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  • il y a 2 jours
🎙️ Dans le monde d’Olivier – Épisode 2 : Philippe Berki, le patron de la prison de Fresnes

Pour ce nouvel épisode de Dans le monde d’Olivier, je reçois Philippe Berki, un homme au parcours hors du commun.

Abandonné dès sa naissance, il grandit dans une famille d’accueil. À 14 ans, il retrouve une mère qu’il avait idéalisé. Mais c’est un nouvel échec : elle l’abandonne à nouveau et Philippe se retrouve pour la première fois dans la rue. Il y découvre un autre monde. Livré à lui même, Philippe alterne les séjours en prison et les courtes périodes de liberté, jusqu’au jour où il est condamné à une peine plus lourde.
C’est à la prison de Fresnes qu’il va rencontrer une femme. Elle est infirmière psychiatrique. Cette liaison va permettre à Philippe de devenir « le patron » des trois unités de la maison d’arrêt.
Dans ce témoignage, il nous raconte les coulisses du traffic qu’il va mettre en place, mais aussi le monde carcérale, les surveillants, les privilèges, la violence ordinaire du quotidien derrière les barreaux.
Une plongée dans la réalité des « invisibles », de ceux que l’on ne veut pas entendre.

Entre lucidité et provocation, il partage son regard sur la réinsertion, la liberté, et ce qui pousse certains à préférer les murs d’une cellule à la dureté du monde extérieur.

✨ Un témoignage brut, où se mêlent douleur, désillusion et besoin de reconnaissance. Une plongée dans la réalité de ceux qu’on ne veut souvent pas entendre.


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Sur une idée originale d'Olivier Delacroix
Production : Propulse by Reworld Media
Productrice exécutive : Sara Foucaut
Rédactrice en chef : Hélène Corbie
Chargée Editoriale : Laëtitia Carneiro Gomes
Chargée de production : Julia Sanchez
Réalisation : Samuel Robbe
Assistant caméra et cadreur : Studio Bens
Montage : Stéphane Guerrero Lombardi
Maquillage : Cassandre by Noob Agency
Edito et Post prod : Olivier Delacroix, Hélène Corbie, Cécilia Hopital, Léonie Mérida
Merci à Philippe Berki pour son témoignage.

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Transcription
00:00:00Moi, l'avantage que j'ai, j'ai pas de parloir, mais j'ai une infirmière psychiatrique qui est là qui, deux fois par jour, fait l'aller-retour.
00:00:08Qui peut être une sorte de service délit des roues, deux fois par jour.
00:00:11T'as pas idée, c'est pire que ça.
00:00:13Eh bien, on rentre 15 kilos de bédo chaque semaine.
00:00:1615 kilos ?
00:00:1715 kilos de bédo, je te laisse faire le calcul. 15 kilos de bédo à 2 kilos, à 200 euros la plaquette.
00:00:22Ça fait beaucoup, ça fait 2 000 euros par kilo.
00:00:242 000 euros parce que c'est 200 euros, donc 1 000 euros pour moi, 1 000 euros pour mon pote.
00:00:28Donc, fois 15, on va commencer à faire.
00:00:29Qui demande à qui s'il peut croquer ?
00:00:32Surveillant.
00:00:33Surveillant.
00:00:33Il vient, il dit, écoute, moi je touche mal, j'ai ma femme, j'ai mes enfants, je vais partir en vacances, non, m'article, le mois prochain, je suis en galère.
00:00:39Ramène-moi ça, ça, ça, c'est rien.
00:00:41Combien tu me donnes ?
00:00:41J'ai 2 000 euros.
00:00:42Elle m'a payé, acheté une double paye, pas de souci.
00:00:45Un iPhone à 150 balles et un iPhone 5C à l'époque, on les vendait 500, 600 euros.
00:00:50On en rentrait 10, 15 par jour.
00:00:51Côte-de-Veaux.
00:00:52Côte-de-Veaux, entrecôtes, je mange des trucs, je buvais même du baron, Philippe le baron, comment on appelle ça, Rothschild.
00:00:59Dis donc, elle était très amoureuse cette femme quand même.
00:01:01Plus qu'amoureuse.
00:01:02Oui.
00:01:03Qu'est-ce que tu lui as fait parce que...
00:01:05Deuxième, reliez-vous déjà à Relation Intime, direct, bim.
00:01:07D'accord.
00:01:08Le coup de foudre.
00:01:10Le coup de foudre.
00:01:11Pour elle, ouais.
00:01:12Le patron.
00:01:12Moi, j'ai plus un...
00:01:13C'est malheureux à dire, c'est dégueulasse, j'avoue.
00:01:15Mais non, c'était...
00:01:16Moi, j'ai plus...
00:01:17Franchement, on ne va pas se mentir.
00:01:19Pour moi, c'était une femme vulnérable, était vulnérable et j'en ai profité.
00:01:22Bonjour à toutes et à tous.
00:01:23Je suis ravi de vous retrouver.
00:01:27Vous êtes chaque semaine toujours plus nombreux à nous rejoindre.
00:01:30Alors, merci.
00:01:31Et n'oubliez pas de parler de cette chaîne YouTube à vos amis, à vos parents, à vos familles.
00:01:39Abonnez-vous si vous ne l'êtes pas encore.
00:01:41Et puis, bien évidemment, n'oubliez pas de commenter tout ce que vous allez entendre.
00:01:45Écoutez, dans le monde d'Olivier, vous le savez, ce sont des histoires extraordinaires,
00:01:50des trajets ou des trajectoires de vie particulières.
00:01:54Et aujourd'hui, nous recevons Philippe Berkey.
00:01:58Et puis, Philippe, que j'ai rencontré dans des circonstances, je dirais, habituelles.
00:02:06C'est-à-dire dans la rue, une rencontre, comme j'en fais beaucoup.
00:02:11Mais Philippe a retenu mon attention.
00:02:15Vous allez comprendre pourquoi.
00:02:16Parce que cet homme a quelque chose, un charisme.
00:02:20Et puis, j'ai senti tout de suite que ce garçon avait une histoire particulière.
00:02:26Et je ne me suis pas trompé.
00:02:28Il a une histoire particulière.
00:02:30Mais j'étais bien loin de penser qu'elle était plus que particulière.
00:02:35Philippe, bonjour.
00:02:37Merci d'être venu me voir aujourd'hui.
00:02:40À 49 ans, Philippe, tu as passé 18 ans en prison.
00:02:46Exactement.
00:02:47Et tu sors de prison depuis le mois de novembre dernier.
00:02:52Donc, ça fait sept mois.
00:02:54Exactement.
00:02:54Et je voulais tout d'abord commencer, avant de parler de ta vie et de ta trajectoire,
00:03:01je voulais parler de réinsertion.
00:03:03Parce que quand je t'ai rencontré, en fait, comme je l'ai dit, j'ai rencontré tout de suite
00:03:08quelqu'un de solaire, quelqu'un dont j'ai senti qu'il avait beaucoup de choses en lui à exploiter.
00:03:16Mais finalement, j'ai rencontré aussi quelqu'un qui était dans la rue, qui sortait de prison.
00:03:23Et qu'il ne recevait pas, en fait, plus d'aide que ça pour s'en sortir.
00:03:29Le sentiment que tu m'as donné, en fait, quand on s'est croisés et que tu t'es ouvert à moi
00:03:35et que tu m'as raconté ton histoire, c'était celle d'un homme qui a décidé de ne plus jamais retourner en prison, déjà.
00:03:44Mais qui bataille fort pour ne pas y retourner.
00:03:47Est-ce que c'est facile de ne pas y retourner ?
00:03:51Il n'y a rien de facile, non.
00:03:52Comme tout, il n'y a vraiment rien de facile.
00:03:54Le problème, c'est que dans cette société, la réinsertion n'existe pas.
00:03:57Il n'y a pas de réinsertion.
00:03:59Pour certaines personnes, il en existe.
00:04:03On ne va pas parler d'eux ce soir parce que c'est même pas parler de ces gens-là.
00:04:06Mais pour les gens comme moi, il n'y a aucune réinsertion sociale, rien du tout.
00:04:10Soit on est en semi-liberté, le placement extérieur, en conditionnel.
00:04:15Mais quand il n'y a pas de subi derrière, il n'y a rien, tu sors peine sèche comme j'ai fait.
00:04:19Il n'y a rien, c'est toi et tout seul.
00:04:22C'est tout.
00:04:23Tu sortes de prison.
00:04:25Donc, ça veut dire quoi ?
00:04:26Ça veut dire que...
00:04:27Parce que tu m'as parlé de papiers à refaire.
00:04:30Je m'as parlé de comptes en banque à créer.
00:04:34Je n'en ai pas.
00:04:36Alors, comment on peut avancer quand on n'a pas de papier ?
00:04:39Quand on n'a pas de compte en banque ?
00:04:41Où est-ce qu'on peut dormir ?
00:04:43Comment on peut louer une chambre d'hôtel ?
00:04:44Comment on peut avoir, même si on n'a pas beaucoup d'argent sur un compte en banque,
00:04:49pas de carte bleue ?
00:04:52C'est quand même la porte ouverte à quoi ?
00:04:55Tu te débrouilles le matin, tu te dis, bon, qu'est-ce que je veux faire aujourd'hui ?
00:04:58Il faut que je fasse de l'argent.
00:04:59Il faut que je paie ma chambre d'hôtel, il faut que je mange.
00:05:01Pour manger, il ne faut pas oublier, on est en France.
00:05:02En France, pour manger, il n'y a pas de souci, tu peux trouver à manger.
00:05:06Le soir, tu fais les restaurants, ils donnent les deux guibags.
00:05:08Il y a certains coups qui donnent les restes qui n'ont pas été vendus.
00:05:13La boulangerie, pareil, ils donnent aussi à manger.
00:05:15Mais sinon, par rapport à des liquides, tu demandes, tu es dans la rue.
00:05:19Je n'aime pas dire le mot « manche ou mon décité », je préfère dire « sollicité ».
00:05:22Je sollicite les gens pour éventuellement m'octroyer un peu d'argent pour bénéficier d'une chambre d'hôtel
00:05:26ou une au-merge de jeunesse, quand je n'ai pas le choix.
00:05:30Mais c'est très facile, c'est très dur, je veux dire.
00:05:33Ce n'est pas facile, c'est épuisant.
00:05:36Tu m'attends au soir, tu parles avec des gens, tu t'épuisses, tu leur racontes ta vie,
00:05:39tu leur dis la vérité en fait.
00:05:41Tu sors de prison, tu n'es pas en sortie, personne pour toi.
00:05:45Parce que c'est pas en allant voir les CPIP, le conseillère d'instruction et de probation,
00:05:49ils donnent cinq tickets-restaurants ou quatre tickets-restaurants de 10 euros.
00:05:54Même pas, excuse-moi, c'est dix tickets-restaurants de 4 euros.
00:05:58Ça te fait 40 euros et avec ça, tu vas te démerder pour un mois.
00:06:00Comment tu veux manger pour 40 euros par mois ?
00:06:02Ce n'est pas possible.
00:06:03Ça te fait trois jours et voilà.
00:06:04Ils ne donnent que ça et on leur donne les moyens que de donner ça, c'est tout.
00:06:08Donc c'est compliqué, quoi.
00:06:10Tu croises dans la rue actuellement, beaucoup de mecs comme toi qui…
00:06:15Il y en a plein, on est plein, on est plein.
00:06:18On est énorme, c'est énorme.
00:06:21Tu fais toutes les gares, tu vois, les gares gardelaises, gardelaises, gardelaises,
00:06:23gardelaises, gardelaises, tu vois, les mêmes personnes, tu as les mêmes qui font la manche.
00:06:27Après, il y en a, ça leur plaît de vivre comme ils vivent là.
00:06:30Moi, non, je ne peux pas envie de continuer comme ça.
00:06:33J'arrive à 50 balais, être dans la rue, ce n'est pas possible.
00:06:35Demandez-tu le genre de l'argent pour payer ma chambre-tel au soir,
00:06:38savoir où je vais dormir ou non ?
00:06:41Et je n'ai pas le choix, je ne sais pas, ok ?
00:06:42On ne me dit pas trop un travail, ok ?
00:06:43Comment je prépare, comment je me lave, comment je…
00:06:47Je ne peux pas, ce n'est pas possible.
00:06:49Voilà, c'est des nuits blanches sur nuits blanches,
00:06:50tu te promènes dans Paris, tu es à la recherche de l'argent, c'est un truc de fou.
00:06:55Pourtant, quand je t'ai rencontré, en fait, tu étais assez épuisé quand je t'ai rencontré.
00:07:00Parce que c'est vrai que tu ne dors pas beaucoup,
00:07:02parce que dormir dans la rue, c'est bien évidemment, ce n'est pas des plus confort.
00:07:07Mais à chaque fois que je t'ai rencontré, parce qu'on s'est croisé plusieurs fois dans Paris,
00:07:10c'est comme si le destin avait voulu nous…
00:07:12Trois fois.
00:07:13Trois fois, nous…
00:07:14Vraiment, voilà, il fallait qu'on se rencontre.
00:07:18Tu étais clean à chaque fois, tu étais propre, tu étais…
00:07:21Parce que ça, c'est quelque chose de chez toi qui est très important.
00:07:23J'essaye, c'est un bien-avoir.
00:07:25T'en faisais quelqu'un, t'en essayais comme toi.
00:07:27Propre-té, avoir une bonne élocution, essayer d'avoir une bonne élocution.
00:07:31Pas de drogue, pas d'alcool.
00:07:32Surtout pas d'alcool.
00:07:34Voilà, je ne bois pas d'alcool.
00:07:36Qu'est-ce qu'il s'est offert à toi, Philippe, depuis sept mois que tu es sorti ?
00:07:41Comme opportunité.
00:07:44Opportunité ?
00:07:45Oui, deux choses.
00:07:47Déjà toi, prendre l'opportunité, et deux agences, une agence de mannequina,
00:07:53avec des casteurs qui m'ont pris en photo dans la rue.
00:07:56Ils m'ont dit, vous avez des yeux, on ressemblait un peu à un acteur qui est assez connu.
00:08:00Ils m'ont dit, on va vous retenir encore très prochainement.
00:08:03Ils ont pris mon numéro de téléphone.
00:08:05Ils m'ont envoyé un ou des messages en disant que bientôt, il devait y avoir des fashion week,
00:08:09enfin bref, qu'ils auraient besoin de moi pour présenter.
00:08:12Et que deux, trois personnes m'auraient retenu apparemment,
00:08:14comme Jacquemus, je crois, Jacquemus, Gouty et Dior.
00:08:18D'accord.
00:08:19Moi, je n'en sais pas plus après, voilà.
00:08:20On ne peut me rappeler, j'attends les retombées, donc on va voir.
00:08:25Tu aimerais faire quoi pour toi ?
00:08:28Je suis un acteur, moi, c'est...
00:08:30Dans ma vie, j'ai toujours voulu être acteur.
00:08:31Depuis que je suis né, j'ai toujours voulu être un acteur.
00:08:33Le cinéma, c'est ma vie.
00:08:35Tout ce que je fais, c'est comme ça.
00:08:37Même dans les bêtises que j'ai fait à l'époque, j'étais un acteur déjà.
00:08:41Je fais un rôle, c'est un rôle.
00:08:42C'est comme tout.
00:08:45On va remonter ta vie un peu, parce que tu m'as raconté ta vie.
00:08:48Et déjà, j'ai trouvé que dès le début, quand tu nais, ta vie, déjà, elle prend déjà une trajectoire particulière.
00:09:03Parce que, tu sais, en fait, souvent, le grand public, voilà, il entend parler de prison,
00:09:08il entend parler de surpopulation carcérale, il entend parler de problèmes sécuritaires.
00:09:15Alors, c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui ne sont pas très...
00:09:22Comment...
00:09:23Qui n'ont pas beaucoup de miséricorde, en fait.
00:09:25Et qui pensent que tous les mecs qui font de la tôle le méritent.
00:09:29Moi, j'ai tendance à penser qu'il y a beaucoup de gens qui...
00:09:33Quand ils naissent déjà, il y a déjà un truc qui peut s'écrire.
00:09:39C'est quoi, toi, ta vie ?
00:09:41Tu nais où ? Dans quelles circonstances ?
00:09:43Alors, je venais dans le deuxième arrondissement, en Saint-Antoine.
00:09:50Donc, ma mère a couché de moi.
00:09:5224 jours après, donc j'avais 24 jours, on allait voir une mère nourricière.
00:09:56Elle me dit, voilà, je peux vous laisser mon fils, je vais le rechercher ce soir.
00:10:00Elle est partie, on l'attend encore.
00:10:01Elle est jamais revenue.
00:10:02Et c'est moi, le 27 novembre 91, à 11h37.
00:10:06J'ai retrouvé ma mère au tribunal d'Orléans.
00:10:09Où on m'a présenté ma dame comme...
00:10:11Avec une pièce dont tu es la mienne et la sienne.
00:10:14C'est là que j'ai vu, je me suis dit, mais c'est ma mère, en fait.
00:10:17Bon, j'ai donc rencontré ma mère, on a discuté.
00:10:19J'ai un peu la haine en même temps, et en même temps, j'étais très content.
00:10:22Je ne sais pas comment elle allait.
00:10:23Ouais, 13 ans, à peu près, juste 13 ans.
00:10:2614 ans, pardon.
00:10:27Un peu moins de 14 ans.
00:10:29Et elle m'emmenait chez elle.
00:10:30Donc, le juge d'instruction, parce qu'il y avait un juge d'application, je veux dire,
00:10:33qui m'a jugé le genre même, elle m'a dit, il y a deux solutions.
00:10:36Soit on va repartir avec votre mère, soit on va mettre dans un PJJ.
00:10:38Protection judiciaire de la jeunesse.
00:10:40Je dis, bon, on va tenter, du coup, j'allais chez ma mère.
00:10:42Je suis parti chez elle.
00:10:43Donc, moi, qui dit ma mère ?
00:10:44Je dis, mon père, automatiquement, je pensais.
00:10:47Finalement, je vois un mec...
00:10:48Un mec dix ans de plus jeune que ma mère,
00:10:52qui est là très autoritaire,
00:10:54chauve, moustache,
00:10:55un gars très bizarre.
00:10:57Mais pas si méchant que ça, au final.
00:11:00Et je suis resté chez ma mère,
00:11:02même pas trois mois.
00:11:03Le matin, on va aller à l'école, tout ça,
00:11:05donc je vais à l'école.
00:11:06Moi, je suis un mec, j'ai des copains de tout type,
00:11:08de français, arabe, noir, tout le monde.
00:11:11Et le matin, on fait un petit déjeuner.
00:11:12On est à l'école, donc,
00:11:14mon beau-père et ma mère partent travailler à 6h30-7h.
00:11:17Moi, je me lève à 8h,
00:11:18pour aller au collège à 9h ni 10h.
