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#OlivierDelacroix #DansLeMondeDOlivier #Negzzia
🎙️ Dans le monde d’Olivier – Épisode 1 : Negzzia, le courage de la liberté

Pour ce premier épisode de Dans le monde d’Olivier, je reçois Negzzia, mannequin et femme engagée, qui a fui l’Iran pour échapper à l’oppression. À travers son témoignage bouleversant, elle dénonce la violence du régime iranien, notamment celle exercée contre les femmes, et partage avec moi son combat pour la liberté, la dignité et la vérité.
Ensemble, nous parlons de la force de résister, du chemin vers la liberté, et de ce que cela signifie de rester fidèle à soi-même dans un monde souvent en perte de repères.

✨ Des confidences profondes, une parole libre, un échange sincère entre deux êtres habités depuis toujours par une liberté inconditionnelle.
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Sur une idée originale d'Olivier Delacroix
Production : Propulse by Reworld Media
Productrice exécutive : Sara Foucaut
Rédactrice en chef : Hélène Corbie
Chargée Editoriale : Laëtitia Carneiro Gomes
Chargée de production : Julia Sanchez
Réalisation : Samuel Robbe
Assistant caméra et cadreur : Studio Bens
Maquillage : Cassandre by Noob Agency
Montage : Kateryna Mishyna
Edito et Post prod : Olivier Delacroix, Hélène Corbie, Cécilia Hopital
Merci à Negzzia pour son témoignage.

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Transcription
00:00:00Et les directeurs de l'école, tous les jours, restent devant nous.
00:00:03S'il neige, s'il pleut, s'il fait très chaud, on s'en fiche.
00:00:07On vient tous dans les mêmes lignes.
00:00:09Il faut toucher l'épaule des enfants devant nous, à la respecte à Roménie.
00:00:14Et tous les jours, il faut en répéter, mort à États-Unis, mort à Israël, viva Palestine.
00:00:21Roménie, il a un livre, dans ce livre, il a écrit, vous pouvez même se marier avec 9 ans-nés.
00:00:27Mais pour relation sexuelle, seulement attendez jusqu'à le bébé grandit de 9 ans.
00:00:34Dans notre télé, parfois, ils nous montrent les films français, les films Hollywood.
00:00:39Mais ce n'était même pas la vraie histoire.
00:00:41C'était censuré.
00:00:42C'était censuré et changé les dialogues.
00:00:44Par exemple, Al Pacino, sans raison, au milieu de Godfrey, il dit, je déteste États-Unis et j'aime Roménie.
00:00:50Si vous êtes toute seule et que vous êtes une femme, s'il y a un mec qui n'est pas votre mari, il ne faut pas mettre votre chargeur dans la prise.
00:00:57Parce que ça excite l'homme.
00:00:58Est-ce que ça vous excite, ça ?
00:01:00Je vous dis la mentalité des gens qui contrôlent le pays.
00:01:03Donc la femme, c'est seulement pour sexe et bébé.
00:01:06Sexe et bébé.
00:01:07Oui.
00:01:07J'avais honte d'être une femme.
00:01:09Il faut cacher mon corps.
00:01:10Il faut cacher mes seins, pour cacher tout mon corps.
00:01:14Depuis petit, je pensais que ce n'est pas bien d'être une femme.
00:01:18Bonjour à toutes et à tous.
00:01:19Merci d'être là.
00:01:20Vous le savez, cette chaîne YouTube, c'est tout d'abord un espace de liberté.
00:01:25Et dans le monde d'Olivier, eh bien oui, on milite pour une certaine forme de liberté.
00:01:30Et aujourd'hui, plus que jamais, on va parler de cette liberté.
00:01:35Parce que finalement, nous, petits Françaises et Françaises, petits Européens et Européennes,
00:01:43nous avons pour la plupart toutes et tous grandi dans une insouciance,
00:01:50dans cette chance de vivre dans des pays libres.
00:01:53Et la jeune femme que j'accueille aujourd'hui, elle n'a pas eu cette chance.
00:01:57Et je suis ravi de l'accueillir parce qu'elle va nous parler bien évidemment d'elle,
00:02:02mais elle va nous parler de toute une jeunesse et d'un pays dans lequel la liberté est souvent brimée,
00:02:09violentée, étouffée.
00:02:11Et c'est pour ça que je suis très fier et très heureux de vous accueillir, Nexia, aujourd'hui.
00:02:15Merci mille fois de venir nous voir.
00:02:19Ma première question, parce qu'il y a ce livre au titre qui est comme un coup de poing,
00:02:27« Dis adieu à ton corps ».
00:02:29D'abord, bonjour et merci pour m'inviter.
00:02:31Oui, j'ai écrit ce livre, c'est sur mon histoire et mes expériences comme une femme iranienne.
00:02:38Oui.
00:02:39J'ai né en Tehran, en Iran, la capitale d'Iran.
00:02:43Le nouveau gouvernement, il est arrivé pour la génération de mes parents.
00:02:47On ne choisit pas où on vient de naître en fait.
00:02:50On ouvre les yeux, on se trouve dans une famille, dans une maison.
00:02:54D'abord, on pense que notre famille, c'est en fait le monde entier.
00:03:02Après, on comprend quelle ville, quel pays on est, les règles c'est quoi.
00:03:07Et j'étais totalement habituée à toutes les règles, parce que je ne savais pas autrement en fait.
00:03:15Les gouvernements, quand ils ont changé, ils ont fait peur à mes parents et à les parents de tout le monde en fait.
00:03:24Lorsque vous évoquez le changement de gouvernement, parce que vous êtes né en 90, c'est ça ?
00:03:30Oui, c'était une génération de mes parents en fait.
00:03:32Mais on parle là d'une page de l'histoire, d'ailleurs une page dans laquelle la France et François Mitterrand,
00:03:40le président français de l'époque, a joué un rôle central, puisque c'est l'ayatollah Khomeini,
00:03:47protégé par la France à l'époque, qui arrive, c'est la chute du Shah d'Iran,
00:03:54et l'arrivée donc des religieux aux manettes de l'Iran.
00:03:59Exactement. En fait, personne ne connaissait Khomeini en fait.
00:04:02On ne savait même pas, il est qui en fait.
00:04:05Tout le monde qu'on raconte, même les histoires qu'on voit dans telle révolution,
00:04:10tout le monde était de dire, pas du tout en fait.
00:04:12Il y a plein de gens qui ne savaient même pas ce qui se passe en fait.
00:04:14Et soudainement, Khomeini arrive de nulle part avec le soutien de France, d'Angleterre.
00:04:24Et même le premier jour, quand vous cherchez les vidéos de Khomeini,
00:04:28quand il arrive, si je ne me trompe pas, c'est le ministre d'Angleterre
00:04:32qui touche les mains de Khomeini et il met les croix dans les têtes des gens
00:04:38que si vous les touchez, en fait, c'est un mec qui est comme Dieu, en fait, c'est comme prophète.
00:04:44Et c'est trop bizarre.
00:04:47Donc, ça dirait que ce n'était pas 100% le peuple qui a décidé en fait.
00:04:51C'était, je crois, les autres gouvernements, ils ont décidé que c'est la fin des gouvernements
00:04:57par la vie.
00:04:59Et maintenant, cet homme a changé.
00:05:01C'est quelque chose que je pense.
00:05:03Et quand on voit plein de vidéos, vraiment vieilles, vieilles vidéos de révolution,
00:05:08vous pouvez voir tout, en fait, c'est tout, c'est bizarre, en fait.
00:05:12Je garde, moi, le souvenir quand même de l'arrivée de l'avion Air France
00:05:18Oui, Air France, dans lequel est l'ayatollah Khomeini et une foule hystérique qui l'attend.
00:05:28Peut-être que je suis malade mentale, mais tout ce que l'on voit dans la télé, ça peut
00:05:32être comme le cinéma, un petit peu.
00:05:34Vous pouvez ramener les gens, vous pouvez faire les choses pour faire quelque chose d'historique.
00:05:39Ce n'était pas comme aujourd'hui avant pour moi.
00:05:43Parce que, par exemple, mon père, il ne savait même pas que la révolution va arriver, en
00:05:47fait.
00:05:48Les gens, ils ont fait la vie, en fait.
00:05:50Je ne dis pas qu'il n'y avait pas les gens qui ont été d'accord, mais il y a plein
00:05:54de vidéos, il y a plein de prouves qu'il y avait beaucoup de gens qui n'étaient pas
00:05:59d'accord avec la République islamique.
00:06:01Et dans la rue, ils ont coupé la voie des gens qui n'étaient pas d'accord.
00:06:06Donc, on entend seulement les voix, les gens qui ont dit qu'on est d'accord.
00:06:10Et même les gens qui ont dit qu'on est d'accord, il y a plein de gens qui, aujourd'hui,
00:06:15ils ont regretté parce qu'il est arrivé avec un promis que vous ne payez pas de l'eau,
00:06:21vous ne payez pas de l'électricité.
00:06:23Je vous fais ça, je vous fais ça.
00:06:25Et en fait, l'ijab, ce n'est pas, on dit islamique, mais ce n'est pas l'islam qui
00:06:30décide, ce n'est pas, en fait, il a dit totalement des choses différentes.
00:06:34Mais quand ils ont arrivé, quand le roi, il est parti, soudainement, tout ça a changé.
00:06:39L'ijab, il est bien, en fait, obligé et tout le monde, ils n'étaient pas d'accord.
00:06:46Ils ont voulu faire quelque chose de meilleur pour le pays.
00:06:50Ils ont la touée, massacré tout le monde.
00:06:53Et je me souviens, une génération de mes parents, ils en avaient vraiment peur parce
00:06:58que quand vous faisiez quelque chose ou vous voulez faire manifester ou quelque chose,
00:07:03ils vous ramènent aux prisons.
00:07:05Ils tiraient tous les angles, en fait, et ils torturaient vraiment horriblement, viols,
00:07:10tortures.
00:07:11Donc, un peu, un peu, tout le monde vient en silence, en fait, en silencieux.
00:07:15Personne n'avait le courage à dire quelque chose.
00:07:17Même, ils n'étaient pas d'accord.
00:07:20Donc, c'était une ambiance très bizarre.
00:07:23Et moi, je n'ai pas vu cette ambiance avec mes yeux.
00:07:26Vous étiez toute petite.
00:07:27Oui.
00:07:27Et après, quand je viens de naître, donc, je voyais comment mes parents, ils en avaient
00:07:33peur.
00:07:33En fait, je voyais, il y avait deux mondes dans la maison.
00:07:36On danse, on écoute les chansons que les gens qui ont parti des pays, ils ont été
00:07:44aux États-Unis, aux Européens, n'importe où.
00:07:46On écoute ça, on danse, on boit alcool.
00:07:50Mais dehors de la maison, c'était totalement différent.
00:07:53On avait vraiment peur.
00:07:54Je me souviens, même mes parents, ils n'avaient pas le droit à faire bisous, à prendre
00:07:57les mains de chacun dans la rue.
00:07:59Même, ils ont été mariés.
00:08:01Il faut savoir, pour vous qui nous regardez, pour les plus jeunes d'entre nous qui écoutent
00:08:07Nexia, que l'arrivée de l'Ayatollah Khomeini marque un changement radical dans un pays
00:08:14dont on dit qu'il est le berceau de l'humanité.
00:08:18L'Iran, les Perses sont à l'origine, par exemple, des mathématiques.
00:08:25L'Iran, très tôt dans le monde, était un pays influent avec de grands philosophes,
00:08:33de grands penseurs.
00:08:33Le peuple iranien, à la base, est un peuple libre, un peuple joyeux, créatif.
00:08:41Et l'arrivée de Khomeini et de ses gardiens de la Révolution va marquer un basculement
00:08:48total dans l'obscurantisme, en fait, dans ce que vous connaissez aujourd'hui à travers
00:08:54d'autres pays.
00:08:56Mais finalement, l'arrivée de l'Ayatollah Khomeini marque une bascule vers un islamisme radical.
00:09:05En fait, on ne peut même pas dire que c'est l'islam.
00:09:07Ils ont fait les règles que ça n'existe pas, en fait.
00:09:12Par exemple, les choses qu'ils ont dites.
00:09:16En fait, moi, j'étais condamnée à coup de fouet.
00:09:19Après, je vous raconte pour quelles raisons.
00:09:22Les règles, c'est qu'il faut mettre le livre d'islam, le Coran, en dessous de votre bras.
00:09:27Donc, vous ne pouvez pas taper assez fort pour arracher les peaux ou les choses.
00:09:33Ils ont fait la même chose, mais ils ont mis dans l'autre bras et ils tapent avec l'autre main.
00:09:37Donc, en fait, je ne comprends pas.
00:09:40Tout d'abord, c'est trop violent de faire des choses à les gens, spécialement,
00:09:46qu'ils ont vraiment, ils n'ont pas criminels, ils n'ont pas tué quelqu'un,
00:09:49ils n'ont pas, même quand, je ne sais pas, ils ont construit les règles que ça n'existe pas.
00:09:57Moi, en fait, quand j'ai grandi un petit peu et l'Internet arrive,
00:10:03en fait, j'ai compris, l'amont, ce n'était pas ça.
00:10:07En fait, je me souviens, même en Iran, quand j'étais petite,
00:10:10mon papa, il adorait la musique.
00:10:11Donc, il vient dans le moment quand le roi, il était là-bas,
00:10:15donc il faisait, comme il dit, au disco, danser, la vie normale de tous les jeunes.
00:10:22Vous appelez le roi le chat d'Iran.
00:10:24Exactement.
00:10:24Le chat d'Iran qui, en plus, entretenait des relations avec tous les dirigeants occidentaux,
00:10:33qui était un grand de ce monde.
00:10:35Exactement.
00:10:36Et dont la femme était…
00:10:37Il a fait un erreur.
00:10:38Il a fait une erreur, oui.
00:10:39Une erreur, et l'erreur, c'était que dans son dernier interview,
00:10:45il a dit, il veut changer l'Iran et il veut, en fait, monter une étape en plus
00:10:52pour l'Iran, pour les jeunes, pour toutes les choses.
00:10:55Donc, il a dit, on vous donne plus de services, en fait,
00:11:00à l'États-Unis et à l'Europe.
00:11:03Et vous pouvez chercher cette interview, ça existe.
00:11:06Et après cette interview, les Roménies arrivent, soudainement.
00:11:10Donc, parfois, je me dis, s'ils faisaient les choses qu'ils voulaient en silence,
00:11:17peut-être que le gouvernement ne pouvait jamais changer.
00:11:20En tout cas, moi, je me souviens de cette époque, Nexia,
00:11:23et j'ai été très étonné de voir comment le chat d'Iran est lâché par tous ses amis,
00:11:32soi-disant, et comment Roménies arrive sans que personne ne l'en empêche.
00:11:38Oui, c'est tout ça.
00:11:38Alors, je pense qu'il y a beaucoup de mensonges dans les promesses de Roménies.
00:11:41Si vous le voulez bien, on va parler de vous spécifiquement,
00:11:46de votre regard enfant.
00:11:51Est-ce que, quels sont vos premiers souvenirs de, justement,
00:11:56ce climat instauré par Roménies et par les gardiens de la Révolution ?
00:12:02Le premier problème, ça commence quand j'étais petite,
00:12:06j'ai commencé à aller à l'école, en fait.
00:12:07Parce que dans la maison, quand j'étais moins petite, c'était cool.
00:12:12Donc, je pensais, par exemple, quand on voulait acheter les films,
00:12:16les films américains, Hollywood, ça n'existait pas au cinéma.
00:12:21Donc, quand on achetait une drague, on appelle un mec qui arrive avec une grande valise,
00:12:26il avait VHS, il avait tous les films dedans, l'alcool dedans.
00:12:30Si on voulait, on achète ça.
00:12:31Donc, pour moi, c'était un monde très cool.
00:12:33Mais quand je rentrais dans l'école, j'ai compris,
00:12:36non, le monde, ce n'était pas comme ça.
00:12:38Tous les matins, à 6h, à 7h du matin,
00:12:41tous les enfants, il faut bien dans les, je ne sais pas comment vous dites,
00:12:44jardins des cours d'école.
00:12:46Le cours d'école.
00:12:47Oui.
