déjà
13:46les deux enfants
13:47qui étaient là.
13:47Une fille à nouveau ?
13:48Une fille à nouveau.
13:49D'accord.
13:50Donc,
13:50nous,
13:50on se dispute
13:51pendant qu'on est en train
13:52de se disputer.
13:53Et moi,
13:54avec l'alcool,
13:55tout ce que j'ai pris
13:56pendant la soirée
13:57et tout,
13:58qui remonte et tout,
14:00tout qui remonte
14:01à la surface.
14:02Donc,
14:02j'ai décidé comme ça.
14:04Je n'ai pas cherché
14:05à comprendre.
14:05J'ai ouvert la fenêtre
14:06et j'ai sauté.
14:08Il faut savoir
14:08qu'où j'habitais,
14:10c'était un deuxième étage
14:13mais qui fait quatrième étage.
14:14Oui.
14:15Donc,
14:16je n'ai pas cherché
14:17à comprendre.
14:18J'ai sauté
14:19et je ne peux même
14:20pas vous expliquer,
14:21en fait,
14:22j'ai même encore
14:23des frissons
14:23parce que
14:24je ne peux pas
14:25vous expliquer
14:26comment je suis tombée,
14:27en fait,
14:28parce que
14:29je suis vraiment
14:30tombée sur mes pieds.
14:32Ça m'a fait,
14:33en fait,
14:33comme s'il y avait
14:35un trampoline en bas
14:36qui m'a fait rebondir
14:38et je suis arrivée
14:39au sol.
14:40C'est vraiment,
14:41les mots que je vous donne,
14:42c'est vraiment comme ça
14:43que ça s'est passé.
14:45Donc,
14:45ce qui se passe,
14:46c'est qu'avec l'alcool,
14:48avec tout,
14:49j'étais vraiment HS,
14:53ce qui se passe,
14:53c'est que là-haut,
14:55ils sont en train
14:55de me demander
14:57où as-tu mis la clé ?
14:59Où est la clé ?
15:00Et moi,
15:01je ne peux pas leur répondre.
15:02Impossible de répondre.
15:03Et là,
15:04je commençais à sentir
15:05mes forces me quitter.
15:07Où as-tu mis la clé ?
15:08Donc,
15:08personne ne pouvait
15:08venir m'aider,
15:09en fait.
15:10Tout le monde était
15:11enfermé dans l'appartement.
15:12Tout le monde était
15:12enfermé.
15:12Parce que vous sautez
15:14du deuxième
15:15qui est haut
15:16comme quatre étages,
15:18vous êtes,
15:18je suppose,
15:19blessée
15:19en faisant ça.
15:21Rien ?
15:22Je suis sortie de là
15:22sans rien.
15:23Et c'est pour ça
15:24qu'on m'a appelée
15:24la miraculée,
15:25justement,
15:26dans le quartier.
15:27Parce que je suis sortie
15:28de là sans rien.
15:30Aucune égratignure.
15:30J'avais juste des hématomes
15:32en dessous des pieds.
15:33C'est tout.
15:34Mais lorsque vous dites
15:35que vous sentez
15:36les forces vous quitter,
15:37c'est que...
15:38En fait,
15:38avec l'alcool,
15:39je pense que ça
15:40devait être ça.
15:41Mais je sentais en fait...
15:42Mes forces me quittaient
15:43vraiment.
15:45Et avec l'alcool,
15:46j'étais comme ça.
15:47En fait,
15:47j'étais vraiment HS.
15:50Et j'étais en train
15:51de dire...
15:52Parce que j'entendais
15:53souvent ma mère prier.
15:54J'entendais souvent
15:55ma mère prier.
15:56Et je disais,
15:57Dieu,
15:58si tu existes,
15:59je ne veux pas mourir.
16:01Je disais,
16:01je ne veux pas mourir.
16:02Et j'ai dit ça
16:02à trois reprises.
16:04Et j'ai fermé les yeux.
16:05Et quand j'ai ouvert les yeux,
16:07c'est les pompiers
16:07qui étaient là.
16:08Donc quand j'ai commencé
16:09à prendre conscience,
16:11ils m'ont demandé,
16:13les enfants là-haut,
16:14votre famille demande
16:15les clés,
16:15où sont les clés ?
16:16Donc c'est comme ça
16:17que j'ai pu expliquer
16:19où étaient les clés.
16:20Et ensuite,
16:21on m'a emmenée
16:21à l'hôpital.
16:22Et à l'hôpital,
16:24ils n'ont rien trouvé.
16:25Je n'avais pas de fracture.
16:27J'avais juste des hématomes
16:28en fait,
16:29sous les pieds.
16:30Sauf que je suis sortie
16:32de là avec des béquilles.
16:33Je ne pouvais pas marcher.
16:34Donc c'était encore compliqué
16:36parce que même pour faire
16:39à manger à mes enfants,
16:41il fallait que j'aille
16:41à quatre pattes.
16:43Il fallait que je marche
16:43à quatre pattes,
16:44ouvrir le micro-ondes.
16:45C'était très, très dur.
16:47Personne ne se rend compte
16:48de l'état de détresse
16:50dans lequel vous êtes
16:50à cette époque ?
16:52Non.
16:53Personne ?
16:54Et ma mère est envoyée
16:55à ce jour-là.
16:56Votre mère n'était pas là
16:57ce jour-là ?
16:57Non, elle n'était pas là.
16:58Mais lorsque vous me dites
16:59que vous marchez à quatre pattes
17:00dans l'appartement
17:01pour faire à manger
17:03à vos enfants,
17:04elle rentre bien de voyage
17:05à un moment ?
17:05Mais je ne pouvais pas
17:06lui dire ça.
17:07Vous ne pouviez pas lui dire ça ?
17:08Justement,
17:09comme je viens
17:09d'une famille chrétienne,
17:10je ne pouvais pas lui dire
17:11que j'ai fait une tentative.
17:14Vous avez voulu mourir.
17:14Voilà.
17:15Avec cet homme,
17:16vous restez combien de temps ?
17:17Sept ans.
17:19Sept ans, quand même.
17:20Donc ça a tout de même
17:21été une relation sérieuse ?
17:23Oui, sérieuse.
17:24Avec du recul comme ça,
17:26finalement, cet homme,
17:29il était moins violent
17:30que les autres ?
17:30Oui, il était moins violent
17:31que les autres.
17:32Et en fait,
17:33d'une part,
17:34c'est que moi aussi,
17:34j'ai fait un travail sur moi
17:36et j'ai quand même
17:37essayé d'observer
17:38dans cette relation
17:39l'élément.
17:40Donc j'ai vu
17:40qu'à des moments,
17:42moi aussi,
17:43j'étais pour beaucoup
17:45dans ma façon de réagir,
17:47mon comportement.
17:50Mais il est quand même
17:51resté calme quand même.
17:55Pourquoi vous vous séparez
17:56au bout de sept ans ?
17:58Tromperie,
17:59les tromperies.
18:00Ils vous trompent ?
18:01Voilà, ils me trompaient
18:02beaucoup.
18:03Mais je laissais passer
18:05parce que je me disais
18:06que de toute façon,
18:09ça va changer.
18:12Et puis, au bout d'un moment,
18:13il y en a eu une de trop.
18:15C'est ça.
18:15En fait, je me suis dit,
18:16je vais rester jusqu'à ce que
18:17je me fatigue.
18:18Et puis, une fois que je serai
18:19vraiment fatiguée,
18:21j'arrête la relation.
18:23comment vous sortez de cette relation,
18:24Ingrid ?