00:11:21Le copain, il vient dans le 2-3h,
00:11:22on va à la maison, on se fait un petit déjeuner et tout.
00:11:24Ce que je veux dire, c'est que mon beau-père,
00:11:25à moi, c'est un facho, un raciste de première.
00:11:27Oui.
00:11:28Il y a trois renois et un rebeux qui sont là,
00:11:30avec ses vêtements et tout,
00:11:30parce qu'on s'habit, c'est on est jeune encore tout.
00:11:32Oui.
00:11:33Il est rentré à ce moment-là.
00:11:34C'était pas prévu.
00:11:35Il a pris dans la partie haut.
00:11:36Il me boit, il me boit.
00:11:38Waouh.
00:11:39Il me met une grande baffe.
00:11:41Il dit, tout le monde dehors.
00:11:42Moi, je fais quoi ?
00:11:43Je prends un couteau.
00:11:44Je mets un coup de couteau déjà à cet âge-là.
00:11:45Et là, j'avais le sang chaud.
00:11:47Je n'aurais pas dû faire ça.
00:11:48Il appelle ma mère.
00:11:49Ma mère, elle vient.
00:11:51Et en violence,
00:11:52il me dit, qu'est-ce que t'as fait ?
00:11:53J'ai dit, comment ça,
00:11:54il me dit, qu'est-ce que t'as fait ?
00:11:55On n'a rien fait de mal.
00:11:56On a pris un petit déjeuner,
00:11:57on a mis ses vêtements et rien de dramatique.
00:11:59Ce n'est pas si grave que ça.
00:12:00J'ai dit, de toute façon,
00:12:01je m'en fous, t'as vu, tu me choisis,
00:12:02c'est soit moi, soit lui.
00:12:03Il me dit, sans hésiter, c'est lui.
00:12:06Il est OK.
00:12:07J'ai venu à 14 mai,
00:12:08j'ai pris mon sac à dos.
00:12:09Parce que je n'ai plus, je suis parti.
00:12:11À partir de l'âge de 14 ans,
00:12:12j'étais dans la rue.
00:12:13Mais la vraie rue,
00:12:14depuis l'âge de 14 ans.
00:12:15À partir de 14 ans ?
00:12:16Dans la rue, la street totale.
00:12:17Dans la rue.
00:12:18La rue totale.
00:12:19Je voudrais revenir un petit peu
00:12:20entre ta naissance,
00:12:21l'abandon de ta mère
00:12:23et le moment où tu retrouves ta mère
00:12:26dans un tribunal.
00:12:28Là, tu vas vivre chez qui, en fait ?
00:12:30Les parents de russiers,
00:12:31M. Vannan, Dordain,
00:12:31qui sont très gentils,
00:12:33qui sont décédés maintenant,
00:12:34pèles à leur âme,
00:12:36qui m'ont élevé.
00:12:36Ils avaient sept enfants,
00:12:37j'étais le huitième.
00:12:38A eux deux,
00:12:39des enfants à eux deux.
00:12:40Et ils m'ont élevé comme
00:12:41on ne peut pas élever quelqu'un.
00:12:43C'était mortel.
00:12:44J'avais des vrais Noël,
00:12:45des vrais anniversaires,
00:12:46j'étais dans les meilleures écoles.
00:12:47Ils ont tout fait pour moi.
00:12:49Mais moi, je ne sais pas,
00:12:50il y avait une question
00:12:51qui me taraudait toujours,
00:12:52c'était pourquoi ils s'appellent
00:12:53comme ça et moi comme ça ?
00:12:54Moi, Berkey, eux ?
00:12:55Ils m'ont toujours caché la vérité.
00:12:58Ils m'ont toujours caché la vérité ?
00:13:01Ils ne m'ont pas adopté parce qu'ils ne pouvaient pas m'adopter,
00:13:03mais recueillis.
00:13:05Donc un jour, un dimanche,
00:13:06je vais à l'école.
00:13:07Et à l'école,
00:13:08je me pose beaucoup de questions.
00:13:09La maîtresse, elle appelle mes parents,
00:13:10elle leur dit, voilà,
00:13:11il y a des solutions.
00:13:12Soit vous leur dites,
00:13:12soit vous les dites,
00:13:13ou soit c'est nous, on leur dit
00:13:14et on va lui dire à l'école.
00:13:16Un dimanche, ils prennent,
00:13:18ils me disent après manger,
00:13:19viens, on va t'expliquer un truc.
00:13:20Voilà, en fait,
00:13:21on n'est pas tes parents.
00:13:22J'avais huit ans.
00:13:24Comment ça, on n'est pas,
00:13:24vous n'êtes pas un parent.
00:13:25Non, on n'est pas tes parents.
00:13:27Ta mère, t'abandonne,
00:13:27t'es là.
00:13:28Dégage, j'étais premier à l'école,
00:13:30j'étais bon en tout.
00:13:32Des gragolades totales.
00:13:33À partir de là,
00:13:34fugue,
00:13:35connerie sur connerie.
00:13:36C'est à partir de là
00:13:37que tu t'es mis à faire des vies ?
00:13:39Je commence pas,
00:13:40je commence quand même.
00:13:40Fugue et tout,
00:13:41j'allais dans moi chez les copains.
00:13:42Je ne voulais plus les appeler
00:13:43papa-maman, c'était...
00:13:44Est-ce que le...
00:13:47Parce que t'as 49 ans maintenant,
00:13:49on va bien évidemment dérouler
00:13:51le reste de ta vie,
00:13:52mais le fait d'avoir été abandonné
00:13:54à 24 jours,
00:13:56est-ce que c'est quelque chose
00:13:57qui a impacté ta vie
00:14:00d'une manière particulière ?
00:14:01Bien sûr.
00:14:02J'avais toujours eu lieu aux femmes,
00:14:04aux mamans.
00:14:05Je me dis,
00:14:06j'étais jaloux tout le monde.
00:14:07Comment lui,
00:14:08sa mère, elle a l'élevé ?
00:14:09Pourquoi ma mère ne m'a pas eu à moi ?
00:14:10Pourquoi...
00:14:11Il faisait des questions bizarres,
00:14:12tu vois.
00:14:12J'ai eu une enfance délicieuse
00:14:13jusqu'à l'âge de 8 ans.
00:14:14Je me dis, vraiment,
00:14:15jusqu'à toi,
00:14:15quand on me disait la vérité.
00:14:16J'avais une vie incroyable.
00:14:18Incroyable.
00:14:19Je manquais de rien.
00:14:19J'étais même mieux que les autres à l'école.
00:14:21J'étais mieux que tout le monde.
00:14:22J'avais les dernières chaussures,
00:14:23j'avais tout ce qu'il fallait bien.
00:14:26Dans ma tête,
00:14:26ça a brillé.
00:14:27À l'âge de 8 ans,
00:14:27comme je t'expliquais,
00:14:29c'est parti en cacao total.
00:14:31Malheureusement.
00:14:33Donc, à l'école,
00:14:33je ne suis plus à l'entendre.
00:14:36Comme par hasard,
00:14:37comme on m'a dit
00:14:38que ma mère s'appelait
00:14:38Fatima Berki,
00:14:40rebeu,
00:14:41je me sens rebeu.
00:14:42Donc, c'était...
00:14:43Depuis tout petit déjà,
00:14:44je ne traînais qu'avec des algalins marocains.
00:14:46Je me suis converti,
00:14:47je suis allé à la mosquée.
00:14:48Je me dis,
00:14:48le jour où j'entends ma mère,
00:14:50mortel,
00:14:50elle va être fière de moi et tout.
00:14:51Tu parles.
00:14:52Le jour où je l'ai rencontré,
00:14:53je lui sors un salam alaykoum.
00:14:55Elle m'a regardé,
00:14:55elle m'a dit,
00:14:56qu'est-ce que tu me racontes ?
00:14:57Elle m'a dit,
00:14:57mais tu es cinglé ou quoi ?
00:14:58Elle m'a dit,
00:14:59je m'appelle Fatima,
00:14:59pas Fatima,
00:15:00appelle-moi pas comme ça.
00:15:02Je déteste les arabes.
00:15:03Je dis,
00:15:03ah ouais.
00:15:04Encore une claque dans la tronche.
00:15:05Bam.
00:15:06C'est un truc de fou.
00:15:08Et ton beau-père,
00:15:08visiblement,
00:15:17je suis musulman.
00:15:17Elle m'a dit,
00:15:18il n'y a pas de musulman,
00:15:18tu manges qu'hier ?
00:15:19Je ne mange pas.
00:15:20Tu les envouilles, quoi.
00:15:2214 ans,
00:15:23donc,
00:15:23après ce petit déjeuner
00:15:25improvisé avec tes potes,
00:15:27fatal,
00:15:27où ton beau-père rentre
00:15:29et où ça se passe mal.
00:15:31Cousse-couteau,
00:15:31quand même,
00:15:32dans la jambe.
00:15:33Dis-moi quand même,
00:15:33dis-moi les jambes.
00:15:34Ici, sur les côtes,
00:15:35dans les côtes.
00:15:35D'accord.
00:15:35Je l'ai raflé,
00:15:36bien raflé, quoi.
00:15:37C'est bien de préciser
00:15:39qu'il avait une petite blessure,
00:15:41que ça,
00:15:41c'était pas grave.
00:15:42Bien sûr.
00:15:42Non, c'était pas énorme.
00:15:43C'était pas grave.
00:15:44Une bonne griffure, quoi.
00:15:45Mais de là,
00:15:46à 14 ans,
00:15:47tu pars avec ton sac à jour
00:15:49dans la rue.
00:15:50Et tu pars où ?
00:15:51Dans le sud.
00:15:51À Perpignan.
00:15:52Pourquoi Perpignan ?
00:15:53Pourquoi ?
00:15:53Parce que c'était...
00:15:55J'avais entendu à la télé
00:15:56qu'il me plaisait,
00:15:57Perpignan,
00:15:58Sars-le-Château,
00:15:59Riesbalt,
00:15:59ça me plaisait.
00:16:00Pourquoi ?
00:16:01Il y avait le cas des plages
00:16:02et tout,
00:16:03le bord de la plage.
00:16:03Je dis,
00:16:04je vais aller là-bas.
00:16:05C'est vrai que c'est une belle région.
00:16:06Super.
00:16:07J'arrive là-bas,
00:16:07donc nouvelle histoire.
00:16:09J'arrive là-bas.
00:16:10La nuit,
00:16:11je me promène
00:16:12parce que je suis pas redormir.
00:16:14Et je commence à me mettre copains,
00:16:15enfin copains,
00:16:16amis avec les prostituées
00:16:17qu'il y a là-bas
00:16:18de la place Aragot, en fait.
00:16:19Il y a le .pé,
00:16:20garage .pé.
00:16:21Et ils sont là,
00:16:21il y a quelques prostituées,
00:16:22il y a 7-8.
00:16:23Et je commence à m'apprécier.
00:16:24Ils me disent,
00:16:25t'es mignon avec tes yeux,
00:16:26t'es super jordi, tu vois.
00:16:27Et je leur dis,
00:16:28si vous avez besoin de quelque chose,
00:16:28ils appellent-moi, dites-moi.
00:16:29Je leur cherchais les cigarettes.
00:16:30Quand ils ont fait,
00:16:31je leur amène un truc,
00:16:31elles me donnent de l'argent,
00:16:32tu vois.
00:16:33Déjà, dès là,
00:16:33déjà, ça commence,
00:16:34tu vois.
00:16:34Tu commences à avoir
00:16:35le rôle,
00:16:36quand tu m'as raconté
00:16:37du petit
00:16:38dans les affranchis.
00:16:39Exactement,
00:16:40c'est ça, clairement.
00:16:41Tu deviens le petit gars
00:16:42qui me va leur chercher
00:16:43à manger,
00:16:43à voir,
00:16:44à se donner de l'argent
00:16:45et tout.
00:16:46Pour que je garde de l'argent,
00:16:47je fasse attention,
00:16:47c'est un truc de fou.
00:16:48C'est la responsabilité,
00:16:50je dois faire attention.
00:16:51Dès qu'il y a un problème,
00:16:51je dois prévenir le gars
00:16:52qui s'occupe d'elle.
00:16:54Vraiment,
00:16:54c'est un truc
00:16:55de dingue à mon âge,
00:16:55ouais.
00:16:56Et un soir,
00:16:57je vois une nouvelle fille
00:16:58qui arrive toute nouvelle.
00:16:59Elle a 18 ans.
00:17:00Moi, j'en avais 14,
00:17:0114 ans.
00:17:02Elle a 18 ans.
00:17:03Je faisais un peu plus
00:17:04que mon âge à l'époque.
00:17:05Ça appelle Stéphanie.
00:17:06Ça, je le dis
00:17:07parce que je les mets
00:17:08peut-être sur mon bras
00:17:08et il y a écrit
00:17:09à Stéphanie ici,
00:17:10tu vois.
00:17:10Voilà.
00:17:12Très amoureux de cette fille.
00:17:13Je la vois super belle.
00:17:14Je lui dis,
00:17:14qu'est-ce que tu fais là,
00:17:15tout.
00:17:15Des nouvelles.
00:17:16Elle me dit,
00:17:16ouais, je suis nouvelle et tout.
00:17:17J'ai vu dans le Thégaron,
00:17:18à côté d'Agin.
00:17:19J'ai un petit bébé,
00:17:20machin et tout.
00:17:21Elle me dit,
00:17:22je trouve mignon, machin.
00:17:23Elle te le dis,
00:17:23c'est sympa.
00:17:23Elle me dit,
00:17:24moi, t'as vu les clients,
00:17:25je leur fais payer une chambre.
00:17:26La chambre,
00:17:26elle est payée pour toute la nuit.
00:17:27Ça veut dire,
00:17:28attends-moi,
00:17:29t'as l'heure dès que je finis
00:17:29à 6h du matin,
00:17:30attends-moi,
00:17:31on va discuter un peu et tout.
00:17:33On prend un panne de bière.
00:17:35Moi, l'époque,
00:17:36je suis mis un peu de védo.
00:17:38On se proche,
00:17:39j'ai dans la chambre,
00:17:39je dis, attends,
00:17:40elle vient.
00:17:41Une relation commence.
00:17:43Je lui dis,
00:17:48je vais pas te laisser faire ça,
00:17:51c'est pas possible.
00:17:52Je t'aime bien,
00:17:52tout.
00:17:53Elle m'a l'air sympa.
00:17:53Elle vient de sortir de cette galère.
00:17:54Elle me dit,
00:17:55ah bon,
00:17:55t'inquiète pas.
00:17:56Je lui prends la tête
00:17:57pour qu'elle arrête de faire ça.
00:17:58Ça dure une semaine à peu près.
00:18:00Et elle m'écoute.
00:18:02On part chez elle
00:18:03à casser le jaloux
00:18:04dans la théière.
00:18:05Elle présente ses parents,
00:18:06tout ça.
00:18:06Elle croit que j'ai 18 ans.
00:18:07Et avant,
00:18:08c'est les anciennes carmontés,
00:18:09les trucs marrons,
00:18:10on déplie.
00:18:11Les premières cartes d'identité.
00:18:12Carmonté jouant à un pote
00:18:13qui fait carmonté
00:18:14elle est même pareil.
00:18:16J'ai fait moins une
00:18:16avec mon âge,
00:18:17avec l'âge qu'il y a 18 ans.
00:18:18Il me fait,
00:18:19je trouve un travail
00:18:20à casser jaloux.
00:18:21Ça s'appelle le groupe Faltex.
00:18:23Il est sous toiture,
00:18:24sous moquette,
00:18:24c'est pas l'isolation.
00:18:25Je travaille là-bas,
00:18:26je fais les 3 à 8.
00:18:27J'ai 15 ans,
00:18:273 à 8 et tout,
00:18:28comme un homme,
00:18:29truc de fou.
00:18:30Et 3, 4, 5 ans passe.
00:18:32Donc elle a son fils
00:18:33qui grandit,
00:18:33qui m'appelle papa.
00:18:35Il s'appelle Kevin.
00:18:37Et comment dire,
00:18:37un jour,
00:18:38je suis en 76,
00:18:3995.
00:18:42Et bonjour,
00:18:43gendarmerie nationale.
00:18:44Ah oui ?
00:18:45Monsieur Etaq,
00:18:46défaire l'armée.
00:18:47Quoi ?
00:18:47On veut vous chercher
00:18:48pour l'armée.
00:18:49Elle me regarde,
00:18:49elle me dit,
00:18:49mais comment ça,
00:18:50t'as quelle âge,
00:18:50en fait ?
00:18:51Je dis,
00:18:51ben en fait,
00:18:52mon voyage là,
00:18:52maintenant j'ai 18 ans,
00:18:53quand tu m'as connu,
00:18:54j'avais 14 ans.
00:18:55Elle m'a dit,
00:18:55elle était choquée.
00:18:57Je suis parti à l'armée.
00:18:58J'ai fait mon armée
00:18:59pendant un peu moins d'un an,
00:19:00en retour dans la marine.
00:19:02Et puis quand je suis venu
00:19:03la voir,
00:19:03c'était fini,
00:19:04t'es 40 ans,
00:19:04tout ça.
00:19:06J'ai pris le mort.
00:19:07Je suis parti,
00:19:08j'ai commencé à faire des conneries.
00:19:09J'ai volé des voitures,
00:19:0940 voitures en une semaine.
00:19:11J'ai devenu voleur
00:19:12professionnel de voitures.
00:19:13Ah ouais,
00:19:13carrément,
00:19:14ouais.
00:19:14Ford Fiesta,
00:19:15c'était Ford Fiesta,
00:19:17l'effort des skis,
00:19:17plus facile à démarrer,
00:19:18à casser le Yaman et tout.
00:19:20Donc j'ai fait ça.
00:19:22Et puis je me suis attrapé,
00:19:23donc prison,
00:19:24première fois.
00:19:25Première fois ?
00:19:26Ouais, première fois,
00:19:27en 96,
00:19:28j'ai l'impression.
00:19:29Perpignan ?
00:19:30Non, non,
00:19:30pas Perpignan,
00:19:31on me remontait à Paris.
00:19:33D'accord.
00:19:33Parce qu'en fait,
00:19:33je volais une voiture
00:19:34sur la route de Dajun
00:19:35jusqu'à Paris.
00:19:36Là, on m'interpelle à Paris.
00:19:38Exactement,
00:19:39à Suisse-sur-Loire,
00:19:40je me rappelle.
00:19:41Donc,
00:19:41on a Suisse-sur-Loire,
00:19:41on m'a incarcéré,
00:19:42on m'a mis 24 mois,
00:19:44dont un enferme.
00:19:46On m'a ramené
00:19:47à le tribunal de Montargis,
00:19:49qui m'a condamné
00:19:50donc il y a deux ans,
00:19:51un an avec sursis.
00:19:52J'étais à la prison de Montargis,
00:19:53à l'époque,
00:19:54c'est une prison,
00:19:54maintenant je me suis donné
00:19:55un centre de semi-liberté.