00:12:48S'il neige, s'il pleut, s'il fait très chaud, on s'en fiche.
00:12:52On vient tous dans la même ligne.
00:12:54Et les directeurs de l'école, tous les jours, ils restent devant nous.
00:13:00Et on peut tous toucher, il faut toucher l'épaule des enfants devant nous.
00:13:06Oui.
00:13:07À la respect à Roménie et Roménie.
00:13:10Et tous les jours, il faut, on répète, mort à États-Unis, mort à Israël.
00:13:17Viva Palestine.
00:13:19Viva Roménie.
00:13:20En fait...
00:13:22Tous les jours.
00:13:22Tous les jours.
00:13:23D'accord.
00:13:24Tous les jours.
00:13:25Tous les jours.
00:13:27Je me souviens, dans l'école, en fait, ils vérifiaient tous les jours les chaussettes.
00:13:32Si les chaussettes, il y avait, par exemple, un petit dessin,
00:13:36ils nous frappent.
00:13:38Pourquoi tu as ça?
00:13:39Il faut que tu sois simple.
00:13:40Une femme, il ne faut pas faire attention à comment tu t'habilles.
00:13:44Ce n'est pas pour ça.
00:13:45Dans l'école, ils nous apprennent les règles de l'islam.
00:13:50Mais chaque fois que je demande une question,
00:13:53j'étais poni.
00:13:55Dans différentes façons.
00:13:57Un, j'ai écrit dans un livre,
00:13:58que moi, j'ai demandé
00:14:01pourquoi dans toutes les religions,
00:14:04que ça existe au monde entier,
00:14:06on peut prier,
00:14:08on peut parler avec Dieu,
00:14:09avec notre propre langue.
00:14:11Moi, je ne comprends pas ce que je suis en train de dire.
00:14:15Et Dieu, donc, il n'est pas assez fort
00:14:17s'il ne comprend pas mon langue.
00:14:19Et j'étais poni.
00:14:20Ils ont mis à laver ma bouche avec savant
00:14:23pour ne pas aller au enfer.
00:14:26Et un autre problème,
00:14:28dans l'école qu'on avait,
00:14:29à 9 ans,
00:14:30à l'âge de 9 ans,
00:14:32ils ont nous fait une fête
00:14:34qu'en fait, en Perse, on dit
00:14:36fête des hebadats,
00:14:37c'est-à-dire fête des priés
00:14:39et fête
00:14:40qu'en fait, vous êtes prêts
00:14:41pour se marier dans cet âge.
00:14:43À 9 ans.
00:14:44À 9 ans.
00:14:45À 9 ans.
00:14:46Ils nous mettent tous
00:14:47un hijab total blanc,
00:14:49caché les chevaux,
00:14:50caché les corps.
00:14:51et les directrices nous expliquent
00:14:55que maintenant,
00:14:56il faut cacher votre chevaux,
00:14:58votre corps,
00:14:59parce que ça excite les hommes.
00:15:01À 9 ans.
00:15:02À 9 ans.
00:15:04Et moi, comme un enfant,
00:15:05j'ai dit,
00:15:05mais pourquoi vous ne faites pas
00:15:07en fait pour les garçons
00:15:09avec culottes,
00:15:10avec clés,
00:15:11s'ils ne peuvent pas
00:15:12se contrôler ?
00:15:14Donc, ils sont ma vie
00:15:14vraie de l'école.
00:15:16Donc, mes parents,
00:15:18tous les jours,
00:15:19me parlaient,
00:15:20arrête de demander
00:15:20de questions.
00:15:21Si tu as des questions,
00:15:22tu pars avec nous.
00:15:24C'est comme ça.
00:15:25C'est comme ça.
00:15:26Il ne faut pas dire
00:15:27quelque chose.
00:15:28Mais imaginez,
00:15:28comme un enfant,
00:15:30on a plein de questions,
00:15:31mais il faut que je demande
00:15:32à mes parents.
00:15:33Et toujours,
00:15:34les réponses étaient,
00:15:35c'est comme ça.
00:15:36Ou par exemple,
00:15:36mon papa,
00:15:37il vient en colère,
00:15:38les Irans,
00:15:38ce n'était pas comme ça.
00:15:40Ils ont changé
00:15:42toutes les choses,
00:15:42ce n'est pas comme ça.
00:15:44Ils ont changé
00:15:45même les croyants des gens.
00:15:48Mais mon réponse
00:15:49pour toutes les choses,
00:15:50c'était ça.
00:15:51Mais après,
00:15:54l'Internet arrive en Iran
00:15:55pour mon génération.
00:15:57Mais avec Internet,
00:15:59je commence à chercher,
00:16:02je ne sais pas,
00:16:03comme toutes les filles
00:16:04qui adorent un chanteur,
00:16:06quelque chose.
00:16:06Mais j'ai tombé sur
00:16:07les images
00:16:09et les libertés
00:16:10des autres femmes.
00:16:11En fait,
00:16:12Mongol en Iran,
00:16:13comme pour mon génération,
00:16:14c'était,
00:16:15on grandit,
00:16:17on s'est éduqués
00:16:18et il faut se marier.
00:16:20Et il y avait,
00:16:21en fait,
00:16:21en Iran,
00:16:21il y a deux groupes.
00:16:23Un groupe,
00:16:24ils ont d'accord
00:16:24avec le gouvernement
00:16:25et d'autres groupes,
00:16:26ils n'ont pas d'accord.
00:16:27Mais imaginez,
00:16:28il y a les familles
00:16:29qui donnent sa petite-fille
00:16:31à se marier
00:16:32avec un mec
00:16:32de 60 ans.
00:16:34Ils sont d'accord
00:16:34avec ça.
00:16:36Mais d'autres groupes
00:16:38comme nous,
00:16:39jamais.
00:16:40Votre famille
00:16:42était plutôt
00:16:42une famille
00:16:44de middle class.
00:16:46Votre maman
00:16:46était professeure
00:16:47de yoga,
00:16:48votre père ingénieur.
00:16:50On peut dire
00:16:50qu'il y a un niveau
00:16:51intellectuel
00:16:52dans cette famille
00:16:53qui fait que
00:16:55tous ces préceptes
00:16:58dont vous nous parlez,
00:16:58nouveau,
00:17:00le mariage
00:17:01pour les petites filles
00:17:01de 9 ans,
00:17:02c'est quelque chose,
00:17:03bien évidemment,
00:17:04pour vos parents
00:17:05qui ne peut pas exister.
00:17:06comment,
00:17:09à l'époque,
00:17:10parce qu'on va parler
00:17:10de votre adolescence
00:17:11et justement,
00:17:11on va parler
00:17:12de l'arrivée d'Internet
00:17:13et justement
00:17:14du choc
00:17:15pour vous
00:17:16thermique
00:17:17qu'est l'arrivée
00:17:18d'Internet.
00:17:18Mais quel souvenir
00:17:20vous gardez
00:17:20de la proportion
00:17:22de gens
00:17:23qui adhèrent
00:17:25à Coménie
00:17:26et puis
00:17:27l'autre groupe,
00:17:30un groupe silencieux,
00:17:32bien évidemment,
00:17:33qui fait attention ?
00:17:34Quel est le plus important ?
00:17:35Est-ce qu'il y a plus
00:17:36de gens
00:17:36qui sont contre
00:17:37Roménie
00:17:37d'emblée ?
00:17:39Oui.
00:17:39Oui, 100%.
00:17:40Ça veut dire
00:17:40100% ?
00:17:42100%,
00:17:42on est plus
00:17:44qu'autre.
00:17:45Mais comme je vous dis,
00:17:47en fait,
00:17:47c'est comme si ici,
00:17:48vous ferez révolution,
00:17:50révolution,
00:17:51non pardon,
00:17:51un coup d'État,
00:17:52manifestation
00:17:54presque tous les jours.
00:17:56Oui.
00:17:56OK.
00:17:57Mais si tous les jours,
00:17:58le gouvernement sort,
00:18:00vous les prends,
00:18:01on prend votre enfant
00:18:02dans la prison
00:18:03et on les tortue,
00:18:05et il faut rester
00:18:06toute sa vie
00:18:06dans la prison.
00:18:07Oui.
00:18:08Beaucoup de jeunes
00:18:09Iraniens ont disparu.
00:18:09On massacre
00:18:10les gens dans la roue
00:18:11pour arrêter
00:18:12les manifestations.
00:18:12Oui.
00:18:13Donc, on vient
00:18:14silencieux.
00:18:15Même mes parents,
00:18:16ils ont été
00:18:16plutôt open-minded
00:18:20et ils ont pensé
00:18:21différemment.
00:18:23Même eux,
00:18:23ils avaient vraiment peur.
00:18:26Bien sûr.
00:18:27Et donc, moi aussi,
00:18:29j'ai grandi avec peur.
00:18:31Donc, il faut faire
00:18:32exactement comme
00:18:32c'est la règle, en fait.
00:18:35C'est le souvenir,
00:18:36Nekia,
00:18:36que vous gardez
00:18:37de votre adolescence,
00:18:40de faire attention
00:18:42à ce que l'on dit,
00:18:43à la manière
00:18:44dont on s'habille,
00:18:46dont on est.
00:18:47Est-ce que vous avez été
00:18:48une jeune,
00:18:49une adolescence ?
00:18:50Plein de fois,
00:18:51j'étais arrêtée
00:18:51par police de mort.
00:18:54En fait, imaginez,
00:18:55vous avez hijab.
00:18:57Oui.
00:18:57On ne voit rien.
00:18:59Mais, par exemple,
00:19:01c'est été,
00:19:01c'est chaud.
00:19:02Je ne peux pas garder
00:19:03mon hijab
00:19:04vraiment comme il faut.
00:19:06Si je lâche
00:19:07un petit peu
00:19:07et on voit mon cou
00:19:09ou un petit peu
00:19:10mon jean,
00:19:11c'était court,
00:19:12vous voyez un petit peu
00:19:13partie de mes pieds.
00:19:16Et ce n'est pas seulement moi,
00:19:17tout le monde.
00:19:18Les police de mort,
00:19:19ils en avaient toujours
00:19:20les vins dans la rue
00:19:21et ils nous arrêtent
00:19:23et ils nous frappent.
00:19:24Ils vous frappent.
00:19:27Ça veut dire que
00:19:28toutes ces jeunes femmes
00:19:29en Iran
00:19:29portent ce hijab.
00:19:34On n'avait pas le choix.
00:19:35Aujourd'hui,
00:19:35ça a changé.
00:19:36Oui, on parlera d'aujourd'hui.
00:19:37Mais à l'époque,
00:19:38toutes ces femmes.
00:19:40Mais imaginez,
00:19:40devant les voitures,
00:19:42il y avait les vins
00:19:43des policiers
00:19:44et au début,
00:19:45c'était que les hommes.
00:19:47Mais comme les règles
00:19:48qu'ils ont dit,
00:19:49les hommes,
00:19:49ils n'ont pas le droit
00:19:50à toucher les femmes.
00:19:52Donc,
00:19:52on pouvait courir,
00:19:53on pouvait partir,
00:19:54ils ne pouvaient pas
00:19:55nous arrêter.
00:19:56Mais après,
00:19:56ils ont ajouté les femmes
00:19:58que moi,
00:20:00personnellement,
00:20:00moi et mes amis,
00:20:01on l'appelle Zorro.
00:20:02Parce qu'ils rassemblent
00:20:03vraiment des Zorro.
00:20:04Ils ont vraiment
00:20:05vêtements de Zorro.
00:20:06Habillés tout en noir.
00:20:07Voilà, en noir.
00:20:08Oui.
00:20:08Donc,
00:20:10quand on arrive,
00:20:10ils prennent des chevaux
00:20:12et si tu insistes
00:20:15que tu ne veux pas
00:20:15aller dans cette van,
00:20:17ils nous frappent.
00:20:19Et vous ne savez même pas,
00:20:20vous,
00:20:21les stress,
00:20:22toutes les choses
00:20:23qu'ils nous donnent,
00:20:24pour rien.
00:20:26Pour rien.
00:20:26parce que j'ai montré
00:20:28cette partie de mon peau.
00:20:29Oui.
00:20:30Donc,
00:20:31ça ne va pas du tout.
00:20:32Mais après,
00:20:34en fait,
00:20:35j'ai commencé
00:20:36à lire
00:20:37plein de choses
00:20:38sur
00:20:39qui était Roménie,
00:20:41qu'est-ce qu'il a dit.
00:20:42Et j'étais choquée,
00:20:42en fait,
00:20:43un petit peu.
00:20:44Imaginez,
00:20:45il y a les livres.
00:20:46Vraiment,
00:20:47ça existe.
00:20:47Même sur Internet,
00:20:49vous pouvez chercher.
00:20:50Ça existe.
00:20:51Les paroles
00:20:51de ce mec,
00:20:53en fait,
00:20:54j'ai compris,
00:20:55ils ont
00:20:55monstres,
00:20:56mais ils n'ont pas
00:20:57les monstres
00:20:58que vous croyez.
00:21:00Ils ont
00:21:00les monstres
00:21:01seulement pour
00:21:01les couples.
00:21:03Vous voyez
00:21:04les barres,
00:21:04vous voyez
00:21:05les vêtements
00:21:05et on dit
00:21:06qu'ils sont
00:21:07dangereux.
00:21:08Mais pour moi,
00:21:09ils n'ont que
00:21:10pervers et pédophiles
00:21:12qui met
00:21:13les règles,
00:21:13en fait,
00:21:14pour les gens.
00:21:15Imaginez,
00:21:16Roménie,
00:21:16il a un livre.
00:21:17Dans ce livre,
00:21:18il a écrit
00:21:19« Vous pouvez même
00:21:20se marier
00:21:21avec nos vaux-nés,
00:21:22mais pour
00:21:23relations sexuelles,
00:21:24seulement attendez
00:21:26et toucher
00:21:27avec votre doigt
00:21:28jusqu'à
00:21:29le bébé
00:21:29grandir
00:21:30de l'âge
00:21:31de 9 ans,
00:21:329 ans
00:21:32ou quelques âges. »
00:21:33Mais qui écrit
00:21:35ça dans un livre
00:21:36et avec fierté,
00:21:37il annonce ça.
00:21:39Imaginez,
00:21:40il y a
00:21:40une autre phrase
00:21:41de Roménie
00:21:42qui est
00:21:43leader
00:21:44des pays.
00:21:45Oui.
00:21:46Il dit
00:21:46s'il y a
00:21:48seulement
00:21:50imaginez ça,
00:21:51s'il y a
00:21:51un tremblement
00:21:52de terre
00:21:53et un mec
00:21:54des plafonds
00:21:56saute
00:21:57sur sa tante
00:21:58et sa tante
00:21:59tombe enceinte,
00:22:01ce bébé
00:22:02est d'accord
00:22:03qu'on peut
00:22:03le garder.
00:22:04Mais qui
00:22:05va penser
00:22:06à des choses
00:22:06comme ça ?
00:22:07Sexuel malade.
00:22:08Et c'est
00:22:09un livre
00:22:09sur ça.
00:22:10C'est un,
00:22:12sans doute,
00:22:12un malade
00:22:13mental
00:22:14qui dirigeait
00:22:15l'Iran
00:22:16et que nous,
00:22:18occidentaux,
00:22:19nous avons laissé
00:22:20s'installer
00:22:21en Iran.
00:22:22Exactement.
00:22:23Un bébé,
00:22:25pouvoir se marier
00:22:25avec un bébé.
00:22:27Et toucher
00:22:27parce que
00:22:28vous ne voulez pas
00:22:29les bébés morts,
00:22:30donc vous utilisez
00:22:31votre main.
00:22:32Un nouveau nez.
00:22:34Et évidemment,
00:22:36les malades
00:22:36mentaux,
00:22:37imaginez,
00:22:38il y a
00:22:38une autre phrase
00:22:39qu'il dit,
00:22:40en fait,
00:22:41on a prié
00:22:43dans l'islam,
00:22:44notre prier,
00:22:45normalement,
00:22:46à la fin,
00:22:46on met deux genoux
00:22:47sur le sol
00:22:48et la tête
00:22:48sur le sol.