18:25Parce que vous avez connu
18:27la violence parentale
18:30avec votre beau-père.
18:32Vous avez connu déjà un viol
18:33de la part de son fils.
18:36Sept ans avec cet homme
18:38qui, quelque part,
18:39la tromperie,
18:40c'est une autre forme de violence,
18:42en tout cas de non-respect.
18:43Avec quelle image des hommes,
18:45là, vous sortez de cette relation ?
18:47Alors là, les hommes,
18:50je ne voulais plus en entendre parler.
18:51Oui.
18:51Je ne voulais plus du tout
18:52en entendre parler.
18:53Vous vous dites stop ?
18:54Oui.
18:56Mais, au fond de moi,
18:58je me disais quand même
19:00que...
19:00Parce que si je reviens
19:02quand même au début
19:03de mon histoire,
19:04je n'ai pas connu mon père.
19:05D'accord.
19:06Et je pense que,
19:07dans ces relations,
19:08je cherchais beaucoup
19:09ce côté paternel.
19:13Donc, ce qui fait
19:13que je m'accrochais à ça.
19:15Je m'accrochais à ça.
19:16Donc, c'est vrai
19:17que je me disais
19:18que les hommes, en fait,
19:20bon, ça ne sert à rien
19:21que je sois avec un homme.
19:22Mais, en même temps,
19:23j'avais besoin de cette sécurité.
19:24J'avais besoin d'un homme
19:26qui soit là,
19:27de la présence masculine.
19:28Pour vous protéger ?
19:29Voilà.
19:30Est-ce que ces hommes
19:31étaient plus vieux que vous ?
19:34Généralement,
19:34vous alliez chercher
19:35des hommes un peu plus mûrs
19:36ou pas obligatoirement ?
19:38Non.
19:39Pas forcément, non.
19:40Si c'était,
19:41c'était 2-3 ans.
19:43Oui.
19:44Parce que certaines jeunes femmes
19:46qui n'ont pas connu leur père
19:47souvent cherchent des hommes
19:49qui sont beaucoup plus mûrs.
19:51Mais ça n'était pas votre cas.
19:53Non.
19:53Donc, un 2e enfant.
19:55Vous restez un moment
19:56toute seule, quand même ?
19:57Est-ce que vous avez...
19:58Oui.
19:59Est-ce que vous avez testé
19:59cette période toute seule ?
20:01Oui, je suis restée
20:02à la grossesse.
20:03Je l'ai portée toute seule.
20:04Il est revenu à la naissance.
20:06À la naissance de la petite,
20:07il est revenu.
20:08Et on a essayé
20:09d'arranger les choses.
20:10Oui.
20:10Et maintenant,
20:13ça a continué.
20:14Vous avez donc 27 ans,
20:17à peu près,
20:18quand cette histoire se termine.
20:22Vous restez combien de temps
20:24toute seule ?
20:25Non.
20:26Justement, je...
20:27Vous enchaînez ?
20:28C'est ça.
20:28En fait, je n'avais pas de...
20:30Je ne restais pas seule, en fait.
20:31Jamais ?
20:32Jamais.
20:33J'ai enchaîné les relations.
20:35Et donc, j'ai une copine
20:37qui m'a présenté un homme
20:39qui est habité, je pense,
20:41dans l'Oise.
20:43Et lui, il était un peu plus vieux que moi.
20:47Et c'est là où ça a commencé.
20:49Donc, au début, il se présente,
20:51tout beau, tout gentil.
20:55Il me parlait très vite de projet.
20:57Oui, on va construire ça ensemble.
20:59Et en fait, je trouvais ça bizarre
21:02parce qu'on venait à peine de se connaître
21:05et il était très rapide.
21:08Et donc, je lui ai présenté mes deux enfants
21:11que j'avais déjà.
21:12Et il les a acceptés.
21:14Donc, pour moi, c'était un bon point.
21:15Je me suis dit, bon, là,
21:17il m'acceptait avec mes deux enfants.
21:18Donc, c'est bon, c'est lui.
21:19Je vais rester avec lui.
21:21Oui, c'est génial de trouver quelqu'un
21:25qui accepte deux enfants,
21:29qui les accueillent.
21:30Donc, pour vous, ça devait être à nouveau
21:33une perspective de bonheur.
21:34C'est ça.
21:36Au début, il était gentil.
21:37Oui, il était tout gentil.
21:39Il prenait soin de moi.
21:41Le petit déjeuner, vraiment, rien à dire.
21:44Et ce qui se passe, c'est qu'il achète
21:46une maison dans l'Oise.
21:47Donc, il me propose de venir habiter
21:50avec les enfants et tout.
21:52Et moi, vraiment, j'ai trouvé ça vraiment...
21:53Voilà.
21:54Donc, j'ai sauté sur l'occasion.
21:56Je suis partie avec les enfants.
21:59Et donc, il y a un soir comme ça
22:02où il me dit, écoute, on va sortir
22:04avec des amis.
22:04Tu viens avec nous et tout.
22:06Donc, je lui ai dit, OK, d'accord.
22:07Je me prépare.
22:09Et on va au restaurant.
22:11On mange.
22:11Tout se passe bien.
22:13Et il y avait un ami à lui.
22:15Donc, je rigolais beaucoup avec son ami.
22:16Il était là.
22:17Il nous voyait pourtant.
22:18Et donc, on rigole et tout.
22:20Et à un moment donné, je vois...
22:23Il commence à me fixer.
22:24Mais ça m'a l'air de me regarder.
22:26Pas comme d'habitude.
22:27Oui.
22:28Il change de regard.
22:29Voilà.
22:29Et donc, je me suis dit, bon, c'est rien.
22:32Donc, on finit.
22:33On sort.
22:35On dépose ses amis.
22:37Et une fois que ses amis sont descendus,
22:39il était avec un cousin à lui.
22:41Donc, il me sort de la voiture.
22:43Il commence à péter un câble dans la voiture.
22:45Il me sort de la voiture en me traînant,
22:47en me disant, comment tu te permets de parler à mon ami et tout.
22:51Après, je lui explique qu'on rigolait tous ensemble.
22:54Tu étais là.
22:55Donc, je ne comprends pas, en fait, ton comportement.
22:57Et là, ça a commencé la violence.
23:00Première claque.
23:01Première claque.
23:02J'ai atterré au sol.
23:04Il a commencé à me ruer du coup.
23:06Du coup, je n'ai rien compris.
23:08Et je me rappelle, il était moins 4 heures du matin.
23:12Parce que c'était dans l'Oise.
23:13Et moi, j'habitais dans le Nord.
23:15Donc, je ne pouvais même pas rentrer chez moi.
23:17Et je me suis retrouvée toute seule au sol.
23:20Et il est monté.
23:21Il m'a laissée au sol comme ça.
23:23Il est monté.
23:24Et je suis restée comme ça pendant 20 minutes.
23:28J'étais en train de pleurer.
23:29Je disais, mais qu'est-ce que j'ai fait ?
23:31Alors que je parlais juste à son ami.
23:34Et il était là.
23:35Et donc, je décide de monter.
23:37Et là, je dis, non, je ne peux pas.
23:39Je prends mes affaires.
23:40Peu importe, je prends mes affaires, je pars.
23:42Parce que là, non, non, non.
23:44C'est la première fois qu'on me frappait comme ça.
23:46Et j'ai dit, non, je prends mes affaires, je pars.
23:48Et c'est là qu'il arrive.
23:49Il me demande pardon, non, excuse-moi.