00:19:56Et là-bas,
00:19:57déjà,
00:19:58à être le malin,
00:19:59à faire le malin
00:19:59avec tout le monde,
00:20:00il y a l'aumônier qui vient.
00:20:01Et l'aumônier,
00:20:02je lui fais passer
00:20:02des courriers en cachette.
00:20:04Il les prend,
00:20:05l'aumônier,
00:20:05il les fait tomber
00:20:08les lettres devant eux.
00:20:09Donc,
00:20:09il voit que c'est mes lettres
00:20:09et tout.
00:20:11Ok,
00:20:11ils mettent un rapport,
00:20:12un rapport disciplinaire,
00:20:13ce qu'on appelle un CRI,
00:20:13compte d'incident,
00:20:15compte d'incident,
00:20:17compte de rendu d'incident.
00:20:19Et ils me disent,
00:20:20on ne peut pas te garder ici,
00:20:21il n'y a pas de mitard ici.
00:20:22Donc,
00:20:22tu vas aller à Fleury,
00:20:23je me réagisse.
00:20:23Transfer disciplinaire,
00:20:24Fleury,
00:20:25bim.
00:20:26Les RPS,
00:20:26il passe,
00:20:27on met 45 jours de mitard
00:20:28pour ça.
00:20:28C'est beaucoup.
00:20:3045 jours de mitard,
00:20:30ça fait quand même
00:20:31presque 3 mois,
00:20:31tu vois.
00:20:32Je me retrouve à Fleury.
00:20:34Et à Fleury,
00:20:34on est en détention normale
00:20:36après 45 jours de mitard.
00:20:38Et là,
00:20:38je sort de Fleury.
00:20:39Je me fais en 98.
00:20:42Et je me rappelle
00:20:43du nom et du nom de ma mère,
00:20:44donc Fatima Berkey
00:20:45et j'ai calé des frères et soeurs.
00:20:48Militaire internet,
00:20:49machin tag.
00:20:50Je trouve sur toute ma famille,
00:20:51quasiment.
00:20:52Mes vrais oncles et tantes,
00:20:53donc ils sont sur Orly,
00:20:54il fallait demain.
00:20:55J'arrive là-bas,
00:20:57je suis le fils de Fatima Berkey
00:20:59et tout le monde dit,
00:21:00mais viens à la maison,
00:21:01t'habites chez moi,
00:21:01t'es chez moi.
00:21:02Ils sont 17 frères et soeurs.
00:21:04Il y a une grande famille,
00:21:05il y a des rangs de famille.
00:21:06Rebeux, musulmans,
00:21:07prières et tout.
00:21:08Là,
00:21:08je suis dans mon fièvre,
00:21:09je suis dans mon monde,
00:21:10ça se passe bien.
00:21:12Et il y a un centre Leclerc à Orly
00:21:13où je t'ai une boîte à boire mon café.
00:21:15Je mets le papier,
00:21:16je fais tout ce qu'il faut,
00:21:17je fais mon bois d'intérim,
00:21:18je travaille,
00:21:18tout ça,
00:21:19la vie normale.
00:21:21Et j'encontre une femme
00:21:21s'appelle Luisa,
00:21:24super belle femme.
00:21:25Je me suis marié avec elle
00:21:26et on s'est mariés
00:21:27en 1999,
00:21:282000.
00:21:30Un enfant arrive,
00:21:30Mehdi.
00:21:32Magnifique,
00:21:33terrible.
00:21:34Mehdi,
00:21:35c'est un bon Mehdi,
00:21:37c'est un bon petit Mehdi.
00:21:39Mais ce qu'il y a,
00:21:39c'est comme je suis avec cette femme
00:21:40et que juste avant le mariage,
00:21:41je ne peux pas accoucher
00:21:42avant le mariage,
00:21:43on ne va pas l'avoir de relation.
00:21:44Moi, à côté,
00:21:45j'ai 19 ans, 20 ans,
00:21:46il est chaud,
00:21:47je suis une copine à côté,
00:21:49une antillesse.
00:21:50Et avec cette antillesse,
00:21:52donc juste avant que Mehdi naisse,
00:21:53elle tombe enceinte.
00:21:55Elle se casse aux Antilles.
00:21:57Moi, entre-temps,
00:21:57je me marie,
00:21:58Mehdi,
00:21:59il arrive,
00:21:59il est en route
00:21:59et je suis en prison.
00:22:02Encore une fois,
00:22:02ça commence bien.
00:22:04Toujours pour les vols de voiture ?
00:22:05Non, non, non,
00:22:06c'était pour trafic de stupes
00:22:07et voilà, marmé.
00:22:09Moi, je me fais attraper,
00:22:10pareil,
00:22:10là, je commence à prendre
00:22:1136 mois,
00:22:1224, 36 mois,
00:22:13c'est bien compliqué.
00:22:15Et il y a une dame
00:22:17qui vient au parloir,
00:22:18cette dame,
00:22:19c'est Isabelle.
00:22:20Elle vient au parloir
00:22:20et elle vient avec ma fille,
00:22:22Francesca.
00:22:25Une antillesse,
00:22:26bêtisse,
00:22:26super belle,
00:22:27qui a 25 ans aujourd'hui,
00:22:28que j'embrasse très fort.
00:22:30Et donc voilà,
00:22:32les deux femmes,
00:22:32en fait,
00:22:33Louisa et Isabelle,
00:22:34sont venus en même temps au parloir,
00:22:35elles avaient pris le même rendez-vous,
00:22:35on ne savait pas.
00:22:37Et quand ils sont venus au parloir
00:22:38tous les deux,
00:22:38elles se disent,
00:22:38mais tu étais qui, toi ?
00:22:40Toi, t'es qui ?
00:22:41Moi, je suis avec Philippe.
00:22:42Ah non, non,
00:22:43c'est moi,
00:22:43je suis sa femme et tout.
00:22:45Catastrophe dans le parloir,
00:22:46un bordel total.
00:22:49Voilà,
00:22:49il y a des qui disent,
00:22:50moi, je viens par là,
00:22:51je te laisse.
00:22:52Donc Isabelle,
00:22:52elle m'a dit,
00:22:53j'ai des explications,
00:22:54elle dit,
00:22:54qu'il y a des explications,
00:22:54tu ne veux pas cacher ma fille
00:22:55pendant 9 mois,
00:22:56tu es partie,
00:22:56tu arrives comme un souche
00:22:57sur la soupe
00:22:57et tu,
00:22:59tu dis,
00:22:59moi, je suis avec l'usage,
00:23:00je suis marié,
00:23:00je ne me vois pas,
00:23:01tu as vu,
00:23:01toi et moi,
00:23:01c'était juste le passage,
00:23:02on s'amusait,
00:23:03on s'est bien mis d'accord
00:23:04et j'aime ma femme
00:23:05mais voilà,
00:23:05j'ai mon fils avec elle
00:23:06et voilà,
00:23:08ça ne s'est pas passé
00:23:09comme prévu.
00:23:10Donc elle est repartie.
00:23:12Elle nous avait bien
00:23:12me fait la gueule,
00:23:13c'est pas normal.
00:23:14Tu vois,
00:23:14notre histoire
00:23:14s'est basée sur un mensonge.
00:23:16J'étais,
00:23:16oh là là,
00:23:17à partir de là,
00:23:18c'est partir au coup de total
00:23:19aussi avec ma femme.
00:23:20Donc,
00:23:21voilà,
00:23:22je commence à partir,
00:23:24je suis en prison.
00:23:25Il faut quand même dire
00:23:26qu'à cette époque,
00:23:28c'est là
00:23:29que tu commences
00:23:29à te faire des relations
00:23:30un peu plus sérieuses
00:23:32qu'en prison
00:23:32qui vont te mener
00:23:34à upgrader
00:23:36dans ce que tu vas tenter
00:23:40de faire,
00:23:41ce que tu vas passer
00:23:42au vol,
00:23:42à main armée.
00:23:43La coque
00:23:43et le vol à main armée.
00:23:44À quoi ?
00:23:45Moi,
00:23:45je rencontre des gens
00:23:46où je tairais le nom
00:23:46parce que voilà,
00:23:48à savoir que j'ai une facilité aussi
00:23:49parce que mon père
00:23:50est un ancien voyou
00:23:51de la banlieue sud
00:23:52qui est très connu
00:23:53que les gens
00:23:54quand ils vont voir là,
00:23:54ils vont savoir
00:23:55ils savent très bien
00:23:55qui c'est.
00:23:57Et donc voilà,
00:23:58j'ai eu des facilités
00:23:59à rentrer dans certains trucs
00:24:00et voilà,
00:24:02je montais ma société
00:24:04Sécurité maître char
00:24:05quand je t'expliquais
00:24:06et tout.
00:24:09Je partais en prison
00:24:10et voilà.
00:24:11Mais là,
00:24:11il y a une grosse peine.
00:24:12Grosse peine.
00:24:13Là,
00:24:13je prends
00:24:13cinq ans,
00:24:15cinq en ferme
00:24:16et dans cette peine-là,
00:24:18il m'arrive
00:24:18une histoire,
00:24:19une nouvelle histoire
00:24:20en prison.
00:24:22Et cette histoire
00:24:23en prison,
00:24:23bah,
00:24:25je dois avoir
00:24:25un autictologue
00:24:25parce qu'à l'époque,
00:24:27je prends de la drogue,
00:24:28de la dope,
00:24:29de la coke
00:24:29et on me dit
00:24:31voilà,
00:24:31je lui dis
00:24:31vous avez intérêt
00:24:32de vous faire soigner
00:24:33en prison.
00:24:34Ok,
00:24:35c'est une obligation
00:24:35de soin,
00:24:35obligatoire.
00:24:37Une fois par semaine,
00:24:37je dois aller voir
00:24:38ce qu'on appelle
00:24:38le Saint-Père,
00:24:40l'infirmière psychiatrique.
00:24:43Premier rendez-vous,
00:24:44je la vois,
00:24:44tout que ça se passe bien.
00:24:46On discutait tout.
00:24:47Tu sais,
00:24:47en prison,
00:24:48j'ai lu beaucoup de livres.
00:24:49Non,
00:24:50un livre qui s'appelle
00:24:50le Body Language.
00:24:52C'est un livre
00:24:53écrit par Navarro,
00:24:54un ancien de la CIA.
00:24:58Il a regardé les gens,
00:24:59il a appris
00:24:59le langage corporel,
00:25:01en fait.
00:25:01Et en fait,
00:25:01dans ce livre-là,
00:25:02il explique.
00:25:03Et moi,
00:25:03j'ai retenu des trucs
00:25:03qui m'intéressaient,
00:25:04pas sur les hommes,
00:25:04mais uniquement sur les femmes.
00:25:06Je lui dis,
00:25:06ça peut déjà servir.
00:25:07Et là,
00:25:08je la vois,
00:25:08je parle avec elle et tout,
00:25:09je vois là,
00:25:10des cheveux machins,
00:25:12quand je lui parle,
00:25:13elle vient tout trop juste.
00:25:14Bref,
00:25:14je dis,
00:25:14bizarre,
00:25:15tu vois.
00:25:16Et puis,
00:25:17je parle avec elle,
00:25:17je dis,
00:25:17écoute,
00:25:18c'est à la fin
00:25:18de l'entretien qu'on a eu.
00:25:22On voit les gilets,
00:25:23tout ça,
00:25:23je prends un petit papier,
00:25:24je me retenus en prison,
00:25:25j'avais un téléphone portable,
00:25:26un petit téléphone,
00:25:28que mon ex m'avait remis,
00:25:30c'est-à-dire Isabelle Lannard,
00:25:30Francesca,
00:25:31ce qui est revenu me voir,
00:25:32je sais plus tard après.
00:25:32On a remis le couvert,
00:25:33en fait.
00:25:33On a retourné enceinte,
00:25:34en prison,
00:25:35on a fait un petit,
00:25:36un bébé par l'or,
00:25:36si on l'appelle,
00:25:37en 2009.
00:25:38Donc,
00:25:39deuxième enfant en BKM.
00:25:40Deuxième enfant en BKM.
00:25:42Et donc là,
00:25:44ben,
00:25:46voilà,
00:25:46c'était...
00:25:48C'était quelque chose,
00:25:49parce que...
00:25:50Il y a mon numéro de téléphone,
00:25:51en fait,
00:25:52à cette femme.
00:25:53Et cette femme,
00:25:54je lui dis,
00:25:55écoute,
00:25:55il y a deux solutions
00:25:55qui s'offrent à toi.
00:25:56En lui serrant la main,
00:25:57je lui donne.
00:25:58Je lui dis,
00:25:59écoute,
00:25:59il y a deux solutions.
00:26:00Soit tu vas voir
00:26:00le premier surveillant,
00:26:02le chef,
00:26:02tu lui dis,
00:26:02j'ai un téléphone en cellulaire,
00:26:03je m'a fait péter,
00:26:04je vois une table.
00:26:05Ou soit tu le prends
00:26:06et si tu as envie
00:26:07de téléphoner,
00:26:07tu m'appelles.
00:26:09Elle me dit,
00:26:10ok,
00:26:10je vais voir.
00:26:10Je prends,
00:26:11elle met la taque,
00:26:11à mi-jour,
00:26:12ce que je vais faire.
00:26:13Je dis,
00:26:13ok,
00:26:14je ne veux pas.
00:26:15Tu sens quelque chose
00:26:16à ce moment-là ?
00:26:17Mais ouais,
00:26:17bien sûr,
00:26:18je le sentis.
00:26:18Tu sens qu'il y a quelque chose.
00:26:19La main,
00:26:20machin,
00:26:21elle me dit,
00:26:21à très vite et tout.
00:26:22J'ai,
00:26:22à très vite.
00:26:23Je la revois la semaine d'après.
00:26:24Mais en attendant,
00:26:26le soir,
00:26:27je suis dans mon...
00:26:27On a un lit superposé,
00:26:28tu sais.
00:26:29Il y a un gars
00:26:30au-dessus de moi,
00:26:30et moi qui est là,
00:26:31on regarde la télé
00:26:32et puis je monte le téléphone portable.
00:26:34Je suis sur internet,
00:26:34je parle avec ma fille.
00:26:35Je suis avec Francesca et tout.
00:26:36qui est un peu encore,
00:26:38qui est un peu plus petite,
00:26:40et je parle avec elle.
00:26:42On discute,
00:26:43tout ça,
00:26:43et je vois un numéro privé.
00:26:46Je vois,
00:26:46je décroche,
00:26:46je dis,
00:26:46allô ?
00:26:47Je dis, allô ?
00:26:48Je dis,
00:26:48je suis sur mon collage.
00:26:48Je dis,
00:26:48ben non,
00:26:49je ne sais pas qui t'es.
00:26:50T'as beaucoup l'habitude
00:26:51de donner ton numéro de téléphone
00:26:52à des femmes en prison ?
00:26:54Je dis,
00:26:54ah ouais,
00:26:54c'est toi et tout.
00:26:56Elle me dit,
00:26:57bon,
00:26:57tu comprends bien
00:26:57que si je t'appelle,
00:26:58c'est parce que,
00:26:59je craque aussi pour toi.
00:27:01Je t'aime bien,
00:27:01je t'apprécie,
00:27:02tu es trop mignon.
00:27:07Je ne sais pas,
00:27:07pourquoi pas,
00:27:08on peut tenter,
00:27:08tu vois,
00:27:09on peut voir,
00:27:10à partir de la folie des grandeurs.
00:27:12Alors,
00:27:13je t'arrête là,
00:27:13parce que,
00:27:15justement,
00:27:16le jour où je t'ai rencontré,
00:27:17la première fois qu'on s'est rencontré,
00:27:20très vite,
00:27:21tu m'as raconté cette histoire,
00:27:22tu m'as dit,
00:27:23tu sais,
00:27:23je t'ai regardé,
00:27:24je t'ai regardé à la télé en prison,
00:27:26ouais,
00:27:27t'es un mec cool et tout,
00:27:28tu vois,
00:27:29mais tu m'as dit,
00:27:30va voir un petit peu sur internet,
00:27:32ah,
00:27:32il y a un bon truc,
00:27:32sur internet,
00:27:33qui je suis,
00:27:34parce qu'il m'est arrivé une histoire,
00:27:36avec une infirmière psy,
00:27:39et,
00:27:39et en fait,
00:27:42dès que j'ai été voir,
00:27:43bien évidemment,
00:27:44il y avait beaucoup de choses sur toi,
00:27:46et je me suis dit,
00:27:47non,
00:27:47mais ce gars-là,
00:27:49c'était,
00:27:50c'était le patron,
00:27:51pendant quelques mois,
00:27:52t'as été le patron.
00:27:53Ah ouais,
00:27:53carrément,
00:27:53le patron de l'unité,
00:27:56première division,
00:27:56même deuxième,
00:27:57troisième division,
00:27:57des trois divisions.
00:27:58T'étais le patron des troisième,
00:27:59carrément,
00:28:00mais de première,
00:28:01deuxième,
00:28:01troisième division,
00:28:02de Fred.
00:28:02Toute l'entrée du Bédo a passé par moi.
00:28:04Voilà,
00:28:05alors,
00:28:05vas-y,
00:28:05raconte-moi,
00:28:07tu la revois.
00:28:08Alors,
00:28:09je la revois et tout,
00:28:09et la veille,
00:28:10elle vient de me voir,
00:28:11elle me dit,
00:28:11qu'est-ce que tu fumes comme cigarette ?
00:28:12Je dis,
00:28:12là,
00:28:13je suis des flippes pour ICA 100S.
00:28:15Elle me dit,
00:28:15je fume le Bédo,
00:28:15je dis,
00:28:15bon,
00:28:16moi,
00:28:16je bois un peu d'alcool et tout,
00:28:17machin.
00:28:19Elle me ramène,
00:28:19le lendemain,
00:28:20elle me ramène 5 paquets de cigarettes,
00:28:21elle me ramène 5 paquets de feuilles OCB Slim,
00:28:24elle me ramène des briquets,
00:28:26elle me ramène ce qu'on n'avait pas,
00:28:27à ce qu'à l'époque,
00:28:27il y avait des mars,
00:28:28il y a des trucs comme nuts,
00:28:30c'était quoi,
00:28:31des lions,
00:28:31il n'y avait pas,
00:28:31tu vois.
00:28:33Elle me ramène ce qu'il n'y a pas,
00:28:33en fait,
00:28:34en prison.
00:28:35Elle me ramène des encens,
00:28:37avec ses ennemis encore,
00:28:38des petits parfums,
00:28:39des trucs là.
00:28:40C'est plutôt sympa.
00:28:41Bon,
00:28:41ça,
00:28:41dans l'éctri,
00:28:41qui est tout.
00:28:42Et moi,
00:28:43je travaille,
00:28:43je suis sassier.