00:22:49Il a écrit,
00:22:50il y a une phrase
00:22:51qu'il dit,
00:22:53si vous êtes en train
00:22:54à,
00:22:54une femme
00:22:55qui n'est pas mariée
00:22:56ou son mari,
00:22:57il est mort,
00:22:58si elle est en train
00:22:59de prier
00:22:59et un autre frère
00:23:00qui est musulmane,
00:23:02ça le excite.
00:23:03Si frère,
00:23:03il commence
00:23:04à avoir
00:23:05acte sexuel
00:23:05sur elle,
00:23:06il ne faut pas
00:23:07arrêter de prier.
00:23:08Mais en fait,
00:23:09les phrases,
00:23:10quand vous pensez,
00:23:11vous demandez
00:23:12les questions
00:23:13est-ce que je suis
00:23:13en train de vivre
00:23:15dans le pays
00:23:15avec le gouvernement
00:23:16qui pense à ça
00:23:18à la place
00:23:19de régler
00:23:19les problèmes
00:23:20du pays,
00:23:21vous écrivez
00:23:22un livre
00:23:23sexuel
00:23:23il y a quelques années
00:23:25dans la télé,
00:23:26il y a quelques années,
00:23:27ça c'est le livre,
00:23:28dans la télé.
00:23:29Ils ont dit,
00:23:31et ça,
00:23:31je ne fais pas blague
00:23:32dans la télé,
00:23:33tout le monde
00:23:34les regarde,
00:23:35il y a un mot là
00:23:36qui a dit,
00:23:37il ne faut pas,
00:23:38si vous êtes tout seul
00:23:39et vous êtes une femme,
00:23:40s'il y a un mec
00:23:42que ce n'est pas
00:23:42votre mari,
00:23:44il ne faut pas
00:23:44mettre votre chargeur
00:23:45dans prise
00:23:46parce que ça excite
00:23:48l'homme.
00:23:49Est-ce que ça vous excite
00:23:50ça,
00:23:50les chargeurs
00:23:51dans prise
00:23:52où il faut
00:23:53être vraiment pervers ?
00:23:55Donc imaginez,
00:23:56les gens comme autres
00:23:57décident pour ma vie,
00:23:59décident pour la vie
00:23:59de mes parents,
00:24:00décident pour la vie
00:24:02des nouvelles générations
00:24:03et générations après.
00:24:04Ça, c'est problème.
00:24:05Oui,
00:24:06c'est plus qu'un problème,
00:24:08Nekhia.
00:24:09Vous avez vécu
00:24:12l'action
00:24:13et la création
00:24:16d'un fantasme politique
00:24:19de Mola,
00:24:22Roménie en tête,
00:24:23qui voulait
00:24:25pas anéantir
00:24:28les femmes
00:24:28mais asservir
00:24:30les femmes.
00:24:30Évidemment,
00:24:31pour ça,
00:24:31il faut qu'on se cache
00:24:32comme ça.
00:24:33Il faut,
00:24:33on n'a pas le droit
00:24:34de parler danser
00:24:35quand les prises
00:24:36vous excite.
00:24:37Évidemment,
00:24:37mes cheveux
00:24:38vous excite aussi.
00:24:39Vous êtes malade.
00:24:41Vous êtes malade.
00:24:42Je n'aurais jamais
00:24:42même pensé
00:24:43à cette image-là
00:24:44et en parler
00:24:46à la télévision.
00:24:47Ben oui.
00:24:49Imaginez
00:24:50tremblement
00:24:50de terre.
00:24:52Pourquoi les mecs,
00:24:53en fait,
00:24:54même les physiques,
00:24:55ça ne marche pas.
00:24:55Si vous avez
00:24:56l'expérience
00:24:57d'avoir sexe
00:24:58une fois dans votre vie,
00:24:59vous savez
00:25:00pourquoi il est
00:25:00tout nu
00:25:01sur le plafond
00:25:02et sa tente,
00:25:04il est dans quelle position
00:25:05et pourquoi sa tente
00:25:06et si tu tombes,
00:25:09personne tombe enceinte.
00:25:11En fait,
00:25:12c'est vraiment maladie.
00:25:13C'est horrible
00:25:15à penser.
00:25:16Ce n'est pas possible,
00:25:17ça.
00:25:17En tout cas,
00:25:19ce type de pensée
00:25:20ne peut germer
00:25:23que dans la tête
00:25:24de quelqu'un
00:25:25qui, mentalement,
00:25:27n'est pas en place.
00:25:29Bon,
00:25:30alors j'ai fait
00:25:30votre connaissance
00:25:31à travers
00:25:31différentes interviews
00:25:32que vous avez données.
00:25:35La première fois
00:25:35que je vous ai vus,
00:25:37j'ai vu
00:25:37ce que j'étais,
00:25:40moi, tout petit.
00:25:41Je dis toujours
00:25:42que j'ai toujours
00:25:42été un enfant.
00:25:44Au plus loin
00:25:44que je me souvienne,
00:25:46libre.
00:25:47Et j'ai eu
00:25:48ce sentiment
00:25:48en vous écoutant,
00:25:50en écoutant
00:25:51vos premiers mots
00:25:51en français.
00:25:53C'était chez
00:25:54Sonia de Villers,
00:25:54d'ailleurs,
00:25:55que je vous ai découvert.
00:25:57Et je me suis dit
00:25:58que cette femme
00:26:00a été
00:26:00une enfant
00:26:02libre
00:26:03dès le début,
00:26:05avide,
00:26:07vorace de liberté.
00:26:09Donc,
00:26:09vous nous avez raconté
00:26:10l'adolescence
00:26:11et tout ce que vous avez subi
00:26:13comme privation de liberté.
00:26:16Mais à 18 ans,
00:26:18est-ce que vos 18 ans,
00:26:20c'est aussi l'arrivée
00:26:22d'Internet
00:26:23et l'accès ?
00:26:25Oui.
00:26:26En fait,
00:26:27avec Internet,
00:26:28j'ai commencé
00:26:28à regarder
00:26:29plus qu'il faut.
00:26:30Par exemple,
00:26:32oui,
00:26:32on pouvait acheter
00:26:33pas dans la façon
00:26:35que vous achetez
00:26:36les films
00:26:36ou Fnac
00:26:37ou les trucs,
00:26:38comme je vous dis,
00:26:39comment acheter
00:26:40les drogues.
00:26:42Mais en même temps,
00:26:42dans notre télé,
00:26:43parfois,
00:26:43ils nous montrent
00:26:44les films français,
00:26:45les films Hollywood
00:26:47ou n'importe quel pays.
00:26:49mais ce n'était même
00:26:52pas la vraie histoire.
00:26:53C'était censuré un peu,
00:26:54non ?
00:26:55Censuré
00:26:55et changer les dialogues.
00:26:57Par exemple,
00:26:57Al Pacino,
00:26:58sans raison,
00:26:58au milieu de Godfrey,
00:27:00il dit
00:27:00« Je déteste les États-Unis
00:27:01et j'aime Khomeini ».
00:27:03Oui,
00:27:04par exemple,
00:27:04on se regarde,
00:27:05on dit
00:27:05« Mais vous pensez
00:27:07qu'on est con, quoi ? »
00:27:08Oui.
00:27:09Par exemple,
00:27:10on était fan
00:27:11d'une série
00:27:12que je crois,
00:27:13si je ne me trompe pas,
00:27:13c'était coréenne,
00:27:15cette série.
00:27:16Et on a adoré
00:27:17cette série.
00:27:18Mais Corée,
00:27:19il a acheté
00:27:19cette série
00:27:20en Iran,
00:27:21de l'Iran,
00:27:22parce qu'ils ont fait
00:27:22tellement de censure.
00:27:24C'est une femme
00:27:24qui travaille très fort,
00:27:26elle était très gentille,
00:27:28mais dans la version originale,
00:27:30elle était prostituée.
00:27:32Mais ils ont fait
00:27:33tellement de changements
00:27:34et le scénario,
00:27:35il a changé tellement
00:27:36qu'ils ont acheté
00:27:37les idées.
00:27:38D'accord.
00:27:38Et ils ont fait
00:27:39une version iranienne ?
00:27:40D'accord.
00:27:41Et imaginez,
00:27:42en fait,
00:27:43on regarde la télé,
00:27:44on sait que tout c'est faux.
00:27:48Par exemple,
00:27:48je vous dis un exemple.
00:27:49Quand j'arrive en France,
00:27:51vous avez les gilets jaunes
00:27:52dans la rue.
00:27:54Oui.
00:27:54Et j'ai vu avec Mésio,
00:27:57dans la télé d'Iran,
00:27:59le journaliste,
00:28:00il a dit,
00:28:01les gilets jaunes
00:28:02sont là
00:28:02pour protéger
00:28:04la Palestine.
00:28:06Et moi,
00:28:07quand j'entends,
00:28:08je me dis,
00:28:09mais c'est une autre histoire.
00:28:11donc tout c'est mentir
00:28:12dans notre pays,
00:28:14dans la télé.
00:28:16Donc,
00:28:16avec Internet,
00:28:17je commence à voir
00:28:18la vraie film,
00:28:20la vraie musique,
00:28:21la musique vidéo,
00:28:22les choses
00:28:23diorques d'Iran.
00:28:24Et alors,
00:28:25j'ai une première question
00:28:26que tout le monde
00:28:26doit se poser,
00:28:27là,
00:28:27en vous écoutant.
00:28:30Comment
00:28:30les MOLA
00:28:32arrivent-ils
00:28:35à bloquer
00:28:36Internet ?
00:28:37Parce que
00:28:37ce n'est pas facile.
00:28:39Vous avez accès
00:28:40à beaucoup de choses
00:28:41sur Internet ?
00:28:42Avec VPN.
00:28:43Avec VPN.
00:28:44Oui.
00:28:45Le miracle VPN.
00:28:46Oui,
00:28:46franchement.
00:28:47D'accord.
00:28:48Mais aujourd'hui,
00:28:48même ça,
00:28:49ça ne marche pas,
00:28:49donc ils coupent
00:28:50totalement Internet
00:28:51quand il faut.
00:28:52Ils arrivent
00:28:53à couper Internet
00:28:54complètement ?
00:28:55Oui.
00:28:55Par exemple,
00:28:56il y a quelques années,
00:28:58j'avais zéro connexion
00:28:59avec ma famille
00:28:59à cause de
00:29:02toutes les choses
00:29:03qui arrivent en Iran
00:29:04sur l'histoire de Marsa.
00:29:06Mais,
00:29:07ben oui,
00:29:08mais on vit dans un pays
00:29:09où tous ces mensonges
00:29:11et dans mon génération,
00:29:14en fait,
00:29:14on a essayé
00:29:15à changer un petit peu
00:29:16les règles des hijabs,
00:29:17donc ça devient plus facile,
00:29:19mais comme
00:29:19histoire que
00:29:20tout le monde
00:29:21l'a entendu
00:29:21dans la télé,
00:29:23on fait plein
00:29:24de manifestations
00:29:25en Iran,
00:29:26nous les jeunes.
00:29:27Mais chaque fois,
00:29:29encore,
00:29:29on était arrêtés,
00:29:30aller aux prisons,
00:29:32comme toutes les histoires.
00:29:34Et mes parents,
00:29:35ils m'ont demandé
00:29:36à ne faire plus rien
00:29:37parce qu'il y avait
00:29:38une règle en Iran
00:29:39qu'en fait,
00:29:41quand vous arrêtez
00:29:41une fille,
00:29:42par exemple,
00:29:43elle n'a fait rien,
00:29:44elle fait seulement
00:29:44une manifestation,
00:29:45elle n'est pas d'accord
00:29:46avec le gouvernement.
00:29:47Ils ont
00:29:48donné la règle
00:29:51qu'elle est morte,
00:29:53donc ils vont les tuer
00:29:53dans la rue,
00:29:54devant les yeux,
00:29:56les gens,
00:29:56ou parfois même pas.
00:29:57Si la fille,
00:29:58elle est virgine,
00:29:59ils n'ont pas le droit
00:29:59de faire ça.
00:30:02Mais ils les violent,
00:30:03après ils ont dit
00:30:04que ce n'était pas virgine,
00:30:05ce n'était pas virgine.
00:30:06D'accord,
00:30:06donc ils la violent
00:30:07et ensuite ils la tue.
00:30:08Oui.
00:30:08Il faut que vous sachiez,
00:30:09vous qui nous regardez,
00:30:11alors la plupart d'entre vous
00:30:12doivent bien évidemment
00:30:13être au courant
00:30:14et doivent connaître
00:30:16l'histoire et la situation
00:30:17de l'Iran.
00:30:19Mais aujourd'hui,
00:30:21on peut compter des milliers,
00:30:23voire plusieurs centaines
00:30:25de milliers
00:30:25de jeunes Iraniens
00:30:27et de jeunes Iraniennes
00:30:29qui ont été assassinés,
00:30:31qui ont disparu en Iran,
00:30:34simplement parce qu'ils avaient
00:30:36manifesté leur envie
00:30:37d'un peu plus de liberté.
00:30:39Vous avez manifesté
00:30:40vous aussi, Nexia ?
00:30:42Ben oui.
00:30:42Vous saviez que vous
00:30:43risquiez votre vie
00:30:44en manifestant ?
00:30:45Oui, mais...
00:30:46Parce qu'on a l'image
00:30:46de ces gardiens
00:30:47de la révolution
00:30:48et ces gardiens
00:30:50qui sont en moto
00:30:51avec leurs bâtons
00:30:52parce que des images,
00:30:54bien évidemment,
00:30:54il y en a eu en Occident,
00:30:57c'était glaçant.
00:30:58Oui, exactement.
00:30:59Mais nous,
00:30:59on n'était pas assez courageux
00:31:01comme cette génération.
00:31:02Donc quand il arrive,
00:31:03on renchaîne.
00:31:04Chez nous,
00:31:04on avait vraiment peur.
00:31:06Mais oui,
00:31:06mais c'est compréhensible.
00:31:07C'était au début.
00:31:08Mais chaque fois
00:31:09qu'on fait une manifestation,
00:31:11à la fin,
00:31:12ils nous laissent
00:31:12un petit peu
00:31:13plus libères qu'avant.
00:31:15Oui.
00:31:15Un petit peu,
00:31:16pas trop.
00:31:17Donc après,
00:31:18première manifestation
00:31:19qu'on a faite,
00:31:21en fait,
00:31:22toujours,
00:31:22il y avait
00:31:22police de mort
00:31:23dans la rue,
00:31:24toujours,
00:31:24quand on voyait
00:31:25les polices,
00:31:25il fallait les cacher,
00:31:26mais les libertés,
00:31:27un petit peu,
00:31:28ça a changé.
00:31:29Donc on pouvait
00:31:30faire plein de choses,
00:31:31comme une femme,
00:31:32on était plus libère
00:31:33que la génération
00:31:34de mes parents.
00:31:37Et dans ce moment,
00:31:39on a commencé
00:31:39à ouvrir
00:31:41un nouveau port
00:31:42que ça n'existait pas
00:31:43dans l'Iran
00:31:43et c'est fashion.
00:31:45Oui,
00:31:46il y a un milieu
00:31:47underground
00:31:47qui s'est créé.
00:31:48Exactement.
00:31:49Parce que,
00:31:50vous voyez,
00:31:51par exemple,
00:31:51prenons l'exemple,
00:31:52il y a différentes séries
00:31:53qui ont parlé
00:31:54de l'Iran,
00:31:55mais je fais référence
00:31:56au bureau,
00:31:57le bureau des légendes,
00:31:58je ne sais pas
00:31:58si vous l'avez vu.
00:31:59Il y a,
00:32:00à un moment,
00:32:01l'une des espionnes
00:32:02de la DGSE
00:32:03qui est en Iran
00:32:05et elle est introduite
00:32:07dans la jeunesse,
00:32:08alors la jeunesse
00:32:09dorée iranienne,
00:32:10mais on voit quand même
00:32:11une jeunesse dorée iranienne
00:32:13qui consomme
00:32:15des drogues,
00:32:17qui danse
00:32:18et crée de la techno,
00:32:20qui fait la fête.
00:32:22On a du mal
00:32:23à imaginer
00:32:24que les gardiens
00:32:25de la révolution
00:32:26et les molans
00:32:26ne soient pas au courant
00:32:27de ça.
