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  • il y a 1 jour
🎙️ Dans le monde d’Olivier – Épisode 6 : Jean-Marc Ponchet, le combat d'un père pour sa fille.
Pour ce nouvel épisode de Dans le monde d’Olivier, je reçois Jean-Marc Ponchet, dont la vie a été bouleversée par l'accident de jet-ski de sa fille.
Leurs vacances en Guadeloupe ont viré à l'enfer quand deux jeunes en jet-ski ont foncé sur celui de sa fille, la plongeant dans le coma. Ce papa a ainsi dû traverser le pire et se battre, souvent dans l'indifférence générale : aussi bien vis-à-vis du monde hospitalier que vis-à-vis de l'accident en lui-même qui a fait resurgir d'importants manquements de sécurité.
Si le pronostic vital de sa fille était engagé, elle s'est aussi battue jusqu'au bout et est sortie du coma. Aujourd'hui invalide à 80%, elle progresse chaque jour et fait la fierté de son entourage, à commencer par son père.
✨ Un échange intense où l'amour et la résilience sont au cœur de tout.
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Crédits
Productrice exécutive : Sara Foucaut
Rédactrice en chef : Hélène Corbie
Chargée Editoriale : Laëtitia Carneiro Gomes
Chargée de production : Julia Sanchez
Réalisation : Samuel Robbe
Assistant caméra et cadreur : Studio Bens
Montage : Kateryna Mishyna
Cheffe monteuse : Clémentine Wilmet
Production : Propulse by Reworld Media
Maquillage : Cassandre by Noob Agency
Edito et Post prod : Olivier Delacroix, Hélène Corbie, Cécilia Hopital, Manon Tettart, Baptiste Briois
Merci à Jean-Marc pour son témoignage.

Catégorie

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News
Transcription
00:00:00Je vois le jet-ski qui arrive à toute blinde et qui fonce complètement sur chat, qui est propulsé, explose
00:00:05en l'air.
00:00:06Je sors sa tête de l'eau, pour moi elle est... je comprends rien en fait, pour moi elle est
00:00:11morte.
00:00:11Tout ce que j'avais connu et ce que j'espérais connaître, tout va s'arrêter.
00:00:16L'une des choses qui me choque le plus dans toute notre histoire, c'est l'indifférence totale, mais pire
00:00:19que l'indifférence.
00:00:20On aimerait qu'elle se remette comme dans les films, en disant mais ça y est, elle va se réveiller,
00:00:23non, ça marche pas comme ça.
00:00:25Il me disait non, non, mais de toute façon là c'est très grave, c'est terminé.
00:00:27Bonjour à toutes et à tous, je suis ravi de vous accueillir encore une fois aujourd'hui dans Le Monde
00:00:33d'Olivier.
00:00:34Vous êtes de plus en plus nombreux à arriver, à vous inscrire sur cette chaîne, alors merci.
00:00:40Je reçois aujourd'hui un père, un ami aussi, parce que par la force des choses nous sommes devenus amis
00:00:47à force d'échanger.
00:00:49Il nous vient tout droit de Bordeaux, il s'appelle Jean-Marc.
00:00:53Bonjour Olivier.
00:00:53Merci d'être là Jean-Marc.
00:00:55Vous allez nous parler de votre fille Jade, mais on ne va pas parler tout de suite de ce qui
00:01:02nous réunit aujourd'hui.
00:01:04On va commencer vraiment le récit pour que celles et ceux qui nous regardent aujourd'hui comprennent que la vie
00:01:13peut être merveilleuse, belle,
00:01:16qu'on peut être sur des rails, partie pour un bonheur irrésistible et puis en une fraction de seconde, la
00:01:29vie peut basculer.
00:01:30Vous étiez parti Jean-Marc, donc votre compagne, votre fille, tous les trois en août 2022 pour des vacances bien
00:01:40méritées en Guadeloupe.
00:01:42Exactement.
00:01:42Alors ça fait combien de temps que vous êtes en Guadeloupe jusqu'au 5 août ? Là vous êtes arrivé
00:01:48depuis combien de temps ?
00:01:49Là on a entamé le troisième jour seulement.
00:01:51Troisième jour ?
00:01:51Troisième jour sur un périple qui devait durer pour Jade une dizaine de jours et pour m'accompagner moi plutôt
00:01:5615 jours.
00:01:57D'accord.
00:01:58Donc ça arrivait très tôt dans le séjour, donc ça ne change rien à la douleur, mais ça arrivait très
00:02:03rapidement.
00:02:03Et puis surtout c'est arrivé avant que Jade reparte en France, avant de partir pour faire ses études à
00:02:08Hong Kong.
00:02:09Justement, parce qu'avant que tu nous racontes, on va parler de Jade.
00:02:15La jeune fille qu'elle est, elle a quel âge au moment des faits ?
00:02:1820 ans.
00:02:19Elle a 20 ans.
00:02:21Et cette petite, je dis cette petite parce que dans le sud-ouest on dit c'est petite.
00:02:26Inde, quand on parle de nos filles, parce qu'elle n'est pas très loin de la mienne, Jade, elle
00:02:31a un avenir super brillant qui s'offre à elle.
00:02:34Tous les voyants sont au vert, c'est-à-dire qu'elle venait de faire sa première année d'école
00:02:38supérieure de commerce.
00:02:40Donc école qu'elle avait eue après avoir fait les classes prépa pendant le Covid, ce qui n'était pas
00:02:44évident.
00:02:44Avant les classes prépa, elle avait fait deux fois les championnats du monde de danse de hip-hop aux Etats
00:02:48-Unis.
00:02:49Ça se passait très bien.
00:02:50Elle est très douée, oui.
00:02:51Elle a été championne de France en équipe.
00:02:53En classe prépa, pour se détendre, elle faisait DJ, elle jouait du piano.
00:02:58Et ensuite à l'école super de commerce, elle a fait du cheerleading.
00:03:02Alors ce n'est pas du tout ce qu'on pense, c'est-à-dire que ce n'est pas
00:03:04juste agiter les bras avec des pompons.
00:03:05C'est des cascades, ce qu'on appelle des stunts.
00:03:07Donc elle faisait des cascades, elle était projetée en l'air, elle faisait des sauts périlleux.
00:03:10Elle avait gagné les championnats de France par école avec son équipe.
00:03:15Donc tout était ouvert, je dirais, la partie étude, la partie amie, la partie vie.
00:03:20Et puis là, elle croquait la vie à plein dedans, puisque là, elle était libérée, je dirais, de la pression
00:03:24qu'elle avait avant pour profiter de son école de commerce.
00:03:27Elle vivait la vie vraiment, elle la brûlait par les deux bouts.
00:03:29Elle était tout le temps en déplacement, tout le temps entourée.
00:03:31C'est quelqu'un qui a toujours été très sociable, qui a énormément d'amis à Bordeaux.
00:03:36D'ailleurs, plusieurs fois, je me suis fait arrêter dans la rue en disant, tiens, ma fille, mon fille, mon
00:03:40neveu, connaît votre fille.
00:03:43Elle a beaucoup, beaucoup d'amis à Bordeaux.
00:03:45Et honnêtement, on peut dire qu'en ce qui la concerne, et d'ailleurs, je lui ai demandé, la plus
00:03:49belle année de sa vie, c'était 2022.
00:03:51C'est la plus belle aussi année que je prendrais pour dire que c'est la plus belle année de
00:03:54ma vie.
00:03:54C'est la même année que l'accident, ça n'a pas de sens, mais c'est là.
00:03:57Oui, parce qu'en plus de toute cette énergie de vie, toute cette lumière, parce que Jade, elle est solaire,
00:04:10elle est jolie comme tout, Jade.
00:04:12Donc, elle avait tout pour elle.
00:04:13Alors, elle a tout pour elle, parce qu'il faut continuer à être positif.
00:04:17Et je te l'ai toujours dit, il y a l'espoir, toujours garder l'espoir.
00:04:21Mais au moment où vous partez en vacances, avec ta compagne de l'époque, que je connaissais d'ailleurs, parce
00:04:27que c'est elle qui nous avait présenté.
00:04:29On peut dire que vous étiez dans un bonheur constant.
00:04:36Total.
00:04:37C'est-à-dire qu'on avait, de mon point de vue en tout cas, recréé une famille.
00:04:41Les relations étaient très fluides.
00:04:43On n'avait que des beaux projets.
00:04:44C'est-à-dire qu'au niveau, je dirais, activité professionnelle, ça fonctionnait bien.
00:04:47Mais on avait des projets aussi vers l'Afrique, des choses qui se dessinaient.
00:04:50Mais Jade avait des projets vers l'Asie et puis des projets dans tout ce qui est domaine du développement
00:04:56durable, qui étaient positifs.
00:04:57On était entouré de positifs.
00:05:00Tout se passait, encore une fois, je répète le mot, mais fluide.
00:05:02Il n'y avait pas d'accro, il n'y avait plus de friction.
00:05:04Tout s'était éclairci.
00:05:05J'étais aussi à un âge où il y avait beaucoup de choses sur lesquelles j'avais des idées beaucoup
00:05:08plus claires, beaucoup plus sages aussi, avec, je dirais, du recul.
00:05:11Et beaucoup moins d'envie de choses, je dirais, superficielles ou inutiles.
00:05:15Donc, une certaine sérénité aussi à ce moment-là.
00:05:17Et un bel équilibre de vie, c'est-à-dire des relations très saines avec ma compagne, avec ma fille,
00:05:21entre elles.
00:05:22Donc, honnêtement, ce que j'ai cherché toute ma vie, en fait.
00:05:23Il y avait beaucoup d'amour à ce moment-là dans ta vie.
00:05:26Beaucoup, beaucoup d'amour.
00:05:27Et une, comme tu l'as dit, une famille recomposée, mais qui était en train de vraiment se consolider.
00:05:35Voilà, exactement.
00:05:36En train de se consolider.
00:05:37Donc, ses vacances en Guadeloupe, parce que je ne connais pas la Guadeloupe, je ne connais que la Martinique, mais
00:05:41je sais que c'est magnifique.
00:05:44Bon, les trois premiers jours, vous kiffiez.
00:05:46C'était magnifique.
00:05:47Les trois premiers jours, c'était magnifique.
00:05:49On parlait sans arrêt de son prochain déplacement.
00:05:51On était, je dirais, dans l'eau tous les deux.
00:05:53On discutait beaucoup avec ma fille de ce qu'elle allait faire à Hong Kong, etc.
00:05:56On avait plein de choses à célébrer à la fin de sa première année, le départ et tout.
00:06:01Non, tout était, quoi, il n'y avait aucune ombre au tableau.
00:06:04Et puis, ce moment-là, je suppose que parce que le départ à Hong Kong s'est quand même laissé
00:06:07partir sa petite.
00:06:09Pour toi, ça devait te tirailler un peu.
00:06:12Exactement.
00:06:13Ça me tiraillait.
00:06:14Ça me tiraillait de ne pas être en France au moment où elle allait partir, parce que j'ai toujours
00:06:17été quand même proche.
00:06:19Ça me faisait bizarre parce que pour moi, c'était vraiment le moment où elle allait ouvrir ses ailes, développer
00:06:25ses ailes.
00:06:25Parce qu'autant la première année, elle a passé à Reims, ça c'est bien, mais partir de France, aller
00:06:29à l'étranger.
00:06:30Pour les études, c'était encore autre chose.
00:06:31Et pour moi, c'était le début de la liberté.
00:06:32Et honnêtement, ce qui est spécial, je dirais, c'est que le jour où elle est née, je m'étais
00:06:37donné comme mission de l'accompagner jusqu'à ce moment-là.
00:06:39En fait, c'était quasiment écrit.
00:06:40C'est-à-dire jusqu'au moment où elle soit indépendante et qu'elle aille à l'étranger.
00:06:44Au moment où elle est née, c'était le vœu que j'ai formé.
00:06:46Être à ses côtés pour qu'elle puisse, je dirais, s'envoler par ses propres ailes.
00:06:50Et donc, pour moi, c'était très fort émotionnellement.
00:06:52Elle allait faire ses premiers pas de jeune fille, de jeune femme.
00:06:57C'était le début d'une nouvelle construction.
00:07:00En tout cas, toutes les fondations auxquelles tu avais contribué.
00:07:03Parce qu'on est des papas.
00:07:05En tout cas, je sais qu'on se ressemble à ce niveau-là.
00:07:07On a toujours été des papas très attentifs à ce que nos enfants poussent de la meilleure manière qu'ils
00:07:14soient.
00:07:14Et ils soient de jeunes femmes solides.
00:07:17Et puis, on sait qu'à un moment, elles vont s'envoler.
00:07:20Et là, il était temps.
00:07:22On est le 5 août 2022, sur cette plage de Guadeloupe.
00:07:29Alors, on va être assez précis parce que c'est important de préciser les lieux, les noms.
00:07:33C'est important parce qu'il faut que, dans la mémoire collective, tout le monde connaisse l'histoire, cette histoire.
00:07:40Parce qu'il faut que justice se fasse aussi.
00:07:41Et pour Jade, et pour toi, il est quelle heure, ce jour-là ?
00:07:44Alors, il est… De toute façon, c'était le SMS qui est resté sur son téléphone pendant les mois où
00:07:49il était dans le commun.
00:07:49Il était 16h30.
00:07:50Donc, c'est le message que j'avais fait à Jade en disant « Jet ski à 16h30 ».
00:07:54Et donc, on prend… Je pense qu'on est à l'eau vers 16h40.
00:07:58Et l'accident, il est vraisemblablement entre 16h45 et 16h50 pour être le plus précis possible.
00:08:02Sur la plage de Port Louis.
00:08:03Raconte-moi comment ça se passe, étape par étape.
00:08:06Alors, on arrive sur la plage de Port Louis qui s'appelle Le Souffleur, en Guadeloupe.
00:08:12Donc, on arrive pour déjeuner.
00:08:14Ça se passe très, très bien.
00:08:16Il y a une sorte de… Comme un barbecue, on paye ses plats.
00:08:19Mais c'est très… Comment dire ?
00:08:21C'est très vivant, c'est très énergétique.
00:08:22C'est… Comment dire ? La bonne franquette, mais avec des produits de qualité.
00:08:25On passe un bon moment sur une table, etc.
00:08:27Et puis, vraiment, tout se passe pour le mieux.
00:08:29On adore la plage.
00:08:29On adore l'ambiance.
00:08:30Il y a des arbres à côté de la plage.
00:08:33Et puis, donc, je décide de proposer cette sortie de jet ski à Jade et à ma compagne.
00:08:37Non, ma compagne refuse.
00:08:38Et puis, donc, je vais inscrire ma fille et moi.
00:08:41Et là, il y a quelque chose sur lequel je n'ai pas du tout percuté au début.
00:08:44C'est qu'on paye la sortie en liquide.
00:08:47Et puis, on ne nous donne pas.
00:08:48J'avais déjà fait du jet ski, mais j'avais complètement oublié qu'il fallait signer un contrat.
00:08:51Mais on ne nous donne pas ce fameux contrat.
00:08:53Oui, toujours.
00:08:54Nous, on ne donne pas de contrat.