00:28:45Sassier,
00:28:45c'est celui qui rentre,
00:28:46les palettes d'eau,
00:28:47toutes les cantines qui vont arriver,
00:28:49de l'extérieur,
00:28:50donc tu lances un sas,
00:28:51le chauffeur,
00:28:52il ramène les palettes,
00:28:53il les dépose là,
00:28:54et moi,
00:28:54de la prison,
00:28:55je sors,
00:28:55enfin,
00:28:55toujours dans la prison,
00:28:56dans le sas,
00:28:57en fait,
00:28:57je prends les palettes,
00:28:59je les ramène dans une unité,
00:29:00ce qui est en première division,
00:29:01aux cantines.
00:29:02Et là,
00:29:02il y a un dispatchine
00:29:03entre la première,
00:29:03deuxième,
00:29:04troisième division.
00:29:07Donc,
00:29:07là,
00:29:08pour que tu comprennes,
00:29:09en fait,
00:29:10un soir,
00:29:11je dis,
00:29:11tu peux me prendre un service et tout,
00:29:12elle me dit,
00:29:12ouais,
00:29:12je dis,
00:29:12voilà,
00:29:13j'ai un poteau qui va te déposer
00:29:14un petit bout de pilon,
00:29:15tu vois,
00:29:15un petit bout de chit,
00:29:16il faudra que tu me ramènes demain,
00:29:17si possible.
00:29:18Elle me dit,
00:29:18ok.
00:29:19Elle te dit,
00:29:20ok.
00:29:21Ouais,
00:29:21elle me dit,
00:29:21il n'y a pas de problème,
00:29:21elle me dit,
00:29:22c'est moi,
00:29:22je suis collé à des machins,
00:29:23à partir le moment que je rentre ça,
00:29:24je peux te rentrer du pilon,
00:29:25je ne suis pas fouillé,
00:29:25rien,
00:29:26il n'y a pas de souci.
00:29:27Tant que ce n'est pas électrique,
00:29:40c'est vraiment un 100 grammes.
00:29:41Je ne savais pas ça
00:29:42qui dépose un 100 grammes,
00:29:43qui dépose ça chez elle,
00:29:44moi je me dis,
00:29:44il y a un 25 pour demain,
00:29:45je dis,
00:29:45ramène-moi le but de bédo pour demain.
00:29:48Elle fait quoi ?
00:29:49Elle m'emmène la plaquette entière.
00:29:51Wow.
00:29:52Ah ouais,
00:29:52t'es comme ça toi ?
00:29:52Elle me dit,
00:29:52ouais,
00:29:53plaquette entière.
00:29:54Elle me dit,
00:29:54pourquoi il ne fallait pas ?
00:29:55Je dis,
00:29:55si,
00:29:55t'as bien fait.
00:29:57Elle ne se rendait pas compte.
00:29:58Non,
00:29:59pour elle,
00:29:59c'est comme un paquet de cigarettes,
00:30:01c'est gros que ça,
00:30:02100 grammes,
00:30:02c'est pas plus gros que ça,
00:30:03elle était contente,
00:30:06elle était heureuse,
00:30:08elle était contente d'avoir fait ça.
00:30:11Je dis,
00:30:11ok,
00:30:11mais je parlais avec mon pote,
00:30:12il a son âme qui s'appelle Kalash,
00:30:14un homme qui est décédé en prison
00:30:15il n'y a pas longtemps,
00:30:16ils l'ont tué d'ailleurs,
00:30:17on en parlera,
00:30:18si je peux me permettre,
00:30:20c'est eux qui l'ont tué en prison,
00:30:21ce qui faisait,
00:30:22il gênait beaucoup,
00:30:22lui et m'ont gênait énormément,
00:30:23heureusement,
00:30:24je suis parti de prison avant,
00:30:25ce qui m'en va arriver
00:30:25peut-être la même chose.
00:30:27En fait,
00:30:27quand tu fais du business en prison,
00:30:29il faut savoir que ça doit passer
00:30:30par le chef,
00:30:30peut-être pas le directeur,
00:30:32même le directeur était mouillé,
00:30:33mais il y a des traféts
00:30:36qui sont en prison,
00:30:36il ne faut pas oublier
00:30:37le chef de dette,
00:30:39le brigadier,
00:30:40le chef d'attention,
00:30:41donc il est responsable,
00:30:43il est survenu en gradé,
00:30:44tout ça,
00:30:45il va pas voir,
00:30:46mais il est survenu,
00:30:46il est carrément proposé quoi,
00:30:47il voit que tu as une vie
00:30:48plus ou moins bien,
00:30:48que tu vis bien,
00:30:49que tu as l'osé qui rentre
00:30:50le moins,
00:30:50tout ça,
00:30:50il vient de te voir,
00:30:51il te propose.
00:30:52Va pas trop vite,
00:30:53justement,
00:30:54parce qu'il faut que tu racontes
00:30:57étape par étape,
00:30:58parce que là,
00:31:00on en est au début,
00:31:01personne n'est au courant,
00:31:03toi,
00:31:04tu as fait la connaissance
00:31:05de cette jeune femme
00:31:07qui te ramène ça.
00:31:09Donc une plaquette,
00:31:10j'en parle à mon pote,
00:31:12Kalash,
00:31:12il me dit,
00:31:13ah ouais,
00:31:14il me dit,
00:31:14écoute,
00:31:14t'as vu,
00:31:15si il y a l'offre et la demande,
00:31:17moi je suis chaud,
00:31:18tu parles de ça,
00:31:18il m'a dit,
00:31:19on va prendre un gros billet,
00:31:20il me dit,
00:31:20comment tu te commences,
00:31:21il me dit,
00:31:21écoute,
00:31:23justement,
00:31:24quand Kalash te dit,
00:31:26ici,
00:31:26il y a l'offre et la demande,
00:31:27là tu sais,
00:31:28tu m'en parles,
00:31:29mais moi je ne connais pas,
00:31:30ceux qui nous regardent
00:31:31ne connaissent pas,
00:31:32c'est quoi l'offre et la demande
00:31:33en prison ?
00:31:34Est-ce que le marché
00:31:35n'est pas pareil ?
00:31:36Pour avoir du shit
00:31:37et de l'alcool,
00:31:38c'est compliqué.
00:31:39Soit ça passe au parloir,
00:31:42comme ça que ça rentre,
00:31:43ou soit c'est les surveillants
00:31:45qui peuvent te le ramener.
00:31:46C'est généralement
00:31:48comme ça que ça rentre.
00:31:48Exactement.
00:31:49Moi, l'avantage que j'ai,
00:31:50je n'ai pas de parloir,
00:31:51mais j'ai une infirmière
00:31:53psychiatrique qui est là
00:31:54qui,
00:31:55deux fois par jour,
00:31:56fait l'aller-retour.
00:31:57Pourquoi deux fois par jour ?
00:31:58Parce qu'elle vient le matin,
00:31:59l'habitat Anthony est à côté,
00:32:01elle rentre chez elle le midi manger,
00:32:02elle revient à 13h
00:32:03et elle repart le soir.
00:32:03D'accord.
00:32:04Dans ma tête,
00:32:05deux entrées.
00:32:05Une entrée le matin
00:32:06et une entrée à 13h.
00:32:07Ce qui peut être
00:32:09une sorte de service
00:32:10délivré-roux
00:32:10deux fois par jour.
00:32:11T'as pas idée.
00:32:12C'est pire que ça.
00:32:14Au début,
00:32:15c'était bon
00:32:15quand je t'ai expliqué
00:32:16une savonette,
00:32:17une plaquette.
00:32:18Et mon poids de calage,
00:32:20il me dit,
00:32:20écoute,
00:32:21je peux faire un truc
00:32:22si tu veux.
00:32:22Il y a des gens
00:32:23qui me demandent
00:32:24tout le genre du bédo.
00:32:25Il m'a dit,
00:32:26nous, le passage,
00:32:26juste le passage.
00:32:27Les gens déposent
00:32:28une plaquette de bédo
00:32:29chez elle.
00:32:30Juste pour la faire rentrer,
00:32:31on prend 200 balles.
00:32:33Il me dit,
00:32:33ah ouais ?
00:32:33On prend juste 200 balles
00:32:35juste pour que tu la fasses rentrer.
00:32:37Je lui dis,
00:32:37ok.
00:32:37Il me dit,
00:32:38moi,
00:32:38je trouve les gens.
00:32:38Toi,
00:32:38tu vas faire rentrer.
00:32:39Je lui dis,
00:32:39vas-y,
00:32:39ça marche,
00:32:40c'est parti.
00:32:41Alors,
00:32:43pareil,
00:32:43même connerie,
00:32:44son pote,
00:32:44il appelle son pote.
00:32:46Il dit,
00:32:46voilà,
00:32:47tu peux déposer
00:32:47des plaquettes de bédo
00:32:49chez elle,
00:32:50en pensant qu'elle est pas bête,
00:32:51elle va nous ramener
00:32:52une par une.
00:32:53Non,
00:32:54le mec,
00:32:54il dépose 10 plaquettes,
00:32:55donc un kilo,
00:32:55un kilo de bédo.
00:32:56Tu vois,
00:32:56après,
00:32:56dans le journal,
00:32:57c'est écrit sur Internet.
00:32:59Elle dépose 10 plaquettes,
00:33:01elle,
00:33:02on lui a ramené
00:33:03une plaquette par une plaquette
00:33:03le lendemain,
00:33:04bim,
00:33:05on m'emmène un kilo.
00:33:06En prison,
00:33:06je fais rentrer un kilo de bédo.
00:33:08Waouh.
00:33:09Un kilo d'un seul coup.
00:33:10Un kilo dix plaquettes
00:33:10en une seule fois.
00:33:11Donc,
00:33:12mille euros,
00:33:13mille euros,
00:33:13un seul coup.
00:33:14Exactement,
00:33:14tout à fait.
00:33:15Mais ça,
00:33:16c'est pour un kilo,
00:33:17c'est-à-dire pour 4,
00:33:185 personnes,
00:33:19parce qu'il y en a
00:33:19qui prennent deux plaquettes,
00:33:20deux plaquettes,
00:33:20machin.
00:33:21Oui.
00:33:21Mais quand t'as 10,
00:33:2220 personnes
00:33:23qui te demandent
00:33:24une plaquette,
00:33:25deux plaquettes,
00:33:32sur internet,
00:33:32tu peux même monter
00:33:33tout de suite,
00:33:33c'est écrit.
00:33:34Le lundi et le jeudi
00:33:35qui correspondent
00:33:35au moment où elle bosse
00:33:37donc,
00:33:38on rentre 15 kilos de bédo
00:33:40chaque semaine.
00:33:4115 kilos ?
00:33:4215 kilos de bédo,
00:33:42je laisse faire le calcul,
00:33:4315 kilos de bédo
00:33:44à 2 kilos,
00:33:45à 200 euros la plaquette.
00:33:47Ça fait beaucoup,
00:33:47ça fait 2 000 euros par kilo.
00:33:492 000 euros,
00:33:50parce que c'est 200 euros,
00:33:50donc 1 000 euros pour moi,
00:33:511 000 euros pour mon pote.
00:33:52Donc,
00:33:53on va faire 15,
00:33:53on va commencer à faire.
00:33:54C'est l'argent,
00:33:55vous le touchez comment ?
00:33:56Tu le mets chez ta copine ?
00:33:57Exactement,
00:33:58dans une boîte.
00:33:58Dans une boîte ?
00:33:59Dans une boîte,
00:34:00oui.
00:34:00D'accord,
00:34:00parce que en prison,
00:34:02il n'y a pas trop de liquide
00:34:03qui circule ?
00:34:04Maliase sûrement,
00:34:05oui.
00:34:05D'accord.
00:34:06Moi,
00:34:06j'ai Maliase de billet,
00:34:07j'ai 400,
00:34:08500 euros sûrement
00:34:08au quotidien tout le jour.
00:34:09Je suis réceptionneuse.
00:34:10Il y a des fois,
00:34:11il y a des gens
00:34:11qui venaient en prison
00:34:12qui, au parloir,
00:34:13avaient rentré l'argent
00:34:14et qui me donnaient l'argent
00:34:15pour que je leur fasse rentrer
00:34:16la plaquette de l'endemain.
00:34:16Il n'y avait pas que par téléphone
00:34:17le soir avec l'infirmière.
00:34:20Bon,
00:34:20tout à coup,
00:34:20l'opportunité
00:34:21qui s'offre à toi,
00:34:23t'as pas idée.
00:34:23Elle est énorme.
00:34:24Puis c'est pas que du shit après.
00:34:25Après,
00:34:25on me demande carrément
00:34:26de rentrer des côtes de veau.
00:34:27Des ?
00:34:28Des entrecôtes,
00:34:28des côtes de veau.
00:34:29Après,
00:34:30ouais,
00:34:30après le moment
00:34:30qu'ils rentrent du shit,
00:34:31on peut rentrer tout.
00:34:32D'accord.
00:34:32Il y en a qui veulent
00:34:32des couteaux en céramique,
00:34:34brosses à l'électrique,
00:34:36plein de trucs,
00:34:36tout ce qui n'existe pas en prison.
00:34:37Ouais,
00:34:37je suis payé.
00:34:38Bouteille d'alcool.
00:34:39Comment ?
00:34:39Alors,
00:34:40les bouteilles d'alcool,
00:34:41comment ?
00:34:41Les bouteilles d'alcool,
00:34:42t'as le droit,
00:34:42elle avait le droit de rentrer
00:34:43jusqu'à,
00:34:44c'était en plein été,
00:34:44presque l'été,
00:34:45trois bouteilles de cristalline
00:34:47par jour.
00:34:48Le midi,
00:34:49enfin le matin
00:34:50et trois à l'après-midi,
00:34:51ça fait six bouteilles.
00:34:52D'accord.
00:34:52Écoute bien,
00:34:53les bouteilles,
00:34:54c'est transparent en l'eau.
00:34:55Oui.
00:34:55Vodka,
00:34:56Paul Jacob,
00:34:56la moins chère,
00:34:57essence d'avion,
00:34:58bim,
00:34:59on fait rentrer ça,
00:35:00on prend ça,
00:35:00on achète ça.
00:35:01Combien jouent la bouteille ?
00:35:02300 euros.
00:35:02La bouteille,
00:35:04un litre de 5.
00:35:05Une,
00:35:05deux,
00:35:11qu'elle mettait sur elle,
00:35:12les trois kilos.
00:35:13Et elle n'était jamais fouillée ?
00:35:14Jamais,
00:35:15elle rentre tant qu'elle sonne pas,
00:35:16elle n'est pas fouillée.
00:35:17Est-ce que,
00:35:19parce que là,
00:35:20d'un seul coup,
00:35:21vous devenez un petit peu
00:35:22les patrons ?
00:35:22Mais c'est plus pareil,
00:35:23les gens ne voient plus pareil.
00:35:25Les surveillants,
00:35:25certains seront qui sont au courant
00:35:26de ce que je fais,
00:35:27ils viennent dans ma cellule,
00:35:28ils me demandent,
00:35:28eux,
00:35:29boire de l'alcool,
00:35:29ils viennent même grignoter,
00:35:30je fais à manger des côtes de veau
00:35:31avec du paprika,
00:35:33des trucs,
00:35:33ça sent tellement bon,
00:35:34ils en peuvent goûter,
00:35:35tiens,
00:35:35viens manger sur elle,
00:35:35ainsi toi.
00:35:36Le surveillant m'aura même
00:35:37des bouteilles de rhum,
00:35:38clairement,
00:35:38je bois du rhum avec le chef,
00:35:39et vous,
00:35:39très bien.
00:35:40Alors,
00:35:40c'est ce qui m'a intéressé aussi
00:35:41dans ton histoire,
00:35:41parce que,
00:35:42bon,
00:35:43on sait que la prison,
00:35:44c'est un lieu clos,
00:35:47et que,
00:35:48bien évidemment,
00:35:48les surveillants
00:35:49deviennent les gens
00:35:51avec lesquels vous vivez
00:35:52tous les jours.
00:35:53Ça devient nos potes.
00:35:55Vous devenez potes ?
00:35:56Bien sûr.
00:35:56Certains deviennent nos potes.
00:35:57Mais carrément,
00:35:58ça se check et tout,
00:35:59normal,
00:35:59ça se fait la bise,
00:36:00c'est vraiment normal.
00:36:01On sait que les surveillants
00:36:02ne sont pas très bien payés.
00:36:04Toujours des milliers d'euros.
00:36:06Quand toi,
00:36:06tu te mets à faire
00:36:07plusieurs milliers d'euros
00:36:09par semaine,
00:36:10et que ton pote Kalash
00:36:12en fait de même.
00:36:14Il y a un moment,
00:36:15qui demande à qui
00:36:18s'il peut croquer ?
00:36:19Le surveillant.
00:36:20Le surveillant.
00:36:21Il vient de dire,
00:36:21écoute,
00:36:22moi je touche mal,
00:36:23j'ai ma femme,
00:36:23j'ai mes enfants,
00:36:24je vais partir en vacances,
00:36:24je vais partir en vacances,
00:36:25non, martin,
00:36:25le mois prochain,
00:36:26je suis en galère.
00:36:27Ramène-moi ça,
00:36:27c'est ça,
00:36:28c'est rien.
00:36:28Comment tu me donnes ?
00:36:29C'est deux milliers d'euros.
00:36:30Ma paye,
00:36:31je t'ai dit une double paye,
00:36:31je n'ai pas de soucis.
00:36:32L'argent est là.
00:36:33Tu passes tel endroit,
00:36:34tu es là,
00:36:34tu prends tes deux milliers d'euros,
00:36:35ramène-moi ça.
00:36:37Ok.
00:36:38Qu'est-ce que peut faire passer
00:36:38un surveillant alors ?
00:36:40Téléphone.
00:36:40iPhone.
00:36:41iPhone.
00:36:41iPhone.
00:36:42Un iPhone à 150 balles
00:36:43et un iPhone 5C à l'époque,
00:36:45on les vendait 500,
00:36:46600 euros.
00:36:46On en rentrait 10,
00:36:4815 par jour.
00:36:48Avec batterie et...
00:36:51Bien sûr,
00:36:52tout.
00:36:52Mais ça,
00:36:52ça passe.
00:36:53Alors par contre,
00:36:53ça c'est différent.
00:36:54Là maintenant,
00:36:55on a quelqu'un d'autre dans la poche.
00:36:56Je ne vais pas dire le nom non plus.
00:36:57Le chef de la sécurité,
00:36:59le chef des Zélaques.
00:37:00Alors explique ce que c'est que...
00:37:03Vous avez connu les Iris ?
00:37:04Les Iris sont les brigades...
00:37:06Groupe d'intervention
00:37:07qui viennent en prison
00:37:08habillés en cagoulés, machin.
00:37:09Quand il y a un problème.
00:37:10Quand il y a un problème,
00:37:10qui te tabasse et tout,
00:37:12qui te font du sale.
00:37:13Oui.
00:37:13C'est le chef-là,
00:37:13le patron.