23:51C'est parce que je suis jaloux, etc., etc.
23:55Lorsqu'il s'excuse, il vous fait part qu'il a un problème ?
23:59Non, du tout.
24:00Du tout.
24:01Il dit qu'il a...
24:02C'est qu'il est jaloux et qu'il n'aime pas quand les hommes s'approchent de moi.
24:07Voilà, c'était sa raison.
24:08C'était la seule raison.
24:09Uniquement.
24:10Et donc, sa manière de répondre à ça, c'est de vous rouer de coups.
24:14Voilà.
24:15Vous deviez être choquée.
24:17Ah oui, j'étais choquée.
24:18Surtout qu'à ce moment-là, j'avais postulé pour un travail.
24:23Et le lundi, je devais me rendre au travail.
24:28Il m'avait acceptée et je n'ai pas pu y aller parce que j'avais des coups sur le
24:31visage.
24:32D'accord.
24:33Donc, vous passez à côté de ce boulot.
24:34Voilà.
24:37Malgré ces coups, vous acceptez ces excuses.
24:40Oui.
24:41On dit généralement que vous le savez aujourd'hui.
24:44C'est sans doute ce que vous dites aux jeunes femmes et aux femmes dont vous vous occupez.
24:49Il faut partir au premier coup.
24:51Au premier coup, c'est ça.
24:53Sauf que là, vous ne partez pas.
24:54Non, là, je ne partais pas.
24:55Et ça va durer combien de temps la trêve de l'amoureux qui est jaloux, soit, mais qui est violent
25:05aussi,
25:06mais qui va sans doute rester un peu calme quelques jours ?
25:11Combien de temps ça dure ?
25:12Là, c'est resté pendant quelques mois.
25:15Pas d'embrouilles, pas de violences, rien.
25:19Et c'est seulement quand j'ai décidé de repartir dans le logement dans le nord où j'habitais.
25:26Donc, je repars et lui, il me dit que finalement, il veut venir vivre avec moi dans le nord.
25:33Donc, je dis d'accord.
25:34Donc, il vient et c'est là que ça a recommencé.
25:37C'est là que tout a recommencé.
25:39Ça recommence sous quelle forme et dans quelles circonstances ?
25:41Il pouvait se réveiller et être en colère.
25:43Comme ça.
25:44En fait, je ne pouvais pas savoir à quel moment.
25:47Je peux dormir à côté de lui.
25:49Il suffit qu'il se réveille de mauvaise humeur.
25:51Je peux me faire cogner.
25:53C'était vraiment comme ça.
25:54Comme ça pour rien ?
25:55Pour rien.
25:55C'était vraiment comme ça.
25:56Il y a un problème avec un enfant.
25:58C'est moi qui prenais tout.
25:59C'était vraiment, vraiment comme ça.
26:01Et du coup, quand je me réveillais le matin, j'avais souvent peur.
26:04Et du coup, de cette relation, j'ai eu un troisième enfant avec lui.
26:08Un troisième enfant.
26:09Voilà.
26:11Vous dites « je prenais ».
26:13Il vous frappait avec ses poings, avec ses pieds ?
26:17Oui, avec ses poings, ses pieds.
26:20Et il sortait des paroles affreuses.
26:23Affreuse.
26:24Qu'est-ce que tu fais sur cette terre ?
26:26C'était vraiment…
26:27J'avais l'impression que c'était le diable en personne, en fait, qui me parlait.
26:31Et des fois, un jour, je sais qu'un jour, il était assis dans le noir et il m'a
26:37dit « est-ce qu'on t'a déjà séquestré ? »
26:40Donc, je dis « pardon ». Il m'a dit « est-ce qu'on t'a déjà séquestré ?
26:43»
26:44Et je lui ai dit « non, mais pourquoi tu dis ça ? »
26:46Et c'est là qu'il m'a dit « fais attention à toi ».
26:50Donc, des phrases comme ça, je les entendais souvent.
26:53Et malgré que j'avais peur, je restais quand même, en fait, dans ce… je restais quand même.
26:58Le père de votre enfant ?
27:00Oui.
27:01Quand vous y pensez comme ça, avec du recul, cet homme avait un problème mental ?
27:07Oui, parce que j'avais retrouvé des médicaments.
27:12J'ai trouvé ça dans son manteau.
27:13Donc, je suis allée sur Google pour regarder un peu qu'est-ce que c'était.
27:17Et j'ai vu que c'était par rapport à l'anxiété, enfin, toutes ces choses-là.
27:22Mais je me suis dit qu'il devait quand même avoir un problème.
27:26Parce que, bon, des moments, il pouvait parler seul.
27:32Non, il avait certains comportements bizarres quand même.
27:35Vous aviez peur de lui, mais à quel point vous aviez peur de lui ?
27:40Est-ce que vous aviez conscience, Ingrid, que vous pouviez mourir ?
27:46Non.
27:47En fait, je n'avais pas peur parce que j'avais pitié de lui.
27:51Parce qu'en fait, quand j'ai pitié, c'est que je me disais qu'il a un problème.
27:54Et peut-être qu'il a besoin que je lui apporte plus d'amour.
27:57Il a besoin que je sois là.
27:59Et malgré qu'il me tape, on va mettre ça de côté.
28:03Mais il faut que je sois là pour lui.
28:04Je voyais les choses plutôt comme ça, en fait.
28:06Et en fait, non.
28:08La violence continuait ?
28:09La violence continuait.
28:11Et il m'a écartée de ma famille.
28:14Donc, je ne voyais plus ma famille.
28:16Les appels, mes amis, c'était très rare de les avoir au téléphone.
28:20Donc, j'étais vraiment enfermée à la maison.
28:22Lui, il allait travailler, il faisait ce qu'il avait à faire et tout.
28:25Mais moi, je devais rester à la maison.
28:26Que faisait-il comme travail ?
28:28Il était routier.
28:29Il était routier.
28:30D'accord.
28:31Donc, il partait la journée ou il lui arrivait de partir plusieurs jours, parfois ?
28:34Ça dépend.
28:35En fait, des fois, il travaillait pour les petites boîtes de logistique en journée.
28:40Et les week-ends, il partait vraiment des voyages.
28:44Est-ce que les retours de longs voyages étaient propices à des questions, à des suspicions ?
28:53Qu'est-ce que tu as fait ?
28:54Non, lui, quand il revenait, parce qu'il vous laissait seul, donc...
28:57Ah non, il m'appelait.
28:57Il m'avait dit qu'il était jaloux.
28:59Il vous appelait.
29:00Oui, il m'appelait régulièrement.
29:01C'est-à-dire ?
29:02Il m'appelait, qu'est-ce que tu fais, etc.
29:05Voilà, passe-moi les enfants pour voir si vraiment je suis à la maison.
29:08C'est comme ça tout le temps.
29:10Puis, tu es vraiment comme ça tout le temps.
29:11Comment on vit ce type de relation, en fait ?
29:14Au-delà du fait de...
29:16Comme vous me dites, vous aviez pitié de lui.
29:19Mais lorsqu'on se sent épié comme ça, lorsqu'on se sent fliqué, on pense à quoi, en fait ?
29:28Est-ce qu'on pense qu'à un moment, il va falloir partir ou que ça peut mal tourner ?
29:33Non.
29:34À ce moment-là, je ne me disais pas de partir.
29:37En fait, je savais que j'avais affaire à un fou.
29:39Mais je me disais que lui, si je lui dis que c'est terminé, il va me tuer.
29:44Donc, autant rester là.
29:45Et puis, je vais rester la bonne femme, faire à manger.