00:08:55On ne nous propose pas de prendre d'assurance ou autre.
00:08:57On nous dit rien.
00:08:57On paye juste.
00:08:58Et c'est tout.
00:08:59Donc, ça, c'est quand même assez étonnant dans la démarche.
00:09:02Parce qu'en principe, on est tenu.
00:09:03Ils sont tenus de faire signer un contrat.
00:09:04C'est très curieux parce que moi, j'ai fait du jet ski et en Thaïlande et en Indonésie et
00:09:10au Japon.
00:09:11Et à chaque fois, d'abord, je devais lire des consignes de sécurité et puis ensuite signer un contrat d
00:09:19'assurance.
00:09:20Et puis, alors, ça variait aussi.
00:09:22Le prix variait selon…
00:09:23Tu contractes ou pas ?
00:09:25Voilà.
00:09:25Si tu contractes une assurance en plus, selon s'il y a quelque chose de bon.
00:09:29Là, rien.
00:09:30Absolument rien.
00:09:32Et donc, le moment arrive pour faire la sortie.
00:09:34Et à ce moment-là, la gérante de la base de loisirs crie au moniteur qui venait de terminer, je
00:09:40crois, une sortie en boue et tractée.
00:09:42Elle dit « Dépêche-toi, on est à la bourre. »
00:09:44Donc, nous, on arrive sur la plage.
00:09:47Et puis là, on nous installe le jet ski et le brief sécurité.
00:09:50Et c'est important de revenir sur le fait qu'elle a dit « Dépêche-toi, on est à la
00:09:53bourre. »
00:09:53Dure, de mon point de vue, en perception, c'est difficile à qualifier, mais maximum une minute, une minute et
00:09:59demie.
00:09:59En gros, il nous explique comment on démarre, comment le jet ski s'arrête si on arrache le fil qui
00:10:09te relie au moteur
00:10:11et qui coupe le moteur du jet ski si tu tombes.
00:10:13Exactement.
00:10:14Et il nous explique qu'on va devoir, pendant 300 mètres, avancer à faible allure.
00:10:18Mais ça, ça prend une minute et demie.
00:10:20Aucune consigne de sécurité réelle, aucune consigne sur comment on doit s'arrêter par rapport à lui.
00:10:25Ce n'est pas évident.
00:10:27Quand on est sur la mer, on s'arrête où par rapport à lui ?
00:10:29Est-ce qu'on s'arrête vers lui ? Est-ce qu'on s'arrête à une distance de sécurité
00:10:31?
00:10:31Pas de consigne de distance de sécurité.
00:10:34Et tout va très vite, en fait.
00:10:35Et il demande si on a déjà fait du jet ski, ce qui était le cas déjà des mois, mais
00:10:38en loisir.
00:10:41Exactement comme le format de la sortie.
00:10:43Et les deux jeunes qui sont à côté, donc c'est le quatrième jet ski, il y a le jet
00:10:45ski du moniteur.
00:10:46Moi, je suis derrière le moniteur.
00:10:49Ma fille est derrière moi.
00:10:50Et derrière ma fille, il y a deux jeunes qui sont sur le même jet ski et qui ont décidé
00:10:53de faire une sortie.
00:10:54Et eux, ils disent que c'est la première fois.
00:10:56Mais ça n'a pas amené plus de consigne que ça ou plus de focus que ça.
00:11:00Avec le recul, forcément, on refait 20 000 fois l'histoire.
00:11:03Mais peut-être qu'il aurait pu les prendre plus près de lui puisqu'ils étaient débutants.
00:11:07Plutôt que de les laisser à l'arrière.
00:11:10Mais si je résume, il y a le moniteur qui est sur son jet ski, toi qui es sur le
00:11:15tien, Jade qui est sur le sien.
00:11:17Et ces deux jeunes qui sont à deux sur un jet ski.
00:11:21Exactement, deux jeunes qui ont entre 20 et 25 ans.
00:11:24Donc, on commence la sortie à très faible allure.
00:11:26Et puis là, au bout d'une minute même pas, il s'arrête et nous demande de s'approcher de
00:11:31lui.
00:11:32Mais il fait un rappel à l'ordre de jeunes qui allaient plus vite que prévu sur la zone des
00:11:36300 mètres.
00:11:37En leur disant qu'ils allaient trop vite.
00:11:38Et il a hésité, mais il ne les a pas exclus de la sortie.
00:11:42Si on prend l'exemple des États-Unis, ça aurait été rédhibitoire.
00:11:44Déjà, il n'y aurait pas d'histoire.
00:11:46Puisqu'ils n'ont pas suivi les consignes sur la sortie.
00:11:48Donc, il les maintient dans la sortie et puis il part.
00:11:51Il dit maintenant, allez-y, vous pouvez mettre les gaz.
00:11:53Il part à fond.
00:11:54Il nous dit de le suivre.
00:11:55Honnêtement, moi, je ne vois pas forcément le mal à ce moment-là.
00:11:58Je me dis bon, mais OK, on le suit.
00:12:00Ça va vite.
00:12:01Ça va vite.
00:12:02Ça va vite.
00:12:05Et puis, c'est lourd.
00:12:06Quel est l'état de la mer ce jour-là ?
00:12:08C'est plat ?
00:12:09Totalement plat.
00:12:10D'accord.
00:12:10C'est vraiment aucun nuage, aucune pluie, aucun vent, rien.
00:12:14C'est totalement plat avec une visibilité.
00:12:16C'est une bonne question.
00:12:16Une visibilité qui est très, très forte.
00:12:18Il s'arrête.
00:12:18Donc, moi, j'étais derrière lui, je ne sais pas, une cinquantaine de mètres, un peu plus.
00:12:22Je m'arrête assez loin de lui.
00:12:23Et puis, ma fille arrive et je me retourne.
00:12:26Donc, en fait, elle est dans mon dos et elle est sur le scooter.
00:12:30Donc, elle a parallèle par rapport au rivage, si on imagine.
00:12:33Et j'ai à peine le temps de lui dire, c'est super, on va passer un bon moment.
00:12:37Je peux l'écrire comme ça.
00:12:38C'est comme dans un film quand on voit des accidents.
00:12:39C'est, je vois le jet-ski qui arrive à toute blinde avec les deux jeunes en dessus.
00:12:45Mais vraiment, c'est comme si ça passait de l'écran et qu'il fonce complètement sur Jade, qui est
00:12:49propulsé, explose en l'air à plusieurs mètres de haut.
00:12:53Et moi, je regarde ça médusé, je suis complètement sidéré.
00:12:58Jade est propulsé ?
00:12:59Complètement propulsé.
00:13:00C'est-à-dire qu'elle fait quasiment un tour sur elle-même, à la perpendiculaire.
00:13:04Elle tombe à une dizaine ou plus de mètres par rapport à son jet-ski.
00:13:07J'ai encore le bruit en tête.
00:13:08Et puis là, c'est la sidération totale.
00:13:10Et les deux jeunes sortent la tête de l'eau et je ne la vois pas.
00:13:14Donc, j'aperçois une masse flottante.
00:13:17Je plonge et je récupère ma fille dans le coma complet.
00:13:22À un moment, je crois qu'elle était morte.
00:13:24D'accord, vous aviez des gilets de sauvetage.
00:13:26On avait des gilets de sauvetage.
00:13:27Bonne remarque aussi, c'est qu'en fait, les gilets de sauvetage, on les a mis nous-mêmes.
00:13:30Alors que ce qui se pratique, je ne sais pas si on peut parler de procédure,
00:13:33mais ce qui se pratique, c'est que souvent, les gens, les moniteurs mettent et ajustent le gilet de sauvetage
00:13:38pour deux choses.
00:13:39Pour s'assurer que c'est bien mis, mais aussi pour, je dirais, voir s'il y a une haleine
00:13:42un petit peu qui sent l'alcool ou pas.
00:13:43Ce qu'il n'a pas fait.
00:13:44Chacun a mis le gilet tout seul, de façon autonome.
00:13:47Donc, on n'a pas eu ce petit geste en plus.
00:13:49Mais ceci dit, ça n'a rien changé parce que je peux l'évoquer maintenant.
00:13:52Que ce soit la gérante ou le moniteur, ils savaient que les deux jeunes avaient bu.
00:13:56Mais ça, je l'ai appris quasiment deux ans après.
00:13:58D'accord.
00:13:59Voilà, donc au début, je ne le sais pas, mais ils le savaient.
00:14:01Ils étaient tout à fait conscients qu'ils avaient bu.
00:14:04De toute façon, on va raconter exactement ce qui s'est passé ce jour-là et ensuite, bien évidemment, tout
00:14:11le reste.
00:14:12Mais nous sommes là aussi pour évoquer toutes les règles qui n'ont pas été respectées ce jour-là,
00:14:18qui aujourd'hui doivent l'être parce que nous sommes en Guadeloupe et nous sommes en territoire français,
00:14:23donc sous le coup de la loi maritime française.
00:14:28Et puis, bien évidemment, on évoquera le combat qui est le tien aujourd'hui d'essayer, comme M. Alineau,
00:14:33de légiférer pour que ce type d'abrutis, parce qu'on ne peut pas les appeler autrement,
00:14:41ne puissent plus prendre ce type d'engins qui sont des engins de la mort,
00:14:44qui peuvent faire beaucoup de dégâts, ainsi que des bateaux.
00:14:48Enfin, en tout cas, légiférer le maritime.
00:14:50Aujourd'hui, comment légifère ?
00:14:51Le routier.
00:14:52Le routier.
00:14:53Mais là, donc, tu récupères Jade, qui a perdu connaissance.
00:14:56Oui, je sors sa tête de l'eau.
00:14:58Pour moi, elle est...
00:15:01Je ne comprends rien, en fait.
00:15:03Pour moi, elle est morte.
00:15:04Parce que la puissance du choc, il faut réaliser que le jet ski allait entre 50 et 60 km heure
00:15:09à toute blinde, avec le poids, il est passé sur le corps de Jade.
00:15:12Il est remonté comme ça.
00:15:14D'accord.
00:15:14Son disque était à prix jade.
00:15:15Envers perpendiculaire, oui, de côté.
00:15:17Donc, totalement inanimé.
00:15:20Je l'amène vers le moniteur, on la hisse sur son scooter.
00:15:22Et moi, je hurle comme un fou.
00:15:23Je hurle à la mort, en fait.
00:15:25Pour moi, c'est le drame absolu.
00:15:28Aller sur le rivage.
00:15:29Et puis, moi, je suis seul, quelques mètres derrière, en train de pleurer.
00:15:33Et de, comment dire, dans un état second.
00:15:36C'est impossible à décrire, parce que c'est ce que tu as dit au début, c'est que tout
00:15:39change, mais on est, comment dire, un rideau se déchire dans un temps où il n'y a rien
00:15:44de logique, en fait.
00:15:45On ne sait même pas pourquoi on est là.
00:15:46On ne sait même pas pourquoi ma fille était tendue par terre.
00:15:48C'est cauchemar.
00:15:50On avait un plan prévu, forcément, pour la soirée, et même pas le jour d'après.
00:15:53C'est imprévisible.
00:15:54Et puis, surtout, c'est d'une violence.
00:15:56Et ce qui est terrible, c'est qu'au moment du choc, moi, j'ai senti toute ma poitrine
00:16:00qui s'envolait.
00:16:02C'est-à-dire que j'ai ressenti pendant plusieurs semaines une sorte de trou au niveau de la poitrine.
00:16:06Il y en a qui disent que c'est parce que j'ai voulu, au point de vue, je dirais,
00:16:09métaphorique,
00:16:09me jeter pour aider Jad.
00:16:11Mais ce qui est sûr, c'est que je sens que la vie ne sera plus jamais pareille.
00:16:16Je sens que...
00:16:17Tu sens que c'est grave, Jean-Marc ?
00:16:19Là, je sens que c'est grave et que tout ce que j'avais connu et ce que j'espérais
00:16:24connaître,
00:16:25tout va s'arrêter.
00:16:28Et que ça va être l'enfer total.
00:16:32Parce que, bon, ce n'est pas forcément original, mais il aurait pu m'arriver n'importe quoi à moi,
00:16:38à la limite, j'ai vécu une belle vie, jusque-là, il n'y a pas de souci.
00:16:42Mais le pire qui pouvait m'arriver, en plus, c'est très...
00:16:45J'avais toujours visualisé le fait de l'accompagner jusqu'au moment où le voyage,
00:16:48mais j'avais aussi une peur, comme tous les parents.
00:16:52Et je vais prendre l'image, c'était France Gall qui a perdu sa fille.
00:16:54Et cette histoire m'a tellement marqué que je me disais...
00:16:56Parce que France Gall, elle a un recul qui...
00:16:59Moi, je ne l'ai pas du tout, qui disait qu'elle a eu la chance de voir sa fille
00:17:02pendant 20 ans.
00:17:02Mais cet âge-là, précisément, c'est ça qui, dans l'histoire, est perturbant.
00:17:07C'est cet âge-là, cette histoire-là, elle était gravée en moi.
00:17:10C'est que c'était ma peur la plus forte, mais consciente.
00:17:14Ce n'était pas quelque chose qui est...
00:17:15Et les histoires d'étudiants qui perdent la vie quand ils existent en dramatique,
00:17:20alors qu'ils sont au démarrage de leur vie, c'est comme tu as dit, de leur vie d'azulte.
00:17:24Et le drame est arrivé là, donc je suis...
00:17:26Voilà, il pouvait, de mon point de vue, rien n'arriver de pire,
00:17:29rien n'arriver de plus...
00:17:32de plus destructeur.
00:17:33De toute façon, lorsqu'on est père,
00:17:38que l'on soit avec un bébé, notre bébé dans les bras,
00:17:42ou que notre enfant ait 20 ans,
00:17:45à partir du moment où on est père,
00:17:47on a le cœur prêt à exploser pour son enfant.
00:17:50C'est totalement ça.
00:17:51Donc je me suis toujours mis à ta place
00:17:54lorsque tu m'as raconté toute ton histoire.
00:17:57Et je suppose que oui, que ça devait être cauchemardesque
00:18:02au point de te dire, je vais me réveiller.
00:18:04Oui, comme on revient en arrière, c'est ce qu'on se dit.
00:18:06Comment on refait machine arrière ?
00:18:09Parce que lorsque le choc a lieu,
00:18:12en plus, vous êtes à combien de mètres de la côte ?
00:18:15C'est ça, tout l'enjeu aussi, on est entre 300 et 500 mètres.
00:18:19300 et 500 mètres.
00:18:21C'est ce que je dirais, oui.
00:18:22Donc c'est toi qui ramènes Jade ?
00:18:24Alors, on est sur le jet-ski du moniteur
00:18:27qui me ramène avec Jade.
00:18:29Donc on est trois sur le jet-ski
00:18:30et puis je lui hurle vers ma compagne
00:18:32pour appeler les secours.
00:18:34Mais je hurle comme un dératé.
00:18:36C'est vraiment...
00:18:37Et donc là, tout le monde sur la plage
00:18:39commence à réaliser que quelque chose s'est passé.
00:18:41Donc il y a des gens qui se réunissent autour de Jade.