00:32:27Ils le savent,
00:32:28ils connaissent
00:32:28l'existence de ça.
00:32:30Ils nous arrêtent
00:32:31plein de fois,
00:32:32en fait.
00:32:32Plein de fois.
00:32:33Oui,
00:32:33en fait,
00:32:34par exemple,
00:32:35on faisait les fêtes,
00:32:37mais c'était vraiment
00:32:38un autre monde
00:32:39underground.
00:32:40En fait,
00:32:40on vivait
00:32:41comme vous.
00:32:43En fait,
00:32:44quand je vois
00:32:45les photos,
00:32:46les images,
00:32:47vraiment,
00:32:47on avait musique
00:32:48qu'on voulait.
00:32:50On avait...
00:32:51D'abord,
00:32:51il faut vous expliquer
00:32:52que le cinéma
00:32:53d'Iran
00:32:53et les chanteurs
00:32:55qu'ils ont légal
00:32:56et les films
00:32:58qu'ils ont envoyés
00:32:58dans le cinéma,
00:33:00ils ont tous
00:33:00autorisés
00:33:01par gouvernement.
00:33:02D'abord,
00:33:03vous envoyez le scénario.
00:33:04Ce gouvernement
00:33:04dit que oui ou non.
00:33:06Après,
00:33:07quand vous finissez
00:33:07le film,
00:33:08le gouvernement dit
00:33:09oui ou non.
00:33:11Donc,
00:33:11tout s'est décidé
00:33:12par gouvernement.
00:33:14Donc,
00:33:14par exemple,
00:33:15les chanteurs,
00:33:16qui sont tous
00:33:17les hommes,
00:33:18ils ont fait concerts,
00:33:19mais dans le concert,
00:33:20c'est comme
00:33:21un salon de théâtre.
00:33:23Ils font un assis.
00:33:24Et si on était
00:33:24trop excité
00:33:25par une chanson
00:33:26et si les gens
00:33:27commencent
00:33:28un petit peu
00:33:28à danser,
00:33:29les chanteurs disent
00:33:30arrêtez-vous
00:33:30tout de suite.
00:33:32Sinon,
00:33:33je vais avoir
00:33:33un problème.
00:33:34Et c'était vrai.
00:33:35Le gouvernement
00:33:35pouvait annuler
00:33:36son permis
00:33:38de chanter.
00:33:39On n'a pas le droit
00:33:39de danser?
00:33:41On n'a pas le droit
00:33:42de manifester
00:33:43sa joie?
00:33:44Non,
00:33:44pas du tout.
00:33:45D'accord.
00:33:45Pas du tout.
00:33:46On doit rester
00:33:46écoutés solennellement.
00:33:49Imagine,
00:33:49c'est votre musique
00:33:51préférée
00:33:52que vous enviez
00:33:52à danser,
00:33:53il faut que vous
00:33:53l'écoutes
00:33:53comme ça,
00:33:55assis,
00:33:55pas bouger.
00:33:57Et il y a plein
00:33:58de fois
00:33:58que les polices
00:34:01arrêtaient
00:34:01les concerts
00:34:02parce que les gens
00:34:02étaient trop
00:34:03excités
00:34:04et voulaient danser.
00:34:04Donc,
00:34:06dans le monde
00:34:06qu'on voyait
00:34:07tous se contrôler
00:34:08par gouvernement
00:34:09et permis
00:34:09de gouvernement,
00:34:10nous,
00:34:11on commence
00:34:11à ouvrir
00:34:13à notre port
00:34:14le monde
00:34:14en dégradant.
00:34:16Donc,
00:34:16les nouveaux
00:34:16chanteurs
00:34:17arrivent,
00:34:18les femmes
00:34:19et les hommes.
00:34:20On commence
00:34:21à voir
00:34:21les femmes
00:34:22et les hommes
00:34:23parce que
00:34:23dans la ville
00:34:24quand on passait,
00:34:25il y avait
00:34:25plein de
00:34:27commerciaux
00:34:28et des trucs
00:34:28comme ça,
00:34:29mais c'était
00:34:29que des hommes.
00:34:31En fait,
00:34:31on dirait
00:34:31que les femmes
00:34:32n'existent pas.
00:34:32Mais les femmes
00:34:33ne doivent pas
00:34:35exister
00:34:35dans ce pays.
00:34:38En tout cas,
00:34:39dans la tête
00:34:40des mollas,
00:34:40elles ne doivent
00:34:41être que
00:34:43comme pour
00:34:44les talibans,
00:34:45des ombres
00:34:46le long des murs
00:34:47qui passent
00:34:49et qui doivent
00:34:49se faire
00:34:50le plus discrètes
00:34:50possible.
00:34:52Ce monde-là
00:34:52est un monde,
00:34:54je le répète,
00:34:56qui nie
00:34:57la femme
00:34:59dans ce qu'elle est
00:35:00et dans ce qu'elle
00:35:01doit être.
00:35:02c'est-à-dire
00:35:03l'égal de l'homme.
00:35:04Je vous dis
00:35:04la mentalité,
00:35:05les gens
00:35:06qui contrôlent
00:35:06le pays,
00:35:07donc la femme
00:35:08c'est seulement
00:35:08pour sexe
00:35:09et bébé,
00:35:10c'est tout,
00:35:11avoir bébé.
00:35:11Sexe et bébé.
00:35:12Oui,
00:35:13c'est seulement
00:35:13pour service.
00:35:15Mais nous,
00:35:16en fait,
00:35:16avec notre monde,
00:35:17les chansons
00:35:18commencent à changer,
00:35:19les rap,
00:35:20on commence à faire
00:35:21rap,
00:35:21c'est interdit,
00:35:23imaginez pourquoi,
00:35:24on ne sait pas.
00:35:25Le rap iranien
00:35:26arrive.
00:35:27Oui,
00:35:28arrive.
00:35:28On commence
00:35:29à parler
00:35:29des situations,
00:35:30on commence
00:35:31à parler,
00:35:32on commence
00:35:32à faire
00:35:33les nouveaux
00:35:34musiques vidéo
00:35:34et les trucs
00:35:35que ça me touche
00:35:36beaucoup,
00:35:37on a travaillé
00:35:39presque gratuit.
00:35:41Ils n'ont jamais
00:35:42gagné même
00:35:43un euro,
00:35:44un chose.
00:35:45parce qu'imaginez
00:35:47le chanteur,
00:35:48vous gagnez
00:35:48l'argent
00:35:49par vendre
00:35:50et concert
00:35:51et ils donnent
00:35:52les chansons
00:35:52par cœur
00:35:53gratuitement,
00:35:55seulement
00:35:56pour son rêve
00:35:57parce qu'il a essayé
00:35:59à vivre légal
00:36:00mais le gouvernement
00:36:02a dit non,
00:36:03vous n'avez pas le droit.
00:36:04Donc,
00:36:04il rentre
00:36:05dans le monde
00:36:06underground
00:36:07et commence
00:36:08à travailler
00:36:08gratuitement.
00:36:10Dans ce monde
00:36:11underground,
00:36:12vous allez vous rentrer
00:36:13en tant que photographe
00:36:14d'abord.
00:36:15Oui.
00:36:17Parce qu'on a oublié
00:36:18d'évoquer quand même
00:36:19quelque chose
00:36:19de très important
00:36:20avant de parler
00:36:21de votre carrière
00:36:23artistique
00:36:23qui débute.
00:36:25Votre mère,
00:36:27parce que vous avez
00:36:27toujours aimé danser,
00:36:30ça a été compliqué
00:36:31avec votre mère
00:36:32très jeune.
00:36:33Elle vous empêchait
00:36:35de danser,
00:36:36elle vous a souvent
00:36:37réprimé même.
00:36:39Votre maman
00:36:40voulait vous protéger
00:36:42en fait.
00:36:42Oui,
00:36:43beaucoup
00:36:43mais comme
00:36:44j'ai fait blague
00:36:44tous les jours,
00:36:46j'ai dit
00:36:46que je pouvais
00:36:46devenir en fait
00:36:47serial killer
00:36:48tellement elle
00:36:49voulait être
00:36:50tout pour moi
00:36:51en fait.
00:36:52Ma mère,
00:36:53mon mari,
00:36:54mon ami,
00:36:55ma voisine,
00:36:56tout le monde.
00:36:57Mais ça,
00:36:58ce n'est pas possible
00:36:58et ma mère,
00:36:59elle voulait me protéger
00:37:00contre la situation.
00:37:02Donc,
00:37:04tu peux danser
00:37:04mais dans la maison
00:37:05avec moi,
00:37:06radio.
00:37:07Si tu as question,
00:37:08tu demandes à moi
00:37:09et imaginez,
00:37:10ma mère,
00:37:11elle me protège
00:37:12tellement.
00:37:13Mon premier travail
00:37:14que j'essayais d'avoir,
00:37:15ma mère,
00:37:16elle venait,
00:37:17elle assise
00:37:17dans le bureau
00:37:18jusqu'à j'ai fini
00:37:19le travail
00:37:19et ça,
00:37:21c'était beaucoup
00:37:21précieux,
00:37:23beaucoup,
00:37:24je ne sais pas
00:37:25comment on dit
00:37:25en français,
00:37:27c'était beaucoup.
00:37:28En fait,
00:37:28j'ai besoin.
00:37:28C'était frustrant,
00:37:29étouffant.
00:37:30Merci.
00:37:31En fait,
00:37:31j'avais besoin
00:37:32de l'air.
00:37:32et donc ça,
00:37:35ça commençait à,
00:37:36j'ai commencé à dire
00:37:38que je ne peux pas
00:37:40vivre ça.
00:37:41Depuis que j'étais enfant,
00:37:42j'ai créé un monde
00:37:43dans ma tête,
00:37:44donc je vivais
00:37:45comme j'avais envie
00:37:46mais dans la vérité,
00:37:47je disais exactement
00:37:49contre ce que j'avais envie
00:37:51parce que je voulais
00:37:52être une bonne fille
00:37:53pour mes parents
00:37:54et pour le pays.
00:37:55Malheureusement,
00:37:56ça ne marchait pas
00:37:57et ma mère,
00:37:59elle a nous quittés
00:38:02parce qu'elle ne pouvait
00:38:02pas accepter sa fille,
00:38:04elle est trop libre
00:38:05dans sa tête
00:38:05et elle m'a dit
00:38:07en fait que
00:38:08tu me fais peur,
00:38:09tu ne perds rien.
00:38:10Elle avait peur
00:38:11de vous perdre,
00:38:12votre mère.
00:38:12Je ne sais pas.
00:38:13Elle avait peur
00:38:13qu'il vous arrive
00:38:14quelque chose.
00:38:16Elle sentait
00:38:17cette liberté,
00:38:18cette force
00:38:19qu'il y avait en vous,
00:38:20Nexia,
00:38:21parce que vous êtes
00:38:22quelqu'un d'à part.
00:38:26Ce que vous êtes
00:38:27devenu aujourd'hui
00:38:27prouve que
00:38:29vous n'auriez
00:38:30jamais pu
00:38:31supporter
00:38:33de continuer
00:38:34à vivre
00:38:34dans ce pays.
00:38:34Donc,
00:38:35cette liberté,
00:38:37cette envie
00:38:37de liberté,
00:38:38je pense que
00:38:39votre mère
00:38:39l'a ressenti
00:38:40et que
00:38:42ça a été
00:38:42quelque chose
00:38:43de presque
00:38:43insupportable
00:38:44pour elle
00:38:44parce que
00:38:45ça devait être
00:38:45dangereux
00:38:46d'être comme ça.
00:38:47Oui, ça devait être
00:38:47dangereux,
00:38:47mais en même temps
00:38:48quand tous les parents
00:38:50imaginaient,
00:38:50ce n'est pas seulement
00:38:51mes parents,
00:38:53imaginez tous les enfants,
00:38:54tous les gens
00:38:56que ça existe
00:38:56en Iran.
00:38:58Si on dit
00:38:59que non,
00:38:59tu ne fais pas ça,
00:39:01il ne faut pas faire ça,
00:39:02rien ne va changer
00:39:03dans ce pays.
00:39:05Donc,
00:39:05il faut laisser
00:39:06les gens
00:39:06et les jeunes
00:39:07en fait
00:39:07soient un petit peu
00:39:09libérés
00:39:10pour avoir
00:39:10courage
00:39:11pour changer
00:39:12jusqu'à quand
00:39:14les gens
00:39:14vont dire
00:39:15que non,
00:39:15tu ne dis rien.
00:39:16il faut un groupe
00:39:19en moins
00:39:19commence
00:39:19à dire quelque chose.
00:39:21Mais ça a été
00:39:21loin avec votre maman
00:39:22quand même.
00:39:23Bah oui.
00:39:24Parce qu'elle est partie.
00:39:26Oui,
00:39:26elle m'a quittée
00:39:28et c'était
00:39:30horrible,
00:39:31c'était
00:39:31une partie
00:39:33de ma vie
00:39:34que je me trouvais
00:39:36sans mort
00:39:37de ma vie
00:39:37et je me trouvais
00:39:40toute seule
00:39:40et je pensais
00:39:42que c'est la fin
00:39:43de la vie.
00:39:44Mais en même temps,
00:39:45ça a tellement
00:39:47brisé mon cœur
00:39:48cette situation
00:39:48que je me dis
00:39:49OK,
00:39:49maintenant,
00:39:50si je mors,
00:39:52je m'en fous.
00:39:53Donc,
00:39:53j'ai commencé
00:39:54à faire tout
00:39:54ce que j'avais envie.
00:39:57Est-ce que c'était
00:39:58un peu
00:39:59un comportement
00:40:01suicidaire ?
00:40:04Non.
00:40:04Non.
00:40:05C'était vraiment
00:40:06une révolte.
00:40:06Oui.
00:40:07Votre révolution
00:40:08à vous.
00:40:09Oui.
00:40:09Parce que votre mère
00:40:10dit de vous
00:40:12que c'est psychiatrique,
00:40:13que vous avez un problème,
00:40:14que cette envie
00:40:16de liberté,
00:40:16en tout cas,
00:40:17votre nature...
00:40:17Non, ma mère,
00:40:18j'imaginais,
00:40:18seulement je voulais
00:40:19être libre,
00:40:20mes rêves,
00:40:21les choses,
00:40:21quand je dis,
00:40:22lui,
00:40:22la vérité de toutes les choses.
00:40:24Oui.
00:40:24Ma mère,
00:40:24elle appelle
00:40:25psychologue pour moi.
00:40:27Elle pense que vous êtes
00:40:28malade mentale.
00:40:29Oui.
00:40:29et je lui dis
00:40:31que je ne suis pas
00:40:32malade mentale,
00:40:32mais elle n'accepte pas.
00:40:33Oui.
00:40:34Même une fois,
00:40:35avant qu'elle part,
00:40:35elle dit,
00:40:36j'appelle police
00:40:36pour te ramener
00:40:37aux prisons
00:40:38parce que je ne peux
00:40:39pas accepter tout.
00:40:40C'est terrible.
00:40:41Et pendant des années,
00:40:43je pensais que je suis
00:40:43malade mentale.
00:40:45Et après,
00:40:46j'ai vu que non,
00:40:47ça va,
00:40:48je ne suis pas malade.
00:40:49Et comme ça,
00:40:49avec du recul,
00:40:51comment vous vous expliquez
00:40:54la démarche
00:40:55de votre mère ?
00:40:56Finalement,
00:40:56les Molas ont eu
00:40:57raison d'elle.
00:40:58ils ont réussi
00:40:59à l'atteindre
00:41:00dans sa tête
00:41:01au point
00:41:02qu'elle
00:41:04l'adhérait
00:41:06ou finalement,
00:41:07c'est la peur
00:41:08qui l'a transformée
00:41:09votre mère ?
00:41:10Ça,
00:41:11je ne sais pas.
00:41:11Vous ne savez pas ?
00:41:12Non.
00:41:12OK.
00:41:13Parce qu'elle est partie
00:41:14comme ça.
00:41:14Oui.
00:41:15Je n'avais pas tant
00:41:16pour comprendre.
00:41:16D'accord.
