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  • il y a 14 heures
Les élus de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public qui ont interrogé ce mercredi 25 février, Alexia Laroche-Joubert, étaient donc prévenus. La présidente directrice générale de Banijay France, à qui on doit notamment Koh-Lanta, était auditionnée aux côtés des autres patrons de la société de production tels que Stéphane Courbit, François Riahi, et Jean-François Rubinstein.

Interrogée par Jérémie Patrier-Leitus (député Horizons et président de la commission) sur sa vision du type de programmes spécifiques que devrait, ou pas, selon elle, proposer France Télévisions aux téléspectateurs, elle n’a pas manqué de pointer du doigt ce qui est selon elle « l’une des plus grosses erreurs du service public. »

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Transcription
00:00Je ne sais pas si je vais être politiquement correcte.
00:02Et là, dans ce coup, on ne vous a pas invité pour ça.
00:06Alexia Laroche-Houbert était auditionnée à l'Assemblée nationale ce 25 février
00:10par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
00:13La productrice d'émissions cultes a confié ce qui constitue, selon elle,
00:16l'une des plus grosses erreurs du service public, et ça concerne la télé-réalité.
00:21Ça m'intéresse très bien, Mme Laroche-Houbert, parce que vous avez produit,
00:23ou en tout cas été l'une des responsables de Love Story,
00:27d'émissions importantes comme la Star Academy.
00:29Est-ce que pour vous, finalement, la question que pose M. Courbi et que je relaie,
00:32est-ce que vous y avez une réponse ?
00:34Est-ce que vous vous dites, et vous avez cité votre maire, par exemple,
00:36qui a été une grande reporter de guerre et d'investigation,
00:39est-ce que vous pensez quand même que le service public audiovisuel
00:41doit proposer des contenus spécifiques, ou en tout cas qu'il différencie du privé,
00:46ou au contraire, après tout, qu'il doivent proposer des contenus généralistes
00:51qui s'adressent à tout le monde, et en cela, qui le rapprochent du secteur privé ?
00:55Ensuite, je passe la parole aux députés.
00:58Je ne sais pas si je vais être politiquement correcte.
01:01Et là, dans ce coup...
01:02On ne vous a pas invité pour ça, en tout cas.
01:04Moi, je pense que si on veut avoir un service public fort
01:08qui draine un public vers d'autres contenus qui sont différenciants,
01:13il faut les attirer avec des programmes qui les intéressent.
01:16Les jeux sont une clé d'entrée là-dessus,
01:19parce que quand on regarde le service public,
01:21on peut quelquefois se sentir, avec certains documentaires,
01:25Le Grand Échiquier, comme un peu écarté du service public.
01:29Le jeu permet de faire du divertissement culturel,
01:32et donc de ramener, entre guillemets, des gens qui se disent
01:36« Ah bah tiens, je peux jouer, c'est plus accessible, etc. »
01:40Dans le politiquement incorrect,
01:42je pense que l'une des grosses erreurs du service public
01:44a été faite dans les années 2001,
01:47à l'arrivée de la télé-réalité,
01:49où il y a eu une politique qui a été de dire
01:51« Nous ne ferons jamais ce genre sur le service public ».
01:55Je pense qu'ils se sont coupés de toute une jeunesse
01:57qui est friande de ça,
01:59et que maintenant, ils courent derrière cette jeunesse
02:01pour la récupérer.
02:04Et je pense donc qu'ils ne devraient,
02:07comme d'ailleurs l'ont fait la BBC, la RAI, etc.,
02:10ne s'interdire aucun genre télévisuel,
02:13dans la mesure où c'est un programme de qualité,
02:17où on y apporte du sens.
02:18Par exemple, j'ai produit un programme
02:19dont je suis extrêmement fière,
02:22qui s'appelle le Zoo.
02:23Une saison au Zoo.
02:24On a fait 11 saisons d'une saison au Zoo.
02:26C'est un programme pour les enfants
02:27qui racontait l'histoire d'un zoo
02:29à travers les soigneurs et les animaux.
02:31C'était vraiment sur comment ces gens
02:34sont investis auprès des animaux.
02:36Les enfants ont regardé ça.
02:37On a été...
02:38D'ailleurs, c'est même intéressant.
02:39On a été arrêtés, pas faute d'audience,
02:41on a arrêtés par un changement
02:42de politique éditoriale du service public.
02:45Voilà.
02:45Ça, c'est ce qu'on appelle, nous,
02:47dans notre jargon télévisuel du « factual ».
02:49C'est-à-dire qu'on suit des gens dans leur vraie vie.
02:52Je pense que s'il y avait eu davantage
02:53ce type de programmes sur le service public,
02:56qui sont des programmes feuilletonnants,
02:57qui d'ailleurs fonctionnent extrêmement bien
02:59sur les plateformes des chaînes,
03:02ce qu'on appelle les bévodes,
03:03je pense que ça permettrait de capter un public
03:06qui, j'espère, ne quittera pas le service public.
03:09Merci de votre réponse.
03:10Et on peut souligner que 25 ans ou 20 ans après,
03:11vous avez réussi à convaincre France Télévisions
03:13de se lancer dans la télé-réalité
03:15avec ce concours Drag Race France,
03:17comme quoi l'opiniâtreté, la détermination
03:19finit par payer, même la directrice générale.
03:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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