00:18:43Il y a quelqu'un qui était docteur qui vient.
00:18:45Mais ce qui est spécial dans l'histoire,
00:18:46peut-être qu'on le réévoquera après,
00:18:47mais c'est que la gérante n'est pas venue
00:18:49parce qu'elle n'a pas osé laisser sa petite cabane toute seule
00:18:52ou elle n'a pas voulu la fermer.
00:18:53Et le directeur de la base nautique,
00:18:56lui, il est parti récupérer le jet.
00:18:59Et c'est sur la route qu'il a appelé
00:19:00en disant, est-ce que vous avez appelé les secours ?
00:19:01Est-ce qu'il se passe quelque chose ?
00:19:03Donc ça, c'est quelque chose qui est quand même choquant
00:19:04au-delà de tout ce qui s'est passé.
00:19:06C'est que moi, l'une des choses
00:19:08qui me choque le plus dans toute notre histoire,
00:19:10c'est l'indifférence totale.
00:19:12Mais pire qu'indifférence, c'est honnêtement,
00:19:14ce qui compte, c'est les jets.
00:19:15Et ce qui compte, c'est de laisser la cabane ouverte
00:19:17au cas où il y a des gens qui viennent chercher
00:19:18pour s'inscrire pour une sortie.
00:19:20Mais ça, c'est écorant.
00:19:22Il n'y a même pas de tentative d'appel
00:19:24un jour qui ont suivi.
00:19:25Parlons pas des semaines ni rien.
00:19:27Donc ça, c'est...
00:19:28Mais on va comprendre pourquoi après.
00:19:30Oui, tout à fait.
00:19:32Parce que nous sommes là aussi aujourd'hui
00:19:33pour que la France entière
00:19:37et puis voir plus de monde encore,
00:19:39puisque cette vidéo va être vue aussi là-bas,
00:19:42en Guadeloupe, aux Antilles,
00:19:45en Martinique.
00:19:45On va bien savoir de qui on parle,
00:19:48de quel endroit,
00:19:49à quelle époque.
00:19:51Et pourquoi ces gens-là ont-ils agi comme ça,
00:19:54avec aussi peu d'humanité ?
00:19:56C'est que les choses n'étaient pas tout à fait en règle.
00:20:00Donc voilà pourquoi ils ont agi comme ça.
00:20:02Parce qu'il fallait sans doute
00:20:04très vite s'occuper du jet ski
00:20:06pour peut-être le planquer, je ne sais pas.
00:20:09J'imagine que...
00:20:10Pour évaluer les dégâts, pour les ressentis futurs.
00:20:12Oui, en tout cas, ces gens-là ont pensé
00:20:15à tout sauf à Jade, à ce moment-là.
00:20:18Les secours arrivent au bout de combien de temps ?
00:20:21Là, en termes de perception, c'est compliqué.
00:20:23Au bout de 15-20 minutes maximum.
00:20:2415-20 minutes, donc ils arrivent assez rapides.
00:20:26Oui, de ce côté-là, ils arrivent plutôt vite.
00:20:30Il y a un hélicoptère qui arrive.
00:20:32Donc là, je me rappellerai toujours
00:20:33la traversée de la plage jusqu'au stade de foot
00:20:36où il y a l'hélicoptère.
00:20:37Et moi qui étais à côté de Jade,
00:20:40et je répétais comme un robot
00:20:42où tu vas gérer, c'est-à-dire que
00:20:44si elle doit aller dans l'idée,
00:20:46c'était aller jusqu'au bout.
00:20:47C'est-à-dire que si elle n'était plus là,
00:20:48moi, j'allais la rejoindre.
00:20:50J'étais...
00:20:51Ce dont je me rappelle, c'est que j'étais là.
00:20:53Ils n'ont pas voulu me prendre
00:20:54parce que j'étais trop incontrôlable
00:20:58et trop désespéré.
00:20:59Mais ce qui est fou aussi
00:21:00dans toute cette situation qui était insupportable,
00:21:03c'est que j'ai pris la voiture, moi,
00:21:04pour aller à l'hôpital.
00:21:05C'est-à-dire qu'on n'a pas pu organiser...
00:21:07On ne nous a pas rapatriés,
00:21:08on ne nous a pas pris du tout en charge.
00:21:10Personne ne vous a pris en charge ?
00:21:11Non.
00:21:11Donc, c'est moi qui suis reparti,
00:21:13tant bien que mal pour conduire jusqu'à l'hôpital.
00:21:15Mais le tout,
00:21:16entre le moment où elle était sur la plage
00:21:17et le moment où elle décolle,
00:21:19c'est maximum 45 minutes, une heure.
00:21:21De ce côté-là, on ne peut pas dire...
00:21:2345 minutes, une heure.
00:21:24Mais elle reçoit des premiers soins,
00:21:25donc, sur la plage ?
00:21:26Oui.
00:21:27Alors, il y a un docteur qui vient
00:21:28qui essaie de constater ce qui se passe.
00:21:30Donc, moi, je n'ai pas d'idée
00:21:31du diagnostic à ce moment-là.
00:21:33Ensuite, je la vois sur une civière
00:21:34où il y a sa tête qui est maintenue.
00:21:36Et puis, je vois surtout ses muscles tétanisés.
00:21:39Et on n'a aucune idée.
00:21:41Sauf que je sais qu'elle a envie,
00:21:43mais on n'a aucune idée
00:21:44de ce qui va se passer, la gravité.
00:21:45Et donc, après, ça va être la lente,
00:21:47le long parcours de découverte.
00:21:50Non, puisqu'en fait, on n'a rien découvert.
00:21:51Mais extérieurement, en fait.
00:21:53Il n'y a rien.
00:21:54Extérieurement, ce qui est étonnant,
00:21:56c'est qu'il y a juste une petite blessure
00:21:59qui saigne, mais légère.
00:22:01Légère au niveau de la tête.
00:22:02Voilà, très légère.
00:22:03On n'a pas l'impression
00:22:04qu'il soit passé quelque chose
00:22:06susceptible de causer un drame.
00:22:07Les deux chauffards de la mer
00:22:10qui ont percuté Jade,
00:22:13parce que tu parles de l'arrivée
00:22:14des secours,
00:22:15mais je suppose que les gendarmes
00:22:17suivent à un moment.
00:22:18Les gendarmes ont suivi,
00:22:19oui, tout à fait.
00:22:20D'accord.
00:22:21Est-ce que les gendarmes
00:22:23appréhendent les deux gars ?
00:22:25Alors oui, oui, oui.
00:22:25Est-ce qu'ils sont testés
00:22:26au niveau de l'alcool ?
00:22:27Ils ont testé aussi Jade, d'ailleurs.
00:22:30Oui.
00:22:30Donc, ils arrivent, effectivement,
00:22:32ils appréhendent les deux jeunes
00:22:33qui, on peut dire,
00:22:34d'un certain côté,
00:22:37ne cherchent pas forcément
00:22:38ni à s'enfuir,
00:22:38ni à...
00:22:40Sauf au début,
00:22:41quand on était dans l'eau,
00:22:41parce qu'au début,
00:22:42ils m'ont dit,
00:22:42elle va se réveiller,
00:22:43il ne s'est rien passé.
00:22:44Donc ça, c'était vraiment
00:22:45ce qui est assez choquant.
00:22:46Ils m'ont dit,
00:22:46elle va se réveiller,
00:22:47ce n'est pas grave,
00:22:48ne vous inquiétez pas.
00:22:48Bon, là, ils étaient dans le déni.
00:22:49Mais après, une fois qu'ils ont vu
00:22:50que l'accident était sérieux,
00:22:51ils ont plutôt coopéré
00:22:53avec la gendarmerie,
00:22:54puis qu'ils ont donné
00:22:54leur téléphone portable,
00:22:55ils ont filmé.
00:22:56Alors, j'ai vu la vidéo
00:22:57lors du procès,
00:22:58on ne voit pas bien,
00:22:58mais on sent la vitesse
00:22:59et on entend la bruit.
00:23:00Ah, ils filment ?
00:23:01Ils filment, oui.
00:23:01D'accord.
00:23:02Ils se filment comme ça, oui.
00:23:03D'accord.
00:23:03Donc, il y a une vidéo
00:23:04de l'accident.
00:23:05Oui, il y a une vidéo.
00:23:06Ce qui est plutôt
00:23:06un élément important.
00:23:07Ce qui est un élément important,
00:23:08tout à fait.
00:23:09Et ce qui montre aussi
00:23:10qu'ils n'étaient pas totalement...
00:23:12qu'ils n'étaient pas prudents
00:23:13et que le moniteur,
00:23:13quelque part,
00:23:14il y a quelque chose
00:23:15qui s'est passé.
00:23:15parce qu'en priori,
00:23:17on pourrait se dire
00:23:17qu'ils les voient de loin
00:23:18en train de se lâcher.
00:23:20Ce n'est pas du tout conseillé
00:23:21de faire du jet-ski
00:23:22et de se filmer en même temps.
00:23:23Je veux dire,
00:23:23ce n'est pas quelque chose.
00:23:23Ce qu'il faut savoir
00:23:26à ce moment de notre échange,
00:23:28c'est que ce jour-là,
00:23:31toi, tu es derrière le moniteur,
00:23:32mais Jade est sur un jet-ski
00:23:35et que ses deux garçons
00:23:36sont sur un jet-ski
00:23:37qui nécessitent d'avoir un permis
00:23:40pour conduire ces engins.
00:23:42Tu ne peux pas conduire ces engins
00:23:44qui sont considérés
00:23:45comme des engins
00:23:49d'avoir un permis.
00:23:51Donc, on ne conduit pas
00:23:52comme ça un jet-ski
00:23:54qui va à 60-70 km heure
00:23:56sur l'eau.
00:23:58Et quel est le profil
00:23:59de ces deux jeunes ?
00:24:00Je ne t'ai jamais demandé.
00:24:01Le profil,
00:24:02l'arène,
00:24:03ce sont plutôt des gens normaux
00:24:04qui ont tous les deux travaillent.
00:24:05Il y en a un qui est
00:24:05dans le domaine de la justique,
00:24:06l'autre, je ne sais plus
00:24:07dans quoi ils travaillent.
00:24:07Il y en a un qui était à Paris
00:24:08et qui venait voir son cousin.
00:24:11Non, le profil,
00:24:12c'est qu'il y avait
00:24:14un événement
00:24:15qui s'est pris
00:24:15dans leur famille.
00:24:16Ils ont passé la journée,
00:24:17je dirais,
00:24:18sur la plage
00:24:19à boire un petit peu
00:24:20de whisky Monster,
00:24:21comme ils disaient.
00:24:21Ils allaient se baigner,
00:24:22boire du whisky Monster.
00:24:23Ils allaient se baigner.
00:24:23C'est plutôt des gens normaux,
00:24:24lambda, je dirais.
00:24:25Des gens plutôt responsables.
00:24:27Oui, plutôt responsables.
00:24:29Et puis,
00:24:29de bonnes familles,
00:24:30on peut dire ça.
00:24:30Ce n'est pas des gens
00:24:31qui n'ont aucun passé judiciaire.
00:24:33Ils sont en vacances,
00:24:34ce jour-là.
00:24:35Et comme deux poteaux,
00:24:36ils s'allument un peu
00:24:37sur la plage.
00:24:40L'imprudence,
00:24:41après,
00:24:41c'est bien évidemment
00:24:42de prendre un jet-ski.
00:24:43Et d'aller à fond.
00:24:44Ils ont été contrôlés
00:24:45à combien de grammes
00:24:45d'alcool ?
00:24:46Tu te souviens ou pas ?
00:24:47Ils étaient au-dessus
00:24:48de la norme,
00:24:49mais ils n'étaient pas
00:24:50loin de la norme.
00:24:50Ils étaient entre 0,5 et 0,7.
00:24:52D'accord.
00:24:53Donc, ils ne sont pas
00:24:54totales.
00:24:54Pas ivre-mort, non.
00:24:57Suffisamment pour être grisé,
00:24:58sûrement,
00:24:58mais pas ivre-mort.
00:24:59En tout cas,
00:25:00ils sont au-dessus de la norme.
00:25:02Donc, la loi,
00:25:02c'est la loi.
00:25:04Tu arrives à l'hôpital.
00:25:06Jade est très vite
00:25:08prise en charge
00:25:09parce que c'est l'hôpital
00:25:10de Pointe-à-Pitre
00:25:12qui est un bon hôpital.
00:25:14Oui, tout à fait.
00:25:15Pas de problème
00:25:15vis-à-vis de ça.
00:25:16J'arrive là-bas.
00:25:17On nous met
00:25:18dans une petite pièce
00:25:20et il n'y a pas
00:25:21vraiment de nouvelles.
00:25:22Et moi, je sais qu'à un moment,
00:25:23ils viennent nous voir
00:25:23en disant que c'était
00:25:24effectivement extrêmement grave
00:25:25et qu'il ne peut pas se prononcer.
00:25:26Moi, j'étais par terre
00:25:27en train de me rouler
00:25:28de douleur par terre.
00:25:29On a attendu plusieurs heures
00:25:31avant de pouvoir la voir.
00:25:33Et là, il démarre quelque chose
00:25:34qui est assez bizarre
00:25:35mais que malheureusement,
00:25:36j'avais anticipé.
00:25:38Ils nous disent
00:25:38qu'on va essayer
00:25:39de la réveiller demain
00:25:40ou après-demain.
00:25:41Donc, revenez demain.
00:25:42Comme ça.
00:25:42On nous laisse partir.
00:25:43On ne vous explique pas
00:25:44pourquoi ce procédé ?
00:25:46Non, on ne nous explique pas.
00:25:47On nous dit
00:25:48qu'elle est plongée
00:25:49en coma artificiel.
00:25:50Donc, ça, on nous l'explique.
00:25:52On vous explique
00:25:53qu'elle a sans doute
00:25:55un hématome,
00:25:56tu sais,
00:25:57souvent,
00:25:57c'est parce qu'il y a
00:25:58un hématome
00:25:59et que l'on doit attendre
00:26:02que l'hématome
00:26:02se résorbe
00:26:04avant de réveiller le patient.
00:26:06Alors, je ne sais plus
00:26:06si c'est à ce niveau de détail
00:26:07mais ce qui est sûr,
00:26:07c'est qu'ils voulaient faire
00:26:08d'autres analyses
00:26:09le lendemain.
00:26:09Oui.
00:26:10Ils nous disent
00:26:10de rentrer,
00:26:11de revenir le lendemain.
00:26:12Mais ce qui est aussi étonnant,
00:26:13c'est qu'ils nous laissent vraiment
00:26:14à chaque...
00:26:15Ce qui ne nous a pas aidé,
00:26:16c'est qu'on est vraiment
00:26:17laissé à nous-mêmes.
00:26:18Ils nous laissent partir comme ça
00:26:19à plus de minuit,
00:26:20une heure du matin,
00:26:20sans autre consigne.
00:26:21Il n'y a pas de prise
00:26:22en charge psychologique
00:26:23du tout pendant tout le séjour,
00:26:24même après en France,
00:26:25il n'y a pas...