00:41:17Mais dans le même temps,
00:41:19cette période
00:41:20de ma vie,
00:41:21c'était comme
00:41:22le gouvernement,
00:41:25il a rentré
00:41:26dans ma vie personnelle.
00:41:28En fait,
00:41:29ça a changé
00:41:30ma vie personnelle.
00:41:31Ils ont pris
00:41:31ma mère
00:41:32parce que ma mère,
00:41:34elle avait tellement peur
00:41:36qu'elle m'a quittée
00:41:37à cause de toutes
00:41:38les faux informations
00:41:39qu'ils ont mis
00:41:40dans sa tête.
00:41:42Donc,
00:41:43ça vient
00:41:44au moment
00:41:44dans ma vie
00:41:45que je voulais
00:41:46prendre mon revanche
00:41:47pour dire
00:41:48que je suis qui
00:41:49et que j'ai fait
00:41:50tout ce que j'ai envie
00:41:50de faire.
00:41:52Mais,
00:41:53et franchement,
00:41:55j'ai oublié
00:41:56je suis où,
00:41:57j'ai fait quoi.
00:41:58En fait,
00:41:58d'abord,
00:41:59j'ai commencé
00:42:00mon carrière,
00:42:01j'étais photographe
00:42:02de mariage.
00:42:03Oui.
00:42:04Et après,
00:42:05quand les histoires,
00:42:06en fait,
00:42:07j'ai commencé
00:42:07à travailler
00:42:08avec les gens
00:42:08underground
00:42:09et j'ai,
00:42:10en fait,
00:42:10c'était comme
00:42:11mafia,
00:42:11pas tout le monde
00:42:12pouvait rentrer
00:42:13dans ce groupe.
00:42:14Ce n'était pas facile.
00:42:15On vit quoi ?
00:42:16On fait quoi ?
00:42:18Par exemple,
00:42:19les studios
00:42:20de Angéry Strait,
00:42:21les musiques,
00:42:22c'était dans la maison.
00:42:24On dit bonjour
00:42:24à les parents
00:42:25et on rentre
00:42:26dans une chambre,
00:42:28c'était Soundproof
00:42:29et c'était
00:42:30le studio
00:42:30de son musique.
00:42:31Oui,
00:42:31parce que c'était dangereux.
00:42:32Exactement.
00:42:33Il fallait se protéger
00:42:34et je suppose
00:42:35mettre en place
00:42:36un système de sécurité
00:42:37afin qu'il n'y ait pas
00:42:39d'espions même
00:42:40qui arrivent
00:42:40à pénétrer
00:42:41votre groupe.
00:42:42Exactement.
00:42:43Ça devait être
00:42:43tendu quand même
00:42:45d'enregistrer,
00:42:46par exemple.
00:42:47Oui,
00:42:47mais en fait,
00:42:49il y a plein de choses
00:42:50que ça commence
00:42:51à changer.
00:42:52Donc,
00:42:52je commence
00:42:52à monter
00:42:54plus en plus.
00:42:55Je me trouvais
00:42:56dans le monde.
00:42:57Je commence
00:42:57à faire photographier
00:42:59les artistes.
00:43:00D'abord,
00:43:00c'était avec
00:43:01les musiciens
00:43:01et après,
00:43:03ils m'ont proposé
00:43:04à être mon cas.
00:43:06Et toute ma vie,
00:43:07c'était mon rêve.
00:43:08Chaque film
00:43:08que je regarde,
00:43:09chaque musique vidéo
00:43:11que je regarde,
00:43:12je m'imaginais.
00:43:13Mais après,
00:43:14cet rêve,
00:43:14il a très loigné
00:43:15parce que ma mère,
00:43:16elle dit toujours
00:43:17qu'il ne faut pas
00:43:19aller à l'école
00:43:20de l'art.
00:43:21L'école de l'art,
00:43:21c'est tout bien
00:43:22prostituée.
00:43:25L'art,
00:43:25c'est pas nous.
00:43:25et c'était
00:43:26une pensée
00:43:28dans les têtes
00:43:28de 90%
00:43:29des Iraniens
00:43:30que les parents,
00:43:32je sais pas,
00:43:33ils en avaient peur
00:43:33que leur enfant
00:43:36vienne artiste
00:43:37parce qu'artiste
00:43:37donne les idées.
00:43:40Artiste égale
00:43:41liberté.
00:43:42Exactement.
00:43:43Liberté égale danger.
00:43:45Exactement.
00:43:45Exactement.
00:43:46Donc,
00:43:47si vous n'avez pas
00:43:48la famille artiste,
00:43:49c'était vraiment compliqué
00:43:51et c'est pas moi
00:43:52qui dis ça.
00:43:52Vous pouvez demander
00:43:53à tous les Iraniens
00:43:54de mon génération
00:43:55aujourd'hui,
00:43:57je sais pas,
00:43:57il y a longtemps
00:43:58que j'ai parti
00:43:58mais tout le monde
00:44:01dit ça.
00:44:01Il y avait plein
00:44:02de choses
00:44:02que les gens
00:44:03font histoire
00:44:04donc je ne pouvais
00:44:06pas faire.
00:44:07Donc,
00:44:08soudain,
00:44:08c'était comme
00:44:09quelqu'un
00:44:09qui dit
00:44:10à Potinexia
00:44:11que tu as envie
00:44:12de faire ton rêve
00:44:13donc je le commence
00:44:15à faire
00:44:15et j'étais
00:44:17trop fière de moi.
00:44:19Donc,
00:44:20je faisais
00:44:20photographie,
00:44:22je faisais
00:44:22mon cas
00:44:23et après
00:44:25quelques années,
00:44:26en fait,
00:44:26les artistes
00:44:28ont des grandes,
00:44:29ils ont devenu
00:44:30plus fortes
00:44:30qu'un artiste
00:44:31légal.
00:44:33Pourquoi ?
00:44:33Parce que
00:44:34le cinéma,
00:44:35la musique,
00:44:36ce n'était pas
00:44:36règle
00:44:36le gouvernement
00:44:37pour eux
00:44:37et pour nous,
00:44:39on n'avait pas
00:44:40quelqu'un
00:44:41qui donnait
00:44:41permis
00:44:41donc on faisait
00:44:42tout ce qu'on avait
00:44:43envie.
00:44:43Donc,
00:44:44les levels de travail
00:44:44commencent à monter.
00:44:45parce que
00:44:46beaucoup de gens
00:44:47en Iran
00:44:48adhéraient
00:44:49à l'art
00:44:50et à cette liberté.
00:44:52Oui,
00:44:52c'est un pays
00:44:53d'art,
00:44:53en fait,
00:44:54mais malheureusement
00:44:55quand le gouvernement
00:44:56a changé,
00:44:57ils ont
00:44:58cassé
00:44:59tous les statues
00:45:00vendues
00:45:02ou brûlées
00:45:04l'art
00:45:05des pays.
00:45:05Imaginez,
00:45:07imaginez,
00:45:07le gouvernement
00:45:08ici change
00:45:09et ils cassent
00:45:09tous vos statues
00:45:10dans la roue.
00:45:11Bien sûr,
00:45:12l'islam interdit,
00:45:13en tout cas,
00:45:13dit que la musique
00:45:14et la rame,
00:45:15enfin,
00:45:15il y a plein de choses.
00:45:17L'islam
00:45:18et l'art,
00:45:19ça ne fait pas
00:45:20bon ménage
00:45:20et en Iran,
00:45:22encore moins.
00:45:23Vous prenez
00:45:24des risques
00:45:25quand même
00:45:25en tant que mannequin
00:45:26parce que
00:45:27vous faites photographier
00:45:30même nu
00:45:31à un moment.
00:45:32En fait,
00:45:32ce n'était pas
00:45:33dans les trucs
00:45:34où on faisait tout.
00:45:36En fait,
00:45:36c'était
00:45:37dans trois parties
00:45:40qu'ils ont essayé
00:45:41de nous arrêter
00:45:41pour qu'on ne travaille
00:45:44pas.
00:45:45Donc,
00:45:46les gens partaient,
00:45:46ils en avaient peur,
00:45:47ils en ont arrêté
00:45:48par police.
00:45:49Mais,
00:45:49les dernières fois,
00:45:51ils ont nous dit
00:45:53que les garçons
00:45:54travaillent avec les garçons
00:45:56et les filles
00:45:56avec les filles
00:45:57si vous voulez.
00:45:58Comme l'école,
00:45:59comme le bus,
00:46:00comme le métro,
00:46:00partout.
00:46:03Donc,
00:46:03les garçons avec les garçons
00:46:04et les filles avec les filles.
00:46:05Ça,
00:46:05c'est un ordre
00:46:06démolant ?
00:46:06Oui.
00:46:07D'accord.
00:46:08Si vous voulez travailler.
00:46:09D'accord.
00:46:09Et dans ce moment,
00:46:11c'est comme encore
00:46:12j'ai commencé
00:46:13à faire quelque chose
00:46:15que j'avais rêvé
00:46:16toute ma vie
00:46:16et encore,
00:46:18ils ont dit
00:46:18« Ah,
00:46:19toi,
00:46:19attends,
00:46:20non,
00:46:20il ne faut pas faire ça. »
00:46:22Et moi,
00:46:22j'ai détesté l'école.
00:46:24J'ai détesté
00:46:25aller au métro.
00:46:26J'ai détesté
00:46:26aller au bus
00:46:27parce que je ne voyais
00:46:29pas un mec
00:46:29dans ma vie.
00:46:30En fait,
00:46:31c'était que les femmes,
00:46:32que les garçons.
00:46:33Et dans mon underground,
00:46:34j'ai compris
00:46:35qu'on peut vivre ensemble
00:46:36et ce n'est pas sexuel
00:46:37tout le temps.
00:46:38En fait,
00:46:38tu peux être amie,
00:46:39tu peux faire la vie.
00:46:40Et encore,
00:46:41il dit non,
00:46:42les filles,
00:46:42les filles,
00:46:42les garçons avec les garçons.
00:46:44C'est d'ailleurs
00:46:44trop commun.
00:46:46Ils sexualisent tout
00:46:47parce que vous dites
00:46:48les garçons,
00:46:49les filles
00:46:50et tout de suite,
00:46:51c'est le sexe
00:46:52qui revient.
00:46:53Alors que vous avez raison,
00:46:54les garçons avec les filles
00:46:55peuvent faire tellement
00:46:56d'autres choses
00:46:57que le sexe.
00:46:58Mais dans leur tête,
00:46:59c'est ça.
00:47:00Exactement.
00:47:00Mais le truc rigolo,
00:47:02c'est qu'en fait,
00:47:03quand vous ferme
00:47:04les garçons avec les garçons
00:47:06et les filles
00:47:07et les filles,
00:47:07il y a possibilité
00:47:08qu'ils tombent amoureux
00:47:09avec chacun d'autres aussi.
00:47:11Mais si vous annonce
00:47:12que vous êtes gay
00:47:13et que vous êtes amoureux
00:47:14avec quelqu'un
00:47:15de votre sexe,
00:47:17fin de votre vie.
00:47:19Condamnation à mort.
00:47:20Vous êtes pendu
00:47:20en Iran.
00:47:22En fait,
00:47:22je ne comprends rien
00:47:23de ce qui se passe
00:47:24dans leur tête,
00:47:24mais je ne comprends rien.
00:47:26Donc,
00:47:26vous n'avez pas du tout,
00:47:28même dans votre vie personnelle,
00:47:30vous n'avez pas le choix,
00:47:31il faut faire
00:47:32tout ce qu'il veut.
00:47:33En fait,
00:47:33même en Iran,
00:47:35il y a plein d'hommes,
00:47:36plein de femmes
00:47:37qui sont gays,
00:47:40mais ils ont forcé
00:47:41à se marier.
00:47:42Ils sont malheureux,
00:47:43malheureux.
00:47:45Et toute sa vie,
00:47:46il faut se cacher.
00:47:47Mais c'était horrible,
00:47:49c'était horrible.
00:47:50Donc,
00:47:50quand ils ont arrivé
00:47:51à faire ça,
00:47:52moi,
00:47:52j'ai décidé que,
00:47:53OK,
00:47:54il faut,
00:47:55j'ai fait manifestation
00:47:56moi-même et moi-même.
00:47:57Et j'ai demandé
00:47:58à mes amis,
00:47:59mais personne n'acceptait ça.
00:48:00parce que j'étais photographe
00:48:03aussi,
00:48:04avec les nouveaux générations
00:48:05qui arrivaient,
00:48:06ils ont été plus jaunes,
00:48:07ils n'avaient pas
00:48:08expérience de nous
00:48:09pour arrêter
00:48:09par police
00:48:10et des trucs comme ça.
00:48:11Je leur proposais
00:48:14qu'on va travailler ensemble.
00:48:16J'ai envie
00:48:16de faire les photos
00:48:17et vous prendre les photos,
00:48:19mais vous ne mettez pas
00:48:20dans Instagram,
00:48:22vous ne mettez pas
00:48:22votre nom,
00:48:23rien,
00:48:23parce que leur vie
00:48:25est en danger aussi.
00:48:26Donc,
00:48:26c'était moi et moi.
00:48:28Et je commençais
00:48:29à prendre photos
00:48:30sans hijab
00:48:31dans la rue de Teheran.
00:48:32D'accord.
00:48:33Et dans un café,
00:48:35dans un restaurant.
00:48:36Vous prenez un risque
00:48:37énorme, là.
00:48:37Oui,
00:48:38mais vraiment,
00:48:39je n'avais pas peur.
00:48:39Comme ma mère,
00:48:40elle a dit,
00:48:41je n'ai peur de rien
00:48:41quand je vous fais quelque chose.
00:48:44Je voulais seulement
00:48:44savoir les sentiments.
00:48:46Est-ce que je veux
00:48:46en faire ou pas?
00:48:47Non,
00:48:47je n'étais pas en faire
00:48:50si tout va bien.
00:48:51Et après,
00:48:53les dernières arrestations
00:48:55des policiers,
00:48:56en fait,
00:48:56ils ont nous envoyé
00:48:57les spies entre nous
00:48:58pour comprendre
00:48:59est-ce qu'on les écoute
00:49:03ou pas?
00:49:03Les spies,
00:49:04ce sont les espions.
00:49:05Espions.
00:49:06Oui.
00:49:07Et j'ai tombé
00:49:08sur un photographe
00:49:09qui, lui,
00:49:09il était depuis le début
00:49:11avec nous
00:49:12quand on commençait
00:49:13les underground.
00:49:14Il était avec nous.
00:49:15Infiltré.
00:49:17Et je ne pouvais jamais
00:49:19dire qu'il était un espion.
00:49:21Il m'a proposé
00:49:21quelque chose.
00:49:22Il a dit,
00:49:22maintenant que tu as
00:49:23assez courage
00:49:24pour faire les photos
00:49:25comme ça,
00:49:26tu vous fais
00:49:27photo nude
00:49:28pour ton manifestation
00:49:30personnelle.
00:49:32Je n'ai jamais entendu
00:49:33cette histoire
00:49:34des photos nude.
00:49:36Et je pensais toujours
00:49:37c'est un petit peu
00:49:38pour porn ou sexuel
00:49:40ou les trucs comme ça.
00:49:40Et quand j'ai cherché,
00:49:42j'ai lu plein de choses
00:49:43qui, en fait,
00:49:44même si on fait attention,
00:49:46les anges dans l'église,
00:49:48les grands gens
00:49:49qui ont fait quelque chose
00:49:51de grand pour tous les pays,
00:49:52ils ont tous nous.
00:49:53Oui.
00:49:53parce qu'ils vont vous dire
00:49:55que vous êtes qui
00:49:56sans vêtements.
00:49:57Avec vêtements,
00:49:57on peut dire
00:49:58que vous êtes pauvre,
00:49:59vous êtes royale,
00:50:00vous êtes qui.
00:50:02Mais sans vêtements,
00:50:03on montre votre âme.
00:50:04Et ça me touche
00:50:05très,
00:50:05trop.
00:50:06Et puis bon nombre,
00:50:07vous avez la raison
00:50:07d'évoquer que bon nombre
00:50:09de grands photographes
00:50:12et de grands modèles
00:50:12ont réalisé
00:50:14des photos
00:50:15de nues
00:50:16très poétiques,
00:50:19très belles.