00:37:15Voilà.
00:37:15Il est là,
00:37:15c'est un martilliquet.
00:37:16Je parle très bien avec lui,
00:37:17on se sent très bien.
00:37:19Et il me fait comprendre en fait
00:37:21que voilà,
00:37:21lui c'est le chef des parloirs.
00:37:22Chef des parloirs,
00:37:23chef des Zélaques.
00:37:24Ok ?
00:37:25Il a quel pouvoir le chef de parloir ?
00:37:27Tous les colis porte qui rentrent,
00:37:28ils doivent passer au scanner.
00:37:29C'est quoi un colis porte ?
00:37:30Un colis porte,
00:37:31c'est un colis où on te ramène à manger,
00:37:33on te ramène des vêtements.
00:37:34Oui.
00:37:34Mais le colis porte,
00:37:35le manger,
00:37:36c'est uniquement à Noël.
00:37:37Noël et le jour de l'an.
00:37:38C'est-à-dire du 15 novembre,
00:37:40je crois.
00:37:41Du 15 novembre jusqu'au 5 janvier,
00:37:44on te ramène des colis,
00:37:45les colis de Noël.
00:37:46Ce qu'on appelle le colis de Noël.
00:37:47D'accord.
00:37:47Donc il y a le colis de Noël,
00:37:48excuse-moi,
00:37:49il y a le colis de porte.
00:37:49Le colis de porte,
00:37:50c'est les vêtements.
00:37:51D'accord ?
00:37:51Et le colis de Noël,
00:37:52c'est le café,
00:37:53le chocolat,
00:37:53les bonbons,
00:37:54tout ce que tu peux ramener à manger.
00:37:56Ça commence de là.
00:37:57Donc le colis de porte,
00:37:57normalement,
00:37:58c'est une fois quand tu arrives
00:37:59en détention,
00:37:59le colis de porte.
00:38:00Dès que tu arrives en tension,
00:38:01tu as le droit à un colis de porte.
00:38:02Moi, j'ai un colis de porte chaque semaine.
00:38:03D'accord.
00:38:04Ma fille a mené,
00:38:04donc Francesca,
00:38:05a mené avec une Xbox 360,
00:38:07ouvert de chaque côté,
00:38:08avec 5 iPhone là,
00:38:105 iPhone ici,
00:38:11avec les fils,
00:38:12avec les batteries,
00:38:19tout le monde y fait
00:38:20comme si de rien n'était,
00:38:21il prend le sac.
00:38:21Au lieu de faire passer au scanner,
00:38:23il prend,
00:38:23marque mon nom, mon prénom,
00:38:25il arrive en tension,
00:38:26il appelle tout le monde,
00:38:26maintenant déjà.
00:38:27Berkey Philippe,
00:38:28colis de porte,
00:38:29faites le descendre.
00:38:30Je monte avec mon sac.
00:38:32Dans mon sac,
00:38:32il y a 10 iPhone,
00:38:3310 iPhone 5C,
00:38:34que je revends entre 500 et 800 euros,
00:38:36l'iPhone.
00:38:37Alors ça,
00:38:38je lui donne à ce qu'on appelle
00:38:40le bricoleur.
00:38:41Je t'aime à son nom aussi,
00:38:42c'est un pote à moi.
00:38:43Et je lui donne à lui.
00:38:45Il s'appelle le bricoleur.
00:38:46C'est un bricoleur,
00:38:47c'est celui qui a un travail.
00:38:48Son travail,
00:38:49c'est les bricoleurs.
00:38:49Il parlait les chiottes
00:38:50quand il y a une fuite aux toilettes,
00:38:51il parlait les élus,
00:38:52tout ça,
00:38:52je lui donne à lui.
00:38:55Il va dans toutes les divisions,
00:38:57tous les étages,
00:38:58toutes les portes.
00:38:58C'est ton VAP ?
00:39:00Exactement,
00:39:01c'est mon gars sur mon gars soin.
00:39:02Je lui donne le matériel.
00:39:04C'est ton gars iPhone ?
00:39:05Mon gars iPhone,
00:39:06voilà.
00:39:06D'accord.
00:39:06Je lui passe avec Kalash,
00:39:07on lui donne,
00:39:07non, Kalash,
00:39:08on fait acheter le téléphone dehors
00:39:09parce qu'il avait un peu plus d'oseille.
00:39:10Il fait rentrer le téléphone,
00:39:11il avait son business de ça.
00:39:13Et il fallait croquer,
00:39:14moi et lui,
00:39:15tous les deux,
00:39:16on lui donnait le téléphone au bricoleur.
00:39:18Le bricoleur,
00:39:19il avait juste à les vendre
00:39:20les téléphones,
00:39:20les vendre.
00:39:21Entre 500 et 800 euros le téléphone,
00:39:23il y en avait 10
00:39:24qui arrivaient une fois par semaine.
00:39:26Ça fait beaucoup d'argent
00:39:27pour deux détenus tranquilles.
00:39:30C'est énorme,
00:39:31c'est énorme,
00:39:31c'est plein d'oseilles.
00:39:32J'ai dit,
00:39:33moi je tapais encore la coke à l'époque.
00:39:35À l'époque,
00:39:35j'étais le seul
00:39:35qui avait mis 10 grammes de coke
00:39:36entre les fesses tout le jour.
00:39:39Je tapais en pleine promenade normale
00:39:40devant les gens,
00:39:41tout le monde.
00:39:41je tapais sur ma table en cellule,
00:39:42le sourire est venu,
00:39:43il me disait rien du tout,
00:39:44il ne parlait même pas avec moi.
00:39:45Et à Fresnes,
00:39:46il y a quand même
00:39:46du menu frottin,
00:39:48il y a quand même aussi
00:39:50du high level
00:39:51en termes de voyous.
00:39:52Attention,
00:39:53quand on se connaît,
00:39:53il y a du pognon.
00:39:54Bien sûr,
00:39:55carrément,
00:39:55carrément.
00:39:56Donc là,
00:39:56je suppose que
00:39:57tu deviens quand même
00:39:58fournisseur de gens
00:39:59qui sont quand même...
00:40:01des grandes personnes,
00:40:02je me dis les noms,
00:40:02je me dis les noms,
00:40:03je me dis les noms,
00:40:03je tirais les noms.
00:40:05Des grandes têtes,
00:40:05des grandes grandes têtes,
00:40:07des chefs de terrain,
00:40:08chef de réseau,
00:40:09je me suis mis copain avec eux.
00:40:11Tu n'as pas peur à l'époque
00:40:12de te faire balancer
00:40:14parce qu'on sait aussi
00:40:15qu'il y a de la jalousie.
00:40:16On pense pas ça.
00:40:17Tu deviens le meilleur du monde,
00:40:18ça veut dire pour toi,
00:40:19tu deviens un patron,
00:40:20tu te dis,
00:40:20bon allez,
00:40:21il ne m'arrive rien.
00:40:22Et de tout ce que tu cachais avant,
00:40:23après,
00:40:24tu ne le caches plus,
00:40:24tu n'as plus rien à foutre
00:40:25à la fin du fait.
00:40:25Et puis c'est là
00:40:26qu'il est revenu.
00:40:27Oui,
00:40:28parce que finalement,
00:40:28ça arrange tout le monde
00:40:29qu'est cette entrée-là.
00:40:31Exactement,
00:40:32bien sûr.
00:40:32Ça arrange tout le monde.
00:40:34Côte-de-Veaux.
00:40:35Oui,
00:40:35Côte-de-Veaux,
00:40:36entre côtes,
00:40:37je mange des trucs,
00:40:37je buvais même du baron,
00:40:38Philippe le baron,
00:40:39comment on appelle ça ?
00:40:41Rothschild.
00:40:42D'accord.
00:40:42Le baron,
00:40:43Philippe Rothschild,
00:40:44je buvais ça,
00:40:44du vin rouge,
00:40:45tous les midis,
00:40:45j'avais mis des bouteilles comme ça,
00:40:46je tapais tous les mains,
00:40:47tous les midis,
00:40:48avec mon poids de calache,
00:40:49on mangeait ensemble
00:40:49dans la même cellule.
00:40:51Lui,
00:40:51il ne buvait pas d'alcool.
00:40:52Moi,
00:40:52je me suis dit,
00:40:52on mangeait Côte-de-Veaux-Hélèges
00:40:53et tout,
00:40:54c'est un truc de fou.
00:40:55C'était magnifique.
00:40:55Et en fait,
00:40:56quand tu dis que tu as rosé
00:40:56les trois divisions de freine,
00:40:58alors en fait,
00:40:58comme j'étais satié,
00:41:00je faisais les trois,
00:41:01je faisais livraison
00:41:02des trois divisions,
00:41:04en fait,
00:41:04livraison de trois divisions
00:41:05pour les bouteilles d'eau,
00:41:06les packs d'eau.
00:41:07Et c'est que des allers-retours.
00:41:09Pendant une heure,
00:41:09tu fais que des allers-retours.
00:41:10Quatre packs,
00:41:11quatre palettes
00:41:12à la troisième dive,
00:41:13deux palettes à la deuxième dive,
00:41:15une palette à la première dive
00:41:16ou trois palettes à la première dive.
00:41:18Et avec ces palettes-là,
00:41:20en fait,
00:41:20moi,
00:41:20je voyais ce qu'on appelle
00:41:21le rationnaire
00:41:22ou le liftier.
00:41:22Le liftier,
00:41:23c'est celui qui s'occupe
00:41:23des ascenseurs,
00:41:24parce que dans chaque division,
00:41:25il y a l'ascenseur
00:41:26pour faire monter
00:41:27les articles et tout ça.
00:41:28Moi, je m'arrangeais avec lui.
00:41:30Je me suis dit,
00:41:30voilà, écoute,
00:41:31j'ai tant de plaquettes.
00:41:33Je peux en avoir autant que tu veux.
00:41:34Tiens le numéro de téléphone
00:41:35si tu as besoin,
00:41:36tu m'appelles,
00:41:36tu me dis
00:41:37et moi,
00:41:37je rentre autant de bédoues
00:41:38qui a besoin.
00:41:38Il faut que tu as personne
00:41:39à déposer bédoues
00:41:40à telle personne,
00:41:40telle heure.
00:41:41Et le lendemain,
00:41:42c'est là,
00:41:42c'est livré à domicile.
00:41:43On me dit,
00:41:43t'es sûr,
00:41:43il n'y a pas de problème.
00:41:44Il fallait faire un essai.
00:41:45Et c'était les trois divisions.
00:41:46Quand je dis,
00:41:47c'était deux fois 15 kilos par semaine,
00:41:49c'était deux fois,
00:41:49pardon,
00:41:50une fois,
00:41:51c'était deux fois,
00:41:517,5 kilos par semaine.
00:41:53Deux fois.
00:41:54Donc 15 kilos par semaine.
00:41:55Par semaine.
00:41:55Ça a duré 5-6 mois.
00:41:57Plus un peu de drogue dure,
00:41:58je suppose.
00:41:58Oui, non,
00:41:59ça vite fait,
00:41:59c'était plus pour la consommation.
00:42:00Ça, c'était pour moi,
00:42:02perso,
00:42:02faire plusieurs recopins.
00:42:03Ça t'évitait
00:42:04de demander à ta copine ?
00:42:06Je ne l'achetais plus en prison.
00:42:07Non,
00:42:07c'est elle qui me rentrait.
00:42:09C'est elle qui te le rentrait.
00:42:09Mais elle ne l'achetait pas.
00:42:10Avec le bénef,
00:42:11je prenais ça.
00:42:12D'accord.
00:42:12On devait lui déposer ?
00:42:14Ouais,
00:42:14moi,
00:42:14je ne l'ai pas,
00:42:14il me disait,
00:42:15rentre-moi trois plaquettes,
00:42:16il me disait,
00:42:16je te dépose 15 grammes de coke.
00:42:18Vas-y,
00:42:18pas de galère.
00:42:19Dis donc,
00:42:19elle était très amoureuse,
00:42:20cette femme,
00:42:20quand même.
00:42:21Plus qu'amoureuse.
00:42:22Oui.
00:42:23Qu'est-ce que tu lui avais fait ?
00:42:24Au deuxième,
00:42:25vous,
00:42:25déjà,
00:42:25relation intime,
00:42:26direct,
00:42:26bim.
00:42:27D'accord.
00:42:28Le coup de foudre.
00:42:29Le patron.
00:42:29Le coup de foudre.
00:42:30Ouais,
00:42:30pour elle,
00:42:31ouais.
00:42:31Le patron.
00:42:32C'est malheureux à dire,
00:42:33c'est dégueulasse,
00:42:34j'avoue.
00:42:35Mais non,
00:42:35c'était moi,
00:42:36je voyais plus.
00:42:37Franchement,
00:42:37on ne va pas se mentir.
00:42:39Pour moi,
00:42:39c'était une femme vulnérable,
00:42:40et j'en ai profité.
00:42:42Je suis rentré dans la brèche
00:42:43et je me suis dit,
00:42:43bon,
00:42:44c'est tout pour moi.
00:42:45Donc,
00:42:46c'est pas bien,
00:42:46c'est vrai.
00:42:47Mais la promiscuité
00:42:48qu'on vit en prison
00:42:50te transforme peut-être
00:42:52un peu plus en look
00:42:53que tu l'avais.
00:42:54Exactement,
00:42:54exactement,
00:42:54tout à fait.
00:42:55Ça dure combien de temps,
00:42:57tout ça ?
00:42:585-6 mois.
00:42:595-6 mois ?
00:43:00Ouais,
00:43:005-6 mois.
00:43:00Et donc,
00:43:01ça fait pas mal de blé.
00:43:03Énorme.
00:43:04Elle a acheté une voiture neuve,
00:43:05CRF fait faire son appartement tout neuf.
00:43:08Tu étais généreux avec cette femme ?
00:43:10Elle manquait de rien.
00:43:11Je lui ai dit,
00:43:11t'as besoin d'argent,
00:43:12prends ce qu'il y a besoin,
00:43:12prends,
00:43:13fais les courses,
00:43:13achète à manger,
00:43:14s'acheter un congélateur tout neuf,
00:43:16mettre de la viande dedans,
00:43:17elle était heureuse.
00:43:17Elle lui fait super bien.
00:43:18Parce qu'il faut dire
00:43:19qu'au bout de quelques mois,
00:43:21dans cette boîte,
00:43:22il y a quand même l'équivalent
00:43:23de 70 000 euros.
00:43:24Plus que ça.
00:43:25Plus que ça.
00:43:25Ça s'est fait péter,
00:43:26quand ça s'est fait attraper,
00:43:26il y avait 89 000 euros devant.
00:43:28D'accord.
00:43:29Et j'avais dépensé grave.
00:43:30J'ai dépensé des 1 000 euros par jour.
00:43:31Donc, ouais,
00:43:32je pouvais me permettre.
00:43:32J'ai 4-5 000 euros
00:43:33tous les deux jours.
00:43:34Je pouvais me permettre
00:43:34de dépenser 1 000 euros.
00:43:36J'étais habillé vraiment
00:43:37en dernier critique.
00:43:37Tis qui sortait un truc,
00:43:39Nike,
00:43:40bref,
00:43:41toutes les marques
00:43:41qui peuvent exister,
00:43:42les dernières baskets,
00:43:43j'avais tout ce qu'il fallait.
00:43:44Je manquais de rien.
00:43:45Moi et mes potes,
00:43:45je mettais bien tous mes copains,
00:43:46je les mettais bien.
00:43:47Je rentrais pour tout le monde.
00:43:49Gratuitement,
00:43:49en cadeau.
00:43:50C'était mes potes.
00:43:51Moi, bien évidemment,
00:43:52je ne connais pas la prison.
00:43:53On a du mal à imaginer
00:43:54comment tout ça rentre les Nike.
00:43:56Au parloir.
00:43:56Au parloir.
00:43:57Au parloir.
00:43:57Au parloir.
00:43:58Dans les coliportes.
00:43:58Dans les coliportes, ouais.
00:43:59D'accord.
00:44:00Dans les coliportes
00:44:01dans lesquelles
00:44:01il y avait parfois
00:44:0210 téléphones.
00:44:03Voilà.
00:44:03Des fois,
00:44:04on ne mettait pas ça.
00:44:04on mettait 2-3 paires de baskets,
00:44:05on mettait 4-5 survets,
00:44:07tu vois.
00:44:08Le coliport,
00:44:08c'est une fois par semaine ?
00:44:09Normalement,
00:44:10non.
00:44:10C'est une fois.
00:44:11Quand tu arrives en prison,
00:44:12tu as une semaine
00:44:13pour le faire rentrer.
00:44:13Pour le linge de maison ?
00:44:15Moi, je l'avais toute la semaine.
00:44:16D'accord.
00:44:17Toi, tu en avais un
00:44:18toute la semaine ?
00:44:18Tant qu'il y a les 500 euros
00:44:19à chaque coliport,
00:44:20bien sûr.
00:44:22Bon,
00:44:22tout ça,
00:44:23Philippe,
00:44:24ça se fait quand même,
00:44:25même si c'est le chef
00:44:26de la sécurité,
00:44:30il le fait devant tout le monde,
00:44:31ça ?
00:44:31Non,
00:44:32discrètement.
00:44:32Discrètement ?
00:44:33Ça se voit pas.
00:44:33Ça se voit pas.
00:44:34Il y a 4-5 sacs
00:44:35qui arrivent d'un coup
00:44:36de plusieurs personnes.
00:44:37Il voit écrit
00:44:37Berkey Philippe,
00:44:38il ouvre la serviette,
00:44:39il y a l'enveloppe,
00:44:40il prend,
00:44:40il fait passer au scanner,
00:44:41mais il ne fait pas passer au scanner,
00:44:42il le met directement à la sortie.
00:44:44Il met le truc là-dessus,
00:44:45Berkey Philippe,
00:44:46ça y est,
00:44:46tac,
00:44:46dans le chariot.
00:44:47Et les autres,
00:44:47pareil.
00:44:48Pour ceux qui n'ont pas d'argent,
00:44:50ils passent au scanner,
00:44:50sinon.
00:44:52Moi,
00:44:52ça me fait j'ai rien,
00:44:52parce que moi,
00:44:53en fait,
00:44:53je voyais,
00:44:53il y avait la Xbox
00:44:54qui rentrait.
00:44:55Ils boxent ça.
00:44:56Moi,
00:44:56ils n'ont pas tous
00:44:56une Xbox,
00:44:57une PSO-53.
00:44:58Personne n'a ça en prison,
00:44:58ça n'existe pas.
00:45:00Je fais ça dans la prison,
00:45:01dans la cellule.
00:45:02Mais en fait,
00:45:02je vois des mecs
00:45:03qui se font péter,
00:45:04ils se font péter
00:45:05à la cellule
00:45:07parce qu'ils sont
00:45:07en colis porte.