29:49Et puis, voilà.
29:50Il va me tuer.
29:52Donc, vous aviez conscience que cet homme pouvait vous tuer.
29:55Oui.
29:56Est-ce qu'il lui est arrivé de vous menacer ?
29:59Ah oui.
30:00De vous tuer ?
30:01Ah oui.
30:01Donc, un jour, pareil, je faisais le ménage et je change les draps.
30:07Et je soulève le matelas et je trouve le couteau de cuisine.
30:11Et là où lui, il pose sa tête, mais en dessous du matelas.
30:15Et donc, je lui pose la question, qu'est-ce que le couteau fait à ta place, en fait ?
30:21Et c'est là qu'il me sort comme ça que non, c'est si jamais un cambrioleur rentre dans
30:26la maison, au moins, j'ai une arme.
30:30Mais c'était louche pour moi.
30:32J'ai trouvé ça bizarre.
30:34Vous dormiez tranquillement après ?
30:35Ah non.
30:36Donc, il avait un couteau.
30:38Non, non, du tout.
30:39Déjà, j'avais pris ce couteau et je l'avais rangé, mais j'avais très peur.
30:43J'avais très peur.
30:45Et pendant la grossesse, donc à mes huit mois de grossesse, il continuait la violence.
30:51Et j'avais découvert qu'il me trompait.
30:54Donc, je lui dis, voilà, tel jour, tu m'as dit que tu travaillais.
30:59Et en fait, tu n'étais pas au travail.
31:01Tu m'as trompée avec cette fille-là, etc.
31:03Pourquoi tu fouilles sur mon téléphone ?
31:05Je ne t'ai rien demandé, etc., etc.
31:07Tu commences à me saouler.
31:10Tu vas voir, toi et ton gosse, je vais vous tuer.
31:12Des menaces comme ça.
31:14Je vois, il s'en va à la cuisine et il commence à fouiller la vaisselle.
31:18Et j'entends les bruits des fourchettes et tout.
31:21Et c'est là que j'ai pris le réflexe.
31:23C'est d'aller immédiatement à la douche.
31:26Parce que ce jour-là, il voulait vraiment me tuer.
31:28Et j'avais une voisine qui était juste à côté.
31:32Donc, il entendait quand ça n'allait pas.
31:35Et des fois, elle me disait, si ça ne va pas, viens chez moi.
31:38Viens te cacher chez moi.
31:40Et elle a entendu, en fait, parce qu'elle avait le double des clés.
31:43Donc, elle a entendu comment j'étais en train de crier.
31:47Parce que ce jour-là, il voulait vraiment venir m'ouvrir le ventre.
31:50Et j'ai crié...
31:51Vous ouvrir le ventre ?
31:52Oui, c'est vraiment les mots qu'il a prononcés.
31:54Donc, il venait.
31:55Il a dit, aujourd'hui, toi et ton enfant, je vais vous tuer.
31:58Donc, je vais t'ouvrir le ventre.
32:00Donc, c'est vraiment les mots qu'il a prononcés.
32:02Donc, ça m'a effrayée.
32:04Donc, j'ai crié de toutes mes forces.
32:06Et la voisine, elle est venue.
32:09Elle est venue, elle a ouvert la porte de chez moi.
32:11Et donc, au moment où elle arrive, il était comme ça.
32:15Donc, ils l'ont attrapée et tout.
32:18Ils l'ont ramenée chez eux, là-bas.
32:21Et j'étais en pleurs.
32:22Je ne savais plus quoi faire.
32:24Parce que ma mère, personne n'est au courant de tout ce qui se passait, en fait.
32:27J'en ai parlé à personne.
32:28Pourquoi vous n'en parlez à personne ?
32:30Parce que quand j'ai présenté cet homme à ma mère,
32:33je l'ai présenté comme un homme parfait, l'homme qui...
32:36Et je me disais que si je lui disais qu'il me bat, etc.,
32:41elle est venue dire de me séparer de lui.
32:44Donc, silence radio, vous n'en parlez à personne.
32:47Et c'est monsieur parfait avec qui vous habitez.
32:51Ce qui est assez étonnant, quand je vous écoute,
32:53c'est que je vois combien vous avez banalisé la violence.
32:59Parce que vous parlez de violence répétée,
33:03mais comme si c'était presque normal.
33:06Vous vous en rendez compte ?
33:08Non, non, oui, bien sûr.
33:09Vous l'avez déjà dit ?
33:10Bien sûr.
33:10C'est pour ça que je dis qu'en grandissant,
33:13j'ai pris la violence de ce que j'ai vu,
33:16comme si c'était quelque chose de normal, en fait.
33:19Bon, ce jour-là, vous êtes passée vraiment tout près de la mort.
33:25Oui.
33:25Vous allez quitter cet homme ?
33:27Alors oui, par la suite.
33:29J'ai ma mère qui m'appelle à ce moment-là.
33:31J'étais en pleurs, elle me demande si ça va.
33:33Je lui dis oui, ça va.
33:36Et deux secondes après, je m'effondre en larmes et je lui dis non, ça ne va pas.
33:39Voilà ce qui s'est passé, etc.
33:41Elle me dit ne bouge pas, j'arrive.
33:43Et donc, elle arrive et tout pour venir prendre mes affaires.
33:46Et le voilà qui sort avec un couteau pour maintenant poignarder ma mère.
33:53Pour chercher à poignarder ma mère.
33:54Donc, en fait, il est...
33:55Non, c'est un fou.
33:56Ben oui, c'est un fou.
33:58C'est un fou.
33:59Oui.
33:59Vous avez fini par porter plainte contre cet homme ?
34:02Non, je n'ai pas porté plainte.
34:04Pourquoi ?
34:05Parce qu'en fait, les plaintes à l'arrivée dans le domicile.
34:10Donc, s'il voyait que le courrier arrive à la maison
34:13et qu'il y a une convocation de la police,
34:15il allait forcément me demander pourquoi on me convoque à la police.
34:19Et là, je me suis dit c'est mort, je ne préfère pas,
34:21sinon ce n'est pas la peine en fait.
34:23Donc, vous n'avez jamais déposé la moindre main courante,
34:27la moindre plainte ?
34:28Non.
34:29Comment vous arrivez à vous protéger
34:32parce que vous allez rester encore un moment avec cet homme ?
34:37Oui et non.
34:38Donc, je suis partie rester chez ma mère le temps d'accoucher.
34:43Et vraiment, quand j'ai accouché, je me suis dit,
34:45en tout cas, cet homme, s'il essaie de faire quoi que ce soit,
34:48c'est soit lui, soit moi qui va passer.
34:50Parce que là, j'en avais vraiment...
34:52En fait, j'en avais vraiment marre.
34:55Et il est revenu,
34:56on a essayé d'arranger les choses,
34:58mais non, ça ne passait pas.
35:01Donc, j'ai préféré fuir chez ma mère
35:04sans rien lui dire
35:05et rester chez ma mère.
35:07Mais est-ce qu'il ne vous a pas cherché ?
35:09Si, il m'a cherché, bien sûr.
35:11Mais après, j'ai essayé de contacter des amis autour de moi
35:14et j'ai dû dire la vérité à certaines personnes
35:16pour avoir plus de personnes avec moi,
35:19pour me défendre, en fait.
35:20Donc, retour chez maman.
35:22Voilà.
35:23Avec vos trois enfants.
35:25C'est ça.
35:26Est-ce qu'il y a un temps un peu de répit à ce moment-là ?