00:50:20Donc vous avez saisi
00:50:23que ça n'a rien à voir
00:50:25avec le porno
00:50:26ou le sexe,
00:50:27mais que c'était
00:50:28une manière
00:50:28de vous dévoiler
00:50:30encore plus
00:50:31et de montrer
00:50:33qui vous étiez,
00:50:34la femme que vous étiez.
00:50:36J'avais honte
00:50:36d'être une femme.
00:50:38Il faut cacher mon corps,
00:50:39il faut cacher mes seins,
00:50:41il faut cacher
00:50:41tout mon corps.
00:50:44Depuis petit,
00:50:45je pensais
00:50:46que ce n'est pas bien
00:50:46d'être une femme.
00:50:48Donc je voulais faire ça.
00:50:50pour que je sois fière
00:50:52de mon corps.
00:50:53Vous avez pensé souvent
00:50:54que c'était
00:50:54une malédiction
00:50:56d'être une fille ?
00:50:57Oui,
00:50:58quand j'étais petite,
00:50:59je voulais jouer
00:51:01comme libère
00:51:03comme les garçons.
00:51:04En fait,
00:51:05ce n'est pas une histoire
00:51:06sur les femmes,
00:51:07ce gouvernement.
00:51:08Les hommes,
00:51:08ils ont le même problème.
00:51:11Ou à 18 ans,
00:51:12ils sont forcés
00:51:12à aller travailler
00:51:13pour l'armée
00:51:14pendant deux ans,
00:51:15ils ne mangent pas,
00:51:16ils les frappent.
00:51:17Donc c'est une autre histoire.
00:51:18Ce n'est pas une histoire
00:51:18de seulement femmes.
00:51:19mais moi,
00:51:20je pars parce que
00:51:21j'étais femme
00:51:21dans cette histoire.
00:51:22Et on n'était
00:51:23que sexualisés en fait.
00:51:26Donc,
00:51:26j'avais problème
00:51:27avec ça.
00:51:29Donc revenons
00:51:30à ce spike-là,
00:51:32cet espion
00:51:32qui vous propose
00:51:34de faire ses photos.
00:51:35Et vous adhérez
00:51:36à l'idée.
00:51:39Donc,
00:51:39je dis d'accord,
00:51:41mais on a dit
00:51:42qu'on ne prend pas
00:51:44photo de ma tête
00:51:45d'abord.
00:51:46on fait seulement
00:51:47le corps.
00:51:48Et dans la journée
00:51:49de tournage,
00:51:50on fait le shooting
00:51:52des photos.
00:51:53Il m'a dit
00:51:54ne bouge pas.
00:51:55C'était une photo
00:51:55de mon dos
00:51:56et d'attourage
00:51:57de mon dos.
00:51:58Il a dit
00:51:59ne bouge pas,
00:51:59je fixe les lumières.
00:52:01Et j'étais photographe.
00:52:02Je sais comment
00:52:03on fixe les lumières
00:52:03en fait.
00:52:05Mais j'ai vu
00:52:05qu'il ne fait rien.
00:52:07Il est dans
00:52:09un silence absolu.
00:52:10Je me dis
00:52:10OK,
00:52:11seulement,
00:52:12je ne sais pas,
00:52:12il me regarde.
00:52:14Je ne sais pas,
00:52:14il envoie un texte
00:52:15à quelqu'un,
00:52:16je ne sais pas.
00:52:17Et soudainement,
00:52:18j'ai senti
00:52:18quelque chose
00:52:18sur mon dos.
00:52:20Je tournais
00:52:20et je voulais
00:52:21toutes nous.
00:52:22Et ils voulaient
00:52:24me violer.
00:52:26Et c'était
00:52:27la plus
00:52:28et plus
00:52:29stressante
00:52:30journée de ma vie.
00:52:31Même quand
00:52:32j'ai pris
00:52:32photo sans hijab
00:52:33dans la rue,
00:52:34je n'étais pas
00:52:35stressée comme ça.
00:52:37Imaginez,
00:52:38vous êtes toutes nous,
00:52:39il faut partir.
00:52:40Il y a un violer
00:52:41dans la maison.
00:52:43Et il faut d'abord
00:52:44trouver votre hijab.
00:52:46Oui,
00:52:46parce que vous ne pouvez
00:52:47pas sortir.
00:52:48Donc,
00:52:49imaginez,
00:52:49les mecs,
00:52:50ils tirent mes cheveux,
00:52:51ils me frappent,
00:52:52on jette partout,
00:52:54on est en train
00:52:54de faire bagarre.
00:52:55Dans le même temps,
00:52:55je cours partout,
00:52:56je cherche pour mon hijab.
00:52:58Quand j'ai parti,
00:53:00je ne pouvais même
00:53:01pas aller chez la police.
00:53:03Parce que la police,
00:53:04tout d'abord,
00:53:04il dit,
00:53:05tu es mon cas,
00:53:06tu es toutes nous.
00:53:07évidemment,
00:53:08il a le droit
00:53:09de te violer.
00:53:10Quand le mec,
00:53:10il dit,
00:53:11vous êtes en train
00:53:11de prier,
00:53:12si quelqu'un
00:53:12vous viole,
00:53:13vous ne dit rien,
00:53:15évidemment,
00:53:16j'ai fait
00:53:16photo de nous.
00:53:18Donc,
00:53:19j'ai décidé
00:53:21à mettre
00:53:22l'image
00:53:22de ce garçon,
00:53:24annoncer à
00:53:24les filles
00:53:25qu'il est qui
00:53:25et faire attention.
00:53:28Je ne savais pas,
00:53:28il est espionne encore.
00:53:30J'ai dit seulement
00:53:30faire attention,
00:53:31il est un violeur.
00:53:32D'accord,
00:53:32ça vous le mettiez
00:53:33sur Internet.
00:53:34Oui.
00:53:34attention,
00:53:36ce gars-là,
00:53:37c'est un violeur.
00:53:39Et tous les filles
00:53:40commencent à m'envoyer
00:53:41un message.
00:53:41Oh,
00:53:42il m'a violée.
00:53:42Oh,
00:53:43j'ai couché avec lui
00:53:43parce qu'il m'a promis
00:53:45un bon travail.
00:53:47Donc,
00:53:47tout le monde
00:53:47commençait à m'envoyer
00:53:48un message.
00:53:50Et le garçon,
00:53:51il m'a envoyé un message
00:53:52« Dis adieu à ton corps ».
00:53:54C'est le titre
00:53:55de mon livre.
00:53:56Dis adieu à ton corps.
00:53:57Et je n'ai rien compris.
00:53:59Et j'ai rigolé.
00:54:00Et après,
00:54:00j'ai compris
00:54:00qu'il était espion.
00:54:02Et il a envoyé
00:54:02toutes les photos
00:54:03à gouvernement.
00:54:04Oui.
00:54:05Donc,
00:54:05il faut que je pars
00:54:06avant que la police
00:54:07arrive chez moi
00:54:08avec un petit sac
00:54:10comme ça
00:54:11pour partir du pays.
00:54:14Cet espion
00:54:15vous dénonce
00:54:15donc à la police
00:54:16puisqu'il travaille
00:54:17avec la police.
00:54:18Vous êtes condamnée
00:54:19à de la prison
00:54:20et à 148 coups
00:54:22de fouet.
00:54:23Avec 10,
00:54:24on va mourir.
00:54:25148.
00:54:26Vous ne pouvez même
00:54:29pas me trouver
00:54:30sur le sol après.
00:54:31Même mes os
00:54:31vont être cassés.
00:54:32Mais 148 coups
00:54:34de fouet.
00:54:36Vous qui nous écoutez,
00:54:39je ne sais pas
00:54:40si ça vous fait
00:54:40le même effet,
00:54:41mais moi,
00:54:42quand j'ai lu ça,
00:54:43je me suis dit
00:54:43qu'on est au Moyen-Âge.
00:54:46Des coups de fouet.
00:54:48Comme Middle Age.
00:54:49Oui.
00:54:50Beaucoup de jeunes
00:54:51Iraniens
00:54:52et de jeunes
00:54:52Iraniennes
00:54:53sont morts.
00:54:57Ils ont disparu.
00:54:59Ils ont été
00:54:59fouettés,
00:55:01pendus,
00:55:02battus.
00:55:03C'est ce qui vous attendait,
00:55:04Nexia ?
00:55:05C'est la mort
00:55:05qui vous attendait.
00:55:06Vous saviez que
00:55:07si la police
00:55:08vous attrapait,
00:55:09c'était la mort assurée.
00:55:11Vous préparez
00:55:12votre petit sac
00:55:13en vitesse.
00:55:15Mais où aller,
00:55:16Nexia ?
00:55:16Comment partir ?
00:55:18Comment s'enfuir ?
00:55:20Ça,
00:55:20c'est quelque chose
00:55:21horrible.
00:55:22C'est parce que
00:55:23le gouvernement,
00:55:25il est comme ça.
00:55:28Donc,
00:55:28tous les pays du monde
00:55:30nous détestent.
00:55:31Mais ce n'est pas nous,
00:55:32c'est le gouvernement.
00:55:34Tous les pays du monde
00:55:34ne détestent pas
00:55:36les Iraniens.
00:55:36Aujourd'hui,
00:55:38que vous avez compris
00:55:39on est qui ?
00:55:40Avant, oui.
00:55:42Je crois,
00:55:42alors Nexia,
00:55:43pardonnez-moi,
00:55:43mais je crois
00:55:44jamais n'avoir
00:55:45détesté les Iraniens.
00:55:48C'était
00:55:48les Mollahs
00:55:48que je détestais
00:55:49et que je déteste
00:55:50aujourd'hui.
00:55:51Je crois que
00:55:51beaucoup d'Occidentaux
00:55:52ont démasqué
00:55:54Roménie très vite.
00:55:56D'ailleurs,
00:55:57on apportera
00:55:57une précision aussi
00:55:58parce qu'aujourd'hui
00:55:59encore,
00:56:00les images
00:56:00que nous voyons
00:56:01en Iran
00:56:02de ces gardiens
00:56:03de la révolution,
00:56:04de ces manifestations
00:56:05pro-Mollahs,
00:56:07il faut comprendre
00:56:08que les Mollahs
00:56:09ont fait venir
00:56:10en Iran
00:56:11beaucoup d'Afghans
00:56:13qui aujourd'hui
00:56:15sont un peu
00:56:16la caution
00:56:16et le rempart
00:56:18à ces Mollahs.
00:56:20Ces Afghans
00:56:21qui adhèrent
00:56:22donc
00:56:22à l'islamisme
00:56:25radical
00:56:25des Mollahs,
00:56:27ce sont
00:56:27ces gens-là
00:56:28que vous voyez
00:56:29dans la rue
00:56:29manifester
00:56:30et être des pro-Mollahs.
00:56:32Ce ne sont pas
00:56:32les Iraniens.
00:56:33Les Iraniens
00:56:34sont contre
00:56:35ce gouvernement
00:56:36à 90 %,
00:56:39on va dire.
00:56:39Un petit peu plus.
00:56:41Même un peu plus.
00:56:43Donc,
00:56:44voilà comment
00:56:45ce régime
00:56:46a trompé
00:56:48et continue
00:56:49d'essayer
00:56:49de tromper son monde
00:56:50mais maintenant,
00:56:51justement,
00:56:51avec Internet,
00:56:52je pense qu'ils sont
00:56:54démasqués
00:56:55depuis un moment.
00:56:56Mais vraiment,
00:56:57beaucoup de gens
00:56:57ont toujours su
00:56:58que les Iraniens
00:56:59étaient des victimes.
00:57:00Ça,
00:57:00je veux vous le dire
00:57:01là,
00:57:02aujourd'hui.
00:57:03Mais donc,
00:57:04comment vous faites
00:57:05parce que le temps presse,
00:57:08la police
00:57:09est après vous,
00:57:10elle est à votre housse.
00:57:11Comment vous allez
00:57:12vous enfuir ?
00:57:13Je n'étais jamais
00:57:15criminelle
00:57:15et je n'ai jamais
00:57:16pensé qu'il faut
00:57:17faire quelque chose.
00:57:18Donc,
00:57:18j'ai fait comme un idiot.
00:57:20Comme je vais vous dire,
00:57:24il y a plein de pays,
00:57:2599% des pays
00:57:27du monde
00:57:28ne donnent pas visa
00:57:29et sans visa,
00:57:30on ne peut pas voyager.
00:57:31Alors,
00:57:31il faut comprendre
00:57:32on est qui,
00:57:33on fait quoi
00:57:33et ce n'est pas facile
00:57:34pour les Iraniens.
00:57:36Donc,
00:57:36les deux endroits
00:57:37qu'on peut voyager,
00:57:39c'est comme Turquie
00:57:41ou Dubaï
00:57:43que c'est sans visa,
00:57:45on peut voyager.
00:57:46D'accord.
00:57:46Mais Dubaï,
00:57:47c'est trop cher
00:57:48et donc,
00:57:50j'ai choisi...
00:57:50La Turquie est voisine
00:57:51de l'Iran.
00:57:52Exactement.
00:57:53D'accord.
00:57:53Et quand j'arrivais
00:57:54en Turquie,
00:57:55ils ont...
00:57:56Ils savaient mon histoire
00:57:58et ils ont écrit
00:57:59mon histoire
00:57:59dans un journal.
00:58:01Mais le problème,
00:58:02c'est qu'ils ont été
00:58:04trop gentils avec moi.
00:58:05Ils m'ont donné
00:58:06une carte résidente,
00:58:08séjour,
00:58:09mais chaque année,
00:58:10il faut changer.
00:58:11Mais deuxième année,
00:58:12le mec,
00:58:12il m'a fait une blague.
00:58:15Il a dit,
00:58:16tu sais que si
00:58:16on ne te donne pas
00:58:17cette carte
00:58:18et on t'a envoyé
00:58:18en Iran,
00:58:19et il a rigolé
00:58:19avec sa main,
00:58:20il m'a montré
00:58:20qu'on coupe ta tête.
00:58:22Il y a des...
00:58:23Une connivence
00:58:25entre certains
00:58:26policiers
00:58:28et politiques turcs
00:58:29et certains
00:58:31policiers iraniens
00:58:32et politiques iraniens.
00:58:33Ils sont comme ça.
00:58:34Ils sont comme ça.
00:58:35Oui.
00:58:36Donc, vous auriez pu
00:58:36être expulsé de Turquie.
00:58:38Mais le truc
00:58:38que ça me fait peur,
00:58:40aujourd'hui,
00:58:40quand je pars
00:58:41avec mes amis turcs,
00:58:42ils ont commencé
00:58:42à devenir comme Iran.
00:58:44Les règles,
00:58:45ils ont commencé
00:58:45à devenir plus en plus
00:58:47compliquées.
00:58:48Donc,
00:58:49ils ont comme...
00:58:50mauvais exemple
00:58:52pour les pays hauteurs.
00:58:54Donc,
00:58:54ça vient de cette...
00:58:55Pardon,
00:58:56pardon,
00:58:56merde,
00:58:57ça commence à grandir,
00:58:58grandir hauteur.
00:59:00Et ça,
00:59:00c'est dangereux.
00:59:01Ça,
00:59:01c'est vraiment dangereux.
00:59:03L'islamisme radical
00:59:04gagne du terrain
00:59:07partout,
00:59:07même ici,
00:59:08en France.
00:59:10Et il ne faut cesser
00:59:12de le rappeler.
00:59:14Cet islamisme radical
00:59:15attire de plus en plus
00:59:17de jeunes
00:59:18vers un obscurantisme
00:59:20qui...
00:59:20Oui,
00:59:21qui fait peur
00:59:22aux gens comme vous,
00:59:23comme moi,
00:59:24et pris de liberté.
00:59:26Mais en Turquie,
00:59:28donc,
00:59:29la deuxième année,
00:59:29c'est plus tendu
00:59:30pour vous ?
00:59:31Vous sentez que
00:59:32c'est même limite
00:59:33dangereux
00:59:34de rester en Turquie ?
00:59:35Oui,
00:59:36parce qu'en fait,
00:59:36quand j'ai passé
00:59:37dans la rue,
00:59:38quand j'entends...
00:59:39Imaginez,
00:59:41vous êtes une fille
00:59:41normale,
00:59:42vous pensez
00:59:42que vous êtes normale.
