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  • il y a 13 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Pascal Prou et vous.
00:02Il est 16h16 et nous sommes avec Emmanuel Hirsch pour évoquer l'Assemblée Nationale.
00:08L'examen des 2000 amendements aura duré plus d'une semaine.
00:11La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.
00:14Les députés vont d'abord adopter un premier texte sur le développement de soins palliatifs.
00:18La seconde délibération porte sur l'aide à mourir.
00:21Le mode d'administration de la substance létale qu'un patient pourra demander pour mettre fin à sa vie.
00:25Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées hier soir devant l'Assemblée Nationale contre l'euthanasie.
00:30Des militants ont été arrêtés avec la présence quand même de la brave M.
00:35Écoutez Claire Fourcade, présidente de la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs.
00:39Invité ce matin, Jacques Serret sur Europe 1.
00:41Je pense que beaucoup de députés pensent voter un texte pour des situations exceptionnelles
00:46alors qu'on est devant un texte très proche du texte qui est actuellement en vigueur au Canada
00:52et qui va ouvrir un très grand nombre d'euthanasies.
00:56Et donc ce que j'aimerais c'est que ces députés-là prennent conscience de ce qu'ils votent
00:59pour qu'on n'ait pas dans dix ans de députés qui nous disent
01:01« Ah mais moi c'était absolument pas ça que je voulais ».
01:04Et donc il y a vraiment cette nécessité d'ouvrir les yeux sur la nature du texte qui arrive à
01:08l'Assemblée.
01:08Ce que dit Mme Fourcade est vraiment important, Emmanuel Hirsch,
01:12parce que j'ai le sentiment que les gens sont un peu perdus,
01:15ne savent pas précisément ce qu'il y a dans ce texte.
01:18J'ai aussi le sentiment qu'ils ne sont pas tous passionnés par ça, curieusement,
01:23alors que je trouve que c'est un sujet qui est fondamental.
01:26J'ai l'impression que c'est comme la mort, peut-être ne veulent-ils pas la voir en face.
01:30Je voulais votre analyse et vos commentaires.
01:33D'abord, Claire Fourcade est une personnalité remarquable.
01:36Si elle n'était pas l'ancienne présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs,
01:41peut-être que cette proposition de l'OAS serait encore davantage délétère.
01:45Depuis 2022, depuis que le Comité consultatif national d'éthique
01:48a rendu son avis favorable à une ouverture de la loi Claes-Leonetti
01:52à l'euthanasie et au suicide assisté,
01:55elle dit « soigner, ce n'est pas tuer ».
01:56C'est vrai que c'est une question importante.
01:58Et ce matin, j'entendais le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité
02:02lui poser la question « mais combien de personnes seraient concernées par cette loi
02:06qui au départ devait être une loi exceptionnelle ? »
02:08C'est-à-dire des situations exceptionnelles.
02:1110% et donc la journaliste dit « peut-être plus, oui 20% mais quel est le problème ?
02:16»
02:17Et vous voyez, on est passé, et je sais que comme magistrat et comme parlementaire à l'époque,
02:22vous étiez porté, j'allais dire, favorable à la loi de 2005,
02:26qui était une loi de la loi Leonetti extrêmement équilibrée,
02:29mais on abordait effectivement la question d'exception.
02:32Et aujourd'hui, la loi telle qu'elle va être votée tout à l'heure,
02:35ce n'est pas une loi d'exception sur la fin de vie,
02:38c'est une loi qui permettra à des personnes de décider,
02:42si elles le souhaitent, de recourir à un médecin pour les faire mourir.
02:45Ce n'est pas de l'aide à mourir, ça ne veut rien dire aider à mourir.
02:49C'est une loi sur l'euthanasie et le suicide assisté.
02:51Puis vous avez une autre loi, une autre proposition de loi,
02:53sur l'accompagnement et les soins palliatifs.
02:55Et j'insiste, c'est la notion d'accompagnement.