35:29Est-ce que vous allez rester un petit peu seule ?
35:33Oui, beaucoup.
35:34Oui ?
35:35Là, maintenant, c'était la première fois que je restais seule.
35:38Donc, je restais quatre ans.
35:40Bon, pour moi, c'était beaucoup.
35:41Donc, je suis restée quatre ans seule.
35:43Seule, sans connaître d'homme, sans voir d'homme.
35:47Là, je ne voulais vraiment plus entendre parler d'homme.
35:49Est-ce que vous étiez choquée ?
35:51Est-ce que vous étiez traumatisée
35:53de ce qui s'était passé avec cet homme ?
35:54Oui.
35:55Parce que vous le racontez comme ça,
35:56mais vous avez failli mourir.
35:58J'ai eu des paroles de dépression, justement.
36:02Oui.
36:02Et en fait, quand je disais vraiment que je le voyais comme un diable,
36:05c'est vraiment que je le voyais comme un diable
36:06parce que des fois, j'avais l'impression d'entendre sa voix
36:09quand il m'insulte.
36:11Ou je vais au supermarché.
36:13J'ai l'impression qu'il est passé.
36:14C'est vraiment comme si c'était un esprit,
36:17si je peux dire ça comme ça.
36:18Vous commenciez à le voir partout.
36:19Oui, oui, c'est ça.
36:20Vous n'étiez pas non plus à l'abri.
36:23Oui, bien sûr.
36:24Qu'il vous guette, qu'il vienne vous agresser.
36:27Il a quand même tenté de poignarder votre mère aussi.
36:30Donc, rien ne semblait l'arrêter, cet homme.
36:33Non, non, rien du tout.
36:34Mais il vous a laissé tranquille.
36:36Il m'a laissé tranquille parce que,
36:37je vous ai dit, les amis.
36:39Les amis que j'ai...
36:40Parce qu'en fait, devant les gens,
36:43ils montrent cette face de quelqu'un
36:45qui est super gentil.
36:48Mais quand il est avec moi,
36:49en fait, il montre vraiment son visage.
36:51Et même aujourd'hui, de ce que j'entends,
36:55parce que moi, je ne suis plus en contact avec lui,
36:57mais de ce que j'entends,
36:58c'est qu'il rejette tout sur moi.
37:00C'est elle, elle a fait ça, elle a fait ça, etc.
37:03Et en fait, moi, on me voit comme si...
37:07Et vu que moi, je ne parle pas,
37:08je n'ai pas raconté...
37:09Enfin, je ne raconte pas à tout le monde
37:10ce qui s'est passé dans cette relation.
37:12Donc, ce qui fait que les gens ont beaucoup tendance
37:14à le croire lui.
37:15Parce qu'il a ce visage où il est tout gentil, etc.
37:19C'est souvent le profil type du loup
37:23qui, en société, est l'homme parfait,
37:26paraît être l'homme parfait,
37:28mais qui, une fois à huis clos,
37:31entre les quatre coins de la maison,
37:34enfin, les quatre murs de l'appartement,
37:37tabasse sa femme.
37:38Est-ce qu'il était fort ?
37:41Est-ce qu'il était...
37:41Non, pas du tout.
37:43Pas du tout.
37:43Je pouvais me défendre.
37:45Vous auriez pu...
37:46Je pense.
37:47Même vous défendre ?
37:49Oui.
37:49Parce qu'en fait, quand il me mettait
37:51dans des grandes colères,
37:53c'est vrai qu'il y a des moments aussi,
37:56je pouvais m'énerver.
37:57Donc, quand il me mettait dans des grandes colères
37:59et qu'il voyait que j'étais vraiment énervée,
38:01il se calmait.
38:02Il se calmait.
38:03Bon, vous restez quatre ans, en tout cas,
38:04chez votre mère,
38:06avec vos trois enfants,
38:08en dépression ?
38:09Non.
38:11Les quatre ans, entre-temps,
38:12j'ai eu un nouvel appartement.
38:13Donc, les quatre ans,
38:15je suis restée seule
38:16avec mes enfants.
38:18D'accord.
38:18Donc, vous êtes dans votre appartement,
38:20tranquille.
38:21Ça a été difficile, je suppose,
38:22cette période...
38:23C'est très dur.
38:24...avec trois enfants
38:25et la dépression.
38:26Comment est-ce que vous l'avez soignée,
38:28cette dépression ?
38:29Franchement, dans l'alcool.
38:32Dans l'alcool ?
38:33Dans l'alcool.
38:33C'était vraiment dans l'alcool.
38:35L'alcool et les sorties.
38:38Les sorties.
38:41Je voulais vraiment penser à rien.
38:43Rien du tout.
38:45Et non, c'était très dur.
38:47À ce moment-là, Ingrid,
38:49vous ne faites pas appel
38:50aux services sociaux ?
38:51Non.
38:52Vous ne demandez pas de l'aide ?
38:53Non.
38:53Vous avez peur de quoi ?
38:55Qu'on prenne mes enfants.
38:56Oui, c'est ça.
38:57Qu'on prenne mes enfants.
38:58Vous connaissiez, vous saviez.
38:59C'est ça.
39:03Est-ce que vous pensez
39:04que vous avez accepté
39:06toute cette violence
39:08parce que finalement,
39:09vous êtes née dans la violence ?
39:12Pour ma part, oui.
39:13Oui.
39:15Il y a des enfants qui naissent
39:17au fil de ces aventures amoureuses,
39:21de relations avec ces hommes
39:23tous violents.
39:24Oui.
39:24Ça veut dire que ces enfants,
39:25là, sont témoins
39:28de cette violence.
39:29Oui.
39:29Vous allez avoir en tout
39:31cinq enfants.
39:32Oui.
39:33Vous allez avoir
39:34un quatrième enfant
39:35avec un nouveau compagnon.
39:37Deux enfants
39:37avec le même compagnon.
39:38Deux enfants avec le même.
39:39Oui.
39:40Alors lui,
39:40est-ce qu'il est violent, lui ?
39:41Alors lui,
39:42il est violent
39:44avec les mots.
39:45Vous le rencontrez où ?
39:46Parce que, prenons...
39:47D'accord.
39:48Voilà.
39:48Vous le rencontrez où
39:49et ça se passe comment ?
39:50Alors, je le rencontre,
39:54il traînait souvent
39:55en bas de chez moi.
39:56Et donc,
39:57c'était de temps en temps,
39:58il m'aidait à porter
39:59les courses, voilà.
40:01Et donc,
40:02on a sympathisé
40:03et c'est comme ça
40:04que ça s'est fait.
40:05et pareil,
40:07tout gentil,
40:08beau parleur.
40:10Et pourtant,
40:11j'avais fait quand même
40:11quatre ans seule.
40:12Mais pendant ces quatre ans-là,
40:15je n'ai pas pris le temps
40:15de faire un travail sur moi.
40:17Je n'ai pas pris le temps...
40:19j'ai vraiment pris le temps
40:20de rien.
40:21En fait, moi, juste,
40:21je ne voulais pas d'hommes,
40:23je ne voulais pas entendre
40:23parler d'hommes
40:24et c'est tout.
40:25Et je ne m'occupais que
40:26de mes enfants,
40:27mais je n'ai pas pris le temps
40:28de travailler sur moi.
40:29Il y avait quoi ?
40:30Il y avait les antidépresseurs
40:31et l'alcool ?
40:33Même pas les antidépresseurs.
40:35Pas d'antidépresseurs ?
40:35Non.
40:36Que l'alcool ?
40:36Que l'alcool.