00:59:45Et soudainement,
00:59:46on vous rentre
00:59:47dans une histoire
00:59:48d'espion,
00:59:50aller aux prisons
00:59:50sans rien,
00:59:51sans raison.
00:59:53Donc,
00:59:53chaque fois en Turquie,
00:59:54j'entends
00:59:55les paroles iraniennes,
00:59:58je me casse,
00:59:58je me cache vraiment,
01:00:01j'avais vraiment peur.
01:00:02De quoi vous vivez
01:00:03en Turquie,
01:00:04Megzia ?
01:00:04Parce que vous êtes partie
01:00:05avec un petit sac
01:00:07qui vous aide,
01:00:10comment vous mangez,
01:00:11comment vous vous logez ?
01:00:12En fait,
01:00:12ma vie,
01:00:16en fait,
01:00:18c'est comme
01:00:18forest camp,
01:00:19en fait.
01:00:19J'ai fait,
01:00:20première chose
01:00:20que j'ai dans ma tête
01:00:22et toujours,
01:00:22j'ai réussi à le faire.
01:00:24Au Turquie,
01:00:25j'ai commencé
01:00:26à travailler
01:00:27comme monquin
01:00:29avec les photographes
01:00:32en des grands de là-bas.
01:00:33En des grands de là-bas
01:00:34et l'Iran,
01:00:35c'était différent.
01:00:36En des grands,
01:00:37c'était les photographes
01:00:38qui n'étaient pas assez bien
01:00:40pour travailler
01:00:41avec magazines
01:00:42ou des trucs comme ça.
01:00:43La Turquie étant
01:00:44un grand pays
01:00:45et avec un milieu underground,
01:00:47pour le coup,
01:00:48très structuré
01:00:49et beaucoup plus important
01:00:50que l'Iran
01:00:51où on peut gagner
01:00:52un peu sa vie.
01:00:53là, pour le coup.
01:00:55Donc,
01:00:55j'ai gagné,
01:00:57je faisais mon cas
01:00:58et j'ai gagné
01:01:00argent comme ça,
01:01:01comme l'Iran.
01:01:02Donc,
01:01:02encore,
01:01:03j'étais underground.
01:01:05Mais j'étais
01:01:05dans la dépression totale
01:01:07parce que,
01:01:08vraiment,
01:01:08j'ai commencé
01:01:09à me dire
01:01:09peut-être que je suis folle.
01:01:12Est-ce que
01:01:12c'était un bon choix ?
01:01:15Parce que,
01:01:15vraiment,
01:01:15j'étais perdue.
01:01:16J'étais dans un pays
01:01:17où je ne parlais pas les langues.
01:01:18Vous étiez seule ?
01:01:19Je ne pouvais pas
01:01:21aller à l'arrière.
01:01:22Je ne sais pas
01:01:23ce qu'il faut faire.
01:01:25Et après,
01:01:26dans cette situation,
01:01:28en fait,
01:01:29j'ai trouvé
01:01:29une amie
01:01:30en Turquie
01:01:31que cette garçon,
01:01:33c'est vraiment
01:01:34comme mon frère
01:01:34d'autres mères,
01:01:37en fait.
01:01:37Mais,
01:01:38on a construit
01:01:40une relation
01:01:42frère et sœur
01:01:43vraiment fort
01:01:44entre nous.
01:01:46Et lui,
01:01:47quand il vit
01:01:48comment j'avais peur
01:01:50après mon dernier
01:01:51rendez-vous
01:01:52avec le gouvernement,
01:01:54il a dit
01:01:54laisse-moi jeter.
01:01:55Donc,
01:01:56il m'a aidée.
01:01:57Il m'a introduit
01:01:57à un avocat.
01:01:59Et dans cette situation,
01:02:01Trump,
01:02:02il a dit
01:02:02qu'on ne peut pas
01:02:03aller aux États-Unis.
01:02:04Les Iraniens,
01:02:05Angleterre,
01:02:06ce n'était pas facile.
01:02:07Ils voulaient sortir
01:02:07de l'Europe.
01:02:09Donc,
01:02:09je demandais
01:02:11à un avocat
01:02:11que je vous partie
01:02:12loin
01:02:13de tous les amis
01:02:15du gouvernement,
01:02:16en fait.
01:02:16Je vous
01:02:17marcher dans la roue
01:02:18tranquille.
01:02:20Et il m'a proposé
01:02:21quelques pays.
01:02:24Et
01:02:24au Turquie,
01:02:25je commence
01:02:26à apprendre anglais
01:02:27parce que
01:02:28vraiment,
01:02:28j'ai mis musique.
01:02:29Avec musique,
01:02:30j'ai appris anglais.
01:02:31Et je voulais aller
01:02:32dans un pays
01:02:32que je peux parler
01:02:34en moins quatre mots.
01:02:35Oui.
01:02:36Mais vraiment,
01:02:38je ne sais pas
01:02:39à quelle raison.
01:02:40Je n'ai même pas
01:02:40dit France,
01:02:41je dis Paris.
01:02:43Parfois,
01:02:44je me dis peut-être
01:02:45c'est le rêve
01:02:46de moi
01:02:49quand je commence
01:02:49à être monquin
01:02:50dans une ville
01:02:51de fascine,
01:02:54lumière,
01:02:55amour,
01:02:56tout ce que je n'avais pas,
01:02:57les choses que j'ai entendues.
01:02:58Et puis,
01:02:59peut-être que
01:03:00inconsciemment,
01:03:02Nexia,
01:03:04revenait
01:03:05dans votre inconscient
01:03:06les liens
01:03:08très forts
01:03:09qu'il y a toujours eu
01:03:11entre l'Iran
01:03:11et la France
01:03:12et entre
01:03:13Téhéran
01:03:14et Paris
01:03:14avant l'arrivée
01:03:16de Roménie
01:03:17parce que
01:03:18les Français
01:03:18et les Iraniens
01:03:19marchaient main
01:03:20dans la main
01:03:21et Roménie
01:03:22a empêché
01:03:24tout à coup
01:03:25que ses mains
01:03:25se rejoignent.
01:03:26Exactement.
01:03:27Donc Paris.
01:03:29J'arrive en France
01:03:30et
01:03:31j'ai demandé
01:03:32asile.
01:03:33Je voulais être
01:03:34libre
01:03:35en fait,
01:03:36vraiment
01:03:36et toujours
01:03:38je ne savais pas
01:03:39c'est quoi liberté.
01:03:40J'ai fait tout
01:03:41dans ma vie
01:03:42et je ne savais pas
01:03:43c'est quoi liberté.
01:03:46Donc,
01:03:46quand on demande
01:03:47de devenir
01:03:48réfugié
01:03:49et prendre
01:03:50tous nos trois
01:03:51documents,
01:03:52toutes nos trois
01:03:53informations
01:03:53et j'ai
01:03:55devenue
01:03:56asile
01:03:58pour
01:03:58mais on n'a pas
01:04:00le droit
01:04:01de travailler
01:04:01et on n'a pas
01:04:03le droit
01:04:03d'avoir une maison
01:04:04sans papier
01:04:05c'est impossible.
01:04:07Donc,
01:04:08après quatre mois
01:04:09ils commencent
01:04:09à nous donner
01:04:10comme vers
01:04:11300,
01:04:12400 euros
01:04:12300,
01:04:14350
01:04:14chaque mois
01:04:15pour vivre.
01:04:17Et cette carte,
01:04:18ce n'était pas
01:04:18une carte
01:04:18que tu peux
01:04:19c'était carte
01:04:21des livres
01:04:21A
01:04:21que tu pouvais
01:04:22seulement prendre
01:04:23cash.
01:04:24En fait,
01:04:25tu ne pouvais pas
01:04:25utiliser
01:04:26donc
01:04:27j'ai devenu
01:04:29sans-abri.
01:04:30Situation de grande
01:04:31précarité
01:04:32dans les premiers mois.
01:04:34Et j'ai été
01:04:35sans-abri
01:04:35pendant deux ans.
01:04:37Deux ans ?
01:04:38Oui.
01:04:38Pendant deux ans
01:04:39vous avez dormi
01:04:39dans la rue ?
01:04:40Dans la rue,
01:04:41après il y a
01:04:41les gens
01:04:42qui m'ont
01:04:42proposé
01:04:43à m'aider
01:04:43mais
01:04:44je ne sais pas
01:04:45pourquoi
01:04:45jamais
01:04:46j'ai trouvé
01:04:48une proposition
01:04:49des côtés
01:04:50aux femmes
01:04:50c'était
01:04:51que les hommes
01:04:52et les hommes
01:04:53je rends
01:04:54chez eux
01:04:54après deux jours
01:04:56après 24 heures
01:04:57après 30 minutes
01:04:58après une semaine
01:04:58ils me demandent
01:04:59à faire sexe.
01:05:00Bien sûr.
01:05:01Mais quand j'ai dit
01:05:02non
01:05:02donc
01:05:03quitte la maison.
01:05:06Donc
01:05:06je vivais
01:05:08dans la rue
01:05:09j'étais
01:05:09chez quelqu'un
01:05:10une semaine
01:05:10trois jours
01:05:11encore la rue
01:05:12et
01:05:13c'était pas facile.
01:05:17j'ai oublié
01:05:19jamais
01:05:19une nuit
01:05:20c'était
01:05:22vraiment tard
01:05:23il n'y avait
01:05:24personne
01:05:24dans la rue
01:05:25et moi
01:05:27à la fin
01:05:28j'ai trouvé
01:05:28un parking
01:05:29que c'était
01:05:31secure
01:05:31je me sentais
01:05:32secure
01:05:32mais c'était
01:05:33tortue
01:05:34la tête
01:05:35parce que
01:05:35la nuit
01:05:36pour
01:05:36laissons
01:05:37s'abri
01:05:37bien par la voix
01:05:38ils mettaient
01:05:38la musique
01:05:39à fond
01:05:40il y avait
01:05:41lumière
01:05:41blanc
01:05:41pour éviter
01:05:42de dormir
01:05:43mais moi
01:05:44je pouvais
01:05:44pas dormir
01:05:45dans la rue
01:05:46j'avais peur
01:05:46donc
01:05:47même avec
01:05:48cette musique
01:05:49j'ai seulement
01:05:49cache mon oreille
01:05:50et
01:05:51j'essaie
01:05:52à dormir
01:05:53mais
01:05:53un soir
01:05:56j'ai dit
01:05:57cette dernière soirée
01:05:58je vais mourir
01:05:59et
01:06:01je regardais
01:06:02le ciel
01:06:02et
01:06:04vraiment
01:06:04je me sens
01:06:05libère
01:06:06je pensais
01:06:10tout ce que
01:06:10j'ai fait
01:06:10dans ma vie
01:06:11c'était
01:06:12pour
01:06:12liberté
01:06:13mais après
01:06:14j'ai compris
01:06:14être sans
01:06:16s'abri
01:06:17c'est horrible
01:06:18parce que
01:06:19c'est comme
01:06:19vous
01:06:21vous
01:06:21vive
01:06:22tout le monde
01:06:23vit chez vous
01:06:24c'est chez vous
01:06:25mais tout le monde
01:06:26passe
01:06:26tout le monde
01:06:27part
01:06:27c'est être seul
01:06:28le monde
01:06:29en même temps
01:06:30entouré
01:06:31de personnes
01:06:31qui
01:06:32le soir
01:06:34vous rentrez
01:06:34chez eux
01:06:35au chaud
01:06:35et vous
01:06:36vous restez dehors
01:06:37exactement
01:06:37et
01:06:38je me souviens
01:06:39quand
01:06:40je me souviens
01:06:41pas exactement
01:06:42c'était
01:06:42quelle heure
01:06:42mais c'était
01:06:43vraiment
01:06:43tard
01:06:43il n'y avait
01:06:44même pas
01:06:45un bruit
01:06:45et après
01:06:47d'être fatigué
01:06:48d'avoir
01:06:48bruit comme ça
01:06:49toute la journée
01:06:50je me sens
01:06:51soudainment
01:06:52libère
01:06:53et c'est un sentiment
01:06:54très bizarre
01:06:56parce que
01:06:57je me dis
01:06:59c'est la fin
01:07:00de ma vie
01:07:01et j'étais
01:07:01fière
01:07:03parce que
01:07:04si je mors
01:07:05ce soir
01:07:05j'ai fait
01:07:07tout ce que
01:07:08je pouvais faire
01:07:09pour
01:07:09potinexia
01:07:10pour
01:07:10soit
01:07:11fière
01:07:11de moi
01:07:11même
01:07:13j'ai
01:07:13pas réussi
01:07:13parce que
01:07:14j'ai
01:07:15essayé
01:07:16très fort
01:07:17à réussir
01:07:18dans un pays
01:07:19que je pouvais
01:07:19pas réussir
01:07:20et quand
01:07:21j'ai quitté
01:07:21c'était trop tard
01:07:22pour moi
01:07:23ici
01:07:23ou autre
01:07:24pays
01:07:24donc
01:07:25mais j'ai
01:07:26essayé fort
01:07:27et je me dis
01:07:28si
01:07:29ce soir
01:07:29j'ai mort
01:07:30potinexia
01:07:31va être
01:07:32fière
01:07:32de moi
01:07:32et c'était
01:07:34là que
01:07:34je me dis
01:07:35ça c'est
01:07:35liberté
01:07:36je crois
01:07:36qu'on fait
01:07:37on met pas
01:07:39un doute
01:07:39dans notre vie
01:07:40que si
01:07:41je faisais ça
01:07:42peut-être
01:07:43la vie
01:07:43pouvait changer
01:07:44je faisais
01:07:46tout
01:07:46donc
01:07:47comme ça
01:07:48mais en même
01:07:49temps
01:07:49le truc
01:07:50c'est que
01:07:51le problème
01:07:52quand j'ai
01:07:54j'ai de la chance
01:07:55j'étais la première
01:07:56réfugiée du monde
01:07:57que j'étais invitée
01:07:58par les ministres
01:08:00par
01:08:01monsieur
01:08:03président
01:08:04il m'a
01:08:05personnellement
01:08:06aidée
01:08:06à faire
01:08:07mon
01:08:08quartier séjour
01:08:09parce que
01:08:10un journaliste
01:08:12il m'a trouvé
01:08:13oui
01:08:14c'est par là
01:08:15qu'il est le super
01:08:17héros de ma vie
01:08:17il est le héros
01:08:18de votre vie
01:08:19mais
01:08:19j'ai envie de vous dire
01:08:20que
01:08:21nous avons
01:08:22et je pense que
01:08:23vous êtes
01:08:24une personne
01:08:25qui a
01:08:26quelque chose
01:08:26à faire
01:08:27vous avez une mission
01:08:28sur cette terre
01:08:29et je dis souvent
01:08:32à celles et ceux
01:08:33qui me connaissent
01:08:34d'être très attentif
01:08:36aux mains
01:08:37qui vont se tendre
01:08:38que bien évidemment
01:08:39il faut toujours garder
01:08:40l'espoir
01:08:41même lorsqu'on est
01:08:44au fond
01:08:45même lorsque c'est dur
01:08:46à un moment
01:08:48une main
01:08:48peut se tendre
01:08:49et il faut toujours garder
01:08:51être attentif
01:08:52pour justement
01:08:54voir
01:08:55cette main
01:08:56qui se tend
01:08:57et l'attraper
01:08:58ce journaliste
01:08:59finalement
01:08:59va raconter
01:09:02votre histoire
01:09:02et de là
01:09:03tout va s'enchaîner
01:09:05tout ça a changé
01:09:06monsieur Castaner
01:09:08à 4h du matin
01:09:09il a
01:09:10mis mon photo
01:09:11sur son Twitter
01:09:12et il a dit
01:09:13il faut l'aider
01:09:14et après ça
01:09:15tout ça a changé
01:09:16mais ça a pris
01:09:17quand même un an
01:09:17oui
01:09:18mais ça c'est
01:09:19aujourd'hui
01:09:20j'ai compris
01:09:20que c'est France
01:09:21pour ça
01:09:21ça a pris un an
01:09:22ça a tous les choses
01:09:23prendre le temps
01:09:24mais quand même
01:09:25ça a changé ma vie
01:09:27et j'ai remercié
01:09:29les gens
01:09:30qui en fait
01:09:31dans toute ma vie
01:09:32je pensais
01:09:32que le gouvernement
01:09:33ils s'en fichent
01:09:35de moi
01:09:35et je me trouvais
01:09:36dans un pays