00:26:25Sauf que je vais aller demander.
00:26:27Donc, on rentre
00:26:28et là, c'est la vie,
00:26:30comment dire,
00:26:31c'est cet endroit
00:26:32qui était, comme tu dis,
00:26:33paradisiaque.
00:26:34Ça devient une sorte d'enfer,
00:26:35c'est-à-dire qu'on est tout seul
00:26:36dans la nuit
00:26:36en train de rouler.
00:26:38Bien entendu, je ne dors pas.
00:26:39Ça, c'est évident.
00:26:40Je ne dors pas du tout.
00:26:41Le matin, on se lève
00:26:42et là, forcément,
00:26:43lorsqu'on arrive,
00:26:43ils nous disent
00:26:44« Non, ils n'ont pas pu la réveiller,
00:26:45ça n'a pas marché,
00:26:45il faut encore entendre un jour. »
00:26:48Et ils commencent à nous dire
00:26:48que les analyses,
00:26:49il y a un point positif,
00:26:51c'est qu'elle n'a pas été touchée
00:26:52à la moelle épinière,
00:26:54donc elle n'est pas tétraplégique.
00:26:56D'accord.
00:26:56Ce qui était une inquiétude réelle
00:26:58de mon côté,
00:26:59entre autres,
00:27:00parce qu'il y en a plein d'autres.
00:27:01Ce qui est une très bonne nouvelle.
00:27:03Oui.
00:27:03Oui, oui.
00:27:04Ce qui reste une très bonne nouvelle.
00:27:06Donc, elle n'est pas touchée là.
00:27:08Par contre,
00:27:09elle a plusieurs impacts
00:27:12au niveau de la tête préfrontale.
00:27:13Ils disent que là,
00:27:14ça peut prendre du temps
00:27:15et dès le début,
00:27:15on me dit
00:27:16« De toute façon,
00:27:17préparez-vous à un marathon. »
00:27:18Donc, un marathon,
00:27:19c'est difficile à évaluer.
00:27:20C'est un professeur
00:27:21qui te dit ça ?
00:27:22Alors, on est en plein été
00:27:23en Guadeloupe.
00:27:24Oui.
00:27:24C'est beaucoup d'interne,
00:27:25en fait.
00:27:26C'est pas, comment dire,
00:27:27c'est pas quelqu'un
00:27:28qui a une maturité de fou.
00:27:30C'est plutôt une équipe
00:27:31de jeunes,
00:27:31les docteurs-professeurs.
00:27:33Donc, ça ne veut pas dire
00:27:33qu'ils ne sont pas crédibles,
00:27:34c'est pas ce que je veux dire.
00:27:34Mais on n'a pas de...
00:27:36On a des gens déjà
00:27:37qui changent d'équipe
00:27:37assez souvent
00:27:38parce qu'on aura
00:27:393-4 interlocuteurs
00:27:40pendant la Guadeloupe,
00:27:41minimum.
00:27:41Il n'y en a pas forcément,
00:27:42je dirais,
00:27:43ceux qui sont là,
00:27:45d'habitude,
00:27:45sont en vacances.
00:27:46Donc, ça,
00:27:46le changement d'interlocuteur
00:27:48n'était pas évident.
00:27:49Mais ce qu'il laisse penser,
00:27:51c'est que c'est très, très grave,
00:27:52sans en dire plus,
00:27:53qu'il faudra des années.
00:27:56Ça, ils le disent dès le début.
00:27:57Ça, d'emblée.
00:27:57D'emblée.
00:27:58Et il faut le remettre,
00:27:59je reviens sur ce que tu as dit
00:28:00tout à l'heure,
00:28:01quand tout se passait bien,
00:28:02quand on le remet dans son contexte,
00:28:07on n'arrive pas à le réaliser.
00:28:09C'est que d'un seul coup...
00:28:10Et comment veux-tu accepter ça ?
00:28:12On aimerait qu'elle se remette
00:28:14comme dans les films,
00:28:15en disant,
00:28:15mais ça y est,
00:28:15elle va se réveiller.
00:28:16Non, ça ne marche pas comme ça.
00:28:18Ça doit être très compliqué
00:28:19à recevoir comme...
00:28:20C'est très compliqué.
00:28:21De toute façon,
00:28:22toutes les nouvelles,
00:28:23là, ont été à chaque fois
00:28:24me bouleverser.
00:28:25Et il a fallu attendre
00:28:26une dizaine de jours
00:28:27pour qu'elle soit encore
00:28:28plus catastrophique, malheureusement,
00:28:29quand quelqu'un
00:28:30est rentré de congé.
00:28:31Ils ont fait une RM
00:28:32beaucoup plus pointue.
00:28:33Et là,
00:28:33ils ont vu que le tronc cérébral
00:28:35a été touché.
00:28:35Et là, en gros,
00:28:36ils disaient,
00:28:37elle est perdue.
00:28:38Elle peut survivre,
00:28:38mais elle sera perdue
00:28:39en tant que...
00:28:39Ou elle n'aura pas de vie.
00:28:41En gros,
00:28:41ils disent ça
00:28:41dès la Guadeloupe.
00:28:43Et là,
00:28:43c'est une douleur.
00:28:44Encore une fois,
00:28:45c'est indéfinissable
00:28:46parce que qu'est-ce que ça veut dire ?
00:28:47Et là où c'est très frustrant,
00:28:48c'est qu'ils ne donnent pas
00:28:49vraiment de détails.
00:28:51Et je les comprends.
00:28:52Alors,
00:28:52ils ont une philosophie
00:28:53qui a été la même
00:28:55appliquée partout,
00:28:55c'est qu'ils préfèrent
00:28:57prédire le pire
00:28:59pour qu'au cas où
00:29:00ça ne se produise pas,
00:29:00ce soit une bonne nouvelle.
00:29:01Mais ils prédisent plutôt le pire.
00:29:03Et il n'y a aucune idée.
00:29:04Alors, statistique,
00:29:05c'est sûr que c'est difficile.
00:29:06Moi, je leur demandais,
00:29:06mais il y a combien de chances
00:29:07sur combien qu'elle puisse en sortir ?
00:29:09Qu'est-ce qui peut se passer ?
00:29:10Ils me disaient,
00:29:10non, non,
00:29:11mais de toute façon,
00:29:11là, c'est très grave.
00:29:13C'est terminé.
00:29:14Quoi ?
00:29:14Je veux dire,
00:29:14elle va rester dans le coma
00:29:16ou en état végétatif.
00:29:18Ils disent ça brutalement
00:29:19et honnêtement,
00:29:20c'est très dur à accepter.
00:29:21Mais on ne vous prépare pas
00:29:22du tout à ça ?
00:29:24Non, non, non.
00:29:24Ils sont très cash.
00:29:26La méthode,
00:29:27c'est toujours la même.
00:29:28Ils nous mettent
00:29:28dans une petite caisse
00:29:29sur deux chaises
00:29:30et ils nous disent ça.
00:29:31Ils commencent par ça.
00:29:32C'est pour casser,
00:29:34pour directement rompre,
00:29:35je dirais,
00:29:35tout espoir.
00:29:37Tout espoir, exactement.
00:29:39Pour tout espoir.
00:29:40Et ils disent,
00:29:42c'est terminé.
00:29:43D'accord.
00:29:43Voilà.
00:29:44Donc là,
00:29:46on vous dit quoi ?
00:29:47On vous dit,
00:29:48il va y avoir un moment
00:29:50où il va falloir
00:29:50débrancher les machines ?
00:29:52Et là,
00:29:52ils disent que c'est très grave
00:29:54mais en même temps,
00:29:54ils disent,
00:29:55on ne sait pas,
00:29:55on va quand même tenter
00:29:56de la réveiller.
00:29:57Et ce qu'il y a,
00:29:57c'est que surtout,
00:29:58nous,
00:29:58on voulait organiser
00:29:58le rapatriement sanitaire.
00:30:00Et en fait,
00:30:01ce que je ne savais pas
00:30:01et que peut-être
00:30:02des personnes ne savent pas,
00:30:03c'est que comme la Guadeloupe
00:30:04c'est la France,
00:30:05en fait,
00:30:05il n'y a pas de rapatriement sanitaire.
00:30:07Il n'y en a pas
00:30:08puisque c'est considéré en France.
00:30:09Oui.
00:30:10Donc,
00:30:10ce n'est pas comme
00:30:11si on était dans un pays étranger
00:30:12où on nous rapatrie.
00:30:13Donc là,
00:30:13il n'y en a pas.
00:30:14Donc,
00:30:14ce n'est pas prise en charge,
00:30:16ce n'est pas un détail,
00:30:17ce n'est pas pris en charge
00:30:18par la Sécu.
00:30:19Donc,
00:30:19il me faut quelques jours
00:30:20avant de trouver une assurance,
00:30:21c'est mon assurance habitation
00:30:22qui a pris en charge.
00:30:23Ce n'est pas l'assurance de la carte,
00:30:25ce n'est pas l'assurance,
00:30:26encore une fois,
00:30:26maladie,
00:30:27mais c'est l'assurance
00:30:28que j'avais sur l'habitation
00:30:29qui permet le rapatriement de jade.
00:30:31Parce que sinon,
00:30:32juste pour donner
00:30:33un autre détail,
00:30:35sinon,
00:30:35ça reprend à peu près
00:30:36dix fauteuils d'avion
00:30:37qu'il faut réserver.
00:30:39Dix fauteuils d'avion
00:30:40pour qu'elles soient
00:30:41pour qu'elles soient rapatriées.
00:30:42Allongées avec un personnel
00:30:44de secours,
00:30:45il y a trois personnes.
00:30:46Donc là,
00:30:46heureusement,
00:30:47on arrive à organiser
00:30:47le rapatriement sanitaire.
00:30:49L'histoire veut
00:30:50qu'on rentre le jour
00:30:51où ma compagne
00:30:52de l'époque et moi
00:30:53devions rentrer.
00:30:54C'est exactement l'avion
00:30:55qu'on avait réservé.
00:30:56Donc,
00:30:56je ne sais pas ce qu'il faut
00:30:57y voir comme signe.
00:30:58On l'a rapatrié à Bordeaux
00:31:00et à Bordeaux,
00:31:00ils remettent une couche
00:31:01mais de façon
00:31:02beaucoup plus tonique
00:31:03et agressive
00:31:04que Pointe-à-Pitre.
00:31:06Le lendemain,
00:31:07ils ont refait
00:31:07une IRM
00:31:09et là,
00:31:10comme à chaque fois,
00:31:11je dis que Jade
00:31:12était une grande sportive
00:31:13parce qu'on n'arrive pas
00:31:15au niveau qu'elle a eu
00:31:16par hasard.
00:31:16Donc,
00:31:16elle avait quand même
00:31:17un passé de sportive
00:31:18très élevé.
00:31:19Ce qui n'est pas anodin
00:31:19quand il y a des accidents
00:31:20qui sont pas.
00:31:21C'était une petite athlète.
00:31:23Ah oui.
00:31:24Non,
00:31:24c'était un...
00:31:25Elle avait vraiment
00:31:25un physique
00:31:27très, très, très puissant.
00:31:28Il nous reçoit
00:31:29dans une petite pièce
00:31:30et là,
00:31:31il dit
00:31:31votre fille ne dansera plus.
00:31:33Alors là,
00:31:33c'est pire
00:31:34parce que non seulement
00:31:34c'est une nouvelle
00:31:36qui fait mal
00:31:36mais surtout,
00:31:37là où je ne les comprends pas
00:31:38dans la psychologie,
00:31:39c'est qu'ils décident
00:31:39d'attaquer sur un angle
00:31:41où ils savent très bien
00:31:42que moi,
00:31:42j'ai un affectif
00:31:43à un niveau émotionnel
00:31:44très élevé
00:31:44par rapport à ça.
00:31:45Donc,
00:31:45il dit
00:31:46votre fille ne dansera plus,
00:31:48elle ne marchera plus
00:31:49et vraisemblablement,
00:31:50elle restera dans le coma
00:31:52et peut-être
00:31:52qu'il faut envisager
00:31:53de la mettre,
00:31:53je dirais,
00:31:54dans un centre
00:31:55où elle est à côté
00:31:55d'autres personnes
00:31:56dans le coma
00:31:56pour toute la vie.
00:31:59Là,
00:32:00c'est tellement dur
00:32:01en fait
00:32:02qu'encore une fois,
00:32:03moi,
00:32:03je m'effondre
00:32:04parce qu'on a beau
00:32:06nous dire ça
00:32:06à chaque fois
00:32:07qu'on repart,
00:32:07on essaie de se reconvaincre
00:32:08qu'il y a de l'espoir
00:32:10parce qu'elle est quand même
00:32:11en vie,
00:32:11ce qui n'est pas négligeable
00:32:12dans l'histoire,
00:32:13elle est en vie
00:32:14alors qu'elle aurait pu
00:32:16être morte.
00:32:17Mais à chaque fois,
00:32:17ça fait la même douleur.
00:32:18Et c'est à ce moment-là
00:32:19que moi,
00:32:19je décide d'aller
00:32:20en bureau de santé mentale.
00:32:22On dit ça de façon élégante,
00:32:23je trouve que c'est bien
00:32:24parce que
00:32:25je n'ai quasiment pas dormi
00:32:26pendant les 17 jours
00:32:27qu'on a passé
00:32:28ensuite à Pointe-à-Pitre.
00:32:29J'avais un niveau de tension
00:32:30et puis,
00:32:31comment dire,
00:32:32des pensées assez morbides.
00:32:33Donc,
00:32:33de moi-même,
00:32:34je décide d'aller
00:32:34en bureau de santé mentale
00:32:37pour avoir des médicaments.
00:32:38Et puis,
00:32:39marquer une pause,
00:32:39sans doute.
00:32:39Marquer une pause,
00:32:40tout à fait.
00:32:40Et puis,
00:32:41être encadré.
00:32:41Oui,
00:32:41qu'on te remette en selle
00:32:42parce que
00:32:44c'était un combat
00:32:44de toute façon.
00:32:46À partir du 5 août 2022,
00:32:48tu n'as plus dormi.
00:32:49Je dormais maximum
00:32:51une heure,
00:32:52je pense.
00:32:52Je dormais
00:32:52sur un état
00:32:54de tension tel
00:32:55que non seulement
00:32:56je ne dormais pas,
00:32:56mais en plus,
00:32:57je ne baillais pas.
00:32:57il n'y avait pas
00:32:58de sensation de fatigue.
00:33:00Donc,
00:33:00du coup,
00:33:00tu vas vers ce bureau de santé
00:33:03et on te donne quoi
00:33:04pour aller mieux ?
00:33:05Là,
00:33:05on me donne,
00:33:06je ne suis pas un spécialiste
00:33:07en pharmacie,
00:33:08mais un médicament
00:33:09que beaucoup de gens connaissent
00:33:09contre la dépression
00:33:10qui s'appelle l'Effectsor.
00:33:12On me donne des choses
00:33:13qui sont censées calmer
00:33:14comme du Seresta.
00:33:15Donc,
00:33:15on me donne des choses
00:33:16plutôt lourdes.