00:45:08Ils ont essayé
00:45:08au bout de la première semaine
00:45:09de faire rentrer
00:45:09dans une paire de claquettes
00:45:11un téléphone.
00:45:12Ils ont enlevé le truc
00:45:12par le cordonnier,
00:45:13ils ont enlevé la semelle,
00:45:14il a mis un téléphone.
00:45:15Au scanner,
00:45:16ça se voit.
00:45:17Le mec,
00:45:17il se fait péter,
00:45:18il pète les plans.
00:45:18Il dit comment ça
00:45:19t'as une Xbox et tout.
00:45:20Moi, je vais péter
00:45:20un téléphone.
00:45:23Mais les surveillants,
00:45:24en fait,
00:45:25ils la voient la Xbox
00:45:26et tout ça.
00:45:26Ils disent rien.
00:45:27Leur chef,
00:45:27c'est le chef des élacs
00:45:29ou le chef des parloirs.
00:45:30C'est lui qui leur donne
00:45:31des ordres.
00:45:31Comment il ne peut pas balancer,
00:45:33il ne parle pas.
00:45:34Tout le monde a son billet.
00:45:35Si le chef,
00:45:36il prend 500 balles,
00:45:37il donne 50 balles,
00:45:3750 balles,
00:45:3850 balles à 2-3 gars
00:45:39qui sont avec lui.
00:45:40Personne parle.
00:45:41Et tout le monde est content.
00:45:42Tout le monde est heureux.
00:45:43Donc ça dure
00:45:44combien de temps ?
00:45:455-6 mois.
00:45:45Au bout de 5-6 mois,
00:45:50ça va être la fin de la fête.
00:45:52C'est la fin de la fête.
00:45:53J'attends Magali le matin.
00:45:55Elle en est venait chargée
00:45:56de plus en plus.
00:45:57Elle n'avait qu'un sac à dos,
00:45:57deux sacs plastiques.
00:45:58C'était une mule.
00:46:00C'était une mule.
00:46:01C'était marrant, en fait.
00:46:03Donc un matin,
00:46:04je l'attends.
00:46:04Je l'attends à 8h.
00:46:05Je suis en bas.
00:46:06Je vais pour travailler.
00:46:08Je vois,
00:46:09elle ne vient pas.
00:46:10J'attends,
00:46:10j'attends,
00:46:10elle vient toujours pas
00:46:11à 8h et 9h.
00:46:12Je dis comment elle ne m'a pas appelé
00:46:14d'a déjà remmené ça,
00:46:14ça, un kilo de Bédo,
00:46:16plus ça, elle vient pas.
00:46:17Bizarre.
00:46:19Et j'entends le bruit de couloir,
00:46:20les surreignants qui disent
00:46:21« Ah, ils ont fait une... »
00:46:23Ils ont fait,
00:46:24on appelle ça...
00:46:25Une descente ?
00:46:26Une descente chez Magali.
00:46:28Ah, chez Magali.
00:46:306h du matin.
00:46:31Ils sont rentrés,
00:46:32bim,
00:46:32cassage de porte et tout.
00:46:34Bam,
00:46:34ils ont pu le voir.
00:46:35Et en fait,
00:46:35tu vas rigoler,
00:46:36parce que
00:46:36quand je les suis par la suite,
00:46:38en fait,
00:46:40elle, c'est une éclabouchure,
00:46:41en fait.
00:46:41C'est pas elle qui ne va attraper,
00:46:44comme je t'explique.
00:46:45Un des petits,
00:46:46à qui j'ai rentré
00:46:47du Bédo,
00:46:48de l'alcool,
00:46:50ce mec était sur écoute téléphonique.
00:46:52Il faisait partie
00:46:52d'un gros trafic de fous.
00:46:54D'un autre trafic international.
00:46:56Un gros trafic d'armes,
00:46:56trafic de coke,
00:46:57de machin,
00:46:58des trucs de fous,
00:46:59vraiment.
00:46:59C'était sur lui depuis,
00:47:00commis surrogatoire,
00:47:01depuis 5-6 mois,
00:47:02il le cherchait.
00:47:03Et tous les appels
00:47:04qu'il faisait ce petit,
00:47:04en fait,
00:47:05il contrôlait les gens
00:47:06qui l'appelaient.
00:47:07Et là,
00:47:09ce connard,
00:47:09si je peux me permettre,
00:47:11il l'a appelé Magali ce soir-là.
00:47:13Il était sur écoute.
00:47:16Donc ?
00:47:17Voilà, Magali,
00:47:18sur écoute automatiquement,
00:47:19on la met sur écoute.
00:47:21Il pense que Magali,
00:47:22en fait,
00:47:23c'est la nourrice
00:47:24de ce gros trafic en drogue,
00:47:26des machins,
00:47:26qui pense trouver des armes,
00:47:27des kilos de coke,
00:47:28des machins.
00:47:29Ah oui, d'accord.
00:47:29Mais quand il vient de péter
00:47:30le matin à 6h ?
00:47:31Il tombe sur deux bouteilles
00:47:32de Volvic.
00:47:33Un kilo de Bédo,
00:47:34des bouteilles de Cristaline.
00:47:36Et ils font quoi ?
00:47:37Ils l'en mettent
00:47:38quand même en garde à vue.
00:47:38Oui.
00:47:39Garde à vue,
00:47:40tout ça,
00:47:40je ne la vois pas le matin,
00:47:41elle ne vient pas.
00:47:42Au bout de trois jours,
00:47:43je me dis,
00:47:43putain,
00:47:43quand même,
00:47:44c'est un truc de fou.
00:47:45Tu commences à sentir que...
00:47:47Ça sent la merde,
00:47:48mais moi,
00:47:48quelque part,
00:47:49je suis peut-être,
00:47:49je vois ce que je suis,
00:47:50tu vois,
00:47:50je suis quand même enfant
00:47:51qui a 6 ans à l'époque.
00:47:53Je vais aller en garde à vue.
00:47:55J'entends qu'il va mettre
00:47:55en prison à Fleury,
00:47:57au bâtiment des femmes.
00:47:59Je lui dis,
00:47:59je ne peux pas laisser ça.
00:48:00Écoute bien,
00:48:01j'étais libérable
00:48:02le 2 août 2018.
00:48:042 août 2018 ?
00:48:052 août 2018.
00:48:06Je me suis fait péter
00:48:07le 26 juillet 2018.
00:48:106 jours avant ma libération.
00:48:10Ils l'ont attrapé
00:48:116, 7 jours avant ma libération.
00:48:14Je fais quoi ?
00:48:15J'aurais pu sortir,
00:48:16prendre un avocable pour elle,
00:48:17essayer de la faire sortir.
00:48:18Non.
00:48:19J'ai dit,
00:48:19ah ouais,
00:48:20bon,
00:48:20ça faisait déjà 4, 5 jours
00:48:22qu'elle était en garde à vue,
00:48:23qu'elle a filé au dépôt
00:48:24et de dépôt,
00:48:25elle était à la barque de Fleury.
00:48:27Eh bien,
00:48:283, 4 jours avant ma sortie,
00:48:29j'étais voir le chef,
00:48:30j'ai dit,
00:48:30je vais voir le directeur.
00:48:31Le chef d'être est directeur.
00:48:32Ils me disent,
00:48:33pourquoi j'ai déjà un truc à avouer,
00:48:34j'ai un truc à dire.
00:48:35Ça concerne telle personne.
00:48:36Ouais.
00:48:37L'infirmière.
00:48:38Parce qu'en fait,
00:48:39alors c'est quand même
00:48:40important de préciser
00:48:41que tu aurais très bien plus,
00:48:43toi,
00:48:44ne rien dire
00:48:45et sortir le 2 juillet
00:48:47et le 2 août,
00:48:48le 2 août,
00:48:48pardon,
00:48:49et bye bye tout le monde.
00:48:50C'est terminé,
00:48:51même elle,
00:48:51je ne la vois plus,
00:48:52on s'en fout.
00:48:52Moi,
00:48:53quand ils ont pété chez elle,
00:48:54ils ont trouvé des numéros de téléphone,
00:48:55sauf mon numéro,
00:48:55je t'ai trop malin,
00:48:56pas de numéro de téléphone,
00:48:57rien sur moi,
00:48:57pas de nom,
00:48:58pas de prénom,
00:48:58dans les cas,
00:48:59il n'y a rien.
00:48:59D'accord.
00:49:01Ben,
00:49:01j'ai quand même appelé le directeur
00:49:02et le chef de dette,
00:49:04je lui ai demandé
00:49:04d'aller voir en urgence.
00:49:06Je les vois le matin.
00:49:07Berkey,
00:49:07ce matin,
00:49:08tu ne vas pas travailler,
00:49:09tu restes en cible et tout,
00:49:10tu vas être reçu par le directeur
00:49:10chef de dette.
00:49:12Et bon,
00:49:13j'ai un truc à vous dire,
00:49:14mais je ne parlerai pas vraiment
00:49:15à vous.
00:49:15Vous avez appelé
00:49:15le juge d'instruction
00:49:16qui s'occupe de ma guillée,
00:49:17de cette femme-là
00:49:20et je lui parlais
00:49:21à son juge d'instruction.
00:49:22C'est très important
00:49:23de voir que le juge
00:49:24va arriver très content
00:49:25de ce que je vais lui dire.
00:49:27Parce que,
00:49:27est-ce que tu savais,
00:49:29parce que c'est important
00:49:30de préciser
00:49:31que cette femme,
00:49:32elle n'a rien dit.
00:49:34Elle n'a pas parlé,
00:49:35j'oublie un détail aussi.
00:49:36Ce que j'ai oublié,
00:49:37c'est comme,
00:49:38bon,
00:49:38en prison,
00:49:39je suis avec des Romains,
00:49:39avec plein de gens.
00:49:41Les Romains,
00:49:41la plupart,
00:49:42leurs meufs aussi,
00:49:42ils sont à la MAF.
00:49:44On en déparlerait tout.
00:49:45Donc,
00:49:45je suis arrivé à faire acheter
00:49:46un téléphone à l'extérieur
00:49:47à tous les petits gamayots,
00:49:49tous les téléphones
00:49:49qui ressemblent à des coups.
00:49:50Oui, oui, oui.
00:49:51Tout petit comme ça.
00:49:52J'ai vu ça en Thaïlande.
00:49:53Oui, ben voilà,
00:49:53c'est ça.
00:49:55Ça vaut 20 balles.
00:49:56Oui.
00:49:56J'ai pris un avec une puce.
00:49:58J'ai appelé le Romain,
00:49:59je lui ai dit,
00:49:59Romain,
00:49:59tu as eu ta femme
00:50:00dans tel bâtiment,
00:50:00renseignes-toi,
00:50:01il y a une meuf
00:50:01qui s'appelle,
00:50:02comme ça.
00:50:03Je trouve que ta femme
00:50:04rentre un téléphone
00:50:05et qu'elle lui donne
00:50:05500 balles pour ça.
00:50:06Je me dis,
00:50:07OK.
00:50:08Deux jours après,
00:50:09elle avait le téléphone
00:50:10danser lui et tout.
00:50:11J'ai le numéro,
00:50:12je l'appelle.
00:50:13Elle me dit,
00:50:13mais c'est quoi ce délire ?
00:50:14Comment ?
00:50:15Elle me dit,
00:50:15mais comment t'es un frère
00:50:17qui me fait rentrer ?
00:50:18T'es un qui est pas.
00:50:19Je t'as pas parlé.
00:50:20Elle me dit,
00:50:20non, j'ai pas parlé.
00:50:20Je lui dis,
00:50:21écoute, moi,
00:50:21t'as vu,
00:50:21je vais me dénoncer.
00:50:22Je te promets que tu vas sortir.
00:50:23Moi, pour ton gamin,
00:50:24tu vas sortir.
00:50:25Ça me fait mal d'aller
00:50:25en prison,
00:50:26c'est de ma faute quelque part.
00:50:27J'ai pas mis le couteau
00:50:28sur la gorge
00:50:28quand t'as voulu faire,
00:50:29mais ça me fait chier
00:50:30quand même,
00:50:30tu vois.
00:50:31Elle me dit,
00:50:31mais tu sors bientôt
00:50:32et tout,
00:50:32prends un avocat pour moi.
00:50:33Je lui dis,
00:50:33non,
00:50:34je vais faire mieux que ça,
00:50:34rien.
00:50:35Puis,
00:50:35je laisse.
00:50:37Je laisse.
00:50:38J'ai rendez-vous
00:50:39avec le chef,
00:50:41le directeur
00:50:42plus le chef de dette.
00:50:44Dans le bureau,
00:50:45je commence à expliquer,
00:50:46écoutez,
00:50:46ça va,
00:50:46je parle avec vous,
00:50:47vous pouvez rien faire,
00:50:47vous.
00:50:48Faites-moi en venir
00:50:49directement devant
00:50:50le juge d'application,
00:50:51le juge d'instruction
00:50:52qui s'occupe
00:50:52de l'affaire
00:50:53de ma gagne.
00:50:55Ok,
00:50:56on va voir ça.
00:50:56Les filles qui viennent,
00:50:57ils prennent,
00:50:58ils m'emmènent,
00:50:58je fais gyrophare,
00:50:59machin,
00:50:59on m'emmène en urgence
00:51:00là-bas,
00:51:00sur l'application
00:51:01devant le juge d'instruction.
00:51:03Là, lui,
00:51:04il me dit,
00:51:04j'espère que ce n'est pas
00:51:05une rigolade,
00:51:06tout ça,
00:51:06parce que c'est important
00:51:07ce que vous faites.
00:51:07Je lui dis,
00:51:08écoutez,
00:51:08vous voulez savoir
00:51:09pour ma gagne
00:51:09ce qu'il en est ?
00:51:10Elle me dit,
00:51:10oui,
00:51:10elle ne parle pas,
00:51:11elle ne veut rien dire,
00:51:12elle va manger 4 mois,
00:51:126 mois pour rien.
00:51:14Je lui dis,
00:51:14monsieur,
00:51:15si vous me promettez
00:51:16tout de suite sur écrit,
00:51:16qu'il a maintenant
00:51:17où on l'a fait sortir,
00:51:19là,
00:51:19tout de suite,
00:51:19vous l'a fait sortir,
00:51:20je lui dis,
00:51:21tout ce que vous voulez savoir
00:51:21sur tout le trafic
00:51:22qui s'est passé entre moi-même.
00:51:24Parce qu'elle n'a rien à voir.
00:51:25Et là,
00:51:25j'ai inventé,
00:51:26j'ai dit,
00:51:26écoutez,
00:51:27ce n'est pas méchant,
00:51:28il ne faut pas que les femmes
00:51:28ce que je vais dire,
00:51:29elles le prennent pour elles.
00:51:30Il avait dit ça
00:51:31pour que ça soit cohérent.
00:51:32Oui.
00:51:33Il dit,
00:51:33monsieur Levy,
00:51:34vous savez,
00:51:35une femme amoureuse,
00:51:35c'est une femme vile d'arabe.
00:51:36On en fait ce qu'on veut.
00:51:37Elles sont amoureuses,
00:51:38des femmes,
00:51:38malheureusement,
00:51:39elles sont bêtes.
00:51:39On fait vraiment ce qu'on veut.
00:51:41On ne voit pas
00:51:42qu'elles prennent mal.
00:51:43Pas toutes.
00:51:43Non, pas toutes.
00:51:45Elles peuvent être amoureuses,
00:51:46mais tu ne peux pas
00:51:47alors faire tout ce que tu veux.
00:51:48Mais il y en a plein.
00:51:50En tout cas,
00:51:50celle-là ?
00:51:51Non,
00:51:51celle-là,
00:51:51elle avait un problème
00:51:52avec l'alcool,
00:51:53donc c'était encore plus facile.
00:51:54D'accord.
00:51:55Je ne dis pas que toutes les femmes
00:51:55qui sont amoureuses sont bêtes.
00:51:56Ce n'est pas ce que j'ai dit.
00:51:57D'accord.
00:51:58On t'a bien compris.
00:51:59Voilà, merci.
00:52:00Pas d'amagame.
00:52:01Non,
00:52:02en plus,
00:52:02je n'ai pas d'amagame
00:52:03parce que je précise
00:52:04que quand même,
00:52:04tu es une espèce de donjouant
00:52:06et qu'à chaque fois
00:52:06que je t'ai croisé dans Paris,
00:52:07tu es toujours très bien accompagné.
00:52:09C'est vrai.
00:52:10Donc,
00:52:11voilà,
00:52:11la gente féminine,
00:52:12il ne faudrait pas
00:52:13qu'elle se méprenne.
00:52:14Surtout pas.
00:52:15Tu as beaucoup de respect
00:52:15pour les femmes.
00:52:16Exactement.
00:52:16Énormément.
00:52:18Et donc,
00:52:19je vois le monsieur le juger
00:52:20et tout,
00:52:20il me dit d'accord,
00:52:21il me dit,
00:52:21regardez,
00:52:22je vais faire un truc tout de suite là.
00:52:23Il me dit,
00:52:23tout ce que vous allez me dire,
00:52:24je le note,
00:52:25il me dit,
00:52:25je vous promets,
00:52:26c'est ce qu'on me dit,
00:52:26ça avert que c'est vrai.
00:52:28Je vois le fax tout de suite là.
00:52:30Elle est libérée
00:52:31dans la minute qui suit,
00:52:32dans l'heure qui suit la libérée.
00:52:34On commence,
00:52:34je m'appelle Bert qui,
00:52:35ça s'est passé comme ça,
00:52:37ça a commencé comme ça,
00:52:37comme ça,
00:52:38comme ça,
00:52:38comme ça.
00:52:38Il y a tout.
00:52:39J'ai tout expliqué.
00:52:40Tout, tout, tout.
00:52:40Tout, ça veut dire que tu dis
00:52:42les quantités.
00:52:43Je n'ai pas parlé de cas là,
00:52:44je n'ai pas parlé de personne,
00:52:44j'ai tout expliqué.
00:52:45Il a vu que ça concordait
00:52:46avec ces machins.
00:52:46Il me dit,
00:52:47vous savez,
00:52:47en fait,
00:52:55c'est pas de peau quand même.
00:52:58Non, pas de peau.
00:52:59Donc, bon,
00:52:59il me dit,
00:53:00tout ce que j'avais à dire,
00:53:01il m'a dit,
00:53:02écoutez,
00:53:02monsieur Berkey,
00:53:02il n'est qu'une parole.
00:53:03Il ne me dit pas
00:53:03qu'on lui dit un truc.
00:53:04Me demandez pas
00:53:05de demander vis en liberté,
00:53:07pas de DM,
00:53:07pas de vis en liberté
00:53:08jusqu'au jugement.
00:53:09Me demandez pas de parloir,
00:53:10ne demandez pas de sortie,
00:53:11ne me demandez rien du tout.
00:53:13Ça va être compliqué pour vous
00:53:14jusqu'à votre jugement.
00:53:15Et mon jugement,
00:53:16croyez-moi,
00:53:16je vais le faire tarder.