01:09:37que les gouvernements
01:09:39ils ont sauvé ma vie
01:09:40et c'était
01:09:42trop touchant
01:09:42pour moi
01:09:43et aujourd'hui
01:09:44quand je vois
01:09:45les réfugiés
01:09:45dans la rue
01:09:46j'essaye tout
01:09:47j'ai
01:09:48après quelques années
01:09:50que j'ai sorti
01:09:51de la rue
01:09:51j'ai fait
01:09:52exposition
01:09:55des photos
01:09:55et j'ai pris
01:09:57photo
01:09:57des gens
01:09:58réfugiés
01:09:59sans sabri
01:10:00et
01:10:01je ne voulais pas
01:10:02montrer
01:10:02qu'ils ont
01:10:03pauvres
01:10:03je voulais dire
01:10:04qu'ils ont tous
01:10:05une histoire
01:10:05sans
01:10:07on les connait
01:10:09mais ils ont
01:10:10tous une histoire
01:10:11exactement
01:10:11vous savez
01:10:12j'ai rencontré
01:10:12beaucoup
01:10:12j'échange
01:10:14beaucoup
01:10:15avec beaucoup
01:10:16d'Afghans
01:10:16parce qu'ils sont
01:10:18pas loin de chez moi
01:10:20dans un parc
01:10:21où ils se retrouvent
01:10:23lorsque vous écoutez
01:10:24d'abord
01:10:26quand on vient
01:10:27de vous écouter
01:10:28on comprend
01:10:29comment on peut
01:10:30fuir
01:10:31un pays
01:10:32
01:10:33à peine
01:10:3420 ans
01:10:34on risque de mourir
01:10:36juste parce qu'on est
01:10:37une artiste
01:10:38juste parce qu'on est libre
01:10:39j'ai évoqué
01:10:41avec
01:10:41de jeunes
01:10:42Afghans
01:10:42qui parfois
01:10:44avaient
01:10:4417 ans
01:10:4518 ans
01:10:46leur trajectoire
01:10:47leur vie
01:10:48et c'était
01:10:49des jeunes
01:10:50qui avaient perdu
01:10:50leurs frères
01:10:51leurs meilleurs amis
01:10:52dont ils avaient vu
01:10:54l'égorgement
01:10:56j'ai parlé
01:10:58avec des jeunes gens
01:10:59qui déjà
01:11:00à 18-20 ans
01:11:00ont vécu
01:11:01une horreur totale
01:11:03alors
01:11:05oui souvent
01:11:07on entend
01:11:08des discours
01:11:09sur
01:11:10l'immigration
01:11:12sur
01:11:12les réfugiés
01:11:14mais il faut savoir
01:11:16aujourd'hui
01:11:16que ce monde
01:11:17si vous le regardez bien
01:11:18il est
01:11:19il est en feu
01:11:21ce monde
01:11:21et il y a plein de gens
01:11:22qui fuient
01:11:23l'horreur
01:11:24et que la France
01:11:27reste
01:11:27un
01:11:28un espoir
01:11:29comme il a été
01:11:30pour vous
01:11:30Nexia
01:11:31et qu'il l'est
01:11:32pour bon nombre
01:11:33de personnes
01:11:33aujourd'hui
01:11:34Je ne peux pas
01:11:35remercier France
01:11:36plus que ça
01:11:37et je ne meurs pas
01:11:38les mains
01:11:38qu'il a pris
01:11:40ma main
01:11:40mais je pouvais mourir
01:11:42si le journaliste
01:11:43n'était pas là
01:11:44Oui
01:11:44vous auriez pu
01:11:45mourir
01:11:47Mon truc
01:11:49c'est que
01:11:50ce n'est pas juste
01:11:51dans ma tête
01:11:52peut-être
01:11:54si j'étais un homme
01:11:55si je rassemblais
01:11:57autrement
01:11:57personne n'écoutait
01:11:59mon histoire
01:12:00Vous avez affronté
01:12:01parce que souvent
01:12:03lorsque je parle
01:12:04avec
01:12:04vous savez
01:12:05c'est quelque chose
01:12:06qui me
01:12:06pendant six ans
01:12:08je rentrais à deux heures
01:12:09du matin
01:12:09d'Europe 1
01:12:10et je voyais
01:12:13je voyais toujours
01:12:15les mêmes personnes
01:12:16dormir
01:12:17sur le trottoir
01:12:19mais je vous parle
01:12:20de personnes
01:12:21qui
01:12:21depuis deux ans
01:12:23trois ans
01:12:24étaient comme hiver
01:12:26dormaient
01:12:26sur le trottoir
01:12:27donc
01:12:28impossible pour moi
01:12:29de ne pas m'arrêter
01:12:30un moment
01:12:31et de
01:12:32demander
01:12:34qui êtes-vous
01:12:37c'est quoi
01:12:37votre histoire
01:12:38et vous avez raison
01:12:39de dire que
01:12:41chacun a une histoire
01:12:42et souvent
01:12:43on s'aperçoit
01:12:44que ces histoires
01:12:46sont incroyables
01:12:47que c'est une vie
01:12:48et puis que tout à coup
01:12:50voilà
01:12:51c'est
01:12:52c'est tombé par terre
01:12:53mais
01:12:54pourquoi je dis ça
01:12:55parce que
01:12:56vous avez affronté ça
01:12:57le non-regard
01:12:59des autres
01:12:59les gens qui passent
01:13:00à côté de vous
01:13:01lorsque vous n'avez rien
01:13:02comme vous l'avez vécu
01:13:03comme si vous étiez
01:13:05invisible
01:13:05c'est je crois
01:13:08le
01:13:08en tout cas
01:13:09je crois le plus dur
01:13:10à vivre
01:13:11d'être invisible
01:13:14cette sensation
01:13:16que
01:13:16comme vous l'avez dit
01:13:18tout le monde
01:13:18habite chez vous
01:13:19parce que chez vous
01:13:20c'est la rue
01:13:20mais personne ne vous regarde
01:13:22en même temps
01:13:22c'est horrible
01:13:24c'est qu'en fait
01:13:25vous êtes comme un fantôme
01:13:28que vous ne croyez pas
01:13:29que vous êtes mort
01:13:29mais vous êtes
01:13:30on est déjà mort
01:13:32parce que vraiment
01:13:33personne nous voit
01:13:35et personne n'a envie
01:13:37à nous aider
01:13:38et
01:13:39et ça
01:13:41par exemple
01:13:44je vois les gens
01:13:44quand on voit
01:13:45les gens
01:13:46ils parlent avec eux-mêmes
01:13:47dans la rue
01:13:48et ils ont peur
01:13:49mais ça arrive à moi-même aussi
01:13:51parce que
01:13:52vous n'avez personne
01:13:53à parler
01:13:54donc vous commencez
01:13:55à parler avec vous-même
01:13:56bien sûr
01:13:57donc
01:13:59et puis la rue
01:14:00reste un environnement
01:14:02dangereux
01:14:03Nixia
01:14:03aussi
01:14:04donc
01:14:05et
01:14:06d'autant plus
01:14:07lorsqu'on est une femme
01:14:08parler
01:14:10il y a quelque temps
01:14:12nous avions
01:14:13Philippe Berkey
01:14:14avec nous
01:14:15qui sort de prison
01:14:17qui vit dans la rue aussi
01:14:18et qui est un homme
01:14:20et qui nous
01:14:21nous évoquer
01:14:22sa solitude
01:14:23justement
01:14:23et comment faire confiance
01:14:25dans la rue
01:14:26c'est dur
01:14:27donc entre
01:14:28finalement
01:14:29ce statut
01:14:31de fantôme
01:14:31j'avais jamais pensé
01:14:33mais
01:14:33parce que pour moi
01:14:34c'était invisible
01:14:35mais fantôme
01:14:37je trouve que ça résonne
01:14:38encore plus
01:14:38vous voulez parler
01:14:39avec les gens
01:14:40je suis là
01:14:40je suis là
01:14:40mais ils ne voient pas
01:14:42non
01:14:42ils ne veulent pas
01:14:43pour certains
01:14:44et
01:14:46cela doit être
01:14:47un sentiment terrible
01:14:50en tout cas
01:14:51les choses ont changé
01:14:53Nixia
01:14:53et
01:14:54vous vous le devez à vous
01:14:55bien évidemment
01:14:56à ce journaliste
01:14:57mais
01:14:57je pense
01:14:58qu'il faut vous rappeler
01:14:59que
01:14:59vous
01:15:00vous devez aussi
01:15:02vous le devez à cette force
01:15:03que vous avez en vous
01:15:04cette liberté
01:15:06elle est
01:15:08vraiment retranscrite
01:15:09dans ce livre
01:15:10dis adieu à ton corps
01:15:12que je vous conseille fortement
01:15:14si
01:15:15vous traversez en plus
01:15:17une période
01:15:17
01:15:18vous perdez
01:15:19confiance en vous
01:15:20ou
01:15:20c'est compliqué
01:15:22lisez
01:15:23le livre de Nixia
01:15:24et
01:15:24vous verrez que
01:15:25l'espoir
01:15:27ce n'est pas
01:15:27qu'un mot
01:15:28c'est aussi quelque chose
01:15:30qui existe
01:15:30et qu'il faut croire en soi
01:15:32en tout cas
01:15:33essayez de
01:15:34ne pas oublier
01:15:36que l'espoir
01:15:37ça reste la première marche
01:15:39qui peut vous amener
01:15:40à autre chose
01:15:42et parfois
01:15:42à devenir
01:15:44une femme
01:15:45accomplie
01:15:46une maman
01:15:47accomplie
01:15:48une épouse
01:15:49je ne sais pas si vous êtes mariée encore
01:15:50mais vous avez rencontré l'amour
01:15:51et
01:15:52je lis
01:15:53sur votre visage
01:15:54aujourd'hui
01:15:55cet épanouissement
01:15:57et surtout
01:15:57ce bonheur
01:15:58de pouvoir
01:15:59enfin
01:16:00être
01:16:02libre
01:16:02Nixia
01:16:03vous êtes une femme libre
01:16:04ici en France
01:16:05j'étais
01:16:06une femme libre
01:16:07depuis de vous
01:16:08je sais
01:16:08on est tous libres
01:16:09dans notre terre
01:16:10mais si on sent
01:16:12qu'on n'est pas libre
01:16:13c'est
01:16:13des extérieurs
01:16:15c'est pas nous
01:16:17j'ai une dernière question
01:16:18à vous poser
01:16:18et heureusement
01:16:20qu'elle me revient
01:16:20parce que j'en parlais à Hélène
01:16:22mon bras droit
01:16:23tout à l'heure
01:16:23je ne voulais absolument pas
01:16:26oublier de vous la poser
01:16:27cette question
01:16:27moi j'ai le sentiment
01:16:29moi j'ai le sentiment
01:16:29que
01:16:29la situation
01:16:32des mollas
01:16:32devient
01:16:34de plus en plus
01:16:35intenable
01:16:36on entend
01:16:37Trump
01:16:37qui ces jours-ci
01:16:40obtient des résultats
01:16:41formidables
01:16:43on aime
01:16:44on n'aime pas Trump
01:16:45mais il est en train
01:16:46d'offrir la paix
01:16:47dans une partie du monde
01:16:49où c'est très difficile
01:16:51cette partie du monde
01:16:52l'Iran
01:16:52en fait partie
01:16:53et on sent que
01:16:54l'Iran
01:16:55est dans un petit coin
01:16:55de la tête de Trump
01:16:56je pense qu'à un moment
01:16:57il va s'occuper d'Iran
01:16:58si demain
01:17:00le régime des mollas
01:17:02tombait
01:17:03est-ce que
01:17:05vous retourneriez
01:17:07vivre
01:17:07en Iran
01:17:08ou
01:17:09ou en tout cas
01:17:11est-ce que vous retourneriez
01:17:12là-bas
01:17:12est-ce que vous êtes encore
01:17:13attaché à ce pays
01:17:14évidemment
01:17:15en fait les trucs
01:17:16j'ai ma famille
01:17:18là-bas
01:17:19mais tous mes amis
01:17:21ils ont
01:17:22dans la prison
01:17:23où ils ont été
01:17:24tués par gouvernement
01:17:25où ils ont réfrugiés
01:17:26quelque part
01:17:27donc sauf ma famille
01:17:29tous mes amis
01:17:30sont disparus
01:17:31mais évidemment
01:17:33que Géran
01:17:34c'est un pays
01:17:35avec une culture
01:17:37incroyable
01:17:38avec la plus gentille
01:17:40gens du monde
01:17:41et je suis fière
01:17:44à montrer à ma fille
01:17:45que ta mère
01:17:46elle vient de là
01:17:47c'est mon culture
01:17:48ta mère est iranienne
01:17:49oui
01:17:50j'ai hâte
01:17:51à lui raconter
01:17:53mon histoire
01:17:54et évidemment
01:17:55je vous le rappelle
01:17:57le livre de Nexia
01:17:58s'appelle
01:17:59dis adieu à ton corps
01:18:00vous comprendrez pourquoi
01:18:02ce titre
01:18:03coup de poing
01:18:04et puis
01:18:06comme internet
01:18:07et comme youtube
01:18:08nous offre
01:18:09cette liberté
01:18:10comme vous le savez
01:18:11dans le monde d'Olivier
01:18:12ce vœu aussi
01:18:14militant
01:18:15et rappeler
01:18:16combien
01:18:17nous devons chérir
01:18:18cette liberté
01:18:19et se battre
01:18:19pour cette liberté
01:18:21nous ne manquerons pas
01:18:22de le rappeler
01:18:24à chaque fois
01:18:25et puis nous adressons
01:18:26bien évidemment
01:18:26ce message
01:18:28de liberté
01:18:28et de solidarité
01:18:30à tous les Iraniens
01:18:32jeunes
01:18:33moins jeunes
01:18:34ou vieux
01:18:34que nous
01:18:35français
01:18:36et françaises
01:18:38nous sommes solidaires
01:18:39avec eux
01:18:39et que bien évidemment
01:18:41nous prions pour eux
01:18:42et que nous souhaitons
01:18:42que ce régime des Mola
01:18:44tombe enfin
01:18:46et que le peuple iranien
01:18:47puisse à nouveau
01:18:49être libre
01:18:49et briller
01:18:50de toute son intelligence
01:18:51et de tout
01:18:52de toute sa créativité
01:18:56de tout
01:18:56de tout ce qu'il a
01:18:58amené à ce monde
01:18:59et qui est étouffé
01:19:00depuis bien longtemps
01:19:02merci mille fois
01:19:03Nexia
01:19:03d'être venue
01:19:04c'était un véritable honneur
01:19:05pour moi
01:19:06de vous recevoir
01:19:06et puis
01:19:07on se reverra
01:19:09avec plaisir
01:19:10continuez à nous suivre
01:19:13n'oubliez pas
01:19:13de vous abonner
01:19:14à cette chaîne
01:19:15je vous le rappelle
01:19:15vous pouvez commenter
01:19:17aussi cette vidéo
01:19:18vous pouvez écrire
01:19:20à Nexia
01:19:20à la suite de cette vidéo
01:19:22il y a aussi
01:19:23une adresse mail
01:19:24qui s'inscrit
01:19:26donc vous pouvez nous écrire
01:19:27abonnez-vous
01:19:28abonnez-vous
01:19:29et puis surtout
01:19:30appuyez sur la petite clochette
01:19:31si vous voulez être prévenu
01:19:33de la prochaine vidéo
01:19:34à venir
01:19:35dans le monde d'Olivier
01:19:36et bien
01:19:38dans le monde d'Olivier
01:19:38on vous aime
01:19:39et ce sont vos histoires
01:19:40à vous aussi
01:19:41donc n'hésitez pas
01:19:42si vous voulez témoigner
01:19:44à nous écrire
01:19:45prenez soin de vous
01:19:47on vous aime
01:19:48salut
01:20:08et c'est bon
01:20:10et c'est bon
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