00:33:18Et tu arrives
00:33:18à enfin dormir ?
00:33:19J'arrive à enfin dormir
00:33:20et puis surtout,
00:33:21je suis quand même
00:33:22dans un cadre
00:33:23où s'il y a un problème,
00:33:24je ne suis pas tout seul.
00:33:25Mais il y a un avantage
00:33:26que j'ai par rapport
00:33:27aux autres
00:33:27qui sont en bureau de santé mentale,
00:33:29c'est que j'ai une liberté
00:33:30de mouvement,
00:33:30ce qui n'est pas le cas
00:33:31de tout le monde.
00:33:31Et je suis en fait
00:33:32à côté de l'hôpital.
00:33:33Je peux y aller
00:33:34à 200, 300 mètres
00:33:35de l'hôpital de Jeanne.
00:33:36Tu peux aller voir Jeanne
00:33:37tous les jours ?
00:33:37Je peux aller voir Jeanne
00:33:38tous les jours,
00:33:39être à son cheveil,
00:33:39être à ses côtés,
00:33:40ce qui me permet
00:33:41non seulement de l'avoir
00:33:43et de continuer à espérer,
00:33:44mais aussi de pouvoir
00:33:46prendre soin de moi.
00:33:47Parce que tu as eu besoin
00:33:48de prendre soin de toi.
00:33:49C'était absolument nécessaire ?
00:33:52Là, c'était nécessaire
00:33:52parce que je ne tenais plus du tout.
00:33:53Et puis, ce qu'on ne peut pas négliger,
00:33:55c'est les idées noires.
00:33:57Parce que par rapport
00:33:57au flux de nouvelles,
00:33:59il ne faut pas dire la vérité,
00:34:01même si ce n'est peut-être
00:34:03pas la meilleure chose à dire,
00:34:04mais c'est que les idées noires
00:34:05d'en finir, forcément,
00:34:07elles n'arrêtent pas
00:34:07de traverser l'esprit
00:34:08en permanence.
00:34:10Parce que se projeter dans quoi ?
00:34:13Se projeter comment ?
00:34:14Puis ça veut dire quoi concrètement ?
00:34:15Non, mais tu me l'as dit
00:34:16à l'époque.
00:34:17À l'époque, tu m'as dit
00:34:18que tu n'aurais jamais supporté
00:34:21que ta fille s'en aille.
00:34:24Non, de toute façon,
00:34:25j'avais appelé
00:34:26pendant qu'il était en coma.
00:34:27J'avais pris des enseignements
00:34:27en Belgique et en Suisse
00:34:29puisqu'en France,
00:34:30c'est compliqué.
00:34:31Donc, non, non,
00:34:32il y a un État, je dirais,
00:34:34qui est trop marqué
00:34:35pour prendre le risque
00:34:36de rester tout seul.
00:34:37Et après, il y a une autre chose
00:34:39qui s'est passée.
00:34:39Je ne sais pas si on en parle là,
00:34:41mais ils ont voulu la débrancher.
00:34:43Et ça, c'est important
00:34:44d'un moment d'y avouer.
00:34:44Tu m'en as parlé.
00:34:45Oui, c'est ça.
00:34:47Il y a un moment
00:34:47où on t'a dit
00:34:49c'est fini.
00:34:51Il faut que vous preniez
00:34:52la décision
00:34:53que tu as refusée, d'ailleurs.
00:34:55Ce qu'il y a,
00:34:56c'est que
00:34:57on les revoit
00:34:58deux fois
00:34:59après les mauvaises nouvelles
00:35:00et puis ils continuent
00:35:01à dire
00:35:03des nouvelles assez graves.
00:35:05Et un jour,
00:35:05on me demande
00:35:06au bureau de santé mentale
00:35:07où j'étais,
00:35:07on me dit,
00:35:08tiens, venez.
00:35:10Il y a ma soeur
00:35:10et ma compagne.
00:35:11Donc, je m'assois entre elles
00:35:13parce que je ne savais pas vraiment.
00:35:14Je ne savais pas
00:35:14ce qu'elles faisaient là.
00:35:15Et donc, ça,
00:35:16c'était au bureau de santé mentale
00:35:17et le personnel,
00:35:18les gens qui s'occupaient
00:35:19déjà dans l'hôpital
00:35:20se déplacent
00:35:21et ils sont
00:35:22quatre ou cinq.
00:35:24Ils me mettent
00:35:24dans une pièce.
00:35:25Ils sont du côté de la porte.
00:35:26Moi, je suis tout au fond
00:35:27de la pièce.
00:35:27Là,
00:35:29le professeur
00:35:30me dit,
00:35:31voilà,
00:35:31monsieur Pencher,
00:35:33on pense qu'il faut
00:35:34la débrancher,
00:35:35que c'est beaucoup mieux
00:35:36pour elle.
00:35:37Là, on passe quand même
00:35:38sur un bali supérieur.
00:35:38On est plus dans l'idée
00:35:39qu'elle va rester dans le coma
00:35:40ou qu'elle va être
00:35:41en état végétatif.
00:35:42C'est qu'il faut la débrancher.
00:35:43Donc, il faut
00:35:45la tuer.
00:35:46Et je fais mine
00:35:47de me lever
00:35:48pour aller aux toilettes.
00:35:50Et en fait,
00:35:51je pars,
00:35:51je cours
00:35:52parce que je me sens
00:35:53regardé par toutes
00:35:54les personnes de cette salle
00:35:55comme la place
00:35:56que personne ne veut vivre.
00:35:57C'est sûr que personne
00:35:58ne veut être à ma place.
00:35:59Je ne sens pas vraiment
00:36:00de compassion.
00:36:01C'est très brutal.
00:36:02On me demande
00:36:03de choisir ça.
00:36:04Et c'est important
00:36:05dans le détail,
00:36:05c'est que comme j'ai voulu
00:36:06m'enfuir,
00:36:07ils ont pris ça
00:36:07comme une tentative
00:36:08de suicide.
00:36:09On m'a retiré
00:36:10le droit de décision.
00:36:12C'est-à-dire que
00:36:13pendant cinq jours,
00:36:13moi, je n'ai plus
00:36:14la capacité
00:36:15de décider quoi que ce soit.
00:36:16Qui avait le droit
00:36:17de décision ?
00:36:18Ma soeur
00:36:18et la mère de Jeanne.
00:36:21Et moi, en fait,
00:36:21on me l'a retiré
00:36:22et on m'a mis la camisole,
00:36:23si tu veux.
00:36:23Voilà, je me suis retrouvé
00:36:24dans une salle
00:36:25avec une camisole
00:36:26parce qu'ils avaient peur
00:36:26que je bouge.
00:36:27Moi, je n'avais pas
00:36:28d'intention de suicide.
00:36:28Je voulais juste
00:36:29qu'on me laisse tranquille
00:36:30et qu'on arrête
00:36:32de me dévisager
00:36:33parce que je passais
00:36:34tout le temps
00:36:34pour la personne,
00:36:35je dirais, triste,
00:36:37incontrôlable, etc.
00:36:37Et je n'avais pas envie
00:36:38d'être perçu comme ça.
00:36:40Et surtout,
00:36:40je voulais quand même
00:36:41être isolé.
00:36:41Je n'avais pas besoin
00:36:42d'avoir tous ces gens
00:36:43qui me regardent.
00:36:44Donc, ça a été un passage
00:36:44très, très difficile.
00:36:45Et donc, dans les faits,
00:36:47oui, je m'étais élevé
00:36:48contre le débranchement
00:36:49de Jeanne.
00:36:50Mais il y a aussi ma soeur
00:36:51qui s'est prononcée
00:36:52de ce côté
00:36:53et aussi sa mère.
00:36:54Il n'y a pas que moi.
00:36:55Personne n'était d'accord
00:36:56avec cette décision.
00:36:57Donc, c'était une décision
00:36:58forte, mais aussi pareil.
00:37:00On ne sait pas du tout
00:37:01dans quoi on s'engage
00:37:01parce qu'il faut quand même
00:37:04réaliser, il faut l'avouer,
00:37:06c'est qu'on se dit
00:37:07mais qu'est-ce que ça vaut
00:37:08de passer toute sa vie
00:37:09dans le coma ?
00:37:10Oui.
00:37:10On se pose la question.
00:37:12Est-ce que c'est ça
00:37:12qu'on veut pour son enfant ?
00:37:13Est-ce que ce n'est pas
00:37:14une décision aussi égoïste
00:37:15que de dire non,
00:37:16on ne veut pas la débrancher ?
00:37:17Honnêtement, c'est une décision
00:37:18que je ne la souhaite à personne.
00:37:19Bien sûr.
00:37:20Je ne sais pas
00:37:21s'il y a plus affreux que ça,
00:37:21en fait,
00:37:22parce qu'elle serait montre
00:37:22le coût,
00:37:23c'est décidé à notre classe,
00:37:24mais nous remettre
00:37:25la décision là-dessus.
00:37:27C'est horrible.
00:37:28C'est horrible.
00:37:28Et ce qu'on a appris
00:37:29par la suite,
00:37:29c'est qu'en fait,
00:37:31à vérifier,
00:37:32mais le coût d'une chambre
00:37:34en réa,
00:37:34c'est 8000 euros par jour.
00:37:36Et en fait,
00:37:37comme ils avaient peu d'espoir
00:37:38à la réanimer
00:37:38sur un délai court,
00:37:39ils voulaient libérer la chambre.
00:37:40Donc, on ne sait pas pourquoi.
00:37:41Je ne sais pas
00:37:42si ça a eu un impact
00:37:42sur la décision.
00:37:43Mais ce qui est sûr,
00:37:44c'est que quand on voit
00:37:45l'État,
00:37:45comment elle a récupéré après,
00:37:52Elle est au courant, Jade.
00:37:53Elle est totalement au courant.
00:37:54Et c'est quelque chose
00:37:54que dans tout ce qu'elle a traversé,
00:37:56c'est la chose
00:37:57qui passe le moins.
00:37:58Le fait que des experts,
00:37:59parce que c'est des experts,
00:38:00c'est des sachants,
00:38:00quand même,
00:38:01quand on est devant
00:38:01les blouses blanches,
00:38:01je veux dire,
00:38:02on est face à une autorité.
00:38:03Et puis, quand même,
00:38:04pour déclencher cette réunion,
00:38:09réunir toutes ces personnes
00:38:10dans cette pièce,
00:38:12te mettre au milieu
00:38:13quand tu es un sachant,
00:38:15comme tu dis,
00:38:16et dire à un père,
00:38:18bon, alors maintenant,
00:38:19vous devez prendre
00:38:19cette décision
00:38:21de débrancher,
00:38:22et d'enlever la vie
00:38:22à votre fille.
00:38:23C'est ça.
00:38:24Je comprends que Jade,
00:38:25aujourd'hui,
00:38:26ait du mal avec ce moment-là
00:38:29et comptait infliger ça aussi.
00:38:31Parce que je pense
00:38:32qu'elle pense beaucoup à toi.
00:38:33Elle pense à tous ceux,
00:38:34oui, à sa famille.
00:38:36À son amant aussi.
00:38:37Elle pense à tout le monde
00:38:39de sa famille.
00:38:39Et puis surtout,
00:38:40ce qu'elle raconte,
00:38:41ce qu'elle écrit,
00:38:41c'est que,
00:38:42alors, c'est difficile
00:38:43à comprendre pourquoi,
00:38:44mais elle a le souvenir
00:38:45de son coma.
00:38:46Elle, quand elle décrit son coma,
00:38:48Elle vous entend ?
00:38:49C'est ce qu'elle dit.
00:38:50Elle entend.
00:38:51D'accord.
00:38:51Elle entend.
00:38:52Elle décrit le coma
00:38:53comme un rêve
00:38:53où elle perçoit des choses.
00:38:55Elle le décrit comme quelque chose
00:38:56où elle sait
00:38:57que quelque chose grave s'est passé,
00:38:58qu'elle doit attendre
00:38:59parce qu'elle n'arrive pas
00:38:59à prendre la main dessus.
00:39:00et même, elle décrit le fait quasiment
00:39:04d'avoir le choix.
00:39:05D'avoir le choix de rester
00:39:06ou de partir.
00:39:09Et elle a toujours décidé,
00:39:12cette petite jade,
00:39:14de rester.
00:39:14Ah oui.
00:39:16À partir de quand,
00:39:19par rapport à ce jour-là,
00:39:20les choses vont évoluer ?
00:39:23Alors, ce qui est fou,
00:39:23c'est que ce n'est même pas
00:39:24une semaine après
00:39:25la proposition de débranchement.
00:39:27Et c'est très frustrant
00:39:27parce que je ne suis pas le seul
00:39:28à raconter ça.
00:39:29C'est que des fois,
00:39:31on voit des choses se passer.
00:39:32On le dit au personnel médical.
00:39:34Et le personnel médical dit
00:39:35oui, mais c'est...
00:39:36C'est le corps qui fait ça.
00:39:37Oui, vous faites...
00:39:37Voilà, c'est ça.
00:39:38Il y a un dos qui bouge,
00:39:39mais non, c'est les nerfs.
00:39:40Voilà, ça ne veut rien dire.
00:39:41C'est vous qui vous faites des idées.
00:39:43Et en fait, ce que j'avais remarqué,
00:39:44c'est que je prenais le téléphone
00:39:45où il y avait des photos d'elle.
00:39:46Je lui présentais
00:39:47et elle en trouvait les yeux
00:39:48et on sentait les yeux qui bougeaient
00:39:49pour voir l'image.
00:39:50Donc ça, c'était une semaine après
00:39:51la proposition de débranchement.
00:39:52C'est ça qui est quand même assez fou.
00:39:54Ça paraît bizarre.
00:39:55Et en fait, c'est à partir de là
00:39:56qu'on voit des petits signaux
00:39:57qui, de la mi-septembre jusqu'à décembre...
00:40:01En fait, décembre,
00:40:02c'est le moment où elle retrouve sa conscience.
00:40:04Mais de mi-septembre à décembre,
00:40:05tous les jours, on a des petits signes.
00:40:06Comme tu dis, bougez le pouce,
00:40:08bougez un tout petit peu la tête
00:40:10par rapport à la voix.
00:40:11Et est-ce qu'il y a...
00:40:11Parce que je ne connais rien,
00:40:12je te pose des questions un peu naïves.
00:40:14Est-ce qu'il y a un appareil,
00:40:16genre un encéphalogramme
00:40:18qui teste si le cerveau
00:40:22recommence à travailler, si ça...
00:40:24Alors, non, non, la question est bonne.
00:40:26Je ne suis pas sûr d'avoir la réponse.
00:40:27Sur le cerveau, justement,
00:40:28c'est là où Jade est assez fureuse.
00:40:32Elle ne comprend pas
00:40:33qu'il n'y ait pas eu, justement,
00:40:34de test plus poussé
00:40:36pour voir que le cerveau est en marche
00:40:37parce qu'il marchait.
00:40:38Elle, elle le décrit,
00:40:38elle ne s'arrête jamais, en fait.
00:40:39Elle dit qu'elle ne dort pas.
00:40:40Dans le truc qu'elle vit,
00:40:41elle ne dort pas.