40:37Donc, pour en revenir,
40:39je disais que je l'ai rencontré
40:40donc en bas de chez moi.
40:41On a sympathisé.
40:43Et...
40:43Qu'est-ce qu'il faisait, lui ?
40:45Parce qu'il a traîné
40:45en bas de chez vous,
40:47à vous monter les courses.
40:49Pardonnez-moi,
40:49je ne veux pas tomber
40:50dans les clichetons,
40:50mais je me doute un peu
40:52de son boulot,
40:54de son activité.
40:55Oui.
40:56C'est ça ?
40:57C'était ça.
40:58D'accord.
40:59Et pourtant,
40:59j'avais juré
41:01que jamais,
41:03que jamais
41:04je ne pourrais être avec...
41:05Enfin, voilà.
41:06Et c'est arrivé.
41:08Bon, mais il était gentil,
41:09je suppose.
41:09Voilà,
41:10il était vraiment gentil
41:11au départ.
41:12Il était vraiment très gentil
41:14et donc lui,
41:16bon, je lui ai expliqué
41:16un peu ma vie,
41:18tout ce qui s'est passé,
41:19etc.
41:19Il m'a dit
41:20que je te comprends.
41:21J'ai une maman
41:22qui nous a élevés
41:23toutes seules
41:24et qui a connu
41:24la violence,
41:25etc.
41:26Donc, je me suis dit
41:26bon, peut-être
41:27qu'il peut me comprendre.
41:29Et au final,
41:31il était violent aussi.
41:33Violent aussi ?
41:34Il était violent aussi.
41:35Ça a commencé comment
41:35la violence avec lui ?
41:37Lui, quand il s'énervait,
41:38il tapait dans les murs.
41:39En fait,
41:40il tapait dans les murs
41:41et il secouait
41:42un peu partout
41:43et un jour,
41:44en fait,
41:44il m'a dit
41:45que quand il est énervé,
41:47il ne va pas forcément
41:48me toucher
41:49mais il faut
41:50qu'il se fasse mal.
41:51Il faut qu'il voit du sang,
41:53il faut qu'il se fasse mal,
41:54en fait.
41:55Et là,
41:55je me suis dit
41:56encore un fou.
41:57J'ai dit
41:58encore un fou.
42:00mais comme il m'avait dit ça,
42:01je me suis quand même dit
42:02qu'il ne va pas me toucher.
42:03C'est peut-être sa manière
42:04de se calmer,
42:05etc.
42:06Donc, je vais laisser.
42:08Sauf qu'après,
42:10c'était maintenant
42:12moralement,
42:13les insultes.
42:14Et les insultes,
42:15c'est devant les enfants.
42:16C'est regarde,
42:18tu as eu des enfants,
42:19les pères,
42:20ils ne sont pas là,
42:21etc.
42:22C'était vraiment
42:23me rabaisser
42:24et devant les enfants.
42:26Et ça a été
42:28beaucoup ça.
42:29Et pareil,
42:30tentative de suicide.
42:32Tentative de suicide
42:33quand vous êtes avec lui ?
42:34Oui.
42:35Médicaments.
42:37Médicaments.
42:38Vous aviez vraiment
42:39envie d'en finir ?
42:40Ah oui, oui.
42:41J'avais vraiment
42:42envie d'en finir.
42:43Mais vous ne trouviez pas
42:45d'autres issues
42:46qu'en finir ?
42:48À aucun moment,
42:49vous n'avez demandé
42:50de l'aide.
42:51C'était vraiment
42:52les enfants
42:52qu'on vous enlève,
42:54vos enfants,
42:54qui vous faisaient peur ?
42:55Qu'on m'enlève
42:56mes enfants
42:57et surtout
42:58qu'on me parle
42:59mal de moi
42:59parce qu'on me parlait
43:00déjà mal de moi
43:01dans le sens où
43:02j'ai eu un premier enfant
43:03à cet âge-là,
43:04j'ai eu des enfants
43:05avec des pères différents.
43:07Donc,
43:07je ne voulais pas
43:08qu'on vienne encore
43:08appuyer sur ça,
43:10en fait.
43:11C'était vraiment ça.
43:13Donc,
43:14cette tentative
43:14de suicide à nouveau
43:15avec des médicaments,
43:17vous vous ratez ?
43:19Oui.
43:20De peu ?
43:20Vous avez resté
43:22combien de temps
43:22avec cet homme
43:23après cette tentative
43:25de suicide ?
43:26Ça marque la fin
43:27ou vous allez continuer
43:28un peu avec lui ?
43:29Il fait 5 ans avec lui.
43:305 ans avec lui ?
43:315 ans.
43:31Et deux enfants ?
43:32Voilà.
43:335 ans et
43:34donc je suis restée
43:36là parce que
43:37bon,
43:38pareil,
43:39il m'a acceptée
43:40avec mes enfants
43:43et je me dis
43:44que lui,
43:45c'est vrai qu'il y a
43:46de la violence
43:46mais il ne me frappe
43:48pas trop.
43:49voilà.
43:50C'est toujours,
43:51vous savez,
43:52ça me sidère toujours
43:53lorsque j'entends
43:54une femme dire
43:55« il ne me frappe pas trop ».
43:57Ça me rappelle
43:58le jour où
43:59une femme m'avait dit
44:00« hier,
44:02il m'a traîné
44:03dans toute la maison
44:04par les cheveux »
44:05et je lui dis
44:06« vous n'avez pas pensé
44:08à un moment
44:09que vous pouviez mourir ? »
44:10Elle me dit
44:11« non, non,
44:11il ne m'a traîné
44:12que par les cheveux ».
44:13Et
44:15vous, c'est pareil.
44:16Oui, c'est ça.
44:17On s'habitue
44:18à la violence,
44:19on la banalise
44:20quand on a l'habitude
44:21de prendre des coups,
44:22on finit par se dire
44:24« bon,
44:25tant que je ne saigne pas,
44:26tant que je ne suis pas marqué,
44:28ça va ? »
44:29Non, c'est vraiment ça en plus.
44:30C'est vraiment ça.
44:32Et
44:32mon prêt,
44:33il faut savoir
44:33que dans les 5 ans,
44:35j'ai eu
44:36quand même
44:382 ans
44:39
44:40j'étais
44:41dans la relation
44:42mais
44:43j'étais déjà plus là.
44:44J'étais déjà plus là
44:46donc je faisais
44:46chambre à part avec lui,
44:48je faisais chambre à part avec lui,
44:49plus aucun rapport.
44:51Il faisait ce qu'il voulait,
44:53ce n'était pas mon souci.
44:54Moi, c'était que
44:55je m'occupais seulement
44:55des enfants.
44:56Donc, à un moment donné,
44:57je me suis posée un peu
44:59et j'ai laissé l'alcool
45:01et je me suis dit,
45:02enfin, je parlais toute seule
45:03et je me suis dit
45:04« mais pourquoi il m'arrive
45:05tout ça ? »
45:06Et pourquoi je suis encore
45:07en vie, en fait ?
45:08Pourquoi je suis encore en vie ?
45:09Pourquoi il m'arrive tout ça ?
45:10Pourquoi je suis encore en vie ?
45:12Et là,
45:14j'essaie de repartir
45:16dans mon enfance,
45:18je me refais
45:18le visionnage et tout.
45:22et j'en parle à une amie.
