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  • il y a 59 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Gauthier Lebrez.
00:01Au-delà de pour ou contre l'euthanasie, il y a trois choses qui me choquent dans ce débat.
00:04Un, c'est ce que vous avez dit, c'est la bataille sur le langage et le choix des mots,
00:09cette manière d'euphémiser la réalité avec l'aide à mourir pour euphémiser ce qu'est réellement l'euthanasie.
00:15Et de ce point de vue-là, le gouvernement a été redoutable en mettant en place une bataille sémantique.
00:20Ensuite, la deuxième chose qui m'a énormément choqué, c'est le délit d'entrave
00:23qui est passé en première lecture à l'Assemblée Nationale,
00:25qui vise à condamner au fond les soignants à une peine d'amende au mieux,
00:30à de la prison au pire, qui proposeraient une alternative à l'euthanasie
00:34ou qui n'auraient pas envie, peut-être demain, de faire l'injection létale.
00:39Et quand vous écoutez les soignants, j'en entends pas un me dire
00:42« je suis favorable à l'euthanasie », j'entends plutôt des soignants me dire
00:44« je me suis engagé pour la vie et pour sauver des vies ».
00:47Et la dernière chose qui m'a choqué au dernier degré,
00:51c'est cette manifestation silencieuse devant l'Assemblée Nationale cette nuit
00:55avec des gens assis qui étaient venus, tenez-vous bien, armés de bougies
00:59et qu'on a interpellés cette nuit devant l'Assemblée Nationale
01:03car ils étaient opposés à l'euthanasie.
01:05On a envoyé la BRAVEM, la BRAVEM, policiers, gendarmes et BRAVEM,
01:10et on les a, passez-moi l'expression, coffrés manu militari
01:14alors qu'ils avaient le simple tort de s'être rassemblés,
01:18sans déclaration préfecture d'accord,
01:20assis avec des bougies devant l'Assemblée Nationale.
01:23J'ai trouvé ces images hallucinantes et j'ai fait un parallèle ce matin sur CNews
01:27avec les centaures, les blindés de la gendarmerie qu'on avait mis face aux agriculteurs.
01:30Qu'est-ce que c'est que cette République,
01:32parce que le problème c'est les policiers, évidemment, c'est les donneurs d'ordre,
01:35qui traitent ainsi les agriculteurs et de simples personnes
01:38qui sont venues chanter la Marseillais devant l'Assemblée pour s'opposer à l'euthanasie ?
01:42Juste sur un point, une virgule.
01:43Ils ne sont pas opposés à l'euthanasie.
01:46Ils défendent des valeurs.
01:47Moi j'en ai assez de nous dire qu'on est opposés à l'euthanasie,
01:50comme si on s'opposait, j'allais dire, d'une manière véhémente à quelque chose qui a...
01:54Non, je veux dire des bougies assises.
01:55Oui, non mais je veux dire, on est pour défendre un certain nombre de valeurs,
01:58un certain nombre de principes.
01:59On n'est pas des religieux, je veux dire, c'est transpartisans.
02:03Et plus la loi, j'allais dire, est analysée, décortiquée,
02:07plus on voit de personnes qui sont opposées parce qu'elles comprennent
02:10ce à quoi ça va nous engager.
02:12Donc on est en train de fragiliser une société qui est déjà au bord du gouffre.
02:16Et là je trouve qu'il y a quelque chose de pathétique
02:18dans la position d'un certain nombre de nos parlementaires.
02:21Qu'ils soient dans l'incapacité...
02:23Alors il y a ceux qui défendent, il y a tout un ensemble de parlementaires qui défendent.
02:26Mais chacun...
02:27L'interview de Philippe Jules, c'est intéressant dans le Figaro.
02:30Mais mot de brevet, pardonnez-moi de vous interrompre,
02:32parce que Baud Bréjean, elle est porte-parole du gouvernement
02:34et trouve que ce texte va trop loin.
02:36Mais ce n'est pas un projet de loi.
02:37Donc il y a peut-être...
02:38C'est une proposition de loi.
02:38Au début c'était un projet de loi qui était encore identique.
02:41Écoutez mot de brevet, parce qu'elle est porte-parole du gouvernement.