02:57Pour en arriver à ce qu'on évoquait tout à l'heure,
03:00c'est le contrat social, c'est-à-dire toutes les valeurs de sollicitude
03:04et de solidarité sont piétinées par,
03:07et quand je parlais de députés qui sont dans le virtuel,
03:10qu'est-ce qu'ils savent de la liberté aujourd'hui ?
03:11Est-ce qu'ils défendent nos libertés au Parlement ?
03:13Qu'est-ce qu'ils savent de l'égalité aujourd'hui et de la fraternité ?
03:16Donc, ils n'ont pas été à l'école de la République
03:18au sens des valeurs que posent ces principes.
03:21Donc, le grand risque,
03:23et c'est un risque malheureusement qu'on aura,
03:25et Claire Fourcade, elle est sur le front au quotidien
03:27avec les gens des soins palliatifs.
03:29Elle voit que la demande, ce n'est pas la demande
03:31de « faites-moi mourir », c'est « aidez-moi à vivre le mieux possible en société ».
03:35Donc, quelle est la responsabilité de la société ?
03:37Et ce n'est certainement pas, dans une société violente comme la nôtre,
03:40de donner le signal qu'on va tuer autrui.
03:42Donc, vous voyez, on est dans un moment, à mon avis,
03:44d'autant plus dramatique,
03:46qu'on a l'impression que les députés pensent
03:48qu'ils vont aider à mourir,
03:50alors qu'ils vont faire mourir.
03:51C'est vraiment la question fondamentale.
03:53Donc, ils n'ont même pas le sentiment qu'il s'agit d'un meurtre.
03:56Ils ont le sentiment qu'il s'agit d'un acte de compassion républicaine.
03:59« Quelle est cette république, aujourd'hui,
04:01qui va tuer des personnes en situation de lourd handicap ? »
04:04Et juste une anecdote, puisqu'on est dans le concret.
04:06Ce matin, une personne...
04:08Vous parlez de meurtre ?
04:09Oui, l'acte d'euthanasie,
04:11que ce soit avec le consentement ou sans le consentement de la personne,
04:14c'est quand même un acte létal.
04:16La finalité, par rapport à la loi de Nettie,
04:18l'intention, ce n'est pas que la personne survive,
04:20qu'elle ne souffre pas, c'est qu'elle meurt.
04:22Et qu'elle meurt dans des conditions
04:24objectives, médicales, scientifiquement encadrées.
04:26Et vous voyez, je t'amène sur une anecdote qui m'a énormément frappé.
04:29Ce matin, un monsieur de 70 ans
04:31m'annonce qu'il avait un cancer du foie,
04:34que la chirurgienne avait ouvert
04:36pour voir, et qu'il était métastasé
04:38sur les deux lobes.
04:39Et il dit maintenant, ma seule crainte,
04:41c'est quand je vais dire que je n'ai pas envie,
04:43ou que j'ai peur, ou que je souffre,
04:45on me dise, vous aurez bientôt la réponse.
04:47Vous voyez comment on a perverti
04:49la relation de soins. Donc on rentre dans un moment
04:51de grand équivoque,
04:53et au niveau des fondamentaux de l'éthique médicale,
04:55c'est ça aussi. L'éthique du soin,
04:57c'est l'éthique de l'abandon,
04:59de la présence, et pas de l'acharnement thérapeutique.
05:01La loi Léonetti, c'était contre l'obstination.
05:04Donc on a tout faux,
05:05et on a tout faux, et on le dit depuis des années,
05:08Claire Fourcade,
05:09et un certain nombre de personnalités qui ne sont pas du monde médicale le disent,
05:12et on a l'impression, vous savez, que
05:13c'est le tanker qui arrive,
05:15comme dans beaucoup de questions de société,
05:17et qui à un moment donné mine la société,
05:20nous destitue de tout ce à quoi on était attaché.
05:22C'est ça le grand drame.
05:23C'est ça le grand drame.
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