45:24Elle habita à Londres
45:25à l'époque,
45:25j'en parle à l'amie
45:26et elle me dit
45:27« tu sais,
45:28tu dois avoir,
45:29parle-en à une psychologue. »
45:31Et donc,
45:32je lui dis « mais non,
45:33pourquoi j'ai parlé
45:33à une psychologue ? »
45:34Et souvent,
45:35quand on dit psychologue,
45:36c'est pour les fous,
45:36etc.
45:37Donc,
45:38j'ai dit « non,
45:38non,
45:39je n'en ai pas besoin. »
45:39Elle me dit « si et tout,
45:40tiens son numéro. »
45:41Donc,
45:42je l'appelle
45:44et je parle
45:45et au bout de quelques secondes,
45:47la psychologue,
45:48elle me stoppe.
45:49Elle me dit
45:49« est-ce que vous avez connu
45:50votre père ? »
45:52Donc,
45:52je lui dis
45:53« non,
45:54je n'ai pas connu mon père. »
45:55C'est comme ça
45:56qu'elle a vu
45:57que ça venait,
45:57ça a commencé par là,
45:58en fait.
45:59Et elle m'a expliqué
46:00un peu le schéma
46:01de tout ce qui s'est passé
46:02avec ma mère,
46:03enfin voilà,
46:04et tout ce qui a été répétitif,
46:07etc.
46:07Comment je l'ai enregistré
46:09dès l'enfance
46:10et c'est là
46:11que j'ai commencé
46:12à prendre conscience
46:13de certaines choses.
46:14À comprendre
46:15votre fonctionnement.
46:16Voilà,
46:16c'est ça.
46:17Et je me suis dit
46:18« bon,
46:19moi aussi,
46:19j'ai un problème.
46:20Moi aussi,
46:20j'ai un problème
46:21et il faut vraiment
46:22que je règle
46:22ce problème-là. »
46:24Et en fait,
46:25dès qu'elle m'a parlé
46:27du problème,
46:28donc ça m'a ouvert
46:30plus les yeux
46:31et par contre,
46:32j'ai commencé
46:32à aller à l'église.
46:33J'ai commencé
46:34à aller à l'église,
46:35j'ai commencé
46:36à lire la Bible.
46:37J'ai demandé
46:37pardon à mes enfants
46:39et j'ai demandé
46:40pardon à mes enfants,
46:41pardon pour ce que
46:42je leur ai fait vivre
46:43parce qu'il faut savoir
46:44que j'ai ma grande-fille
46:46qui a 20 ans aujourd'hui
46:48et qui a vraiment
46:49fait le déclic
46:50pour que je quitte
46:51cet homme.
46:52En fait,
46:53c'est parce qu'il
46:54l'a violenté.
46:55Ce jour-là,
46:55j'étais absente
46:57et donc j'étais partie
46:58me coiffer,
46:59salon de coiffure
47:00et de là,
47:02il m'appelle,
47:03il me dit
47:03« ta fille,
47:04elle n'est pas rentrée,
47:04je ne sais pas
47:05où est-ce qu'elle est ».
47:06Et moi,
47:06je l'appelle,
47:07elle ne répond pas
47:08et ce qui se passe,
47:10c'est que je les rappelle,
47:12ils ne décrochent pas
47:13et là,
47:14c'est ma mère
47:14qui m'appelle,
47:15qui me dit
47:16« rentre vite,
47:17rentre vite,
47:18la petite est en sang ».
47:19Et j'ai dit
47:20« comment ça ? »
47:21et c'est là,
47:22elle me dit
47:22qu'il l'a frappée.
47:24Et sur le coup,
47:26ma réaction,
47:27je n'ai pas été
47:28comme ça,
47:29en fait.
47:30J'ai dit
47:31« oui,
47:31ok,
47:31je vais rentrer ».
47:32Je me suis dit
47:33« peut-être qu'ils ont
47:34maximisé la chose
47:36ou peut-être que voilà ».
47:37Donc,
47:37quand j'arrive,
47:39je vois ma fille
47:41gonflée,
47:42le nez gonflé,
47:43la bouche gonflée
47:44et déjà,
47:46avant d'arriver
47:46dans l'appartement,
47:48je rentre
47:48dans le hall,
47:49le couloir
47:50du bâtiment
47:51il y avait du sang
47:53sur les murs.
47:53Je me suis dit
47:54« non,
47:54ce n'est pas chez moi ».
47:56Donc,
47:56j'ouvre la porte,
47:57je vois qu'il y a
47:57encore du sang
47:58au niveau du sang
47:59et c'est là
48:00que je vois ma fille
48:02et ça m'a rappelé,
48:04moi,
48:04ça m'a ramenée
48:04en arrière,
48:05moi,
48:05quand j'étais petite
48:06et ça,
48:07en fait,
48:07ça a créé
48:08un trouble
48:09vraiment chez moi
48:10et en fait,
48:11au lieu que je réagisse
48:14en ma fille,
48:15en fait,
48:15sur le cou,
48:16j'ai dit
48:16« oui,
48:17mais tu n'avais pas
48:17qu'à faire ça ».
48:18Ça a été ma réaction
48:21et
48:22et en fait,
48:23c'est là
48:23qu'il y a eu
48:25un problème
48:25entre ma fille
48:26et moi.
48:26La réaction
48:26que j'ai eue,
48:28c'est la même réaction
48:29que ma mère,
48:29elle a eue avec moi
48:30quand il y a eu…
48:31Exactement.
48:32Voilà.
48:33Et je me suis assise
48:34et quand j'ai parlé
48:35à tous les enfants,
48:36donc pour en revenir
48:37là où j'étais,
48:39je lui ai demandé pardon
48:40parce que la réaction
48:41que j'avais eue,
48:42elle n'était pas…
48:43Mais je ne peux même
48:44pas expliquer
48:44pourquoi j'ai eu
48:45cette réaction,
48:45en fait.
48:46Et je lui ai demandé
48:47pardon,
48:48vraiment pardon aux enfants,
48:50pardonnez-moi
48:51et tout,
48:51pour tout ce que j'ai pu
48:53vous faire vivre
48:54et tout.
48:54Et aujourd'hui,
48:55je suis célibataire
48:56avec mes enfants,
48:57mais tout se passe bien.
48:59Tout se passe bien.
49:01Et vraiment,
49:03l'éducation
49:03qu'on donne
49:04à nos enfants,
49:05moi,
49:05ça m'a fait mal.
49:06j'ai eu beaucoup de regrets,
49:07mais bon,
49:08après,
49:09j'ai eu beaucoup de regrets
49:10parce que c'est une forme
49:12d'éducation,
49:13en fait.
49:14Ça fait partie
49:15de l'éducation
49:16et il faut vraiment
49:17faire attention
49:17aux personnes avec qui
49:19on se met,
49:20surtout même pour nous-mêmes,
49:22mais pour les enfants aussi.
49:23Il faut faire vraiment
49:24attention parce que
49:25c'est des traumas
49:28qui restent.
49:28Oui.
49:28Le jour où vous avez vu
49:30le visage tuméfié
49:32de votre fille
49:34et que vous avez
49:35fait comme votre mère,
49:37il y a sans doute
49:38eu là,
49:39comme on dit,
49:39la boucle,
49:40était bouclée
49:42et c'est en réfléchissant
49:43après
49:43que vous avez fini
49:45par vous dire
49:46mais là,
49:47ça ne peut plus
49:47continuer comme ça.
49:48Parce qu'en fait,
49:49aussi,
49:50ce jour-là,
49:50ma mère,
49:50elle défendait beaucoup
49:52ma fille.
49:53Oui.
49:53Donc,
49:54moi,
49:54j'ai eu ce réflexe
49:56d'être contre ma mère
49:57alors que tout allait bien
49:58maintenant avec ma mère.
