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Texte introspectif sur les livres et la vérité
Il existe des bibliothèques où les livres racontent des vies.
Des vies rêvées.
Des vies arrangées.
Des vies fausses.
En feuilletant ces existences de papier, une vérité s’impose :
les histoires mentent parfois moins que ceux qui les écrivent.
Et parfois, il faut refermer les livres pour aller regarder le monde réel.
Un texte introspectif et sombre sur l’illusion, la mémoire et la désillusion.
#lacageinvisible #lecture #littérature
Transcription
00:00Dans ma bibliothèque imaginaire, je feuillette un ouvrage, puis un autre.
00:09Des vies y sont écrites, des faux-semblants, des histoires sans importance,
00:17des romances d'existence de papier.
00:21Je tourne les pages sans conviction, amoureux, fatigué.
00:27Sur les rayonnages, la poussière recouvre des recueils délaissés aux couvertures délavées.
00:39Pardonnez-moi, mes très chers et tendres, en ce jour de décembre, le cœur n'y est pas.
00:47Il est parti dans l'autre hémisphère avec le soleil.
00:53Sur ma table, des livres éparsent, une quantité fantastique de vies rêvées.
01:02Sur l'étagère du haut, un pavé me fixe.
01:06Il pèse de tout son savoir.
01:10Je l'aime déjà, sans l'avoir ouvert.
01:14Première page, l'éditeur défend son auteur.
01:18Quatrième de couverture, l'histoire pressée d'être vécue.
01:25Me voilà projeté avant l'ère industrielle.
01:30Quand l'avenir avait encore un goût de promesse,
01:35les ouvriers disaient « Notre usine ».
01:38Le paternalisme veillait.
01:42Des dames patronesses distribuaient leur bonté empoisonnée.
01:49Elles enseignaient à vivre à ceux qui vivaient déjà.
01:54L'argent ne fait pas l'intelligence.
01:58Un autre livre m'appelle, coincé entre deux masses.
02:02Il raconte un abbé.
02:05Et l'hiver cinquante-quatre, on le disait saint homme.
02:11Aujourd'hui, son nom est sali.
02:15Le noir me colle au doigt.
02:18Alors, je referme tout.
02:22Je prends mon chien, ma parka,
02:25et je vais marcher le long de ma rivière polluée.
02:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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