00:40:42Donc, c'est constant.
00:40:44Non, ce qu'il y a,
00:40:44c'est le rythme cardiaque,
00:40:46je dirais, de base et tout ça.
00:40:47Mais il n'y a rien par rapport au cerveau.
00:40:48Il n'y a rien qui est pisté
00:40:50ou qui est traqué par rapport au cerveau.
00:40:51En gros, ce que tu es en train de me dire,
00:40:53c'est que Jade,
00:40:53elle est comme enfermée dans son corps.
00:40:55Ah, mais complètement.
00:40:56Et elle ressent tout.
00:40:58Elle ressent tout.
00:40:58Il y a un moment,
00:41:00elle dit qu'elle veut dire qu'elle est là,
00:41:01mais qu'on ne l'entend pas.
00:41:02Et en fait, ce qui est...
00:41:04Là, c'est le côté plutôt magique
00:41:06et beau de l'histoire.
00:41:07C'est que quand elle se réveille,
00:41:08on communique avec des lettres
00:41:12qu'elle montre du doigt.
00:41:14Elle dit, je suis revenue
00:41:15parce que j'avais peur
00:41:15que vous m'oubliez.
00:41:17Donc, elle s'est battue sans cesse
00:41:19parce qu'elle sentait bien
00:41:20qu'il y avait un moment
00:41:21une tentative de dérangement.
00:41:22Elle avait peur
00:41:23qu'il se passe quelque chose.
00:41:24En fait, il y avait cette urgence
00:41:26et elle a réussi à émerger.
00:41:28Mais c'est très conscient
00:41:29c'est qu'à peine elle a eu la conscience,
00:41:30elle le dit.
00:41:31Ça, c'est quelque chose
00:41:32qui fait froid dans...
00:41:33Quoi ?
00:41:34Qui est magique.
00:41:35D'un courage.
00:41:37De toute façon, cette petite,
00:41:38elle est courageuse.
00:41:41Et de toute façon,
00:41:41je sais que vous allez être plusieurs
00:41:44à lui écrire
00:41:44parce qu'elle va avoir besoin
00:41:45de vos encouragements.
00:41:47Parce que...
00:41:47Attendez la suite.
00:41:48Parce que Jade, aujourd'hui,
00:41:50vous vous en doutez,
00:41:52va mieux.
00:41:53Ce n'est pas encore ça.
00:41:55Mais à un moment,
00:41:56Jade, elle va sortir de ce corps.
00:41:58En tout cas,
00:41:59elle va ouvrir les yeux,
00:42:01recommuniquer.
00:42:01Oui.
00:42:02Comment ça se passe ?
00:42:03Parce que je suppose
00:42:03que tu en gardes un souvenir.
00:42:05C'est très émouvant.
00:42:07C'est-à-dire qu'elle commence
00:42:09des fois à ouvrir les yeux,
00:42:11à bouger la tête.
00:42:12Mais il nous faut quand même
00:42:13une quinzaine de jours
00:42:15pour réaliser qu'elle n'entend pas.
00:42:16Et ça, ça a été un choc assez fort
00:42:18parce qu'en fait,
00:42:20ce qui s'est passé,
00:42:21c'est qu'elle a le tronc cérébral lésé.
00:42:23Et donc, elle a une surdité,
00:42:24mais corticale.
00:42:25Ce n'est pas les tympans
00:42:26qui ne fonctionnent pas.
00:42:27Non, les nerfs sont intacts.
00:42:30C'est dans le cerveau
00:42:31que ça a été touché.
00:42:32Voilà.
00:42:32C'est-à-dire que le son peut rentrer,
00:42:33mais il n'est pas traduit,
00:42:35en gros.
00:42:35C'est incroyable, ça.
00:42:37C'est incroyable
00:42:38et c'est surtout très pénalisant.
00:42:39Donc, ça, on le réalise.
00:42:40Donc, c'est une énorme,
00:42:42qu'on dira...
00:42:42Elle qui aime la musique.
00:42:43Qui adore la musique,
00:42:44qui est là.
00:42:45Le piano, qui...
00:42:47Et puis, surtout,
00:42:48et on le vit toujours
00:42:48parce que c'est toujours le cas,
00:42:49pour communiquer,
00:42:50c'est très frustrant
00:42:50parce qu'on a un niveau
00:42:51de communication
00:42:51qui existe, mais qui est faible.
00:42:53C'est l'écriture.
00:42:54C'est l'écriture, voilà.
00:42:55Donc, à un moment,
00:42:56c'est l'ami de sa sœur
00:42:58qui a trouvé ce système.
00:42:59Il avait mis des lettres
00:43:00sur une grande pancarte.
00:43:02Ils ont dépassé le doigt
00:43:03et elle a été quand même
00:43:05dans un état assez...
00:43:06C'est un peu restreint, oui.
00:43:07Il a levé le doigt
00:43:08pour dire stop.
00:43:09D'accord.
00:43:10Et quand elle le levait
00:43:11deux fois de suite,
00:43:11on avait connu dans le code,
00:43:12ça voulait dire espace.
00:43:13Donc, c'est comme ça,
00:43:14lettre par lettre,
00:43:15qu'on faisait des phrases,
00:43:16qu'on réécrivait à côté,
00:43:17qu'on validait avec elle.
00:43:18D'accord.
00:43:18Et c'est comme ça
00:43:19qu'elle nous dit,
00:43:19c'est avec cette méthode-là
00:43:20qu'elle nous dit
00:43:21je suis revenu
00:43:21parce que j'avais peur
00:43:22qu'on m'oubliez.
00:43:23Il y a aussi un truc
00:43:23qui, pour moi,
00:43:24compte beaucoup,
00:43:24mais qui est aussi
00:43:26une zone d'interrogation,
00:43:27c'est quoi qu'il arrive,
00:43:28j'aurai un enfant.
00:43:31C'est pour montrer
00:43:32quand même l'état d'esprit
00:43:32de Jade.
00:43:34C'est quand même
00:43:34quelque chose
00:43:35qui est incroyable.
00:43:37Jade, avant ce 5 août 2022,
00:43:39c'est une combattante.
00:43:42Elle est déterminée
00:43:42dans tout ce qu'elle fait.
00:43:43Une lumière,
00:43:43c'est une étoile filante.
00:43:45C'est la vie.
00:43:47C'est énorme
00:43:48parce que ça a fait place
00:43:50à un épisode
00:43:51qui n'a duré que 2-3 jours
00:43:53où là,
00:43:53ça a été immensément dur
00:43:55en tant que parent
00:43:56pour tout le monde,
00:43:56d'ailleurs,
00:43:57pas que pour les parents.
00:43:58C'est qu'elle faisait
00:43:58des signes comme ça
00:43:59avec la main qui lui restait.
00:44:01Elle demandait,
00:44:02elle le disait,
00:44:02elle avait fait écrire
00:44:04c'est « tue-moi ».
00:44:05Et ça,
00:44:06c'est un enfer.
00:44:08C'est un enfer.
00:44:08Qu'est-ce que tu veux vivre ?
00:44:10Elle venait juste
00:44:10récupérer sa conscience
00:44:11et là,
00:44:12elle ne voulait pas.
00:44:14Ce qui,
00:44:15quelque part,
00:44:15on peut comprendre,
00:44:16on se dit
00:44:16combien de fois
00:44:18je l'ai peut-être dit moi-même,
00:44:19on dit des fois
00:44:20« si je ne peux plus me lever,
00:44:21si je suis handicapé,
00:44:22je préfère que vous me laissiez mourir. »
00:44:23Des fois,
00:44:23on a ce réflexe
00:44:24parce qu'on ne connaît rien.
00:44:25Oui,
00:44:26on le dit.
00:44:27S'il m'arrive un truc comme ça,
00:44:29s'il te plaît,
00:44:30fais-moi une piqûre
00:44:31et rentre tout le monde.
00:44:33En toute ignorance
00:44:33et puis sans réaliser.
00:44:35Et donc,
00:44:36quelque part,
00:44:37on se dit
00:44:38« mais qu'est-ce que j'ai fait ?
00:44:38Qu'est-ce qui s'est passé ? »
00:44:39Donc,
00:44:40on en vient douter
00:44:40de ses propres choix.
00:44:42Mais ce qui est admirable,
00:44:43c'est que passer ce moment-là
00:44:44qui a duré trois jours,
00:44:45ce n'est plus jamais revenu
00:44:45et elle est toujours allée
00:44:46vers l'avant.
00:44:46C'est elle qui a une détermination
00:44:48très très forte.
00:44:49Et quand j'en parle,
00:44:50alors ça se sent,
00:44:51je suis plus positif
00:44:51parce qu'il y a eu
00:44:53pendant un an
00:44:54des progrès
00:44:54quasiment tous les jours.
00:44:55Mais je t'ai...
00:44:56Tu sais,
00:44:56on se parlait régulièrement
00:44:58et je sentais
00:44:59les progrès de Jade
00:45:01on se parlait
00:45:02une fois tous les deux mois
00:45:03à peu près.
00:45:04Et je sentais
00:45:04les progrès de Jade
00:45:05avec ton état
00:45:06aussi
00:45:08parce qu'à chaque fois
00:45:09je te sentais
00:45:10plus à nouveau
00:45:11dans la vie,
00:45:12plus à nouveau
00:45:13dans le combat,
00:45:14plus sur tes deux jambes
00:45:17parce que Jade
00:45:18est revenu
00:45:19tout de même
00:45:19à un niveau
00:45:20aujourd'hui.
00:45:21Alors aujourd'hui,
00:45:22la situation,
00:45:23c'est,
00:45:24dans la réalité,
00:45:25elle est à plus
00:45:26de 80% invalide
00:45:27concrètement,
00:45:28ça veut dire quoi ?
00:45:28Elle est paralysée à droite.
00:45:31Paralysée à droite.
00:45:31Voilà,
00:45:31elle ne marche pas.
00:45:33Elle a ce qu'on appelle
00:45:34une ataxie à gauche.
00:45:35Alors une ataxie,
00:45:36c'est des tremblements
00:45:36un petit peu
00:45:37comme la maladie de Parkinson.
00:45:38Ce n'est pas pareil,
00:45:39mais c'est le même symptôme.
00:45:40Elle a la main qui tremble.
00:45:41Mais quand on dit
00:45:42la main qui tremble,
00:45:42il y a aussi le cerveau,
00:45:43la tête qui bouge
00:45:44et les yeux qui tremblent.
00:45:45Donc pour lire,
00:45:46elle a beaucoup de mal
00:45:46parce qu'elle a tous
00:45:47ces tremblements
00:45:48qui l'empêchent.
00:45:49Et quand elle communique,
00:45:50elle tape sur l'iPad
00:45:51mais avec un seul doigt
00:45:51parce qu'il faut bien viser.
00:45:53Donc ça demande
00:45:53un effort incroyable
00:45:54parce que des fois,
00:45:55forcément,
00:45:55ça tombe à côté.
00:45:57Elle n'entend pas.
00:45:58Donc c'est...
00:45:59Voilà.
00:46:00Par contre,
00:46:00ce qui est admirable,
00:46:01c'est que par rapport
00:46:02à...
00:46:02Quand j'ai cette image d'elle
00:46:04dans le lit à pointe à pitre,
00:46:06elle bouge,
00:46:07elle peut quand même
00:46:07bouger sa main.
00:46:08Elle arrive,
00:46:08elle parle,
00:46:09ce qui est quand même
00:46:10quelque chose d'extraordinaire.
00:46:11Elle parle ?
00:46:11Oui,
00:46:12parce qu'elle n'a pas parlé
00:46:12pendant quasiment un an et demi.
00:46:15Elle parle sans entendre.
00:46:16Ça, c'est quelque chose
00:46:18que je n'arrive même pas
00:46:19à comprendre comment elle fait.
00:46:20C'est-à-dire qu'en fait,
00:46:20il faut comprendre
00:46:21que lorsqu'on a eu un trauma
00:46:21comme ça,
00:46:22les gens ne savent même plus
00:46:23respirer normalement.
00:46:24Il faut d'abord
00:46:24qu'ils arrivent à retrouver
00:46:26une façon de respirer
00:46:27et pendant un an,
00:46:29elle n'a pas pu déglutir normalement
00:46:30donc elle n'avait pas le droit
00:46:31de manger des aliments normaux.
00:46:32Elle mangeait des aliments spécifiques.
00:46:33Elle lit ?
00:46:33Elle lit.
00:46:34Oui, elle lit beaucoup.
00:46:35Elle lit beaucoup
00:46:36dans le caractère...
00:46:37Mais bon,
00:46:38ça a moins...
00:46:38Ah oui,
00:46:39elle lit beaucoup
00:46:39et elle écrit.
00:46:40C'est la seule distraction,
00:46:41je dirais,
00:46:43à laquelle elle a le droit.
00:46:46si elle peut regarder
00:46:47des séries sous-titrées...
00:46:48Sous-titrées,
00:46:49bien entendu.
00:46:49On va au cinéma aussi
00:46:51regardant sous-titrées.
00:46:51Elle ne te fait plus jamais
00:46:52ce geste ?
00:46:53Non.
00:46:53D'accord.
00:46:54Non, non,
00:46:54plus jamais.
00:46:54Non, non,
00:46:55elle est vraiment dans le combat.
00:46:56Elle est plus dans...
00:46:58Elle,
00:46:58comme elle décrit son combat,
00:47:00elle a déjà gagné.
00:47:01Le combat qui était
00:47:02de rester en vie,
00:47:03il est gagné.
00:47:04Et maintenant,
00:47:04comme elle dit,
00:47:05ce sont ses mots.
00:47:05Moi, je n'ai pas les mêmes.
00:47:06Ça, c'est sa perspective.
00:47:08Donc, son combat est terminé
00:47:09et maintenant,
00:47:09elle est plus dans
00:47:10j'avance.
00:47:10Voilà, c'est ce qu'elle dit.
00:47:11J'avance.
00:47:12Et là,
00:47:12je fais un petit aparté
00:47:13pour vous qui nous regardez.
00:47:14S'il vous plaît,
00:47:16avancez avec Jade
00:47:17et écrivez-lui
00:47:19parce qu'elle verra
00:47:20cette vidéo
00:47:22que nous allons faire
00:47:22sous-titrer
00:47:24pour elle,
00:47:24pour qu'elle...
00:47:26Merci, super.
00:47:26Elle écoute le témoignage
00:47:28de son papa,
00:47:28mais elle verra aussi
00:47:29tous vos commentaires.
00:47:30Et je vous promets
00:47:31que cette petite,
00:47:33elle a tellement déjà fait
00:47:35preuve d'une niaque,
00:47:38d'une envie de vivre
00:47:40et de faire quelque chose
00:47:41de sa vie
00:47:41parce qu'on en est,
00:47:43comme l'a dit Jean-Marc,
00:47:44ça fait trois ans maintenant.
00:47:46Les choses peuvent encore
00:47:48évoluer
00:47:48puisqu'il y a trois ans,
00:47:50des sachants,
00:47:51des spécialistes
00:47:51ont donné mortes,
00:47:53je vous rappelle.