49:59Mais,
50:00j'ai eu ce
50:02pour moi,
50:03j'essayais de me défendre
50:04de quelque chose
50:05parce qu'en fait,
50:05j'essayais de repartir
50:06dans mon passé
50:06quand j'étais petite.
50:08Elle ne m'a pas défendue
50:09et là,
50:10c'est ma fille,
50:11il y a eu ça,
50:12elle a défendu.
50:13Ça paraît,
50:16je ne vais pas dire bidon
50:17mais pour moi,
50:19ça,
50:19c'était...
50:22Est-ce que l'Église
50:23a joué un grand rôle
50:26dans votre retour
50:29à,
50:29je dirais,
50:30la lumière
50:31c'est-à-dire
50:32poser des mots
50:33sur vos problèmes,
50:36poser des mots
50:37sur vos manières
50:38de fonctionner,
50:39poser des mots aussi
50:40et les diagnostics
50:42sur votre manière
50:42de fonctionner.
50:44l'Église a joué un rôle
50:46important.
50:47Beaucoup parce que,
50:48beaucoup parce que,
50:49je me suis dit
50:50que si aujourd'hui,
50:53je suis encore là
50:54et malgré toutes les fois
50:56où j'ai fait des tentatives
50:59de suicide,
51:00je suis toujours en vie,
51:02c'est que Dieu ne voulait pas
51:04que je meurs
51:06et c'est vrai que je faisais
51:10des mauvais choix,
51:11etc.
51:12Mais je me suis rappelée
51:13du jour où j'ai sauté
51:14par la fenêtre
51:15et que je lui ai dit
51:16« Je ne veux pas mourir,
51:18s'il te plaît. »
51:19Et de là,
51:20je me suis vraiment dit
51:22qu'il m'a écoutée.
51:24Donc,
51:24si aujourd'hui,
51:25je suis encore là,
51:26c'est qu'il y a encore
51:28de l'espoir.
51:30Est-ce que vos enfants,
51:32aujourd'hui,
51:33vont bien ?
51:34Oui.
51:34Oui.
51:35Donc,
51:36en fait,
51:36je suis un peu la psychologue
51:38de la maison,
51:39on va dire.
51:41C'est miraculeux.
51:42Oui,
51:42je suis un peu la psychologue
51:43de la maison,
51:44donc je cherche toujours
51:44à savoir quand ça ne va pas.
51:46Et bon,
51:47après,
51:47je les connais quand même,
51:49donc je sais
51:49quand ça ne va pas.
51:50Et je fais des activités
51:52souvent où
51:53toujours parler du cœur,
51:54toujours parler du cœur.
51:55Donc,
51:55je leur fais prendre une feuille,
51:56je leur dis
51:57« Allez,
51:57aujourd'hui,
51:58vous allez me dessiner
51:58votre cœur,
52:00vous allez me mettre
52:00tout ce qui ne va pas.
52:02S'il y a un côté sombre,
52:03s'il y a un côté soleil,
52:05vous mettez tout. »
52:06Et après,
52:06je leur demande
52:07de m'expliquer
52:07qu'est-ce qui ne va pas,
52:08pourquoi,
52:09etc.
52:10Ingrid l'a miraculée
52:11de retour de l'enfer
52:12parce que
52:13ça fait une heure
52:14que je vous écoute
52:15et j'ai l'impression
52:16d'avoir écouté
52:17pratiquement
52:1855 minutes
52:19d'un enfer
52:20dans lequel
52:22vous auriez pu
52:23mourir
52:24à plusieurs reprises.
52:26À plusieurs reprises, oui.
52:27Alors, oui,
52:28peut-être Dieu
52:28n'a pas voulu
52:30que vous mouriez.
52:31Dieu a peut-être
52:32une mission
52:33pour vous ?
52:35À ce sujet-là,
52:37ce que j'ai trouvé bizarre,
52:39c'est qu'à chaque fois
52:40que j'encontre
52:41une personne
52:43dans la rue,
52:44au supermarché,
52:45même une femme,
52:47et je suis très sociable
52:49de base
52:49et je vais parler
52:52avec cette dame-là
52:53et elle va commencer
52:54à me parler
52:54de ses problèmes.
52:56Et à chaque fois,
52:57c'est comme ça.
52:57Et tout le temps,
52:58je tombe sur des femmes
52:59qui vont me raconter
53:00leur vécu
53:01et quand je regarde,
53:02c'est la même chose,
53:04c'est le même parcours,
53:05etc.
53:06Et c'est de là,
53:07en fait,
53:07que j'ai créé
53:09l'association.
53:10Shining Woman.
53:11Shining Woman.
53:11Tout ça aussi,
53:12parce qu'aujourd'hui,
53:13vous n'êtes plus
53:14cette même femme,
53:15Ingrid.
53:16Aujourd'hui,
53:17vous avez confiance en vous ?
53:18Oui.
53:19Déjà beaucoup plus.
53:20Beaucoup plus.
53:22Vous n'avez pas recroisé
53:24l'un des loulous, là ?
53:25Ah non,
53:26j'ai quitté,
53:27je suis venue m'installer,
53:29je ne dirai pas où.
53:30Non, surtout pas.
53:32Et les enfants,
53:33en tout cas,
53:34ils n'ont pas de droit
53:35sur les enfants,
53:35ça va ?
53:37Ils ont reconnu,
53:38mais ils ne font rien.
53:40Ils font rien du tout.
53:41Comme quoi,
53:41vous êtes vraiment tombés
53:42sur des loups
53:44qui ne pensaient qu'à eux.
53:46Oui,
53:46non, c'est vrai.
53:47Shining Woman,
53:48c'est votre association.
53:51Merci d'être passés
53:52nous voir aujourd'hui.
53:53Et bravo
53:55pour tout ça,
53:56parce que,
53:57l'air de rien,
53:57vous avez un sourire éclatant
54:00quand vous racontez l'horreur.
54:02Mais c'est bien l'horreur
54:04que vous avez traversée.
54:05Et en être revenu,
54:08oui,
54:08c'est miraculeux.
54:10Et moi,
54:11je suis persuadé
54:11que vous avez un rôle
54:12à jouer aujourd'hui.
54:13Que votre mission,
54:14au-delà de celle
54:15que vous avez
54:17auprès de vos enfants,
54:19enfin d'une maman
54:20équilibrée,
54:22qui prie,
54:23qui aide les autres,
54:25votre mission,
54:27elle est peut-être,
54:28elle débute peut-être.
54:29Vous viendrez me raconter ?
54:31Oui,
54:31il n'y a pas de problème.
54:32L'évolution de tout ça ?
54:33Il n'y a pas de problème.
54:33Merci beaucoup Ingrid.
54:34De rien,
54:35merci beaucoup à vous.
54:35Je vous en prie.
54:36Merci à vous de nous avoir suivis.
54:38Si vous avez envie
54:39de commenter cette vidéo,
54:41bien évidemment,
54:42vous pouvez le faire.
54:43Nous lirons vos commentaires
54:44avec le plus grand intérêt.
54:47Abonnez-vous à cette chaîne.
54:48Parlez de cette chaîne
54:50aux uns,
54:51aux autres.
54:52Et puis,
54:52en attendant,
54:53prenez soin de vous.
54:54Comme Ingrid prend soin d'elle
54:56et des siens aujourd'hui.
54:57Et puis,
54:58aimez-vous les uns les autres.
54:59et à bientôt.
55:00Salut !
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