00:53:17Pendant deux ans,
00:53:18vous avez minimum de manger
00:53:19minimum de deux ans
00:53:19le temps de l'instruction.
00:53:20Pourquoi ?
00:53:21Parce qu'il voit
00:53:22qu'il veut me finir, quoi.
00:53:23Il veut ?
00:53:23Le temps de l'instruction,
00:53:24il veut me finir.
00:53:25Alors, je venais déjà faire,
00:53:26je venais de faire
00:53:27de près deux, trois ans déjà.
00:53:28Oui.
00:53:29Puis, je remercie encore deux ans,
00:53:30donc deux ans d'instruction.
00:53:31Pourquoi il voulait te finir ?
00:53:32Parce qu'il n'apprécie pas vraiment...
00:53:35Appréciez,
00:53:35tu t'es foutu
00:53:35toute la gueule
00:53:35de l'administration pélétancière,
00:53:37tu faisais de l'argent
00:53:37dans l'ordre,
00:53:38tout ça,
00:53:38tu faisais de l'argent
00:53:38pour des cons, en fait.
00:53:39Pendant combien de mois,
00:53:41ça dure longtemps.
00:53:50Libérable.
00:53:52Moi, j'étais fier de moi.
00:53:53Je me disais,
00:53:53putain,
00:53:54deux jours de ma sortie,
00:53:55je la fais libérer
00:53:55et moi, je reprends une peine.
00:53:56C'est grand seigneur.
00:53:58Carrément, oui.
00:53:59Grand seigneur,
00:54:01mais ça va te coûter.
00:54:02J'ai mangé ça.
00:54:02Ah, grave.
00:54:03Ils m'ont rajouté,
00:54:04au bout de deux ans,
00:54:05ils m'ont donné
00:54:05sept ans de prison,
00:54:06cinq en ferme,
00:54:07deux ans avec sursis.
00:54:08Cinq en ferme.
00:54:09Cinq en ferme
00:54:10pour trafic international
00:54:11et interne.
00:54:12Parce qu'international,
00:54:12pourquoi international ?
00:54:13National, je veux dire.
00:54:15J'avais le 92,
00:54:15le 94 et le 93
00:54:17et voilà,
00:54:18c'est trois départements.
00:54:19Donc, c'est trafic national.
00:54:21Cinq ans,
00:54:22tu as quand même
00:54:22mangé fort, quand même.
00:54:25Énorme.
00:54:26C'est énorme.
00:54:27À savoir,
00:54:27je me suis tellement maintenu.
00:54:28Ah oui,
00:54:28ils ne m'ont pas donné
00:54:29de remise de peine.
00:54:29Ah oui, excuse-moi.
00:54:31Quand tu fais une...
00:54:32Quand tu fais un truc
00:54:35en prison comme ça,
00:54:37les pelles internes,
00:54:37en fait,
00:54:38il n'y a pas de remise de peine.
00:54:39On ne donne pas d'RPS
00:54:40comme on donne
00:54:40les remises de peine
00:54:41supplémentaires.
00:54:42Tout ça, ça a sauté.
00:54:43Tu n'as pas de grâce,
00:54:44mais ça saute, bien sûr.
00:54:45Tu n'en as pas le droit.
00:54:45Tu n'as pas le droit à ça.
00:54:46Tu as le minimum.
00:54:47Ils ne sont pas obligés
00:54:48de t'aider.
00:54:48Ça veut dire que
00:54:49quand tu étais libérable...
00:54:50Plain pot.
00:54:50Cinq piges,
00:54:51je les ai faits plein pot.
00:54:54Je suis sorti là
00:54:54au mois de novembre.
00:54:55Depuis 2016,
00:54:56depuis 2016,
00:54:57j'étais en prison.
00:54:58Jusque là,
00:55:00jusque là,
00:55:00jusqu'à l'année dernière.
00:55:03Et depuis,
00:55:04je suis partout en prison.
00:55:05Bon, alors justement,
00:55:07avant qu'on parle
00:55:08de la sortie
00:55:09et de la réinsertion
00:55:11difficile
00:55:11et de ce que tu aimerais
00:55:14faire de ta vie.
00:55:17Et j'espère vraiment
00:55:18parce que tu as du talent.
00:55:21J'en suis intimement persuadé.
00:55:23Il faut simplement
00:55:24qu'un réalisateur,
00:55:25ce soir,
00:55:26regarde bien cette tronche.
00:55:28Et je pense à mon pote
00:55:30Olivier Marchal,
00:55:31tu vois.
00:55:31Il faut qu'il voit ta tronche,
00:55:32mais il va la voir.
00:55:33De toute façon,
00:55:34je te le prie.
00:55:34Mais 5 ans de prison,
00:55:38quand même,
00:55:38tu as mangé.
00:55:40On te sort de Freyne directe,
00:55:43tu ne retournes pas.
00:55:43Transfer disciplinaire à Nanterre.
00:55:44Tu as atterri à Nanterre.
00:55:45Nanterre, ouais, Nanterre.
00:55:47Mais à Nanterre,
00:55:49parce que tout se sait.
00:55:51C'est ce que le grand public
00:55:52ne sait pas.
00:55:53Tout se sait.
00:55:53Le patron de Freyne
00:55:55arrive à Nanterre.
00:55:56Exactement.
00:55:56Donc du coup...
00:55:58En fait, c'est le brigadier.
00:55:59Il devient lieutenant.
00:56:00Ouais.
00:56:00Il est passé lieutenant,
00:56:01mais il fait ses trucs de lieutenant.
00:56:03C'est quoi ce lieutenant ?
00:56:04À Nanterre.
00:56:04Et il me voit.
00:56:06Oh !
00:56:06Qu'est-ce que tu fais là ?
00:56:07Ben écoute,
00:56:08ils m'ont mis à Nanterre.
00:56:09Il m'a dit,
00:56:09putain,
00:56:09il fallait me dire que c'était ma gueule.
00:56:10Il m'a dit,
00:56:11mais on la connaissait bien.
00:56:13C'est un autre pote quand même.
00:56:14Mais c'est bien ce qui est bien.
00:56:15Et grand seigneur,
00:56:16c'est que tu l'as fait sortir.
00:56:17Et ça, franchement,
00:56:17tu as tout notre aspect
00:56:18de tous les surveillants.
00:56:20Donc les surveillants,
00:56:20à partir de là,
00:56:21à Nanterre,
00:56:21ben,
00:56:22rebelle-otte quoi.
00:56:23Je n'ai pas voulu
00:56:23le remettre au couvert.
00:56:24donc ils m'ont rentré du Bédo
00:56:25vite fait.
00:56:26On me dépannait.
00:56:27Téléphone.
00:56:28Voilà,
00:56:28obligatoire.
00:56:29Ça, c'est la base.
00:56:30Et ce n'est plus
00:56:31petit téléphone,
00:56:31c'est iPhone 6,
00:56:33iPhone 7,
00:56:33tout le truc.
00:56:34Je faisais charge
00:56:37de Francesca.
00:56:38Francesca,
00:56:39il me met le dos dedans.
00:56:41Je faisais le Bédo dedans.
00:56:42Le gars du Bédo,
00:56:43il savait,
00:56:43il était au courant,
00:56:44il prenait ça,
00:56:44il me ramenait.
00:56:45J'avais mon Bédo,
00:56:48j'avais mes affaires,
00:56:48j'avais tout.
00:56:49Ça a dû être non,
00:56:51c'est 5 ans quand même,
00:56:525 piges.
00:56:54Non,
00:56:54en fait,
00:56:54comme je voulais te faire
00:56:55déjà 5-6 ans,
00:56:56en fait,
00:56:57une fois que tu as le pied dedans,
00:56:58je ne sais pas comment
00:56:58t'expliquer,
00:56:59quand tu as le pied dedans,
00:57:01tu ne comptes plus
00:57:02comment t'expliquer.
00:57:03Ça passe tellement vite,
00:57:04en fait.
00:57:05C'est long et à la fois,
00:57:05ça passe vite.
00:57:07En fait,
00:57:07tous les jours,
00:57:07c'est dimanche là-bas.
00:57:08Tous les jours,
00:57:09c'est le même jour.
00:57:09Tu es coupé du monde,
00:57:10tu es coupé de tout le monde,
00:57:11tu es coupé de tes amis,
00:57:12de tout le monde,
00:57:13sauf par téléphone.
00:57:13Mais tu n'as pas le temps,
00:57:14tu as plein de trucs à faire.
00:57:16Donc,
00:57:16tu fais ton sport,
00:57:17tu presse ta religion,
00:57:18c'est une religion,
00:57:19tu travailles,
00:57:19tu vas la promenade,
00:57:21tu fais ce que tu as à faire.
00:57:23Et tous les jours,
00:57:23c'est pareil,
00:57:24c'est pareil.
00:57:24Ça passe à une vitesse de fou.
00:57:26Tu n'es pas chier sur cette pelle-là,
00:57:27j'ai fait quasiment
00:57:27presque 9 piges.
00:57:29Je parle en ce moment
00:57:30avec un homme,
00:57:34une sommité du milieu.
00:57:37D'accord.
00:57:38Et il a fait 34 ans.
00:57:43Ok, d'accord.
00:57:44Ok ?
00:57:45Et tu sais que
00:57:47quand il me parle de la prison,
00:57:48il me dit
00:57:48quand j'étais en vacances.
00:57:50Oui, bien sûr.
00:57:51Il n'a jamais voulu,
00:57:52il n'a jamais voulu
00:57:54se considérer en prison.
00:57:55Ben oui, bien sûr.
00:57:56Tu vois ?
00:57:56C'est dans la tête.
00:57:57Si tu as envie d'être en prison,
00:57:58tu es en prison.
00:57:59Si tu n'as pas envie,
00:57:59tu n'es pas en prison.
00:58:01C'est comme ça que toi,
00:58:02tu l'as vécu ?
00:58:02Exactement.
00:58:03Activité,
00:58:04j'étais quelqu'un,
00:58:05je faisais mes affaires,
00:58:06mes trucs,
00:58:06tous les jours,
00:58:07j'avais un truc à faire.
00:58:07J'étais pas en prison.
00:58:09Moi aussi,
00:58:09t'es où ?
00:58:09J'étais en vacances.
00:58:11Je reviens de vacances.
00:58:12Mais en même temps,
00:58:14tu étais quelqu'un en prison,
00:58:17Philippe.
00:58:18Oui.
00:58:19Ce que je veux dire,
00:58:20c'est que tu t'es toujours débrouillé,
00:58:22tu n'as jamais manqué de rien.
00:58:23Jamais.
00:58:23Voilà.
00:58:24Et puis,
00:58:25tu sors
00:58:25et depuis sept mois,
00:58:28quand tu sors...
00:58:29Je veux dire une vérité,
00:58:30je veux dire un truc.
00:58:32Quand je sortis,
00:58:33ça me l'a bien mangé
00:58:34parce que je pense à ça
00:58:35et je me dis franchement,
00:58:36j'étais plus j'avais en prison
00:58:37que maintenant dehors.
00:58:38Tu m'as dit ça il y a trois jours.
00:58:39Ça bouffe,
00:58:40ça bouffe de le dire,
00:58:40mais c'est la vérité.
00:58:41En prison,
00:58:41j'étais quelqu'un,
00:58:42j'avais ce qu'il fallait,
00:58:42je manquais de rien,
00:58:43du tout rien.
00:58:44J'étais un patron,
00:58:45comme tu dis.
00:58:46Là dehors,
00:58:46je suis qui ?
00:58:47J'ai un pauvre gars,
00:58:48comme il disait,
00:58:48clochard,
00:58:49qui fait la manche
00:58:49pour avoir un peu d'oseille.
00:58:51Même moi,
00:58:51j'ai vu des potes en prison,
00:58:52ils me disaient,
00:58:52mais Fafa,
00:58:53qu'est-ce qui t'arrive ?
00:58:53Ça m'appelle Fafa aussi.
00:58:55Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
00:58:56Qu'est-ce qui fout là-dedans ?
00:58:57À moins de l'argent,
00:58:58c'est soit je remets la cagoule
00:59:00et j'ai charbonné,
00:59:01chose hors de question,
00:59:03soit je demande de l'argent aux gens.
00:59:05C'est pas un métier,
00:59:06c'est un stade de démerde.
00:59:07Et franchement,
00:59:07mais on remet la cagoule,
00:59:08je dis non,
00:59:08non, jamais de l'année.
00:59:09On m'a proposé de faire un truc,
00:59:10on m'a dit tiens,
00:59:10vendez Bédo,
00:59:11vendez,
00:59:12va dans le sud,
00:59:12dans l'Espagne,
00:59:13il va me remonter les voitures.
00:59:14Je me donne 10 000 euros,
00:59:15sinon je peux pas,
00:59:16c'est mort.
00:59:16J'ai pas envie,
00:59:17je veux pas.
00:59:18Je sais.
00:59:19Je veux plus retourner en prison,
00:59:20c'est fini,
00:59:20terminé,
00:59:21terminé,
00:59:21à tout jamais.
00:59:22Il y a eu une prise de conscience
00:59:23sur ce que tu étais capable,
00:59:26parce que finalement,
00:59:27tu as été quelqu'un en prison,
00:59:28parce que c'est pas facile
00:59:29d'être quelqu'un en prison non plus.
00:59:31C'est dur.
00:59:32Il y a du marlot en prison,
00:59:35c'est dur,
00:59:35il faut faire son trou.
00:59:37Il y a pas qu'un louis,
00:59:38il y en a plein.
00:59:38Ouais.
00:59:40Il y a la jalousie des gens.
00:59:41Il y en a plein.
00:59:41Bien sûr,
00:59:42il y a la jalousie des gens aussi.
00:59:43Il voit de monter,
00:59:43il veut pas,
00:59:44donc il va essayer de te balancer,
00:59:45il va falloir casser la gueule vite fait,
00:59:48il va falloir faire taire pour avoir.
00:59:50Et c'est pour ça que,
00:59:51en fait,
00:59:53depuis novembre,
00:59:54depuis sept mois que tu es dehors,
00:59:57je suis dans la merde.
00:59:58Ouais.
00:59:59Je galère, quoi.
01:00:00Ouais.
01:00:01Il y a des jours heureux,
01:00:02je suis heureux quand même,
01:00:03je suis bien.
01:00:04Comme quand je t'ai vu,
01:00:05j'étais content du monde.
01:00:05Ouais,
01:00:05il faisait beau.
01:00:06Il faisait beau.
01:00:07T'étais avec une gonzesse.
01:00:08Je me donnais 100 euros.
01:00:09Ouais,
01:00:10mais bon,
01:00:10voilà.
01:00:11Tu m'as mis un jour là,
01:00:12tu m'as mis un jour.
01:00:12Ouais,
01:00:13mais bon,
01:00:13qu'est-ce que tu veux,
01:00:14je veux pas te laisser,
01:00:15j'ai toujours considéré
01:00:17que l'argent s'était fait
01:00:18pour être partagé
01:00:19quand t'en as un peu.
01:00:20Tu vois,
01:00:21on va pas se mentir,
01:00:21c'est vrai que,
01:00:22même là,
01:00:22si je peux me permettre,
01:00:24il y a des gens qui disent
01:00:24mais t'as un talent,
01:00:25t'as quelque chose,
01:00:26les gens à qui je demande de l'argent.
01:00:27La plupart des gens,
01:00:28on sait,
01:00:28ceux qui font la manche,
01:00:29ils prennent un euro,
01:00:30deux euros en une journée,
01:00:31ils prennent 20, 30 euros.
01:00:33Bon,
01:00:33il y a des gens qui,
01:00:33vraiment,
01:00:34des fois,
01:00:34ils me donnent 250 euros en une fois.
01:00:36Je prends des 4,
01:00:375 jours d'hôtel d'un coup,
01:00:37je suis tranquille.
01:00:38Mais je veux recharbonner,
01:00:39j'avais le charbonner,
01:00:40je recharbonne derrière
01:00:40pour pouvoir la manger,
01:00:42bon,
01:00:42même si manger,
01:00:43c'est facile.
01:00:44Mais enfin,
01:00:44mon paquet de l'oeuvre,
01:00:45par exemple,
01:00:45je fais le genre de chaussettes,
01:00:46de caleçons.
01:00:47Tous les jours,
01:00:48je prends une paix de chaussettes,
01:00:49je la prends,
01:00:49je l'achète,
01:00:49je la mets à la poubelle.
01:00:50Tous les jours,
01:00:51caleçons pareil,
01:00:51je suis obligé.
01:00:53Je dois vous dire quand même,
01:00:54vous qui nous regardez,
01:00:54que il y a 15 jours,
01:00:57en fait,
01:00:58t'avais pas pu dormir
01:00:59et t'as dormi
01:01:00à la gare du Nord
01:01:01et que t'étais tellement épuisé
01:01:03qu'on t'avait piqué ton sac
01:01:05et qu'il s'est retrouvé
01:01:07sans bêtements.
01:01:09Donc,
01:01:09on a été lui refaire
01:01:10une garde-robe
01:01:11chez H&M.
01:01:12J'ai retrouvé le mec,
01:01:12d'ailleurs.
01:01:13Hein ?
01:01:13J'ai retrouvé le mec.
01:01:14Ah,
01:01:14tu l'as retrouvé ?
01:01:15Moi,
01:01:15tu me raconteras.
01:01:15Ouais.
01:01:16Mais la rue,
01:01:19c'est dur,
01:01:20mais aujourd'hui,
01:01:21en fait,
01:01:22plus concrètement,
01:01:24comment tu peux arriver
01:01:25à ouvrir un compte en banque ?
01:01:28Comment ?
01:01:28Qui t'aide pour faire ça ?
01:01:30Personne.
01:01:30Personne ?
01:01:31Ça passe ma quarantaine déjà.
01:01:32Après,
01:01:33c'est moi qui a un peu flémé
01:01:34parce que
01:01:35j'ai eu un rendez-vous
01:01:36le 28 juillet,
01:01:36je ne suis pas allé
01:01:37au rendez-vous à la mairie
01:01:37du 13e.
01:01:39J'ai,
01:01:40sur mon téléphone,
01:01:41je peux te montrer,
01:01:42j'ai le dictabre fiscal.
01:01:43J'ai fait des photos,
01:01:448 photos,
01:01:45machin.
01:01:46Tous les papiers,
01:01:47certificats d'hébergement,
01:01:48enfin,
01:01:48attestation d'hébergement,
01:01:50d'association,
01:01:52hébergement administratif seulement.
01:01:54J'ai tous les papiers,
01:01:55j'ai le dossier entier.
01:01:57Juste à l'association,
01:01:58le Carud,
01:01:59d'ailleurs,
01:01:59qui se trouve à République,
01:02:00les gens formidables,
01:02:01ils sont super sympas,
01:02:02comme à la salle d'ailleurs,
01:02:02la salle qui est
01:02:03à la rue de la Réboisière.