00:47:54Donc, il peut se passer
00:47:54encore plein de choses.
00:47:55Et vous,
00:47:56vous pouvez jouer
00:47:57un rôle là-dedans.
00:47:58Je le sais
00:47:59parce que pour la connaître
00:48:00un peu à travers Jean-Marc,
00:48:02je sais que tout ce que
00:48:03vous pourrez lui écrire
00:48:03la touchera.
00:48:05Aujourd'hui,
00:48:06donc,
00:48:07est-ce que les médecins
00:48:09en qui tu as dû perdre
00:48:10une certaine confiance
00:48:11quand même ?
00:48:11Mais il faut croire
00:48:13en les médecins quand même
00:48:14parce qu'il reste quand même
00:48:16ceux qui savent
00:48:17plus que nous.
00:48:17Oui, tout à fait.
00:48:18On te dit quoi ?
00:48:19On te dit que ça peut encore
00:48:21évoluer ?
00:48:22Est-ce que ça peut...
00:48:23Puis,
00:48:23il y a la recherche aussi.
00:48:24Il y a la recherche.
00:48:25Il y a toujours,
00:48:25il y a l'intelligence artificielle
00:48:27qui, par qui,
00:48:28il fait des miracles.
00:48:29C'est une bonne question.
00:48:31Ça n'a pas changé
00:48:31de stratégie
00:48:32par rapport à ce que
00:48:32j'ai dit tout à l'heure.
00:48:33C'est que pour les médecins,
00:48:34c'est toujours la politique du pire
00:48:35quoi qu'il arrive.
00:48:36Si c'est mieux,
00:48:36c'est une bonne nouvelle.
00:48:37Donc, si on écoute les médecins,
00:48:40non, elle ne marchera pas.
00:48:41Non, ça n'évoluera pas.
00:48:42C'est terminé.
00:48:42La seule qui est plus mesurée
00:48:45dans ses propos,
00:48:46c'est la neuro-URL
00:48:48qui dit
00:48:50on ne sait pas.
00:48:51Ça peut très bien revenir.
00:48:52Il y a des connexions
00:48:53qui pourraient se refaire
00:48:54pour entendre.
00:48:54Elle dit
00:48:54on ne peut pas être sûr
00:48:56à 100% qu'elle n'entendra pas.
00:48:57Mais la neuro-URL,
00:48:58ça reste quand même
00:48:59celle qui connaît le mieux
00:49:00le cerveau.
00:49:01Voilà.
00:49:02Oui, tout à fait.
00:49:02Parce que le cerveau
00:49:03reste quelque chose
00:49:04qui n'est pas encore
00:49:05tout à fait...
00:49:06Non, là, on sent bien
00:49:07qu'on est sur des terrains inconnus.
00:49:08D'accord.
00:49:09Donc, nous,
00:49:10on ne perd pas le sport.
00:49:11Jade fait beaucoup
00:49:11d'exercices de visualisation.
00:49:12C'est-à-dire qu'il y a quelque chose
00:49:13que certains sont arrivés
00:49:14à faire jusqu'au bout.
00:49:15C'est-à-dire,
00:49:15c'est tromper leur cerveau.
00:49:17C'est-à-dire de lui mentir
00:49:18pour lui faire croire
00:49:18par exemple
00:49:19que la main droite fonctionne.
00:49:20Alors, pour faire ça,
00:49:21il faut imaginer
00:49:22une séquence spécifique de sport
00:49:23ou quelque chose
00:49:24qu'on a fait par le passé
00:49:25et s'imaginer en train
00:49:26de le revivre
00:49:26et à force d'insister.
00:49:27Il y en a qui sont arrivés.
00:49:28Ils arrivent à retrouver
00:49:30un petit peu de mobilité
00:49:30parce qu'ils trompent le cerveau
00:49:31et finalement,
00:49:32ça recrée des liaisons nerveuses.
00:49:34Donc, elle fait beaucoup
00:49:35d'exercices comme ça.
00:49:36Alors, elle arrive un petit peu
00:49:36à bouger sa jambe paralysée
00:49:38parce qu'elle est paralysée
00:49:38mais en même temps,
00:49:39elle arrive à la soulever.
00:49:39Donc, tu vois que ça...
00:49:40Ah, il y a des choses qui se passent.
00:49:41Ça évolue.
00:49:42Oui, il y a des choses qui se passent.
00:49:44Au niveau de l'oreille,
00:49:44ça bouge
00:49:45parce que des fois,
00:49:45elle est très gênée,
00:49:46des fois, elle est moins gênée
00:49:46mais c'est quelque chose
00:49:47qui évolue.
00:49:48Donc, de toute façon,
00:49:50honnêtement,
00:49:50je m'accroche à ça
00:49:51parce que moi,
00:49:53contrairement à Jade,
00:49:54moi, je ne dirais pas
00:49:54que le combat est terminé pour moi.
00:49:56Je suis toujours à...
00:49:57Non, mais tu es à fond, toi.
00:49:58Oui.
00:49:58Tu es à côté d'elle.
00:49:59Oui, je suis à côté d'elle
00:50:00et puis j'ai toujours l'espoir.
00:50:02Il faut qu'elle revienne.
00:50:03Pour moi, il faut...
00:50:03C'est presque égoïste à la fin
00:50:04parce que il y a une partie de ma vie
00:50:07sur laquelle je m'interdis d'avancer
00:50:09parce que...
00:50:09Tu avances un peu plus, Jean-Marc.
00:50:10Oui.
00:50:12Je te le dis.
00:50:13Oui, d'accord.
00:50:13Parce qu'il y a trois ans,
00:50:17tu n'as avancé plus du tout.
00:50:19Il y a deux ans.
00:50:19Mais ça, je ne réalise pas toujours.
00:50:20Tu avances presque pas.
00:50:22Mais depuis quelques temps,
00:50:24je trouve que tu t'es autorisé
00:50:27d'avancer encore un peu
00:50:28parce qu'en plus de ça,
00:50:29je pense que Jade t'a communiqué aussi
00:50:31qu'il fallait que tu vives
00:50:32et que tu avances aussi.
00:50:34Mais Jade me l'a communiqué.
00:50:35Elle me gronde aussi.
00:50:37Si je ne bouge pas,
00:50:38je vais l'avant
00:50:39parce que ça n'aide pas.
00:50:39Parce que tu es important pour elle.
00:50:41Oui, oui.
00:50:42Et puis ça n'aide pas.
00:50:43Surtout que...
00:50:43Il faut que tu ailles bien.
00:50:44Oui, oui.
00:50:44Si elle a un papa
00:50:45qui est au fond du saut,
00:50:46ça n'aide pas du tout.
00:50:48Et puis elle veut être acceptée
00:50:49telle qu'elle est aujourd'hui.
00:50:51Donc ça aussi,
00:50:51c'est quelque chose
00:50:52qui me fait comprendre clairement.
00:50:53On arrive à trouver
00:50:54des mots de complicité.
00:50:55Il y en a.
00:50:56Mais là où moi,
00:50:57j'ai du mal,
00:50:58même si ça va mieux,
00:50:59c'est...
00:51:00Alors je le raconte souvent,
00:51:01c'est qu'il y a toutes les étapes
00:51:04qu'en tant que père,
00:51:05on connaît
00:51:05et qu'on a envie de vivre.
00:51:07Déjà, elle avait une fois son salaire,
00:51:09mais c'est terminer ses études,
00:51:11faire son dernier stage,
00:51:13le copain,
00:51:13la célébration
00:51:14dans la fin des écoles,
00:51:16avoir un enfant,
00:51:17tous ces trucs-là,
00:51:18tous ces choses,
00:51:18pour moi,
00:51:18je ne dis pas que c'est terminé,
00:51:19on ne sait pas,
00:51:20mais il y a toutes ces choses-là,
00:51:23je les avais tellement anticipées
00:51:24que je n'arrive pas à y renoncer.
00:51:26Honnêtement,
00:51:26je ne suis pas encore à ce stade-là
00:51:27de me dire,
00:51:28il faut se laisser...
00:51:29Il y en a qui m'écrivent
00:51:29et qui me disent,
00:51:30il faut croire des fois en Dieu,
00:51:31mais il faut croire,
00:51:32il faut avancer
00:51:33et se projeter.
00:51:34Il y a forcément des bonnes nouvelles
00:51:34dans tout ça.
00:51:35Même si je suis plus positif qu'avant,
00:51:37j'ai du mal à mettre une croix
00:51:39sur ces moments de famille.
00:51:40Moi, je veux les vivre.
00:51:41C'est ton ami qui te parle,
00:51:42il y a trois ans,
00:51:43tu voulais mourir.
00:51:44Ah oui, ça oui.
00:51:46Donc, aujourd'hui,
00:51:47tu as du mal à faire une croix là-dessus.
00:51:49Et en même temps,
00:51:51moi, tu sais,
00:51:51j'ai toujours dit à ma fille,
00:51:53toujours,
00:51:54il y a toujours de l'espoir.
00:51:55Comme j'ai toujours dit
00:51:56à tous les gens
00:51:57que j'ai interviewés
00:51:58et qui étaient dans le dur,
00:52:01il faut toujours garder l'espoir.
00:52:02Parce que de toute façon,
00:52:03l'espoir,
00:52:04c'est...
00:52:04Tu vois, pour moi,
00:52:05c'est comme
00:52:06la première marche de l'escalier.
00:52:08Si tu n'as pas
00:52:09cette première marche-là,
00:52:10t'es baisé.
00:52:12Tu vois ce que je veux dire ?
00:52:13Tu n'avanceras pas,
00:52:14tu n'avanceras plus.
00:52:15Donc, du coup,
00:52:16il faut toujours garder l'espoir.
00:52:18Et puis,
00:52:19j'ai envie de te dire
00:52:20qu'elle,
00:52:22elle est l'espoir incarné.
00:52:24Elle s'est battue.
00:52:26Elle a dû en avoir
00:52:26dans sa petite caboche
00:52:28et enfermée dans son corps
00:52:29de l'espoir, Jade,
00:52:30pour faire tous les progrès
00:52:32qu'elle a fait.
00:52:32Donc, au même titre
00:52:33qu'elle a fait ses progrès,
00:52:34tu arriveras à faire des croix
00:52:37ou pas sur certaines choses.
00:52:39Mais finalement,
00:52:40ce qui est important aujourd'hui
00:52:41pour moi,
00:52:42c'est de te voir avancer
00:52:43et de voir
00:52:44que tu as le sourire
00:52:45et puis qu'il se passe
00:52:46des choses dans ta vie
00:52:47à toi
00:52:47qui sont ta vie
00:52:49et qu'on garde pour nous
00:52:50parce que ça ne regarde
00:52:51pas tout le monde.
00:52:51Mais en tout cas,
00:52:53voilà.
00:52:53Je voudrais quand même
00:52:54qu'on prenne le temps
00:52:56aussi de parler
00:52:58parce que j'ai toujours,
00:52:59tu sais,
00:52:59ce côté militant,
00:53:02ce côté de vouloir un peu
00:53:06redresser les lignes
00:53:07qui sont un peu tordues
00:53:08et me farcir un peu
00:53:10tous ceux qui,
00:53:11dans des situations
00:53:12comme celle-là,
00:53:14n'ont pas fait leur boulot
00:53:15ou n'ont pas fait
00:53:16comme il fallait.
00:53:18Il y a deux jeunes gens
00:53:20avinés ce jour-là
00:53:22ayant loué
00:53:23un scooter des mers
00:53:25pas dans les normes
00:53:27à une entreprise.
00:53:29C'est quoi cette entreprise ?
00:53:30Est-ce qu'elle avait
00:53:31une autorisation ?
00:53:32Oui, oui,
00:53:33ils avaient des autorisations.
00:53:34Mais en tout cas,
00:53:35elle n'a pas loué
00:53:37ses jet skis
00:53:39comme elle aurait dû les louer.
00:53:40Donc, elle est fautive
00:53:41et elle est à l'origine
00:53:42de ce drame.
00:53:43Comment la justice,
00:53:44comment s'est-elle
00:53:46positionnée par rapport
00:53:47à tout ça ?
00:53:48Alors, au départ,
00:53:49la justice n'a considéré
00:53:50que le cas du conducteur,
00:53:52d'ailleurs.
00:53:53Du conducteur ?
00:53:53Du conducteur et c'est tout.
00:53:55D'accord.
00:53:56Et ça a été une des raisons,
00:53:57je dirais,
00:53:59entre autres,
00:54:00de l'infarctus que j'ai eu
00:54:01parce que l'avocat de Jade
00:54:02voulait juste accepter ça
00:54:03et moi, j'ai dit
00:54:03c'est impossible.
00:54:05On a une société
00:54:06qui n'avait pas fait
00:54:08ce qu'il fallait dans les règles,
00:54:09qui était au courant
00:54:11que les deux conducteurs
00:54:12avaient vus,
00:54:12qui ne sont pas du tout
00:54:13venus à son secours
00:54:14lorsqu'on était sur la plage.
00:54:15Tu ne m'as pas parlé
00:54:16à l'époque aussi
00:54:17d'une société
00:54:17qui était proche des gendarmes
00:54:20parce que là-bas,
00:54:22c'est une île,
00:54:22en Guadeloupe.
00:54:23Je suis allé aux Antilles,
00:54:24j'ai vu un peu
00:54:24comment ça se passait.
00:54:25Je suis à moitié Corse,
00:54:26donc je sais qu'à un moment,
00:54:28il y a des liens
00:54:31qui se créent entre les gens
00:54:32et je te paye un coup
00:54:33et tiens,
00:54:34tu veux faire un tour
00:54:34de jet ski ?
00:54:35Vas-y.
00:54:36Et puis,
00:54:36quand il y a un truc comme ça,
00:54:38le gendarme,
00:54:39il va regarder à droite
00:54:39au lieu de regarder à gauche.
00:54:41Mais on est là-dedans
00:54:41parce qu'en fait,
00:54:44avec toi et je le refais,
00:54:45c'est que je suis toujours
00:54:46à la recherche de témoignages
00:54:47parce qu'en fait,
00:54:49les gendarmes n'ont pris
00:54:49aucun témoignage.
00:54:51Ils n'ont relevé
00:54:52aucun numéro de téléphone,
00:54:53aucun nom de personne
00:54:53sur la plage
00:54:54pour dire ce qui se passait
00:54:55parce que ce qui s'est passé
00:54:56sur l'eau,
00:54:56bien entendu,
00:54:57il n'y avait pas de témoins,
00:54:58c'était trop loin.
00:55:00En dehors des protagonistes,
00:55:01donc les deux conducteurs,
00:55:02le moniteur,
00:55:03j'adais moins.
00:55:04Mais sur la plage,
00:55:04il y avait plein de témoins
00:55:05qui ont vu ce qui s'est passé
00:55:06et qui ont vu aussi
00:55:07que cette société n'a rien fait
00:55:08et qui ont vu le comportement.
00:55:11Mais les gendarmes
00:55:11n'ont pris aucun numéro de témoin.
