00:00sur RTL.
00:01RTL événement.
00:02On le voit bien, c'est toute une région qui est touchée par la guerre,
00:05toute une région qui redoute cet embrasement général
00:07que le régime iranien semble rechercher clairement.
00:10On va aller tout de suite en direct à la frontière
00:12entre l'Iran et la Turquie, puisque c'est là que vous vous trouvez
00:14Valentin Boisset. Bonjour Valentin.
00:15Bonjour à tous. Vous êtes précisément à Capicoï,
00:18qui est le point de passage
00:19entre le Kurdistan turc et l'Iran.
00:21Un poste frontière totalement bloqué
00:23côté iranien, c'est vraiment le symbole de la chape de plomb
00:26instaurée par le régime depuis le début de la guerre.
00:28Oui, habituellement, pour se rendre à ce poste frontière,
00:30il faut emprunter une 4 voies
00:32embouteillées quotidiennement,
00:34car les échanges de marchandises et de personnes
00:36entre les deux pays sont très importants.
00:39Mais lorsque nous nous y rendons,
00:40nous sommes seuls sur la route.
00:42Les Iraniens ont fermé l'accès, plus rien ne passe,
00:45sauf quelques travailleurs turcs
00:46qui rentrent au pays, comme cet homme
00:48qui accepte de nous parler.
00:50C'est assez bizarre comme ambiance de l'autre côté.
00:53En Iran, on entend ces bombardements.
00:55Et dans les rues, tout est vide.
00:57Plus aucun magasin n'est ouvert, ni aucune administration.
01:00En une heure, les Iraniens ne laisseront passer
01:01qu'une dizaine de personnes.
01:03Derrière ce travailleur, il y a Etan,
01:05un étudiant turc qui habite à l'année, à Téhéran.
01:08Il vient de franchir la frontière avec ses valises.
01:10Nous comprenons vite qu'il compte ne plus jamais
01:12retourner en Iran, pays qu'il accueille depuis deux ans.
01:16Mes parents m'ont dit de rentrer en Turquie,
01:18donc j'ai pris toutes mes affaires.
01:20En fait, j'ai accepté parce que je suis tombé
01:22sur des appels à manifester pour ce lundi.
01:25Ça va être suivi et ça va devenir encore plus chaotique.
01:29Puis nous lui demandons quelle est l'ambiance
01:30en ce moment dans les rues de Téhéran.
01:33Au début, je trouvais que c'était plutôt normal,
01:35mais tout a fermé.
01:36Magasins, bâtiments publics,
01:38parce qu'il y a ce deuil national qui est décrété,
01:41mais aussi parce que ça fait un peu peur de sortir.
01:44Il nous faudra attendre de longues minutes
01:46avant de finalement voir quelques familles d'Iraniens
01:48sortir avec des enfants.
01:51Eux ne souhaitent pas vraiment parler au micro
01:53et s'éclipsent très rapidement dans des bus
01:55qui les emmènent en Turquie.
01:56Voilà, l'Iran, un pays qui se referme sur ses frontières
01:58où il n'y a plus de réseau téléphonique.
02:00Le Kurdistan-Turc où vous vous trouvez, Valentin,
02:02compte lui de nombreux Iraniens réfugiés
02:04et qui ont toujours de la famille de l'autre côté de la frontière.
02:07Oui, à quelques kilomètres de ce poste frontière,
02:09nous sommes invités à boire le thé chez Eylan.
02:11Elle a 26 ans, elle s'est mariée à un Turc,
02:14mais son frère, lui, habite à Tabriz,
02:16une ville iranienne bombardée depuis trois jours.
02:19Je ne l'ai eu qu'une fois au téléphone depuis.
02:22Mon frère m'a dit que ça allait
02:24et puis soudain, j'ai entendu trois détonations derrière sa voix.
02:28Puis vers midi, c'est mon père qui m'a envoyé un message écrit.
02:31J'ai tenté de l'appeler, mais je n'ai jamais réussi à l'avoir.
02:36La jeune femme fait habitude des allers-retours en Iran chaque semaine.
02:39Elle craint de ne plus pouvoir le faire pendant des mois.
02:43En fait, avec la mort de Khamenei,
02:45c'est le plus gros risque que je le perçois dans mes échanges.
02:49Ça a créé du jusqu'au boutisme chez ses partisans.
02:52Dans certaines boucles de messages,
02:54ils disent qu'il ne faut pas arrêter la guerre,
02:56qu'il faut aller jusqu'au bout.
02:58Mais la conséquence pour les gens comme moi,
03:01c'est qu'on ne sait plus trop de quoi l'avenir sera fait.
03:07Un peuple iranien plongé dans l'incertitude.
03:10Hier, Eylan a eu son frère au téléphone une seule fois.
03:13C'était le matin.
03:14Depuis, ses messages ne lui parviennent plus.
03:17Valentin Boissé à la frontière entre la Turquie et l'Iran.
03:21Comme chez nous, la situation fait la une de toute la presse nationale turque.
03:23C'est l'image du journal Saba qui s'inquiète et titre
03:25« Le cercle de feu s'étend au Moyen-Orient ».
03:28Et ce, alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est dit attriste.
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