01:02:05Vraiment,
01:02:05ces gens,
01:02:05ils sont magnifiques,
01:02:06ils sont là,
01:02:07ils vous aident.
01:02:08Ce sont des gens
01:02:09qui sont heureusement
01:02:09qui sont là.
01:02:10Mais grave,
01:02:10là,
01:02:10ils m'ont donné
01:02:11trois nuits d'hôtel.
01:02:12À partir du demain,
01:02:12après-demain,
01:02:13et après-après-demain,
01:02:14j'ai trois nuits d'hôtel
01:02:14à dormir dans un hôtel
01:02:15sympatoche.
01:02:16Et quand je dis
01:02:17qu'heureusement
01:02:17qu'ils sont là
01:02:18parce qu'il y a
01:02:20beaucoup de gens
01:02:20qui débinent
01:02:21ces associations,
01:02:22mais ils ne se rendent pas compte
01:02:24qu'ils soulagent
01:02:26des gens
01:02:26qui sont au bout du rouleau
01:02:28et qui peuvent
01:02:29à tout moment
01:02:29faire une connerie
01:02:30et commettre un délit
01:02:31parce qu'ils ne sont plus rien.
01:02:34J'ai l'impression
01:02:34que ce n'est pas exprès,
01:02:35j'ai l'impression
01:02:35qu'ils se font exprès
01:02:36pour nous pousser,
01:02:36pour nous faire résiliver.
01:02:38Là,
01:02:38c'est un truc,
01:02:39il n'y a des petits détails,
01:02:41comme avoir les doigts propres,
01:02:42par exemple,
01:02:42avoir les mains propres,
01:02:43mes pieds,
01:02:44tu vois mes pieds,
01:02:44je te montre mes pieds,
01:02:45mais les gens,
01:02:46même là,
01:02:46la télé vont partir
01:02:47en courant,
01:02:47c'est hallucinant.
01:02:49Les pieds,
01:02:49tout carrément,
01:02:50les pieds ensemble,
01:02:51force de marcher,
01:02:52marcher, marcher.
01:02:53Pendant deux jours,
01:02:53tu n'en arrives pas
01:02:53tes chaussettes,
01:02:54des fois,
01:02:54tu ne peux pas.
01:02:55Tu as les pieds
01:02:55qui transpirent.
01:02:57Laisse tomber,
01:02:58heureusement,
01:02:59c'est toi qui m'acheter.
01:02:59Tu m'acheter une paire
01:03:00de chaussures,
01:03:00tu m'acheter des chaussettes,
01:03:01tu m'acheter des calçons,
01:03:02tu m'acheter des calçons,
01:03:02tu m'acheter.
01:03:03Grâce à toi,
01:03:03j'ai pu me changer,
01:03:04j'ai pu.
01:03:05Sinon,
01:03:05les chaussures,
01:03:05200 mètres,
01:03:06les gens s'en vont.
01:03:08Moi, je ne pouvais pas
01:03:08te laisser comme ça.
01:03:09Oui, je sais.
01:03:10Tu n'es pas obligé
01:03:11de le faire.
01:03:11Mais au-delà de ça,
01:03:14qu'est-ce qui peut faire
01:03:14avancer ta situation ?
01:03:16Là, à ce jour-là,
01:03:17pour l'instant,
01:03:18les gens de la station,
01:03:19c'est une goudon dans la mer,
01:03:20c'est un grain de sable,
01:03:21mais ils me donnent
01:03:23un petit peu quand même.
01:03:24Donc, ils arrivent
01:03:24pour faire mes papiers,
01:03:26j'ai rendez-vous
01:03:27pour refermer mes papiers,
01:03:28avec des trois nuits d'hôtel.
01:03:30Grâce à ça,
01:03:30je peux me reposer
01:03:31un petit peu,
01:03:32essayer de faire
01:03:32deux, trois papiers
01:03:33si je peux.
01:03:34Et j'attends aussi
01:03:35le truc de casting,
01:03:36comme je l'ai dit,
01:03:37qui m'ont dit
01:03:37qu'elle me rappelait.
01:03:38Donc, je compte aussi sur ça.
01:03:40Et j'attends surtout
01:03:41d'avoir un hébergement
01:03:41le plus vite possible,
01:03:42un hébergement,
01:03:43un truc où je peux dormir.
01:03:44Te poser ?
01:03:45Ben, me poser.
01:03:46Je peux prendre une douche
01:03:46sur le genre
01:03:47comme tout le monde,
01:03:47je peux faire tuer à manger,
01:03:48je peux, voilà,
01:03:49un minimum avec ça.
01:03:51Après, il y a le travail
01:03:51du travail,
01:03:52il y en a du boulot.
01:03:52C'est pas ce qu'il manque.
01:03:53On va proposer du boulot déjà.
01:03:54Comment tu viens du travail
01:03:55avec des doigts dégueulasses,
01:03:56ils ont pas fait rien
01:03:57dans un restaurant
01:03:58parce que je suis chef d'or,
01:03:58moi, je serveur.
01:03:59Ouais.
01:04:00La réinsertion,
01:04:01donc, en fait,
01:04:03c'est du pipeau ?
01:04:04Zéro.
01:04:05Il n'y a pas de réinsertion sociale.
01:04:06Il n'y en a pas.
01:04:07Si, pour les pédophiles,
01:04:09les violeurs,
01:04:09les pointeurs,
01:04:10comme les amis.
01:04:10Oui, c'est des gens malades.
01:04:11Ils sont malades.
01:04:12Ils sont tellement malades
01:04:13qu'il faut s'occuper d'eux.
01:04:14Donc, on les met
01:04:14sur le camisole chimique,
01:04:16on leur donne des appartements
01:04:17thérapeutiques.
01:04:18On s'occupe d'eux.
01:04:19On les met très, très bien.
01:04:21Ils vont violer un gosse,
01:04:22on leur met 2-3 ans dans la gueule.
01:04:23Normal, c'est normal.
01:04:24Ils sont malades.
01:04:25Voilà.
01:04:25Toi, tu vas essayer
01:04:25de gagner un peu d'oseille
01:04:26en mettant une gagoule.
01:04:27On va te mettre 10 ans, 5 ans.
01:04:29C'est pas grave.
01:04:30Ils ont bousillé la vie d'un gosse,
01:04:31mais ils prennent que 2-3 ans.
01:04:32C'est pas grave.
01:04:33On s'en fout.
01:04:35C'est bien.
01:04:36C'est la réinsertion sociale.
01:04:37Voilà.
01:04:37C'est comme ça.
01:04:38C'est comme ça.
01:04:40Aujourd'hui, donc,
01:04:40à part les associations,
01:04:41personne t'aide.
01:04:42À ce jour, personne.
01:04:44Personne.
01:04:44D'officiel.
01:04:46Ma CIP,
01:04:47qui m'a donné des tickets à un restaurant,
01:04:48qui, quand je la vois une fois par mois,
01:04:50discute avec moi,
01:04:50on monte un peu le moral,
01:04:51qui est très gentille d'ailleurs.
01:04:52Madame Gézéchel,
01:04:53super sympa.
01:04:55Elle a quel rôle,
01:04:56Madame Gézéchel ?
01:04:57C'est une CPIP,
01:04:58c'est une conseillère
01:04:59d'insertion et de probation
01:05:00qui travaille au speed post-service
01:05:01pénitentiaire d'insertion et de probation.
01:05:03D'accord.
01:05:03Qui est là pour les sortants de prison
01:05:04pour s'occuper d'eux, en fait.
01:05:05Et Madame Gézéchel,
01:05:07elle ne peut pas faire un truc pour toi ?
01:05:08Elle ne peut rien faire.
01:05:08Elle est limitée à certains trucs.
01:05:09Elle sait de voir
01:05:10que je respecte les conditions
01:05:11dans lesquelles on va laisser sortir.
01:05:12C'est-à-dire,
01:05:13aller voir un centre de soins
01:05:15thérapeutiques, machin,
01:05:16compagnie,
01:05:17un addictologue et tout.
01:05:18Et voilà, quoi.
01:05:20Pour mes anciennes consommations.
01:05:22Malgré ça, il finit,
01:05:22je continue quand même
01:05:23à avoir un addictologue.
01:05:24Je suis obligé.
01:05:24Tu as une injonction thérapeutique
01:05:26où les gars à ton passé
01:05:28des toxiques
01:05:28que tu respectes d'ailleurs.
01:05:30Je vais vous le signaler.
01:05:31J'ai le papier,
01:05:32je peux vous montrer
01:05:33tout sur moi.
01:05:34Je peux vous montrer
01:05:35noir sur dos.
01:05:35Enfin, en tout cas,
01:05:36j'en profite pour vous dire,
01:05:37vous qui nous regardez,
01:05:39alors, au mieux,
01:05:40si vous préparez
01:05:41un court-métrage
01:05:42ou un long-métrage
01:05:43et que vous cherchez
01:05:45une bonne tête
01:05:48comme celle de Philippe
01:05:49qui a, en plus,
01:05:51vraiment,
01:05:52au-delà de ce qu'il nous a raconté
01:05:54ce soir,
01:05:55de vraies capacités
01:05:55de comédien.
01:05:57Et puis, autrement,
01:05:59en attendant qu'il décroche
01:06:00le rôle de sa vie,
01:06:02je ne sais pas,
01:06:03si vous avez un resto
01:06:06ou un bar
01:06:06où il y aurait
01:06:07un petit appart au-dessus
01:06:09et où tu pourrais bosser
01:06:10parce que ça te dépannerait.
01:06:12Bien sûr.
01:06:12N'hésitez pas à nous écrire,
01:06:14à nous contacter.
01:06:15Il y a une...
01:06:16Vous savez,
01:06:16vous pouvez laisser
01:06:17les commentaires
01:06:17sur cette vidéo
01:06:19et puis,
01:06:20vous savez qu'il y a
01:06:20une adresse mail
01:06:21à laquelle vous pouvez
01:06:22aussi nous écrire.
01:06:24Tu voulais nous parler
01:06:25de ton pote Kalash
01:06:26parce que tu m'as demandé
01:06:27d'en parler.
01:06:29Tu voulais lui rendre hommage.
01:06:31Bien sûr.
01:06:31Qu'est-ce qui lui est arrivé
01:06:32à Kalash ?
01:06:33Kalash,
01:06:34c'est un très bon ami à moi
01:06:36qui est sorti de prison
01:06:37juste après moi,
01:06:38un petit peu avant moi,
01:06:39je veux dire.
01:06:40Et comment dire,
01:06:42il est retombé en prison.
01:06:43Et comme le parrain
01:06:44n'avait pas tout déclaré
01:06:45et qu'il savait que
01:06:45il faisait du business,
01:06:46il ne savait pas le prouver.
01:06:48C'était le...
01:06:49C'était le chat
01:06:49et la souris dans la prison.
01:06:51Donc, tout le monde
01:06:51lui envoulait un peu
01:06:52dans les chefs.
01:06:53Et un soir,
01:06:54il arrive en prison,
01:06:55c'est le d'arrivant.
01:06:56Et lui, c'est le gars,
01:06:57il ne consomme pas de coke,
01:06:58il ne fume que du shit.
01:07:00Comme par hasard,
01:07:01soi-disant,
01:07:01il aurait fait une overdose
01:07:02à la cocaïne,
01:07:02soi-disant.
01:07:03C'est un mec,
01:07:03un gramme,
01:07:04il ne touche pas, quoi.
01:07:05Il le retrouvait
01:07:06avec des boulettes de coke
01:07:07dans lui,
01:07:08à l'intérieur,
01:07:08qui aura explosé,
01:07:09soi-disant,
01:07:09et il serait mort d'une overdose.
01:07:11Kalash,
01:07:11en code,
01:07:11et Kalash.
01:07:12C'est ça qui ne croit pas ?
01:07:13Personne n'y croit,
01:07:14personne.
01:07:14Même certains souris
01:07:15n'y croit pas.
01:07:16Personne n'y croit.
01:07:17Personne n'y croit.
01:07:18Même les souris,
01:07:19on n'y croit pas.
01:07:20Personne.
01:07:21C'est...
01:07:22C'est...
01:07:23Toi, t'es fait ?
01:07:23Mais c'est, t'es fait ?
01:07:24Bien sûr, bien sûr.
01:07:25Je ne veux pas trop pas le grand plus
01:07:26parce qu'il n'y a pas des soucis.
01:07:27Mais oui, effectivement,
01:07:28c'est pas normal,
01:07:29c'est pas normal.
01:07:30C'est archi pas normal.
01:07:31Jamais de la vie,
01:07:32ça ne viendra à la tête,
01:07:33même de se faire attraper,
01:07:34il se préfère se faire attraver
01:07:35avec ses boulettes de coke
01:07:36que de les avaler.
01:07:37Bien sûr que oui.
01:07:38Il n'est pas bête
01:07:39pour les avaler,
01:07:39c'est très bien.
01:07:41Donc c'est...
01:07:41Ouais, c'est...
01:07:42Ouais.
01:07:43Paix à son âme.
01:07:43Paix à son âme.
01:07:44Il y a une chose aussi,
01:07:45j'aimerais aussi,
01:07:45si possible.
01:07:46Il y a une fille,
01:07:47franchement,
01:07:47que j'apprécie beaucoup,
01:07:49que j'aime beaucoup,
01:07:49qui s'appelle Laura.
01:07:51J'aimerais lui faire un petit coucou
01:07:52parce que cette fille-là
01:07:52a conchoté de prison.
01:07:54Pas conchoté de prison,
01:07:55mais depuis que 2-3 mois
01:07:56que j'ai fait sa connaissance.
01:07:58Elle était dans la rue.
01:08:00Il était 2h du matin, je crois.
01:08:01Je suis arrivé à une jeune femme
01:08:02qui aurait pu avoir peur
01:08:03et partir.
01:08:04Je parle avec elle,
01:08:04on a discuté.
01:08:05Elle m'a donné 20 euros.
01:08:0720 balles.
01:08:07À 2h du matin, c'est beau.
01:08:09Et j'étais content
01:08:10parce que grâce à elle,
01:08:10j'ai pu prendre camion
01:08:11de chambre d'hôtel.
01:08:12Il manquait 17 euros
01:08:13grâce à elle du plage en hôtel.
01:08:15On a changé un numéro de téléphone
01:08:16et depuis,
01:08:16c'est devenu une super pote,
01:08:17une très bonne amie à moi.
01:08:19On se dit,
01:08:19j'étais à mes tours.
01:08:20C'est amical.
01:08:22Et je vais faire un gros bisou
01:08:23et dire que je l'ai vraiment très fort.
01:08:25Tu t'es fait quelques pâtes
01:08:27depuis que t'es sorti.
01:08:27Très peu.
01:08:28Je n'ai pas d'amis moi.
01:08:29J'ai très peu d'amis.
01:08:29Je n'en ai pas du tout.
01:08:31C'est difficile de se faire
01:08:32des amis dans la rue ?
01:08:32J'ai un frère.
01:08:33J'ai un frère d'armes,
01:08:34on va dire,
01:08:35Mika,
01:08:36avec qui je marche beaucoup.
01:08:38Dans la rue ?
01:08:38Oui, dans la rue.
01:08:39Il y a un atoll social,
01:08:41mais il est marginal.
01:08:43Il sort de prison ou pas du tout ?
01:08:45Il a fait quelques-uns de prison.
01:08:46Il vient des Antilles.
01:08:48Mika, c'est mon frérot.
01:08:50Ça ne changera pas.
01:08:51Quoi qu'il arrive,
01:08:52il va comprendre pourquoi je dis ça.
01:08:54Quoi qu'il arrive,
01:08:54quoi qu'il se passe,
01:08:55c'est mon frère d'armes.
01:08:57Vrai, frère d'armes.
01:08:59Mais de toute façon,
01:09:00j'espère que tu n'en as plus
01:09:01pour très longtemps.
01:09:03J'espère.
01:09:03On va tout faire
01:09:04pour d'en sortir
01:09:05de la rue, mon pote.
01:09:06J'aimerais bien.
01:09:07Mais merci d'être venu
01:09:08de nous voir
01:09:09et surtout d'avoir accepté
01:09:10de parler de tout ça
01:09:11parce que
01:09:12ce n'est pas facile
01:09:13de parler de tout ça.
01:09:14C'est clair, oui.
01:09:15Mais tu es quelqu'un,
01:09:17je trouve,
01:09:18qui assume
01:09:18sa vie entière.
01:09:21Ce n'est pas tout le monde.
01:09:22Je ne sais pas si tu as
01:09:22ma conscience,
01:09:23mais ce n'est pas tout le monde.
01:09:23Non, pas trop bien.
01:09:24Tu es qui tu es.
01:09:26Mais tu es un bon mec.
01:09:27Merci.
01:09:28Merci à toi
01:09:28de m'avoir invité.
01:09:29Je t'en prie.
01:09:30Merci surtout
01:09:30d'avoir fait tout ce que tu as fait
01:09:31et encore jusqu'à hier.
01:09:32On ne va pas se mentir
01:09:33de m'appeler en chambotel.
01:09:34Tu m'allimes bien
01:09:35encore une fois.
01:09:36Écoute,
01:09:37quand je peux,
01:09:38je le fais.
01:09:39Tu le sais, mon pote.
01:09:41Tu prends soin de toi
01:09:42et puis de toute façon,
01:09:42il y a plein de gens
01:09:43qui vont faire ta connaissance là.
01:09:45Donc je pense que
01:09:45là, tu vois,
01:09:47là, partout.
01:09:49Et puis je pense que
01:09:50voilà,
01:09:51tu vas,
01:09:52j'espère,
01:09:52faire des...
01:09:52J'espère.
01:09:53de bonnes rencontres
01:09:55et puis de toute façon,
01:09:57oui,
01:09:58keep in touch
01:09:58comme on dit,
01:09:59on reste en contact.
01:10:00Carrément,
01:10:00bien sûr.
01:10:01Merci à vous toutes
01:10:02et vous tous
01:10:03de nous avoir suivis.
01:10:05Si vous avez envie
01:10:05de commenter,
01:10:06bien évidemment,
01:10:06faire la connaissance
01:10:07de ce garçon.
01:10:09Voilà.
01:10:10Nous compter vos aventures.
01:10:12N'hésitez pas
01:10:13à nous écrire.
01:10:14Vous savez,
01:10:14il y a une adresse
01:10:15qui s'inscrit,
01:10:16une adresse mail
01:10:17qui s'inscrit.
01:10:17Vous pouvez nous y écrire.
01:10:19Vous pouvez aussi
01:10:19commenter cette vidéo
01:10:20et puis bien évidemment,
01:10:22abonnez-vous.
01:10:24Plus on est de fous,
01:10:25plus on rigole.
01:10:26Abonnez-vous.
01:10:27Plus on est de fous,
01:10:28plus on rigole.
01:10:29Ça, c'est bien vrai.
01:10:30À la prochaine.
01:10:31Salut.
01:10:32Salut.
01:10:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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