00:55:13Alors vous qui me regardez,
00:55:15vous qui allez tomber
00:55:16sur cette vidéo,
00:55:17s'il vous plaît,
00:55:18quand vous écoutez
00:55:20le combat
00:55:22qui a été celui
00:55:23de cette petite Jade,
00:55:24le courage
00:55:25qui a été celui
00:55:26de cette petite Jade
00:55:27et puis celui
00:55:28de son père aussi
00:55:29parce qu'il fallait tenir debout,
00:55:31le 5 août 2022
00:55:32aux alentours de 16h30,
00:55:34si vous étiez
00:55:34sur cette plage
00:55:35de Guadeloupe
00:55:35qui s'appelle ?
00:55:36Le souffleur.
00:55:37Le souffleur.
00:55:38Oui, à Port-Louis.
00:55:39C'est important
00:55:40pour la justice
00:55:41que vous puissiez apporter
00:55:43votre témoignage.
00:55:44Si vous avez vu
00:55:45ces deux gamins
00:55:47boire,
00:55:48si vous avez remarqué
00:55:48quelque chose d'anormant,
00:55:50si vous étiez là,
00:55:51faites-le pour Jade
00:55:52et faites-le pour Jean-Marc aussi.
00:55:54C'est important.
00:55:56Et puis ça fait partie
00:55:57de nos devoirs
00:55:58d'hommes et de femmes
00:55:59qui contribueront
00:56:01à ce que justice
00:56:02soit faite
00:56:03autour de,
00:56:04tout de même,
00:56:05la vie saccagée
00:56:06d'une petite
00:56:07pour laquelle
00:56:08tout s'ouvrait.
00:56:10Alors maintenant,
00:56:11sa vie est autre,
00:56:13mais la justice,
00:56:14aujourd'hui,
00:56:15elle en est où ?
00:56:16Est-ce qu'il y a eu
00:56:16un procès ?
00:56:17En mars 2024,
00:56:19le conducteur a été
00:56:20condamné
00:56:21à deux ans de prison
00:56:21avec sursis.
00:56:23Donc bon,
00:56:24il ne va pas en prison.
00:56:25Il a fait appel
00:56:26et ce même jour,
00:56:28ils ont décidé
00:56:28de disjoindre
00:56:29les affaires,
00:56:30c'est-à-dire
00:56:31qu'ils n'ont jugé
00:56:31que le conducteur.
00:56:32ils se sont déclarés
00:56:34un compétent
00:56:34pour juger
00:56:35la société de jet ski
00:56:35et le moniteur.
00:56:36Aujourd'hui,
00:56:37c'est censé être
00:56:38du côté de Cayenne
00:56:39qui est le tribunal maritime
00:56:41spécialiste de statuer,
00:56:42mais depuis fin mars,
00:56:43c'est ce qui me rend fou
00:56:45et c'est aussi important
00:56:47d'être avec toi aujourd'hui
00:56:48pour ça,
00:56:49pour faire bouger les lignes.
00:56:50Il ne se passe rien,
00:56:51pas de son,
00:56:52pas d'image.
00:56:53C'est-à-dire
00:56:53quand il ne dit rien,
00:56:54il n'y a rien,
00:56:54il n'y a pas un courrier,
00:56:55il n'y a pas une date
00:56:56encore de posée.
00:56:57Ton avocat,
00:56:58les relances,
00:56:59je suppose ?
00:56:59Les relances,
00:57:00on n'a aucune nouvelle
00:57:00nulle part
00:57:01et c'est quelque chose
00:57:03qui est un petit peu
00:57:03comme dans le parcours médical
00:57:04et très difficile
00:57:05déjà quand on est victime,
00:57:06c'est qu'on a l'impression
00:57:07vraiment d'être
00:57:08dans un no man's land.
00:57:10Tout le monde est indifférent.
00:57:12Moi, je ne sais pas
00:57:13comment te dire autrement.
00:57:14On ne sait pas
00:57:14ce qui va se passer.
00:57:15Moi, je vais te le dire autrement.
00:57:16Tu vois,
00:57:16quand on s'appelle
00:57:17Monsieur Aleno,
00:57:18par exemple,
00:57:19je vous parle à vous
00:57:19et qu'on reçoit
00:57:21des ministres,
00:57:23des vedettes,
00:57:24qu'on a le talent
00:57:26que cet homme a
00:57:27mais qu'on vit un drame
00:57:29comme il a vécu
00:57:30et qu'on fait bouger
00:57:32les choses,
00:57:32les lignes,
00:57:33là,
00:57:33les politiques se bougent
00:57:35pour légiférer
00:57:36sur le droit routier.
00:57:39Jean-Marc,
00:57:40bon,
00:57:40Jean-Marc,
00:57:41il est de Bordeaux,
00:57:42personne ne connaît,
00:57:43Jade,
00:57:44pareil,
00:57:45mais c'est exactement
00:57:46la même chose
00:57:47deux gamins.
00:57:49L'un est mort,
00:57:50le fils de Monsieur Aleno
00:57:51est mort,
00:57:52Jade aurait très bien
00:57:53pu mourir.
00:57:55Le combat de Jean-Marc
00:57:56aujourd'hui,
00:57:56et d'ailleurs,
00:57:57tu m'as parlé
00:57:57de Monsieur Mano
00:57:59aussi,
00:58:00du côté d'Arcachon
00:58:00qui a perdu son fils.
00:58:03Lui est mort,
00:58:04il faut légiférer
00:58:06sur ce droit,
00:58:07comment se comporter
00:58:08sur la mer
00:58:08ou sur les étangs d'eau
00:58:09et il est temps
00:58:10que cette justice
00:58:11bouge.
00:58:12Donc,
00:58:13à Cayenne,
00:58:14on va obligatoirement
00:58:15voir cette vidéo aussi.
00:58:16Qu'est-ce que vous faites ?
00:58:19Qu'est-ce que vous faites ?
00:58:21Votre métier aujourd'hui,
00:58:22c'est de répondre
00:58:23à ce père,
00:58:24c'est de répondre
00:58:24à cette gamine
00:58:27qui attend
00:58:28de vos nouvelles,
00:58:29qui attend
00:58:30qu'on juge
00:58:31de cette situation
00:58:33tout à fait
00:58:34anormale
00:58:35et qui est
00:58:35un véritable scandale
00:58:36parce que ça devrait
00:58:37être déjà jugé.
00:58:39Est-ce que
00:58:40Jade a reçu
00:58:41une indemnisation
00:58:43qu'est-ce que...
00:58:44En France,
00:58:44on a la civile,
00:58:45c'est-à-dire
00:58:45que c'est plutôt
00:58:47un organisme d'État
00:58:47qui permet aujourd'hui
00:58:49à Jade
00:58:49d'avoir des auxiliaires
00:58:50de vie
00:58:51pour sa vie
00:58:51aujourd'hui
00:58:52dans son appartement
00:58:53mais
00:58:54elles peuvent être contestées
00:58:55à tout moment.
00:58:56On n'a pas
00:58:57l'intervention des assurances
00:58:58parce qu'il n'y a aucun jugement.
00:58:59Donc,
00:58:59au-delà du temps
00:59:00qui est long,
00:59:01c'est qu'il y a un risque
00:59:02économique et financier
00:59:03qui est réel
00:59:04parce qu'aujourd'hui,
00:59:05vivre comme Jade vit,
00:59:07il faut le dire,
00:59:08c'est une dépense
00:59:09qui est importante
00:59:09parce qu'elle a 24-24.
00:59:10Bien sûr.
00:59:1124 heures d'assistance
00:59:12par jour,
00:59:12tout le temps.
00:59:13Elle n'est jamais seule
00:59:13parce qu'elle n'a aucune autonomie.
00:59:15Et ça,
00:59:15il faut qu'on ait des coupables
00:59:18clairement définis
00:59:19pour que les assurances
00:59:19puissent prendre le relais
00:59:20et qu'elles puissent
00:59:21être, entre guillemets,
00:59:21sécurisés
00:59:22parce que là,
00:59:22on n'est pas sécurisés
00:59:23parce qu'à tout moment,
00:59:24la civile,
00:59:25donc la caisse d'indemnisation
00:59:26aux victimes
00:59:26peut s'arrêter de verser.
00:59:27Mais la civile,
00:59:28c'est l'État ?
00:59:29C'est l'État.
00:59:29OK.
00:59:30C'est nous.
00:59:30Et l'État ?
00:59:31Il y a des gens
00:59:32qui travaillent
00:59:33dans cet État
00:59:33aujourd'hui
00:59:34qui nous regardent.
00:59:35Alors,
00:59:35si ça vous plaît
00:59:35de payer,
00:59:36les gars,
00:59:37pour d'autres,
00:59:39OK,
00:59:40même si vous payez
00:59:41avec notre argent
00:59:41parce que je le rappelle,
00:59:43c'est l'argent
00:59:43de nos impôts
00:59:44qui payent la civile.
00:59:46Aujourd'hui,
00:59:46on a clairement
00:59:47une situation
00:59:49où une gamine
00:59:50de 20 ans
00:59:50se retrouve handicapée
00:59:52à 80%
00:59:53et dans les conditions
00:59:54que vous avez entendues
00:59:56avec des responsables.
00:59:58Il y a d'abord
00:59:59le conducteur
01:00:00du jet ski
01:00:01qui est responsable.
01:00:03Mais il y a
01:00:04l'entreprise
01:00:05qui louait
01:00:06ses jet skis
01:00:07qui a manqué
01:00:08totalement
01:00:10à son devoir
01:00:11de faire signer
01:00:13déjà une assurance
01:00:13parce que
01:00:14lorsque
01:00:15on loue
01:00:16des jet skis,
01:00:17il faut faire signer
01:00:17une assurance
01:00:18qu'on paye
01:00:18en plus
01:00:19de la location.
01:00:20Il fallait
01:00:21remplir
01:00:22les conditions
01:00:22de sécurité.
01:00:23Donc,
01:00:23il y a
01:00:23des responsables
01:00:25et je pousse
01:00:26plus loin
01:00:26pour vous aider
01:00:27un peu.
01:00:28Ces gens-là
01:00:29en Guadeloupe
01:00:30étaient assurés.
01:00:32Quand on est
01:00:32entrepreneur aujourd'hui
01:00:33et qu'on loue
01:00:34des jet skis,
01:00:35on est assuré.
01:00:36Ça veut dire
01:00:36aujourd'hui
01:00:36qu'il y a
01:00:37un assureur,
01:00:38une compagnie
01:00:38d'assurance
01:00:40que cet entrepreneur
01:00:41payait
01:00:42depuis,
01:00:43je ne sais pas,
01:00:435 ans,
01:00:4410 ans,
01:00:44depuis le temps
01:00:44qu'il existait.
01:00:45Ce jour-là,
01:00:46il y a eu un accident
01:00:47et l'assurance
01:00:47est là pour payer
01:00:48parce que...
01:00:50Et tout le monde
01:00:50se renvoie à la faute.
01:00:51Tu sais,
01:00:51les assureurs aussi
01:00:52aujourd'hui,
01:00:53mais on parlera de vous
01:00:54les assureurs aussi,
01:00:55ne vous inquiétez pas,
01:00:56vous êtes au menu
01:00:57de mon monde.
01:00:59La nouvelle race
01:01:00d'assureurs
01:01:00ne veut plus payer.
01:01:02Tu leur files
01:01:02plein de thunes,
01:01:03mais quand il y a
01:01:04un problème...
01:01:05Ils ne sortent plus rien.
01:01:05Non,
01:01:06ils ne sortent plus rien.
01:01:06On ne va pas
01:01:07vous lâcher.
01:01:08On va continuer
01:01:09à parler de Jad,
01:01:10on va continuer
01:01:11à parler
01:01:11de ce qui s'est passé
01:01:13ce 5 août 2022
01:01:14sur la plage du Souffleur
01:01:16en Guadeloupe.
01:01:17Je vous promets
01:01:18qu'on ne lâchera pas.
01:01:19Il faut que justice
01:01:21soit rendue
01:01:21à cette jeune fille.
01:01:23Il faut que justice
01:01:24soit rendue
01:01:24à son père,
01:01:26à sa mère aussi
01:01:27et à toutes celles
01:01:28et ceux
01:01:28qui aiment Jad.
01:01:29Et puis,
01:01:30il en va
01:01:30de la logique.
01:01:33Ce jour-là,
01:01:35plusieurs personnes
01:01:36ont manqué
01:01:37à leur devoir
01:01:37et c'est une gamine
01:01:38de 20 ans
01:01:40à l'époque
01:01:40qui en a fait les frais.
01:01:41La prochaine étape,
01:01:42en fait,
01:01:42parce qu'à part
01:01:43le silence radio,
01:01:44de Cayenne,
01:01:46c'est ça
01:01:46que tu attends
01:01:47aujourd'hui,
01:01:48Jean-Marc ?
01:01:48C'est ça
01:01:48que j'attends
01:01:49et puis,
01:01:49dans la prochaine étape,
01:01:50c'est continuer
01:01:53des approches
01:01:53innovantes
01:01:54un petit peu
01:01:54pour essayer
01:01:55des jeunes.
01:01:56La prochaine étape,
01:01:57c'est continuer
01:01:57la rééducation
01:01:58qu'elle a suspendue
01:01:59pour les vacances d'été,
01:02:00qu'elle reprenne
01:02:01et qu'elle continue
01:02:02à rentrer davantage
01:02:03encore dans sa vie
01:02:04puisqu'elle fait
01:02:04beaucoup de choses
01:02:05comme avant,
01:02:05quand même.
01:02:06Elle fait des activités
01:02:07comme tout le monde.
01:02:09La prochaine étape,
01:02:10c'est passer
01:02:11à la marche suivante
01:02:12et toujours monter,
01:02:13monter et jamais
01:02:14s'arrêter sur l'escalier
01:02:15de l'espoir.
01:02:15De l'espoir,
01:02:16vous en avez
01:02:16parce que vous avez
01:02:18sacrément fait preuve,
01:02:19toi et elle,
01:02:20d'une force de vie
01:02:21incroyable,
01:02:22en tout cas moi,
01:02:22qui m'inspire
01:02:23et qui,
01:02:24je suppose,
01:02:25va inspirer
01:02:26beaucoup de gens
01:02:26qui vont découvrir
01:02:28votre histoire
01:02:29à tous les deux.
01:02:30Merci beaucoup
01:02:30d'être venu
01:02:31parce que je sais
01:02:31que tu as un emploi
01:02:32du temps en plus
01:02:33très serré de Bordeaux,
01:02:35mais merci
01:02:35d'être venu nous voir.
01:02:36Merci à toi
01:02:37pour ton aide permanente.
01:02:39Non,
01:02:39mais comme je te l'ai dit,
01:02:39on ne lâchera pas.
01:02:40Et puis vous non plus,
01:02:41vous ne lâcherez pas.
01:02:42Être militant,
01:02:43c'est aussi pour le bien
01:02:45des autres
01:02:45et c'est aussi pour ça
01:02:47que cette chaîne existe.
01:02:48Merci de nous avoir suivis
01:02:49et puis surtout,
01:02:50n'oubliez pas,
01:02:51abonnez-vous.
01:02:52Prenez soin de vous,
01:02:53faites attention à vous.
01:02:54Salut.
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