02:44Il faut espérer que ce texte n'aille pas dans cette version-là.
02:47J'estime que ce texte ouvre une boîte de Pandore
02:50et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives.
02:57Mais c'est-à-dire que c'est quoi les dérives ?
02:58Certains disent par exemple...
02:59J'estime que ce texte va trop loin.
03:02J'estime que la priorité doit être donnée aux soins
03:04et que tant que nous n'avons pas été suffisamment loin sur les soins palliatifs,
03:09tant que partout sur le territoire,
03:12ces soins palliatifs ne sont pas développés à un niveau suffisant,
03:15alors nous ne devons pas emprunter la seconde voie.
03:18Donc porte-parole du gouvernement.
03:19Ce texte ne sera sans doute pas adopté.
03:22Je cite également Philippe Juvin dans ma pratique,
03:24« À chaque fois que j'ai rencontré un patient qui désirait mourir, dit-il,
03:27sa demande d'euthanasie disparaissait quand on apportait une réponse à ses angoisses et à ses souffrances. »
03:34C'est toujours pareil, je fais confiance aux professionnels.
03:37Quand un homme qui est au contact des malades depuis des années dit,
03:41« Dans ma pratique, à chaque fois, à chaque fois... »
03:46Le problème aussi, c'est le budget alloué aux soins palliatifs.
03:48C'est 1,6 milliard d'euros, c'est une part très très faible par rapport au budget.
03:52Ça, on comprend effectivement qu'on veut peut-être raccourcir la vie de certains pour faire des économies.
03:57Il faut bien, juste par rapport à votre observation,
04:00mais comme c'est très faible, c'est une hypothèse.
04:01Mais les soins palliatifs, les soins de support,
04:03ce n'est pas uniquement une unité de soins palliatifs.
04:05C'est les bonnes pratiques professionnelles.
04:07Quand vous avez une personne qui évolue, par exemple avec un cancer qui est métastase,
04:11on peut l'accompagner pendant des années avec des soins de confort,
04:15des soins de support.
04:16Des années ? Même avec un cancer métastasé ?
04:19Oui, c'est là où il y a, et Philippe Juvin le dit,
04:22mais beaucoup d'autres professionnels le disent,
04:24là où il y a une déraison, c'est qu'un certain nombre de maladies
04:27qui vont être aujourd'hui concernées par cette proposition de loi et cette loi.
04:31C'est des maladies qui sont devenues des maladies chroniques.
04:34Regardez le VIH, SIDA, pour prendre l'exemple,
04:36c'est une maladie qui est venue chronique, uniquement il faut prendre des traitements,
04:39et puis il y a quelquefois effectivement des épisodes qui peuvent être plus délicats.
04:42Mais aujourd'hui, et c'est là où il y a quelque chose,
04:44vraiment de profondément bouleversant au niveau de l'éthique du soin.
04:47Ce que les gens demandent aujourd'hui,
04:49c'est de bénéficier d'une manière proportionnée, sans excès,
04:53des traitements les plus adéquats,
04:54pour préserver une qualité de vie, ne pas souffrir.
04:57Et aujourd'hui, la médecine le peut.
04:59Et c'est à ce moment-là,
05:01qu'on est en train de dire qu'effectivement,
05:03ces fins de vie sont peut-être des souffrances,
05:06pour les proches, pour la personne.
05:08Ça a aussi un coût économique.
05:09Vous avez quand même noté que les mutuelles sont en train de soutenir également
05:12cette proposition de loi en faveur de l'euthanasie.
05:14Tout ça pour arriver à la question fondamentale,
05:17la vraie question aujourd'hui,
05:18ce n'est pas de s'amuser au Parlement à être pour ou contre l'euthanasie.
05:21C'est l'accès à des soins,
05:22et beaucoup des Français n'ont pas accès à des soins,
05:24à des traitements de qualité, à des compétences avérées,
05:27et à un suivi.
05:28Mais également, la mobilisation de la société.
05:30C'est-à-dire, si vous êtes seul,
05:32et c'est aussi la réalité du défi,
05:34si vous êtes seul chez vous,
05:36j'allais dire avec une maladie,
05:37que vous n'avez aucun environnement social,
05:38comment vous vivez ?
05:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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